Évènements

1950 - 1969

1970 - 1979

1980 - 1989 

1990 - 1999

2000 - 2009

2010 Le 12 septembre, approbation par référendum d'une réforme constitutionnelle renforçant le contrôle du pouvoir civil sur les institutions militaire et judiciaire. Le projet de l'AKP est adopté avec 57,9% de « oui » et une participation de seulement 73,4 % (notamment due au succès de la campagne de boycott du BDP dans le Kurdistan turc). La victoire du « oui » renforce la main de l'AKP.

Erdogan utilise la confrérie Gülen pour infiltrer l’Etat aux dépens des kémalistes.

Les procès de 2007-2010 contre des militaires accusés d’être impliqués dans des conspirations putschistes ne reposent quasiment que sur des fausses preuves fabriquées et installées par la police güleniste.

PIB et croissance  9,2 %.

2011 En juin, élections de nouveau largement remportées par l'AKP. La candidature de plusieurs dirigeants Kurdes a été invalidée.

Le 28 décembre, les forces aériennes de l’armée turque tuent 34 citoyens kurdes de Turquie dans le village de Uludere, à la frontière avec le Nord de l’Irak. La plupart d’entre eux sont des adolescents. 79 journalistes kurdes sont arrêtés. Tout l'état-major démissionne pour protester contre des procès faits à des officiers soupçonnés de préparer de nouveaux putschs.

Un référendum permet au gouvernement de réformer partiellement la Constitution et de prendre le contrôles des hautes cours de justice.

PIB et croissance  8,8 %.

2012 En juin, le gouvernement AKP veut restreindre le droit à l'avortement en ramenant de dix à quatre semaines le délai légal. Ce nouveau délai correspond à une interdiction de fait. Il veut aussi interdire les césariennes au cours de l'accouchement. Manifestation à Ankara contre ce projet.

En novembre, 10 000 prisonniers kurdes font la grève de la faim pour le droit d'utiliser leur langue, leurs conditions de détention, la libération d'Abdullah Ocalan. Cessez-le-feu avec le PKK.

Construction du barrage Illisu sur la Tigre qui menace d'assécher la région des marais en Irak.

2013 En janvier, la sociologue et féministe turque, connue pour ses travaux sur les minorités comme les Kurdes, Pinar Selek, est condamnée sans preuves à la prison à vie. Elle est réfugiée politique en France.

Le 9 janvier, assassinat à Paris de trois militantes kurdes dont une des fondatrices du PKK.

En février, vaste opération policière contre des syndicalistes.

En mars, début de négociations avec les Kurdes.

Révolte de Gezi. Le 31 mai, la police dégage violemment du parc Gezi près de Taksim des centaines de militants écologistes qui s'opposent à sa destruction dans le cadre d'un projet de réaménagement du petit parc de la place Taksim. Exacerbé par cette répression, leur combat se transforme en une vague de contestation politique sans précédent contre l’autoritarisme. Au total, quelque 3,5 millions personnes (chiffres officiels) défilent contre Erdogan dans toute la Turquie pendant les trois premières semaines de juin. Assaut de la police sur le parc Gezi. 8 morts et plus de 8000 blessés. La révolte de Gezi représente une première résistance jeune et civile contre le régime d’Erdogan et le déstabilise.

Le 17 décembre, arrestation de hauts responsables gouvernementaux de l'AKP dans des affaires de corruption immobilière. Les vastes opérations anti-corruption, basées sur des enregistrements téléphoniques, et qui touchent quatre ministres, des hommes d’affaires proches d’Erdogan, ainsi que son fils, sont guidées par la confrérie Gülen.

Erdogan dénonce une conspiration et entre en guerre contre son vieil ami Gülen et sa confrérie.

2014 En février, Loi sur le contrôle d'Internet qui permet de bloquer un site sur simple décision administrative. Elle sert à étouffer les enquêtes judiciaires visant le pouvoir.

En mars, large victoire de l'AKP aux élections municipales en dépit des affaires de corruption. Le gouvernement interdit l'accès à YouTube car il a publié des informations sur un scandale de corruption.

En mai, accident dans la mine de charbon privée de Soma. 301 morts à 400 mètres sous le sol. Cette mine venait d'être privatisée. Le propriétaire de la mine a déclaré fièrement quelques mois auparavant que les frais de production avaient chuté de 60 %. Répression contre les mineurs en colère.

