XIXe siècle Succession de jacqueries.

1864 Abolition du servage.

1878 Ancienne contrée de l’Empire ottoman, et largement autonome, la Petite-Roumanie, composée des principautés unies de Moldavie et de Valachie, devient une royauté indépendante.

C’est un pays essentiellement agricole, de grandes propriétés.

1905 Mouvements de grèves influencés par la révolution en Russie.

Des milliers d'ouvriers de la jeune industrie roumaine exigent des augmentations de salaire et une amélioration de leurs conditions de travail, malgré les violences policières et l'envoi de la troupe.

En mars, Christian Rakovski lance l’hebdomadaire socialiste, România muncitoare (La Roumanie ouvrière).

Agriculture 4000 grands propriétaires possèdent 47% du territoire arable, alors qu’un million de paysans n’en possèdent que 41 %. 66  grands propriétaires usurpent à eux seuls le seizième de l’étendue cultivée. Ces grands propriétaires n’exploitent autant dire jamais eux-mêmes. Ils ont des intendants ou des fermiers qui sous-louent les terres aux paysans.

1907 Fin février, une importante Révolte paysanne, impliquant des milliers de villages et plus de quarante mille insurgés, éclate en raison de mauvaises récoltes.

En mars, le gouvernement libéral mène une répression féroce contre les paysans révoltés qui fait 11 000 morts parmi les insurgés. Le journal de Rakovski prend  position en faveur des insurgés, invitant les soldats à ne pas tirer sur les paysans et même à les rejoindre.

En l’absence du relais de la classe ouvrière, la révolte paysanne débouche sur une tragique impasse.

1910 Fondation du parti social-démocrate de Roumanie.

1919 Intervention de l’Entente (France, Pologne, Tchécoslovaquie, Yougoslavie, Roumanie) utilisant comme pointe acérée la Roumanie contre la République soviétique hongroise de Bela Kun.

1944 Le 31 août, arrestation du dictateur Antonescu. Celui-ci a mené une politique d'extermination des juifs. Les Soviétiques pénètrent dans Bucarest.

1966 Pénalisation de l'avortement.

1960 Ion Iliescu est au Comité central du Parti communiste.

La Securitate roumaine a 15 000 agents épaulés par un vaste réseau d’indicateurs dans la population et par quelque 165 000 militaires impliqués dans la traque aux opposants parmi les vingt millions de Roumains.

1987  Le 15 novembre, commencée par une grève dans une usine de camions, révolte ouvrière dans la ville de Brasov contre les mesures de restriction. Intervention de l'armée. Déportation de 61 personnes.

1989 En décembre, chute du dictateur, le Conducator, le “génie des Carpates”, Nicolae Ceausescu.

Le 25 décembre, révolution roumaine. Le président Nicolae et Elena Ceausescu sont exécutés après un simulacre de procès.

Un nouveau gouvernement de Ion Iliescu formé de généraux et d'anciens apparatchiks assoit son pouvoir en perpétrant des crimes. 942 personnes trouvent la mort.

La transition est durablement préemptée par les anciens responsables staliniens jusqu’aux dirigeants du parti « social-démocrate ». Les anciens apparatchiks dominent la politique jusqu’en 1996. Le PSD est l’héritier du Parti communiste roumain.

Iliescu est président de la République (- 1996).

600 000 Roumains ont été condamnés et emprisonnés pour des motifs politiques pendant la dictature.

1990 Manifestations des jeunes place de la Victoire contre les apparatchiks au pouvoir.

1996 Arrivé au pouvoir d’un gouvernement du centre.

2000 Iliescu (PSD) est réélu président (- 2004).

2003 Iliescu autorise la CIA à ouvrir de prisons secrètes en Roumanie.

2004 En mars, la Roumanie rejoint l’Otan. Elle a une position stratégique sur la mer Noire.

2006 Iliescu devient président honoraire du PSD.

2007 La Bulgarie et la Roumanie rejoignent l'Union européenne.

2008 premier ministre néolibéral Emil Bloc.

