Événements

1900 - 1949

1950 - 1999

2000 - 2009

2010 En octobre, au Sahara occidental, une grande mobilisation de protestation pacifique est organisée par des Sahraouis vivant sous contrôle marocain pour revendiquer leurs droits socio-économiques. Elle engendre des affrontements violents entre manifestants sahraouis et forces de sécurité marocaines.

Le 8 novembre, assaut des forces policières et militaires marocaines contre le camp de Gdeim Izik abritant plus de 20 000 Sahraouis. Des dizaines de morts et plus de 4 500 blessés, des centaines de disparus.

Le 18 novembre, mort d’Abraham Serfaty, militant révolutionnaire.

2011 Mouvement du 20 février pour le changement. En réponse à un appel, lancé sur Facebook, 370 000 personnes manifestent dans 53 villes du pays pour demander un changement démocratique du régime (limitation du rôle exécutif du roi, indépendance de la justice, fin de la logique oligarchique) et la baisse des prix des produits d'alimentation de base. Les rassemblements sont durement réprimés et dispersés.

Le 9 mars, Mohamed VI essaye de canaliser le mouvement des frondes en annonçant des réformes constitutionnelles.

Le 1er juillet, référendum sur la Constitution boycotté par plus de la moitié des Marocains. 98 % de oui. Le droit de choisir sa religion ou son absence de religion n’est toujours pas inscrit dans la Constitution. Les organisations syndicales ont appelé à voter “oui”.

Le 25 novembre, Élections législatives. Le Mouvement du 20 février appelle au boycott. Le pouvoir réprime tous ceux qui appellent au boycott. Taux de participation de 45% selon le ministère de l'Intérieur.

Victoire des conservateurs islamistes du PJD avec 107 sièges sur 395 (majorité relative). Seuls 14 % de la population en âge de voter a voté pour lui.

Abdelilah Benkirane (PJD), chef de gouvernement islamiste.,

2012 Renault inaugure en février une usine de 6 000 ouvriers produisant des automobiles destinées au marché européen.

En avril, Ezzedine Eroussi, étudiant et militant de l’UNEM, arrêté le 1er décembre 2011 lors d’une manifestation estudiantine fait la grève de la faim avec 4 autres étudiants.

Scission dans l’Union marocaine du travail (UMT). Elle touche trois fédérations – agriculture, enseignement, collectivités locales – et crée une coordination nationale du Courant démocratique avec l’Union syndicale des fonctionnaires. Ce courant critique le manque de démocratie dans l’UMT, la capitulation de la direction, et appelle à des mobilisations larges comme seul moyen de défendre les acquis.

Le 22 août, manifestation du M20 devant le Parlement dispersée par la police.

En octobre, Bachir Benchaib, militant du M20F, est condamné à 12 ans de prison ferme, notamment pour "participation à une manifestation non autorisée".

Le 10 octobre, grève des mineurs à Bou Azer (Ouarzazate).

2013 Marche en février organisée par le Courant syndical démocratique.

2014 Marche en février organisée par le Courant syndical démocratique.mustapha.jpg

A Casablanca, le 6 avril, 30 000 personnes manifestent à l'appel d'une intersyndicale (UMT, FDT, CDT) contre le gouvernement islamiste d'Abdelilah Benkirán. Contre l'augmentation du prix de l'essence et des produits alimentaires de première nécessité (pain, semoule, sucre).

En août, Moustapha Meziani, militant de l'Union Nationale des Étudiants Marocains (UNEM) meurt suite à une grève de la faim de 72 jours. Arrêté  et torturé suite à des affrontement à l’Université avec des nervis salafistes, Moustapha était en grève de la faim afin d'exiger la fin de sa détention et sa réintégration à l'université.

PIB Tertiaire 56 %, industrie 30 %, agriculture 14 %.

2015         En mars, Le 11e congrès national de l’UMT renforce la bureaucratie et affaiblit le Courant démocratique.

Aux élections municipales de septembre, victoire de formations islamistes (PJD) dans les 12 plus grosses villes.

        En octobre, « révolution des bougies » à Tanger et dans d’autres villes au nord du Maroc contre la société française Amendis, filiale du groupe Veolia, chargée, des services d’assainissement et de distribution de l’eau potable et de l’électricité à Tanger et à Tétouan.