En juin, manifestations place Taksim à Istanbul et à Ankara pour célébrer le premier anniversaire des rassemblements anti-gouvernementaux de juin 2013.

En août, Election présidentielle, pour la première fois au suffrage universel direct. Victoire de Erdogan (52 %). Le représentant du parti pro-kurde, Selahattin Demirtas, obtient presque 10% des suffrages.

En octobre, émeutes dans les régions kurdes en soutien à la résistance de Kobané assiégé par L’Etat islamique.

Population 1,5 millions de Turcs adultes vivent en Allemagne.

2,14 enfants par femme en 2014.  

2015 En mai, grève pour les salaires des ouvriers de Renault et Fiat à Bursa.

En juin, Elections législatives. L’AKP (41 %) perd 10 % des voix et la majorité absolue. Le MHP, parti historique du fascisme turc, obtient 16 % (80 sièges). Le parti kurde HDP (Parti démocratique des peuples – parti unitaire réformiste de gauche issu du mouvement kurde) obtient 13 % (80 députés). Ce résultat oblige l’AKP à former un gouvernement de coalition, susceptible de briser sa domination dans les sphères de l’appareil d’État. De plus, il empêche l’AKP d’atteindre le nombre de sièges nécessaire pour opérer un changement de la Constitution et instaurer le régime présidentiel autocratique souhaité par Erdogan et dont il serait le sultan.

Erdogan n’hésite pas à provoquer le chaos et une situation de guerre civile pour reconquérir les voix nationalistes.

En juillet, rupture de la trêve avec le PKK. Après deux années de négociation, le gouvernement relance délibérément la guerre contre le PKK. Le HDP est criminalisé par le pouvoir.

Le 10 octobre, un attentat à Ankara contre des manifestants pacifistes, dont beaucoup de manifestants du HDP, fait 103 morts.

En novembre, Élections législatives remportées par l’AKP (49,5 %) qui regagne une majorité parlementaire. Le CHP obtient 25 % des suffrages (134 sièges). Le MHP, parti historique du fascisme turc, obtient 12 % et perd 30 % de ses voix (41 sièges) et se retrouve en quatrième position. Le HDP 10 % (56 députés).

Couvre-feu dans les villes du Kurdistan.

Un missile des Forces armées turques abat un bombardier russe qui aurait violé l’espace aérien de la Turquie.

En décembre, l'armée turque lance une vaste opération contre le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK). Elle fait au des milliers de morts et entraîne l'exode de plus de 350 000 personnes.

Les pourparlers pour une adhésion de la Turquie à l’UE reprennent en échange du blocage en Turquie du flux des migrants.

Chômage 10%.

Pouvoir d'achat 22,4 % des foyers turcs gagnent moins de 108 euros par personne.

2016 Le parti-État d’Erdogan mobilise des brigades « antiterroristes » ouvertement fascistes et islamistes liées à la police et à la gendarmerie pour écraser toute contestation et résistance dans le Kurdistan de Turquie.

Les divers quartiers des villes de Diyarbakir, Mardin, Şırnak, Hakkari où les jeunes milices kurdes urbaines liées au PKK (mais non sous son contrôle direct) ont déclaré une « autonomie démocratique » sont assiégés et détruits par les tanks et véhicules blindés militaires. Plus d’une centaine de milliers d’habitants doivent quitter leur foyer. 224 civils (dont 42 enfants), 414 militants et 198 membres de l’appareil policier et militaire perdent la vie entre mi-août 2015 et début février 2016.

En février, attentat à Ankara, sur l’avenue piétonne de l’Istiklal.

En mars, accord entre l’UE et la Turquie sur les réfugiés. L’Union européenne, terrifiée par le flux migratoire – dont elle est en partie responsable – est prête à s’accommoder d’un régime de répression et de massacre, à condition que la Turquie accepte de devenir un énorme camp de détention pour migrants, loin de ses yeux.

Le quotidien Zaman et l'agence presse Cihan sont placés directement sous la tutelle d'administrateurs de l’État.

En juin, attentat à l'aéroport international d’Istanbul, 41 morts.

En juillet, Erdogan propose la nationalité turque aux réfugiés syriens qui le désirent.

