page /

CPS #5 : SOL INVICTUS

cover5.png

Introduction

Noël païen dans la fiction

Premièrement, Beaucoup des traditions et décorations de Noël n’ont rien à voir l’Eglise

Deuxièmement, Noël n’est (probablement) pas la date de naissance de Jésus

SOL INVICTUS

Cultes solaires prééexistants

Ambiguité de Sol

Fête de Sol ?

Sol invictus elagabal

Cultes solaires syriens

Septime Sévère (r. 193-211)

Héliogabale (r. 218-222)

Imposition du culte à Rome

Friction avec la société romaine

Mort d’Héliogabale

Héliogabale, impératrice ?

Problèmes historiques

La fête de Sol Invictus à l’époque

Alexandre Sévère (r. 222-235)

Deus Sol Invictus

Aurélien (r. 270-275)

Origine romaine du culte de Sol Invictus par Aurélien

Instauration de la fête de Sol Invictus le 25 décembre

Oeuvres citées

Antiques

Sur Sol, Sol Invictus, etc.

Modernes

Contemporaines

Musique

Extraits vidéo

A lire

Introduction 

Noël païen dans la fiction

On a vu les théories de Zeitgeist, Jésus rejoindrait une longue cohorte de dieux qui ne seraient que des métaphores pour le soleil. La naissance virginale fait référence au fait, hé bien, qu’on parle de la naissance du soleil donc sans sexe, le 25 décembre c’est le solstice, donc il l’a piquée aux dieux etc. Cependant le problème c’est que le 25 décembre apparaît très tard comme on va le voir, au milieu du quatrième siècle. Autrement dit Jésus aurait été entièrement copié sur ce moule, mais il aurait acquis ces propriétés, trois cents ans après.

Malgré ça, chaque année c’est la même chose. Autour de la Noël on voit un pic de recherches Google sur les termes du genre “origines païennes”.

LA PETITE VOIX

Mais pourquoi Noël en particulier ? Il y a d’autres fêtes chrétiennes.

LAYS

Eh bien dans nos sociétés occidentales, Noël est devenu la fête la plus importante. En termes théologiques, ça devrait être Pâques, qui commémore la mort et résurrection de Jésus qui augurent le salut de l’humanité, mais dans une société où les gens vont de moins en moins à la messe, c’est Noël qui a pris le pas : on dépense plus en cadeaux ou en repas luxueux, donc des enjeux financiers ; et on voit sa famille, donc des enjeux sociaux assez évidents. Aller à la messe de Noël est d’ailleurs devenu un nouveau marqueur de religiosité.

Et ce thème de Noël païen est pas mal propagé par la fiction.

Non, pas Zeitgeist même si c’est n’importe quoi et que Peter Joseph prétend que Zeitgeist était “une performance artistique” pour en excuser les bêtises[1] je pensais à de la fiction-fiction. Voici un exemple venant de la série Supernatural sur CBS – une assez mauvaise série – dans leur épisode de Noël 2007 ils explorent cette piste de Noël païen. Prêtez attention au clip suivant, ils utilisent deux faits qui sont vrais, où y’a pas de débat, mais pour promouvoir des conclusions pour le moins hasardeuses. :

SAM: Uh, that we're morons. He also said that it was probably meadowsweet[2] in those wreaths.

DEAN: Wow! Amazing. What the hell is meadowsweet?

SAM: It’s pretty rare and it’s probably the most powerful plant in pagan lore.

DEAN: Pagan lore?

SAM: Yeah. See, they used meadowsweet for human sacrifice. It was kind of like a… Chum for their gods. Gods were drawn to it and they’d stop by and snack on whatever was the nearest human.

DEAN: Why would somebody be using that for Christmas wreaths?

SAM: It's not as crazy as it sounds, Dean. I mean, pretty much every Christmas tradition is pagan.

DEAN: Christmas is Jesus’s birthday.

SAM: No, Jesus’s birthday was probably in the fall. It was actually the winter solstice festival that was co-opted by the Church and renamed “Christmas”. But I mean, the Yule log, the tree, even Santa’s red suit – that’s all remnants of pagan worship.

DEAN: How do you know that? What are you gonna tell me next? Easter bunny’s Jewish? (SAM says nothing) So you think we’re gonna dealing with a pagan God?. (3x8 "A Very Supernatural Christmas", décembre 2007, ~16’)

Je ne sais pas si vous avez relevé ces deux faits mais c’est que :

Premièrement, Beaucoup des traditions et décorations de Noël n’ont rien à voir l’Eglise

LA PETITE VOIX

Ah, mais j’ai retenu la leçon : ça ne veut en aucun cas dire que ces traditions sont anciennes ou qu’elles viennent de religions païennes ! Les caractères archaïsants de Noël peuvent être des traditions modernes.

LAYS

Effectivement ! Bon, le Sapin de Noël, la Yule Log et le Père Noël seront le sujet d’une autre vidéo. Et deuxième élément :

Deuxièmement, Noël n’est (probablement) pas la date de naissance de Jésus

Les évangiles n’en donnent pas. On mentionne qu’on est en période de transhumance, donc on en a déduit que ça devait être en automne (ce que Sam évoque dans cet épisode) ou au printemps enfin on a plusieurs théories. Ce qui est plus étonnant c’est qu’après les évangiles canons on voit une pléthores d’évangiles apocryphes, notamment l’Evangile arabe de l’Enfance [Remacle] qui est, vous imaginez, centré sur l’enfance de Jésus, on trouve aussi l’Evangile de l’Enfance selon Thomas [Remacle] le mettant dans des situations fantastiques voire fantaisistes : il façonne des oiseaux vivants (chap. 2) à partir d’argile, il tue d’un regard un professeur qui le battait (chap. 14)… Mais malgré que ça soit centré sur son enfance, pas de mention de sa date de naissance.  Et même le Protévangile de Jacques [Remacle], un récit qui est centré sur la naissance de Jésus, qui ne parle que de ça, ne mentionne pas de date de naissance.

LA PETITE VOIX

C’est bizarre, comment ça se fait ?

LAYS

Simple : à l’époque les juifs ne fêtent pas leurs anniversaires. C’est un truc de païens. Sérieusement, lisez la Bible, les seuls célébrations d’anniversaires, hormis une mention assez controversée dans le livre de Job (1:4) c’est celui d’Hérode Antipas et du Pharaon qu’Abraham rencontre. (Gen. 40:20-22)

L’anniversaire des prophètes était pas une préoccupation majeure, et Tertullien, au IIe siècle, mentionne même que certains chrétiens ne fêtent aucun anniversaire – pas même celui de Jésus – à cause des connotations païennes.

LA PETITE VOIX

Concentrons-nous pour l’instant sur la date du 25 décembre.

Le clip de Supernatural nous ferait croire que tout ça ne serait qu’un gros bloc de paganisme germain de sacrifice humain qui aurait survécu, un peu comme ce clip de nos illustres inspirateurs C’est Pas Sorcier :

On associe Noël avec des guirlandes de végétation ce qui fait un peu païen/culte de la nature/etc. Mais notre meilleur candidat se trouve être une fête romaine. La fête de Sol Invictus le soleil invaincu, un dieu solaire d’orient, qui était célébré par des jeux du cirque des courses de char et qui semble pas avoir grand chose à voir avec Noël.

