Dans ce monde, la haine n’a jamais dissipé la haine. Seul l’amour peut dissiper la haine. Voilà la loi, ancestrale et inépuisable. (Bouddha)

                                                

« Alors, le bouddhisme peut-il être violent? Le film de Barber Schroeder répond « oui ». France Inter, samedi 3 juin

                                                

Un peu par hasard, samedi matin, j’ai écouté la radio. je suis tombée sur France Inter, une émission qui s’appelle Faut-il y croire ?, par Isabelle de Gaulmyn, journaliste au journal La Croix. (7h43, samedi 3 juin.)

https://www.franceinter.fr/emissions/faut-il-y-croire/faut-il-y-croire-03-juin-2017 

                                                

Le titre m’a fait monter le son: « Le bouddhisme peut-il être violent? »

                                                

J’ai appris que Barbet Schroeder a fait un film documentaire, le troisième d’une trilogie sur le Mal, « "Le vénérable W » après « Général Didi Amin Dada, Autoportrait » et « Avocat de la terreur ». Vénérable W est le nom d’un moine birman qui incite à la haine et au nettoyage ethnique des mu- sulmans Rohinga de Birmanie.

                                                

Nous savons ce qui se passe en Birmanie, les horreurs qui sont en effet commises par des « bouddhistes » - je ne peux pas ne pas mettre le mot entre guillemets, qui peut se dire bouddhiste et appeler au meurtre?!

« Les » bouddhistes ne sont pas restés silencieux devant cette situation et depuis plusieurs an- nées les appels, signés par les plus grands noms des enseignants bouddhistes, le premier en 2012. texte et références:

http://lulena-zen.blogspot.fr/2015/05/birmanie-encore-helas.html 

                                                

J’ai été choquée par ce que j’ai entendu à la radio, aussi suis -je allée voir sur Internet d’autres ar- ticles. Vous trouverez ci-dessous des extraits des commentaires de Courrier International, Téléra- ma et France Culture.

                                                

Quant à l’émission de France Inter, je l’ai réécoutée, je la retranscris ci-dessous, parce que je suis donc choquée, en partie par les phrases de la journaliste, et surtout par les commentaires des présentateurs présents. L’amalgame y est fait tout au long entre LE bouddhisme et DES boud- dhistes,: « Le bouddhisme peut-il être violent? Le film de Barbet Schroeder répond oui »

                                                

Courrier International

                                                

http://www.courrierinternational.com/article/documentaire-le-venerable-w-barbet-schroeder-scrute- le-doux-visage-de-la-haine

                                                

Documentaire. “Le Vénérable W” : Barbet Schroeder scrute le doux visage de la haine.

                                                

Son fascinant documentaire, Le Vénérable W., sort le 7 juin, en partenariat avec Courrier international.

                                                

“Les caractéristiques des poissons-chats d’Afrique sont : ils grandissent très vite. Ils se repro- duisent très vite aussi. Et puis ils sont violents. Ils mangent les membres de leur propre espèce et détruisent les ressources naturelles de leur environnement. Les musulmans sont exactement comme ces poissons.” Ven. W dans le film de B.S.

Barbet Schroeder a pu suivre Wirathu et s’entretenir avec lui pendant une quinzaine d’heures. Il le montre déclamer ses prêches devant des ouailles fascinées et attentives. Alternant avec ces images, d’autres, insoutenables et provenant souvent de films tournés par des témoins indignés, donnent à voir le résultat de ses discours de haine : des quartiers incendiés, des magasins pillés et des hommes battus à mort lors des pogroms islamophobes qui ont éclaté dans le pays au cours des quinze dernières années. “C’est un documentaire à la fois excellent et dérangeant, qui montre le nettoyage ethnique en train de se faire”, commente le magazine spécialisé Screen international.

                                                

L’idée de BS: Face à la progression de l’islamophobie en Europe, aux États-Unis et ailleurs, [le] film rappelle que même la doctrine religieuse la plus pacifique risque, si elle est mal interprétée, d’être exploitée à des fins destructrices.

                                                

À la tête du mouvement 969 [une référence aux trois joyaux du bouddhisme, présentée comme l’opposé cosmologique de 786, qui signifie pour les musulmans “Au nom d’Allah clément et miséri- cordieux”], interdit en 2013 et aussitôt remplacé par Ma Ba Tha, il incite à la haine, monte en épingle des faits divers, propage des fake news [“fausses informations”]. Il affirme que les musul- mans (4 % de la population birmane) [...] mettent en péril l’équilibre de la nation.

