Le Genji monogatari (Le dit du Genji)

Bibliographie

- Nombreux articles de Wikipedia

- Dougill, Kyoto a cultural history

-

Contexte historique : l’époque d’Heian

794-1185. (Entre Nara et Kamakura)

Déplacement de la capitale à Heiankyou (capitale de la paix) par l’empereur Kammu, le 50° du Japon qui cherchait à fuir l’influence des monastères de Nara. Avantages également de la nouvelle localisation : accès à la mer par cours d’eau. Chemin vers les provinces de l’est.

Apogée de la cour impériale japonaise. Arts, poésie, littérature.

Montée en puissance de la classe des Bushis qui prendra le pouvoir à partir de Kamakura.

Normalement l’empereur règne mais à partir de 886, le pouvoir passe aux mains des régents Fujiwara.

Kammu est connu comme un des empereurs les plus puissants du Japon.

Contrôle des Emishi (Ainous). Victoire de 794. Crée le titre de Shogun. En 801, le shogun vainc les Emishi et entend les domaines impériaux jusqu’à l’extrémité orientale de Honshu.

806 : mort de Kammu

Les 2 fils successeurs de Kammu se font la guerre.

Nouvelle organisation administrative : bureau privé de l’empereur. Police métropolitaine.

Diminution de l’influence chinoise : dernière mission impériale en 838. La Chine est en déclin à partir de la fin des Tang. Les japonais s’en détournent peu à peu.

Par la suite, l’autorité sur les provinces de l’empereur est très fragile. Il a du mal à faire accepter le système de terres et de taxes, d’inspiration chinoise.

Au 9° et 10°s, le plus grande partie de l’autorité est perdue au profit des Fujiwara. Cependant, l’hérédité impériale est préservée.

Au 9° :

Les Fujiwara font des mariages successifs avec la famille impériale et occupent des hautes fonctions :

- Premier dirigeant du bureau privé de l’empereur

- Régent d’empereur mineur ou même adulte.

Mais, l’empereur Daigo (897-930) parvient à suspendre la régence des Fujiwara et à régner directement.

Au 10° :

Le pouvoir central continue de décliner. Grandes familles et monastères acquièrent de grands pouvoirs.

Les Shouens ont un statut légal depuis le début de Heian MAIS leurs propriétaires revendiquent de plus en plus des titres imparables de la propriété. Cela leur permet de lever des impôts et de se protéger contre les inspections du gouvernement.  Les paysans préfèrent


Introduction

- Ouvrage Classique

- Epoque Heian. Début 11°s

- Auteur : Murasaki Shikibu

- Premier roman japonais ? Débat à ce sujet. Le Ochikubo monogatari serait plus ancien.

Thème général

- Le roman décrit le mode de vie de la haute aristocratie à l’époque d’Heian et les aventures amoureuses du prince Genji. Il propose une étude détaillée de la psychologie des personnages.

Un roman psychologique ?

Il a parfois été qualifié de « roman psychologique ».

Il y a :

1) Un personnage principal et de nombreux personnages secondaires (400). Tous au caractère bien défini.

2)  Pas d’invraisemblance. Les personnages ont une consistance et évoluent de façon cohérente

3)  Déroulement sur le temps long. Les évènements se succèdent au fur et à mesure de la vie des personnages. Cependant , il n y a pas de scénario bien défini avec un thème central. L’oeuvre a peut être été écrite chapitre par chapitre, au fur et à mesure de l’inspiration de l’auteur.

Difficulté de lecture

- Les personnages ne sont pas nommés par leur nom mais par leur fonction (Ex : ministre de droite) ou titre honorifique (son excellence) ou par leur lien avec les autres personnages (son frère). Les femmes sont parfois nommées par la couleur de leur vêtement.

Au fur et à mesure du roman et de l’évolution sociale des personnages, les dénominations changent. Pour le lecteur, il est difficile de reconnaitre les personnages au fil du roman.

En effet, à l’époque d’Heian, il était impoli et trop familier de nommer directement un personnage par son nom personnel. Les modernisateurs du texte et les traducteurs ont donc donné des surnoms aux personnages pour que le lecteur puisse les reconnaître.