LAYS

Et vous avez peut-être vu le clin d’oeil au Sol Invictus quand Pratchett évoquait des sacrifices humains au solstice d’hiver :

Ils avaient même des rois sacrés les plus forts et les meilleurs, mourant au plus sombre de l’année pour donner vie au soleil invaincu.

L’Eglise aurait aligné Noël sur cette fête du soleil le 25 décembre. Est-ce que cette théorie tient debout ? Découvrez Sol Invictus avec nous, après le générique.

[générique]

SOL INVICTUS

Cultes solaires prééexistants

A première vue, le culte du Soleil Invaincu vient d’orient de Syrie mais parlons des cultes solaires romains.

Etant donné que le soleil est le phénomène astral le plus marquant et visible possible les cultes solaires sont un truc assez courant à travers le monde et on trouve plusieurs dieux grecs et romains associés au soleil, notamment, Sol et Hélios, qui sont assez évidents puisque leur nom veut dire “Soleil” respectivement en latin et en grec, mais on trouve aussi Appolon qui est également associé à la musique et à la médecine par exemple.

Sol est une divinité indigène Romaine de faible importance, quoique révérée depuis très longtemps.[3] Auguste lui dédie les deux Obélisques qu’il ramène d’Egypte, connectant peut-être les deux cultes solaires.  (CIL VI 701)[4] Néron se fait construire un colosse autoportrait, qui est ensuite recyclé par Vespasien en lui rajoutant une couronne solaire, il donne son nom au Colosseum, ou Colisée. Ca semble être un dieu omniscient, qui voit tout, il est ainsi dit par Tacite que Néron est sauvé par ce dieu quand un complot est découvert. (Tacite, Annales XV.74)

Attributs de sol : la quadrige, à quatre chevaux et la nimbe solaire. En plus du Quirinal, en effet, le Cirque Maxime lui était dédié et il était associé aux quadrigae des courses de char tandis que Luna était associée au bigae (deux chevaux) comme le révèle Tertullien.[5]

Ambiguité de Sol

Sol est à la fois un dieu, un personnage, doué de raison de pouvoir et de volition et de l’autre il sert parfois simpletment de personnification du soleil, ainsi sur ce disque, trouvé au site gallo-romain de Lousonna, où il représente simplement l’astre solaire qui fait fondre les ailes d’Icare.

Fête de Sol ?

Au départ on a une fête le 28 août[6] ce qui suppose pour l’instant une célébration estivale du dieu Sol.

Le dieu Sol était également fêté le 9 août comme l'indiquent les Fasti Amiternini : Soli indigiti in colle Quirinali donc une fête du soleil indigène par opposition à des dieux solaires orientaux on imagine, dans le temple du Quirinal, qui était effectivement un temple solaire. Toujours dans le calendrier Philocalien on a des jeux du soleil (LVDI SOLI) du 19 au 22 octobre mais ils semblent une innovation tardive. Et certaines inscriptions calendaires, les Fasti Amiternini et les Fasti Ostienses nous indiquent une fête dès le Ier siècle le 11 décembre.[7] 

Sol invictus elagabal

Cultes solaires syriens

C’est difficile de dater de quand date les cultes solaires syriens mais avec l’extension de l’empire, les soldats entrent très tôt en contact avec. Tacite mentionne (Histoires III.24)[Remacle] qu’à la bataille de Bedriacum (en 69 ap. J.C.) des soldats saluent le soleil à l’est “à la manière des Syriens”, les cultes orientaux se répandant probablement à travers les légions syriennes. Ca fait écho à certains cultes solaires tels que décrits dans l’Ancien Testament. Ezechiel a ainsi une vision d’hommes dans le temple de Jérusalem en train de prier le soleil, prosternés vers l’est (Ezechiel 8:16).

Elagabal qu’on dit aussi Sol Invictus Elagabal désigne par contre un dieu d’orient, révéré principalement à Emesa (Ἔμεσα) l’ancien nom grec de Homs (حمص) dans l’actuelle Syrie.[8]

Le sens de ce nom, Elagabal, est très discuté mais parmi les étymologies convaincaintes on identifie deux racines sémitiques. Premièrement El, qui se rapporte à la divinité, qu’on retrouve ainsi dans l’akkadien ilum, l’hébreu el (אֵל) ou elohim (אֱלֹהִים), l’arabe ilah (إله‎), divinité, ou allah (الله‎) dieu, ou encore l’araméen Elaha (אלהא,  ܐܠܗܐ)  ou le syriaque Alaha (ܐܲܠܵܗܵܐ). De l’autre côté la racine Gabal qui devait signifier ce qui est grand, massif, imposant, et qui a fini par signifier la montagne, les hauteurs, qu’on retrouve dans l’arabe jabal, montagne, qui passa dans le syriaque djabal (ܓ̰ܲܒܵܠ), même chose, et dans les noms de certains lieux bibliques notamment.

Donc ça pourrait être le dieu grand massif, imposant ou le dieu de la Montagne, à rapprocher par exemple de l’arabe (ilah al-jabal) dieu de la montagne. Dans les deux cas ça ne nous apprendrait pas des masses.

On a aussi tenté de rapprocher son nom du dieu Baal mais ces bricolages étymologiques sont rarement concluants.

Septime Sévère (r. 193-211)

A la fin du règne de Marc-Aurèle, en 179 ap. J.C., Septime Sévère entre en contact avec ce culte alors qu’il est en campagne en Syrie. Il maria Julia Domna, la fille du grand prêtre de Sol Invictus Elagabal à Emesa. Il la ramène avec lui à Rome, ainsi que sa soeur ainée Julia Maesa. Elles seront connues comme “les princesses syriennes” et vont avoir un grand impact sur la suite de l’empire. Notamment en complotant pour faire accéder à la fonction impériale le petit fils de Julia Maesa, Varius Avitus Bassianus, mais la postérité lui donnera le même nom que son dieu, Elagabal, qui a été romanisé en Héliogabale rajoutant encore une couche de soleil avec l’adjonction de “helios”. Comme tout le monde, Héliogabale accède à la fonction impériale avec un nom à rallonge[9] mais on va l’appeler Héliogabale pour faire simple et le distinguer du dieu Elagabal.

Héliogabale (r. 218-222)[10]

Imposition du culte à Rome

On fait venir d’Emesa le bétyle symbolisant le Sol Invictus Elagabal, pierre conique noire peut-être d’origine météorique[11]et on impose ce culte, plaçant son dieu au-dessus même de Jupiter. (Dion Cassius 79.11) Héliogabale fait passer ses prêtres de Sacerdotes à Pontifices, mettant son grand-prêtre (c’est-à-dire lui)  au-dessus de tous les autres pontifes.

Un grand temple est construit en son honneur dans lequel sont déplacés les signes sacrés de tous les autres dieux : le feu sacré des Vestales, les boucliers des Saliis, le Palladium et même, nous dit l’Histoire Auguste, des symboles des Juifs, des Samaritains et des Chrétiens[12], il y a clairement la volonté d’unifier tout l’empire en un même culte, et l’histoire Auguste dit même qu’il essaye d’établir dans le monde entier le culte de son dieu unique Elagabal[13] mais ça ne va pas marcher.