Le 15 juillet, Tentative de coup d’Etat de la frange le plus kémaliste de l'armée s'inquiétant de la dérive islamiste du pouvoir. Échec, Erdogan en sort renforcé et accuse le prédicateur Fethullah Gülen, rival en exil en Pennsylvanie. Erdogan s’écrie “Le coup d’État est un cadeau que Dieu nous a fait” annonçant ainsi qu’il allait être l’occasion pour réaliser son propre coup d’État civil, mener une vague de répression sans précédent contre toutes forces d’opposition et consolider son régime.

Le 18 juillet, état d'urgence. Purge. 130 000 fonctionnaires et enseignants sont révoqués, 10 000 sont arrêtés. 40 % des généraux et amiraux sont exclus.

Vague d’expropriation des entreprises liées à la confrérie Gülen. Il s'agit aussi de remplacer un État kémaliste par un État islamiste.

En août, attentat au milieu d’un mariage kurde, 50 morts.

En novembre, les dirigeants du HDP (Selahattin Demirtas) parti pro-kurde et troisième force politique du pays, sont incarcérés.

Les dirigeants européens s'alarment mais ne sanctionnent pas.

Les recteurs des Universités sont maintenant directement choisis par Erdogan.

La Turquie se dissocie des opposants syriens pour s’allier avec la Russie et faire face aux Kurdes.

Un attentat revendiqué par un groupe radical kurde fait 44 morts, dont une majorité de policiers, dans le centre d’Istanbul.

Un policier de la garde prétorienne d’Erdogan assassine l’ambassadeur russe en Turquie.

Le 31 décembre, attentat dans une boîte de nuit sur les rives du Bosphore à Istanbul, fait au moins 39 morts.

Population 2,7 millions de réfugiés présents en Turquie.

18 millions de salariés, dont seulement 3 millions dans le secteur public.

PIB et croissance Récession pour la première fois depuis 2009.

Inflation Supérieure à 7%.

Dette Le stock de dette extérieure (dont 40 % est à court terme) atteint près de 60 % du PIB.

Chômage 11% (20% chez les jeunes) Au cours de l’année, un demi-million de personnes de plus sont sans emploi.

Pauvreté Le programme d’assistance sociale, dont bénéficient environ 10 millions de personnes, est le pilier de la légitimité de l’AKP.

Economie L’UE est le premier partenaire économique et militaire de la Turquie.

Le tourisme représente 4,4 % du PIB et emploie 10% de la population active.

Syndicats 10 % de syndiqués dans le secteur privé.

La majorité écrasante des syndiqués appartiennent à des syndicats de droite ou contrôlés par le gouvernement.

2017

Le 16 avril, référendum pour l'élargissement des pouvoirs du président.

2018 En janvier, la Turquie attaque l’enclave à majorité kurde d’Afrine, située au nord-ouest de la Syrie. En jouant habilement sur les clivages entre Washington et Moscou, Erdogan lance une opération militaire d’envergure composée de frappes aériennes, de déploiement de milices islamistes et de l’incursion sur le sol syrien de troupes de l’armée turque.

Peu avant sa nouvelle investiture, Erdogan procède à une nouvelle révocation, qui concerne cette fois-ci quelque 18 000 fonctionnaires, surtout dans les forces de l’ordre et le monde enseignant. Près de 200 000 personnes ont ainsi été limogées depuis le coup d’Etat raté.

En juin, élection présidentielle et législatives. Le candidat de l'opposition est celui du CHP.

La nouvelle loi anti-terroriste rend légales les purges pendant encore trois années, alors que les gardes à vue peuvent s’étendre sur douze jours…

Après l’incarcération du pasteur américain, Andrew Brunson, Donald Trump  annonce durant l’été une série de sanctions notamment sur l’acier et l’aluminium turcs. Cela provoque le décrochement de la monnaie – la livre turque – déjà malmenée par la dégradation de la santé économique du pays.

PIB et croissance Croissance de 7%

Économie

Population 75 millions d'habitants dont 16 millions à Istanbul.

40 % de la population a moins de 25 ans.

16 à 20 millions de Kurdes (20%) dont 3 millions vivent à Istanbul.

Communauté arménienne de 60 000 personnes (ils étaient environ deux millions avant le génocide).

Environ 80 000 chrétiens (Arméniens, Syriaques, Latins, Grecs-orthodoxes).

Arrivée de deux millions de réfugiés de Syrie et d’Irak.

Forces politiques

Sosyalist Demokrasi İçin Yeniyol. Cours nouveau pour la démocratie socialiste. Section turque de la IVe Internationale.

Revue : Yeniyol.