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RECIT d’un DEFI

 68ème Rallye de MONTE CARLO.

Mardi 18 janvier 2000.

    Réveil inutile, car l’excitation est très forte et la nuit a été très courte. A 07 heures 30, Jérôme BASSET, et Régis JAUSSAUD, nos ouvreurs, sont là, avec la remorque. Après le chargement de la voiture, nous nous dirigeons vers TALLARD, pour retrouver le copilote : Jean-Michel MERCIER.

    Un petit regard à l’aérodrome de TALLARD, que nous espérons bientôt nous retrouver.

A 14 heures nous arrivons à la Gendarmerie de SOSPEL (06), qui nous fait le plaisir d’héberger toute notre équipe durant le Rallye.

    Puis nous descendons sur MONACO, pour reconnaître tous les itinéraires que nous devrons emprunter dans cette Principauté.

    Et nous finissons la soirée à SOSPEL sur les conseils de nos amis de la Brigade de Gendarmerie autour d’une bonne table, mais l’esprit est déjà sur les routes.

Mercredi 19 janvier 2000

    Le réveil est encore inutile : nous sommes réveillés bien avant l’heure. C’est le jour des vérifications administratives et techniques : rendez-vous 10 heures à MONACO,  avec le Team Hautes Alpes qui effectue les vérifications administratives pour tous les équipages Hauts Alpins. Merci Kiki PASCAL

    Nous ne serons pas en retard, et c’est à 08 heures que nous garons notre Félicia sur le quai Albert 1er à MONACO. Après avoir quitté, veste, pull, c’est en Tee-Shirt que nous attendons notre passage aux vérifications.

    A 10 heures la première étape, nous entrons aux vérifications techniques : autocollants au bon endroit, contrôle des éléments de sécurité et de leurs validités, vérifications mécaniques. Contrôle du poids : leur balance va-t-elle être assez solide ! ! ! 

C’est là notre premier handicap : 1005 kilogrammes pour un poids minimum autorisé de 915kg, et un bruit de 85 décibels.

    Voilà la première étape officielle terminée.

Dans notre catégorie :

PEUGEOT 106 Xsi de 1400cm3,  850Kg et 130cv/Din et

PEUGEOT  106 de 1300cm3, 845Kg et 120cv/Din

(valeurs données par leurs propriétaires !)

    A notre retour à SOSPEL, nous libérons la table de restaurant pour l’équipe d’assistance qui nous a rejoint :

Thierry BAILLE, Yannick MONDET, Pierre PELLEGRIN, et Mathieu CAUCHAS.

    Nous partons pour un nouveau passage dans les ES (Épreuve Spéciale) 1 et 2, car des derniers renseignements obtenus, la présence importante de verglas nous a été signalée par un équipage Haut Alpin.

    Après une «promenade» de 250 kms nous nous retrouvons et «le plan de bataille » du premier jour est rédigé.

Jeudi 20 janvier 2000.

    Toujours pas de réveil. Notre équipe d’ouvreurs nous quitte, ainsi que l’assistance de SAINT-ANDRÉ-les-ALPES.

    Notre Sporty démarre, et nous descendons vers MONACO. Une nouvelle fois, avec plus de 3 heures d’avance, nous rencontrons les autres équipages Hauts Alpins, et le seul sujet de discussion est cette fameuse ES n°2 que nous devons faire avec les même pneumatiques que l’ES n°1, entièrement sèche alors que l’ES n°2 se termine par 5 kilomètres de glace vive.

    Appel de Jérôme et Régis : les conditions sont pires que lors de nos reconnaissances, et nous partirons en pneus contacts pour ne pas prendre trop de risque dès les premières épreuves spéciales du rallye.

    L’heure du départ arrive, nous quittons le parc fermé, et sur le podium la tête est déjà sur l’itinéraire de liaison, pour ne pas se perdre, la Police Monégasque est là pour nous aider.

    Première assistance de 10 minutes : le temps de nettoyer le pare brise.

Et la première surprise : nous empruntons l’autoroute en liaison, et nous devons payer notre péage. Les motards ont plus de chance que nous : nous payons un engagement et nous payons l’autoroute, les motards se rendent en spectateurs à une épreuve sportive, et l’autoroute est gratuite ! ! !