Friction avec la société romaine

Son excentricité et son irrespect des coutumes romaines n’aide pas. Au cours d’un dîner ses convives auraient été ensevelis sous une pluie de roses comme on le voit dans cette peinture célèbre de Lawrence Alma-Tadema (1888). Hérodien dit que c’était une tête vide, ce à quoi il faut rajouter ses frasques sexuelles, qu’on juge alors indigne de la fonction impériale. Il se prostitue, il porte des vêtements et du maquillage de femmes, et si on suit le texte de Dion Cassius, Héliogabale se serait marié à Hieroclès, un conducteur de char, en devenant donc sa femme.

Et peut-être sa plus grande transgression, d’avoir épousé une Vestale. Les vestales étaient des vierges consacrées à Vesta qui entretenaient son feu sacré et qui étaient, supposément un culte plus vieux encore que la ville de Rome, en effet Romulus et Remus descendent d’une Vestale violée. Leur virginité était liée au salut de la ville. Donc en épouser une… Héliogabale projetait apparemment de marier son dieu avec la Venus Caelestis qu’il avait fait venir d’Afrique, autrement dit Tanit, une déesse carthaginoise et son mariage avec la vestale devait refléter le mariage divin. Dion Cassius lui attribue en effet d’avoir dit

“C'est pour que de moi, grand-pontife, et d'elle, grande-vestale, il naisse des enfants divins, que j'ai fait cela” (80.9)

Mais finalement ce mariage est rompu, Héliogabale enchaînant au total quatre mariages, sans compter Hieroclès.

Mort d’Héliogabale

Bref, tout ça a contribué à énerver le sénat et le peuple romain, et encore pire, la garde prétorienne. Ce n’est jamais une bonne idée d’énerver ceux qui doivent vous protéger des autres énervés. Même sa grand-mère Julia Maesa commence à penser que son cousin, le futur Alexandre Sévère serait un meilleur parti. Elle s’arrange pour qu’Héliogabale l’adopte comme son successeur et l’initie au culte du Sol Invictus. Peu de temps après, Héliogabale se dit qu’il va tester la loyauté de la garde prétorienne en répandant la rumeur de sa mort ou alors il tente de tuer Alexandre enfin bref, il se fait tuer par la garde prétorienne. Sa mère tente de le défendre mais elle y passe aussi. Les gardes traînent leurs corps dans la ville et tentent de les balancer dans les égoûts, mais ils sont trop étroits, et finissent par simplement le laisser dans le Tibre. Une damnatio memoriae frappe Héliogabale. On efface son nom des monuments, ainsi que celui de son dieu.

Héliogabale, impératrice ?

Certaines relectures actuelles d’Héliogabale en font une femme transgenre ou transsexuelle.[14] En effet chez Dion Cassius on trouve des passages où il est clair que dans son mariage avec Hiéroclès, c’est le rôle de la femme qui lui échoit. Dion rapporte plusieurs entraves à son voeu de fidélité, Héliogabale semble même s’arranger pour qu’Hieroclès les surprenne au lit, et du coup batte sa femme adultère. Dion rapporte sa joie, après ces scènes de violence conjugale, d’arborer ses yeux au beurre noir en public. Et note que si Héliogabale couchait certes avec des femmes c’était surtout pour imiter leur attitude.[15]

L’Histoire Auguste mentionne un jeu de rôle sexuel où Héliogabale se serait plu à jouer le rôle de Venus.[16] Et on fait état d’une de ses demandes à ce que Zoticus un conducteur de char avec un grand pénis l’appelle maîtresse (“kuria”), et pas maître (“kurion”).[17]. Peut-être que c’était limité à du jeu de rôle sexuel mais l’Epitome de Caesaribus (un catalogue des empereurs datant du IVe s.) dit son désir de devenir une femme et qu’on l’appelle Bassiana (prénom féminin) au lieu de Bassianus (qui serait son nom de naissance).[18] on lit ailleurs sa promesse d’offrir de larges sommes au chirurgien qui serait parvenu à lui donner un vagin via une incision. (LXXX, pp. 271-2 ed. Cary).

Bien sûr tout ça est sans doute lié à sa légende noire où on présente sa sexualité comme déviante, effeminée.

Problèmes historiques

Cependant on a plein de raisons de douter de nos sources telles qu’elles sont là. Pas seulement là-dessus mais sur tout ce qu’on sait d’Héliogabale. Il est difficile de voir ce qui était vrai et ce qui a été rajouté après sa damnatio memoriae pour noircir son image.

Alexandre Sévère, qui monte sur le trône après sa mort a tout intérêt à dire du mal d’Héliogabale. En effet, il est tout aussi jeune, illégitime et étranger, étant son cousin. Il n’a pas de connexions à Rome et peut-être qu’en l’affligeant de tous les clichés que les romains attribuent à l’orient, il peut lui même se blanchir par contraste, ce qui expliquerait cette légende noire. L’histoire auguste est très fantaisiste et lui attribue même des sacrifices humains.

Les chapitres de Dion Cassius sur lesquels on se base par exemple pour établir son genre féminin nous sont en fait perdus, on dispose des chapitres 79 et 80 (ou 78 et 79 suivant la division) partiellement dans un seul manuscrit[19] mais autrement uniquement à travers le résumé ou les citations de moines byzantins du XIe siècle Xiphilinin, Zonaras[20] ou Kedrenos.. Et l’anecdote sur son désir de vaginoplastie, par exemple se trouve chez Zonaras[21] mais pas chez Xiphilin qui d’habitude est le plus détaillé, donc est-ce que ça a été inventé au cours des siècles, en élaborant sur le côté effeminé ? Ou est-ce que Xiphilinin l’a enlevé parce que ça lui semblait pas crédible ou important ? Ca resterait intéressant que ce genre de pratiques soit décrits dans l’empire byzantin médiéval, mais de la même manière que nos interprétations trans-positives, elles révèlent peut-être plus sur l’époque qui l’interprète que sur Héliogabale lui-même.

Autre chose : pas mal de ses frasques suivent celles que la tradition littéraire attribue aux empereurs excentriques, principalement Néron. L’anecdote des roses ensevelissant les convives est aussi racontée à propos de Néron par Suétone (Suétone, Néron XXXI) et en fait si on compare, on disait aussi de cet empereur qu'il était effeminé et débauché, qu’il aurait épousé un esclave, après l’avoir castré, et même qu’il avait violé une vestale.[22] Pour un Romain c’est juste une check-liste de ce qu’il faut pas faire. Après, il y a sûrement du vrai dans certaines de ces accusations. On a par exemple supposé que marier une prêtresse de Vesta reflétait pour Héliogabale une conception orientale de la hiérogamie, le mariage sacré entre prêtre et prêtresse, même si c’est difficile d’imaginer qu’il se rendait pas compte de l’importance de la virginité des vestales. Et sans projeter de catégories modernes de la transexualité sur l’antiquité peut-être que les interprétations sur son identité genrée féminine sont légitimes, parce que ce genre d’accusation est plutôt rare, pratiquement unique en fait. Une interprétation c’est qu’Héliogabale va volontairement piocher dans le manuel du mauvais empereur.[23] C’est celle d’Antonin Artaud qui voit dans Héliogabale l’anarchiste au pouvoir, qui cherche le scandale, cherche à provoquer, et aurait une vie fondamentalement théâtrale.[24] Ce qui semble une composante de certaines religions orientales, qui cherchaient à choquer.

