Thème 2023/2024 :  Les femmes dans l’Histoire

     

Jeudi 5 Octobre 2023

Italiana

“Brigantessa”

de Giuseppe Catozzella

Le destin d’une femme, la naissance de l’Italie

Italie, 1848 . Maria Oliverio, issue d’une famille paysanne calabraise, grandit dans une pauvreté qui l’empêche de déroger aux principes d’un monde sans avenir.

Profondément déçue par les promesses de l’unification du pays, la jeune fille va devenir la redoutée Ciccilla, une brigantessa en quête éperdue de justice et de liberté, dont le nom, bien au-delà de la vallée, résonnera bientôt dans toute l’Italie.

Giuseppe Catozzella relate l’épopée d’une grande héroïne italienne, qui bouleverse son destin pour honorer les idéaux de toute une nation.

               

Jeudi 9 novembre 2023

La zia marchesa

« La tante marquise »

Simonetta Agnello Hornby

C'est dans un château sicilien, en 1859, que naît Constanza. Elle est rejetée par sa mère, et sa chevelure rousse flamboyante lui vaut bien des railleries. Pourtant, à force de volonté, elle parviendra à prendre la tête de son aristocratique famille. Le singulier destin de cette héroïne prisonnière d'un monde d'hommes est aussi un magnifique portrait de femme. "La baronne tourna la tête avec un mouvement de colère. "C'est une fille, je n'en veux pas, ce devait être un garçon."

           

Jeudi 7 décembre 2023

Niente per lei

« Rien pour elle »

Laura Mancini

 

" Ce jour-là j'avais décidé que je ne baisserais jamais les yeux la première. "

Lire Rien pour elle, c'est comme regarder l'histoire défiler par la fenêtre.

Ce premier roman magnifique, poignant, très habilement construit, démontre un talent certain chez cette nouvelle voix, dans la veine d'une Elsa Morante ou d'une Elena Ferrante.

C'est l'histoire d'une femme qui traverse la vie en se battant comme une gladiatrice. Depuis les années de guerre et les bombardements qui s'abattent sur Rome, jusqu'aux mutations des années 1990, en passant par les années de plomb, Rome est le décor dans lequel évolue Tullia, une de ces invisibles héroïnes du quotidien, figure modeste et forte à la fois d'un sous-prolétariat urbain. Élevée par une mère mal aimante qui fait travailler ses enfants comme des esclaves dès leur plus jeune âge, Tullia prend un jour son destin en main en quittant ce milieu familial tyrannisé par la mère. Mais quel destin !

Amoureuse des mots, animée par une volonté farouche de survivre et de s'en sortir, Tullia endurera les épreuves d'une vie de misère et de labeur au milieu de luttes syndicales et de révolutions culturelles qui l'effleurent à peine. Le courage, la force, la dignité de Tullia en font un témoin curieux et passionné de la vie de la capitale à travers cinquante ans.

Lire Rien pour elle, c'est comme regarder l'histoire défiler par la fenêtre : impossible de ne pas y voir un reflet trouble de nous-mêmes.

 

       

 

Jeudi 11 janvier 2024

« Borgo Sud »

Donatella Di Pietrantonio

Adriana est comme un torrent, elle surgit toujours dans la vie de sa sœur avec la puissance d'une révélation, attisant la nuit des souvenirs. Elles ont été des enfants rebelles et complices, unies par le manque d'amour d'une mère aujourd'hui sur le déclin. Elles sont désormais des femmes, éloignées l'une de l'autre, lourdes d'un héritage de non-dits. Et pour qui ignore le langage de l'affection, il est difficile d'ouvrir son cœur.

C'est à Borgo Sud, le quartier des pêcheurs de Pescara, ville des Abruzzes où les hommes forment une seule et même famille autour de la mer, que les deux sœurs parviendront peut-être à réparer le passé.

      

Jeudi 1 février 2024

Oliva Denaro

“ Le choix ”

Viola Ardone

                                                       

Martorana, un petit village de la Sicile des années 1960. À quinze ans, Oliva Denaro rêve de liberté.

Elle étudie le latin et aime découvrir dans le dictionnaire des mots rares qui l'aident à formuler ses pensées encore confuses. Elle aime courir à en perdre le souffle, aller à la chasse aux escargots avec son père, viser avec son lance-pierre ceux qui se moquent de son ami Saro.

Aussi, quand les conventions l'obligent à se soumettre à une loi ancestrale, Oliva se rebelle et fait valoir son droit de choisir. Au risque d'en payer le prix fort.

Après le succès du Train des enfants, Viola Ardone confirme son talent à mêler fiction et Histoire en donnant dans ce nouveau roman une voix singulière, inoubliable, à ses personnages.

 

« Viola Ardone raconte la grande Histoire et la petite histoire, nous parle d'hommes et de femmes, d'honneur et de réputation, de lois à abolir. Un roman puissant où chaque personnage mériterait des pages entières et dont la protagoniste s'inscrit très profondément dans nos cœurs. » Marie Claire

« Le style de Viola Ardone est une voix unique, avec ce phrasé aérien, et cet italien métissé de dialecte qui conserve certaines de ses constructions insolites et délicieuses. » Elle

« Vous n'oublierez pas l'entêtement d'Oliva et les quelques mots de son père résonneront longtemps en vous. Cet homme grâce auquel Oliva trouve le courage obstiné de changer l'Histoire. Un livre à lire. Et à raconter. » Libero

Groupe Lecture Centre Culturel CC Leclerc Arès

Jeudi 7 mars 2024

La malnata

Beatrice Salvioni

 

 

" La Malnata - la mal née - était en bas sur la rive du Lambro avec deux garçons que je ne connaissais que de nom. Ils avaient tous les deux des pantalons courts et les genoux écorchés, et pour elle, cette fille qui leur arrivait tout juste à l'épaule, ils auraient affronté la mitraille comme les soldats qui s'en vont à la guerre, en disant ensuite au Seigneur : Je suis mort heureux. " Phénomène littéraire, révélation d'une voix unique, récit puissant où le passé fait écho au présent : La Malnata marque l'entrée en littérature de Beatrice Salvioni, vingt-six ans, dont le roman est publié simultanément dans plus de vingt-huit pays.

