Ecole du spectateur

2017

L'école du spectateur, qui  cette année se déroulait du 7 au 11 juillet ,permet aux élèves du lycée Mistral de faire le Festival In d’Avignon. Pour la modique somme de quarante euros nous sommes logés à l’internat du lycée avec le petit déjeuner et un repas dans la journée pris à la cantine. Au cour de ces cinq jours, nous assistons à environ dix spectacles et une ou deux expositions.

Tous les matins, nous faisons un débriefing des spectacles vus la veille, ce qui permet d’avoir, le plus souvent, une vue objective du spectacles ainsi que de confronter nos avis personnels sur chaque spectacle.

Il y a beaucoup d’avantages à participer à l’école du spectateur notamment le fait de faire vivre le festival In à ceux qui n’en ont pas les moyens ainsi que de faire découvrir certains spectacles auxquels nous ne serions pas forcément allés.

Lors de l’école du spectateur ,il règne toujours une ambiance bon enfant ainsi qu’un esprit colonie de vacances ,même si cela reste sérieux tout de même puisqu’il faut rendre une production à la fin.

Quelques mots

sur

quelques spectacles

Je ne vais pas vous parler de tous les spectacles car je n'ai pas forcément beaucoup de choses à dire sur chacun. Je vais néanmoins vous parler de quelques uns notamment de mes coups de coeur et de ceux que j'ai le moins appréciés Je ne vais seulement vous marquer quelques mots ou quelques phrases qui pour moi évoquent le mieux le spectacle. J'avertis toute ois que ces remarques sont purement subjectives même si dans la plupart des cas cela a été ou cela se rapproche de l'avis général qu'en a eu le groupe.

Pour commencer voici le classement de mon/mes spectacle(s) coup de coeur aux spectacles que j'ai le moins aimés.

ANTIGONE

Saigon

Memories of Sarajevo

Standing in time

On aura tout

Sopro

La princesse Maleine

Le sec et l'humide

Die kabale der scheinheiligen. Das leben des herrn de Molière

Je vais commencer par le spectacle que j'ai le moins aimé pour finir par le spectacle que j'ai le plus aimé. Car il faut toujours garder le meilleur pour la fin.

Die kabale der scheinheiligen. Das leben des herrn de Molière

Le roman de monsieur de Molière d'après Mikhaïl Boulgakov

Trop. C'est le mot qui résume parfaitement cette pièce. Quand on arrive et que l'on voit les décors on se dit « Waou ! Ça va être super ! »

Mais très vite on s’aperçoit que non ça ne va pas être super. Déjà les sur-titres qui sont traduits une fois sur deux, et encore mal traduits, on remercie donc m. Joseph Schmittbiel pour son travail.

  Ensuite les acteurs qui pour moi surjouent leur texte, surtout à la fin et les personnages qui ne meurent pas assez vite et il y a trop de cris aussi, surtout de la part des comédiennes.

  Il y a également trop de travail avec la caméra à la fin on se croirait plus en train de regarder un film qu’une pièce car les comédiens jouent plus au fond de la scène qui est très grande ou dans les décors auxquels l’œil du spectateur n’a pas accès puisque fermés.

  Le son :  quand les personnages sont face à la caméra, le son est bien,même si on voit parfois le micro dans le champ de la caméra. Est-ce que c’est fait exprès ? On ne sait pas, même si cela fait quand même peu professionnel. Pour finir avec le son quand les comédiens viennent nous parler en direct et bien ils ne parlent pas assez fort (c’est là qu’on est content d’avoir les surtitres même s’ils sont mauvais).

  Enfin la longueur de cette pièce, 4h25 sans compter l’entracte, qui à mon goût s’étire, elle aurait pu durer 2 heures ça aurait était très bien.

La conséquence de tous ces point négatif est le fait que la salle au fur et à mesure du spectacle s’est vidée d’au moins un tiers des spectateurs, ce qui est regrettable pour les artistes.

Il y a néanmoins des points positifs à ce spectacle même s’ils sont purement esthétiques. Tout d’abord les décors qui sont très beaux, très grands, très impressionnants, réalistes, ils ont dû coûter très cher à mon avis. Pour finir les costumes, qui sont réalistes et d’époque pour les hommes tout du moins, car pour les femmes c’est une autre histoire. Elles ressemblaient plus à des danseuses de cabaret de nos jours qu’à des comédiennes du XVII ième siècle.

Le sec et l’humide

Et bien pour tout vous dire je n’aurai malheureusement pas grand chose à dire sur ce spectacle car j’ai dormi un partie de la pièce, comme la plupart du groupe sur 25 seulement 4 nont pas dormi ou piqué du nez. Je pense que cet effet de somnolence est dû à la voix monocorde du comédien, au texte qui ressemblait plus à une conférence d’analyse psychologique de l’homme nazi  qu’à une pièce de théâtre, et au faible éclairage du plateau.