En tous les cas ce sont des descriptions très courtes qui nous racontent son caractère effeminé, débauché, tyrannique et meurtrier, mais tout ce qui concerne sa réforme religieuse avortée semble authentique.

La fête de Sol Invictus à l’époque

LA PETITE VOIX

Oui enfin tout ça ça nous éloigne de la question, donc : c’est lui qui a instauré la fête de Sol Invictus le 25 décembre ?

LAYS

Euh… Non. A ce moment là, la procession du bétyle d’Elagabal a lieu au plus fort de l’été (therous, θέρους) comme le rapporte Hérodien (V.16) ce qui colle avec les festivals romains du Soleil (9&28 août) :

chaque année, au plus fort de l'été, il y conduisait son idole. Il ordonnait pour ce jour diverses solennités: des hippodromes, des théâtres étaient construits d'avance ; des courses de chars, des spectacles variés, de nombreuses symphonies, des festins splendides, des nuits entières de fêtes et de plaisirs occupaient le peuple, dont Antonin croyait ainsi faire le bonheur. Il conduisait lui-même de la ville au faubourg le dieu placé sur un char étincelant de lames d'or et des pierres les plus précieuses. Le char était traîné par un attelage de six chevaux blancs, de haute taille, sans tache, tout brillant d'or et magnifiquement caparaçonnés. Antonin tenait les rênes. Jamais homme ne montait sur ce char, mais on se tenait tout auprès, et le dieu semblait le diriger lui-même. Antonin courait à reculons devant le char, le visage tourné vers le dieu, et tenant les guides des chevaux. Il faisait tout le chemin courant ainsi en arrière, et regardant le dieu face à face. De peur qu'il chancelât ou ne tombât, ne voyant pas où il marchait, on couvrait abondamment le sol de sable doré, et ses gardes le soutenaient de chaque côté, rendant ainsi sa course assurée. Le peuple courait également des deux côtés du char, agitant une multitude de torches, semant la route de guirlandes et de fleurs. Les statues de tous les dieux, avec leurs magnifiques offrandes, tous les ornements impériaux, les meubles les plus précieux de la couronne, et enfin la cavalerie et toute l'armée suivaient le char du dieu. Quand le prince avait conduit et placé la divinité dans le temple, il célébrait alors ces sacrifices solennels que nous avons déjà décrits[25]

puis il jette “au peuple des vases d'or et d'argent, des robes, des étoffes de toute espèce dont chacun était maître de s'emparer; il faisait distribuer aussi toutes sortes d'animaux privés ou non privés, à l'exception des porcs, car il s'abstenait de cette viande, selon la coutume phénicienne.”

Il savait rigoler.

Alexandre Sévère (r. 222-235)

LA PETITE VOIX

Après le meurtre d’Héliogabale, Alexandre Sévère ramène le culte du Soleil Invaincu au niveau d’un dieu normal, ni plus ni moins, et continue la tentative de syncrétisme, d’unifier les influences religieuses. L’Histoire Auguste le montre prier au milieu de figures prophétiques de multiples religions : Orphée et Apollonius de Tya, mais également le Christ et Abraham.[26]

Il est lui aussi assassiné le 19 mars 235, ce qui marque la fin de la dynastie des sévères et le début d’une période de trouble qu’on appelle la crise du troisième siècle. On aurait tort de la dépeindre comme un cataclysme permanent, mais il est certain que les structures politiques, religieuses, économiques de l’empire romain sont mises à rude épreuve.

Jusque là, le pouvoir était resté (relativement) stable entre les mains de quelques dynasties, les julio-claudiens d’abord ; puis les flaviens, les Antonins et les Sévères, mais jusque là c’est (relativement) calme, les règnes sont longs et puis au troisième siècle vient une longue période d’anarchie militaire. Des tas de généraux qui se font proclamer empereurs par leurs troupes et qui se battent contre d’autres généraux qui ont eu la même idée.

Deus Sol Invictus

Aurélien (r. 270-275)

Il faut attendre l’empereur Aurélien pour que le culte de Sol Invictus revienne dans nos sources. On connait son règne à travers l’Histoire Auguste, l’Histoire Nouvelle de Zosime[27], l’abrégé d’histoire romaine d’Eutrope.[28]

La carrière d’Aurélien est assez représentative de l’époque. Après avoir gravi les rangs de l’armée, et que l’empereur Claude le Gothique meure de la peste il est proclamé empereur par les troupes danubiennes. Enfin il doit d’abord vaincre les troupes de Quintillius le frère de Claude qui avait aussi le soutien du Sénat. Sa popularité vient beaucoup  de ce qu’il ait vaincu deux séparatistes qui menacent les extrémités de l’empire.

Après qu’il ait vaincu Zénobie, il a eu une sorte de vision, qu’il devait sa victoire au dieu soleil, il se rend au temple d’Elagabal et reconnaît là le même dieu.[30]

Origine romaine du culte de Sol Invictus par Aurélien

Enfin on peut se demander s’il s’agit vraiment du même dieu, ou si Aurélien a juste reconnu un dieu solaire à Emesa et que son dieu solaire à lui serait plutôt romain que syrien.

D’un côté il semble reconnaître ce dieu et Zosime dit que c’est sa statue et celle de Bel qu’il dresse dans son nouveau temple à Rome.[31] De l’autre on lit dans l’Histoire Auguste qu’en 272 quand il vainct Zénobie le temple solaire de Palmyre est endommagé par ses armées, il leur donne de l’argent pour le restaurer et dit qu’il va écrire au Sénat pour qu’ils envoient un pontife pour en faire la dédicace.[32] Mais, si son dieu est le dieu d’Emesa, le même qu’héliogabale… Pourquoi faire venir un pontife de Rome pour restaurer ? Y’a le temple d’Emesa juste là qui doit avoir des prêtres disponibles plutôt que faire l’aller-retour jusqu’à Rome ?[33]

Et peut-être qu'au fond ces deux divinités, Sol et Elagabal n'ont pas grand-chose à voir au delà des connexions que le syncrétisme de l'époque encourage. Ce dont on parlait dans notre première vidéo.

Ainsi Héliogabale amène son dieu à Rome, il faut bien le traduire sous une forme acceptable pour les romains, donc Sol, mais on l'identifie aussi à Jupiter, ainsi l'Histoire Auguste nous parle du dieu Elagabal "que les uns disent être le Soleil, les autres Jupiter" (XVII).[34] Après tout, Elagabal est un dieu suprême et Héliogabale avait installé son culte dans le temple de Jupiter Optimus Maximus à Rome. Il a également frappé certaines pièces de Sol avec le foudre de Jupiter.

Et à l'inverse, Aurélien dans le temple d'Elagabal aurait simplement reconnu que c'était une divinité solaire, établissant la connexion, sans que ça veuille dire une identité totale des divinités. Juste que le polythéisme romain est assez souple avec ça.

