Fermeture d’une mosquée Salafie : l’énorme écart entre les motifs avancés et la réalité des faits.
Une mosquée, en banlieue parisienne, dont le prêche était Salafi a récemment été fermée par décision du ministère de l’Intérieur[1]. Précisons (soyons bien clair !) : dont le prêche était « Salafiste quiétiste, piétiste, non-violent, ultra-orthodoxe » et non « Salafiste politique » ni « Salafiste révolutionnaire djihadiste », d’après la terminologie utilisée par les « spécialistes » de l’Islam en France. Les causes de cette fermeture ? Je cite la presse : « L’imam de cette mosquée rejette l’autorité de l’Etat, légitime la mise en place d’un gouvernement musulman et appelle à la discrimination et à la haine contre juifs et chrétiens. A l’image des nombreux ouvrages de la bibliothèque de la mosquée que seraient encouragés à lire les fidèles. Une littérature où est notamment cautionnée la violence physique sur les femmes désobéissantes, ainsi que la mise à mort des apostats et des personnes ayant eu des relations sexuelles hors mariage. » (dans un autre article, on trouve la même chose à peu près : « Pour les services de l’Etat, le lieu de culte « constitue un lieu de référence influent de la mouvance salafiste, prônant un islam rigoriste, appelant à la discrimination et à la haine, voire à la violence, à l’encontre des femmes, des juifs et des chrétiens ». »). Quant au motif mensonger mentionné dans la presse au mode conditionnel (l’art de la justice et de l’équité à notre époque chez certains : l’accusation et la sanction d’un individu, voire la sanction collective, pour des infractions qu’il « aurait peut-être » commises … « Mieux vaut punir celui sur lequel on a des suspicions, et punir même avec lui tout son entourage, qu’attendre d’avoir des preuves de sa culpabilité », telle est devenue la règle ! Et au revoir à la sagesse universelle et l’équité de la saine nature humaine, prêchée donc par la religion divine : « La sanction est écartée de l’individu dont on doute de sa culpabilité » …) : « Cet imam aurait notamment légitimé, fin novembre 2015, les attentats de Paris. », ce motif est donc clairement une calomnie comme le savent tous ceux (Musulmans ou pas) qui ont une moindre connaissance du prêche de cet imam et de sa mosquée, et des autres imams et mosquées semblables dans l’Hexagone, dont il y a notamment les déclarations publiques de condamnation et de désaveu face aux différents attentats survenus en France et leurs auteurs, qui sont entièrement cohérentes avec la voie prêchée dans leurs cours et leurs sermons depuis toujours.
La position de cet imam face à l’autorité de l’Etat, face à la mise en place d’un gouvernement musulman, face à la discrimination et la haine contre les Juifs et les Chrétiens.
Mais revenons sur : « L’imam de cette mosquée rejette l’autorité de l’Etat, légitime la mise en place d’un gouvernement musulman et appelle à la discrimination et à la haine contre juifs et chrétiens. ». La voie d’Ahl As Sounna, d’Ahl Al Hadith, d’Ahl Al Athar, de la Salafiyya, communément appelée chez les « spécialistes » ici par « le Salafisme quiétiste, le fondamentalisme Islamique non-violent, le radicalisme Musulman apolitique, ultra-orthodoxe et anti-djihadiste », comprend effectivement le rejet de l’autorité de l’Etat mécréant mais d’un certain point de vue, tandis qu’elle reconnaît son autorité d’un autre point de vue. Egalement, elle a pour fondement la haine contre les Juifs, les Chrétiens et toutes les autres catégories de mécréants mais d’un certain point de vue, tandis qu’elle juge permis d’aimer un individu qui n’est pas Musulman d’un autre point de vue ; d’autre part, cette haine du mécréant qui est un principe fondamental du dogme d’Ahl As Sounna, a une signification précise qu’il faut impérativement connaître avant de pouvoir juger avec équité cette Salafiyya. Il est en effet obligatoire de connaître réellement la chose avant de la critiquer, la réprouver, la combattre ! Il est impossible de juger en toute justice une chose qu’on ne connaît pas encore précisément ! Bien que cela soit des évidences incontestées et des principes unanimes, on arrive quand même à trouver des gens qui, dans la pratique, ont l’audace de les enfreindre … Néanmoins, une part de la faute peut parfois être à la charge de certains prédicateurs, imams, écrivains, traducteurs qui ne prennent pas le soin d’éclaircir à tout le public (d’après ses différentes catégories de gens) à qui vont parvenir leurs propos, le sens exact de ceux-ci : dans leur contenu et dans leur implication. Autrement dit, « qu’est-ce que ces paroles et ces termes que j’emploie signifient exactement dans ma croyance et ma voie, et qu’est-ce qu’ils ne signifient pas, qu’est-ce qu’ils impliquent et qu’est-ce qu’ils n’impliquent pas ». D’autant plus, lorsqu’on sait que parmi les gens à qui vont parvenir nos propos, se trouvent des gens chez lesquels, du fait de leur culture et leur usage, le premier sens venant à leur esprit pour ces propos n’est pas le sens qu’ils contiennent ni qu’ils impliquent dans notre conception à nous, les auteurs de ces paroles, n’est pas le sens que nous nous entendons par ceux-ci. Et encore plus si l’on sait que parmi les gens se trouvent des malintentionnés qui sont à l’affut d’une moindre parole, de notre part, ambiguë, équivoque, floue pour l’exploiter nocivement contre nos personnes, notre croyance, notre religion, notre communauté … Et qu’en est-il lorsqu’une partie de ces gens-là est parmi les hautes autorités du pays dans lequel on vit ou parmi les médias de celui-ci ... il devient alors obligatoire pour nous à plus forte raison de faire preuve de la plus grande clarté possible dans nos propos et de bien être attentifs à la réalité politique, sociale et culturelle qui nous entoure. Parmi les règles de la Salafiyya, il y a certes : « toujours savoir correctement et comprendre précisément ce qui se passe autour de toi dans la société (surtout pour ce qui est des maux, des dangers, des stratagèmes ennemis) », « parler aux gens d’une manière clairement compréhensible pour eux et leur parler de sujets accessibles à leur compréhension, l’objectif étant de transmettre simplement et distinctement le message divin : « Rendez les choses faciles pour les gens et ne les rendez pas difficiles, annoncez-leur la bonne nouvelle et ne les faites pas fuir. » dit le prophète - éloges et salut d’Allah sur lui -».
Quant à la discrimination contre les Juifs et les Chrétiens reprochée à cet imam, c’est un terme flou ! Qu’est-ce qui est entendu précisément par celui-ci ? Ne pas manifester aux Juifs et aux Chrétiens une même « fraternité » qu’il manifeste à ses frères de foi ? Ce qui serait une réalité pas seulement chez les Salafis mais plutôt chez la quasi-totalité des gens se réclamant de l’Islam. Cependant, c’est aussi une réalité présente en France entre les partis politiques, les idéologies, les croyances, les races, les classes sociales, etc. Ou bien quel autre genre de discrimination ? La discrimination ayant pour principal sens « le fait de distinguer et de traiter différemment (le plus souvent plus mal) quelqu’un ou un groupe par rapport au reste de la collectivité ou par rapport à une autre personne » (Larousse).
Et pour ce qui est de l’autre motif de sanction contre cet imam et sa mosquée, qu’est « légitimer la mise en place d’un gouvernement musulman », alors là … rires puis rires ! No comment … Qu’est-ce qu’il y a de mal dans le fait qu’un Musulman juge légitime voire même désire la mise en place d’un gouvernement Musulman ici ou ailleurs ? Il faut nous expliquer où se trouve l’infraction à la loi ou le danger pour la sécurité publique dans ce simple jugement ou désir de sa part parce qu’on ne comprend pas ! D’autant plus que ces Salafis sont définis par l’Etat et ses spécialistes comme « apolitiques, non-violents, anti-révolutionnaires, anti-djihadistes, anti-manifestations et même si celles-ci sont pacifiques » et sont donc des gens connus comme ne mettant jamais en avant leurs désirs et convictions en termes de politique et de changement social par ce qui exige d’entrer dans une activité politique moderne non-Islamique ou par ce qui provoque des troubles dans la société, des injustices, des effusions de sang et autres grands méfaits collectifs … Une simple protestation publique par le biais d’une manifestation est illicite pour eux ! D’autre part, comment devrait-on alors juger puis sanctionner les Juifs qui légitiment la mise en place d’un gouvernement Juif, les Chrétiens qui légitiment la mise en place d’un gouvernement Chrétien, les communistes qui légitiment la mise en place d’un gouvernement communiste, les racistes qui légitiment la mise en place d’un gouvernement raciste, les xénophobes qui légitiment la mise en place d’un gouvernement xénophobe, etc. ?
Le rejet de l’autorité de l’Etat mécréant chez les Salafis, en détail.
Retour sur « la Salafiyya et le rejet de l’autorité de l’Etat mécréant d’un certain point de vue avec la reconnaissance de son autorité d’un autre point de vue ». Voici, en bref, plusieurs extraits de points qui avaient été détaillés et développés (par des preuves et des fatwas) dans les 5ème et 9ème parties de mon article (audio et écrit, réalisé en janvier et février 2016) « La manière d’agir du Musulman dans une société non-Musulmane » : [avant cela, remarque importante : le mot « mécréant » vient du verbe « mécroire » qui signifie refuser de croire. Il est utilisé chez les Chrétiens avec le sens de : celui qui n’adhère pas à la religion considérée comme la seule vraie, la religion Chrétienne. Il a ensuite été utilisé dans la langue française avec le sens de : celui qui n’a aucune religion. Puis, dans le langage courant, avec le sens de : vilain garçon. En Islam, il est la traduction la plus courante pour le mot « kâfir » employé dans les textes révélés pour désigner celui qui ne croit pas au message divin descendu sur le prophète Mouhammad – éloges et salut d’Allah sur lui –, que ce soit par ignorance de sa part quant à ce message, par refus et rejet de sa part ou par orgueil après en avoir pris connaissance, par hypocrisie (en manifestant en apparence la foi en ce message mais en n’y croyant pas dans son for intérieur), par détournement de sa part face à ce message qui lui est parvenu (ne voulant pas prendre connaissance de celui-ci, et ne manifestant ni foi ni démenti pour celui-ci), ou par doute de sa part quant à la véracité de ce message. Le mécréant par ignorance, à qui n’est pas parvenu (du tout ou correctement) le message divin, n’est donc pas forcément condamné à l’Enfer dans l’au-delà, plutôt il recevra son épreuve au jour de la résurrection : un messager d’Allah lui viendra ce jour-là et alors il décidera de croire ou mécroire en toute connaissance de cause, ce qui déterminera son sort par la suite. Quant au mécréant par refus – rejet, par orgueil, par hypocrisie, par détournement ou par doute, il sera, s’il meurt dans cet état, condamné à l’Enfer pour l’éternité.]