ES n°1 : 5-4-3-2-1-0 Premier départ. 15 kilomètres et nous apercevons déjà au loin la Peugeot nous précédant. Mais à l’entrée d’une épingle la pédale de frein « va au fond » : frein à main. Il reste 5 kilomètre pour sortir de la spéciale, et tous les freinages importants sont faits avec la main sur le frein à main. Au point stop arrêt avec ce frein à main, et une odeur désagréable se dégage du train avant ainsi que de la fumée. 3ème de classe 

    Je demande à un spectateur l’état des disques de freins : ils sont rouges feu. La liaison est courte, mais nous apprenons que l’ES n°2 est annulée en raison de la présence importante de glace en fin d’épreuve, et les risques énormes pour les amateurs. Dommage avec nos pneus nous avions une bonne chance de résultat dans cette ES

    Nous parcourons l’ES n°2 en liaison, avec une odeur de freins brûlés. A SAINT-ANDRÉ-les-ALPES, Thierry et Mathieu, nous changent les plaquettes, et nos ouvreurs nous annoncent les pièges du COROBIN (ES n°3), et nous partons en TA (mixte) pour rattraper d’éventuels nouveaux problèmes de freins.

    La circulation est complètement bloquée en raison des très nombreux spectateurs et équipes d’assistance se rendant à TALLARD, nous sommes une dizaine de concurrents englués dans le trafic. Nos sauveurs seront des motards de la Gendarmerie de DIGNE, qui nous escorterons jusqu’au départ de l’ES. – Merci les amis de travail ! !

ES n°3 : 5-4-3-2-1-0 Nouveau départ, la montée n’est pas à notre avantage en raison du poids, mais toutes les cordes et même les bords des champs sont utilisés. Le sommet du Col est passé, après deux freinages importants, à nouveau la pédale est spongieuse. Un premier tête à queue sur une plaque de glace en sortie d’épingle, et un deuxième, un troisième pour une accélération trop rapide. Une superbe dérive pour le plaisir des spectateurs, mais une grosse montée d’adrénaline, car c’est l’absence de frein qui est la cause de ce freinage tardif. 2ème de classe sans frein ! !

    En liaison la traversée de DIGNE est difficile, avec plusieurs concurrents nous prenons quelques risques pour arriver sur l’autoroute, et merci au Motard de la Gendarmerie au péage de LA SAULCE, et nous «pointons» à l’heure à TALLARD.

    20 minutes d’assistances pour décompresser, et montage des 4 clous, le Kiné du TEAM HAUTES ALPES, me permet de détendre un dos soumis au stress de la liaison et d’une position très avancée.

ES n°4 : 5-4-3-2-1-0 Départ sur de la glace le couteau entre les dents et 710 watts de lumières (Merci Thierry).

    La 106 est en vue après 10 Kilomètres, et nous la gardons en point de mire sans prendre plus de risques, mais surtout la 106 nous suivant, et plus puissante et plus légère n’est pas dans nos rétroviseurs. 1er de classe.

ES n°5 : 5-4-3-2-1-0 Départ d la dernière du jour, où nous allons passer entre la maison des parents du Copilote et de leur jardin.

    10 kilomètres et la 106 est à vue. Mais les forces du pilote diminuent « coup de fringale » et la descente d’URTIS est faite sur le verglas derrière cette PEUGEOT. La 2ème 106 était revenue dans le rétroviseur, mais lui aussi suite à une grosse frayeur, a fini au ralenti très loin.  2ème de classe 

Conclusion du 1er jour :

     Nous sommes 3ème : avec peu de temps à reprendre et malgré notre temps dans l’ES n°1.

     Thierry a commandé des plaquettes et un jeu de disques à SATOLAS (69), et son frère  nous les descendra dans la nuit. A 01 heure Thierry sera chez un Sponsor FRET COURSES pour les récupérer. Les  Mécanos de l’Equipe Officielle de SKODA MOTORSPORT présents à notre assistance seront là demain pour nous conseiller et nous aider à résoudre ce problème de freins…

Vendredi 21 janvier 2000.

    Notre Félicia démarre sans problème du parc fermé de GAP ! !

    La première ES de ROSANS est annulée. Quel dommage pour les enfants de ce village qui attendait leur Rallye dans leur village. C’est en liaison et en pneumatique Racing que nous irons à BUIS-les-BARONNIES à l’assistance de Pierre et Yannick. Une surprise également attend tous les concurrents, et un cadeau nous est offert par les habitants de ce sympathique village.

ES n°7 : 5-4-3-2-1-0 Nous partons en Mixte, sur les conseils de nos ouvreurs, et encore une fois c’est la bonne solution, mais les freins nous font encore des misères. 3ème de classe 

    A l’assistance de TALLARD, Thierry et son équipe vont faire des miracles : changement des 4 roues : 2 clous et 2 contacts, changement des disques de feins et des plaquettes et liquide de frein, serrage complet du train avant.

ES n°8 : 5-4-3-2-1-0 PLAN-de-VITROLLES = 49 kilomètres de spéciale. Nous avons derrière nous au classement général une MITSUBISHI de plus de 200cv/din et une SUBARU. Nous devons observer nos rétroviseurs pour ne pas les gêner. Très vite sur le sec et la route défoncée du début de spéciale cette MITSU. nous rattrape, et dans ces routes étroites nous perdons beaucoup de temps pour la laisser passer.