                                                

En 2015, le mouvement Ma Ba Tha a obtenu l’adoption de quatre lois discriminatoires contre les musulmans, qui interdisent la polygamie, limitent les conversions et les mariages interreligieux et permettent le contrôle des naissances.

La sangha, communauté des moines, a demandé, le 23 mai 2016, la dissolution de Ma Ba Tha. Wirathu lui-même est interdit de prêche depuis février 2017. Il avait remercié l’assassin de Ko Ni, un avocat musulman et proche conseiller d’Aung San Suu Kyi, assassiné le 29 janvier à Rangoon.

                                                

Télérama:

                                                

Rencontre avec Barbet Schroeder, où l'on constate que la religion bouddhiste comporte, comme les autres, son lot de fanatiques.

                                                

Télérama: Dans un pays, la Birmanie, où 90% de la population pratique le bouddhisme, religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent, de quel mal est atteint le moine W ?

                                                

B.S - Sa haine envers les musulmans est presque génétique. Quand je lui ai demandé à quel mo- ment il avait entendu pour la première fois le mot « kalar », un terme très péjoratif pour désigner les hommes à la peau noire, il m'a dit « dès l'enfance ». C'est comme si on demandait à un habi- tant du Sud des Etats-Unis de dater l'usage du mot « nigger ». En France aussi, on a longtemps utilisé le mot « nègre » avant que sa connotation raciste ne l'exclue du langage courant. Wirathu, comme d'autres bouddhistes, a donc été conditionné par son éducation au rejet du musulman. Mais d'autres choses sont venues sédimenter cette haine et je serais évidemment bien incapable d'expliquer lesquelles. Mon film tente d'apporter des réponses.

                                                

L'une de ces réponses pourrait être un traumatisme d'enfance...                                                                                                                         

A l'âge de 12 ans, W a été marqué par le viol d'une jeune fille bouddhiste par des musulmans dans son village. Depuis, l'obsession du viol des jeunes filles par les musulmans le hante. Au point de guetter dans la presse les faits divers sordides pour les monter en épingle et construire sa rhéto- rique haineuse. C'est même possible qu'il ait inventé des viols pour galvaniser ses fidèles. Il y a une zone d'ombre que je n'ai pas réussi à percer. Mais le mécanisme général de ce mal est clair à la fin du film.

                                                

Télérama: Depuis la fin du montage, que s'est-il passé en Birmanie, où en est W avec la justice ?

                                                

J'aurais pu faire un autre film tant les événements sont édifiants. W et son parti, le Ma Ba Tha, ne sont toujours pas interdits malgré les tentatives de le mettre hors d'état de nuire. Aung San Suu Kyi, qui partage le pouvoir avec la junte militaire depuis 2015, n'y parvient pas non plus. Et cela ne risque pas de se produire car U Ko Ni, le prestigieux avocat musulman de Aung San Suu Kyi, qui était en train de concevoir une stratégie pour modifier la loi constitutionnelle favorable aux mili- taires, a été tué le 29 janvier 2017 d’une balle dans la tête à l’aéroport alors qu’il tenait son petit-fils dans les bras. La photo de son assassin au moment où il s’apprête à tirer, certainement prise par les commanditaires du meurtre, a été mise sur Facebook dans l’heure qui a suivi. On a découvert quelques semaines plus tard que l'entourage de W serait impliqué dans ce meurtre. W a engagé un procès contre le journaliste qui a levé l'affaire. Tout est obscur, rien n'est prouvé, mais la situa- tion est explosive.

                                                

Télérama: La propagande de W, qui repose sur des prêches racistes et des vidéos de meurtres, ressemble à celle de l'Etat Islamique...

                                                

BS: L’utilisation de la violence de façon pornographique participe en effet du même procédé. A la différence que l'Etat islamique montre ses propres exactions pour effrayer les populations alors que W et ses sbires ont tourné des reconstitutions de viols avec des acteurs et du faux sang. W est également très présent sur les réseaux sociaux. Sur sa page Facebook, il a même félicité le tueur de l'avocat. Ce qui a provoqué un scandale chez les autres moines bouddhistes qui ont condamné cette apologie du meurtre et pris la décision d'interdire W de parole pour contenir son pouvoir de nuisance. Il a néanmoins trouvé une parade : il apparaît désormais face à ses fidèles, un bâillon sur la bouche, tandis que ses anciens sermons sont diffusés dans des hauts-parleurs. Aujourd'hui, c'est l'épreuve de force entre W et le gouvernement.

