L’AFFAIRE GABRIEL MATZNEFF ET LE CAS DE PAUL CHAMBERLAND

Documentation recensée par Gabriel Dumouchel, Ph.D.

La recension est rendue publique via mon compte Twitter : https://twitter.com/gdumouchel

Dans la foulée de l’affaire Gabriel Matzneff, voici quelques éléments qui peuvent servir de documentation pour étudier le cas de l’écrivain québécois Paul Chamberland.

28 décembre 2019, Le Devoir précise ceci l’égard de Paul Chamberland:        3

Le 6 novembre 2007, Paul Chamberland a effectivement reçu le prix Athanase-David pour l’ensemble de son oeuvre:        4

Critique littéraire de Paul Chamberland sur Les moins de seize ans de Gabriel Matzneff dans la revue Mainmise d’avril 1976        5

Annonce d’une critique littéraire sur un livre de pédérastie par Paul Chamberland dans la revue Mainmise de juin 1976        6

Le Prince de Sexamour de Paul Chamberland paru en 1976        7

Entrevue radiophonique à Radio-Canada du 16 mars 1977        8

Le livre Le Prince de Sexamour de Paul Chamberland a été encensé par la critique littéraire de l’époque, comme en témoigne ces articles parus dans quelques revues/journaux:        9

Claude Beausoleil dans la revue Mainmise de mars 1977 :        9

Jacques Renaud dans Le Devoir du 24 octobre 1977 :        11

Conrad Bernier dans La Presse du 2 avril 1977 :        12

Louis-Marie Lapointe dans Progrès-Dimanche de Chicoutimi du 17 avril 1977:        13

Jacques-Israël Renaud dans Le Devoir du 30 avril 1977        14

François Hébert, revue Liberté, Volume 19, Numéro 2, 1977        15

Revue Mainmise avril 1975 : des éléments troublants        18

Entrevue de Paul Chamberland dans la Revue Voix et Images, Volume 2, Numéro 2 de 1976        21

La Feuillaison - émission radiophonique de Radio-Canada du 20 juin 1975        25

Demain les dieux naîtront (1974)        28

Critique littéraire de Philippe Haeck dans Le Devoir du 12 avril 1975        33

Critique littéraire de Jean Basile du 8 juin 1991 dans Le Devoir        36

Critique littéraire d’André Roy dans Le Devoir du 5 septembre 1981        40

Critique littéraire de Gérald Gaudet dans Le Nouvelliste du 11 juillet 1981        43

Un livre de morale (1989)        44

SOCIAL INTERACTIONS AMONG PAEDOPHILES (2002)        46

Autres éléments troublants - le reportage d’Émilie Dubreuil pour Radio-Canada le 21 juin 2018        48

Journal de L’UQAM du 12 novembre 2007        49

Anne Migner-Laurin dans Le Devoir du 10 novembre 2007        50

Publicité dans Le Devoir du 10 novembre 2007        54

FONDS D'ARCHIVES PAUL CHAMBERLAND (191P) de l’UQAM (2008)        56

Paul Chamberland, de Parti pris à la contre-culture (2012)        57

Prix Jacques-Brossard du Centre québécois du P.E.N. international 2018        60

Intervention de l’animatrice Geneviève Pettersen à LCN sur Paul Chamberland le 7 janvier 2020        63


28 décembre 2019, Le Devoir précise ceci l’égard de Paul Chamberland:

“le poète Paul Chamberland, qui a reçu en 2007 le prix Athanase-David, a lui aussi exposé son attirance sexuelle pour les enfants dans le livre Le prince de Sexamour, publié aux Éditions de l’Hexagone en 1976. « […] un enfant de six ans est mon séducteur, écrit-il. Beau, je veux dire un corps harmonieux, rayonnant de sensualité / entre nous la décharge magnétique et l’appétit d’un contact sans restriction / l’osmose nous jette l’un dans l’autre à travers les flots de toutes les caresses que nous désirons ensemble mais hors de nous le monde maintient son “tu ne dois pas” ».”

Source: https://www.ledevoir.com/lire/569913/affaire-matzneff-pivot-evoque-un-changement-d-epoque


Le 6 novembre 2007, Paul Chamberland a effectivement reçu le prix Athanase-David pour l’ensemble de son oeuvre:

“C'est un homme doux. Et un homme en colère. C'est un utopiste dégrisé, un inquiet qui espère. C'est surtout un résistant, Paul Chamberland. Et un écrivain. Pour lui, c'est la même chose : « Je vois l'écriture comme une précieuse ressource pour comprendre en quoi résister est nécessaire et par rapport à quoi, envers qui, ou en vue de quoi. »”

Source: http://www.prixduquebec.gouv.qc.ca/recherche/desclaureat.php?noLaureat=353

Le jury qui lui a décerné ce prix était composé des membres suivants :

  • Hugues Corriveau, président
  • Alain Beaulieu
  • Ann Charney
  • Christiane Lahaie

Critique littéraire de Paul Chamberland sur Les moins de seize ans de Gabriel Matzneff dans la revue Mainmise d’avril 1976

Dans la revue québécoise Mainmise d’avril 1976, Paul Ch. - qui serait très possiblement Paul Chamberland puisqu’il écrit à cette époque dans cette revue (https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1108207/le-beau-trip-des-parents-le-bad-trip-des-enfants-recit-dune-tragedie-peace-and-love) - avait écrit une critique littéraire sur le livre Les moins de seize ans de Gabriel Matzneff. Dans sa critique (p. 40-41), Paul Chamberland l’encensait pour ses positions pro-pédophilie, notamment de la manière suivante : Ce que le   récit de Matzneff a de hautement bienfaisant c'est de montrer à quel point l'expérience peut seule détruire les préjugés qui enrobent l'interdit pédérastique. Par exemple, le prétendu non-savoir-faire érotique des enfants: un leurre bien utile au raciste adulte qui veut sauver son privilège.”

