Pourquoi les hommes détestent-ils tant faire du shopping ?

Un homme peut parfaitement acheter deux costumes, trois chemises, une ceinture, trois cravates et deux paires de chaussures en moins de huit minutes. Et ne plus rien s’acheter pendant neuf ans. Il fera ses emplettes de Noël pour toute la famille en moins d’une demi-heure, le 24 décembre à 18 heures et cela sans aucune aide extérieure.

Un homme peut tenir très longtemps avec une paire de chaussures, un costume et deux chemises. Il ne changera pas de coupe de cheveux pendant des années, voire des décennies. Et il fera durer son portefeuille encore plus longtemps.

Pour un homme, les courses du samedi figurent à peu près en même position que l’examen de la prostate sur la liste des obligations honnies. Le Dr David Lewis, un psychologue britannique, a découvert que le niveau de stress auquel sont soumis les hommes durant les courses de Noël est comparable à celui qu’éprouve un policier confronté à un groupe de manifestants violents. C’est tout le contraire pour les femmes : rien de tel qu’une bonne après-midi de shopping pour les détendre.

Pour quiconque a étudié l’évolution divergente des Nexes masculin et féminin et connaît leur fonctionnement cérébral, l’explication de cette énigme est très simple. De nu vie de chasseur préhistorique, l’homme a hérité une vision en tunnel qui lui permet d’aller d’un point A à un point B en ligne droite. Les zigzags permanents entre rayons et consommateurs le mettent extrêmement mal à l'aise, car tout changement de direction suppose une décision consciente. Équipées d’un champ de vision plus large, périphérique, les femmes slaloment au contraire sans problèmes dans un centre commercial bondé de monde.

L’évolution masculine a produit des chasseurs faits pour Hier rapidement et rentrer chez eux. C’est exactement comme ça que les hommes, aujourd’hui encore, aimeraient faire les courses. Quant aux femmes, elles s’y prennent à peu près comme leurs ancêtres. Elles partent pour la journée avec un groupe d’autres femmes vers un endroit où l’une d’elles se souvient d’avoir vu pousser des plantes ou des baies comestibles. Elles partent donc sans but ni impératif spécifique et sans trop se soucier du temps qu’elles y consacrent. Elles passent la journée à flâner ici et là, au petit bonheur, pressant, reniflant, sentant et goûtant toutes les choses intéressantes qu’elles rencontrent sur leur chemin, tout en discutant les unes avec les autres de toutes sortes de sujets. Si elles ne récoltent rien d’intéressant et rentrent bredouilles ou presque le soir à la maison, elles ont quand même passé une bonne journée toutes ensemble. Rien de comparable pour les hommes. Un homme qui part à l’aventure avec ses copains, sans destination claire, sans but précis, sans contraintes horaires et rentre à la maison les mains vides est un raté. C’est pourquoi, quand on demande à un homme d’acheter du pain, du lait et des œufs en rentrant du bureau, il peut tout à fait revenir avec du jambon, des cacahuètes et un pack de bières. Il a oublié ce que vous lui avez demandé et il est revenu avec deux ou trois articles « en promo » - témoins de son aptitude à la chasse éclair.

Les études montrent que non seulement les hommes détestent les courses alimentaires et vestimentaires mais

qu’en outre le shopping est mauvais pour leur santé à cause du stress qu’il provoque. Mais il existe des moyens d’aider un homme à positiver cette expérience.

Au supermarché

Laissez toujours l’homme pousser le Caddie. Les hommes aiment contrôler la situation, conduire et utiliser leurs capacités spatiales - vitesse, trajectoire, virages, etc. Même le Caddie dont une roulette est bloquée, horripilant pour vous, ne l'agace pas, parce qu’il complique l’exercice spatial et directionnel. Beaucoup d’hommes, en le poussant, imitent silencieusement le brrrrrrrrr d’un moteur, exactement comme quand ils etaient petits garçons. Demandez à votre compagnon de ranger les paquets dans le Caddie, vous sollicitez encore ses capacités spatiales.

