Stratégie

Synergie(s) Démocratique(s)

Quelques réflexions préliminaires :

  1. Nous vivons une profonde crise de la démocratie, une perte de confiance tant dans le personnel politique que dans les institutions.        
  2. Cette crise se traduit par une multiplication d'initiatives de toutes sortes*. Isolée, chacune, telle la « goutte d'eau » du colibri, restera une « agitation dérisoire » ; rassemblées, elles pourraient changer le cours des choses.
  3. Nous sommes dans une période de dépassement des clivages idéologiques et des interdictions d’agir ensemble, de refus des hiérarchies et de la centralisation, une période de relations transversales entre structures ou individus soucieux de préserver leur autonomie.
  4. Dans ce contexte, inventer de nouveaux modes de réflexion et d’action collectives (et en particulier, mettre en place des outils qui permettent de se connaître et de tisser des liens entre nous) devient, tout à la fois, possible et indispensable.

Si tant d'initiatives se font jour, la plupart hors des courants traditionnels, c'est bien qu'il y a une recherche, diffuse pour l'instant, d'une nouvelle « voie », de perspectives d'avenir, d'un « sens » qui nous échappe encore. Nous savons bien que, quelles que soient la démarche ou les solutions qui nous tiennent à cœur, elles ne peuvent être que la partie d'un « tout ». TOUT que nous ne pourrons trouver qu'ensemble.

Nous avons, pour cela, besoin d'un nouvel espace, un lieu où trouver un maximum d'informations sur le réseau des acteurs de la démocratie réelle, savoir ce qu'il s'y passe, pouvoir communiquer entre nous, éventuellement se regrouper par affinités, mais aussi discuter de nos différends ; où pourra s’instaurer une synergie qui contribue à nous rapprocher, à nous rendre plus forts, plus efficaces.

Qu'ils soient écologiques, économiques, sociaux, sociétaux, voire mentaux, les enjeux sont considérables ; nos responsabilités le sont tout autant.

* “Krisis” : pour les grecs anciens, la crise c’est le moment où tout va brusquement changer, en mal, en mieux ou en autre chose ; certaines de ces initiatives sont dans la réaction aux dimensions négatives de la crise ; d’autres, au contraire, dans la recherche ou l’expérimentation de solutions innovantes, d’utopies libératrices.

À partir de ce constat, nous suggérons une démarche souple et évolutive, à construire tous ensemble, à partir d'une structure qui resterait informelle et dont la vocation serait l'information, la coordination, la mise en relation d'un maximum de nos mouvements, mais aussi des personnes isolées qui voudraient la rejoindre. Structure qui aurait également pour fonction de rapprocher les travaux et les analyses des uns et des autres et d'en proposer des synthèses évolutives. Une structure « neutre ».

Or, la seule garantie de cette neutralité, c'est que cette structure soit ouverte à toutes celles et ceux qui voudront en faire partie, à condition qu’ils souscrivent aux valeurs de la démocratie réelle**, hors des clivages traditionnels qui ont perdu, aujourd'hui, beaucoup de leur signification. Nous n'inventerons « demain » qu'en étant à l'écoute de ceux qui ne pensent pas comme nous – si quelqu'un avait « la solution » ça se saurait ! Et nous ne pourrons le faire qu'en lien les uns avec les autres.

Ni fédération, ni simple coordination : il nous faut, là aussi, imaginer de nouvelles formes de pensées et d'actions collectives. C'est, aujourd'hui, le processus qui est premier. C'est de sa réussite que naîtront de nouvelles perspectives d'avenir, une nouvelle espérance.

La mise en œuvre d'un tel processus apportera au mouvement dans son ensemble une beaucoup plus grande visibilité et une plus forte crédibilité. L'investissement ainsi réalisé, non seulement profitera à chacune de nos structures (qui, mieux informée, en lien avec des acteurs proches d'elle, en sera plus efficace) mais, surtout, à notre objectif commun : faire progresser la « démocratie réelle », en France et au-delà.

** Dans une philosophie de confrontation bienveillante de leurs idées avec celles des autres ; ce qui exclut les personnes et organisations d'obédiences totalitaire (ce qui inclue fasciste), peu susceptibles de “coopérer” pour le “bien commun”.

Rôle et objectifs de Synergie(s) Démocratique(s)

Après la réussite du rassemblement de Saint-Ouen où nombre de participants ont témoigné de nos qualités d'animateur et de notre stricte neutralité, nous invitons toutes les personnes ou structures intéressées par le projet défini ci-dessus à nous rejoindre pour que, tous ensemble, nous lui donnions vie. Chaque organisation pourrait y déléguer certains de ses membres ou, au moins, désigner en son sein une ou plusieurs personnes interlocutrices du projet.

Pour notre part, nous entendons poursuivre notre travail de mise en relation à partir d'un inventaire, si possible exhaustif, des structures et de leurs caractéristiques, et proposer des outils, notamment techniques, pour rapprocher les gens, leur permettre de monter des projets en commun, de réfléchir et d'agir ensemble.

Nous avons défini plusieurs objectifs prioritaires :

***Notamment en organisant des rencontres de travail entre les initiatives, en leur fournissant des outils (plate-forme de communication…) ou en interconnectant ceux qui existent déjà, en favorisant l’expression des potentiels de chacun, groupes ou individus, d’une manière générale en se positionnant comme un support des initiatives liées à la démocratie réelle.

Pour remplir ces objectifs, nous avons mis en place une organisation ouverte à toutes les personnes qui veulent faire avancer ce projet avec nous :

http://site2-syndem.rhcloud.com/groupes/

Quiconque le souhaite peut s’impliquer dans l’organisation de la structure, rejoindre les actions en cours ou en créer de nouvelles.

Petit Glossaire :

Démocratie réelle : directe, semi-directe, liquide, participative

Ecosystème : ensemble d’acteurs qui interagissent par rapport à un objectif commun