- Le texte est écrit dans la langue japonaise très particulière de l’aristocratie du 11°s. La grammaire est très difficile.  Dès le 12° s, cette langue est devenue difficile à comprendre. Les éditions successives ont donc fait un grand usage de notes et d’illustrations pour aider les lecteurs. Cependant, il faut attendre le début du 20°s pour que l’œuvre soit traduite en japonais contemporain. Traductions complètes en anglais (1976) et en français tardives.

- Les personnages font de nombreuses allusions à des poèmes très connus à l’époque. Les poèmes étaient parfois cités et modifiés par les personnages dans leur conversation, en fonction des circonstances. Ils ont parfois un sens caché et véhiculent de nombreuses allusions à ce que pensent les personnages mais n’ont pas le droit de dire…

Ces  poèmes sont souvent cités et reproduits partiellement dans l’œuvre. Ils appartiennent au genre du tanka. Comme ces poèmes classiques étaient supposés connus, seules les premières lignes sont reproduites la plupart du temps. Le lecteur est sensé compléter la suite de mémoire. C’est difficile aujourd’hui.

- Comme  beaucoup d’œuvres de l’époque d’Heian, l’œuvre a été rédigé en Kana. Cet alphabet phonétique était utilisé par les écrivains femmes, et était destiné au public féminin. Les caractères chinois étaient surtout utilisés par les hommes. De plus, si parfois les femmes les utilisent aussi, c’est pour écrire des mots d’origine japonaise (yamato kotoba) et non chinoise, sauf pour le vocabulaire lié à la politique ou au bouddhisme.

Le problème des kanas est qu’ils permettent de nombreuses confusions de sens car la langue japonaise contient de nombreux homophones. Seul le contexte permet de comprendre, ce qui n’est pas toujours facile.

L’auteur

Murasaki Shikibu  (v. 973–v. 1014 ou 1025) est le surnom d'une dame de la cour du milieu de l'époque de Heian (X° été XI° siècle), connue pour son roman le Dit du Genji et pour un autre ouvrage, un journal intime

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Datation

- L’œuvre a été commencé au moins en 1008 car Murasaki Shikibu y fait une allusion dans son journal intime.

- L’œuvre a problèmes été terminé au plus tard en 1021. A cette date, un autre auteur, Lady Sarashina, auteur d’un journal intime, le Sarashina Nikki, exprime en effet sa joie d’avoir pu se procurer une version complète du Genji Monogatari. Elle indique qu’il y a 54 chapitres et fait une allusion aux derniers personnages qui apparaissent dans le texte.

Débat : est-ce vraiment elle qui a écrit entièrement l’ouvrage ?

Impossible de répondre fermement car les preuves manquent.

- Yosano Akiko, qui a traduit l’œuvre en japonais moderne, pense que les chapitres 1 à 33 ont été écrits par Murasaki Shikibu tandis que les chapitres 35 à 54 l’ont été par sa fille Daini no sanmi.

- Récemment des analyses stylistiques par ordinateur ont montré qu’il y avait des différences de style importantes entre les premiers et les derniers chapitres.

Imaginaire ou réalité ?

- Le personnage du Genji est en partie imaginaire mais il est inspiré par l’homme qui occupait la fonction de ministre de la gauche à l’époque de Murasaki Shikibu, Fujiwara no Michinaga.

- Le personnage de Murasaki no Ue, qui apparait dans le livre et qui se marie avec le prince Genji aurait été inspiré par l’auteur elle-même.

Thème et trame de l’œuvre

- L’œuvre raconte la vie du prince nommé Hikaru Genji. Il est le fils de l’empereur Kiritsubo et d’une - concubine d’un rang inférieur mais très aimé,  Lady Kiritsubo.

- Pour des raisons politiques l’empereur rétrograde  prive son fils de droits sur sa succession. Il lui donne un surnom commun, Minamoto. Cela signifie que Genji ne pourra pas devenir empereur à son tour.

- Genji doit alors se contenter d’une carrière de d’officier impérial.

- L’œuvre traite de la vie amoureuse de Genji qui collectionne les conquêtes. Elle décrit aussi le mode de vie de l’aristocratie de cette époque, faite de goût pour l’art et pour les choses de l’amour.