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219909?docpos=40


Annonce d’une critique littéraire sur un livre de pédérastie par Paul Chamberland dans la revue Mainmise de juin 1976

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219911?docpos=39 

Avec en prime une critique littéraire sur le livre “Cette camisole de flammes” de Gabriel Matzneff :


Le Prince de Sexamour de Paul Chamberland paru en 1976

Rappelons-le, ce livre publié aux Éditions de l’Hexagone en 1976 est explicitement pro-pédophilie comme l’a souligné Le Devoir du 28 décembre 2019 :  « […] un enfant de six ans est mon séducteur, écrit-il. Beau, je veux dire un corps harmonieux, rayonnant de sensualité / entre nous la décharge magnétique et l’appétit d’un contact sans restriction / l’osmose nous jette l’un dans l’autre à travers les flots de toutes les caresses que nous désirons ensemble mais hors de nous le monde maintient son “tu ne dois pas” ».

Ce que Le Devoir ne précise pas, c’est que c’est un livre de poésie illustrée. En effet, aux textes choquants s’ajoutent des dessins choquants.

Image tirée de Amazon.ca : https://www.amazon.ca/Prince-Sexamour-Paul-Chamberland/dp/B01JB08P9M


Entrevue radiophonique à Radio-Canada du 16 mars 1977

Paul Chamberland a été interviewé par Jean Sarrazin au sujet de son nouveau livre “Le Prince de Sexamour”. Cet interview est conservé au Centre d’archives Gaston-Miron. Il serait fort intéressant de l’écouter pour en connaître ses propos sur sa propre oeuvre.

Source : https://cagm.umontreal.ca/visionner.jsp?ID=631789


Le livre Le Prince de Sexamour de Paul Chamberland a été encensé par la critique littéraire de l’époque, comme en témoigne ces articles parus dans quelques revues/journaux:

Claude Beausoleil dans la revue Mainmise de mars 1977 :

“Chamberland   nous    donne  alors  son  beau  grand   livre  sur  "le  corps  enfant"   où   à  chaque  page  "ça  veut  qu'on  change".  Il  place  le   lecteur  face  au  corps  enfant  poétisé/sexualisé,  parcouru/   parcourant   dans  le  "frisson"  du  désir” (p. 45)

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219920?docpos=45

À noter que Claude Beausoleil est un auteur québécois qui a lui aussi été primé par le monde littéraire: https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/beausoleil-claude


Jacques Renaud dans Le Devoir du 24 octobre 1977 :

“Un des ouvrages les plus fascinants à avoir jamais été écrit ici” (p. 16)

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2775793?docpos=16

Conrad Bernier dans La Presse du 2 avril 1977 :

“Ce livre est aussi une mise à nu. La plus courageuse, à n’en pas douter, et, possiblement, la plus lucide.” (p. D2)

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2609463?docpos=2


Louis-Marie Lapointe dans Progrès-Dimanche de Chicoutimi du 17 avril 1977:

“Le Prince de Sexamour est un gros volume qui n’agresse pas, mais qui sait s’insinuer dans l’esprit» du lecteur, influencer son comportement.” (p. 58)

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2880946?docpos=58

Il est aussi précisé que les illustrations de son livre ont été réalisées par Denyse Delcourt (avant-dernier paragraphe). Notez bien ce nom, car il revient plus loin dans la documentation.


Jacques-Israël Renaud dans Le Devoir du 30 avril 1977

“Un très beau livre dont chaque page semble émettre une sorte de fraîcheur. Atteignant parfois au sacré, en particulier en ce qui concerne certains épisodes d’amour pédérastique, ce poème-affiche nous laisse avec l’impression durable qu’il constitue une oeuvre importante, très riche, et d’une certaine manière très libérante.” (p. 17)

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2775641?docpos=17

François Hébert, revue Liberté, Volume 19, Numéro 2, 1977

Dans cette critique littéraire (p. 75-76), François Hébert discute ainsi du livre “Le prince de Sexamour” :

Source : https://www.erudit.org/en/journals/liberte/1977-v19-n2-liberte1031531/30863ac/abstract/

“Quelle mouche pique Chamberland?

Il n'écrit plus guère de poèmes, mais des « textes » ; il l'avoue lui-même et il faut les lire ; il faut les lire à la fois comme un journal (« mes fantasmes au soleil ») et comme un manifeste (« La poésie n'a rien à voir avec... La poésie a tout à voir avec...). Le Prince de Sexamour (Hexagone, 333 pages grand format), c'est à la fois Chamberland et ce qu'il n'est pas, du moins pas encore : ce qu'il sera, son enfant, son avenir : « l'enfant est mon père ». Sa relation homo- sexuelle avec un enfant, Chamberland choisit de la vivre au grand jour : le risque de l'affaire, c'est l'exhibitionnisme ; le beau de la chose, c'est l'exemple (moral ou immoral, comme vous voudrez). Et parfois il en montre trop ; parfois il atteint au symbole ; dans l'intervalle, il se débat dans sa propre vie comme un dieu dans de l'eau maudite.

La mouche qui pique Chamberland est protéiforme : c'est un autobus, le courrier du coeur dans les journaux, la télévision, l'argent, et surtout, la « Bête-Etat ». Les anti- dotes sont aussi nombreux que les déguisements que la mou- che revêt : c'est les pieds, le même courrier du coeur repro- duit (avec une tache dessus) dans un livre publié à l'Hexa- gone, et la reproduction dans le même livre d'une repro- duction dans un journal d'une télévision (cette Bête à quatre pattes et à tête carrée) dont l'image est raturée par un texte, le gaspillage et surtout, le Royaume (pays utopique dans le-quel chacun serait à soi-même son propre roi ; pays peuplé de gentils anarchistes, ou de (premiers ?) communionts).