∙ « Prêter allégeance, faire allégeance, donner acte d’allégeance à un gouverneur - un dirigeant signifie : reconnaître son autorité, se rallier à lui, faire pacte de fidélité et d’obéissance à son égard. C’est donc un engagement solennel religieux conclu entre l’individu, homme ou femme, et le détenteur du commandement. Donner allégeance à un dirigeant - un gouverneur mécréant est illicite et invalide. »
∙ « Ainsi, donner allégeance au gouverneur non-Musulman du pays non-Musulman dans lequel vit le Musulman (ce qui signifie : reconnaître son autorité, se rallier à lui, faire pacte de fidélité et d’obéissance à son égard), est illicite et est une allégeance invalide. Le non-Musulman n’est en aucun cas le détenteur du commandement d’un Musulman. Cependant, le Musulman le reconnaît comme étant le gouverneur, le dirigeant et le détenteur du commandement des non-Musulmans de son peuple. »
∙ « Ceci dit, parmi les sortes de pactes, de traités, d’accords et d’engagements qui peuvent être conclus avec les mécréants, il y a : “as soulh” (la paix), “al houdna” (la trêve), “al amân” (la sécurité - promise, donnée au non-musulman -, c-à-d l’accord de non-agression) et “adh dhimma” (la protection - accordée à un non-musulman pour qu’il vive sous l’autorité, la bienveillance et la protection des musulmans -). Et parmi les sortes de “amân” (sécurité donnée à l’autre, accord de non-agression conclu avec lui), il y a : entrer ou vivre dans un pays non-musulman après avoir accepté de son gouvernement visa d’entrée, titre de séjour ou nationalité, sans bien même parler du fait d’être né dans leur pays, d’y avoir grandi et d’y vivre avec leur nationalité et sous leur protection et bienveillance envers notre vie, notre sang, nos personnes, nos biens et richesses. En effet, accepter d’un gouvernement (et même si celui-ci est en guerre avec les musulmans) un visa d’entrée ou un titre de séjour, c’est conclure avec lui un accord et engagement de “amân” (sécurité, non-agression) - comme ceci est établi par l’usage international contemporain ; et ce qui est établi par l’usage dans les pactes, accords et échanges entre les gens est comme ce qui est mis en condition clairement, dit la règle de jurisprudence islamique - : ce gouvernement s’engage donc (par ce visa ou titre de séjour délivré) à ne pas me porter atteinte, ni dans ma personne ni dans mes biens, dès lors que j’entre sur son territoire, et de même à ce que son peuple qui est sous son autorité ne me porte pas atteinte, et moi, pareil, je m’engage à ne pas lui porter atteinte ainsi qu’à son peuple, ni dans leurs personnes ni dans leurs biens. Sans bien même parler de l’accord et engagement signifiés par l’acte d’accepter d’un gouvernement la nationalité de sa patrie. Sans bien même parler de l’accord et engagement signifiés par l’acte de vivre chez eux depuis sa naissance, avec leur nationalité et sous leur protection. Sans bien même parler de l’accord et engagement signifiés par l’acte de résider dans un pays mécréant pour celui qui vient d’un pays musulman, ou qui porte la nationalité d’un pays musulman, qui est en accord de paix avec ce pays mécréant dans lequel il réside. Ces sujets avaient été traités avec plus de détails et d’explications, par le biais d’une parole de l’imam Al ‘Outhaymin (dans son explication des 40 hadiths de l’imam An Nawawi), d’un extrait du livre “Sujets importants à propos du jihad” de chaikh ‘Abd Allah Aba Houssayn préfacé par chaikh Salih Al Fawzan et d’un extrait de l’encyclopédie jurisprudentielle “Al mawsou’a al fiqhiyya al kouwaytiyya”, dans un audio - écrit datant d’il y a un an, réalisé suite à l’affaire connue sous le nom de “l’affaire charlie hebdo”, dont voici le lien : https://www.youtube.com/watch?v=uIm2-tSN8L0&index=1&list=PLvnGMylHYTzjysApCJuDIKdT4goqKuiza (audio) / https://docs.google.com/document/d/1EjCoWnuvKPpy2czbiIiZ-H_GDG7NwGQjAEwI3Cnxhkw/edit (écrit).
En conclusion, le musulman qui réside ou vit dans un pays mécréant alors qu’il a reçu de celui-ci un visa d’entrée, un titre de séjour ou une nationalité, et/ou qui vient d’un pays musulman, ou a la nationalité d’un pays musulman, qui est en accord de paix avec ce pays mécréant : il lui est fortement illicite de trahir son engagement en portant atteinte à quoi que ce soit des biens, publics ou privés, ou qui que ce soit des individus (en lui causant un dommage, un préjudice) de ce peuple chez qui il réside ou vit. Et certes Allah n’aime pas les traîtres. Et certes faillir à sa promesse, violer son engagement et trahir la confiance qui nous a été donnée, est une caractéristique des hypocrites (ceux qui prétendent en apparence la foi alors que celle-ci est absente de leurs cœurs) et non pas des croyants : le messager d’Allah – éloges et salut d’Allah sur lui – a dit : « Le signe distinctif de l’hypocrite est au nombre de trois : lorsqu’il parle, il ment, lorsqu’il promet, il manque à sa promesse, et lorsqu’on lui fait confiance, il trahit. Et même s’il jeûne, prie et prétend être musulman. » (rapporté par Al Boukhari n°33 et Mouslim n°59, d’après Abou Hourayra). Et le messager d’Allah – éloges et salut d’Allah sur lui – a aussi dit : “Quatre choses, lorsqu’elles sont réunies en quelqu’un, celui-ci est un pur hypocrite, et lorsque l’une d’entre elles est en quelqu’un, celui-ci a en lui une caractéristique de l’hypocrisie jusqu’à ce qu’il la délaisse : lorsqu’on lui fait confiance, il trahit, lorsqu’il parle, il ment, lorsqu’il conclut un accord ou donne un engagement, il trahit - il trompe, et lorsqu’il se dispute, il commet grand(s) péché(s).” (rapporté par Al Boukhari n°34 et Mouslim n°58, d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr). Et celui qui prétend, au nom de l’Islam, qu’il est permis ou - pire encore - qu’il est recommandé ou obligatoire, de porter atteinte aux personnes ou possessions des non-musulmans avec qui il a de tels accords et engagements, est certes dans un égarement évident et une innovation rejetée. Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a certes dit : “Celui qui tue un mécréant mou’âhad (un mécréant avec qui pacte ou accord a été conclu), il ne sentira pas l’odeur du paradis. Et son odeur est certes sentie à une distance de quarante ans.” (rapporté par Al Boukhari n°3166 d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr). »
∙ « Quant au sujet d’obéir aux ordres du gouvernement non-musulman, de se plier à ses lois et de respecter ses règles imposées, pour le musulman qui vit dans le pays d’un tel gouvernement : le musulman obéit, se plie et respecte les lois et règles qui s’accordent à celles de l’Islam, mais il n’enfreint quoi que ce soit des préceptes de sa religion pour obéir, respecter ou satisfaire qui que ce soit (point qui fut traité dans la 1ère partie de ce rappel - éclaircissement). Et le cas du danger et de la contrainte forcée fut étudié dans la 3ème partie de ce rappel - éclaircissement ainsi que ses deux ajouts. »
∙ « D’autre part, obéir aux ordres du gouvernement non-musulman, se plier à ses lois et respecter ses règles imposées, pour le musulman qui vit dans le pays d’un tel gouvernement, est une des choses signifiées par le pacte et l’engagement qu’il a conclu avec ce gouvernement lorsqu’il a accepté de lui visa d’entrée, titre de séjour ou nationalité, ou par le fait de vivre dans le pays de ce gouvernement depuis sa naissance, avec sa nationalité et sous sa protection. Et le musulman respecte à la lettre ses engagements et ne trahit jamais. Sauf, comme expliqué déjà plusieurs fois, pour ce qui est d’obéir, de se plier et de respecter des ordres, des lois et des règles qui enfreignent la législation islamique, qui s’opposent à la religion d’Allah et qui contredisent le houkm divin. Et c’est dans ce sens que l’imam Al ‘Outhaymin dit : “L’avis le plus juste est que les minorités musulmanes, se trouvant dans les pays mécréants, doivent donner écoute et obéissance, dans la mesure du possible, aux dirigeants de ces pays dans lesquels ils sont.” (voir : https://www.youtube.com/watch?v=ZDVSkBUY_nM) »
Voilà qui viendra peut-être, espérons, éclaircir la question du « rejet salafiste de l’autorité de l’Etat mécréant » !
La haine des Juifs et des Chrétiens chez les Salafis, en détail.
Et quant à « la Salafiyya et la haine contre les Juifs et les Chrétiens », et on ajoute même : ainsi que contre les Bouddhistes, les Hindouistes, les athées, les laïcs, les démocrates, les socialistes, les communistes, les capitalistes, les libéraux (dans le sens idéologico-politique pour ces quatre derniers), les panarabistes et autres mécréants encore ! En plus des points cités précédemment concernant la manière d’agir du Musulman (selon la voie du « Salafisme quiétiste, non-violent, apolitique, ultra-orthodoxe et anti-djihadiste ») dans une société non-Musulmane envers les non-Musulmans d’après toutes leurs différentes catégories, qui éclaircissaient déjà assez bien si haine il y a chez les Salafis contre les mécréants, qu’est-ce qu’elle implique et qu’est-ce qu’elle n’implique pas dans la manière d’agir envers ces derniers en termes d’agression verbale ou physique, de préjudice causé et de transgression contre leurs biens et possessions (ou, pourrait-on dire aussi, en termes de respect à l’égard de leurs personnes et de leurs biens) et aussi en termes de respect des lois du pays ; ajoutons tout de même d’autres extraits de points ayant été détaillés et développés dans les 1ère et 12ème parties de mon article (audio et écrit) « La manière d’agir du Musulman dans une société non-Musulmane » :
∙ « Premièrement, il est un devoir obligatoire, relevant des fondements de la croyance de l’Islam, que de détester et haïr, dans son for intérieur, la mécréance sous toutes ses formes : dans les croyances, les paroles et les actes. »
∙ « Ainsi, le musulman déteste et haït toutes les religions en dehors de l’Islam et toutes les idéologies (à dimension dogmatique, morale ou normative) inventées par les hommes. Et si le musulman ne fait pas cela mais plutôt se met à aimer quoi que ce soit de ces religions ou idéologies, il apostasie donc, par cela, de la religion de l’Islam et devient un mécréant, un non-croyant, un non-musulman. »
∙ « Ces versets ont donc prouvé que le musulman qui s’allie aux mécréants ne fait en rien partie de la religion d’Allah, à moins qu’il ne cherche à se protéger de leur mal, ce qui est le cas de la peur et du danger qui sera évoqué plus tard in cha Allah. Aussi, ils ont prouvé que le musulman qui s’allie aux ennemis d’Allah, ceux qui nient et rejettent la vérité révélée par Allah à Mouhammad - éloges et salut d’Allah sur lui -, s’égare du droit chemin. Aussi, ils ont prouvé que le musulman qui s’allie aux juifs et nazaréens devient un des leurs.