                                                

Télérama: Envisagez-vous une suite au Vénérable W ?

                                                

J BS : J’avais pensé faire une suite d'une demi-heure à mon documentaire sur Amin Dada car il vivait dans le désert d'Arabie Saoudite avec l'une de ses quatre femmes et vingt-cinq de ses cinquante enfants dans un camping de luxe payé par le gouvernement. Concernant W, l'important était déjà de lever ce lièvre car les médias français ont été moins impliqués que les médias anglo- saxons dans la dénonciation de ses appels au meurtre. Je n'ai par exemple pas beaucoup lu dans la presse française que le pape avait récemment pris fait et cause pour les musulmans Rohingya. Un non-bouddhiste qui s'oppose aux bouddhistes radicaux, c'est historique.

                                                

France Culture`

                                                

https://www.franceculture.fr/emissions/la-grande-table-2eme-partie/les-maux-de-barbet-schroeder                                         

                                

                        

                                                                

Fils d’un anthropologue suisse, bouddhiste depuis ses 20 ans, cinéaste aventurier : Le Vénérable W est le troisième volet de sa trilogie du Mal, après Général Didi Amin Dada, Autoportrait et L''Avocat de la terreur (en 2007)

Le Vénérable W, portrait birman d’un moine bouddhiste extrémiste : Une méditation autour du Bon et du Mal... Une enquête sur les contradictions d’une religion fondée sur un mode de vie pacifique, tolérant et non-violent ....

                                                

L’intolérance raciale et ethnique, la montée du populisme, la haine de l’autre... Une figure du mal, celle du Vénérable W, moine birman extrémiste, dans la caméra de Barbet Schroeder.

                                                

B.S.: "La haine raciale est porteuse de stéréotypes qu'on retrouve à toutes les époques."

"Un bouddhiste qui n'adhère pas aux positions de Wirathu peut constater que mon film fait en-

                                                

tendre les deux côtés. » « Il y a avec ces films un danger d'interprétation au premier degré : mais c'est un risque que je suis prêt à prendre."

"J'espère être guéri de ma propre haine; je n'en suis pas totalement convaincu, mais je suis sur la bonne voie. » Barbet Schroeder, La Grande Table

                                                

Le Monde:

                                                

Sans nécessairement connaître de près le bouddhisme, on pouvait avoir l’impression que cette religion sans dieu échappait à la maladie de la vérité et de l’intolérance qui ravage plus ou moins sourdement une grande partie des monothéismes constitués.

Hélas, à compter d’aujourd’hui, tous ceux qui découvriront le nouveau documentaire-choc du réali- sateur suisse Barbet Schroeder devront se départir de cette impression, et partant du réconfort qu’elle exerçait sur nous en ces temps de remontée sévère des fondamentalismes.

                                                

France inter: Dans Faut-il y croire ?, par Isabelle de Gaulmyn, à 7h43, samedi 3 juin: Le boud- dhisme peut-il être violent? https://www.franceinter.fr/emissions/faut-il-y-croire/faut-il-y-croire-03-juin-2017 

                                                

Le présentateur:

                                                

- Alors, Isabelle de Gaulmyn, le bouddhisme peut-il être violent? Le film de Barber Schroeder ré- pond « oui ».

                                                

Retranscription du billet d’Isabelle de Gaulmyn:

                                                

« On a souvent le sentiment que le bouddhisme échappe à la violence qui caractérise, hélas, en- core trop les religions, et il bénéficie notamment en Occident, pour cette raison, d’une très bonne image. Mais comme le montre la sortie sur les écrans du dernier film de Barbet Schroeder, le « vé- nérable W », qui a été montré à Cannes, pas plus que les autres religions, le bouddhisme n’est à l’abri de la violence, quand tous les ingrédients du cocktail se mettent en place....

