CHRONOLOGIE DES BALKANS (Inprecor)

1921

La constitution met en place un système parlementaire (sous la monarchie serbe). Le pays compte une vingtaine de minorités ethniques avec des tensions majeures entre les trois principaux groupes - serbes, croates et slovènes.

Les Croates supportent mal la domination serbe.

Le pays, très majoritairement agraire, n’a pour ainsi dire pas de prolétariat industriel.

Le parti communiste est interdit et ses membres sont persécutés. Il reste marginal.

Élections La proportionnelle donne naissance à 45 partis défendant essentiellement des intérêts particuliers, ethniques ou régionaux.

Cela renforce la domination de la cour royale, avec sa clientèle corrompue, et celle de l’armée

1934 

Le 9 octobre, le roi Alexandre Ier de Yougoslavie est assassiné par un terroriste croate à Marseille.

1941 

Le 5 avril, pacte russo-yougoslave.

Le 6 avril, les Allemands attaquent la Yougoslavie et la Grèce.

Terrible raid aérien sur Belgrade à Pâques.

Invasion allemande. Une "grande Croatie" est formée englobant également la plus grande partie de la Bosnie et une partie de la Serbie. Installation d'un gouvernement fantoche nazi sous la direction de Ante Pavelic. Ce gouvernement réprime cruellement les Serbes et les Juifs faisant des centaines de milliers de morts.

1944 

Le 21 octobre, libération de Belgrade par les forces de Tito.

1945

La guerre a fait 1,5 millions de morts.

1946 

Politique Création de la Yougoslavie socialiste composée de six entités.

La République serbe comporte plusieurs provinces dont le Kosovo.

La Croatie devient une des six républiques.

1948 

Le 20 juin, le Kominform dénonce Tito.

Première grande crise du stalinisme sous la forme d'une rupture soviéto-yougoslave. Les accusations lancées contre la Parti communiste yougoslave rappellent celles des procès de Moscou ("fascistes", "espions", etc.).

Pour la première fois, l'hégémonie du Kremlin est contestée. Elle l'est par un parti qui a dirigé la lutte armée pendant la guerre et qui a, contre l'avis de Staline, poursuivit cette lutte jusqu'à l'instauration d'un État non capitaliste.

Le 18 juillet le PC yougoslave est exclu du Kominform. Rupture avec l'Union soviétique.

1950 

En juin, la direction yougoslave vote à l'Assemblée générale des Nations Unies l'intervention de celles-ci contre la Corée du Nord.

1968 

En mai et en juin, manifestations d'étudiants.

1980

Mort de Tito

1989 

La Yougoslavie se désintègre.

Le président, Slobodan Milosevic, se lance dans une politique de "nationalisme ethnique". Il veut forger par la force une Grande Serbie, englobant toutes les régions de l'ex-Yougoslavie où se trouvent des Serbes - ce qui suppose d'en chasser ou de soumettre les non-Serbes.

Croatie

Agriculture Fondation d’Agrokor, conglomérat agroalimentaire issu de privatisations opaques.

Kosovo 

Le 23 février, l'autonomie du Kosovo, région autonome de la République fédérée de Serbie, est supprimée, et le Parlement de Serbie annonce triomphalement que la Serbie est « réunifiée ».

Les Serbes considèrent cette province comme leur berceau historique.

1990 

Croatie 

Elections Défaite du parti communiste aux élections et victoire du parti nationaliste conservateur HDZ dirigé par Tujman.

Bosnie

Alija Izetbegovic est nommé président de la Bosnie-Herzégovine dans le cadre du partage des mandats entre partis nationalistes ayant promis de régner ensemble. Premières élections libres. Au Parlement, le parti d'Action démocratique (SDA) du leader musulman Alija Izetbegović obtient 86 députés, le parti démocratique serbe (SDS) de Radovan Karadžić, 70, l'Union démocratique croate de Bosnie-Herzégovine (HDZ) de Stjepan Kljujić, 45, et les partis « citoyens » (non ethniques), 37.

1991 Éclatement de la Yougoslavie 

En juin, éclatement de la fédération yougoslave.

Croatie 

A l'été, la Croatie se "dissocie" de la Fédération yougoslave. Un conflit armé s'ouvre alors avec l'armée fédérale yougoslave sous autorité serbe. Il va durer quatre ans.

Les Croates serbes de l'est du pays expulsent les Croates avec l'aide de l'armée yougoslave.

A la fin de l'année, un tiers du territoire croate est sous contrôle serbe.