Que le dieu d’Aurélien ait une origine gréco-romaine ou syrienne, en définitive, il était là conçu comme romain. D’ailleurs c’est bien pour ça qu’on se permet de le frapper sur des pièces romaines, ce qu’on ne fait pas vraiment pour d’autres dieux orientaux. Mais justement on le frappait déjà sur d’anciennes pièces romaines et dès le règne de Commode il apparait pratiquement annuellement.

Instauration de la fête de Sol Invictus le 25 décembre

LA PETITE VOIX

Du coup c’est là qu’il instaure la fête de Sol Invictus le 25 décembre ? Après tout, Héliogabale avait eu un règne très court (4 ans) et il avait été détesté, son dieu et sa personne voués à l’oubli, Aurélien de même, ne règne que cinq ans. Est-ce que c’est assez pour instaurer une tradition qui dure ?

LAYS

Alors en tout cas dans la chronographie de 354[35], indiquerait  qu’on se souvienne de la fête jusque là, pendant au moins trois quarts de siècle. MAis on a aucune preuve directe qu’il instaure le 25 décembre. On dit qu’il instaure des fêtes du soleil, des jeux du cirque, mais on sait pas quand. L’empereur Julien les mentionne dans son discours sur le Roi Soleil comme d’une institution récentissime[36] mais toujours pas de date. On voit bien au 25 décembre N·INVICTI·CM·XXX autrement dit Natalis Invicti. CM signifie Circenses Missus, donc des jeux du cirque ordonnés en ce jour et XXX pour trente courses de char. Mais on est pas sûr que c’est ça le festival du soleil qu’Aurélien instaure. Il pourrait aussi bien s’agir d’un festival qui ordonne des jeux du soleil (LVDI·SOLIS) qui a lieu du 19 au 22 octobre et qui culmine dans 36 courses de char, soit le plus grand total du calendrier.[37] En outre, certaines inscriptions calendaires font état de l’armilustrium le 19 octobre une revue militaire liée à Mars qu’on pense avoir eu lieu dans le Cirque Maxime et donc pas liée directement à Sol mais étant donné que le Cirque Maxime lui est lié on pourrait comprendre que ça évolue dans une fête solaire.[38]

Mais généralement on admet que c’est le 25 décembre qui lui aussi n’est pas clair.

Est-ce que c’est bien Sol Invictus ? Invicti c’est vague. Certains l’ont interprété comme un autre dieu qu’on dit invaincu, l’attribut est aussi donné à Jupiter, Mars ou Mercure.[39] Mithra mais il semble plutôt que ce soit la fête instaurée par Aurélien. Le culte de Sol Invictus est perpétué par les empereurs qui lui succèdent en tout cas sur leurs monnaies : Probius, Tacitus, Galien, Dioclétien et ce jusqu’à Constantin.

Mais justement, ça, ça n’a rien de spécial, on trouvait déjà Sol sur des pièces datant de l’époque républicaine. Une des premières pièces à porter la mention Sol Invictus n’a pas été frappée par Aurélien mais par l’usurpateur Macrien qui règne de 260 à 261, soit dix ans avant Aurélien. Et ce n’est même pas Héliogabale qui réintroduit les pièces avec Sol comme on peut le voir sur ces pièces de Hadrien ou Septime Sévère avant lui. Donc tout ça nous montre une continuité plutôt qu’une rupture. Certains essaient de présenter Aurélien comme un réformateur qui aurait imposé une sorte de culte monothéiste du soleil mais même si les sources nous parlent de sa dévotion pour le soleil, non seulement il s’appuie sur une tradition qui existe déjà, mais il semble que même s’il introduit de nouvelles fêtes solaires il laisse la hiérarchie religieuse romaine pratiquement intacte, et c’est bien pour ça que ces innovations survivent un tant soit peu.

On peut du coup se demander avec Steven Hijmans si le terme de Sol Invictus fait sens ou serait même utile. L'expression est populaire après Aurélien, mais rien ne nous montre un changement radical dans la nature de la religion romaine après cela. En outre il est pas toujours facile d'interpréter cette figure solaire surtout quand le nimbe solaire n'est pas toujours un symbole solaire justement, ce que montre Hijmans.

En outre, les chrétiens eux-mêmes témoignent d’une fête du soleil le 25 décembre ainsi Léon Ier[40] ou Augustin[41] dans leurs sermons sur Noël.[42] Saint Augustin dit bien :

“Que ce jour, mes frères, soit donc pour nous un jour solennel ; célébrons-le, non pas comme les infidèles, en considération du soleil, mais en considération de Celui quia créé le soleil même.” (Sermon 190)

Donc il semble qu’il y ait eu une fêt du soleil le 25 décembre

Maintenant il reste la question de est-ce que ça a influencé le choix de la date de Noël ? Est-ce que ce Natalis Invicti deviendra plus tard le Natalis Christi, la naissance du Christ ? Après tout les jeux du cirque n’ont pas grand-chose à voir avec les traditions de Noël qu’on connait.

Pour le savoir il vous faudra revenir pour nos prochains épisodes sur la fête de Noël.

A la prochaine fois !

Pour aller plus loin

Je vous rappelle que vous trouverez le texte de cet épisode ainsi que les sources évoquées en lien dans la vidéo. Si cette vidéo vous a plu, nous vous serions très reconnaissants de la diffuser auprès de qui serait intéressé afin de nous faire un peu connaître. Nous vous invitons à regarder nos autres vidéos et nous attendons vos retours, vos critiques et vos commentaires avec impatience.

Sinon comme vous avez pu le constater le documentaire dont on a utilisé des extraits à des fins illustratives n'est pas très bon, je vous le recommande pas, de même que la série Supernatural. C'est Pas Sorcier par contre, généralement ça va.

Sinon je sais pas pourquoi Sol Invictus a autant de récupération néopaïennes que ce soit un candidat libertarien au sénat américain qui s'appelle Augustus Sol Invictus qui a une imagerie assez fascisante, ou un groupe de musique dont les membres ont des croyances assez particulières. Mais je vais essayer de deviner. Je pense que toute cette publicité vient fondamentalement du nom. Soleil Invaincu, c'est stylé et on associe ça à certaines théories sur le retour de la lumière parce que vous comprenez les hommes préhistoriques avaient peur que le soleil ne se lève pas, ils étaient trop bête pour réaliser que le solsitce ça arrivait chaque années, ils auraient eu besoin de faire des sacrifices pour le faire redémarrer. Du coup l'expression sol invictus a, j'ai l'impression, pris une vie indépendante de la divinité qu'elle désigne originellement.

Enfin j'ai l'impression que beaucoup des discussions qui incluent ce terme sont assez déconnectées des éléments qu'on vient de vous présenter.

Oeuvres citées

Antiques

Sur Sol, Sol Invictus, etc.

Modernes

Duchesne Louis, Les origines du Culte Chrétien, 1889. [archive.org]

Thibaut J.-B.