                                                

Barbet Schroeder y raconte la vie d’un moine birman, Ashin Wirathu, l’un des responsables d’un mouvement nationaliste hyperviolent, Ma Ba Tha, acronyme birman qui signifie « l’Association pour la protection de la race et de la religion ».

« Race et religion » : tout est dit. Ce mouvement invoque la religion pour justifier la haine de l’autre, du différent, surtout à l’encontre des minorités ethniques du pays, comme les Rohingyas.

                                                

France Inter : Le bouddhisme birman est-il particulier ?

                                        

Au départ, il est surtout hégémonique : Peuplée de 51 millions d’habitants, la Birmanie est un pays majoritairement bouddhiste, avec deux minorités religieuses marginalisées, les chrétiens, et les musulmans, les Rohingyas, surtout présent dans l’État de Arakan. Dans ce pays, la religion et l’ethnie principale, bamar, qui représente les deux tiers de la population, sont intimement liées: qui est vraiment birman est bouddhiste.

                                                

Mais cette version ultra-violente du bouddhisme est une création récente, en grande partie due à l’action de la junte militaire de ces dernières décennies. À partir de 1988, les militaires au pouvoir, en proie à une hostilité croissante de la population, vont s’appuyer sur le pouvoir religieux, financer de manière massive les temples. Et permettre la création de ce mouvement religieux-nationaliste, Ma Ba Tha, au sein duquel un moine, particulièrement violent et xénophobe, va commencer à se faire connaître : Ashin Wirathu. C’est une période très faste pour cette religion : on avait l’habitude de dire, à l’époque, qu’en Birmanie, la télévision n’avait que deux couleurs, le vert et l’orange : vert pour les militaires, orange pour les moines.

                                                

F. I: Comment cet extrémisme religieux a-t-il pris si rapidement dans le pays ?

                                                

En 2001, date importante, les talibans ont détruit les Bouddhas de Bâmiyân en Afghanistan. Nous occidentaux, y avons vu une perte culturelle. Pour les Birmans, ce fut d’abord un affront religieux. Et cela a favorisé la thèse d’une expansion de l’islam en Asie, et de l’encerclement, avec la haine du voisin qu’est le Bangladesh.

                                                

Cela a donné lieu à des manifestations extrêmement violentes, contre les populations musul- manes, dans l’indifférence totale de l’opinion internationale. Au point que les militaires ont mis en prison Wirathu, de 2003 à 2011, devenu totalement incontrôlable.

                                                

F. I: Et aujourd’hui ?

                                                

Aujourd’hui, avec le retour de la démocratie, ce bouddhisme violent continue de prospérer. En 2012, et en 2015, lors des élections Ma Ba Tha impose le signe 969, que tous les magasins et en- treprises ont apposé sur leur porte. Un chiffre plein de sens : le premier 9 correspond aux neuf at- tributs spéciaux du Bouddha, le 6 aux six attributs spéciaux du Dharma, les enseignements du bouddhisme, et le dernier 9 aux neuf attributs spéciaux de la Sangha, (communauté de moines). Autrefois, le Bouddha, la Sangha et le Dharma étaient les signes distinctifs du bouddhisme. Il en va ainsi pour le 969. Ma Ba Tha continue à faire pression sur les hommes politiques, y compris du parti de Aung San Su Kyi, pour empêcher la reconnaissance des libertés des Rohingyas.

                                                

Jusqu’ici, les responsables religieux bouddhistes du pays ne disaient rien, et se gardaient de criti- quer ouvertement. Mais devant les dénonciations internationales, de plus en plus nombreuses, ils ont du prendre leur distance : le 23 mai dernier, quarante-sept vénérables bonzes de Ma Ha Na, la plus Haute Autorité du clergé bouddhiste de Birmanie, ont interdit le mouvement. Les 26 et 27 mai derniers, Ma Ba Tha a donc décidé de se saborder.

                                                                        

De son côté, le moine Wirathu est interdit de prêcher pour un an, depuis le 10 mars dernier. Il s’est depuis distingué en organisant des rassemblements publics au cours desquels il demeurait muet, un morceau de bande adhésive collé sur la bouche. Début mai, encore, plusieurs bonzes extré- mistes se sont illustrés par leur implication dans des violences entre bouddhistes et musulmans à Rangoun.