La ville de Vukovar, ville pluriculturelle, est dévastée après un siège de 3 mois par l'armée serbe. 460 personnes sont raflées à l'hôpital de la ville et sont exécutées, après la chute de la ville aux mains des Serbes.

Le 23 décembre, l'Allemagne reconnaît l'indépendance de la Croatie.

Rencontre de Milosevic et de Tudjman (président de la Croatie). Discussions sur le partage ethnique de la Bosnie-Herzégovine.

En novembre, deux « régions autonomes » croates, celle d'Herceg-Bosna et celle de Posavina, sont constituées.

Slovénie 

Proclamation d’indépendance.

Macédoine du Nord Proclamation d’indépendance. La Grèce s’oppose à ce que ce pays s’appelle Macédoine (qui est également le nom de la région grecque limitrophe).

Bosnie

En octobre, le Parlement bosniaque adopte une déclaration de souveraineté. Le 26, le SDS constitue un « parlement de la nation serbe en Bosnie-Herzégovine ».

Kosovo Les Albanais du Kosovo organisent un référendum favorable à leur indépendance.

1992 La CEE reconnaît la Slovénie et la Croatie et demande à la Bosnie-Herzégovine d’organiser un référendum d’autodétermination.

Croatie

Les Nations Unies établissent 4 zones protégées en Croatie.

La Croatie s'engage dans la guerre en Bosnie-Herzégovine, soutenant les Croates de Bosnie contre les Serbes de Bosnie puis contre les Bosniaques musulmans. Franjo Tudjman, ultra-nationaliste, est élu président de Croatie.

Bosnie

En mars, le référendum est boycotté par les Serbes (64 % de votants ; 99 % de « oui », soit l'électorat musulman et croate).

Manifestation pacifiste devant le parlement bosniaque. Débuts d’affrontements.

En mars, proclamation de l'indépendance par le Parlement. L'armée populaire yougoslave (JNA) se retire officiellement de la Bosnie-Herzégovine mais laisse le gros des infrastructures et des armes aux milices bosno-serbes.

Milosevic chauffe à blanc les Serbes contre les Bosniaques. Les Serbes de Bosnie entament le siège de Sarajevo qui va durer quatre ans (- octobre 1995). Ils proclament une « République serbe de Bosnie », dirigée, depuis Pale, par R. Karadžić. Les musulmans se réfugient dans les enclaves de Srebrenica et Sarajevo sous "protection" de l'Onu. L'armée et les milices serbes se livrent à l'encontre des populations non serbes à de nombreuses exactions (viols collectifs, exécutions sommaires, camps de détention, déplacements forcés).

Acheminement d’aide humanitaire de l’ONU par l’aéroport de Sarajevo.

En juillet, le camp croate favorable au partage de la Bosnie proclame une « province autonome d'Herceg-Bosna ». Cela provoque des affrontements entre croates et musulmans.

La guerre a duré trois ans et a fait 95 000 victimes. Le siège de Sarajevo de 40 mois fait 13 000 victimes civiles.

1995 

Bosnie

Massacre de Srebrenica En juillet, Srebrenica, assiégée depuis 3 ans tombe aux mains des milices bosno-serbes du général Ratko Mladic (commandant de l'armée serbe-bosniaque) qui déportent les femmes et les enfants de la localité et massacrent comme ils en ont reçu la consigne, en six jours, plus de 6 000 hommes musulmans sans armes (y compris des enfants). Génocide facilité par la criminelle inertie de l'ONU (les casques bleus hollandais laissés sans munitions fuient, les Français et Britanniques négocient). La population est abandonnée aux Serbes. L'ONU laisse les Serbes séparer les hommes et les femmes et les y aide même. Ceux qui fuient vers Tuzla sont traqués.

Bombardement meurtrier du marché de Sarajevo le 28 août.

Cessez-le-feu en octobre.

Accords de Dayton

En décembre, les accords de Dayton sanctionnent la partition de la Bosnie-Herzégovine en deux entités territoriales distinctes : la Fédération de Bosnie-Herzégovine (BHF, croato-musulmane) et la République serbe (Republika Srpska, RS, 49% du territoire et peuplé à 90% de Serbes). Chaque entité a son propre président, gouvernement, parlement et police mais il y a aussi une présidence collective et un parlement uni à Sarajevo.

Les accords, négociés avec les États-Unis (Clinton), consacrent une logique de partage ethnique de la fédération yougoslave et mettent de fait l’État bosniaque sous tutelle de l'Otan.