Ce roman d'apprentissage au féminin raconte l'amitié intense et émancipatrice de deux adolescentes dans l'Italie fasciste. Deux adolescentes que rien ne destinait à la rencontre - l'une est issue de la bourgeoisie, l'autre des milieux populaires - qui vont trouver, à deux, le courage de se révolter contre la morale sociale et la violence des hommes.

         

Jeudi 4 avril 2024

La casa degli specchi

« La maison des miroirs »

Cristina Caboni

 

La maison aux miroirs, une grande villa de Positano, est le seul endroit où Milena, comédienne, se sent vraiment chez elle. C'est là qu'elle a grandi avec son grand-père Michele. Elle en connaît tous les recoins, à commencer par la majestueuse entrée ornée de glaces qui lui vaut son nom.

Mais un jour, pendant l'une de ses visites au vieil homme, des ouvriers retrouvent un squelette sur la propriété. La police ouvre aussitôt une enquête. Michele, malade, semble particulièrement bouleversé par cet événement. Au gré de ses délires surgit un nom : celui d'Eva, sa femme, disparue des années plus tôt.

En quête de réponses, Milena va tenter de percer le mystère qui entoure l'identité de la victime. Pourrait-elle être sa grand-mère, dont elle ignore tout ? Pourquoi Eva, l'Américaine, est-elle partie subitement en abandonnant mari et enfant ?

Un voyage dans le temps et dans l'histoire qui nous plonge dans l'âge d'or du cinéma italien, sur les traces d'une vérité indispensable à Milena pour comprendre son passé et embrasser le présent.

       

Jeudi 2 mai 2024

L’impero della polvere

« L’empire de la poussière »

Francesca Manfredi

 

Valentina, douze ans, a une grand-mère pieuse et sévère et une mère sublime et insaisissable. Le père est absent la plupart du temps et se contente de faire des apparitions dans la vieille maison de campagne où les trois femmes cohabitent. Ses murs sont épais et ne sont percés que de rares fenêtres, ses fondations sont imposantes mais fragiles, dans la région, on l’appelle « la maison aveugle », un empire de poussière qui semble exister depuis toujours. C’est l’été 1996 et un événement vient troubler les longues journées de vacances : le corps de Valentina change et tout autour d’elle semble vouloir crier le secret qu’elle a choisi de garder. La mère et la grand-mère deviennent de plus en plus distantes tandis que la maison elle-même semble vibrer et s’animer d’étranges présages.

Alors que grenouilles, moustiques et sauterelles envahissent les champs alentour et progressent jusqu’à la bâtisse, Valentina explore le terrain dangereux de l’adolescence, découvrant les amitiés fusionnelles et leurs points de rupture, la sensualité âpre et curieuse et l’énergie féminine et mystique de la nature, la possibilité de mentir pour conserver l’illusion que tout résiste au temps, que rien ne change jamais.

Un premier roman qui mêle avec brio réalisme social et réalisme magique dans un tourbillon qui sème perpétuellement le doute. « Un roman dense et beau, au registre onirique et poétique, jamais macabre. » La Repubblica

     

Jeudi 6 juin 2024

Vita in villa

« L’île du Vésuve »

Clotilde Marghieri

 

" Depuis quelques années, je me suis retirée à la campagne. La petite maison où je vis, entre vignes et pinèdes, s'adosse au Vésuve et a devant elle le superbe décor du golfe. " C'est ainsi que commence L'Ile du Vésuve. Le ton est donné. Suivent 28 courts chapitres où Clotilde Marghieri nous raconte tout simplement, mais avec une grâce et un humour délicieux sa vie dans sa villa du Vésuve. Leurs titres ? " La Villa des Genêts " (celle, toute voisine, qu'occupa Leopardi), " La marquise ", " La pinède vendue ", " Télévision à la villa" ou " Messieurs (ou les angoisses nocturnes) ".

Marghieri, c'est avant tout cela : une liberté d'allure, une élégance d'esprit, un charme irrésistible qui donnent au lecteur l'impression de partager l'existence d'une amie. Elle aimait le ton de Colette et de Madame de Sévigné. Mais c'est tout autant Proust ou Sagan qu'on retrouve dans ces pages à bien des moments. Une même manière de capter tout à la fois la légèreté de la vie et sa tragédie.

" Les lettres que mon grand-père m'écrivait en pension, se souvient-elle, m'exaltaient à tel point que, ne sachant pas comment en profiter pleinement, comment les faire miennes, j'en découpais les passages les plus beaux et les plus touchants en lanières minuscules et après les avoir lus et relus (je les sais encore par coeur), je les mangeais. " L'écriture est ici chose vitale, mais jamais pesante ni sombre. Vivre aux flancs du Vésuve, c'est cela : célébrer sans cesse la lumière sans oublier, toute proche, la menace.”