Ruralité – Incourt & Alentours (RIAL) asbl – Rue de Chaumont, 20a, 1315 Roux-Miroir – rial.asbl@gmail.com

Collège communal de Jodoigne

Château Pastur

Rue du Château, 13

1370 JODOIGNE

Roux-Miroir, le 28 mai 2017

Monsieur le Bourgmestre,

Mesdames et Messieurs les Echevins,

Concerne : enquête publique relative au projet de contournement routier (premier tronçon) de Jodoigne, réaction de l’asbl RIAL 

Par la présente, l’asbl RIAL tient à vous faire part de ses remarques, observations et propositions dans le cadre de l’enquête publique concernant la première partie du projet de contournement routier de Jodoigne.

D’abord, nous tenons à préciser que nous ne contestons pas la solution d’un contournement. La surcharge de véhicules dans le centre-ville de Jodoigne est réelle et la structure médiévale de la ville rend impossible des solutions « intra-muros », du moins pour le trafic de transit (voitures et poids lourds). Cela étant, nous regrettons qu’on procède « par tranche », en commençant par un tronçon qui contribuera le moins à une solution et en isolant ce tronçon du tracé complet du futur contournement.

Certes, le plan de secteur comprend une zone de réservation pour un contournement complet, mais le tracé en question témoigne d’une vision dépassée de la mobilité (celle qui prévalait dans les années 60-70), dans la mesure où il s’apparente moins à un contournement de Jodoigne qu’à une nouvelle route en pleine campagne qui mène vers Hélécine. Nos remarques et observations portent donc sur deux aspects : le tracé complet du contournement d’une part, et le tracé du tronçon actuellement proposé d’autre part.

En ce qui concerne le contournement complet de Jodoigne

RIAL pense que le tracé actuellement inscrit au plan de secteur est à la fois obsolète et inefficace.

Obsolète, parce qu’entre Jodoigne et Hélécine, il morcellerait un plateau agricole de qualité, ce qui est contraire au principe de l’utilisation parcimonieuse du sol. Egalement parce que ce tracé créerait un appel d’air pour les automobilistes et les camionneurs venant de Liège et voulant se rendre dans la partie sud de la région bruxelloise en évitant les bouchons sur la E40 à l’approche de la capitale. Au lieu de solutionner un problème de congestion lié au trafic sur la RN29 (cf. infra), on créerait un flux supplémentaire de voitures et de camions qui iraient s’enliser plus loin sur la RN240 (à Grez-Doiceau notamment). La Hesbaye brabançonne est une région rurale à la cohérence préservée. Dans une optique de développement durable (qui, pour rappel, allie développement économique, social et environnemental), il faut éviter de strier notre territoire d’infrastructures qui relèvent d’un modèle de développement périurbain.

Inefficace, parce que le vrai problème est le trafic très important sur la RN 29 reliant Tirlemont à Charleroi (ou la E40 à la E411) en passant par Jodoigne. Plutôt que de faire le contournement se dévier vers Hélécine, il faudrait le faire aboutir quelque part sur la RN 29, au nord de Jodoigne. En effet, un contournement qui s’en va vers Hélécine ne capterait que peu le trafic existant sur la RN29. D’autant plus qu’on étudie la possibilité de créer, le long de cette RN29, un petit zoning « wallon » attenant au zoning de Hoegaerden. Le tracé actuellement prévu ne serait d’aucune utilité pour ce projet, ni pour le trafic généré par le zoning de Hoegaerden.

Pour toutes ces raisons, RIAL plaide pour qu’un projet de contournement complet et actualisé soit élaboré, plutôt que de procéder tronçon par tronçon en se basant sur des plans qui ont été conçus à une époque révolue et selon des critères révolus. En même temps, il faudrait étudier les autres modes de déplacement, en particulier les cheminements cyclables, qui ne devraient pas nécessairement jouxter le contournement routier.

En ce qui concerne le tronçon actuellement soumis à enquête publique

Rappelons d’abord que ce tronçon ne répond pas au problème majeur auquel fait face Jodoigne en termes de mobilité, à savoir le trafic de transit via la RN29.

Plus spécifiquement, nous pensons qu’il ne faut pas forcément suivre le tracé assez rectiligne inscrit au plan de secteur, et ce pour des raisons environnementales et paysagères.

Les raisons environnementales sont évidentes. En fond de vallée, le contournement traversera le marais du Faubourg Saint-Médard, identifié comme un Site de Grand Intérêt Biologique (SGIB). RIAL pense qu’il faudrait étudier la possibilité de glisser le tracé, soit vers la ville, soit en cernant de plus près le zoning de Jodoigne. Cette dernière solution aurait l’avantage de mieux préserver la transition encore harmonieuse entre le milieu urbain et le milieu naturel.

Sur le plan paysager, aussi bien en fond de vallée que vers Lathuy, le tracé s’inscrit dans une zone de transition paysagère encore cohérente entre ville et campagne ou, comme indiqué ci-dessus, entre ville et nature.

Par exemple, à l’entrée de Jodoigne en venant de Grez-Doiceau (RN240), est-il opportun d’entamer les pentes du joli vallon qui sépare les abords de la ville du village de Lathuy ? Ne pourrait-on pas concevoir, sur la RN240 et à proximité immédiate de l’entrée de ville, un rond-point sur lequel le contournement aboutirait de façon perpendiculaire ?

A notre sens, ce contournement devrait aussi être pourvu d’un double alignement d’arbres, par référence à l’alignement qui marque la RN240 ailleurs. Dans la descente vers la vallée et proche du zoning, des aménagements supplémentaires pourraient être envisagés (haies vives). Ces aménagements ne devraient pas se limiter aux abords immédiats de la voirie. En effet, à titre de compensation du préjudice environnemental causé, on pourrait prévoir aussi, dans la ZACC appelée à être urbanisée, des aménagements à la fois paysagères et environnementales (pourquoi pas des mares ?).

Enfin, il faudrait s’abstenir d’éclairer la voirie de contournement, sauf aux carrefours. On évite ainsi la pollution par la lumière et l’aspect disgracieux des poteaux d’éclairage.

Pour les cyclistes et la mobilité lente en général, d’autres cheminements urbains pourraient être conçus, qui ne suivent pas nécessairement le tracé de la voirie de contournement et qui seraient donc plus conviviaux.

C’est pourquoi, RIAL demande que soit présenté un projet complet et repensé selon les besoins de la société contemporaine, c’est-à-dire dans une logique de développement durable compatible avec notre région rurale. Nous sommes convaincus qu’une synthèse entre mobilité, sécurité, économie, paysage et nature est possible. Seul un projet global, accompagnée d’une étude d’incidence globale et fouillée, est susceptible de réaliser cette synthèse, qui serait d’ailleurs bénéfique pour l’image de Jodoigne et de la Hesbaye brabançonne. Cela prendra peut-être un peu plus de temps, mais nous sommes face à un enjeu de long, voire de très long terme, qui ne peut se contenter de solutions partielles ou de solutions dont on aurait omis d’évaluer toutes les dimensions et conséquences.

En vous remerciant de l’attention que vous porterez à nos observations et propositions, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Bourgmestre, Mesdames et Messieurs les Echevins, l’expression de nos sentiments distingués.

Pour RIAL asbl (Rue de Chaumont, 20A – 1315 Roux-Miroir) :

Erik Cuypers,

président

Muriel Flamand

trésorière