                                                

Le bouddhisme n’est pas plus homogène que l’islam oui le christianisme. Il est traversé par les mêmes tensions de la modernité, et les angoisses face aux autres religions, dans un contexte de mondialisation où les identités culturelles sont en crise.Mais ce qui est remarquable, dans le travail de Barbet Schroeder, c’est qu’il est lui-même un converti bouddhiste. Et qu’il ne s’est pas caché les yeux, il a découvert que cette religion qui l’avait attiré avait aussi ses zones d’ombre, et a voulu démonter les mécanismes qui peuvent, d’une relation spirituelle tendant vers un absolu idéal, me- ner à la guerre et à la mort. » ( fin de la retranscription)

                                                

Les présentateurs prennent alors la parole:

                                                

http://www.bouddha.ch/metta.htm 

                                                

autre traduction: http://www.buddhaline.net/Metta-Sutta 

                                                

Les paroles de ce « moine bouddhiste », moine W, ne sont pas LE bouddhisme, il n’y a nulle part dans la parole du Bouddha, ni dans les paroles des Maîtres qui lui ont succédé jusqu’à notre époque, de « contradiction » car la violence est toujours rejetée.

                                                

« Que tous soient heureux », voilà les paroles qui nous guident:

                                                

« Puissent tous les êtres rencontrer le bonheur et connaitre les causes du bonheur ».

« L’amour bienveillant est enseigné par le Bouddha comme étant l’antidote à la haine.

Un vers magnifique du maitre kadampa Thomé Zangpo évoque cela : « Si j’essaie de conquérir mes ennemis extérieurs, ils se feront plus nombreux, je dois donc me tourner vers l’intérieur et rassembler l’armée de l’amour bienveillant pour anéantir la haine ».Lama Jampa Thayé http://www.dhagpo-bordeaux.org/la-compassion-3-lama-jampa-thaye/ 

                                                

On estime le nombre de bouddhistes entre 350 millions et 1,7 milliard ( Wikipédia) : que « des » bouddhistes soient des voleurs, des assassins, des personnes épouvantables comme ce moine, oui bien sûr, il faudrait être d’une naïveté sans bornes pour croire que ces millions de bouddhistes dans le monde ne représenteraient pas un échantillon de l’humanité, avec ses héros et ses sa- lauds.

                                                

Y a-t-il vraiment des personnes si ignorantes qui n’avaient pas réalisé que même dans les pays bouddhistes, il y a des juges et des prisons, et donc des vols et des crimes?

                                                

Mais c’est important de le répéter, jamais, jamais, il n’y a aucune justification que l’on pourrait trouver, même de loin, à aucun acte de violence, que ce soit contre,les personnes, les animaux, ni même la nature dans la religion bouddhiste.

                                                

« Que tous les êtres soient heureux ! Qu'ils soient en joie et en sûreté ! Toute chose qui est vi- vante, faible ou forte, longue, grande ou moyenne, courte ou petite, visible ou invisible, proche ou lointaine, née ou à naître, que tous ces êtres soient heureux ! Que nul ne déçoive un autre ni ne méprise aucun être si peu que ce soit ; que nul, par colère ou par haine, ne souhaite de mal à un autre. Ainsi qu'une mère au péril de sa vie surveille et protège son unique enfant, ainsi avec un esprit sans limites doit-on chérir toute chose vivante, aimer le monde en son entier, au-dessus, au- dessous et tout autour, sans limitation, avec une bonté bienveillante infinie. Étant debout ou mar- chant, assis ou couché, tant que l'on est éveillé, on doit cultiver cette pensée. Ceci est appelé la suprême manière de vivre." (Suttanipâta, I, 8.) »

                                                

Ne confondons la non-violence absolue de la doctrine, et les violences qui peuvent être commises dans des pays de tradition bouddhiste.

                                                

Je vous renvoie à un excellent article d’E.Rommeluere, paru dans le Huffington Post en 2013, rmis à jour en 2016 :

                                                

« La méfiance, le mépris, la haine de l'autre témoigne d'un profond malaise à vivre sa propre iden- tité. Les violences intercommunautaires qui secouent aujourd'hui le Myanmar ne tiennent pas une possible violence du bouddhisme, mais à une défaillance collective dans laquelle les enseigne- ments du Bouddha ont précisément un rôle à tenir afin d'en désamorcer les maléfices.

