Forum: UN Commision sur le Statut des Femmes

Sujet: Comment promouvoir l’accès des femmes à l'éducation et à l’alphabétisation?

Présidente: Manon Tremelot

Introduction

En 2013, 493 millions de femmes ne savent toujours ni lire ni écrire et 31 millions de filles en âge de fréquenter l’école primaire ne sont pas scolarisées. Il est probable que 17 millions d’entre elles n’iront jamais à l’école.

D’après le Rapport Mondial de suivi de l’éducation 2013-2014 de l’UNESCO, la parité fille-garçon ne sera pas atteinte avant 2086 si les gouvernements poursuivent ainsi leurs efforts en matière de scolarisation des filles. Le nombre de filles scolarisées en primaire est inférieur de 5 millions par rapport à celui des garçons, et pour 100 hommes adultes qui savent lire et écrire, on compte seulement 88 femmes.

Irina Bofova, directrice générale de l'UNESCO, a dit : Laissez les femmes et les filles à l'écart, et vous excluez 50% de votre puissance cérébrale, 50% de votre génie créatif, et 50% de votre soutien économique.

L'article 26 des droits de l'homme stipule : Toute personne a droit à l'éducation. L'éducation doit être gratuite, au moins en ce qui concerne l'enseignement élémentaire et fondamental. L'enseignement élémentaire est obligatoire. L'enseignement technique et professionnel doit être généralisé ; l'accès aux études supérieures doit être ouvert en pleine égalité à tous en fonction de leur mérite. 

Lorsque l’on parle d’éducation des femmes, c’est donc en fait les droits de l'homme, l'égalité des genres et le développement économique et social mondial qui sont en jeu : il est donc nécessaire d’agir.

L'équation est simple : les femmes plus instruites sont en général en meilleure santé, plus actives et davantage rémunérées ; elles ont également moins d'enfants et sont en mesure de mieux soigner et éduquer ces derniers. Selon l'UNICEF, l'éducation des filles sauve littéralement des millions de vies.

Définition de termes clés 

Féminisme : mouvement social qui a pour objet l'émancipation de la femme, l'extension de ses droits en vue d'égaliser son statut avec celui de l'homme.

La Déclaration du Millénaire : adoptée à l’unanimité par les dirigeants du monde lors du Sommet des Nations Unies pour le Millénaire en septembre 2000, c'est un projet d’amélioration des conditions de vie des populations du monde. Pour renforcer l’importance de cette déclaration et s’assurer que les progrès réalisés puissent être mesurés, les institutions des Nations Unies et diverses autres organisations internationales ont formulé huit Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), assortis d’une série de cibles quantifiables et à échéances précises et d’indicateurs permettant de mesurer les progrès accomplis.

TBS : Taux brut de scolarisation

IPS : indice de parité entre les sexes

Aperçu général

 

Historique  de l'éducation des femmes en Europe du XVIIIème au XXème: 

Bien que les différences historiques et culturelles entre les pays européens soient nombreuses, le modèle domestique commun nous permet de généraliser certains points.

Au XVIIIème siècle, l'aristocratie a autorisé l'éducation de certaines femmes (princesses, nobles). Mais dans cette société de classe, le privilège des femmes issues de l'aristocratie n'a pas eu d'effet pour les autres classes sociales. Certaines femmes ont eu accès à une forme de connaissance, celle qui n'abordait pas les domaines réservés aux hommes: la politique et les affaires. On acceptait que certaines femmes puissent développer leur intelligence dans la mesure où ces exceptions ne remettaient pas en cause l'ordre établi.

La scolarisation obligatoire pour les filles s'est généralisée au cours du XIXème siècle. En France, la loi Falloux de 1850 a imposé à toutes les communes de plus de 800 habitants de disposer d'une école de filles, en Espagne, la loi Moyano de 1857 impose une école de filles pour 500 habitants et en Finlande, en 1866, la loi oblige toutes les communes à entretenir une école. Cependant, ce sont les valeurs du modèle classique de la femme qui sont enseignées : chasteté, modestie, tenue, discrétion dans les discussions font partie des programmes des enseignements dans les cursus des filles. C'est donc une éducation « de façade » qui est proposée, où  "l'utilité domestique" et les "travaux propres au sexe" se sont renforcés et sont devenus l'axe principal de la formation scolaire des femmes pendant de nombreuses années.  