- Genji perd sa mère quand il a 3 ans. L’empereur Kiritsubo est inconsolable. Il entend parler d’une femme, Dame Fujitsubo, une fille de son prédécesseur, qui ressemble comme 2 gouttes d’eau à sa concubine disparue. Il se marie à Fujitsubo qui devient une de ses femmes.

Genji aime dame Fujitsubo d’abord comme une seconde mère mais ensuite ils tombent amoureux l’un de l’autre. Mais cet amour doit rester secret. Genji est frustré de ne pas pouvoir vivre pleinement sa passion, tandis qu’il est en mauvais terme avec sa propre femme, Aoi no Ue.

Il s’engage alors dans une série de relations mais il est toujours déçu. Soit il est rejeté, soit sa conquête meurt, soit il se lasse rapidement.

- Genji se promène dans le nord de Kyoto. Il rencontre une très jolie fille de 10 ans, Murasaki, qui le fascine. Il découvre qu’elle est la nièce de Lady Fujitsubo. Il la kidnappe et l’emmène dans son palais. Il veut l’éduquer pour qu’elle devienne sa femme idéale.

Pendant ce temps, il rencontre régulièrement Lady Fujitsubo secrètement et lui donne un enfant appelé Reizei. Tout le monde que Reizei est le fils de l’empereur Kiritsubo. Reizei devient le prince héritier. Dame Fujitsubo et Genji jurent de garder leur secret.

- Genji et sa femme, Lady Aoi se réconcilient. Elle lui donne un fils mais meurt peu après. Genji est très triste mais il se console en épousant la jeune Murasaki.

L’empereur Kiritsubo meurt. Son fils légitime, Suzaku, lui succède. Mais il n’exerce pas vraiment le pouvoir car il est en fait dominé par sa mère, Kokiden.

Peu après, Genji noue une relation avec Oborozukiyo, une des concubines de l’empereur Suzaku. Il est découvert alors qu’il la rencontre en secret. Suzaku confie à Genji qu’il est plutôt amusé par le scandale mais selon la loi, il a le devoir de le punir. Suzaku envoie Genji en exil dans la ville de Suma, dans la province rurale d’Harima (proche de Kobe). Genji y sympathise avec un homme, surnommé Akashi. Il a une relation amoureuse avec sa fille à qui il fait un enfant. Elle accouche d’une fille qui deviendra plus tard impératrice.

- Dans la capital, l’empereur Suzaku est perturbé par les rêves qu’il fait de son père défunt, l’empereur Kitsubo. Il commence à souffrir des yeux. Sa mère, Kokiden tombe malade et son pouvoir s’affaiblit. Suzaku renforce sa propre autorité. Il pardonne à Genji et l’autorise à rentrer à la cour de Kyoto. Reizei apprend qu’en vérité il est le fils que Genji a eu secrètement avec Dame Fujitsubo. Reizei promeut Genji au plus haut rang possible de l’aristocratie.

- Quand Genji atteint les 40 ans, son existence commence à décliner. Si son statut social reste stable, sa vie amoureuse perd en intensité. Il se marie avec une autre femme, la 3ème princesse. Cependant le neveu de Genji, Kashiwagi, a une relation adultère avec la 3ème princesse et lui donne une enfant, Kaoru. Cet enfant sera toutefois reconnu comme le fils de Genji.

Pendant ce temps, Murasaki, dont la relation avec Genji est affectée par son remariage, quitte la cour et devient nonne.

Par la suite, Murasaki meurt. Genji connait une sorte de déréliction et prend conscience que la vie est une illusion. Enfin, un chapitre, le kumogakure, (la disparition dans les nuages) est laissé en blanc. Cela signifie la mort de Genji.

- Le reste de l’œuvre est composé des « chapitres d’Uji ». Ces chapitres traitent de la vie de Kaoru (fils de la relation adultère entre la femme de Genji et Kashiwagi) et de son meilleur ami, Niou, à Uji. Niou est le fils de la sœur de Genji (qui devient impératrice après que Reizei abdique son pouvoir).
Kaoru et Niou sont rivaux pour la conquête de plusieurs des filles d’un autre prince qui vit aussi à Uji.

L’œuvre se termine de façon abrupte alors que Kaoru se demande si Niou ne cache pas la fille dont il est tombé amoureux. Kaoru a été quelque fois appelé le « premier anti-héro » de la littérature.