Usener 1889

Contemporaines

Sur le culte de Sol (Invictus) :

Sur l’histoire de l’épiphanie et Noël

Sur le lien entre Sol Invictus et Noël

Musique

Extraits vidéo


[1] http://peterjoseph.info/top-five-zeitgeist-movie-myths/ 22 février 2015 [archive.is]

[2] En français : Reine-des-prés ou Filipendula ulmaria

[3] Varron, L. 5.74. En outre, Sol est frappé sur des pièces romaines dès le IIIe siècle avant notre ère. (Hijmans 1996: 382)

[4] Aegypto in potestatem populi Romani redaca Soli donum dedit

[5] “ Pour en venir maintenant aux lieux, conformément à notre dessein, le Cirque est principalement consacré au Soleil; son temple est bâti au milieu de l'enceinte, et son image rayonne sur le sommet de l'édifice, parce qu'ils ont cru qu'il ne fallait pas enfermer sous une voûte celui qui brille à découvert. Comme ils assurent que ce spectacle leur vient de Circé, qui l'institua la première en l'honneur du Soleil son père, c'est de Circé qu'ils dérivent le nom du Cirque.” (Tertullien De Spectaculis 8.)[tertullian.org]

“Le char à quatre chevaux est consacré au Soleil; le char à deux chevaux est consacré à la Lune” (Ibid. 9)

[6] On la trouve dans les anciens Fasti impériaux (Degrassi 503) et le Calendrier Philocalien (SOLIS·ET·LVNAE·CM·XXIIII) alors que les dates du 8-9 août et du 11 décembre sont apparemment tombés en déshérence en 354.

[7] Fasti Amitermini : AG IN, et Fasti Ostienses : [AG]ON(ium) IND(igeti). Voir Hijmans 2003 pp. 384-5

[8] Le pape Anicet viendrait d’émèse, d’après le Liber Pontificalis ce qui expliquerait son nom d’aniketos (Ἀνίκητος) invaincu :  “Anicitus, natione Syrus, ex patre Iohanne, de uico Humisa” (XII)

[9] Imperator Caesar Divi Antonini Magni Filius Divi Severi Pii Nepos Marcus Aurelius Antoninus Pius Felix Augustus

[10] Nos sources sur son règne : Dion Cassius, Histoire Romaine 79-80 [Remacle] lesdits chapitres nous sont connus à travers les résumés faits par des moines byzantins; Histoire Auguste, Héliogabale [Remacle]; Hérodien, Histoire Romaine V  [Remacle]

[11] “On ne voit pas dans le temple, comme chez les Grecs et les Romains, de statue faite à l'image du dieu par la main d'un artiste habile; mais on y remarque une grande pierre, ronde par le bas et se terminant en pointe : elle a la figure d'un cône; sa couleur est noire : les habitants se glorifient de cette pierre, qu'ils disent tombée, du ciel ; ils font voir aux étrangers qui la considèrent quelques inégalités, quelques formes peu apparentes. Ils affirment que c'est une image imparfaite du soleil, et ils la révèrent à ce titre.” Hérodien V.5 [Remacle]

[12] “Mais sitôt qu’il eut fait son entrée dans Rome, sans plus s’occuper de ce qui se passait dans la province, il fit construire et consacra à Héliogabale un temple sur le mont Palatin auprès du palais impérial ; il affecta d’y faire transporter et la statue de Junon, et le feu de Vesta, et le Palladium, et les boucliers anciles, enfin tous les objets de la vénération des Romains ; afin qu’à Rome on n’adorât d’autre dieu qu’Héliogabale. Il disait en outre que les religions des Juifs et des Samaritains, ainsi que le culte du Christ, seraient transportés en ce lieu, pour que les mystères de toutes les croyances fussent réunis dans le sacerdoce d’Héliogabale.” (Hist Aug. Héliogabale III)

[13] “Il profana les choses les plus révérées du peuple romain en enlevant les simulacres des dieux. Il voulut éteindre le feu sacré. Et ce n’est pas seulement les religions de Rome qu’il voulut abolir ; mais, s’efforçant d’établir dans le monde entier le culte unique de son dieu Héliogabale, il pénétra, profané qu’il était par la corruption de ses moeurs et s’accompagnant de gens aussi impurs que lui, dans le sanctuaire de Vesta, où n’ont accès que les vierges consacrées et les pontifes ; ayant voulu enlever le simulacre de la déesse, il prit pour la véritable une statue qui, malgré son apparence, n’était qu’une fausse idole substituée par la grande vestale ; mais, n’y trouvant rien d’extraordinaire, il la brisa en éclats : ce qui ne fit rien perdre à ce culte, parce qu’on en avait, dit-on, fait faire plusieurs semblables, afin qu’on ne pût jamais emporter la véritable. Il enleva néanmoins une statue, qu’il croyait être le Palladium, et l’ayant fait dorer, il la plaça dans le temple de son dieu.” (Histoire Auguste, Héliogabale VI)

[14] Exemples trouvés sur Google Books :

Sur internet, parm tant d’autres :

[15] “[Il épousa plusieurs femmes], et il s'enferma avec un plus grand nombre encore, [sans que cette union eût aucun titre légal], non qu'il eût en rien besoin d'elles, mais pour imiter leurs actes en couchant avec des galants, et avoir, en se mêlant avec elles, des complices de ses turpitudes].” LXXX.13

[16] “Enfin il en vint au point de ne plus s’occuper d’autre chose dans Rome, que d’avoir des émissaires chargés du soin de rechercher exactement les hommes les mieux conformés pour ses goûts abjects et de les introduire au palais pour qu’il pût en jouir. Il se plaisait en outre à faire représenter chez lui la fable de Pâris. Lui-même y jouait le rôle de Vénus, et, laissant tout à coup tomber ses vêtements à ses pieds, entièrement nu, une main sur le sein, l’autre sur les parties génitales, il s’agenouillait, et élevant la partie postérieure, il la présentait au compagnon de sa débauche. Il arrangeait aussi son visage, comme on peint celui de Vénus, et avait soin que tout son corps fût parfaitement poli, regardant comme le principal avantage qu’il pouvait tirer de la vie de se faire juger apte à satisfaire les goûts libidineux du plus grand nombre possible.” (Hist. Aug. Héliogabale 5)

[17] The Crimes of Elagabalus, p.117. [GBooks]

[18] “Cupiditatem stupri, quam assequi naturae defectu nondum poterat, in se convertens muliebri nomine Bassianam se pro Bassiano iusserat appellari.” (23) [la:forumromanum.org][en:roman-emperors.org]

[19] Codex Vaticanus Graecus 1288 (V) vellum Ms. of fifth or sixth century, in uncial characters. It teems with errors, many of which, however, were corrected by a second hand, apparently with the aid of another Ms. V' belonged to Fulvio Orsini, who published the contents in 1582 (Excerpta Ursiniana, pp. 416-47).