Les voix de Chamberland sont multiples : ce « joueur absolu » en identifie quelques-unes, qui lui soufflent ses ré- parties : Lautréamont, Breton, Allô-Police, Artaud, Gauvreau, Duguay. On en entend d'autres dans les coulisses : Claude- Henri Grignon (eh oui !), Borduas, un témoin de Jéhovah ... On se méprendra sûrement, à gauche et à droite, sur ce grand Théâtre : les créditistes (qui savent lire) traiteront Chamberland de sochialiste et de débauché ; et ceux que Chamberland appelle « les petites nouilles matérialorationaleuses » verront en lui un fou de droit (ont-ils/elles vu le Juge et l'assassin de Tavernier ? politiquement, messieurs-dames de Chroniques, où situeriez-vous ledit assassin, cet « anarchiste de Dieu » ?), un fasciste, un réactionnaire, un taré…

Il est peut-être trop tôt pour se faire une idée au sujet de ce vaste procès que Chamberland intente à notre société ; en tout cas, lui-même est devenu une sorte d'Afficheur, de publiciste de Dieu. Il y a quelque trente ans paraissait le Refus global ; voici le Prince de Sexamour, ou le Risque absolu. Demeurera-t-il comme un témoignage de quelqu'un qui vécut à notre époque et fut lucide à son sujet ? Toujours est-il que c'est, au moins, le dossier le plus complet et le plus intelligent que nous ayons sur ce que Vadeboncoeur appelait « la nouvelle culture ». Et c'est un beau pari sur l'avenir ; certes touffu, hétéroclite, inégal, non dépourvu de répétitions, de slogans faciles et de contradictions, parfois un peu trop manichéen à mon goût (la culture, c'est du caca et la nature est d'or ; c'est vrai, mais faut pas charrier !), un peu trop facilement globalisant ; mais tout de même beau par sa franchise, sa calligraphie, ses humeurs (colères, chants et chuchotements), ses inventions, ses désirs, son « acratie militante », son inconditionelle liberté : « embrasser la vie sur la bouche ».


Revue Mainmise avril 1975 : des éléments troublants

Certains passages de ce long texte paru dans la revue Mainmise d’avril 1975 laissent entrevoir la présence de Paul Chamberland dans une commune où la pédophilie régnait.

À la page 16, Paul le Prince en train d’esquisser avec une autre personne les plans de la cathédrale de Sexamour. C’est exactement le titre de son livre Le Prince de Sexamour.

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219898?docpos=18 

Ce passage de la page 19 précise que la pédophilie est encouragée dans cette commune :

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219898?docpos=21 

Dans ce même texte, on remarque aussi la présence de Denyse Lecourt, l’illustratrice de son livre Le Prince de Sexamour, puisque son prénom et son style de dessins apparaissent.

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219898?docpos=19 

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219898?docpos=24 

Ce passage à la page 27 défend explicitement la pédophilie dans ladite commune:

Source: http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2219898?docpos=27 


Entrevue de Paul Chamberland dans la Revue Voix et Images, Volume 2, Numéro 2 de 1976

En 1976, Paul Chamberland a été interviewé par Caroline Bayard et Jack David. Il discute notamment qu’il est pédéraste.

Source: https://www.erudit.org/fr/revues/vi/1976-v2-n2-vi1415/200051ar/

(extrait, page 167)

Voici le passage où il fait longuement mention de la pédérastie (p. 166-168) :

« Caroline Bayard : Tu mentionnes parfois les interdits que le poète doit affronter, dans l'intégralité de sa personne et de sa vie. Pourrais-tu en citer quelques uns?

Paul Chamberland : Dans l'écriture, tous les interdits esthétiques. C'est un lieu commun maintenant de faire valoir la transgression. Il y a des modes de transgression qui, du reste, tombent dans une recherche de la nouveauté pour la nouveauté. C'est curieux à dire mais il subsiste en général un interdit de la simplicité, d'abord parce qu'il y a de fausses simplicités qui finissent par renforcer les interdits. La vraie simplicité s'obtient comme un résultat au bout d'une ascèse ou d'une purification.

Caroline Bayard : Et les interdits syntaxiques, orthographiques?

Paul Chamberland : Oui, surtout les interdits orthographiques. Malgré le fait que l'orthographe du fait de la pression culturelle se transforme en débandade aujourd'hui. Pour dépasser la question de l'écriture, je puis penser à la démarche que Deuleuze et Guatarri définissent dans l'Anti-Œdipe. Pour moi, il y a une situation qui est «de nature» chez moi. Et c'est l'interdit autour de la sexualité. Cet interdit-là est métaphorique à bien des niveaux. Je pensais à Deuleuze et Guatarri, car l'interdit sur la sexualité, c'est un interdit vis-à-vis du corps comme moyen de communication. En ce qui me concerne je songe à l'interdit de la pédérastie. Pour moi c'est ce que j'ai à vivre, c'est un destin, je ne l'ai pas choisi. C'est un territoire schizo-sexuel, un territoire politique.

Caroline Bayard : N'as-tu pas suivi une certaine trajectoire en ce territoire?

Paul Chamberland : Certains livres ont compté pour moi, m'ont aidé à mûrir. Particulièrement celui de Toni Duvert, le Bon Sexe illustré. Il parle de cet interdit pour démolir l'Encyclopédie du sexe (en six tomes publiée chez Hachette) qui, sous des allures libérales, n'est qu'un rafraîchissement de la sexualité bourgeoise, de la propriété privée, de l'autorité de la famille sur les enfants. Pour moi, je dirai que, de naissance, la sexualité est d'emblée un territoire où je me sens en transgression. Ou bien je me range, j'étouffe et je meurs. (On peut mourir et devenir un Monsieur très bien, dans ses livres, etc.) Mais ce n'est pas possible. Ce que je sens en moi comme force, mouvement, vitalité est au fond irrépressible. Cette voie-là je l'ai tentée d'ailleurs. J'ai passé à travers tout le modèle bourgeois et c'est en connaissance de cause que je le romps.

