Chronologie

Sous l’Antiquité, les régions sous la 6e cataracte du Nil forment la Nubie.

IVe siècle

Royaume de Méroé. Dispose de sa propre langue et de sa propre écriture.

VIe siècle

Trois royaumes succèdent ) Méroé : Nobatie, Makurie, Alodie. Ils sont christianisés.

VIIe siècle

640 Conquête de l’Egypte par les Arabes. Les empires nubiens se retrouvent séparés du monde chrétien. Il sont arabisés et islamisés (Califat omeyyade).

XIVe siècle

Royaume de Makurie.

1315 Le royaume de Makurie est envahi par les Mamelouks égyptiens (dynastie d’esclaves affranchis qui règne sur l’Egypte).

XVIe siècle

1504 Le royaume chrétien d’Alodie au sud laisse la place au royaume musulman des foundj (capitale Sennar).

XIXe siècle

Au début du siècle, les Ottomans reconnaissent le gouverneur d’Egypte comme pacha. Il fonde une dynastie indépendante en Egypte.

1820 Les Egyptiens conquièrent le territoire soudanais.

Les populations noires du sud du pays subissent l’esclavage pratiqué par les Egyptiens après leur conquête du Soudan.

1881 Agitations politiques et religieuses contre l'occupation du Soudan par les Egyptiens.

Etat musulman mahdiste.

1882 les Britanniques occupent le Soudan.

L’Etat mahdiste leur tient tête.

1898 L’Etat mahdiste est vaincu par les troupes britanniques.

A la fin du siècle, le Soudan passe sous influence britannique.

1899 Établissement du condominium anglo-égyptien sur le Soudan.

Le Soudan demeure sous autorité égyptienne mais est de facto contrôlé par les Britanniques.

Economie Le colonisateur britannique met surtout en valeur les territoires du nord en développant la culture du coton destiné à l’exportation.

le sud et l’ouest du pays, impropres à l’irrigation, sont délaissés.

1952 Proclamation de la République en Egypte.

1956 Le 1er janvier, indépendance par rapport aux Britanniques.

Les élites arabes du nord s’imposent au pouvoir à Khartoum.

Les régions périphériques continuent à être marginalisées politiquement et économiquement.

Les partis politiques du sud du pays réclament l’autonomie de leur région. Guerre contre le gouvernement central de Khartoum.

Population Près de la moitié de la population parle arabe. Populations de langues couchitiques au nord-est.

Le nord du pays est majoritairement peuplé d’Arabes nomades (musulmans).

Au sud, on trouve en majorité des populations noires (animistes et chrétiennes).

1963 Formation du mouvement séparatiste Anya Nya dans le sud du Soudan.

Début de la guerre civile entre Sud et nord du Soudan.

1964 

Le gouvernement soudanais tente d’arabiser et d’islamiser l’ensemble du pays, y compris le sud majoritairement animiste et chrétien.

1969 

Coup d’Etat.

1971 En juillet-août, massacre des communistes soudanais par le gouvernement Nimeiry, allié de l'URSS et de la Chine.

1972 A Addis-Abeba, signature d'un accord de paix entre gouvernement soudanais et les rebelles du Soudan du Sud consacrant l’autonomie du Sud.

Fin de la guerre civile (500 000 morts).

1978 Découverte de pétrole dans la Sud du Soudan.

1983 

Le chef de l’Etat, le général Nimeiry, impose la charia à l’ensemble du pays pour recentrer son pouvoir.

Il veut diviser la région du sud en trois régions.

En mai, nouvelle guerre civile nord-sud opposant le gouvernement soudanais à l’Armée de libération des peuples du Soudan (SPLA) dirigée par John Garang, un Dinka (-2005).
Garang est soutenu par l’Ethiopie qui lui sert de base arrière, par l’Erythrée et l’Ouganda.

1984 

Les attentats menés par la SPLA conduisent à l’arrêt des travaux du canal de Junglei qui doit doubler le Nil Blanc.

1989 

Politique Un coup d'État porte au pouvoir l'officier islamiste Omar el-Béchir qui impose sa dictature militaire et un modèle islamique basé sur la charia.

1991 En janvier, scission au sein du SPLA.

1997 Sanctions commerciales américaines à cause du soutien du gouvernement à différents mouvements islamistes en Egypte, en Ethiopie, en Erythrée ou en Palestine.

Années 2000 

Environnement Accentuation de la désertification dans le Sahel. C’est l’une des causes des déplacements des populations nomades au Soudan. Elle augmente la tension avec les fermiers sédentaires.

Ressources Début de l’exploitation du pétrole. L’essentiel des ressources sont au sud mais c’est le nord qui capte les bénéfices sans procéder à la redistribution.

2003 Seconde guerre du Darfour.

Crise insurrectionnelle au Darfour, région de l’ouest du Soudan, grande comme la France.