Et l’alliance dans ces versets signifie éprouver de l’amour, de l’amitié et de l’affection envers les non-musulmans, avec tout ce qui s'ensuit comme soutien, appui, secours, paroles et actes, comme Allah l’a clairement dit : “Ne prenez pas pour alliés Mon ennemi et le vôtre, leur offrant l’amitié, alors qu’ils ont nié ce qui vous est parvenu de la vérité.”. C’est bien pourquoi Allah nous a informé que cette amitié et affection, éprouvée à leur égard, s’oppose à la foi en Lui et au jour dernier et qu’il est donc impossible de trouver cette chose chez un croyant : “Tu n’en trouveras pas, parmi les gens qui croient en Allah et au Jour dernier, qui prennent pour amis (qui éprouvent de l’affection et amitié pour) ceux qui s’opposent à Allah et à Son Messager, fussent-ils leurs pères, leurs fils, leurs frères ou les gens de leur tribu.”. Ainsi, l’alliance avec les mécréants en religion (c-à-d éprouver de l’amour, de l’amitié et de l’affection envers eux, avec tout ce qui s’ensuit comme soutien, appui, secours, paroles et actes, pour leur religion ou idéologie de mécréance) est donc un acte d’apostasie de l’Islam.
Tandis que l’alliance avec eux purement matérielle et mondaine (c-à-d éprouver de l’amour, de l’amitié et de l’affection envers eux, avec tout ce qui s’ensuit comme soutien, appui, secours, paroles et actes, pour des intérêts et profits purement matériels et mondains) n’est pas un acte d’apostasie mais un grave péché qui annule l’intégralité obligatoire de la foi du musulman et fait donc de lui un musulman pervers désobéissant à la foi faible et défaillante ; comme l’a prouvé le hadith connu, rapporté par Al Boukhari (n°3007) et Mouslim (n°2494), à propos du récit de Hatib ibn Abi Balta’a - qu’Allah l’agrée - lorsque celui-ci commit un grave acte de trahison envers le prophète - éloges et salut d’Allah sur lui -, l’Islam et les musulmans, en écrivant secrètement aux mécréants qouraïchites de La Mecque pour leur informer de l’expédition militaire, pour conquérir La Mecque, qu’avait planifiée le prophète - éloges et salut d’Allah sur lui - : lorsque, donc, Allah révéla cet acte de trahison à Son prophète - éloges et salut d’Allah sur lui - puis que cette lettre secrète fut saisie et Hatib fut amené à lui, il ne le jugea pas d’apostat directement mais plutôt l’interrogea sur la raison qui l’avait poussé à faire cela. Hatib répondit alors que la raison n’était pas le reniement de l’Islam et l’agrément envers la mécréance après avoir embrassé l’Islam, mais uniquement obtenir un statut chez les qouraïchites mecquois, qu’il n’avait pas par sa lignée au contraire des émigrés (mouhajiroun) qouraïchites parmi les compagnons du prophète - éloges et salut d’Allah sur lui -, afin que ses proches résidant à La Mecque ainsi que ses biens là-bas obtiennent, par cela, protection de la part des qouraïchites mecquois. Le prophète - éloges et salut d’Allah sur lui - accepta de lui cette excuse, informa qu’il avait dit la vérité (pour ce qui est de la raison l’ayant poussé à faire son acte), ordonna qu’aucune mauvaise parole ne lui soit dite, ne le jugea pas mécréant apostat, réfuta le jugement d’apostasie prononcé par ‘Oumar contre lui (Hatib) en indiquant que son acte était un grave péché inférieur à la mécréance qui lui sera, on espère, expié et pardonné par le fait qu’il était du nombre des musulmans qui avaient participé à la première bataille opposant les musulmans aux mécréants, la bataille de Badr.
Quant à éprouver un amour naturel et une affection humaine envers un mécréant ou une mécréante, du fait du lien de parenté existant entre le musulman et celui-ci ou celle-ci, ou bien du lien de mariage existant entre le musulman et celle-ci (en effet, Allah a rendu licite le mariage du musulman avec une juive ou nazaréenne libre - non-esclave - et chaste - non-adepte de la fornication -), ceci est permis et n’entre donc pas dans l’alliance envers le mécréant ; comme l’a prouvé le fait que le prophète - éloges et salut d’Allah sur lui - aimait, par cet amour humain naturel, son oncle Abou Talib qui demeura mécréant jusqu’à sa mort, d’où le verset d’Allah “Tu [Mouhammad] ne guides pas celui que tu aimes, mais c’est Allah qui guide qui Il veut.” (s.28 le récit, v.56), ainsi que la permission d’Allah pour le mariage du musulman avec une mécréante juive ou nazaréenne, libre et chaste, avec l’amour et l’affection humaines naturelles qu’Allah met entre les deux époux, comme Il l’a mentionné : “Et parmi Ses signes Il a créé de vous, pour vous, des épouses pour que vous viviez en tranquillité avec elles et Il a mis entre vous de l’affection et de la miséricorde. Il y a en cela des preuves pour des gens qui réfléchissent.” (s.30 les romains, v.21). Ainsi, il est tout à fait possible d’aimer naturellement une personne mécréante tout en la détestant pour sa religion ou idéologie mécréante : l’amour naturel et l’amour religieux sont deux choses bien distinctes. Tout comme il est possible d’aimer une personne d’un point de vue et la détester d’un autre point de vue : aimer un proche mécréant ou une épouse mécréante d’un point de vue humain naturel et le (la) détester d’un point de vue religieux, aimer un musulman d’un point de vue de son obéissance à Allah qu’il pratique et le détester d’un point de vue de sa désobéissance à Allah qu’il pratique aussi.
Quant à contracter un pacte, un engagement, un accord ou un traité (de paix, d’entente ou d’entraide) avec les mécréants pour le bien et l’intérêt de l’Islam et des musulmans, non pas par alliance religieuse ou mondaine avec eux (c-à-d : pas par amour, amitié et affection envers eux, avec tout ce qui s’ensuit comme soutien, appui, secours, paroles et actes, pour leur religion ou idéologie de mécréance ; ni par amour, amitié et affection envers eux, avec tout ce qui s’ensuit comme soutien, appui, secours, paroles et actes, pour des intérêts et profits purement matériels et mondains), ceci est permis et n’entre donc pas dans l’alliance envers le mécréant ; comme l’ont prouvé les différents accords et pactes que conclut le prophète - éloges et salut d’Allah sur lui - avec les juifs et avec les polythéistes mecquois, ainsi que les différents versets prouvant leur caractère légiféré et l’obligation de les respecter à la lettre une fois conclus. Sujet qui sera présenté plus loin dans un autre point in cha Allah.
En conclusion, le musulman doit donc obligatoirement se désavouer des mécréants, d’après toutes leurs sortes et catégories, et ne pas s’allier à eux, ni religieusement ni mondainement : il déteste et haït toutes les religions et idéologies de mécréance ainsi que leurs adeptes, avec tout ce qui s’ensuit comme éloignement, paroles et actes. Et le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a certes dit : “L’anse la plus solide de la foi est certes que tu aimes en Allah et détestes en Allah.” (rapporté par Ahmad n°18524 d’après Al Bara ibn ‘Azib). Le fondement le plus immense de la foi est donc d’aimer ce qu’Allah aime comme croyances, paroles et actes, et aimer celui qu’Il aime parmi Ses créatures, et détester ce qu’Allah déteste comme croyances, paroles et actes, et détester celui qu’Il déteste parmi Ses créatures. »
∙ « Treizièmement, quant à la manière d’agir du musulman envers le mécréant pacifique, celui qui ne combat pas les musulmans, ne force pas - physiquement ou psychologiquement - les musulmans à quitter leurs demeures ni n’aide quelqu’un à les forcer à faire cela ; aussi, quant à la manière d’agir du musulman envers son voisin mécréant et envers son proche parent mécréant :
1. En ce qui concerne le mécréant pacifique :
Allah a dit : “Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables. Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion, chassés de vos demeures et ont aidé à votre expulsion. Et ceux qui les prennent pour alliés sont les injustes.” (s.60 l’éprouvée, v.8-9). Rappelons que le grand savant exégète chaikh As Sa’di a dit dans son tafsir, pour le verset 39 de s.22 le pèlerinage (“Autorisation est donnée à ceux qui sont attaqués (de se défendre par le combat) - parce que vraiment ils sont lésés; et Allah est certes Capable de les secourir - ceux qui ont été expulsés de leurs demeures, - contre toute justice, simplement parce qu’ils disaient: «Allah est notre Seigneur».”), que nous avions lu dans la 10ème partie : ““ceux qui ont été expulsés de leurs demeures” c-à-d ont été poussés - forcés de quitter leurs demeures de par la nuisance et l’épreuve qui leur étaient infligées (par les mécréants)”. Et il a dit dans son tafsir pour ces versets : ““Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables.” c-à-d Allah ne vous interdit pas de pratiquer la bienfaisance, d’avoir contact - liaison - relation, de rétribuer par le bien et d’observer l’équité avec les associateurs parmi vos proches parents ou autres, lorsque ceux-ci ne se sont pas dressés dans le combat contre vous pour la religion et dans votre expulsion de vos demeures. Il n’y a donc pas de péché à ce que vous entreteniez contact, liaison et relation avec eux dans ce cas-là ; cela ne contient aucune chose à craindre ni n’engendre une mauvaise conséquence. Comme l’a dit Allah à propos des parents mécréants lorsque leur enfant est musulman : “(J’ai commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine: son sevrage a lieu à deux ans. «Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination.) Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable.” (s.31 Louqman, v.14-15) Quant à Sa parole “Allah vous défend seulement de prendre pour alliés ceux qui vous ont combattus pour la religion” c-à-d à cause de votre religion, par hostilité envers la religion d’Allah et envers ceux qui y adhèrent et la pratiquent “(vous ont) chassés de vos demeures et ont aidé” d’autres personnes “à votre expulsion” : Allah vous interdit “de prendre pour alliés” ceux-là, en leur portant secours et leur offrant l’amitié, l’amour et l’affection, par la parole ou l’acte. Mais quant à pratiquer la bonté et la bienfaisance qui n’est pas une alliance envers les associateurs, Allah ne vous interdit pas cela, plutôt, cela entre dans la généralité de l’ordre de pratiquer la bienfaisance envers les proches parents et autres parmi les humains et autres créatures encore. “Et ceux” d’entre vous “qui les prennent pour alliés sont les injustes” et (le statut de) cette injustice est d’après le degré d’alliance. Si l’alliance est entière, l’injustice est alors une mécréance expulsant son auteur de l’Islam. Et en dessous de cela, il y a différents degrés (d’alliance) dont certains sont graves et immenses et d’autres le sont moins.” Rappel de la définition de l’alliance (étudiée de manière plus ou moins détaillée dans la 1ère partie de ce rappel - éclaircissement) : […]
Allah a dit : “Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. Allah a promis à ceux qui croient et font de bonnes œuvres qu’il y aura pour eux un pardon et une énorme récompense. Quant à ceux qui ne croient pas et traitent de mensonge Nos preuves, ceux-là sont des gens de l’Enfer.” (s.5 la table servie, v.8 à 10). Le grand savant exégète chaikh As Sa’di a dit dans son tafsir : ““Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables” par le fait que vos fais et gestes, extérieurs et intérieurs, soient engagés activement pour la réalisation de l’équité ; et par le fait que cette réalisation soit pour Allah Seul et non pas pour un des objectifs mondains ; et par le fait que vous aspiriez à l’équité, qui est la justice et non pas l’excès - l’abus ni la négligence - le laxisme, tant dans les paroles que les actes ; et pratiquez - réalisez cela avec le proche et le non-proche, avec l’ami et l’ennemi. “Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes” comme le sont ceux qui n’ont pas en eux de justice et d’équité. Plutôt, tout comme vous témoignez en faveur de votre proche et allié, témoignez aussi contre lui. Et tout comme vous témoignez contre votre ennemi, témoignez aussi en sa faveur. Ainsi, même s’il est mécréant ou innovateur, il est obligatoire de pratiquer la justice et l’équité envers lui et d’accepter ce qu’il apporte comme vérité, pas parce que c’est lui qui a dit cette vérité (mais pour son caractère de vérité en soi) ; et la vérité ne peut être refusée à cause du fait qu’elle ait été prononcée par cet individu, car ceci serait une injustice envers la vérité. “Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété” c-à-d plus vous vous appliquez dans la pratique de l’équité et vous déployez des efforts dans son respect, plus cela est proche pour la piété de vos coeurs. Lorsque, donc, l’équité devient complète - entière, la piété devient parfaite.”