De nombreuses théories pseudo-scientifiques ont voulu démontrer l'infériorité physique et, par conséquent intellectuelle, des femmes. Ceci a permis de justifier au XIXème siècle et pendant une bonne partie du XXème le maintien des rôles sociaux distincts et hiérarchiquement ordonnés des hommes et des femmes, et la persistance de deux modèles d'éducation, en fonctions des différences de genre.

L'accès aux niveaux d'instruction supérieurs sera une conquête difficile avec des conditions similaires dans les différents pays: difficulté pour accéder à l'enseignement universitaire, obstacles pour l'obtention de diplômes et possibilités d'accès, dans un premier temps, à des secteurs professionnels de "service et soin". Les professions d'institutrice, sage-femme et infirmière sont les premières à se féminiser.

Les premières universités allemandes à ouvrir leur portes aux femmes ont été Heildelberg et Fribourg, dans l'état de Baden en 1901. En Norvège, les femmes sont admises dans les universités en 1884. En Finlande, le permis spécial que les femmes devaient demander depuis 1870 pour accéder à l'université n'a été aboli qu'en 1901. Néanmoins, les femmes finlandaises représentaient une partie importante des étudiants à l'université au début du XXème siècle.  En Espagne, il faudra attendre 1910 pour que la Loi de 1888, qui imposait un permis spécial pour que les femmes puissent s'inscrire officiellement à l'université, soit abrogée.

Le XXème siècle sera le siècle des opportunités professionnelles pour les femmes et de l'obtention du droit de vote, du contrôle de leur propre corps, etc. Malgré l'inégalité des chances scolaires et la ségrégation des emplois, on ne peut nier que l'évolution de l'éducation des femmes leur a permis, entre autre, d'affirmer leur présence professionnelle, culturelle et politique.

La première guerre mondiale a entraîné une rupture importante dans l'ordre familial et social, avec l'ouverture de nouvelles professions aux femmes. Pour la plupart des femmes, le fait de vivre seule, sortir seule et assumer seule les responsabilités familiales a créé un grand bouleversement. Cette expérience de liberté et de prise de conscience de leur capacités et de leur indépendance économique a donné aux femmes un apprentissage, individuel et collectif.  Après la guerre, on assiste en France et en Grande Bretagne à une féminisation progressive du secteur tertiaire.

Si l’on constate une participation croissante des filles et des femmes à tous les niveaux du système éducatif, il n’en demeure pas moins que 54% des enfants non-scolarisés sont des filles et 64% des adultes analphabètes sont des femmes (Rapport mondial de suivi sur l’Éducation pour tous, Unesco, janvier 2010). Le droit à l’éducation se restreint encore avec l'âge dans de nombreux pays. Ainsi, au Burkina Faso, seuls 8% des filles font des études secondaires.

Historique des mesures prises au niveau international pendant les 45 dernières années

Depuis 1970, le nombre de filles scolarisées dans l’enseignement primaire a augmenté plus rapidement que le nombre de garçons, ce qui a contribué à estomper l’écart entre les sexes au niveau primaire. Le TBS  de l’enseignement primaire a augmenté de 20 points de pourcentage pour les filles entre 1970 et 2008, mais de seulement 8 points de pourcentage pour les garçons. En conséquence, l’indice de parité entre les sexes (IPS) a augmenté dans le monde, pour passer de 0,84 à 0,97 

1975 : La Commission de la condition de la femme a demandé l'organisation de la première conférence sur les femmes pour marquer l'Année internationale de la femme.  Suite à quoi, la Conférence mondiale de l'Année internationale de la femme s'est déroulée au Mexique. 133 gouvernements y ont participé pendant que 6 000 représentants des ONG assistaient à un forum parallèle, la Tribune de l'Année internationale de la femme. La conférence a défini un Plan d'action mondial pour la mise en œuvre des objectifs de l'Année internationale de la femme, comprenant un ensemble de lignes directrices en faveur de la promotion de la femme jusqu'en 1985.