Deux mouvements armés au Darfour (SLA et GEM).
Le gouvernement de Khartoum refuse de négocier (présence de pétrole supposée) et s’appuie sur des mouvements armés qui pillent et brûlent en 4 ans 1600 villages dans le Darfour pour chasser les populations et prendre leurs terres.

La Chine et la Russie livrent des armes au gouvernement de Khartoum.

Les violences vont faire 300 000 morts et deux millions de déplacés dans des dizaines de camps au Soudan.

2005 Fin du conflit au sud Soudan.

Le régime soudanais (Omar el Bechir) cherche à sortir de son isolement diplomatique.

En janvier, signature d'un accord de paix entre le gouvernement soudanais et les rebelles du SPLA, sous la pression des Etats-Unis, mettant un terme à 20 ans de guerre au Soudan du Sud (2 millions de morts, plusieurs millions de déplacés internes, 600 000 réfugiés dans les pays voisins).

Un accord prévoit un gouvernement d’union nationale et un référendum pour l’autodétermination du Sud Soudan d’ici 2011. La moitié des revenus du pétrole doit revenir au sud.

John Garang est nommé vice-président et meurt dans un accident d'hélicoptère. Salva Kiir

Economie Croissance de 8 %.

2006

Population 40 millions d’habitants.

Au nord et au centre des peuples arabes.

Nubiens le long de la vallée du Nil.

Bejas.

Au sud, peuples Dinka, Nouers, Shillouks : peuples noirs majoritairement chrétiens ou animistes. Certains peuples noirs ont été islamisés, comme les Fours à l’ouest (province du Darfour).

Plus d’une centaine de langues sont parlées au Soudan. La plus répandue est l’arabe qui est la langue nationale.

70 % de la population soudanaise est musulmane.

Economie Croissance de 10 %.

Ressources 5e réserves prouvées de pétrole africain.

Le pétrole est exploité par des compagnies chinoises, malaises et indiennes.

Les trois quart de la production pétrolière soudanaise sont exportés, principalement vers la Chine et le Japon via Port-Soudan.

La Chine contrôle près de 50 % de l’extraction de pétrole soudanais.

Les revenus pétroliers représentent 80 % de la valeur des exportations du pays.

2008 Arrivée des Casques Bleus au Darfour.

2009 Al Bachir est inculpé de crimes contre l'humanité au Darfour par la justice internationale.

2011  Création de la République du Soudan du Sud

Référendum en janvier. 99 % pour l’indépendance.

En juillet, le Sud Soudan fait sécession après un référendum gagné à 98 %.

Une partition bénie par les États-Unis, assoiffés de pétrole, à partir de revendications populaires légitimes.

Naissance du Soudan du Sud (620 000 km2, un tiers du territoire et trois quart des ressources pétrolières, capitale Juba). Le pays n’a pas d’accès à la mer.

République fédérale composée de dix Etats.

Salva Kiir devient président du Soudan du Sud.

Population du Soudan 43 millions d’habitants.

Population Soudan du Sud  8 millions d’habitants.

Peuples nilo-sahariens : Dinka, Nuer, Shilouk (animistes ou chrétiens).

Pays jeune : 72 % de la population a moins de 30 ans.

Ressources Soudan du Sud  Présence d’eau pour l’irrigation (Nil Blanc, affluent du Nil).

Pétrole (trois quarts des gisements découverts sont au Sud).

350 000 barils par jour soit à peu près un quart de la production du Qatar soit 90 % du PIB du nouvel Etat  du Sud.

Les raffineries et oléoducs allant vers la mer Rouge se trouvent au Nord.

Economie du Soudan du Sud 51 % de la population vit en moyenne avec 0,5 € par jour.

Agriculture du Soudan du Sud  Pays profondément agricole : 83 % de la population vit en milieu rural.

Seulement 4,5 % des terres sont sous culture. beaucoup de terres arables disponibles.

4,5 % de la superficie du pays aurait été attribué à des firmes étrangères (Etats-Unie, Arabie Saoudite, Corée du Sud).

Insécurité alimentaire élevée.

Santé au Soudan du Sud Moins de 5 % de la population a accès à l’eau et à des installations sanitaires.

Education au Soudan du Sud 73 % de la population est illettrée.

2013  

Soudan

Émeutes contre la flambée des prix des produits de première nécessité. La répression fait plus de 200 morts.

Soudan du Sud

En juillet, Salva Kiir limoge le gouvernement et le vice-président Machar.

En décembre, les divergences entre le président Salva Kiir (Dinka) et son vice-président Riek Machar (Nuer) menacent la stabilité du pays.  

En décembre, affrontements à Juba entre partisans de Machar et de Kiir (400 à 500 morts). Des milliers de civils sont tués.

Début de la guerre civile.

Les deux camps réalisent des exactions ethniques.

Économie Accord du Soudan du Sud avec le Kenya en vue de la construction d’un oléoduc de Juba à Lamu.