Journée de grève générale nationale le 29 octobre.

2016 Le 10 février abandon de la politique d’arabisation de l’enseignement aux dépens du français.

En février, manifestations des infirmiers chômeurs.

Le 24 février, grève générale nationale.

Inauguration de la centrale solaire Noor à Ouarzazate, la plus grosse femme sommaire d'Afrique.

En avril, les enseignants-stagiaires en lutte signent avec le gouvernement un accord qui prévoit l’embauche de l’ensemble de la promotion.

Le 7 octobre, Élections législatives. 43 % de participation.

Le PJD emporte 125 des 395 sièges (32 %), loin de la majorité à 198 sièges.

Le PAM, parti moderniste technocratique ayant ses entrées au palais, obtient 26 %.

        La FGD, fédération de la gauche démocratique (PSU et PADS), obtient 2 députés.

Abdalilah Benkirane (PJD) est reconduit premier ministre.

En novembre, des milliers de Marocains manifestent contre la mort atroce de Mohcine Fikri, vendeur de poissons à Al-Hoceima (Rif). Le PJD demande à ses sympathisants de ne pas manifester. Le mouvement de contestation populaire ne cesse de croître dans la région du Rif.

2017 Retour du Maroc dans l’Union Africaine.

En avril, après 6 mois de tractations, un nouveau gouvernement, dirigé par Saad Eddine El Othmani, est constitué avec des petits partis de notables qui représentent les grandes fortunes du royaume (Aziz Akhannouch) et le PJD, qui dispose d'une base populaire. 7 ministères sont confiés à des technocrates choisis par le roi.

Le roi garde la main sur plusieurs domaines stratégiques : affaires étrangères, orientations économiques et religion.

En mai, le hirak  (« la mouvance »),  le mouvement de contestation, et de revendications sociales, économiques, politiques et identitaires de la région déshéritée du Rif prend de l’ampleur. Rassemblement de plusieurs dizaines de milliers de manifestants à Al-Hoceima dans le nord. De nombreuses arrestations.

Société Les relations hors mariage sont illégales, la loi ne reconnaît aucune paternité s’il n’y a pas eu mariage. Les filles mères sont traitées par beaucoup comme des prostituées et leurs enfants comme des enfants du péché, ne peuvent porter le nom de leur père biologique ni toucher de pension alimentaire.

Économie

Population 33 millions d'habitants.

17 millions de berbérophones (Rifains, Tamazight, Chleuhs).

3 000 Juifs (250 000 en 1945).

Un tiers de la population est analphabète.

Le tamazight (langue berbère) a été reconnu, à côté de l'arabe, comme l'autre langue officielle dans la Constitution.

45 000 Français vivent au Maroc (2012).

La religion majoritaire est musulmane malékite.

Pauvreté et richesse 

Mohammed VI est l'un des sept monarques les plus fortunés de la planète.

Un habitant sur six de Casablanca vit dans un bidonville.

Energie Le Maroc importe 97 % de son énergie et ces dépenses représentent 10 % du produit intérieur brut.

Projet de construction d'une centrale solaire à Ouarzazate (investissement saoudien).

Ressources Mines de cobalt à Bou Azer (CTT).

Société

Femmes La moudawana est le code de la famille.

Le divorce ne peut "avoir lieu qu'exceptionnellement".

Pour l’héritage, la femme à droit à une demi part et les villes à une part entière.

Partis et forces politiques

La corruption (fassad, en arabe) est généralisée et touche particulièrement la justice.

Le roi Dynastie alaouite. Conserve des pouvoirs considérables malgré la nouvelle constitution. Pouvoirs exclusifs sur le champ religieux sur l’armée et la justice. Préside le conseil des ministres. Préside le conseil supérieur de sécurité et nomme les ambassadeurs, les gouverneurs et walis (préfets de région), le directeur de la banque du Maroc et les directeurs des entreprises dites stratégiques.

Le véritable gouvernement est constitué du cabinet royal et des conseillers de Mohamed VI (dont Ali El Hima, un des personnages clés du régime).

