1951 Le 24 décembre, après de très longues négociations entre les grandes puissances qui défendent leurs intérêts (France, Grande-Bretagne, Etats-Unis, URSS), l’indépendance est accordée sur décision de l'Onu. Le roi Idriss. Il est incapable de faire un gouvernement unifié. La Grande-Bretagne et les Etats-Unis conserve des bases militaires dans le pays.

1955 Début de l'expulsion de 17 000 colons italiens.

1959 Découverte d'immenses réserves pétrolières.

1995

Population Le pays fait largement appel à une main-d'œuvre immigrée. 2,5 millions : Africains, Égyptiens, Tunisiens, Palestiniens. 

2002 Pourparlers de réconciliation entre les Etats-Unis et la Libye.

2003 Les sanctions internationales sont levées et la Libye déclare abandonner son programme d’armes de destruction massives.

2005 Des compagnies d’exploitations pétrolières américaines sont de retour en Libye.

2007 Le premier ministre annonce la suppression de 400 000 emplois de fonctionnaires.

Libération des infirmières bulgares et du médecin palestinien condamnés à mort sur l’accusation fabriquée d’avoir inoculé le sida à des enfants.

Visite de Kadhafi en France à l’invitation de Nicolas Sarkozy. Il promet aux entreprises françaises des contrats mirobolants.

2010

Croissance du PIB 10 %.

2011 Le 15 février, éclatement en Cyrénaïque, la partie orientale de la Libye, d'un soulèvement contre le pouvoir dictatorial du colonel Mouammar Kadhafi. Prise de la garnison militaire de Benghazi. Les repésentants de Kadhafi sont chassés.

Les masses insurgées de Libye cherchent à renverser, initialement les « mains nues », un régime despotique et à détruire les piliers de son appareil d'Etat répressif. Le noyau dur du pouvoir répressif policier et militaire est attaqué.

La sanglante répression avec laquelle ce régime tente immédiatement d'écraser la révolte force cette dernière à se transformer en une insurrection armée, qui remporte initialement la victoire dans une bonne partie du pays. Mais le tyran regroupe et reconstitue ses forces afin de regagner le terrain perdu, face à des milices populaires relativement efficaces en milieu urbain, mais totalement incapables de résister en terrain ouvert contre les pilonnages de l'artillerie et de l'aviation.

Le 17 février, manifestations à Benghazi.

Le 20 février, dans un discours, le fils “réformateur” de Kadhafi, Saïf al-Islam promet des rivières de sang aux Libyens si l’insurrection ne cesse pas.

Le 21 février, des avions de l'armée de l'air libyenne ouvrent le feu sur des manifestants.

Le 22 février, Kadhafi prononce un discours odieux évoquant les précédents qu'il entend imiter, parmi eux le massacre de Tian'anmen de 1989 et celui de 2004 à Falloujah. Il envoie des chars contre Benghazi (un million d’habitants).

Le 18 mars, au nom de la « protection des civils », la résolution n°1973 (poussée par le Qatar) du Conseil de Sécurité de l'ONU établit une « zone d'exclusion aérienne » sur la Libye. Les blindés du régile foncent sur Benghazi.

Le 19 mars, violente offensive aérienne de plusieurs puissances impérialistes — États-Unis, France et Grande-Bretagne en tête. Le Qatar envoie demi-dizaine de Mirage 2000 aux côtés des Rafale français.

Le 7 juillet, élection du Congrès général national, assemblée de 200 membres.

En août, Kadhafi dans un discours traite les insurgés de jirdhan (rats) et promet de les exterminer.

Le 22 août, après six mois de bombardements aériens de l'Otan, les forces rebelles, issues des tribus de l’ouest, prennent le contrôle d'une partie de Tripoli sous les acclamations des habitants. La garde présidentielle se rend. Les noirs, soupçonnés d’être partisans de l’ancien régime, sont pourchassés.

Le 23 août, prise de la forteresse de Kadhafi à Tripoli par les insurgés avec l'aide de l'Otan et des forces spéciales qataries.

L’insertion de l’Occident dans le processus révolutionnaire libyen outrepasse largement le mandat de l’ONU.

Le Conseil national de transition s’installe à Tripoli.

L’insurrection a fait des dizaines de milliers de morts.