1980 : Cinq ans plus tard, 145 États membres se sont réunis à Copenhague pour la Conférence mondiale dans le cadre de la décennie des Nations Unies pour la femme. Celle-ci avait pour objectif d'évaluer les progrès accomplis dans la mise en œuvre des objectifs de la première conférence dans les domaines de l'emploi, la santé et l'éducation. Un Programme d'action préconisait des mesures nationales plus fortes visant à garantir aux femmes la propriété et le contrôle de leurs biens et à améliorer la sauvegarde de leurs droits en matière d'héritage, de garde d'enfants et de nationalité.

1985 : La Conférence mondiale chargée d'examiner et d'évaluer les résultats de la Décennie des Nations Unies pour la femme s'est déroulée à Nairobi. Le mandat de la conférence consistait en l'élaboration de mesures concrètes en vue de surmonter les obstacles entravant la réalisation des objectifs de la Décennie. Parmi les participants, on comptait 1 900 délégués provenant de 157 États membres. Les gouvernements ont adopté les Stratégies prospectives d'action de Nairobi pour la promotion de la femme, qui contenaient des mesures visant à concrétiser l'égalité des sexes au niveau national et à promouvoir la participation des femmes dans les efforts de paix et de développement.

1995 : La quatrième Conférence mondiale sur les femmes, organisée à Beijing en 1995, a marqué un tournant important dans le programme mondial pour l'égalité des sexes. La Déclaration et le Programme d’action de Beijing, adoptés à l'unanimité par 189 pays, forment un programme pour l'autonomisation des femmes considéré comme le principal document de politique mondiale en matière d'égalité des sexes. Suite à la conférence historique de Beijing, la communauté internationale est parvenue à un consensus visant à réaliser l’égalité entre les sexes dans l’éducation.

l’UNESCO adopte une stratégie qui stipule que les besoins des femmes doivent être pris en compte dans les activités et projets de tous les programmes.

2000 : la Déclaration du Millénaire a réaffirmé l’accès à l’éducation comme un droit fondamental. Les pays ont reconnu que l’éducation des filles et la parité entre les sexes est une première étape importante et nécessaire pour atteindre cet objectif.

Objectifs du millénaire pour le développement - Objectif n°3 : promouvoir l’égalité des sexes et l’autonomisation des femmes. But n°4 : Éliminer les disparités entre les sexes dans les enseignements primaire et secondaire d’ici à 2005 si possible, et à tous les niveaux d’enseignement en 2015 au plus tard.

 L'Assemblée générale a décidé de tenir une 23e session spéciale pour  évaluer la mise en œuvre du Programme d'action de Beijing sur les cinq dernières années et pour déterminer les actions et initiatives à venir. Intitulée « Les femmes en l'an 2000 : égalité des sexes, développement et paix pour le XXIe siècle », celle-ci s'est déroulée à New York et a débouché sur une déclaration politique et des nouvelles mesures et initiatives pour la mise en œuvre de la Déclaration et du Programme d'action de Beijing.

Le Forum mondial sur l'éducation, qui s'est tenu à Dakar (Sénégal) sous l'égide de l'Unesco fut le premier et le plus important évènement en matière d'éducation à l'aube du nouveau siècle. Les délégués de 181 pays au Forum mondial sur l'éducation ont adopté un Cadre d'action qui engage leurs gouvernements à apporter une éducation de base de qualité pour tous, notamment pour les filles, et souhaitent qu'« aucun pays sérieusement engagé dans l'universalisation de l'éducation de base ne voit ses efforts contrariés par le manque de ressources ».

 Objectif 5 de la Déclaration mondiale sur l’Éducation pour tous (EPT) : Eliminer les disparités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire d’ici à 2005 et instaurer l’égalité dans ce domaine en 2015 en veillant notamment à assurer aux filles un accès équitable et sans restriction à une éducation de base de qualité avec les mêmes chances de réussite. - Cadre d’action de Dakar.