Cet interdit il faut le vivre dans la solitude, en essayant de rompre avec le ressentiment, l'amertume, l'agressivité, la rage que la société crée chez le déviant. Cela c'est le premier point. Parce que cela vous entraîne vers des modes de transgression qui sont aliénés, eux aussi. Vous devenez semblable à l'image monstrueuse qu'on plaque sur vous, l'image du child-molester. Duvert est très net là-dessus. Il démystifie l'image en donnant des statistiques très précises — les enfants brutalisés ou assassinés par des «child-molesters », si on compare cela aux enfants maltraités ou violés par leurs propres parents c'est vraiment très disproportionné.

Ensuite, la structure paradoxale de l'interdit consiste en ce que l'image du monstre est chargée de masquer son contraire parce que ce qui est interdit, c'est la tendresse. Cela s'applique à d'autres univers et d'autres interdits mais particulièrement au monde homosexuel. Le grand interdit dans cet univers c'est la tendresse. Le cœur de l'interdit c'est ce qui serait la chose du monde à le moins interdire. Quel est ce paradoxe? C'est tout simplement l'écrasement de la sexualité infantile. Parce qu'il s'agit de créer un bloc occidental chauviniste, mâle et bien connu. On est vissé dans son rôle et le rôle consiste à récupérer ce qui est récupérable dans l'homosexualité, le «butch » par exemple. Mais l'enfant, en partant, est complètement réfractaire à cela. C'est formidable tout ce qu'il faut pour dresser un enfant. L'interdiction d'une véritable communication erotique-amoureuse entre un adulte et un enfant: elle se passe de toute façon; toutes les mères aimantes sont pédérastes quand elles aiment leur propre enfant et c'est finalement ce qui rend un être affectueux et chaleureux, mais comme cela est protégé par le code familial les apparences sont sauves.

Certains contextes permissifs m'ont permis de vivre des choses que je n'avais même pas entrevues. Si l'enfant établit un rapport général avec l'adulte qui consiste dans ce qu'on appelle l'imitation (une appropriation en quelque sorte de ce que l'adulte vit) et que l'adulte réponde à cette demande dans une perspective non autoritaire de réciprocité et qu'on se rende compte que comme base de pédagogie c'est à la fois quelque chose de très simple et de très efficace, je ne vois pas pourquoi, lorsqu'on arrive au niveau de la sexualité, de la communication érotique, cela cesserait d'être vrai. Mais ce qui est très délicat, c'est comment opérer, avancer là-dedans. Il y a cependant des règles très simples qui suppriment des complexités inutiles. Il faut se laisser guider par l'enfant. Ce qui est fascinant, à un moment donné, c'est comment un mode très nettement érotique pour moi, en transparence maintenant, de relations générales entre des enfants et des adultes, chatouiller par exemple, en soi cela fait partie des jeux érotiques; et cela a l'air de se dérouler très naturellement, mais en fait il y a là des bloquages, des nœuds. L'éventail d'une communication totale n'est pas établi.

Le fait de l'avoir vécu, dans une situation où ces «hang-ups»-là n'existaient plus, me l'a montré précisément. Souvent, c'est une autre forme subtile pour maintenir l'interdit, on réduit les choses, en disant: «oh oui c'est un goût particulier, la pédérastie ma foi, n'est qu'un goût particulier»... c'est subtil parce que la question n'est pas là, cela n'est ni faux ni vrai mais en disant cela on réduit la pédérastie à la singularité. Je dirai que si chacun est totalement lui-même et chaque relation totalement elle-même, comme je l'ai constaté maintes fois, c'est drôlement un «goût particulier» ce que peuvent alors vivre un homme et une femme entre eux! Cette situation-là, hétérosexuelle et monogame entre deux adultes, ce que l'on voit, c'est le modèle, on ne se rend pas compte de la richesse de «perversions» qu'un homme et une femme peuvent vivre dans leur relation. J'ai vu des êtres autour de moi (je pense à deux couples en particulier) qui vivent totalement leur relation et comme je la vis par symbiose avec eux, on se rend compte qu'ils inventent.

Dire que la pédérastie est un goût particulier, c'est ne rien dire du tout. Je pense que la pédérastie est un goût général. Je veux dire par là qu'une communication affective et érotique entre l'enfant et l'adulte me parait être une nécessité de l'espèce, celle de l'amour que l'espèce a pour ses petits. Si la communication avec l'enfant est totalement assumée, en termes érotiques, comme dans d'autres termes, à ce moment-là ce qui se passe c'est une sorte de re-fusion entre l'enfant et l'adulte, ce qui est mis en circulation et casse les moules bourgeois autoritaires, c'est que l'enfant ressuscite chez l'adulte et que l'adulte transformé par l'enfant prend une allure totalement nouvelle pour l'enfant. Chez ce dernier cela active un adulte. Cela correspond à ce que j'appelle l'homme-enfant en puissance chez l'un aussi bien que chez l'autre.

Un aspect fondamental de mon combat se situe là. Mon œuvre est là-dedans, au moins autant que dans l'écriture ou dans le mode d'expérimentation de la vie communale. Je me sens un créateur aussi fortement dans l'érotisme que dans l'écriture. Ce qui est terrible c'est que jusqu'à maintenant, j'étais dans une situation paranoïaque telle que je ne pouvais pas me manifester. Cela commence à changer. Je peux me manifester auprès de plus en plus de gens qui sont amenés à vivre leur recherche sur le plan de leur propre sexualité, je me suis forgé le concept, un peu barbare, d'«isosexualité»: chacun vit sa singularité érotique, sa singularité d'être de désir et se retrouve semblable dans l'autre; alors il n'y a plus qu'une seule sexualité qui se manifeste d'autant de façons qu'il y a d'individus et de relations. Toutes les formes communiquent entre elles. Je pourrais renvoyer au texte de Fournier, le Nouveau Monde amoureux.