                                                

En décembre dernier, plusieurs enseignants bouddhistes de renommée internationale du Canada, des États-Unis, de France, du Japon, de Grande-Bretagne, du Sri Lanka et de Thaïlande pu- bliaient une tribune commune dans les journaux birmans sous le titre "Une réponse des respon- sables bouddhistes mondiaux face la montée des violences ethniques contre les musulmans au Myanmar" ... » http://www.huffingtonpost.fr/eric-rommeluere/le-bouddhisme-incitetil-a_b_3366456.html

                                                

Tous les bouddhistes ne sont pas le Dalaï Lama, refusant toujours la violence dans la situation ti- bétaine, ni Thich Nath Hanh, refusant la violence pendant la guerre du Vietnam.

                                                

Non-violence :

                                                

www.non-violence-mp.org/reflexions_fichiers/HTML/ribes.htm

                                                

« La non-violence apparait souvent comme une des qualités que l'on prête naturellement au boud- dhisme. Ceci est parfaitement justifié. Est-ce à dire que la non-violence soit un des buts ou une pratique essentielle du bouddhisme ? La réponse est plus délicate.

                                                

Pour utiliser une image très orientale, on pourrait dire que le bouddhisme est non-violent comme la mer est mouillée ; c'est dans sa nature ! Évidemment nous ne sommes guère plus avancés pour autant. Intégré au vocabulaire bouddhique, l'ahimsa engage en effet très largement dans l'absten- tion de toute intention de nuire à autrui et à soi-même, fut-ce en intention ou en parole. Ainsi le mensonge, la calomnie ou la manipulation (la propagande) constituent des actes négatifs tout aussi préjudiciables, parfois plus, qu'une empoignade ou qu'une fessée. (...)

                                                

Une culture de la paix et de la non-violence ne se crée ni ne s'acquiert en un jour. Le bouddhisme, s'il a réussi, dans son ensemble, à maintenir les éléments d'une telle culture et à les régénérer pé- riodiquement, a connu lui aussi ses échecs et ses faces obscures, ses régimes tyranniques, ses collabos, ses moines habiles à justifier des massacres.

                                                

Le message demeure néanmoins, car si être la paix peut parfois arrêter la guerre, il arrive égale- ment que l'on (le Bouddha lui-même !) y échoue. Faut-il pour autant renoncer à garder en soi et à générer l'esprit de paix ?

                                                

Pour un bouddhiste, en effet, l'ahimsa , répétons-le, n'est pas seulement une méthode que l'on uti- lise ou un chemin que l'on expérimente. C'est également et surtout un état que l'on obtient, que l'on pratique et que l'on partage.

                                                

De surcroît, cette non-nuisance ne se limite pas aux humains. Elle englobe tous les êtres sen- sibles (animaux), leur environnement terrestre et l'espace même. " Rien, comme le souligne John Snelling, n'est placé hors de la sphère de notre responsabilité morale. " La notion d'ahimsa induit donc celle d'un comportement " juste ", que les bouddhistes appellent " le Noble Sentier Octuple " : car il se compose de huit préceptes à respecter : la compréhension juste et la pensée juste qui constituent la sagesse (prajna), la parole juste, l'action juste et les moyens d'existence justes, qui constituent la moralité (sila), l'effort juste, l'attention juste et la concentration juste, qui constituent la méditation (dhyana). »

                                                

————————————————————————-

                                                

Pour moi, la réalité du monde ne fait que donner l’impulsion à pratiquer davantage, à travailler da- vantage, à étudier davantage, pour que tout ce qui en moi aussi est violence se dissipe dans la lumière du Dharma.

                                                

J’aimerais suivre les paroles d’Ajahn Sumedho:

                                                

« Quand nous avançons sur le chemin spirituel, nous devons mener une vie qui n'engendre pas de violence autour de nous, même vis-à-vis du monde des insectes ou du royaume des animaux. Plus nous sommes attentifs et bons envers les autres créatures, plus nous avons de respect pour nous-mêmes, plus nous sommes en mesure de ressentir la paix et le calme ».

                                                

Ajahn Sumedho, L'esprit et la Voie- Réflexions d'un moine bouddhiste sur la vie, p. 152, éditions Sully, 2011

                                                

Joshin Sensei

                                                

Capture d’écran 2017-06-15 à 23.18.33.png

Appel des Enseignants Bouddhistes adressé à Nos Frères et soeurs du Myanmar...