Au supermarché, les femmes aiment bien slalomer entre les rayons leur liste à la main, tandis que les hommes préfèrent avancer en ligne droite, se servir de leur mémoire et examiner tous les articles attirants. Résultat ? Ils rapportent toujours les mêmes choses à la maison. Un frigo masculin typique peut compter une dizaine de bouteilles de sauce bolognaise différentes et pas grand-chose d’autre. Pendant que vous zigzaguer entre les rayons, spécifiez bien les articles que vous recherchez (marques, tailles et goûts), demandez-lui de trouver les meilleurs prix et félicitez-le quand il revient avec une prise. Demandez-lui toujours ce qu’il aime manger, encouragez-le par des caresses affectueuses et n’oubliez pas sa petite récompense, une tablette de chocolat par exemple.

J’entends déjà certaines de mes lectrices se récrier « Tout ça rien que pour m’accompagner au supermarché ? » Mais rappelez-vous : le shopping ne faisant pas partie des capacités masculines de base, si vous voulez qu’il vienne avec vous, il faut bien trouver de quoi le motiver.

Le lèche-vitrines

Beaucoup de femmes ont l’impression que les hommes sont programmés pour s’acheter des vêtements affreux et elles n’ont pas tout à fait tort. Pendant au moins cent mille j ans, les femmes s’habillaient pour séduire alors que les; hommes s'enveloppent de peaux de bêtes pour effrayer ‘ leurs ennemis. Les hommes couvraient leur visage et leur' corps de peintures, s'enfilent des os dans le nez, s'affolait d’un crâne de bison mort sur la tête et attachaient un caillou au bout de leur pénis. Il ne serait guère surprenant que les scientifiques découvrent un jour chez l’homme le gène du mauvais goût !

Les mêmes astuces de motivation s’appliquent au shopping vestimentaire : donnez-lui des directives de taille, de couleur, de tissus et de prix et envoyez-le à la chasse. Le cerveau masculin est étudié pour se concentrer sur une tâche unique.

Une étude sur les poulets aide à comprendre le comportement masculin durant le shopping. Les poulets auxquels on administre des hormones mâles picorent leurs graines suivant un protocole particulier : ils mangent d’abord toutes les graines rouges, puis les jaunes et ainsi de suite. Les autres poulets (sans adjonction d’hormones mâles) picorent les graines sans tenir compte de leur couleur.

Solution

Ne donnez à un homme qu’une chose à faire à la fois et n’essayez pas de le convaincre que vous faites des économies en achetant quatre robes au lieu d’une. Ne lui posez jamais la question angoissante : « Laquelle me va le mieux ? La bleue ou la jaune ? » Il sait qu’il est incapable de trouver la bonne réponse. La plupart des hommes ne possèdent que deux paires de chaussures, le cerveau masculin n’a qu’une capacité limitée à assortir motifs et couleurs, et un homme sur huit perçoit mal le rouge, le vert ou le bleu. Si une femme demande à un homme de faire les courses à sa place ou d’aller lui chercher un vêtement sur un portant, elle doit préciser la taille exacte du vêtement qu’elle désire. S’il lui apporte un vêtement trop grand, elle l'accusait d’insinuer qu’elle est grosse. S’il lui apporte une tenue trop petite, elle s'imaginait qu’elle a grossi. Si vous demandez à votre compagnon de juger les vêtements que vous portez, suggérez-lui de les noter de 1 à 10, sans jamais lui demander ; « La bleue ou la jaune ? »,question qui suppose une comparaison. Enfin, si vous le laissé poireauter sur la « banquette-des-maris-qui-s’ennuient », n’oubliez pas de lui donner quelque chose à grignoter.

Mais attention : même en appliquant cette stratégie, vous ne disposez que d’un laps de temps assez bref. La plupart des hommes ne tiennent pas plus de trente minutes dans un centre commercial. Si, malgré tout, vous insistez pour qu’il vous accompagne, arrangez-vous pour faire vos courses dans un supermarché doté d’un grand rayon de bricolage où il pourra aller essayer la toute dernière perceuse-visseuse sans fil, qui lui permettra de forer des petits trous impeccables dans le plafond de la salle à manger, même si c’est parfaitement inutile.