Lisons, désormais, en entier, la fatwa du savant contemporain chaikh Ferkous dont nous n’avions lu qu’une partie lors de la 8ème partie de ce rappel - éclaircissement qui traitait du houkm de travailler pour l’Etat non-musulman et pour l’individu non-musulman :
Question : “Est-il licite pour le musulman de se mettre au service du mécréant en l’échange d’un salaire ? C’est-à-dire qu’il se mette à son service personnel et accomplisse pour lui ses tâches quotidiennes. Et est-ce qu’un tel travail n’est pas concerné par la croyance (islamique) de l’alliance et du désaveu ? Et qu’Allah mette en vous Sa bénédiction.”
Réponse du chaikh : “La louange est à Allah le Seigneur de l’univers, et que les éloges et le salut soient sur celui qu’Allah envoya comme miséricorde pour l’univers, ainsi que sur sa famille, ses compagnons et ses frères jusqu’au jour de la rétribution.
Ceci dit, sache que parmi les fondements de la croyance islamique se trouve le fait que le musulman s’allie aux adeptes de cette croyance et soit l’ennemi des ennemis de cette croyance. Cependant, notre hostilité envers les mécréants, qui est le désaveu, ne signifie pas leur nuire et leur faire du mal par les paroles et les actes. En effet, se désavouer des associateurs et les détester ne défend pas et n’empêche pas de leur donner leurs droits, d’accepter leurs témoignages les uns contre les autres et d’observer le bon comportement avec eux. Allah a dit : “Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables.” (s.60 l’éprouvée, v.8). Tout comme se désavouer d’eux et les détester ne défend pas et n’empêche pas d’entretenir une vie conjugale convenablement avec la femme mécréante des gens du Livre : “Et comportez-vous convenablement envers elles.” (s.4 les femmes, v.19), ni de pratiquer la bienfaisance envers les parents, les proches et les voisins mécréants. Plutôt, tout cela fait partie du noble comportement du musulman qu’Allah a ordonné et a enjoint de respecter, Il a dit - élevé soit-Il - : “Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable.” (s.31 Louqman, v.15) ; et Il a aussi dit - élevé soit-Il - : “Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin [le proche parent voisin], le voisin lointain [le voisin qui n’est pas un proche parent], le compagnon [l’épouse, le compagnon de voyage, le collègue au travail et l’ami] et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant” (s.4 les femmes, v.36).
Mais quant à soutenir la mécréance et secourir ses adeptes, ceci est illicite et atteint le niveau de la mécréance en Allah. Allah - élevé soit-Il - a dit : “Et celui d’entre vous qui les prend pour alliés, devient un des leurs. Allah ne guide certes pas les gens injustes.” (s.5 la table servie, v.51). Et c’est ce qui est voulu par le désaveu. […]” (http://ferkous.com/home/?q=fatwa-308)
2. En ce qui concerne le voisin mécréant :
Allah a dit : “Adorez Allah et ne Lui donnez aucun associé. Agissez avec bonté envers (vos) père et mère, les proches, les orphelins, les pauvres, le proche voisin [le proche parent voisin], le voisin lointain [le voisin qui n’est pas un proche parent], le compagnon [l’épouse, le compagnon de voyage, le collègue au travail et l’ami] et le voyageur, et les esclaves en votre possession, car Allah n’aime pas, en vérité, le présomptueux, l’arrogant, ceux qui sont avares et ordonnent l’avarice aux autres, et cachent ce qu’Allah leur a donné de par Sa grâce. J’ai préparé un châtiment avilissant pour les mécréants. Et ceux qui dépensent leurs biens avec ostentation devant les gens, et ne croient ni en Allah ni au Jour dernier … Quiconque a le Diable pour camarade inséparable, quel mauvais camarade! Qu’auraient-ils à se reprocher s’ils avaient cru en Allah et au Jour dernier et dépensé (dans l’obéissance) de ce qu’Allah leur a attribué? Allah, d’eux, est Omniscient. Certes, Allah ne lèse (personne), fût-ce du poids d’un atome. S’il est une bonne action, Il la double, et accorde une grosse récompense de Sa part.” (s.4 les femmes, v.36 à 40). Allah a donc ordonné d’agir avec bonté et de pratiquer la bienfaisance envers le voisin, qu’il soit un proche parent ou non. Et le voisin est de trois degrés différents :
1) le voisin musulman.
2) le voisin proche parent, qui est de deux catégories : le voisin musulman proche parent, le voisin mécréant proche parent.
3) le voisin mécréant.
Le voisin musulman a donc deux droits sur nous : le droit de l’Islam et le droit du voisinage. Le voisin musulman proche parent a donc un troisième droit sur nous en plus : celui des liens de parenté. Le voisin mécréant proche parent a donc deux droits sur nous : celui des liens de parenté et du voisinage. Et le voisin mécréant qui n’est pas un proche parent a donc un droit sur nous : celui du voisinage.
Et les droits du voisinage sont les suivants :
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Jibril (l’ange Gabriel) n’a cessé de m’enjoindre la bonté envers le voisin jusqu’à ce que j’ai pensé qu’il allait me transmettre (d’Allah) l’ordre d’en faire un des héritiers (du défunt).” (rapporté par Al Boukhari n°6014 et Mouslim n°2624 d’après ibn ‘Oumar et ‘Aïcha). Ainsi, les droits du voisin sont immenses et les respecter est fortement obligatoire.
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Celui qui croit en Allah et au jour dernier, qu’il ne nuise alors pas à son voisin.” (rapporté par Al Boukhari n°5185 et Mouslim n°47 d’après Abou Hourayra), et dans un rapport de Mouslim : “qu’il soit alors bienfaisant envers son voisin.”
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Par Allah, il n’a pas la foi ! Par Allah, il n’a pas la foi ! Par Allah, il n’a pas la foi !”. Il fut interrogé : “Qui ça, ô messager d’Allah ?!”. Il répondit : “Celui dont le voisin n’est pas à l’abri - n’est pas épargné de ses maux.” (rapporté par Al Boukhari n°6016 d’après Abou Hourayra). Et Mouslim rapporta (n°46) d’après Abou Hourayra : le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “N’entrera pas au paradis celui dont le voisin n’est pas à l’abri - n’est pas épargné de ses maux.” Ainsi, nuire à son voisin, ne pas le mettre à l’abri - ne pas le préserver de notre mal et malfaisance, est un des grands péchés dans la religion d’Allah, est un des péchés capitaux qui s’opposent à la foi en Allah et au jour dernier et annulent l’intégralité obligatoire de la foi du musulman et font donc de lui un musulman pervers désobéissant à la foi déficiente, ce qui l’expose alors à goûter au châtiment d’Allah dans l’au-delà - si Allah ne lui pardonne pas - avant d’entrer au paradis. Et nuire au voisin et lui faire du mal peut se faire par les plusieurs choses suivantes :
- par la langue : la médisance, le colportage, la calomnie, l’insulte (la parole dénigrante voire injuriante), la parole obscène et vulgaire, l’accusation injuste, etc.
- par l’oeil : l’espionner, regarder les femmes de sa maison (son épouse, sa fille, sa soeur, etc.) au lieu de détourner le regard d’elles lorsqu’on les croise, pire encore : les regarder à l’intérieur de leur maison et accomplir alors la fornication de l’oeil avec elles, regarder avec curiosité ou jalousie ce qu’il achète, le regarder de manière nuisante, etc. Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a d’ailleurs dit : “Si un homme regarde - jette un coup d’oeil dans ta maison sans ta permission, puis que tu lui jettes alors des cailloux jusqu’à lui crever un oeil, tu n’aurais aucun péché pour cela.” (rapporté par Al Boukhari et Mouslim d’après Abou Hourayra). Et il a aussi dit - éloges et salut d’Allah sur lui - : “Celui qui regarde - jette un coup d’oeil dans la maison d’autrui sans sa permission, il est alors licite aux gens de cette maison de lui crever l’oeil.” (rapporté par Mouslim d’après Abou Hourayra).