Beaucoup de commentateurs de l’œuvre se sont demandés si Murasaki Shikibu avait ou non terminé son livre. Certains pensent qu’elle n’avait pas de plan précis de son histoire et qu’elle a écrit au fur et à mesure de son inspiration. Il n y a donc pas vraiment de « fin ».

Structure en 3 parties

  1. Chap. 1-33 Les aventures amoureuses du prince de Genji, son exil, ses succès et échecs.
  2. Chap. 42-44 Transition : la mort de Genji et quelques épisodes qui la suivent.
  3. Chap. 45 à 54 : à Uji, la vie de Niou et Kaoru

Chaque chapitre est nommé d’après les allusions à des poèmes contenu dans le texte ou d’après des personnages de l’histoire. Les titres ont peut être été donné postérieurement à la rédaction de l’œuvre.

Importance de l’œuvre

Beaucoup d’auteurs occidentaux ont beaucoup admiré le Genji monogatari. Borges, par exemple, très grand auteur argentin.

Les plus grands écrivains japonais, comme Kawabata, ont aussi considéré l’œuvre comme le sommet de la littérature japonaise.

Modernité de l’œuvre :  Si on prend en compte la date de l'œuvre, les sujets abordés sont très en avance sur leur temps. Il y a là la femme bafouée, le mari jaloux, la courtisane, le séducteur impénitent, la fascination du pouvoir, les différentes classes sociales, l'argent.

Manuscrits

Le manuscrit original a disparu. De nombreuses copies, environ 300 existent. D’un manuscrit à l’autre il y a des différences. On pense que, de son vivant, Murasaki Shikibu elle-même, a procédé à des modifications au fur et à mesure de l’édition de nouveaux manuscrits.

Au 13°s, une nouvelle édition, est réalisée par Minamoto no Chikakuki et Fujiwara Teika. (Aobyôshibon). C’est cette édition qui sert de référence.

Beaux arts

Une série d’ Emaki (rouleaux illustrés) inspiré du Genji Monogatari a  été réalisé au 12°s. A l’origine, il y avait une vingtaine de rouleaux portant sur les 54 chapitres. Il en reste quelques uns disséminés dans différents musés du Japon mais ils sont rarement montrés pour ne pas les abimer.

Par la suite le Genji Monogatari inspire de nombreux artistes.

Le Genji monogatari dans les arts d’aujourd’hui

Nombreuses adaptations : films, mangas, dessins animés.

Quelques thèmes qui apparaissent dans l’œuvre (d’après Wikipédia)

Les religions

Le Japon connaît deux principaux cultes : le shinto et le bouddhisme, ce dernier étant à l'époque du Genji implanté sur l'archipel depuis quatre siècles environ. Ces cultes se sont souvent influencés et ne s'excluent pas mutuellement. On retrouve évidemment ce mélange dans l'œuvre avec des références culturelles omniprésentes

1) Référence au shintoïsme. Par exemple, un des tabous du shintoïsme est la mort, ce qui expliquera que Genji se dise souillé lorsqu'une de ses amantes meurt chez lui. De même, les esprits sont des créatures courantes dans les croyances de l'époque et personne ne s'étonnera  des rites de purification qu’il fait dès que sa femme tombe malade. L'auteur lui-même explique sa mort par la malveillance d'un personnage.

2)Référence au bouddhisme.  Les fréquents voyages que le Genji fait dans les monastères ou les sutras prononcés contre les mauvaises influences sont des utilisations magiques de traditions bouddhiques, bien implantées au Japon, en particulier grâce au prince Shōtoku.

La Chine

À l'époque du roman, ce sont les Song qui sont les maîtres de la Chine. Toutefois, le rayonnement culturel de leurs prédécesseurs, les Tang a débordé sur les pays alentour, dont le Japon où leur littérature est bien connue et leur langue pratiquée à la cour. Les Chinois sont même nommés hommes de Kara (Kara est le caractère kara qui désigne les Tang) dans le roman. Morokoshi  désigne la Chine.