Ce qui est décisif, pour moi, là-dedans, c'est qu'il en va de ma propre vie. J'ai horreur de la clandestinité, de l'hypocrisie. Je me sens totalement étranger au monde de Jean Genet par exemple, et ce n'est pas là une condamnation mais une constatation. Ma trajectoire c'est d'ouvrir de plus en plus (et cela correspond au personnage du Prince de Sexamour) un territoire de créativité dans l'érotisme, en participation avec tous les autres. Si je n'y réussis pas, j'ai l'impression que mon équilibre va être compromis. Ce que j'éprouverais là ce serait comme un refus de ma nature elle-même. L'écriture ne m'apparaîtrait plus que comme une compensation. »

La Feuillaison - émission radiophonique de Radio-Canada du 20 juin 1975

Elsa Chamberland, fille de Paul Chamberland, a été invitée à discuter à une émission radiophonique de Radio-Canada en 1975 alors qu’elle n’avait que 11 ans. Dans le Centre d’archives Gaston-Miron de l’Université de Montréal, sa participation à cette émission est décrite ainsi:

« Elsa Chamberland :

L'enseignement qu'elle reçoit dans la commune où elle vit, ses raisons de refuser de fréquenter l'école traditionnelle et ses commentaires sur la sexualité chez les enfants. »

Source : https://cagm.umontreal.ca/visionner.jsp?ID=623449


Rencontre internationale de la contre-culture à Montréal en avril 1975

Paul Chamberland est présent sur la même page du programme que sa fille Elsa Chamberland, un "enfant vivant dans une commune" (page 6).

Source : https://www.montrealundergroundorigins.ca/wp-content/uploads/2015/10/RICCcontrecultureRed.pdf (consulté le 26 janvier 2020)

La liste des participants est très intéressante. Elle comporte plusieurs grands noms de la contre-culture québécoise.


Demain les dieux naîtront (1974)

Le livre "Demain les dieux naîtront" (1974) de Paul Chamberland comprend des dessins et des textes explicites à ce sujet, notamment un texte dédié à un enfant en page 53 dont je ne présente pas la totalité ici parce que c'est trop explicite.

Page 53 (une seule partie du poème est comprise dans cette image) :

Livre à la BaNQ : https://cap.banq.qc.ca/notice?id=p::usmarcdef_0000170716

Par ailleurs, je constate que Elsa Chamberland, la fille de Paul Chamberland, a illustré ce livre. C'est indiqué à chaque fois qu'elle a produit un dessin dans le livre. Elle est même photographiée à côté de son père en train de dessiner dans ce même livre. Selon mes recherches, elle avait à peine 10-11 ans à l'époque. Les dessins de sa jeune fille sont eux-mêmes explicites et présentent des hommes et des femmes nus. Cette participation d'un enfant à la production d'un livre pro-pédophilie représente un nouvel angle à investiguer par les médias. Surtout que d'autres enfants ont illustré ce livre ou sont même photographiés dans ce livre.


Critique littéraire de Philippe Haeck dans Le Devoir du 12 avril 1975

À propos du livre “Demain les dieux naîtront” (1974) de Paul Chamberland, Philippe Haeck écrit :

« D’ailleurs, à lire attentivement on voit bien que cet enfant cosmique n’est qu’une formule radieuse pour dire l’événement qui est au centre de ce livre: « présentement, je suis passionnément amoureux d’un enfant de 13 ans. Jamais je n’ai été si proche du délicieux impossible, de l’unique, magnifique et désespérant, qui arrive sous les espèces de ma chair et ma conscience. Ce violent amour saccage tous mes états de conscience antérieurs. » Cet amour des jeunes garçons, « ce territoire interdit » vers lequel est attiré Chamberland, est-il suffisant pour affirmer que « L’enfant est le plus grand ennemi du système »? » (p. 14)

« … l’événement du livre est un amour précis (celui du poète, qui par deux fois souligne « J’ai renoncé à ma condition d’adulte ») pour un garçon de treize ans. » (p. 14

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2775013?docpos=14

Critique littéraire de Jean Basile du 8 juin 1991 dans Le Devoir

Dans cette critique littéraire de l’ouvrage Le multiple événement terrestre - Géogrammes I, 1979-1985 de Paul Chamberland paru en 1991, Jean Basile souligne plusieurs fois que Paul Chamberland est ouvertement pédophile.

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2760764?docpos=3 

On sait que Paul Chamberland est un chantre de la pédophilie à quoi il aime rattacher une vision politique et morale du monde. En fait, Géogramme 1 n’atteint son plein sens qu’à travers l’amour des jeunes garçons, étant entendu que le mysticisme historique n’infirme pas la sexualité banale, au contraire. Cela est si vrai que Paul Chamberland termine son recueil de la façon suivante : « où l’on trouve des tout-petits les couleurs vives accourent et ne détonnent jamais ». C’est comme l’estampe d’une passion.

Au fond, il n’est pas nécessaire de creuser beaucoup pour découvrir qu’il s’agit d’une compulsion ou, si on veut, d’un langage totalitaire. Rien n’existe dans ce recueil qui n’ait un jeune garçon comme centre. Pour Paul Chamberland, le monde entier conspire contre les enfants et les massacre, alors que le pédophile, au contraire, aime d’amour des enfants et que cet amour les sauve. On peut être plus ou moins tolérant vis a vis de la pédophilie mais ce qu’on peut reprocher à Paul Chamberland, sans façon, c’est d’être bien chiche sur les détails qui concernent la pédophilie locale et internationale puisqu’aussi bien il ne ménage rien quand il s’agit de dénoncer les horreurs perpétrés mondialement par les adultes qui ne partagent pas sa passion. C’est comme si, soudain, les « référents littéraux » n’existaient plus et que la vérité disparaissait derrière un masque qui n’a plus rien d’aléatoire. Comment comprendre, par exemple, les interrogations contenues dans des pages comme « L’élément impersonnel du drame », ou « La Robe d’Aphrodite » sans savoir que le drame « impersonnel » évoqué par Paul Chamberland dans son recueil est aussi vrai qu’un crime passionnel au Guatemala ou une famine en Éthiopie, bien que ce drame-là soit bien montréalais ?