En septembre, arrestation de Houda Ben Amer, cadre cruelle du régime Kadhafi.

Syrthe est investie difficilement le 20 octobre par les insurgés.

Le 20 octobre, à Syrte, lynchage de Kadhafi. Le renversement brutal de Kadhafi et la mainmise de la Grande-Bretagne et de la France sur le processus de transition politique renforce le sentiment religieux et communautaire.

La guerre civile continue malgré la disparition de Kadhafi.

Le Conseil national de transition (CNT) déclare la Libye libérée et dirige le pays en s’opposant à de nombreuses milices armées.

2012 Élections législatives le 7 juillet. La coalition non islamiste emporte une courte majorité.

En août, le CNT remet le pouvoir au Congrès national général (CNG), un parlement élu qui désigne un chef d’Etat intérimaire.

En septembre, assaut meurtrier contre l’ambassade américaine à Benghazi.

2014 En juin, élections à faible participation pour un nouveau parlement remplaçant le CNG, le Conseil des représentants (CdR) qui s’installe à Tobrouk. 

Violent conflit entre les deux parties.

D’un côté, Fajr Libya (Aube libyenne), coalition de milices à coloration islamiste, qui dirige la capitale Tripoli et sa région et a remis en selle l’ancien Parlement, le Congrès général national (GCN), dominé par les islamistes qui se sont dotés d’un gouvernement. Ils sont soutenus par le Qatar.

De l’autre, l’alliance Dignité, appuyée par le général Khalifa Haftar, en guerre contre les milices islamistes. Ce gouvernement s’installe à Tobrouk et est reconnu par la communauté internationale. Il est soutenu par les EAU.

A cela s’ajoutent les djihadistes, ceux d’Ansar al-Charia présents à Benghazi et liés à Al-Quaïda, et l’État islamique qui contrôle la ville de Syrte et ses environs.

2015 En juin, Daech prend la ville de Syrte.

En octobre, un accord sous l’égide de l’ONU pour désigner un conseil présidentiel échoue.

La Tunisie ferme sa frontière avec la Libye.

En décembre, accord entre les deux entités (Tripoli et Tobrouk).

2016 5 000 hommes de Daesh présents en Libye.

Le 12 mars, mise en place à Tripoli d’un embryon de gouvernement d’union (GNA), dirigé par Fayez Al Sarraj, composé d’une myriade de milices fortement armées.

Une offensive contre Syrte, bastion de Daesh, est lancée en mai, avec un bombardement des Etats-Unis en juillet.

Le gouvernement d’union nationale (GNA) peine à asseoir son autorité, quatre ministres, originales de l’est du pays, sont limogés.

Les installations pétrolières sont contrôlées par plusieurs groupes armés.

Le tarif du pain à été multiplié par cinq en un an.

2,4 millions de personnes ont besoin d'une assistance humanitaire soit un tiers de la population.

2017 L’arrivée des migrants via la Libye augmente suite à l’accord sur les migrants entre l’UE et la Turquie. L’Italie passe des accords, moyennant finance, avec les gardes-côtes libyens pour bloquer les réfugiés. Ceux-ci n’ont plus le moyen de demander le droit d’asile auxquels ils ont droit et sont parqués dans des camps sans soins médicaux où l’on meurt de faim et où les gardiens violent.

Économie

Population État peu peuplé de 6,4 millions d'habitants.

Population urbanisée aux trois quarts : 2 millions d'habitants à Tripoli et 1 million à Benghazi.

Natalité de 2 enfants par femme.

300 à 550 000 Berbères (Amazighen) vivant dan l'Ouest, près de la frontière tunisienne (Zuwara). Ils ont activement participé à la chute de Tripoli.

Le peuple libyen est divisé en tribus.

Hydrocarbures Les revenus du pays dépendent à 95 % de l'exportation d'hydrocarbures. Le pétrole libyen, de très bonne qualité, représente 3 % des réserves mondiales. La production représentait 2,2 % de la production mondiale avant le début de l'insurrection. L'économie rentière est basée sur la redistribution à quelques uns de pétrodollars et le travail de travailleurs immigrés.

Les puissances occidentales cherchent à contrôler la production pétrolière et ses contrats.

75 % des produits alimentaires consommés en Libye sont importés.

Le FMI encourage la privatisation partielle du secteur public (télécommunications, routes, ports, santé...).