    Mais surprise, la route devient blanche et très glissante, et nous restons derrière cette voiture de FINLANDAIS !

    Dès le retour du sec nous voyons cette voiture disparaître, mais jamais la SUBARU ne nous rattrapera.

     Dans le Col de Faye, après avoir rencontré deux blocs de glace en plein milieu de la route, les freins se rappellent à nous, par une odeur désagréable, mais surtout par une pédale souple. Très content d’être à l’arrivée. 3ème de classe 

    Thierry a trouvé la solution pour notre problème de frein et cela avec l’aide des Boy’s de SKODA MOTORSPORT : plaquettes de freins de compétition ou haut de gamme sont à jeter, mais il faut utiliser des plaquette tendre de bas de gamme pour un super grip et à changer à chaque assistance.

    E.S n°9 : 5-4-3-2-1-0 PRUNIERES (voir article du Dauphiné Libéré) Ce n’est pas la spéciale que nous préférons. Après un départ  très rapide, nous sommes dans un très bon rythme, et la MITSU, ne nous rattrape pas immédiatement, et jamais nous ne verrons revenir la SUBARU, mais quelle surprise nous voyons les feus arrières de la 106, et nous la dépassons juste avant l’arrivée. 1 minute reprise sur une PEUGEOT 106 Rallye faite pour la course avec un pilote ayant gagné sa classe au TOUR de CORSE. Et 1 minute par une SKODA Félicia de 1005kg ! ! ! 2ème de classe avec un doute sur le chronométrage, car les feux de la 106 Xsi étaient juste devant nous !

    E.S n°10 : 5-4-3-2-1-0 Immédiatement nous partons sur St-CLÉMENT. Et là encore nous reprenons 54 secondes sur cette PEUGEOT, mais nous ne la doublons pas pour ne pas sortir sur la dernière partie glacée. 2ème de classe

     Euphorie de courte durée car la circulation est complètement bloquée. Sans aucune aide, nous ouvrons la route à d’autres concurrents que nous rattrapons bloqués dans la circulation et aux dépends de nombreux risques, et surtout en donnant une mauvaise image de ce sport nous arrivons à TALLARD, sans pénalité. L’intérêt sportif et l’aspect financier d’un abandon étaient trop important.

     Parc d’Assistance de TALLARD : « Coup de Gueule » sur les ondes d’ALPES 1, afin que l’on pense à nous, et à l’image donnée des rallyes par tous les concurrents lors des liaisons. A ce jour nous avons obtenu le soutien de nombreux pilotes et spectateurs.

Conclusion de la 2ème journée :

     Encore une fois sans nos problèmes de freins, la 1ère place était possible car les écarts sont minimes, et voilà une idée qui va me rendre la nuit difficile :  avec des ouvreurs « au top »,  des notes qui tombent « pile poil »  au top, une équipe d’assistance « supers », et des amis spectateurs qui nous attendent dans Le Thouars

     Une idée me passe par la tête et une stratégie est mise en place avec nos ouvreurs :

Samedi 22 janvier 2000.

    ES n°11 : 5-4-3-2-1-0 4 clous à l’assistance, pression : 1,9 et la route qui commence à défiler dans la tête.

Nous arrivons avec un peu d’avance au départ de SELONNET.

    Concentration au maximum, car dans le premier passage le jeudi nous avions fait un bon temps et là de jour avec des notes encore plus précises, et sans le coup de fatigue d’URTIS, nous avons une bonne carte à jouer.

    Et la spéciale de SISTERON en Racing, nous ferons les comptes après SISTERON.

    Concentration, encore 5 minutes avant notre départ, et je pense «qu’un besoin naturel » va me permettre de ne pas «gamberger ». 

    Un pied en dehors de la voiture, puis un deuxième. Mais au deuxième pas :

Perte d’adhérence, dérapage non contrôlé, semelles à la hauteur du visage et très forte douleur au pied gauche

Je ne préfère pas vous mentionner les mots annoncés.

    Les 5 spéciales seront faites avec une larme de joie dans l’œil droit, et une larme de douleur dans l’œil gauche.

Mais aussi grâce  à une nouvelle aide de Kiki PASCAL Président du Team Hautes Alpes, et son Kiné,

qui posera un stripping sur cette cheville très douloureuse je n’abandonnerai pas cette aventure.

    Les temps ne sont plus là, mais bientôt la Méditerranée, et MONACO, et la PASSION primera sur la douleur jusqu’au Podium Quai Albert 1er à MONACO.