« La frêle enchanteresse des intimités », dont Paul Chamberland parle d’une façon touchante, est une vraie femme. Elle a été effectivement assassinée par des adolescents dont l’un, par-dessus le marché, s’est pendu dans sa cellule. Ce meurtre caractérisé, qui tourne effectivement autour de la pédophilie crapuleuse, devient curieusement sous la plume du poète « l’exacerbation juvénile (qui) se libère en accès d’amok ». De même, il ne faut pas beaucoup de mémoire pour se souvenir de la mort accidentelle de deux enfants, l’un brûlé, l’autre noyé, lors d’une fêle de la saint Jean dans la commune de Morin Rights, dans les années 70. C’est beaucoup de morts d’enfants, outre celui d’une jeune femme. Voilà ce que l’histoire littéraire apprend. Paul Chamberland évoque également « un point de douleur au Sri Lanka », en oubliant de mentionner, dans sa liste des turpitudes humaines, le tourisme pédophile en Asie où les petits garçons et les petites filles sont si jolies et si peu chers parce qu’il en pleut. On voit que la littérature québécoise est solidement ancrée dans la vie, ce qui la rend fascinante quand on a les clés.

On comprend mieux, dès lors, quelle est la véritable interrogation de Paul Chamberland au-delà des exemples qu’il accumule dans ses carnets. À travers un fantasme érotique, c’est la bonne vieille question du bien et du mal ou, si ou veut, la bonne vieille question du

loup et de l’agneau : pourquoi la majorité aurait-elle toujours raison ?

Pour les adultes, c’est entendu, ils sont méchants. Mais, d’un autre côté, les enfants sont-ils moins cruels ? Pourquoi se droguent ils à mort, pourquoi assassinent-ils leurs parents, pourquoi battent ils les vieillards, enfin toutes ces choses étranges qui font désormais partie des faits divers et que Paul Chamberland note scrupuleusement ?

L’être humain serait-il une bête sauvage comme le pensent les classiques du Grand siècle ? Comme la plupart des libertaires romantiques, le poète penche du côté de la bonne nature et de la mauvaise société quoique sa terrible lucidité ne lui permette pas de conclure dans le sens de Bernardin de Saint Pierre. La réponse que fait Paul Chamberland dans ce recueil est typique des années 80. Plus d’engagement. Il n’y a rien à faire. La seule réponse est individuelle et postule un hédonisme de principe. Qu’on fasse ce qu’on veut, qu’on aille selon la pente de sa passion puisque, de toutes façons, « l’hiver nucléaire s’abattra sur les vivants » et que « les seules espèces qui pourront survivre en grand nombre, ce seront les rats, qui se reproduisent rapidement, et les insectes très résistants aux radiations... ».

Quant à sa propre perte — ce qui est la vraie et la seule question — qu'importe! « Quand c’est un enfant qui se fait le maître du jeu, la cruauté va avec l’insouciance; il n’y a pas d’autre moyen de s’en tirer qu’à la légère » écrit le poète qui s’en tire effectivement à la légère et même avec brio, llicjacet pulvis, cinis et nihil.”


Fait à noter, dans ce même numéro du journal Le Devoir, on incluait dans la page précédant l’article sur Paul Chamberland une petite vignette au sujet du dernier livre de Gabriel Matzneff tout en ne conseillant pas sa lecture à Denise Bombardier :

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2760764?docpos=2 (page D2)


Ce même Jean Basile défendait Paul Chamberland dans Le Devoir du 28 décembre 1974 :

“C’est si commode à avouer les choses latentes: “ Du marxisme à la pédérastie ”, voilà donc comment j’ai en­tendu jugé Paul Chamberland dans une taverne. Quelle bassesse de vue, quel manque de perspective! Quelle méchanceté aussi de tous ces gens qui veulent que le Québec se fasse par leurs moyens et par eux seuls. Qu’ils lisent un peu; cela ne fait de mal à personne. “

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2774922?docpos=12 


Critique littéraire d’André Roy dans Le Devoir du 5 septembre 1981

André Roy écrit au sujet du livre L'Émergence de l’adult-entant, poésies et essais de Paul Chamberland, paru chez Jean Basile Éditeur en 1981. Sa critique littéraire se situe aux pages 22 et 36. Il encense l’auteur, signale bien le connaître et s’excuse même pour certains éléments de sa critique, notamment son rationalisme. Autrement dit, il se sent coupable de faire preuve - un tant soit peu - de rationalisme.

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2769153?docpos=22 

PAGE 22


PAGE 36

“C’est parce qu’il se définit comme déviant que cet écrivain ne veut plus assumer l’ordre antisexuel et anti-amoureux qui nous aliène.” (p. 22)

“Un retour au processus néoténique amènerait, selon Chamberland, à un changement radical du devenir sexuel, à cette polymorphie pulsionnelle et fantasmatique de l’enfant, à l’importance du jeu, toute chose que les normes sociétales répriment et détournent. On rendrait ainsi possible un accord ludique-érotique entre enfants et adultes, accord glorieux pour des corps incorruptibles et autoreproducteurs (ce qui ne veut pas dire immortels).”
(p. 22)

Cet accord “généralisation d’Éros”, Paul Chamberland le chante dans le premier chapitre - intitulé “Polyèdre isosexuel” - de l’Émergence de l’adultenfant, où l’on retrouve de nombreux poèmes qui sont en fait de la prose découpée arbitrairement en vers et de style déclaratif. L’enfant est lyriquement vu comme corps glorieux, comme agent amoureux. Seule la relation “sexamoureuse” entre enfants et adultes pourrait faire accéder à l’Utopie amoureuse. Mais cette relation n’est possible que par un travail de désinterdiction, d’innocentement, saut dans une anthropogenèse consciente. En nous expliquant cette levée définitive des interdits, Chamberland nous donne quelques fortes pages (ce sont celles que j’aime) où sont stigmatisées l’hypocrisie, la peur et la culpabilité de notre société hétérocrate.” (p. 22)

NB: Je prends le temps de souligner qu’André Roy semble préciser qu’il aime les passages sur la pédophilie dans ce livre de Paul Chamberland.