- par l’oreille : écouter les discussions de son voisin, écouter les voix des femmes de sa maison et accomplir alors avec elles la fornication de l’oreille, enregistrer leurs voix, etc. Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a d’ailleurs dit : “Celui qui écoute la discussion de gens alors que ceux-ci ne veulent pas qu’il écoute ou s’éloignent de lui, du plomb fondu sera versé dans son oreille au jour de la résurrection.” (rapporté par Al Boukhari d’après ibn ‘Abbas).
- par le sexe : accomplir la fornication ou ses préliminaires avec une des femmes de sa maison. Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a d’ailleurs dit, en réponse à la question de ‘Abd Allah ibn Mes’oud “Quel est le péché le plus immense auprès d’Allah ?” : “Que tu désignes à Allah un égal alors que c’est Lui qui t’a crée.” Ibn Mes’oud dit : “Ceci est certes immense. Puis, après celui-ci ?”. Il répondit : “Que tu tues ton enfant de peur qu’il mange avec toi.” Ibn Mes’oud dit : “Puis, après celui-ci ?”. Il répondit : “Que tu ailles accomplir la fornication avec la femme de ton voisin alors que celle-ci l’agrée.” (rapporté par Al Boukhari et Mouslim d’après ibn Mes’oud) C-à-d elle agrée de tromper son mari avec toi, ce qui contient alors comme péché capital, en plus de celui de la fornication et celui de la trahison de son voisin dans son honneur et dans ce qu’il a de plus cher, celui de corrompre - remonter une femme contre son mari et “N’est pas des nôtres celui qui corrompt - remonte une femme contre son mari ou un esclave contre son maître.” dit le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - (rapporté par Abou Dawoud d’après Abou Hourayra, jugé authentique par l’imam Al Albani). Et le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit à ses compagnons : “Que dites-vous sur la fornication ?”. Ils répondirent : “Une chose illicite qu’Allah a rendue illicite ainsi que Son messager. Elle est donc illicite jusqu’au jour de la résurrection.” Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - dit alors : “Que l’homme fornique avec dix femmes est plus léger - est moins grave qu’il ne fornique avec la femme de son voisin.” Puis il dit : “Que dites-vous sur le vol ?”. Ils répondirent : “Allah l’a rendu illicite ainsi que Son messager, il est donc une chose illicite.” Il dit : “Que l’homme vole dans dix maisons est plus léger - est moins grave qu’il ne vole de la maison de son voisin.” (rapporté par Ahmad d’après Al Miqdad ibn Al Aswad, jugé authentique par l’imam Al Albani).
- par la main : jeter nos ordures ou déchets devant la porte de son voisin, frapper ses enfants, voler quoique ce soit de ses biens, détruire ou endommager quoique ce soit de ses biens, etc.
- par le pied : entrer chez son voisin sans sa permission ou s’y rendre à des heures non-adéquates, etc.
- par le son : monter trop haut le volume des objets modernes sonores, émettre des sons - bruits dérangeant le voisin aux heures de sommeil ou autres, etc.
- par l’odeur : faire parvenir jusqu’à chez lui des odeurs nuisantes ou nauséabondes.
Conclusion, celui qui nuit à son voisin, musulman soit-il ou non, lui fait du mal et ne le préserve pas de sa malfaisance : il ne croit pas en Allah et au jour dernier, il n’a pas la foi, il n’entrera pas au paradis … menace terrible de la part du messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - qui signifie, comme on le sait des autres textes révélés, l’annulation de l’intégralité obligatoire de la foi du musulman et non pas de toute sa foi (sa base et son intégralité), sauf dans le cas où il considère licite de nuire au voisin (car juger licite ce qu’Allah a rendu illicite est une mécréance majeure expulsant son auteur de l’Islam et annulant toute sa foi), et signifie la non-entrée directe au paradis mais plutôt après un séjour, dont la durée n’est connue que d’Allah, en enfer, si Allah décide de ne pas pardonner au musulman désobéissant qui meurt sans s’être repenti de ce grave péché (car lorsque l’homme meurt ayant à son actif des péchés, Allah lui pardonne ce qu’Il veut en dessous de la mécréance majeure et le châtie, en toute justice, pour ce qu’Il veut de ces grands péchés ; quant à celle-ci, la mécréance majeure, elle ne sera jamais pardonnée, celui qui meurt l’ayant à son actif sera condamné à l’enfer pour l’éternité).
Il fut dit au messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - : “Ô messager d’Allah, une telle prie la nuit et jeûne la journée (accomplit la prière nocturne surérogatoire ainsi que le jeûne surérogatoire en journée), cependant, il y a quelque chose dans ses paroles : elle nuit à ses voisins par sa langue, elle a “une grande bouche”. Il dit : “Il n’y a aucun bien en elle, elle sera en enfer.” Et on lui dit : “Une telle accomplit la prière obligatoire, jeûne (le mois de) Ramadan, donne en aumône du lait caillé, mais n’accomplit rien d’autre et elle ne nuit à personne - et dans un autre rapport : elle ne nuit pas, par sa langue, à ses voisins -.” Il dit : “Elle ira au paradis.” (rapporté par Ahmad et Al Boukhari dans “al adab al moufrad” d’après Abou Hourayra, jugé authentique par Al Hakim et approuvé, en cela, par Adh Dhahabi).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Par Celui qui détient mon âme dans Sa Main, aucun serviteur n’a la foi tant qu’il n’aime pas pour son voisin ce qu’il aime pour lui-même.” (rapporté par Mouslim n°45 d’après Anas). Ne pas aimer pour son voisin musulman ce qu’on aime pour soi-même dans la vie d’ici-bas et celle de l’au-delà est donc un grand péché. Et ne pas aimer la guidée à l’Islam pour son voisin mécréant, afin qu’il obtienne le pardon d’Allah et Sa miséricorde, est donc un grand péché.
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Qu’un homme n’empêche pas son voisin d’enfoncer une poutre - un morceau de bois dans son mur.” (rapporté par Al Boukhari n°2463 et Mouslim n°1609 d’après Abou Hourayra).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Ô Abou Dharr, lorsque tu cuisines un bouillon, augmente son eau et donne-en à tes voisins.” (rapporté par Mouslim n°2625).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Ô femmes musulmanes ! Que l’une d’entre vous ne méprise rien qu’elle puisse donner à sa voisine, ne serait-ce que le sabot d’un ovin.” (rapporté par Al Boukhari n°2566 et Mouslim n°1030 d’après Abou Hourayra).
Fut égorgé un ovin dans la famille de ‘Abd Allah ibn ‘Amr. Lorsqu’il vint, il dit : “En avez-vous donné un morceau en cadeau à notre voisin juif ? En avez-vous donné un morceau en cadeau à notre voisin juif ? J’ai entendu le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - dire : “Jibril (l’ange Gabriel) n’a cessé de m’enjoindre la bonté envers le voisin jusqu’à ce que j’ai pensé qu’il allait me transmettre (d’Allah) l’ordre d’en faire un des héritiers (du défunt).”.” (rapporté par At Tirmidhi n°1943 et qu’il jugea bon). L’imam ibn Baz a dit (voir : http://www.binbaz.org.sa/node/290) : “Lorsque ton voisin est mécréant, tu pratiques la bienfaisance envers lui, tu ne lui nuis pas dans son voisinage, tu lui donnes aumône s’il est pauvre, tu lui offres des cadeaux et tu lui donnes de bons conseils dans ce qui lui profite. Car ceci est ce qui provoque son aspiration à l’Islam et son entrée dans cette religion, et car le voisin a un droit : le prophète - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Jibril (l’ange Gabriel) n’a cessé de m’enjoindre la bonté envers le voisin jusqu’à ce que j’ai pensé qu’il allait me transmettre (d’Allah) l’ordre d’en faire un des héritiers (du défunt).” Rapporté par Al Boukhari et Mouslim. Lorsque le voisin est mécréant, il a sur nous le droit du voisinage. Et si, en plus, il est un proche parent, il a alors sur nous deux droits : le droit du voisinage et le droit du lien de parenté. Et parmi ce qui est légiféré pour le musulman, il y a le fait qu’il donne aumône, en dehors de la zakat, à son voisin mécréant pacifique, qui n’est pas de ceux qui combattent les musulmans. De par la preuve de la parole d’Allah - élevé soit-Il - : “Allah ne vous défend pas d’être bienfaisants et équitables envers ceux qui ne vous ont pas combattus pour la religion et ne vous ont pas chassés de vos demeures. Car Allah aime les équitables.” Ainsi que le hadith authentique d’après Asma fille de Abou Bakr : Sa mère arriva jusqu’à elle à Médine, pendant la période de paix suite au traité d’Al Houdaybiyya, alors qu’elle était une associatrice et désirait de l’aide de la part de sa fille. Asma demanda la permission au prophète - éloges et salut d’Allah sur lui - pour cela, en demandant est-ce qu’elle (répondait à la demande de sa mère) et entretenait alors son lien de parenté avec elle. Il lui répondit : “Entretiens ton lien de parenté avec elle.” Quant à la zakat, rien n’empêche de la verser aux mécréants dont les cœurs sont à gagner : “Les aumônes ne sont que pour les misérables, les pauvres, ceux qui y travaillent, ceux dont les cœurs sont à gagner, l'affranchissement des jougs, ceux qui sont lourdement endettés, dans le sentier d'Allah et pour le voyageur (en détresse). C'est un décret d'Allah, et Allah est Omniscient et Sage.” (s.9 le repentir, v.60)”. Rappel de ce qu’on avait étudié auparavant (dans l’audio des ayants-droit de la zakat) à propos de la signification de la catégorie “ceux dont les coeurs sont à gagner” :
[…]
Revenons aux droits du voisin : Plutôt, le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Ne crois pas en moi celui qui passe la nuit rassasié alors que son voisin à côté de lui a faim et qu’il le sait.” (rapporté par Al Boukhari dans “al adab al moufrad” et Al Hakim, jugé authentique par l’imam Al Albani). Ce qui prouve donc que cet acte est un grand péché. En effet, un grand péché, comme l’a dit le grand savant exégète chaikh As Sa’di (dans son tafsir pour s.4 les femmes v.31), est : “ce pour quoi il a été mentionné dans les textes révélés une sanction pénale dans la vie d’ici-bas [comme tuer, lapider, fouetter, trancher la main], une menace dans l’au-delà [un châtiment dans la vie intermédiaire ou au jour de la résurrection], la négation de la foi de son auteur, ou la provocation d’une malédiction ou d’une colère divine contre son auteur. Et ceci est la meilleure des définitions données pour le grand péché.”. D’autres savants ont également ajouté : ou le désaveu contre son auteur par l’expression “Je me désavoue de” ou “N’est pas des nôtres celui qui” ou autre semblable.