La princesse Maleine

Ce spectacle ne pas marquer particulièrement que ce soit en bien ou mal. Il  est bien mais pas exceptionnel non plus. Je n’ai pas d’avis sur cette pièce. J’ai bien aimé le travail avec l’eau et le personnage du roi fou mais sinon c’est tout.  

Sopro

« Nous avons préféré en parler plutôt que de voir la pièce. » Voilà ce qui est en gros ressorti de la séance de débriefing. En effet nous n’avions pas tellement d’avis clair sur cette pièce ou ils étaient négatifs. Mais à force de parler et d’analyser cette pièce nous avons fini par l’apprécier et nous aurions tous aimé la voir une deuxième fois pour en comprendre toute la profondeur et le message que le pièce voulait faire passer. Peut être avons nous été bloqués par la langue étant donné que c’était en portugais.

Pour ma part j’ai bien aimé cette pièce.  J’ai trouvé que la mise en avant du rôle de la souffleuse était particulièrement touchant car au début elle ne veut pas être sur scène et elle nous raconte aussi sa vie, son travail et la vie du théâtre et que finalement c’est  son théâtre. J’ai aimé aussi  la personne tout en noir car à la fin on se demande si c’est une comédienne ou la véritable souffleuse de la pièce et dans ce cas si c’est la souffleuse dont parle la pièce.

On aura tout

J'ai vraiment aimé ces lectures même si nous ne les avons pas toutes vues car elles étaient profondes et engagées. Certains lecteurs donnaient corps au texte, donnaient vie au texte. Et pour en avoir déjà fait je sais que ce n'est pas évident et que c'est beaucoup de travail, car il faut savoir moduler et adapter sa voix au texte pour lui donner une âme, des émotions. Toute les intonations, toutes les pauses ont un but, une signification si bien que parfois le spectateur est happé, emporté par le discours pour se perdre et oublier totalement ce qui l’entoure.

Standing in time

J’ai beaucoup aimé ce spectacle. J’ai notamment été impressionnée par la synchronisation des comédiennes surtout quand elles manipulaient les balles, on se dit « mais comment c’est possible ». Chaque geste avait un sens, était précis, coordonné. Les voix était très belles, fortes même si c’était dans une autre langue et que ce n’était pas traduit, cela donnait un caractère sacré qui était magique et poétique.

Memories of Sarajevo

J’ai beaucoup aimé ce spectacle. J’ai trouvé que c’était très instructif car il nous apprend la guerre qu’il a eu en Yougoslavie et notamment à Sarajevo. Ainsi on découvre les coulisses du pouvoir, les petites guerres entre les trois parties, une nouvelle Europe faible. On découvre également la guerre civil que vivent en permanence les habitants de Sarajevo, les règlements de compte entre eux, la privation. Le grand mérite de la compagnie Le Birgit ensemble et de nous avoir résumé cette partie de l’Histoire que nous ne connaissons pas forcément tout en étant clair et sans nous ennuyer.

Saigon

J’ai adoré cette pièce qui était tout simplement géniale. Elle m’a beaucoup touchée car elle parle de la difficulté d’adaptation dans un pays dont on ne connaît presque rien même pas la langue. L’obligation de partir d’un pays, d’une ville où on a nos habitudes, nos amis, notre famille. L’histoire qui nous est racontée parfois en français parfois en vietnamien, parfois traduit, parfois pas, parfois on comprend ce que disent les personnages et parfois on ne les comprend pas. Mais ce n’est pas grave car cette incompréhension, ce mélange de langues c’est tout ce qui fait la beauté de ce spectacle.

Antigone

C’était magnifique, beau, poétique, magique, mystique, merveilleux. Je n’ai pas de mots précis pour qualifier ce chef d’œuvre. Tout était parfait, le décor était parfait, les comédiens qui faisaient les gestes était parfaits, ceux qui faisaient les voix étaient parfaits, les chœurs étaient parfaits. Pendant deux heures on était transporté dans un autre monde en dehors du temps, en dehors de l’espace. C’était une bulle, une parenthèse magique et poétique. Pendant deux heures je suis restée bouche bée, je ne pouvais détacher mes yeux de ce spectacle unique et incroyable. Je n’ai pas vu le temps passer. Quand j’ai compris que c’était la fin je n’ai pu m’empêcher de penser « déjà », car je savais que ça n’allait être non pas seulement la fin de ce chef d’œuvre mais aussi la fin de cette école du spectateur.

Je remercie toute les personnes grâce à qui cette expérience peut être possible en espérant sincèrement qu’elle nous sera encore proposée l’année prochaine, c’est avec un très grand plaisir que j’y participerai.

Car le festival d’Avignon ce n’est pas qu le In mais aussi le Off, c’est lui qui donne cette ambiance si particulière à la ville grâce notamment aux affiches. Je vous propose donc les quelques tracts que l’on m’a donnés dans la rue.