La conférence de Dakar a résulté en une augmentation de 7,2 % de dépense pour l'éducation de 1999 à 2012 dans les pays à pauvre revenus, dans le monde, une réduction d'enfants à l'âge de l'école primaire sans éducation primaire de 108 millions à 61 millions en 2010, et 2/3 des pays mondiaux qui ont atteint la parité fille/garçons à l'école primaire.

UNGEI est l’Initiative des Nations Unies pour l’éducation des filles lancée en 2000 lors du Forum mondial sur l’éducation à Dakar. Son objectif était de réduire les inégalités entre les sexes dans l’enseignement primaire et secondaire en 2005 et de s’assurer que d’ici 2015, tous les enfants puissent fréquenter l’école primaire avec les mêmes chances d’accéder à tous les niveaux d’enseignement. L’UNESCO fait partie du Comité consultatif mondial qui vise à apporter des conseils stratégiques et à faciliter le développement et la mise en application de stratégies UNGEI.

2002 : GENIA, « le Réseau de l’ONU pour l’égalité entre les sexes dans l’éducation en Asie » est mis en place à la demande des Etats membres. L’objectif principal de ce réseau est de promouvoir l’égalité des sexes dans l’enseignement en termes d’accès, de performance et de sensibilisation. Pour y parvenir, ses protagonistes veulent développer des politiques d’enseignement prennent en compte les questions liées à l’égalité des sexes et bousculer les stéréotypes sociaux.

2005 : Un examen d'évaluation après 10 ans du Programme d'action de Beijing a été mené dans le cadre de la 49e session de la Commission de la condition de la femme.

La Coalition pour les Adolescentes (CAG) a été créée en 2005 par la Fondation des Nations Unies et la Fondation Nike, avec  la Coalition Internationale pour la Santé des Femmes et le Centre International pour la Recherche sur les femmes. Depuis sa création, plus de 50 organisations internationales l'ont rejoint, apportant des nouvelles perspectives, diverses ressources, et des solutions concrètes adressant les difficultés des adolescentes dans les communités les plus pauvres du monde.

2010 : L'évaluation après 15 ans du Programme d'action de Beijing s'est faite à l'occasion de la 54e session de la Commission, en 2010.

2011 : L'UNESCO a lancé le Partenariat mondial pour l'éducation des filles et des femmes, connue sous le nom "Better Life, Better Future", en 2011. Le partenariat vise à accroître les possibilités d'apprentissage pour les filles et les adolescentes et de trouver des solutions à certains des défis les plus importants et les obstacles à leur éducation. Une attention particulière est accordée à l'expansion et l'amélioration de la qualité de l'éducation pour les filles et les femmes au niveau secondaire et dans le domaine de l'alphabétisation.

2015 : En 2013, le Conseil économique et social de l'ONU a demandé à la Commission de la condition de la femme d’examiner et évaluer la mise en œuvre du Programme d'action en 2015, lors d'une séance appelée Beijing + 20. Pour éclairer les délibérations, le Conseil a également appelé les États membres de l'ONU à effectuer des examens nationaux détaillés, et a encouragé les commissions régionales à entreprendre des évaluations.

Pays et organisations concernés

Camfed ( campaign for female education) est une organisation internationale non lucrative luttant contre la pauvreté et  l'inégalité en aidant les filles à aller à l'école et à réussir, et à s'autonomiser en tant que leaders du changement. Depuis 1993, les programmes d'éducation novateurs de CAMFED au Zimbabwe, la Zambie, le Ghana, la Tanzanie et le Malawi ont aidé plus de 1.419.000 élèves à fréquenter l'école primaire et secondaire, et plus de 3,5 millions d'enfants ont bénéficié d'un environnement d'apprentissage amélioré.

L'UNESCO  (Organisation des nations unies pour l'éducation la science et la culture) déploie depuis longtemps beaucoup d’efforts pour soutenir l’égalité entre les hommes et les femmes. Elle a lancé le Partenariat mondial pour l'éducation des filles et des femmes, et gère majoritairement tous les programmes et partenariat de l'ONU tels que GENIA et UNGEI.