“on pourrait oublier cette deuxième partie que cela n’affecterait pas notre saisie des visées politiques-érotiques de L’Émergence de l’adultenfant: repenser en profondeur nos relations avec les enfants.” (p. 36)

“Nous sommes effectivement en pleine utopie, dans quelque chose de complètement inconnu et différent; c’est pour ça d’ailleurs que parfois de grands pans discursifs nous échappent. Mais cette utopie est dite sur un ton prophétique qui n’exclue pas de purs moments de lyrisme et de lucidité. C’est cette lucidité que j’aime, que j’apprécie, chez Chamberland, beaucoup plus que les résultats - certes fragmentaires - de sa démarche philosophique (on pourrait même parler de métaphilosophie). Et je sais que mes résistances sont imputables à mon indécrottable rationalisme. Je ne suis peut-être pas encore le compagnon chercheur auquel est destinée cette Émergence de l’adultenfant. J’espère que Paul Chamberland, que je connais bien, n’en sera pas trop déçu.” (p. 36)

André Roy serait le “Codirecteur du journal contre-culturel Hobo-Québec de 1972 à 1974” selon sa page sur Wikipédia : https://fr.wikipedia.org/wiki/Andr%C3%A9_Roy_(%C3%A9crivain)

Cela pourrait expliquer pourquoi il dit bien connaître Paul Chamberland puisque ce dernier y a collaboré :

“Il est écrivain-animateur à la « Fabrike d'ékriture » et collabore aux revues Mainmise et Hobo-Québec.”

Source : https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/chamberland-paul


Critique littéraire de Gérald Gaudet dans Le Nouvelliste du 11 juillet 1981

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3262353?docpos=16

Dans sa critique du livre “Émergence de l’adultenfant” de Paul Chamberland (1981), Gérald Gaudet souligne que « Le poète se fait donc militant qui lutte con­tre toutes les formes de ré­pressions (politiques fami­liales, pédagogiques et sexuelles) dans l’espoir de reconquérir l’accès intégral à tout le champ du Désir. »

Il ajoute que l’utopie imaginée par Paul Chamberland repose sur le corps de l’enfant : «  On sait toutefois que le corps, celui de l’enfant en particulier, est frappé d’interdit et refusé comme moyen de communication par la junte famille/école/éducation. Interdites l’innocence, la spontanéité, la fête et la gratuité du jeu. »

Gérald Gaudet note que « Dans le champ du Désir, c’est l’enfant qui est l’éducateur. » Il déclare que « Paul Chamberland ne nous propose pas une restauration du mythe de l’Enfant divin, mais au contraire « sa tangible réalité ». La divinité prend corps. Elle se sexualise. »


Un livre de morale (1989)

Critique littéraire d’Andrée Fortin dans le magazine Nuit blanche sur “Un livre de morale” de Paul Chamberland paru en 1989 aux éditions L’Hexagone.

“Ce livre de morale est éminemment actuel et québécois, et en même temps universel et intemporel ; Nietzsche y est souvent convoqué. Un livre exigeant, dont il est difficile de parler brièvement, lui qui dénonce l'indifférence, l'équivalence de tous les mes- sages dans la cacophonie des médias.” (p. 23)

Source: https://www.erudit.org/fr/revues/nb/1990-n40-nb1090576/19805ac/


SOCIAL INTERACTIONS AMONG PAEDOPHILES (2002)

Rapport des Cahiers de recherches criminologiques de l’Université de Montréal, rédigé par Pierre Tremblay. Les pages 37-38 analysent les écrits pédophiles de Paul Chamberland.

Source : https://www.cicc-iccc.org/public/media/files/prod/publication_files/CRC_2002_N36.pdf


Autres éléments troublants - le reportage d’Émilie Dubreuil pour Radio-Canada le 21 juin 2018

https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1108207/le-beau-trip-des-parents-le-bad-trip-des-enfants-recit-dune-tragedie-peace-and-love

Paul Chamberland aurait célébré par écrit la mort tragique de deux enfants lors d’une fête hippie dans une commune des Laurentides en 1975 :

En juin 1975, des hippies, décidés à réinventer l'amour et la famille, célèbrent la Saint-Jean dans une commune des Laurentides. Et rien n'interrompra leur fête, pas même la mort de deux enfants.”

Ce poème est signé par Merlin, qui est en fait Paul Chamberland, un poète qui deviendra par la suite professeur à l’Université du Québec à Montréal (UQAM) et dont l’oeuvre sera couronnée par plusieurs prix prestigieux.

« C’est incroyable, s’exclame Sophie. C’est tellement typique de ces années-là. C’est la faute de Saturne. Pas la leur, pas leur responsabilité. Et regarde ensuite ce qu’il raconte : c’est complètement fou. »

Joint au téléphone, l’auteur Paul Chamberland n’était pas chaud à l’idée d’évoquer ses souvenirs. « Je n’ai pas envie de parler de cela, nous a-t-il dit. Avec le recul, admet-il toutefois, je crois que nous étions traumatisés, et ce que j’ai écrit était inapproprié; inacceptable, même. J’aurais dû me taire. »

Journal de L’UQAM du 12 novembre 2007

Article de Claude Gauvreau qui dresse un portrait de Paul Chamberland à la suite de son obtention du prix Athanase-David reçu en 2007.