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Celui qui croit en Allah et au jour dernier, qu’il honore alors son voisin et soit généreux envers lui.” (rapporté par Al Boukhari n°6138 et Mouslim n°47 d’après Abou Hourayra).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Le meilleur des compagnons auprès d’Allah est le meilleur d’entre eux envers son compagnon. Et le meilleur des voisins auprès d’Allah est le meilleur d’entre eux envers son voisin.” (rapporté par At Tirmidhi n°1944 d’après ibn ‘Amr, jugé authentique par l’imam Al Albani).
3. En ce qui concerne le proche parent mécréant :
Allah a dit : “J’ai commandé à l’homme [la bienfaisance envers] ses père et mère; sa mère l’a porté [subissant pour lui] peine sur peine: son sevrage a lieu à deux ans. «Sois reconnaissant envers Moi ainsi qu’envers tes parents. Vers Moi est la destination. Et si tous deux te forcent à M’associer ce dont tu n’as aucune connaissance, alors ne leur obéis pas; mais reste avec eux ici-bas de façon convenable. Et suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi. Vers Moi, ensuite, est votre retour, et alors Je vous informerai de ce que vous faisiez.” (s.31 Louqman, v.14-15). Le grand savant exégète chaikh As Sa’di a dit dans son tafsir : ““mais reste avec eux ici-bas de façon convenable” c-à-d tiens leur compagnie en étant bienfaisant envers eux deux conformément à la bienséance [à ce qui est bien et bon dans la législation et l’usage]. Mais quant à les suivre dans leur état de mécréance et de désobéissance, alors, non, ne les suis pas, plutôt “suis le sentier de celui qui se tourne vers Moi” qui sont les croyants en Allah, en Ses anges, Ses Livres et Ses messagers, ceux qui se soumettent à leur Seigneur et se repentent à Lui. Et suivre leur voie se fait en empruntant leur chemin dans le repentir à Allah qui est : l’attirance de la volonté et l’aspiration du cœur vers Allah, suivie des efforts et œuvres du corps dans ce qui satisfait Allah et rapproche de Lui.”
Allah a dit : “La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles. Repousse le mal (la mauvaise action commise envers toi) par ce qui est meilleur; et voilà que celui avec qui tu avais une animosité devient tel un ami chaleureux. Mais (ce privilège) n’est donné qu’à ceux qui endurent et il n’est donné qu’au possesseur d’une grâce immense (à celui qui a reçu d’Allah une part immense). Et si jamais le Diable t’incite (à agir autrement), alors cherche refuge auprès d’Allah; c’est Lui, vraiment l’Audient, l’Omniscient.” (s.41 les versets détaillés, v.34 à 36). Le grand savant exégète chaikh As Sa’di a dit dans son tafsir : “Allah - élevé soit-Il - a dit : “La bonne action et la mauvaise ne sont pas pareilles” c-à-d accomplir les bonnes actions et les actes d’obéissance pour obtenir l’agrément d’Allah n’est pas égal à accomplir les mauvaises actions et les actes de désobéissance qui provoquent Sa Colère et qu’Il n’agrée pas. De même, la bienfaisance envers les créatures n’est pas égale à la malfaisance envers elles, ni en soi, ni dans sa caractéristique, ni dans sa rétribution. “Y a-t-il d’autre rétribution pour la bienfaisance, que la bienfaisance?” (s.55 Le Tout Miséricordieux, v.60). Puis, Il ordonna une bienfaisance précise dont l’effet - l’impact est immense : la bienfaisance envers celui qui est malfaisant et nuisant envers toi : “Repousse le mal (la mauvaise action commise envers toi) par ce qui est meilleur” c-à-d lorsqu’un individu agit mal envers toi, surtout quelqu’un qui a un immense droit sur toi comme les proches parents, les compagnons et autres gens semblables, par une parole ou un acte, répond-lui par une bienfaisance à son égard. S’il rompt le lien entre lui et toi, joins-le et entretiens-le. S’il commet une injustice envers toi, pardonne-lui. S’il parle mal contre toi, en ton absence ou en ta présence, ne lui rend pas la pareille, plutôt, pardonne-lui et adresse-lui des paroles douces. S’il t’abandonne et décide de ne plus te parler, adresse-lui alors des bonnes paroles et salue-le.”
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Celui qui croit en Allah et au jour dernier, qu’il entretienne - qu’il joigne alors ses liens de parenté.” (rapporté par Al Boukhari n°6138 d’après Abou Hourayra).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “N’entrera pas au paradis quelqu’un qui rompt ses liens de parenté.” (rapporté par Al Boukhari n°5984 et Mouslim n°2556 d’après Joubayr ibn Mout’im).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Il n’y a pas un péché dont l’auteur mérite plus d’être frappé, de la part d’Allah - élevé soit-Il -, par un châtiment accéléré dans cette vie d’ici-bas, malgré ce qui lui est préparé et réservé en plus dans l’au-delà, tel que l’agression et la rupture des liens de parenté.” (rapporté par Abou Dawoud n°4902 et At Tirmidhi n°2511 d’après Abou Bakra, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Allah - élevé soit-Il - a dit : Je suis Ar Rahman (Le Tout Miséricordieux) et elle est ar rahim (la matrice - l’utérus - la parenté), Je lui ai dérivé un nom à partir du Mien, celui qui l’entretient et la joint, Je l’entretiendrai et le joindrai (par Ma miséricorde), et celui qui la rompt, Je le romprai (de Ma miséricorde).” (rapporté par Abou Dawoud n°1694 et At Tirmidhi n°1907 d’après ‘Abd Ar Rahman ibn ‘Awf, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “L’acte le plus aimé auprès d’Allah est la foi en Allah, puis, l’entretien des liens de parenté.” (rapporté par Abou Ya’la d’après un homme de Khat’am, jugé bon par l’imam Al Albani).
Cependant, il est nécessaire de savoir qu’un grand nombre de savants a jugé l’acte d’entretenir ses liens de parenté et de ne pas les rompre, n’étant obligatoire et ce, très fortement, qu’avec les proches parents musulmans. Quant aux proches parents mécréants, entretenir ses liens de parenté avec eux sans les rompre n’est pas obligatoire mais simplement recommandé, à l’exception des parents (le père et la mère) mécréants : entretenir le lien de parenté avec eux deux et ne pas le rompre est obligatoire de par la preuve de l’ordre d’Allah de rester avec eux ici-bas d’une façon convenable, de leur tenir compagnie ici-bas en étant bienfaisant envers eux deux conformément à la bienséance, comme nous l’avons déjà lu précédemment dans le v.15 de s.31 Louqman. Parmi les preuves sur lesquelles est fondé l’avis de ces nombreux savants (qui est : le caractère non-obligatoire, mais simplement recommandé, d’entretenir ses liens de parenté avec le proche parent mécréant, en dehors du père et de la mère) :
[…]
Quatorzièmement, quant à l’image véhiculée par le musulman pieux dans son apparence, ses paroles, ses faits et gestes : il nous apparaît, après l’étude de ces 12 parties dans ce rappel - éclaircissement traitant des différents domaines de la manière d’agir du musulman dans une société non-musulmane, que le musulman vertueux, où qu’il soit, se caractérise et se distingue des gens autour de lui par : un bon ou fort niveau de connaissance religieuse, une mise en pratique sincère et véridique de celle-ci dans tous les domaines de la vie quotidienne - mise en pratique qui se traduit par une croyance authentique ferme et une vertu des paroles et des actes constante, quel que soit l’état des gens autour de lui et quelle que soit l’ampleur de l’épreuve douloureuse et difficile qui l’a atteint -, un caractère noble et un comportement exemplaire.
Et au contraire, on reconnaît le musulman pervers désobéissant à la foi déficiente ainsi que le mécréant par : l’ignorance en religion, la fausseté et corruption dans la croyance, la faiblesse et le manque de fermeté dans la croyance, l’absence ou le manque de sincérité et véracité dans la pratique religieuse quotidienne, la perversion des paroles et des actes, un caractère vil et un comportement blâmable.
Tout en soulignant que le statut du noble caractère et du bon comportement est immense en Islam :
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Je n’ai été envoyé (désigné comme messager) que pour parfaire le noble caractère et les bons comportements.” (rapporté par Al Boukhari dans “al adab al moufrad”, jugé bon par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Parmi les meilleurs d’entre vous se trouvent les meilleurs d’entre vous en caractère et comportement.” (rapporté par Al Boukhari et Mouslim d’après ‘Abd Allah ibn ‘Amr).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Les serviteurs d’Allah les plus aimés auprès de Lui sont les meilleurs d’entre eux en caractère et comportement.” (rapporté par At Tabarani d’après Oussama ibn Charik, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Parmi ceux d’entre vous que j’aime le plus et qui seront le plus proche de moi en assise au jour de la résurrection : les meilleurs d’entre vous en caractère et comportement.” (rapporté par At Tirmidhi d’après Jabir, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - fut interrogé sur ce qui fera le plus entrer les gens au paradis, alors il répondit : “La crainte d’Allah et le bon caractère et comportement.” (rapporté par At Tirmidhi d’après Abou Hourayra).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Les croyants à la foi la plus complète - parfaite sont les meilleurs d’entre eux en caractère et comportement.” (rapporté par Abou Dawoud d’après Abou Hourayra, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Il n’y aura une chose plus lourde dans la balance du serviteur au jour de la résurrection que le bon caractère et comportement.” (rapporté par Abou Dawoud d’après Abou Ad Darda, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Le serviteur atteint certes par son bon caractère et comportement le degré du jeûneur en journée prieur la nuit.” (rapporté par Abou Dawoud d’après ‘Aïcha, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Le messager d’Allah - éloges et salut d’Allah sur lui - a dit : “Je garantie une maison en bas (aux premiers degrés) du paradis pour celui qui délaisse la dispute - l’altercation et même s’il a raison, une maison au milieu du paradis pour celui qui délaisse le mensonge et même lorsqu’il plaisante, et une maison en haut du paradis pour celui qui a un bon caractère et comportement.” (rapporté par Abou Dawoud d’après Abou Oumama Al Bahili, jugé authentique par l’imam Al Albani).
