Chronologie du Maroc dans les années 2010

2010 

En octobre, au Sahara occidental, une grande mobilisation de protestation pacifique est organisée par des Sahraouis vivant sous contrôle marocain pour revendiquer leurs droits socio-économiques. Elle engendre des affrontements violents entre manifestants sahraouis et forces de sécurité marocaines.

Le 8 novembre, assaut des forces policières et militaires marocaines contre le camp de Gdeim Izik abritant plus de 20 000 Sahraouis. Des dizaines de morts et plus de 4 500 blessés, des centaines de disparus.

Le 18 novembre, mort d’Abraham Serfaty, militant révolutionnaire.

2011 

Le 20 février, en réponse à un appel, lancé sur Facebook, 370.000 personnes manifestent dans 53 villes du pays pour demander un changement démocratique du régime (limitation du rôle exécutif du roi, indépendance de la justice, fin de la logique oligarchique) et la baisse des prix des produits d'alimentation de base. Les rassemblements sont durement réprimés et dispersés.

Le 9 mars, Mohamed VI essaye de canaliser le mouvement des frondes en annonçant des réformes constitutionnelles.

Le 1er juillet, référendum sur la Constitution boycotté par plus de la moitié des Marocains. 98 % de oui. Le droit de choisir sa religion ou son absence de religion n’est toujours pas inscrit dans la Constitution. Les organisations syndicales ont appelé à voter “oui”.

Le 25 novembre, élections législatives. Le Mouvement du 20 février appelle au boycott. Le pouvoir réprime tous ceux qui appellent au boycott. Taux de participation de 45 % selon le ministère de l'Intérieur.

Victoire des conservateurs islamistes du PJD avec 107 sièges sur 395 (majorité relative). Seuls 14 % de la population en âge de voter a voté pour lui.

Gouvernement de Abdelilah Benkiran.

Abdel-Ilah Benkiran

2012 

En février, Renault inaugure une usine de 6.000 ouvriers produisant des automobiles destinées au marché européen.

En avril, Ezzedine Eroussi, étudiant et militant de l’UNEM, arrêté le 1er décembre 2011 lors d’une manifestation estudiantine, fait la grève de la faim avec 4 autres étudiants.

Scission dans l’Union marocaine du travail (UMT). Elle touche trois fédérations – agriculture, enseignement, collectivités locales – et crée une coordination nationale du Courant démocratique avec l’Union syndicale des fonctionnaires. Ce courant critique le manque de démocratie dans l’UMT, la capitulation de la direction, et appelle à des mobilisations larges comme seul moyen de défendre les acquis.

Le 22 août, manifestation du M20 devant le Parlement dispersée par la police.

En octobre, Bachir Benchaib, militant du M20F, est condamné à 12 ans de prison ferme, notamment pour "participation à une manifestation non autorisée".

Le 10 octobre, grève des mineurs à Bou Azer (Ouarzazate).

2013 

Marche en février organisée par le Courant syndical démocratique.

2014 

Marche en février organisée par le Courant syndical démocratique.

A Casablanca, le 6 avril, 30.000 personnes manifestent à l'appel d'une intersyndicale (UMT, FDT, CDT) contre le gouvernement islamiste d'Abdelilah Benkirán. Contre l'augmentation du prix de l'essence et des produits alimentaires de première nécessité (pain, semoule, sucre).

En août, Moustapha Meziani, militant de l'Union Nationale des Étudiants Marocains (UNEM) meurt suite à une grève de la faim de 72 jours. Arrêté  et torturé suite à des affrontements à l’Université avec des nervis salafistes, Moustapha était en grève de la faim afin d'exiger la fin de sa détention et sa réintégration à l'université.

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2015         

En mars, le 11e congrès national de l’UMT renforce la bureaucratie et affaiblit le Courant démocratique.

En septembre, aux élections municipales, victoire de formations islamistes (PJD) dans les 12 plus grosses villes.

En octobre, « révolution des bougies » à Tanger et dans d’autres villes au nord du Maroc contre la société française Amendis, filiale du groupe Veolia, chargée des services d’assainissement et de distribution de l’eau potable et de l’électricité à Tanger et à Tétouan.

Journée de grève générale nationale le 29 octobre.

2016 

Le 10 février, abandon de la politique d’arabisation de l’enseignement aux dépens du français.

En février, manifestations des infirmiers chômeurs.

Le 24 février, grève générale nationale.

Inauguration de la centrale solaire Noor à Ouarzazate, la plus grosse ferme solaire d'Afrique.

En avril, les enseignants-stagiaires en lutte signent avec le gouvernement un accord qui prévoit l’embauche de l’ensemble de la promotion.

Le 7 octobre, élections législatives. 43 % de participation.

Le PJD emporte 125 des 395 sièges (32 %), loin de la majorité à 198 sièges.

Le PAM, parti moderniste technocratique ayant ses entrées au palais, obtient 26 %. La FGD, fédération de la gauche démocratique (PSU et PADS), obtient 2 députés.

Abdalilah Benkirane (PJD) est reconduit premier ministre.

Abdalilah Benkirane (PJD)

En octobre, des milliers de Marocains manifestent contre la mort atroce de Mohcine Fikri, vendeur de poissons à Al-Hoceima (Rif). Le PJD demande à ses sympathisants de ne pas manifester. Le mouvement de contestation populaire ne cesse de croître dans la région du Rif.

2017 

Retour du Maroc dans l’Union Africaine.

En avril, après 6 mois de tractations, un nouveau gouvernement est constitué, dirigé par Saâdeddine El Othmani avec des petits partis de notables qui représentent les grandes fortunes du royaume (Aziz Akhannouch) et le PJD, qui dispose d'une base populaire. 7 ministères sont confiés à des technocrates choisis par le roi.

Saâdeddine El Othmani

Le roi garde la main sur plusieurs domaines stratégiques : affaires étrangères, orientations économiques et religion.

En mai, le hirak  (« la mouvance »),  le mouvement de contestation, et de revendications sociales, économiques, politiques et identitaires de la région déshéritée du Rif prend de l’ampleur. Rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Al-Hoceima dans le nord. De nombreuses arrestations.

2018

2019

En avril, lourdes peines contre les “meneurs” du Hirak du Rif.

Fin août, pluies intenses et inondations fin août.

2020

En mars, fermeture des frontières avec les enclaves espagnoles de Ceuta et Melilla pour cause de Covid-19.

Le gouvernement réquisitionne la chloroquine des laboratoires Sanofi. Des usines sont réquisitionnées pour produire des masques.  Arrêt des vols internationaux eu donc du tourisme.

Une sécheresse qui sévit pendant des mois affecte la production agricole.

Économie en récession.

Le 26 juillet, interdiction de déplacement entre les grandes villes.

Selon les statistiques gouvernementales, un Marocain sur deux est au chômage.

En novembre, rupture du cessez-le-feu au Sahara occidental.

Le 10 décembre, accord avec Israël en échange par la reconnaissance par Washington de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.

2021