Paul Chamberland affirme entre autres :

“D’autres écrivains de ma génération ou des plus jeunes auraient pu obtenir ce prix. J’ai eu la chance de pouvoir compter sur l’appui de mon université et des collègues de mon département. Pour moi, c’est très émouvant.” (p. 1)

Source : http://www.journal.uqam.ca/archives/2007-2008/3406.pdf


Anne Migner-Laurin dans Le Devoir du 10 novembre 2007

Dans son texte, Anne Migner-Laurin revient sur l’oeuvre de Paul Chamberland pour souligner l’obtention du Prix Athanase-David. Elle ne signale pas ses écrits pro-pédophilie et souligne que “Chamberland demeure certainement l'un des poètes-penseurs les plus marquants de l'histoire récente du Québec. Il incarne la clairvoyance du regard, la justesse de la parole et l'authenticité de la révolte”

Source : https://www.ledevoir.com/societe/science/163495/prix-athanase-david-l-esperance-en-friche

“Des suites d'un séjour d'étude en France pendant lequel il vit les soulèvements populaires de Mai 68, l'écriture de Chamberland opérera une rupture draconienne: «Quand j'ai recommencé à écrire, c'est comme si je n'avais jamais écrit avant», explique-t-il. Cela correspond au début du mouvement de la contre-culture, avec son utopie libertaire extrême. Les deux pieds dans cette époque multicolore, le poète s'élance vers le cosmos, en quête de totale liberté. Il publie en 1972 Éclats de la pierre noire d'où rejaillit ma vie et en 1974 le recueil calligraphié Demain les dieux naîtront. Il devient animateur de la Fabrike d'ékriture et participe aux revues Mainmise, Hobo/Québec et Liberté, après quoi il enseigne la création littéraire à l'UQÀM. Également calligraphié, le recueil Extrême survivance extrême poésie (1978) se situera davantage du côté de l'essai et du questionnement éthique. Il n'est pas trop tôt, puisque les années 80 sont synonymes pour Chamberland — et pour tant d'autres — de deuil devant l'échec de l'utopie. C'est le «lendemain de veille» avec son amertume... toute particulière.”

“Objecteur de conscience, Chamberland demeure certainement l'un des poètes-penseurs les plus marquants de l'histoire récente du Québec. Il incarne la clairvoyance du regard, la justesse de la parole et l'authenticité de la révolte.

Et son écriture est un acte de foi, de résistance.”

NB: Anne Migner-Laurin est éditrice chez les Éditions Remue-ménage (http://www.editions-rm.ca/maison/), une maison d'édition publiant des livres féministes depuis 1976.

Source : https://twitter.com/remue_menage


Publicité dans Le Devoir du 10 novembre 2007

La maison d’édition de l’Hexagone, une société de Québecor Médias, présente une publicité sur son auteur Paul Chamberland qui vient de remporter le Prix Athanase-David 2007 pour l’ensemble de son oeuvre.

Source : http://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2811866?docpos=5

Le site web actuel de la maison d’édition L’Hexagone précise qu’elle est actuellement une société de Québecor Média : http://www.edhexagone.com/


FONDS D'ARCHIVES PAUL CHAMBERLAND (191P) de l’UQAM (2008)

Selon ce site web de l’UQAM mis à jour en 2008, Paul Chamberland a été “Écrivain en résidence à l’Université du Québec à Montréal en 1987-1988, il est nommé professeur régulier en 1992 au Département d’études littéraires puis professeur associé”.

Source: https://archives.uqam.ca/fonds-archives/archives-privees/11-gestion-archives-historiques/46-fonds-archives.html?varcote=191P


Paul Chamberland, de Parti pris à la contre-culture (2012)

Mémoire de maîtrise de Hugo Beauchemin-Lachapelle (Université de Montréal)

Selon cette étude, la cassure entre la période chez Parti pris (1963-1968) et sa vie dans une commune hippie de Morin Heights jusqu'en 1978 est contournée plutôt qu'expliquée. Il cite le communiqué du Ministère québécois de la Culture pour son prix Athanase-David comme élément d’analyse.

Source : https://papyrus.bib.umontreal.ca/xmlui/handle/1866/8867


Prix Jacques-Brossard du Centre québécois du P.E.N. international 2018

Le 19 septembre 2018, le Centre québécois du P.E.N. international a remis son Prix Jacques-Brossard à Paul Chamberland par décision unanime.

Le site web du Centre précise que “ce prix bisannuel récompense « l’auteur d’un ouvrage d’essai ou de fiction publié en français au Québec (langue originale ou de traduction), centré sur l’humanisme ou la spiritualité et qui fait la défense et l’illustration des valeurs de l’esprit et des valeurs propres à la personne humaine ». Le prix est accompagné d’une bourse de 5000 $.”

Il ajoute que “Pour la première fois, le 19 septembre 2018, le jury, par décision unanime, a attribué le Prix Jacques-Brossard/Centre québécois du P.E.N. international au poète et essayiste québécois Paul Chamberland.” Le Centre inclut un hyperlien vers la page Wikipédia dédiée à Paul Chamberland.

Le Centre souligne que “Le jury était composé de Marie-Andrée Lamontagne, de Georges Leroux et Jean-Claude Ravet.”

Il est aussi précisé que “La cérémonie était présidée par Brian Myles, directeur du quotidien Le Devoir.

Source: https://penquebec.org/prix-jacques-brossard-du-centre-quebecois-du-p-e-n-international/


Sur une autre page de son site web, le Centre québécois du P.E.N. international présente l’allocution de Paul Chamberland lors de la remise de son Prix.

Il a notamment affirmé ceci :

La notion d’«humanisme», on le sait, prête à controverse. De nos jours, le cours désordonné du monde humain nous incite toutefois à en recueillir ce que, selon une longue tradition, son sens a d’essentiel et de décisif. Depuis de nombreuses années, je suis hanté et bouleversé par ce que j’ai appelé une massive avancée de l’inhumain, d’où mon acharnement à en traquer les manifestations, notamment les plus insidieuses.”

Source : https://penquebec.org/2018/10/31/allocutions-prononcees-lors-de-la-remise-du-prix-jacques-brossard-centre-quebecois-du-p-e-n-international/


Intervention de l’animatrice Geneviève Pettersen à LCN sur Paul Chamberland le 7 janvier 2020

Mme Pettersen - animatrice à QUB Radio - discute de la complaisance du milieu littéraire québécois sur le livre “Le Prince de Sexamour” de Paul Chamberland.

Son intervention se situe entre 14:50 et 17:44 dans cette vidéo accessible en ligne : https://www.tvanouvelles.ca/emissions/le-19h/video/6120775424001

Elle avait signalé son intervention sur Twitter le 8 janvier 2020 : https://twitter.com/GenPettersen/status/1214915752232439809