Ainsi, le musulman vertueux est celui qu’on reconnaît d’entre les gens par : la pudeur et la honte, la bienfaisance envers ses parents, l’entretien de ses liens de parenté, le bon voisinage, le calme et la décence, la douceur et la gentillesse, la miséricorde et la compassion, l’humilité, l’indulgence, la générosité, l’honneur fait à l’invité, la virilité, la patience et l’endurance, l’acte de se défendre et riposter quand il le faut, la justice et l’équité, l’acte de traiter les gens avec ménagement (mesure et vigilance) quand il le faut, la véracité et la franchise, l’honnêteté et la loyauté, la maîtrise de sa colère, la crainte d’Allah et le non-accomplissement de péchés même lors de la dispute, le respect de son engagement, la fidélité à sa promesse, le respect de la confiance qu’on lui donne, la sauvegarde du dépôt qu’on lui confie, l’absence de jalousie envers les gens pour ce qu’Allah leur a donné comme bienfaits, la jalousie louable (de juste milieu entre l’exagération et la négligence) pour son épouse et les femmes de sa famille, l’acte de détourner son regard des femmes étrangères, la sauvegarde de sa langue quant aux calamités et malheurs de la langue tels que la médisance, le colportage, le mensonge, le faux témoignage, la malédiction et l’insulte contre les gens, la moquerie et la raillerie, l’obscénité et la vulgarité, le dévoilement des secrets, les éloges blâmables, etc. »
Voilà qui viendra peut-être, espérons, éclaircir la question de « la haine salafiste contre les juifs et les chrétiens » ! Et on peut aussi insister davantage sur ce à quoi il a été fait allusion dans les extraits précédents et qui est le principe fondamental, dans la voie Salafie, de l’équité et du secours de l’opprimé quelle que soit sa religion, sa race, sa couleur, son statut et qui que soit celui qui l’opprime. En effet, porter secours à l’opprimé et défendre le droit de l’individu lésé, même si celui-ci est notre pire ennemi parmi les mécréants, face à celui qui l’opprime et le lèse et même si ce dernier est notre plus proche-parent parmi les Musulmans, est un principe de base dans la voie Salafiyya. « Ô les croyants! Observez strictement la justice et soyez des témoins (véridiques) comme Allah l’ordonne, fût-ce contre vous-mêmes, contre vos père et mère ou proches parents. Qu’il s’agisse d’un riche ou d’un besogneux, Allah a priorité sur eux deux (et Il est plus connaisseur de leur intérêt que vous). Ne suivez donc pas les passions, afin de ne pas dévier de l’équité. Si vous portez un faux témoignage ou si vous vous détournez de témoigner de la vérité et de pratiquer l’équité, [sachez qu’] Allah est Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » [s.4, v.135]. « Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables. Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes. Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété. Et craignez Allah. Car Allah est certes Parfaitement Connaisseur de ce que vous faites. » [s.5, v.8]. « Et ne laissez pas la haine pour un peuple qui vous a obstrué la route vers la Mosquée sacrée vous inciter à transgresser. Entraidez-vous dans l’accomplissement des bonnes œuvres et de la piété et ne vous entraidez pas dans le péché et la transgression. Et craignez Allah, car Allah est, certes, dur en punition! » [s.5, v.2]. « Certes, Allah commande l’équité, la bienfaisance et l’assistance aux proches. Et Il interdit la turpitude, l’acte répréhensible et l’agression. Il vous exhorte afin que vous vous souveniez. » [s.16, v.90]. « Et quand vous parlez, soyez équitables même s’il s’agit d’un proche parent. » [s.6, v.152]. L’imam Mouqbil Al Wadi’i a dit après avoir énumérer ces versets précédents : « Ahl As Sounna sont les plus heureux des gens par leur bonne pratique de ces versets et autres textes semblables. En effet, lorsqu’Ahl As Sounna écrivent, ils mentionnent ce qui est en leur faveur comme ce qui est à leur encontre. Lorsqu’ils sermonnent, ils citent ce qui est à leur actif comme ce qui est contre eux. Ahl As Sounna font constamment preuve d’équité tant avec la personne qui leur est proche que celle qui ne l’est pas, tant avec l’ami qu’avec l’ennemi. Lorsque tu ouvres les livres de la critique et de l’éloge, tu trouves leur contenu être d’une équité éminente : les savants de la Sounna critiquent l’individu qui mérite d’être critiqué et même s’il est un haut personnage dans la Sounna et ils font l’éloge de l’innovateur d’après ce qui se trouve en lui comme bien lorsque besoin est. Au contraire des gens des passions qui font l’éloge de celui qui s’accorde avec eux dans leurs innovations et même s’il « ne vaut pas un sou », tandis qu’ils blâment celui qui s’oppose à eux et même s’il est un éminent personnage dans la religion. » [« al ilhad al khoumayni fi ard al haramayn » p.5]. Le grand savant exégète chaikh As Sa’di a dit dans son exégèse : ““Ô les croyants! Soyez stricts (dans vos devoirs) envers Allah et (soyez) des témoins équitables” par le fait que vos fais et gestes, extérieurs et intérieurs, soient engagés activement pour la réalisation de l’équité ; et par le fait que cette réalisation soit pour Allah Seul et non pas pour un des objectifs mondains ; et par le fait que vous aspiriez à l’équité, qui est la justice et non pas l’excès - l’abus ni la négligence - le laxisme, tant dans les paroles que les actes ; et pratiquez - réalisez cela avec le proche et le non-proche, avec l’ami et l’ennemi. “Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes” comme le sont ceux qui n’ont pas en eux de justice et d’équité. Plutôt, tout comme vous témoignez en faveur de votre proche et allié, témoignez aussi contre lui. Et tout comme vous témoignez contre votre ennemi, témoignez aussi en sa faveur. Ainsi, même s’il est mécréant ou innovateur, il est obligatoire de pratiquer la justice et l’équité envers lui et d’accepter ce qu’il apporte comme vérité, pas parce que c’est lui qui a dit cette vérité (mais pour son caractère de vérité en soi) ; et la vérité ne peut être refusée à cause du fait qu’elle ait été prononcée par cet individu, car ceci serait une injustice envers la vérité. “Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété” c-à-d plus vous vous appliquez dans la pratique de l’équité et vous déployez des efforts dans son respect, plus cela est proche pour la piété de vos coeurs. Lorsque, donc, l’équité devient complète - entière, la piété devient parfaite.” Le chaikh Soulayman Ar Rouhayli a dit : « Et du fait que la Salafiyya est rabbâniyya (scientifique et bonne éducatrice, provenant du Seigneur), elle se caractérise par des attributs nobles, dont il y a [les huit suivants] : [...] 2. L’équité. La Salafiyya est dans sa totalité équité, tant avec l’individu aimé qu’avec l’individu détesté, plutôt, tant avec le Musulman qu’avec le mécréant. Le Salafi déteste le mécréant d’une haine totale mais il ne le lèse point et ne lui fait aucune injustice. Et il déteste l’innovateur d’après le degré de ce qu’il y a en lui comme innovation mais il ne le lèse point et ne lui fait aucune injustice, plutôt, s’il le voit subir une injustice, il vient à son secours. Ce, car l’équité, la justice, est un principe Islamique exigé (dans notre manière d’agir) avec tout le monde. Ceci est une chose sur laquelle je mets l’accent ô frères ! Le Salafi ne lèse point autrui, il ne fait aucune injustice aux autres … ceci est une caractéristique que nous devons obligatoirement apprendre ! Le Salafi ne lèse point et ne fait aucune injustice à l’individu qui est éloigné de lui et donc, à plus forte raison, à l’individu qui est proche de lui. » [« as salafiyya manhaj wa hayah »]. Concluons ce bref aperçu de ce sujet par ces deux hadiths : le prophète – éloges et salut d’Allah sur lui – dit : « Secoure ton frère qu’il soit injuste ou opprimé. » Il fut alors interrogé : « Ô messager d’Allah, je le secoure quand il est opprimé (je comprends cela), mais le secourir lorsqu’il est injuste comment cela se réalise ? » Il répondit : « En le stoppant dans son injustice ou l’empêchant d’être injuste, voilà ce qui est certes lui porter secours. » Rapporté par Al Boukhari (n°6952) d’après Anas ibn Malik. Et Al Bara ibn ‘Azib dit : « Le prophète – éloges et salut d’Allah sur lui – nous a ordonné sept choses et nous en a interdit sept autres. Il nous a ordonné de suivre les convois funéraires (jusqu’au cimetière), de rendre visite au malade, de répondre à l’invitation, de porter secours à l’opprimé, d’honorer le serment de l’autre, de répondre à la salutation, et de dire « Qu’Allah te fasse miséricorde » à celui qui a éternué (puis a dit « Louange à Allah »). […] » Rapporté par Al Boukhari (n°1239, 2445, 5175, 5635, 5650, 5838, 5849, 5863, 6222, 6235, 6654).
Le rejet de « l’Occident » au sein du Salafisme.