Le Partenariat Mondial pour l'Education soutient 65 pays en développement pour tenter de garantir à chaque enfant une éducation de base de qualité.

UNICEF, le fond des nations unies pour l'enfance est une agence de l'Organisation des Nations unies consacrée à l'amélioration et à la promotion de la condition des enfants. Elle est particulièrement active dans les droits de l'enfant pour l'éducation primaire et la parité des sexes dans l'éducation.

Répartition de la population adulte analphabète du monde, 2000-2004 

Progrès dans l'éducation primaire de 1970 à 2010 dans les différentes régions du monde

Trois régions présentent une proportion historiquement élevée de pays ayant atteint une parité entre les sexes au niveau de l’enseignement primaire : l’Amérique du Nord et l’Europe occidentale, l’Europe centrale et orientale et l’Asie centrale. Environ 90% des pays de ces 3 régions ont atteint une parité entre les sexes dans l’enseignement primaire au moins depuis 1990.

Deux régions, l’Amérique latine et les Caraïbes et l’Asie de l’Est et le Pacifique, se situent au milieu avec un pourcentage de pays dans la zone de parité en légère progression, de 50% à 60% au cours des 40 dernières années.

Les augmentations les plus remarquables en termes de parité entre les sexes se sont toutefois produites dans les régions où les garçons étaient de loin plus nombreux que les filles dans l’enseignement primaire en 1970 (c’est-à-dire l’Asie du Sud et de l’Ouest, l’Afrique subsaharienne et plus particulièrement les États arabes). En 1970, 10% ou moins des pays de ces régions avaient atteint la parité entre les sexes dans l’enseignement primaire. En 2008, près de la moitié des pays des États arabes et plus d’un pays sur trois dans les deux autres régions ont atteint la parité entre les sexes. En Afrique subsaharienne, les plus grands progrès dans la parité entre les sexes au niveau de l’enseignement primaire ont été constatés au cours des dix dernières années, en partie suite à l’accent mis sur l’enseignement primaire universel (EPU) et sur la scolarisation des filles.

Dans trois pays, le nombre de filles non scolarisées est supérieur à 1 million: au Nigeria, elles sont près de 5 millions et demi, au Pakistan, plus de 3 millions et en Éthiopie, plus d’un million.

Problèmes et Solutions possibles

> Adopter un programme d'action pour former et recruter vite et bien des enseignants qualifiés ainsi qu'une infrastructure adéquate.  

La scolarisation primaire a progressé partout dans les pays en développement. Même en Afrique subsaharienne, où le taux de scolarisation primaire est le plus faible du monde, il est passé de 58% à 74% entre 2000 et 2007. Mais ces progrès quantitatifs masquent un sérieux problème qualitatif. En effet,l’augmentation rapide de la fréquentation scolaire dans les pays pauvres pose de sérieux problèmes d’offre, suite au manque de capacités en infrastructures scolaires et en enseignants. Ainsi, vu le manque de moyens budgétaires, la piste privilégiée par nombre de pays en développement consiste à doper l’offre éducative à moindre coût, en exploitant au maximum les infrastructures existantes, en réduisant la durée de formation des enseignants et en faisant supporter une part significative des frais scolaires par les parents d’élèves. Résultat : nombre d’enfants scolarisés ne terminent pas un cycle complet du primaire et restent analphabètes ou incapables de lire correctement un texte de base. Par exemple, la moitié des enfants scolarisés en Inde ne savent pas lire un texte simple.

> Recruter et former des enseignants soucieux d’équité entre les sexes et des droits de l’enfant et verser à ces enseignants un salaire régulier leur permettant de mener une vie décente.

> Mieux centrer la classe sur les besoins de l’enfant, dans le respect des différences entre les sexes.

> Éliminer les préjugés sexistes dans les manuels scolaires et le matériel pédagogique.