[20] Voir sur les manuscrits de Dion Cassius [tertullian.org]

[21] Annales, 14.12, pp. 569-70 de la trad. Pinder [archive.org]

[22] “Sans parler de ses débauches avec les hommes libres, et de ses amours adultères, Néron viola une vestale nommée Rubria.” (Suétone, Néron, XXVIII.1)

[23] L’Histoire Auguste dit bien :”Il inventa plusieurs genres de débauches, et surpassa de beaucoup la monstrueuse lubricité des anciens fléaux de la république : car les raffineries de Tibère, de Caligula, de Néron lui étaient parfaitement connues.” (33)

[24] « Et Héliogabale, en tant que roi, se trouve à la meilleure place possible pour réduire la multiplicité humaine, et la ramener par le sang, la cruauté, la guerre, jusqu’au sentiment de l’unité. » (p. 45) . « Héliogabale, le roi pédéraste et qui se veut femme, est un prêtre du masculin. Il réalise en lui l’identité des contraires, mais il ne la réalise pas sans mal, et sa pédérastie religieuse n’a pas d’autre origine qu’une lutte obstinée et abstraite entre le Masculin et le Féminin. » (p. 67)

 « un anarchiste-né, et qui supporte mal la couronne, et tous ses actes de roi sont des actes d’anarchiste-né, ennemi public de l’ordre, qui est un ennemi de l’ordre public. » (p. 96) « Rien de gratuit dans la magnificence d’Héliogabale, ni dans cette merveilleuse ardeur au désordre qui n’est que l’application d’une idée métaphysique et supérieure de l’ordre, c’est-à-dire de l’unité. » (p. 108)  Héliogabale ou l'Anarchiste couronné (1934)

[25] Hérodien, Histoire Romaine (V.16) [Remacle]

[26] “Dès le matin, il passait dans son oratoire, où il avait rassemblé les images des empereurs, mais des meilleurs, et celles des personnages les plus vertueux, et entre autres Apollonius, et, suivant le dire d’un écrivain du temps, le Christ, Abraham, Orphée et autres semblables, aussi bien que celles de ses ancêtres ; là il accomplissait les actes de la religion.” (Histoire Auguste, Alexandre Sévère)

[27] Histoire Auguste [Remacle trad. 1847] Aurélien ; Zosime, Histoire Nouvelle I [Remacle trad. Buchon 1836] ce à quoi il faut rajouter Aurelius Victor, Epitome de Caesaribus [Remacle trad. Dubois 1846]

[28] "Après lui, l’empire fut gouverné par Aurélien, originaire de la Dacie riveraine du Danube: grand capitaine mais d’un caractère violent, il était trop enclin à la cruauté; il remporta sur les Goths les plus éclatantes victoires, et rendit à l’empire ses anciennes limites, par les divers succès de ses armes. Dans la Gaule, il défit, près de Chalons, Tétricus, qui lui livra lui-même son armée, dont il ne pouvait plus supporter les continuelles séditions: il avait même imploré. Aurélien dans des lettres secrètes, où, entre autres supplications, il lui adressait ce vers de Virgile:

Invincible guerrier, mets un terme à mes maux. (Eripe me his, invicte, malis.)

Aurélien, dans une bataille peu importante, livrée près d’Antioche, fit aussi prisonnière Zénobie, qui était reine d’Orient, depuis la mort d’Odénath, son mari: de retour à Rome, il triompha comme nouveau conquérant de l’Orient et de l’Occident; il fit marcher devant son char Tétricus et Zénobie. Tétricus fut ensuite nommé gouverneur de la Lucanie, et vécut très longtemps en simple particulier. Zénobie laissa à Rome une postérité qui existe encore. Sous le règne d’Aurélien, les monnayeurs se soulevèrent à Rome, après avoir altéré les espèces et massacré le trésorier Félicissimus. Vainqueur des rebelles, Aurélien les traita avec la dernière rigueur; il condamna à mort plusieurs nobles. Prince farouche et sanguinaire, plutôt nécessaire en certaines circonstances que susceptible d’être jamais aimé, il se montra constamment cruel et fit périr jusqu’au fils de sa sœur; mais il réforma en grande partie la discipline militaire et la dissolution des mœurs. Il entoura Rome de murailles plus solides et bâtit au Soleil un temple où il prodigua l’or et les pierreries. Le ravage de toute l’Illyrie et de la Mésie lui ôtant l’espérance de pouvoir conserver la Dacie que Trajan avait réduite en province de l’empire, au-delà du Danube, il en fit un désert en retirant des villes et des campagnes de cette contrée la colonie romaine, qu’il établit au centre de la Mésie; en sorte que la Dacie se trouve maintenant sur la rive droite du Danube après avoir été précédemment sur la rive gauche. Aurélien périt de la trahison d’un de ses esclaves, qui contrefit l’écriture de son maître, et porta à quelques officiers une liste où leurs noms étaient inscrits, comme si l’empereur les eût dévoués à la mort. Ceux-ci donc, pour le prévenir, le tuèrent sur le vieux chemin d’Héraclée à Constantinople, dans un endroit appelé Cénophrurium. Toutefois sa mort ne resta pas sans vengeance. Il mérita aussi d’être mis au rang des dieux, après un règne de cinq ans et six mois." (Eutrope, Abrégé d'histoire romaine, IX.9)[Remacle]

[29] D’après Eutrope, Aurélien aurait fait participer Zénobie et Tétricus à son triomphe, les épargnant : “de retour à Rome, il triompha comme nouveau conquérant de l’Orient et de l’Occident; il fit marcher devant son char Tétricus et Zénobie. Tétricus fut ensuite nommé gouverneur de la Lucanie, et vécut très longtemps en simple particulier. Zénobie laissa à Rome une postérité qui existe encore.” (IX.9) mais chez Zosime, Zénobie meurt en route "Pendant le retour d’Aurélien en Europe où il ramenait Zénobie, le fils de cette princesse, et tous ceux qui avaient eu part à sa révolte, on dit qu’elle mourut, soit de maladie, ou pour n’avoir point voulu prendre de nourri turc, et que les autres, excepté son fils, furent noyés dans le détroit de Byzance et de Chalcédoine." (I) seul son fils en réchappant.

[30] Maître de l’Orient, Aurélien entra dans Timesse en triomphateur, et sur-le-champ se rendit au temple d’Héliogabale, voulant s’acquitter envers les dieux. Là, il aperçut encore, et sous la même forme, la divinité qu’il avait vue dans le combat, encourageant l’effort de ses armes. Sa reconnaissance éleva aussitôt à ce dieu tutélaire des temples qu’il enrichit des plus précieuses offrandes ; et, de retour à Rome, il fit bâtir en l’honneur du Soleil, un temple dont la dédicace fut faite avec la plus grande magnificence, comme nous le dirons en son temps. (Histoire Auguste, Aurélien XXV)

[31] "il rentra à Rome en triomphe, où il fut reçu avec un merveilleux concours du sénat et du peuple. Il bâtit un superbe temple en l’honneur du Soleil, l’enrichit des ornements qu’il avait apportés de Palmyre, et il y érigea la statue de ce dieu, et celle de Bel." Zosime, Histoire Nouvelle, I.