La Corée

Elle est désignée comme le pays de Koma

Les Poèmes

Le récit est traversé d'environ 800 poèmes japonais, souvent des Tankas  5 7 5 7 7 (qui appartiennent au genre waka). Ces poèmes sont si nombreux parce que les manières de l'ère Heian interdisaient qu'on s’exprime de façon trop directe (Omote et ura). Les poèmes offrent  une manière (entre autres) de s'exprimer en termes indirects, tout en montrant la culture de l'interlocuteur. Par conséquent, les personnages s'expriment souvent en citant des poèmes qui étaient très connus à l'époque. Les dames du roman héritent bien souvent de surnoms tirés de ces poèmes

La calligraphie

La calligraphie et ses différents styles est également un élément culturel fondamental et le Genji semble même l'utiliser pour évaluer la qualité d'une personne féminine. Élevée au Japon en art majeur, la calligraphie était indispensable aux gens de la cour. On remarque que les caractères chinois n'étaient pas si prisés et qu'il était fort bien vu d'user des caractères féminins, les kana. Une calligraphie leur est d'ailleurs dédiée.

La musique

Passe-temps de beaucoup de membres de la cour, tous ou presque jouent d'un instrument. Le koto et le luth sont omniprésents. Une bonne partie du roman décrit des concerts de musique et relate le plaisir qu'ils apportent.

La peinture

La peinture est également un autre art majeur de la cour et même si tous ne la pratiquent pas, chacun a une bonne connaissance des styles et un concours de peinture est même organisé où l'Empereur 3e, très versé dans cet art, joue le rôle d'arbitre. Et chacun de produire les tableaux qu'il conserve chez lui.

Vêtements

Se vêtir paraît être un passe-temps des plus éminents à la cour de Heian. Le Genji choisit toujours ses tenues avec soin et la concordance des couleurs ainsi que la qualité des tissus est primordiale.

Parfums

Les nobles d'alors se parfumaient beaucoup. Ils parfumaient les pièces et les vêtements bien sûr mais également les objets comme les lettres. Les parfums étaient souvent des parfums à brûler, se rapprochant de l'encens.

Minutage de l’émission de France culture et vocabulaire

0’52 – 2’20 Introduction émission radio

2’20 à 4’38 : premier chapitre

Dame de cour

Service du palais

Rival

Attire les rancœurs

Passion qui offusque les yeux

Un prince lui naquit

Les traits de l’enfant étaient d’une rare beauté

Héritier présomptif

Il occupait une place insigne

10’20 à  La 3° année du prince

Une rare distinction

Nul n’osa le jalousé

De saisissement, ils en écarquillaient les yeux

Doué d’une beauté sublime qui n’était de ce monde

Lorsqu’il s’était agi de désigner le prince héritier, l’empereur avait vivement tenté de lui donner la préférence

Toutefois….mesurant le péril, il n’avait osé.

L’épouse impériale, mère du prince héritier, de même, en fut rasséréné

20’08 23’20 Le prince tombe amoureux d’une femme d’une classe inférieure

Cette femme devait appartenir à la classe inférieure

Le prince dans son souci de ne point être reconnu n’avait emmené qu’un unique page

Il n’en était pas moins épris d’elle

Jamais il ne se comportait d’une manière qu’il pu se faire blâmer

Elle se montrait d’une nonchalance à la fois superficielle et docile

Elle ne devait pas être de très haut parage

Il semblait prendre le plus grand soin à déguiser son aspect

Elle ne pouvait se défendre d’une inquiétude.

32-57 34 45 Le Genji est exilé

Innombrables étaient ses ennuis qui le laissaient désemparé

Il pensa bien couper les ponts en gagnant quelques montagnes plus éloignées encore

Sans une éclairci les jours se suivaient

Nul ne venait jusqu’à lui

39’57 La mort de Murasaki

J’ai vu la mort me frapper dans ce qui m’était le plus cher.

Mon esprit est libre désormais de ces entraves

La suprême vanité

Ainsi songeait il, et de couvrir ses yeux

Toutes ont voulu s’ouvrir à lui de leur détresse

Elle lui était chère du fait même qu’elle évoquait pour lui la mémoire de la disparue.

47’32 Le prince parfumé (le prince Kaoru)

Ni son visage ni sa stature n’avait quoi se récrier d’admiration

Un parfum se dégageait de lui dont la suavité n’était pas de ce monde.

Aucune n’avait encore eu l’heur de retenir son attention.