Le roi est aussi un homme d'affaires milliardaire mêlant de façon opaque son pouvoir politique et ses possessions capitalistes personnelles. Actionnaire principal du groupe SNI qui comprend, entre autres, la plus grosse banque privée, le plus gros opérateur minier et la plus grosse chaîne de distribution du pays. La SNI est dirigée par le secrétaire particulier du roi, Mohamed Mounir Majidi. A travers sa holding SIGER le roi a une situation de contrôle, voire de monopole, dans pratiquement tous les secteurs de la vie économique : agriculture, industrie, distribution, services et aussi l’énergie. La famille royale contrôle du point de vue capitaliste un holding agroalimentaire (huile, sucre, lait) estimé à 2 milliards de dollars.

Le groupe social et le système politique qui gravitent autour du roi est appelé le Mekhzen.

Parti de la justice et du développement (PJD) Parti islamiste et monarchiste. Reconnaît le roi comme commandeur des croyants. Créé par le pouvoir en 1996 pour contrecarrer l’influence de la mouvance islamiste radicale.

Secrétaire général : Abdelilah Benkiran, nouveau chef du gouvernement. Hassan Lamrani. Bassima Hakkoui, seule femme ministre du gouvernement, ministre de la Solidarité, de la Femme et de la Famille.

Parti hostile à la laïcité, homophobe, contre les droits des femmes et contre la langue berbère. Discours moralisateur, promesses de lutte contre la corruption. Base dans les classes moyennes et populaires urbaines arabisantes. Sa fonction est de donner l'apparence du changement politique.

Parti de l'Istiqlal (PI) Parti bourgeois monarchiste traditionnel de droite conservatrice fondé en 1944 (parti le plus ancien du Maroc).

Union socialiste des forces populaires (UFSP) Parti historique de la gauche. Social-libéral. Fait partie de la coalition gouvernementale.

Mouvement du 20 Février (M20F) Mouvement né le 20 février 2011 avec des premières manifestations, au lendemain de la chute de Ben Ali en Tunisie. Appelé par plusieurs groupes sur les réseaux sociaux. IL n'a cessé de grossir depuis avec une centaine de comités dans les villes et les campagnes marocaines.

Revendique la fin des privilèges, de la corruption et de la Hogra[1], la dissolution du parlement, du gouvernement et la traduction en justice des pilleurs. Pour une monarchie parlementaire où le roi règne mais ne gouverne pas. Plus de justice sociale, moins de chômage, avec des services publics gratuits et de qualité, contre la vie chère.

Voix démocratique (VD) La plus importante composante de la gauche radicale. 

Al Mounadil-a (Militant-e) Journal ouvrier, féministe, pour la jeunesse, et internationaliste Mensuel marxiste révolutionnaire marocain.

Al Adl Wal Ihsane. Justice et bienfaisance Groupe islamiste issu du soufisme qui a participé au Mouvement du 20 février avant de s'en dégager. Association interdite mais tolérée par le pouvoir. Conteste la légitimité religieuse du roi (commandeur des croyants). A appelé au boycott des élections législatives. Fondé par Cheikh Abdessalam Yassine (83 ans). Les islamistes, surfant sur la vague de mécontentement, ont cherché à prendre la direction du M20F. Confrontés à la résistance des jeunes et de la gauche, ils ont décidé de se retirer. Arrangement avec le pouvoir, qui a sans doute décidé de donner des gages d’ouverture politique envers cette association tolérée mais non reconnue et qui aspire à devenir un parti politique.

Organisations syndicales

Union marocaine du travail (UMT) Créé en 1955.

Union générale des travailleurs du Maroc (UGTM) Née d'une scission de l'UMT est affiliée au PI.

Confédération démocratique du travail (CDT) Un des principaux syndicats du pays.

FDT

Organisation démocratique du travail (ODT) Site : www.odt.ma. Secrétaire général : Ali Lotfi.

Union nationale des étudiants marocains (Unem).

Associations et comités

Association nationale des diplômés chômeurs du Maroc (ANDCM).

Association marocaine des droits humains (AMDH). Présidée par Khadija Ryadi. Yousef Raisuni.

Association démocratique des femmes au Maroc (ADFM). Présidée par Amina Lotfi..

Association de défense des droits de l’Homme au Maroc (ASDHOM). www.asdhom.org

Revue Taharouryates-تحرريات (Émancipations marocaines) http://www.taharour.org/


[1] Hogra : terme d'arabe dialectal désignant le mépris exercé par le makhzen (serviteurs de l’état).