[32] Quant au temple du Soleil, que les aquilifères de la troisième légion ont pillé près de Palmyre avec les porte-enseigne, les porte-étendard, les clairons et les musiciens, j’entends qu’il soit rétabli dans son état primitif. Vous avez trois cents livres d’or, provenant des cassettes de Zénobie ; vous avez les mille huit cents livres d’argent, trouvées dans Palmyre, sans compter les joyaux de la reine. En voilà bien assez pour réparer magnifiquement ce temple, et vous rendre ainsi agréable à moi-même et aux dieux immortels. Je vais écrire au sénat d’envoyer un pontife, pour en faire la dédicace. (Hist. Aug. Aurélien XXXI)

[33] Voir Hijmans 2009: : "More to the point is a second passage in SHA Aurel. (25, 3-6), describing the divine help  Aurelian received in a decisive battle against Zenobia. After the battle, Aurelian immediately  went to the most important temple of nearby Emesa, namely that of Elagabal. "Verum illic eam formam numinis repperit, quam in bello sibi faventem vidit. Quare et  illic templa fundavit donariis ingentibus positis et Romae Soli templum posuit maiore  honorificentia consecratum".  Only a superficial reading of these two sentences, however, would allow one to conclude that  Aurelian must have recognized the god Elagabal himself as his divine helper. It is striking, to  begin with, that this is not stated explicitly. Ea forma numinis is carefully vague, and need not necessarily refer to Elagabal at all; indeed, it probably cannot, because we know that in Emesa  43the cult of Elagabal was centred on a sacred black stone or baetyl, while forma numinis seems 44  to imply an anthropomorphic figure. As the second sentence shows, Aurelian took the divine 45  helper to be Sol - explicitly named, without any reference to Elagabal - for whom he built  temples not just in Rome, but also in Emesa. It would be quite surprising that Aurelian should  want to build a new temple in Emesa - as illic templa fundavit clearly states - if in fact we are  expected to identify Sol wholly with Elagabal. On the other hand, there would be nothing  intrinsically unlikely in the assumption that Aurelian saw a statue of Sol or Helios in the precinct  of Elagabal’s temple - Elagabal was after all a deity with stronger solar connotations than most  ba’alim - and that it was in this statue that the author would have us imagine Aurelian  recognizing eam formam numinis for whom he then built a separate temple in Emesa. That seems  to me the most straightforward reading of this passage, even if one leaves aside the fact that Sol  was invariably represented in traditional Graeco-Roman iconography during Aurelian's reign, and  that there are absolutely no indications from either coins, inscriptions or any other source that he considered Sol and Elagabal to be identical. Certainly it is clear that there is nothing in this  passage which forces us to conclude that Aurelian's Sol and Elagabal must have been the same,  the more so because we must keep in mind that the readers for whom the SHA was intended  already knew the nature of Aurelian's Sol, so that the author did not need to elaborate. If an  ancient reader already knew Aurelian’s Sol to be Roman, she would find nothing in this passage  that would cause her to rethink that. […]

In fact, as I have already pointed out, many scholars rejected an identification of  Aurelian’s Sol with Elagabal, notwithstanding the passage we have just discussed. They did so  not because they felt that the evidence was too weak, but because they considered it  inconceivable that Aurelian should choose to reinstate the infamous Elagabal in Rome. Hence, quoting two different passages, these scholars argued that it was actually Malachbel of Palmyra  whom he transformed into the imperial Sol. The evidence quoted in support of this supposition is  equally feeble. The first passage (SHA Aurel. 31,7) states simply that Aurelian wanted the temple of the sun in Palmyra restored, while the second (Zos. 1,61) states that a statue of Bel from  Palmyra stood next to a statue of Sol in the temple built by Aurelian in Rome. It is curious that  the latter passage should be cited as "proof" that the imperial Sol was no other than the Palmyran Bel. The fact that there were two separate statues seems to imply quite the opposite, and surely  the fact that the Palmyran Bel was set up in Aurelian's temple can be far more logically explained as visual proof of Aurelian's total victory over Palmyra. That scholars have argued that Aurelian  elected the god of a defeated city to become the supreme deity of the Roman Empire becomes  even stranger when one takes into account the inconvenient fact that the Palmyran Bel was  Jovian, not solar. In Palmyra, as in the Graeco-Roman world, the sun was of relatively minor religious importance." chap. 1 pp. 10-11.

[34] Voir aussi "Cet Héliogabale fut prêtre de Jupiter ou du Soleil, et s’était arrogé le nom d’Antonin […]" (ibid. I)[Remacle]

[35] http://www.tertullian.org/fathers/chronography_of_354_06_calendar.htm [archive.is]

[36] “J'ajouterai à ceci que nous rendons un culte particulier à Mithra et que nous célébrons tous les quatre ans des jeux en l'honneur du Soleil; mais ce serait parler de faits trop récents” Discours sur le Roi Soleil 19

“Seulement, comme je l'ai dit, des observations plus récentes ont confirmé la vérité des faits. Désormais, avant le renouvellement de l'année et immédiatement après le dernier mois consacré à Saturne, nous solennisons par des jeux magnifiques consacrés au Soleil, la fête du Soleil Invincible. Ces jeux achevés, il n'est plus permis de célébrer les spectacles tristes, mais nécessaires, qu'offre le dernier mois. Mais aussitôt après les Saturnales viennent les fêtes anniversaires du Soleil.” Ibid. 20 [Remacle]

[37] Hijmans 1996:385

[38] Hijmans 1996:386 citant Degrassi 1963:532-4

[39] Mars Invictus. Célébré le 14 mai d'après les Fasti Venusini (Degrassi 457), 15 mai dans les Fast. Ant. ap. NS 1921, 96. Au IVe siècle, une dédication à Mars Invictus (CIL 6.33856 = ILS 8935). Une pièce frappée par Aurélien (RIC V.1, nos 357-9) Jupiter Invictus : RIC IV.1 Septime Sévère nos 480a ; Hercule Invictus : pièce frappée par Claude le Gothique. (no 50, RIC V.1) ; Invictus comme épithète de l'empereur : Septime sévère : 356, 389-395, 441, 441a ; RIC IV.2.etc.  voir Manders Erika, Coining Images of Power: Patterns in the Representation of Roman Emperors on Imperial Coinage, A.D. 193-284, BRILL, 2012, p. 130. [GBooks].

[40] Sermon XXVII sur la fête de la Nativité 7.4 : "On voit des chrétiens, venant à la basilique de Saint-Pierre, monter les degrés qui mènent ad suggestum aræ superioris, au niveau du seuil, et là se retourner vers le soleil levant et incliner la tête en l’honneur de " l’orbe resplendissant ". Ils le font par ignorance, dit Léon, et aussi paganitatis spiritu. Saint Léon dénonce ailleurs une opinion, qui n’est peut-être pas sans lien avec la pratique précédente. Dans un de ses sermons de Noël, il dit que le démon, trompant les simples par la persuasion pestiférée de certains, a suggéré que le jour du 25 décembre était honoré, non pas tant pour la naissance du Christ, que pour le lever du nouveau soleil, de novi ut dicunt solis ortu honorabilis. Léon condamne cette opinion qu’il qualifie de ténébreuse. Les gens qui l’acceptent sont, dit-il, entraînés encore par les très sottes erreurs de la gentilité, et ils vénèrent d’un honneur divin les astres du monde qui ne sont que des serviteurs. Serm., XXII, 6." PL 54.218 http://jesusmarie.free.fr/leon_le_grand.htm [archive.is]

[41] “Que ce jour, mes frères, soit donc pour nous un jour solennel ; célébrons-le, non pas comme les infidèles, en considération du soleil, mais en considération de Celui quia créé le soleil même.” (Sermon 190)

[42] Ce qui était déjà noté par Dupuis en 1820 dans son  Origine de tous les cultes (chap. 2 p.106ff)