Croatie

Les forces croates reprennent 3 des 4 zones créées par l'ONU. Les Serbes de Croatie s'enfuient en Serbie et en Bosnie. Fin de la guerre.

1996 

Kosovo 

La politique de Milosevic au Kosovo provoque un mouvement de résistance passive. Sous l'égide de l'Armée de libération du Kosovo (UCK), il se transforme en guérilla armée.

1997

Croatie 

Tudjman est réélu président.

1998 

Kosovo L’UCK s’oppose à l’armée yougoslave.

Offre faite par le gouvernement de Boris Eltsine d'une force internationale assurant la mise en œuvre d'une solution politique au Kosovo. Cette offre, transmise par l'ambassadeur états-unien auprès de l'OTAN, Alexander Vershbow, est ignorée par Washington.

1999 

Kosovo 

En mars, devant la menace de nouveaux combats au Kosovo (2 millions de Kosovars, Albanais pour la plupart, 120 000 Serbes. Le conflit a déjà fait 11 000 morts), les puissances occidentales tentent durant les pourparlers de Rambouillet (février-mars) d'imposer une solution politique, basée sur l'instauration d'une autonomie substantielle du Kosovo sous contrôle international. Les propositions incluent le déploiement de soldats de l'Otan au Kosovo, une hypothèse inacceptable pour Belgrade.

Guerre de l’Otan Le 24 mars, l'Otan déclenche, sans mandat de l'ONU et sans l'accord de Moscou, des frappes aériennes sur toutes les infrastructures militaires et économiques de la République fédérale de Yougoslavie.

Première guerre de l’Otan sur le continent.

Quelque 850 000 Albanais sont chassés du Kosovo par les forces de sécurité serbes (politique de nettoyage ethnique) et trouvent refuge en Albanie, en Macédoine et au Monténégro.

Après 78 jours de bombardements (500 morts), Belgrade consent au déploiement de forces de l'Otan et à la mise de la province du Kosovo sous administration provisoire de l'ONU en juin.

L’Otan déploie une mission de maintien de la paix, La KFOR.

200 000 Serbes du Kosovo sont contraints de quitter leurs foyers par peur des représailles de l’UCK désormais au pouvoir.

Croatie

En décembre, mort du président Franjo Tudjman.

2000 

Chute de Milosevic.

Croatie

Elections Défaite du HDZ, parti de Tudjman.

2004

Kosovo 

Développement d’un parti d’opposition le Vetëvendosje qui veut un référendum sur une éventuelle union avec l’Albanie.

Slovénie 

En mai, la Slovénie rejoint l’Union européenne. 

2005

Croatie 

Ouverture des négociations d'adhésion à l'Union européenne.

Macédoine du Nord

La Macédoine du Nord pose sa candidature à l’entrée dans l’Union européenne.

2006 

Serbie

Mort de Milosevic dans une prison des Pays-Bas, en attendant son jugement.

2008 

Kosovo Le 17 février, après une longue période sous tutelle internationale, qui a vu les Serbes restés sur place à leur tour tyrannisés et chassés, le Kosovo proclame unilatéralement son indépendance avec Pristina pour capitale.

La Serbie, la Russie, la Chine, la Grèce, Chypre et l’Espagne ne reconnaissent pas cette indépendance.

La plupart des pays occidentaux la reconnaissent.

2009

Serbie

Licenciements des salariés de Zastava (Fiat). Leur grève, avec occupation de la municipalité n'est pas victorieuse.

En décembre, la Serbie demande son adhésion à l'UE.

Kosovo 

Une autoroute relie Pristina (Kosovo) à Tirana (Albanie).

Croatie 

Vague d’occupation des universités. Lutte des étudiants de Zagreb pour la gratuité de l'enseignement supérieur.

2010 

Bosnie

Élections législatives.

Croatie

Elections En janvier, élection de Ivo Josipovic (social-démocrate) à la présidence.

En juin, référendum favorable à l'adhésion à l'UE (prévue le 1er juillet 2013).

2011

Serbie 

Mouvements d’occupation étudiante en Slovénie et en Serbie directement influencés par le mouvement étudiant croate.

Privatisations d'entreprises.

Arrestation des suspects de crimes de guerre, le Serbo-bosniaque Ratko Mladic et le Croate Goran Hadzic.

Manifestation "Facebook" à Belgrade dénonçant l'inertie des politiques face à la crise sociale que connaît la jeunesse serbe.