>  Assouplir l’enseignement. Au Bangladesh, les écoles du BRAC ont accordé la priorité aux filles et leur exemple a inspiré de nombreux pays. L’horaire scolaire est souple; les classes, qui durent deux heures par jour, sont organisées six jours par semaine, mais le moment de la journée consacré à l’étude est choisi par les parents et le calendrier scolaire peut s’ajuster aux besoins locaux, les récoltes par exemple.

> Enseigner dans la langue locale. Quand la langue d’enseignement n’est pas la langue maternelle de l’enfant, les filles sont souvent plus défavorisées car elles sont généralement moins exposées aux milieux sociaux extérieurs à leur famille immédiate. Au Pérou, l’enseignement pour les filles comme pour les garçons se fait d’abord en quechua, leur langue maternelle. Par la suite, les enfants apprennent l’espagnol en deuxième langue.

> Réunir des statistiques ventilées par sexe sur l’éducation, notamment sur les résultats scolaires aux niveaux primaire, secondaire et supérieur. Tous les pays réunissent aujourd’hui des statistiques sur le taux de scolarisation les filles et des garçons. Ces données sont essentielles pour améliorer la qualité de l’enseignement et de l’apprentissage, et pour mesurer les progrès accomplis vers la réalisation des Objectifs du développement pour le Millénaire.

> Permettre aux jeunes mères de reprendre des études. Dans de nombreux pays, les adolescentes qui se retrouvent enceintes ne sont pas autorisées à reprendre leurs études. Le Forum des éducatrices africaines a contribué activement à faire pression sur les gouvernements d’Afrique subsaharienne pour qu’ils lèvent cette interdiction. En Zambie, un texte adopté en 1997 permet aux adolescentes de reprendre leurs études après avoir accouché, mais très rares sont les filles qui retournent à l’école de crainte d’être exposées à l’opprobre et de subir les brimades de leurs camarades.

         > Adopter des mesures spéciales pour atteindre les filles les plus désavantagées. Dans certains pays et certaines régions où les minorités ethniques, les habitants des zones rurales et les pauvres sont victimes de discrimination et d’exclusion, les filles souffrent souvent de multiples désavantages à cause de leur sexe. Plus une fille est désavantagée, plus il est important que le système d’éducation l’aide en adoptant des mesures spéciales, plutôt que de supposer qu’elle prendra en marche le train de l’éducation pour tous .

> Proposer un autre type d’éducation aux filles plus âgées qui ont du quitter l'école ou commencent tard. L’un des moyens d’aider les filles qui ont quitté l’école et d’autres groupes tels que les enfants qui travaillent et les enfants vivant dans des zones de conflit, consiste à créer des centres d’enseignement en dehors du système scolaire traditionnel.

> Ouvrir des écoles plus proches du domicile des enfants, si nécessaire en créant dans les zones rurales reculées de petites écoles regroupant dans la même classe des enfants d’âges et de niveaux différents. Il y a peu de chances que les filles aillent à l’école si elle se trouve loin de chez elles à cause d’éventuels problèmes de sécurité sur le chemin. Alors, le Burkina Faso, par exemple, a créé un réseau « d’écoles satellites ». Ce sont de petites écoles n’offrant que les trois premières classes, ce qui permet aux jeunes enfants (qui commencent l’école à 7 ans) d’acquérir leur première expérience de l’école dans leur village ou à proximité. Depuis leur création en 1995, plus de 100 000 filles et garçons ont fréquenté ces 229 écoles satellites.

> Encourager la participation et l’action des filles en faveur de l’éducation. Dans la salle de classe, il est important d'insister sur l'égalité des sexes ainsi que l'importance de l'éducation pour tous, pour que les enfants et notamment les filles s'engagent plus tard eux-mêmes pour l'éducation et la parité des genres dans l'éducation.