2010 Face aux effets de la crise financière de 2008, le gouvernement lance un programme d’austérité draconien sur demande du FMI.

2011 Prêt du FMI en échange d'une baisse de 25 % des salaires de la Fonction publique et de la mise en chômage de plus de 300 000 fonctionnaires.

Hausse de la TVA de 19 % à 24 %.

PIB et croissance 1,5 %.

2012 En janvier, manifestations contre l’austérité et affrontements avec la police.         Les mobilisations populaires se répandent dans plus de 60 villes et se concentrent  sur des problèmes sociaux concrets, luttant contre les réductions néolibérales des salaires, des retraites, des budgets de santé et de l’enseignement.

Ce sont les premières manifestations à l’échelle de l’État depuis 1989 contre la direction prise par la transition post-socialiste. Une nouvelle conscience historique semble prendre forme, alimentée par le sentiment d’avoir été trompé et volé au cours de la transition ainsi que par la perception du pillage des considérables richesses de l’ancien État communiste.

Chute du gouvernement de centre-droit du premier ministre Emil Boc.

En mai, Victor Ponta, président du parti social-démocrate (PSD), prend la tête d'un gouvernement de coalition avec les libéraux.

En juillet, destitution ratée du président Traian Basescu par la majorité de centre-gauche au pouvoir.

En décembre, élections législatives. Le PSD obtient 45 % des voix. Participation : 39 %.

2013 La campagne anticorruption prend de l’importance sous la nouvelle direction de le DNA, l’institution étatique chargée de cette lutte.

En septembre, les manifestations se multiplient de nouveau avec des mobilisations à travers le pays et parmi les travailleurs migrants à l’étranger, unis contre le projet minier aurifère à Roşia Montana (projet de mine à ciel ouvert exploitée au cyanure). Ce projet est arrêté. Les mouvements de protestation sont marqués par une participation plus forte des classes moyennes.

En octobre, une révolte rurale éclate à Pungeşti contre un autre projet extractiviste. Elle est réduite au silence.

2014 En novembre, des mobilisations de la droite permettent la victoire surprise à l’élection présidentielle de Klaus Iohannis (PNL, libéral), contre le candidat social-démocrate Victor Ponta, qui demeure cependant Premier ministre.

Ponta a un programme contre la corruption.

Un grand nombre de fonctionnaires sont mis en examen. Le DNA a été beaucoup moins efficace pour poursuivre la corruption dans le secteur privé.

Livin Dragnea à la tête du PSD.

2015 En juin, le parquet ouvre une enquête pour corruption, blanchiment d'argent et évasion fiscale à l'encontre de Victor Ponta, premier ministre social-démocrate.

Victor Ponta démissionne à la suite d'un incendie dans une discothèque (64 morts) ignorant les normes de sécurité.

Un gouvernement provisoire de « technocrates », dirigé par Dacian Cioloş prend sa place, composé essentiellement des bureaucrates qui ont fait carrière dans les appareils de l’UE et les agences occidentales de développement. Il conçoit un « plan pour en finir avec la pauvreté » qui répond aux préoccupations du grand public.

Population 14 000 médecins et 28 000 infirmières ont quitté le pays entre 2009 à 2015.

2016 Dragnea est condamné pour fraude électorale.

En décembre, les Élections législatives sont remportées haut la main (46%) par les socio-démocrates (PSD, social-démocrate, ex Parti communiste) et le président du PSD, Liviu Dragnea qui battent les libéraux. Taux de participation de moins de 40 %.

Gouvernement de coalition entre le PSD et ALDE (libéraux).

2017 A partir de janvier, les manifestants roumains se soulèvent à Bucarest, devant le siège du gouvernement et dans des centaines d'autres villes, contre la corruption et exigent la démission du premier ministre, qui a passé un décret permettant de blanchir Liviu Dragnea, le chef du PSD , ainsi que 2 000 hommes politiques.

Après cinq jours de manifestations, le gouvernement est obligé d’adopter le 5 février un autre décret, annulant le précédent.

Population La moitié des Roumains vivent en dehors des grandes villes. 36 % de la population rurale n’a pas de toilettes modernes.