    La dernière spéciale du Col du TURINI se fera sans plaisir : spectateurs dans les trajectoires, neige déposée sur la route, ainsi que des emballages de boissons, et passage au col au ralenti pour montrer à «ces Champions du Monde des bas côté » mon dédain.

     Cette spéciale n’est pas annulée ? Ces faits sont connus de longue date, mais les intérêts financiers sont plus importants, et Le col du Turini est plus porteur que la spéciale de ROSANS.  

 

    Merci à mon Épouse et ma Fille présentes au pied de ce Podium, aux applaudissements du Team Hautes Alpes, et aux Hauts-Alpins également présents.

    La voiture est garée dans le parc fermé, et nous nous dirigeons vers le parking.

Mais coupure de courant, panne de radio, et perte d’adhérence.

    C’est allongé sur un brancard de l’ambulance des pompiers de MONACO que les idées se remettront en place. Direction les urgences, et la radio donnera son verdict :

« Fracture de la malléole, et arrachement des ligaments internes + 5 spéciales ! ! »

    Impossible de rester là, le rallye n’est pas terminé, j’ai fais la promesse à ma Fille et ma Femme de les emmener à la Soirée de Gala, et rien ne m’arrêtera. Le service des urgences nous propose de nous changer dans la salle de soins, et nous quittons cet hôpital en tenue de soirée (avec également une paire de béquilles roses).  

Avec un peu de retard, nous entrons au Sporting Club de MONACO, et assistons à cette soirée prestigieuse.

Dimanche 23 janvier 2000.

    Réveil encore une fois inutile, par la douleur mais aussi, nous retrouvons :

Thierry, Jérôme, Régis, Pierre, et Mathieu.

     Mais aussi, nous allons retrouver notre SKODA sur le Port de MONACO, pour la  présenter sur la place du Palais Princier à tous les officiels.

     En aucun cas je ne pourrais manquer cela, et je double discrètement les doses d’anti-douleur, pour pouvoir conduire la n°94.                                

    Un rêve devient réalité : nous sommes pour la deuxième fois à l’arrivée d’une épreuve du Championnat du Monde et de nouveau sur le podium de notre classe.

    Retour à SOSPEL, où toute l’équipe au complet se réuni pour un repas :

Jocelyne, Émilie, Jean-Michel, Thierry, Jérôme, Régis, Yannick, Pierre, et Mathieu 

CONCLUSION.

Qui aurait misé sur notre SKODA Félicia Sporty ?

Nous avons toujours annoncé nos intentions :

l’arrivée à MONACO, et ne pas finir trop loin des autres véhicules de la classe.

Nous avons démontré pendant deux jours que nous étions là : sur la route et à la régulière, et vraiment présent, car à plusieurs reprises nous avons été devant des voitures de  rallye.

Et cela j’en suis fier.

J’assume la totale responsabilité de cette blessure stupide qui sera l’un des deux points négatifs du Rallye.

Le problème de freinage fait parti des aléas de la compétition.

 

Et avec des si ! ! !

Les résultats dans les ES sont là pour démontrer nos possibilités,

et surtout celle de la voiture

et de toute son équipe.

Le Rallye de MONTE CARLO

Un rêve d’enfance réalisé

Merci aux «sacrifices » de mon Épouse et de ma Fille 

pour le temps passé à la préparation de cette épreuve,

Merci à Bernard JAUSSAUD  pour toute l’aide dans la préparation de la voiture,

Merci à Jean-Michel MERCIER pour les notes qui tombaient sans faille,

Merci à Jérôme BASSET, et Régis JAUSSAUD pour leur fonction « d’ouvreurs exceptionnels »,

Merci à Thierry BAILLE, Yannick MONDET, Pierre PELLEGRIN et MATHIEU CAUCHAS pour leur dévouement à l’assistance,

Et Merci aux Chefs d’Entreprises, Artisans et Commerçants pour leur aide financière.

Aujourd’hui :

2  participations en Championnat du Monde et 2 Podiums dans notre catégorie

Et demain :

La préparation d’une nouvelle auto plus performante, et toujours aussi sympathique et médiatique pour vous !

Mais surtout garder «la tête sur les épaules » avoir des prétentions à la hauteur de notre voiture et de notre budget.

Pourquoi ne pas montrer à la concurrence que nous pouvons encore être là ?

Nous, nous ne recherchons pas un budget monstrueux pour une seule épreuve dans l’année,

Mais un budget raisonnable pour faire partager notre Passion durant une saison.

Aidez-nous, nous vous avons prouvé notre sérieux et notre crédibilité.

Contactez vos amis Chefs d’Entreprises, vos Fournisseurs, et devenez nos Ambassadeurs !

Et continuons à relever les Défis !