> Faire participer la communauté locale. Le projet d’autonomisation communautaire en Jordanie a encouragé le village d’Al-Rashedieh à organiser une réunion communautaire où les femmes ont protesté contre le fait que leurs filles étaient obligées d’arrêter leurs études faute d’école secondaire pour filles dans la région. Les femmes ont préparé une pétition et elles sont allées plaider leur cause auprès du directeur du Ministère de l’éducation à Aqaba. Au bout de six mois, trois classes secondaires totalement équipées avaient été créées pour les filles. Au Soudan, le projet communautaire en faveur de l’enfance montre comment la participation communautaire contribue à augmenter les effectifs de filles et à amé- liorer la qualité de l’éducation pour les filles comme pour les garçons. Au Soudan, le projet communautaire en faveur de l’enfance montre comment la participation communautaire contribue à augmenter les effectifs de filles et à améliorer la qualité de l’éducation pour les filles comme pour les garçons.

> Amener l’eau potable et installer des latrines. Beaucoup de filles quittent l’école au début de leur  menstruation en partie parce qu’il n’y a pas de toilettes séparées dans leur école. Mais construire des latrines ne suffit pas toujours. Il est essentiel que les filles aident à identifier l’emplacement des latrines et le type de latrines qui leur convient. L’UNICEF a contribué à l’approvisionnement en eau et à l’assainissement dans 1 400 écoles pakistanaises et il s’efforce actuellement de promouvoir l’assainissement et l’hygiène scolaires dans 46 autres pays.

> Alléger le travail domestique. Beaucoup de filles restent à la maison pour aider aux tâches ménagères. En donnant aux communautés ou aux groupes de femmes des équipements tels que des moulins à céréales, des décortiqueuses, des jerrycans pour la conservation de l’eau, on peut alléger la charge de travail et libérer les filles qui pourront ainsi fréquenter l’école. Il arrive aussi que les filles ne soient pas scolarisées parce qu’elles doivent aller tirer l’eau d’un puits traditionnel ou à une pompe éloignée. La création de points d’eau peut les soulager, tout en approvisionnant en eau salubre l’ensemble de la communauté.

 > S’assurer de la participation des hommes et des garçons. Les droits et le bien-être des enfants sont respectés lorsque les relations entre les hommes et les femmes de la famille sont fondées sur le respect mutuel, l’égalité des droits et le partage des responsabilités.

Liens utiles pour rechercher chiffres et statistiques

http://www.education-inequalities.org/indicators/edu4#?sort=mean&dimension=all&group=all&age_group=edu4_20&countries=all

http://www.uis.unesco.org/Education/Pages/gender-education.aspx

http://datatopics.worldbank.org/gender/

http://www.uis.unesco.org/Library/Documents/WEB_GED2010%20FRE.pdf

Bibliographie

http://www.france.aide-et-action.org/education/theme-mission-humanitaire/leducation-des-femmes-et-des-filles/

http://www.unesco.org/bpi/pdf/memobpi26_girlseducation_fr.pdf

http://www.unesco.org/new/en/unesco/themes/gender-equality/

http://www.unesco.org/new/en/education/themes/leading-the-international-agenda/gender-and-education/

http://www.unesco.org/new/en/education/themes/leading-the-international-agenda/gender-and-education/about-us/better-life-better-future/

http://www.unesco.org/education/efa/fr/ed_for_all/dakfram_fr.shtml

http://www.unwomen.org/fr/how-we-work/intergovernmental-support/world-conferences-on-women

http://www.helsinki.fi/science/xantippa/wef/weftext/wef214.html

https://en.wikipedia.org/wiki/Education_For_All

http://www.uis.unesco.org/Education/Documents/unesco-from-access-to-equality-2012.pdf

http://www.uis.unesco.org/Library/Documents/WEB_GED2010%20FRE.pdf

http://fr.unesco.org/gem-report/sites/gem-report/files/girls-factsheet-fr.pdf

http://www.globalpartnership.org/fr/content/plan-strategique-gpe-2020

http://coalitionforadolescentgirls.org/about-us/our-history/

http://www.endvawnow.org/fr/articles/685-adolescentes.html

https://camfed.org/about/

http://www.unesco.org/new/fr/education/themes/leading-the-international-agenda/gender-and-education/resources/the-world-atlas-of-gender-equality-in-education/

http://www.cadtm.org/IMG/pdf/EtudeOMDsept2010.pdf

http://www.unicef.org/french/sowc06/pdfs/strategies_girl_ed.pdf