D’autre part, il est important de signaler que la Salafiyya n’a pas, pour conviction ni pratique, le rejet de « l’Occident » dans l’absolu. Et il a déjà été donné précédemment un aperçu de cela en ce qui concerne la manière d’agir de la Salafiyya envers les autorités de l’Etat mécréant et ses lois, envers les individus mécréants de la société dans leurs personnes et leurs biens, envers tout ce qui touche à la stabilité de la société et le salut de celle-ci face aux troubles, injustices, effusions de sang et autres grands méfaits collectifs, envers l’épouse et les proches parents en termes d’amour humain et d’affection naturelle, envers les voisins en termes d’honneur, de bienveillance et de bienfaisance, envers tous les individus mécréants de la société, pacifiques avec les Musulmans, en termes de bienfaisance, de relations saines et d’échanges plein de fortes valeurs humaines, envers l’opprimé, quiconque soit-il, en termes de secours qui doit lui être porté et de défense pour ses droits, et envers tous les gens en général en termes de caractère noble et de comportement éminent, atteignant le summum de l’équité et de la perfection morale, qui doivent obligatoirement régir les relations, échanges et transactions avec eux. Mais ajoutons encore, à tout cela, le principe fondamental dans la voie Salafie qu’est toujours accepter la vérité et ce, dans tous les cas, tout en faisant abstraction de qui est celui qui l’a apportée, rappelée, transmise. En guise d’exemple, rappelons une parole du chaikh As Sa’di déjà lue précédemment : « “Et que la haine pour un peuple ne vous incite pas à être injustes” comme le sont ceux qui n’ont pas en eux de justice et d’équité. Plutôt, tout comme vous témoignez en faveur de votre proche et allié, témoignez aussi contre lui. Et tout comme vous témoignez contre votre ennemi, témoignez aussi en sa faveur. Ainsi, même s’il est mécréant ou innovateur, il est obligatoire de pratiquer la justice et l’équité envers lui et d’accepter ce qu’il apporte comme vérité, pas parce que c’est lui qui a dit cette vérité (mais pour son caractère de vérité en soi) ; et la vérité ne peut être refusée à cause du fait qu’elle ait été prononcée par cet individu, car ceci serait une injustice envers la vérité. “Pratiquez l’équité: cela est plus proche de la piété” c-à-d plus vous vous appliquez dans la pratique de l’équité et vous déployez des efforts dans son respect, plus cela est proche pour la piété de vos coeurs. Lorsque, donc, l’équité devient complète - entière, la piété devient parfaite. » Et la vérité c’est ce qui est conforme à la réalité, que ce soit la réalité religieuse ou la réalité mondaine. Celui qui viendrait donc, par exemple, signaler les mauvaises actions et péchés (réellement) commis ouvertement par tel ou tel Salafi, les défauts dans la conduite et la manière d’agir avec les gens de tel ou tel Musulman, sa parole de vérité serait acceptée et même s’il est le plus grand ennemi de l’Islam. Et les exemples pour ce principe fondamental sont certes indénombrables. Egalement, la Salafiyya a un autre principe fondamental : « Ne remercie pas Allah celui qui ne remercie pas les gens. » dit le prophète de l’Islam – éloges et salut d’Allah sur lui –. Ce qui englobe deux réalités. La première : celui dont le tempérament et l’habitude est de refuser de reconnaître la bienfaisance des gens envers lui et d’être ingrat face à leur bonté à son égard, son habitude sera également de refuser de reconnaître le bienfait d’Allah envers lui et d’être ingrat à l’égard de son Seigneur ; telle est la nature de l’homme. La seconde : Allah n’accepte pas le remerciement de l’homme pour Son bienfait qu’Il lui a accordé si celui-ci n’est pas reconnaissant envers les gens par le biais desquels Allah a été bienfaisant envers lui et qu’il refuse de reconnaître leur bonté à son égard. L’imam Al ‘Outhaymin a d’ailleurs fait allusion à ce principe (en disant « […] Pureté à Allah ! Un peuple qui vous a accueillis et protégés et vous êtes dans leur ‘ahd - dans leur pacte et accord - alors qu’eux ne sont pas dans le vôtre puis vous trahissez ce pacte et accord … ») lorsqu’il a parlé de certains jeunes Musulmans ignorants de notre époque qui jugent licite de détruire et dégrader les biens et richesses des mécréants chez qui ils vivent, c’est-à-dire dans le pays desquels ils vivent ; cette parole avait été indiquée par un lien lors du sujet de la vie en pays mécréant avec sa nationalité, un titre de séjour ou un visa d’entrée et l’accord signifié par cela. C’est bien pourquoi le prophète – éloges et salut d’Allah sur lui – a, dans un autre hadith, ordonné le remerciement envers celui qui a été bon envers nous : « Celui qui accomplit une bonne action envers vous, rendez-lui la pareille. Et si vous ne trouvez pas de quoi lui retourner la faveur, invoquez alors Allah en sa faveur jusqu’à ce que vous estimiez l’avoir rétribué. ».
Conclusion.
On remet à plus tard, in cha Allah, la question de « prôner un Islam rigoriste qui appelle à la discrimination et à la haine, voire à la violence, à l’encontre des femmes », et d’avoir dans la bibliothèque de sa mosquée de nombreux ouvrages contenant « une littérature où est notamment cautionnée la violence physique sur les femmes désobéissantes, ainsi que la mise à mort des apostats et des personnes ayant eu des relations sexuelles hors mariage. », car là aussi l’écart entre les accusations et la réalité est immense. Aussi, on n’oubliera pas de mentionner, in cha Allah, pour ce genre de sujets, les textes de la Bible et de la Torah en plus de ceux du Coran. Ainsi que d’autres réalités et règles pour ces sujets.
Aussi, il y aurait un bon nombre d’interrogations à soulever autour du rejet de l’autorité de l’Etat chez certains mouvements ou cercles de gens en France qui n’ont rien à voir avec l’Islam, et autour de la haine de la part de plusieurs mouvements, communautés, cercles de gens ou individus (qui ne sont pas de confession Musulmane), envers d’autres, toujours au sein de l’Hexagone, (tout cela) face aux faibles mesures qui sont prises pour réprouver et condamner ces choses et leurs auteurs. Mais bon, ça ferait beaucoup de choses à écrire, et comme le dit la sagesse arabe « Une simple allusion suffit à l’homme sensé pour comprendre » …
De même pour ce qui est des appellations données par les « spécialistes français de l’Islam » à cette Salafiyya : « le Salafisme quiétiste, le fondamentalisme Islamique non-violent, le radicalisme Musulman apolitique, ultra-orthodoxe et anti-djihadiste » ; il y aurait là-aussi un bon nombre de choses à éclaircir. Disons déjà en bref que ce Salafisme n’est pas quiétiste dans l’absolu, ni antiviolence et anti-djihad dans l’absolu, ni même apolitique dans l’absolu ! Plutôt, la guerre est une réalité qui existe en Islam de la même manière qu’elle existe chez les Juifs, les Chrétiens, les laïcs, les communistes, les panarabistes et tous les Etats et tous les humains ! Et elle est une « guerre sainte » (un djihad dans le sentier d’Allah), chez les Salafis, lorsqu’elle est sous l’ordre du gouverneur légitime des Musulmans, sous l’étendard de son armée, et pour protéger l’Islam et les Musulmans ou pour propager le message divin dans une contrée dont le peuple a refusé d’embrasser l’Islam après qu’il lui ait été présenté puis a refusé de verser l’impôt à l’Etat souverain de l’Islam qui lui a été proposé en échange de la paix. De même, se défendre face à un agresseur est un principe universel chez tous les humains ! En Islam, il est donc un djihad de se défendre face à celui qui vient s’en prendre à notre vie, notre famille ou nos biens, afin de repousser son agression ; le Musulman qui viendrait à perdre la vie pour cette cause serait auprès de son Seigneur un martyr. Il y a aussi le djihad contre l’âme (lutter contre soi-même durant toute sa vie pour obéir constamment aux ordres de son Dieu et se repentir à Lui lorsqu’on commet une faute), le djihad par la parole et la plume (lutter, à l’aide de l’oral et de l’écrit, contre les mensonges sur la religion d’Allah, contre la falsification des extrémistes, l’usurpation des imposteurs, l’allégation des fauteurs et la fausse interprétation des ignorants). Quant à la politique, qui est la méthode de gouvernement et de gestion du pays et des affaires du peuple, elle est un des différents domaines de la législation Islamique. Tout comme se trouve parmi les principes fondamentaux de cette législation : « La réforme, l’apport du bien et la suppression ou diminution du mal, sont exigés en tout temps dans les limites de la capacité et possibilité ». De ce fait, lorsqu’il n’est pas possible aux Musulmans d’avoir le contrôle du gouvernement du pays dans lequel ils vivent, il est bien meilleur pour eux d’aider et d’œuvrer à mettre en place un système politique républicain qui préserve les droits religieux et mondains de tous les individus de la société plutôt que de se soumettre à un Etat qui leur retire ces droits et fait d’eux ses ouvriers et ses servants ; comme l’a dit clairement le chaikh As Sa’di. Ce qui implique aussi le caractère légiféré d’œuvrer pour les liens et organisations communautaires contemporaines (ligues, unions, rassemblements, collectifs, Alliances) qui contribuent à défendre l’Islam et les Musulmans face aux injustices de certains mécréants ; comme l’a aussi dit explicitement le chaikh As Sa’di. Cependant, cela ne sous-entend aucunement la licéité pour le Musulman de s’engager dans l’activité politique contemporaine (dans laquelle « l’Occident » est la référence et l’exemple), mais uniquement de déployer les actions utiles pour réaliser ces objectifs sans pour autant entrer dans ce « gouffre » de la politique moderne qui fait perdre au Musulman sa religion, en partie ou même, parfois, totalement. Tout cela avait déjà été traité et développé avec beaucoup plus de détails, avec notamment un bon nombre de fatwas, dans mon article « Parmi les règles relatives aux minorités Musulmanes vivant dans les pays des mécréants ».
Enfin, par ce genre de rappels et explications, beaucoup comprennent qu’un grand nombre de problèmes liés à la mauvaise compréhension et la fausse interprétation de la religion chez une partie de la jeunesse Musulmane (en France ou ailleurs), que ce soit dans le domaine du takfir (l’excommunication des autres) ou de la manière d’agir avec les mécréants ou autre domaine, pourraient facilement être résolus par la mise en place officielle et structurée d’une éducation religieuse correcte (« Salafiste scientifique, traditionaliste, orthodoxe ») pour ces Musulmans. Cependant, les autorités françaises sont - et Allah est plus Savant - partagées à ce sujet entre :
- gens passifs ;
- gens convaincus que la seule et unique solution est la laïcisation et l’assimilation culturelle de ces Musulmans (ce qui est en réalité, pour réaliser cet objectif d’orientation religieuse saine, la pire des solutions et une véritable « bombe à retardement »), dont une partie s’engage alors dans la lutte contre ce qu’ils nomment “le Salafisme orthodoxe, quiétiste, apolitique, non-violent, anti-djihadiste” en plus de la lutte (sur leur territoire seulement ...) contre ce qu’ils appellent “le Salafisme politique” et “le Salafisme révolutionnaire djihadiste” ;
- gens préoccupés par la mise en avant des Frères Musulmans (ou autres semblables) pour représenter, diriger et orienter les Musulmans, du fait qu’ils appellent ouvertement leurs frères de foi à voter pour tel candidat et soutenir tel parti politique et qu’ils sont très dociles dans leur propre religion face aux mécréants, bien que les autorités savent bien (par le biais de leurs spécialistes du renseignement) que ce groupe sectaire des Frères Musulmans, en plus d’avoir une tendance Soufie et un extrême Mourjisme, sont de véritables Khawarij : des extrémistes du takfir, de la révolution, de la corruption des sociétés et des effusions de sang, et ils sont donc une des principales causes de l’égarement d’une partie de la jeunesse Musulmane vers un extrémisme ou un autre. Ce qui amène donc à s’interroger : l’Etat lutte-t-il réellement contre l’extrémisme Islamique ou bien le laisse-t-il se propager, voire même le soutient, le protège et le souhaite ? La réponse est déjà connue, et depuis bien longtemps, par un bon nombre de gens très différents entre eux en statut dans la société, en religion, en idéologie ...
Qu’Allah couvre d’éloges, de salut et de bénédictions Son prophète Mouhammad, et la louange est méritée par le Seigneur de l’univers.
Par Rajab ibn ‘Abd Allah.
[1] C’est la mosquée d’Ecquevilly dans les Yvelines.