2014 

Soudan

Des milices arabes favorables au gouvernement pillent et brûlent le Darfour. Deux millions de déplacés.

Le conflit au Darfour a déjà fait 300 000 morts.

Soudan du Sud

Guerre civile entre les forces du président Salva Kiir (SPLA) et son vice-président, Riek Machar.

2015

Soudan

En octobre, signature d’un accord de cessez-le-feu au Darfour entre une parties des rebelles et les forces gouvernementales.

Soudan du Sud

En août, signature d'un accord de paix au Soudan du Sud entre le président Salva Kiir et son vice-président Riek Machar dont les partisans s'affrontent régulièrement.

Depuis décembre, l'opposition est de retour à Juba, capitale du Soudan du Sud, mais les deux parties ne dépose pas les armes.

2016 

Soudan

Guerre du Darfour En janvier, reprise des combats au Darfour. Dans la région montagneuse du Jebal Mara (Sud-Darfour), l’Armée de libération du Soudan-Abdel Wahid Nour (SLA-AW), à dominante Four s’oppose à l’armée et aux milices gouvernementales, à dominante arabe.

2017 

Politique el-Béchir tente de sauver son régime à bout de souffle en se rapprochant à la fois de la monarchie d’Arabie saoudite, du dictateur égyptien al-Sissi, de la Russie de Poutine, de Bachar al-Assad et du gouvernement d’extrême droite israélien.

Salah Gosh, le chef des services de renseignements soudanais, se rend en France à l’automne pour rencontrer un responsable du parti de Macron.

Economie Le régime soudanais met en œuvre avec zèle les programmes économiques antipopulaires du FMI : coupes dans les services publics, privatisations et hausse des prix de base.

Les Etats-Unis lèvent certaines sanctions.

2018 

Soudan

Luttes Au Soudan, en janvier, manifestations. Arrestation de militants et de leaders de l’opposition.

En décembre, le prix du pain est mutiplié par trois. Début de la révolte populaire, manifestations et grèves contre la vie chère et le régime du président Omar el Béchir. En réponse, les forces de sécurité n’hésitent pas à tirer à balles réelles.

Energie Le Soudan a perdu 75 % de ses revenus pétroliers depuis la création du Soudan du Sud. 

Inflation 70 %

Soudan du Sud

Accord de paix dans la guerre civile.

Pauvreté 7 millions de Sud-Soudanais, soit plus de la moitié de la population, dépendent de l’aide humanitaire.

2019

Soudan

Soulèvement révolutionnaire 

Reprise du mouvement populaire le 6 avril.

Il est impulsé en premier lieu par l’Association des Professionnels soudanais (APS), composée de réseaux de médecins, d’enseignants et d’autres corps de fonctionnaires et de professions libérales. 

La révolution se dote d’une direction politique et organisationnelle plurielle nommée Forces de la Liberté et du Changement, avec un document fondateur qui pose les bases d’une rupture démocratique avec le régime et ses politiques. 

Des Comités de résistance se créent, s’inscrivant dans cette direction collégiale. La révolution se donne pour objectif la grève générale « politique » avec des moyens pacifiques, seule à même, selon elle, de renverser ce pouvoir, et entraînant dans la foulée une trève déclarée par l’opposition armée.

En février, Omar el-Béchir décrète l'État d’urgence.

Le 11 avril, après deux mois de manifestations mobilisant des millions de personnes,Omar el-Béchir est destitué par un coup d’Etat de l'armée. Un Conseil militaire de transition (TMC) prend le pouvoir. Al-Bachir  est emprisonné.

Manifestations contre le maintien des militaires à la tête du pays.

Le 13 mai, fusillade de miliciens pro-régime contre les manifestants (6 morts).

Le mouvement populaire (ALC Alliance pour la Liberté et le Changement) conclue un pacte avec les militaires du régime  afin d'élaborer une transition conduisant par étapes à la démocratie.

Le 20 mai, échec des négociations sur la transition démocratique.

En juin, la junte des généraux (Abdel Fattah al-Burhane) se retourne et tente de briser l'élan populaire par la terreur. Les manifestants sont dispersés (35 morts). L’ALC appelle à la grève et à la désobéissance civile pour renverser le régime.

Le 5 juillet, nouvel accord entre le TMC (militaires) et les Forces pour la Liberté et le changement(FFC) pour une période de transition.

Répression Les forces de réaction rapide (RSF) sont en première ligne dans la répression et la torture des opposants. C’est elles qui contrôlent aussi le trafic d’or et de pétrole. Le chef des RSF et numéro deux de la junte, Mohamed Hamdan Dagalo, dit Hemeti, est notoirement lié à l'Egypte, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis.

Soutiens au régime En avril, l'Arabie saoudite et les Emirats arabes unis accordent à Khartoum une ligne de crédit de 3,5 milliards de dollars pour stabiliser la situation sociale et démobiliser la contestation.