Croatie

En novembre, des Indignés croates occupent la place du Ban Jelačić de Zagreb.

En décembre, élections législatives.

2012

Serbie

Élections En mai, Tomislav Nikolic gagne l'élection présidentielle. Son Parti nationaliste progressiste est majoritaire au Parlement.

2013

Croatie 

La Croatie intègre l'Union européenne.

Economie Chômage 19 %.

La Croatie est un des pays les plus pauvres d'Europe. Revenu moyen de 1 000 euros par mois pour un foyer de quatre personnes.

2014 

Serbie 

La Serbie est candidate à l'entrée dans l’UE.

Albanie

L’Albanie est candidate à l'entrée dans l’UE.

Kosovo 

La mauvaise situation économique oblige 150 000 Kosovars à partir vers l’Europe occidentale.

Bosnie 

En février, révolte des travailleurs chômeurs de Tuzla contre des privatisations et la corruption du capitalisme mafieux qui ravagent l’industrie. Suite aux violences policières, les manifestants réagissent en mettant le feu à l'immeuble gouvernemental. Les manifestants imposent la démission du responsable gouvernemental. Les révoltes contre l'oligarchie s'étendent rapidement aux autres villes de Bosnie-Herzégovine. Des immeubles gouvernementaux sont brûlés à Sarajevo.

Création et le fonctionnement quotidien du Plénum de Tuzla.

Pour les moins de 24 ans, le chômage atteint l’incroyable taux de 63 % (2014).

2015

Croatie 

Élections législatives en novembre.

Alliance entre le HDZ (conservateurs de l'Union démocrate croate) et Most, nouvelle formation proche de l'église catholique et de l’Opus Dei).

Le gouvernement de la coalition ultra nationaliste et clérical met au pas les médias publics.

2016

Albanie 

Une entreprise publique chinoise, China everbright, achète l’aéroport de Tirana.

2016 

Croatie

En janvier la Coalition patriotique arrive au pouvoir.

En juin, chute du gouvernement à cause de dissensions au sein de la coalition.

En septembre, élections législatives anticipées.

Chômage de 15 %.

Dette publique de 87 % du PIB.

2017 

Economie L’Union européenne représente 73 % du commerce des Balkans occidentaux.

Serbie 
Élections
 Le 3 avril, élection à la présidence du premier ministre Aleksandar Vuvik , autocrate du parti SNS, inculpé de crimes de guerre en Bosnie et au Kosovo (55 % de participation). Il bat Sasa Jankovic (centre gauche) suite à une campagne électorale non démocratique. Élection saluée par l’Europe.

Manifestations d’une ampleur inédite de jeunes contre le nouveau président.

2018

Macédoine du Nord

Politique Le nouveau nom : Macédoine du Nord adopté malgré l'opposition de nationalistes farouches.

2019

Albanie

Economie Le pays fait partie des plus pauvres d’Europe avec un salaire moyen de 400 euros.

Kosovo

Population 1,9 millions d’habitants.

Le Kosovo, dont le territoire est à peine plus grand que la Corse,  est peuplé à 90 % de familles d'origine albanaise (musulmans), 4% d’un groupe hétérogène (égyptiens, bosniaques, roms) et de 6 % de Serbes au nord, chrétiens orthodoxes).

Ressources Le site de Kopiliq possède la cinquième réserve mondiale de lignite.

Plomb, zinc et cuivre dans la mine de Trepca. Argent, or, nickel, bauxite. manganèse.

Économie Le PIB par habitant ne dépasse pas 3600 dollars (dix fois moins que le revenu moyen en Europe).

18 % des habitants vivent sous le seuil de pauvreté.

Chômage de 30 %. 52 % chez les jeunes de 15 à 24 ans.

Mainmise mafieuse importante (russe, albanaise, italienne) faisant du Kosovo une plaque tournante du trafic de drogues et d’humains (prostitution, organes, adoptions, pédophilie).

Défense La américains possèdent une base majeure au Kosovo, Bondsteel.

Macédoine du Nord

Population 2,5 millions d'habitants. Slaves macédoniens, Albanais (25 %), Roms.

Élections Le 5 mai, élections de Stevo Pendaroski, pro-européen, à la présidence.

Forces et Partis politiques

CROATIE

Radnicka Borba (« Lutte ouvrière »). Organisation anticapitaliste croate, observatrice permanente dans la IVe Internationale. Site : www.radnickaborba.org