Événements politiques

1950 - 1999

2005 En novembre-décembre, élections parlementaires. Sous la pression des Etats-Unis, le régime de Moubarak laisse une place de 20 % à l'opposition. Les Frères musulmans, sous l'étiquette d'«indépendants», obtiennent 88 sièges au Parlement.

2007 Vague de cinq années de luttes ouvrières d’une ampleur impressionnante, la plus importante dans l’histoire du pays. La classe dans son ensemble est inorganisée, il s’agit principalement de grèves sauvages organisées à l’échelle locale.  

En septembre, 24 000 ouvriers de l'usine textile Ghazl Al-Mahalla, à Mahalla Al-Koubra, se mettent en grève pour réclamer une amélioration de leurs conditions de travail et un salaire minimum.

2008 Au début de l’année, l’envolée des prix du pain subventionné provoque des émeutes, entraînant la mort de quinze personnes dans le pays.

Le 6 avril, grève générale massive avec de violentes émeutes ouvrières à Mahalla, dans le delta du Nil, où se trouve la plus grande usine de textile du Moyen-Orient employant 27.000 personnes. Répression féroce, un mort et 331 arrestations. Création du Mouvement de jeunesse du 6 avril.

Le 3 mai, dans l'espoir de désamorcer la crise et de contrer l'appel à la grève générale (soutenu par les Frères musulmans), le président Moubarak annonce une augmentation des salaires de 30 % dans la fonction publique.

2009 Grève de cinq mois à l'usine de lin de Tanta.

Chômage 9,4%.

2010 Le 1er mai, rassemblement d'ouvriers de diverses usines devant le Parlement réclamant un salaire minimum ou le départ du gouvernement.

En juin, le jeune Khaled Said est battu à mort par la police.

Le 28 novembre et le 5 décembre, élections législatives les plus truquées de l'histoire de l'Egypte. L'opposition refuse de participer au deuxième tour. Plus de 70% d'abstentions. Éviction du Parlement des forces d'opposition, laïques comme islamiques.

Le 31 décembre, un attentat dans une église copte d’Alexandrie fait 21 victimes.

2011 Le 25 janvier, protestation intitulée « jour de colère » dans les principales villes qui rassemble près de 15 000 personnes. Ces manifestions sont appelées par les réseaux de partage et par un ensemble de 17 forces politiques.

Répression de la police : quatre morts au moins. Ce jour est le point de départ d'un processus révolutionnaire, la révolution du 25 janvier.

Le vendredi 28 janvier, nouvelle action prévue après la prière hebdomadaire. Manifestations insurrectionnelles au Caire, à Suez et dans la plupart des grandes villes du pays. De nombreux édifices officiels sont incendiés. La police utilise gaz lacrymogènes, matraques et canons à eau. Les slogans se focalisent contre Hosni Moubarak. Le couvre-feu est décrété en fin d'après-midi, internet est coupé. L'armée se déploie.

Près de la place Tahrir, le siège du Parti national démocrate (PND), le parti au pouvoir, est brûlé.

Moubarak annonce à la télé la démission du gouvernement et la formation d'un nouveau cabinet le lendemain. On dénombre au moins 68 morts.

Le samedi 29, manifestations dans tout le pays et violente répression notamment en province. Nomination du vice-président Omar Souleimane, patron des services de renseignement. Le nouveau Premier ministre est Ahmed Chafiq, ancien commandant de l'armée de l'air.

Le dimanche 30 janvier, la chaîne d'information Al Jezira (Qatar) est interdite. Mohamed El-Baradei affirme être mandaté par l'opposition pour négocier la transition vers un gouvernement d'union nationale avec l'appui des Frères musulmans. Gros rassemblement sur la place al-Tahrîr. Des avions de chasse survolent Le Caire.

Création du premier syndicat indépendant d'Egypte, la Fédération égyptienne des syndicats indépendants (Efitu) qui appelle immédiatement à une grève générale, très suivie. Fin du monopole de l'omnipotente Fédération des syndicats égyptiens (Etuf) fondée par Nasser.

Lundi 31 janvier, nouveau gouvernement avec le maréchal Mohamed Hussein Tantaoui ministre de la Défense et vice-premier ministre. L'armée reconnaît le caractère légitime des revendications des manifestants et annonce qu'elle n'utilisera pas la force.

Le 1er février, l'appel à la « marche du million » est un succès au Caire, à Alexandrie et dans les autres villes. Deux millions de personnes place Tahrir. L'opposition annonce qu'aucun dialogue n'est possible tant que Moubarak sera au pouvoir. L'ONU évoque 300 morts, 3 000 blessés et des centaines d'arrestations. Moubarak s'engage à ne pas se représenter à la prochaine présidentielle. Cette première victoire n'anesthésie pas les mobilisations.

Le 2 février, début des violences sur la place Tahrir. "Bataille des chameaux" montés par des baltagya, des nervis ou des policiers en civil. Les heurts continuent toute la nuit. 6 morts. Internet est partiellement rétabli.

Multiplication des grèves sporadiques dans le delta du Nil, dans le pétrole (salaires). Elles menacent de bloquer une partie du canal de Suez. 

Le 3 février, poursuite des attaques des éléments pro-Moubarak sur et autour de la place Tahrîr.

La journée du 4 février est déclarée « jour du départ ». Le nombre des manifestants est immense.

Le 9 février, les travailleurs du transport entrent en grève et annoncent vouloir créer leur syndicat indépendant. Ils réclament la levée de la loi d'urgence, la dissolution du PND, une nouvelle Constitution, un gouvernement d'unité nationale, l'inculpation des responsables corrompus, un salaire minimum de 1 200 livres égyptiennes (130 euros). Cette dernière revendication est reprise dans de nombreux conflits.

Le vendredi 11 février, l’Egypte entière est dans la rue.

L’armée et une grande partie de l’appareil d’État finissent par être convaincus qu’ils doivent se débarrasser du président afin d’empêcher le soulèvement de se poursuivre et de se radicaliser. Malgré sa résistance, après près de trois semaines d'hésitation entre concession et répression de la foule, le président Hosni Moubarak doit se résoudre à quitter Le Caire pour Charm El-Cheikh et à abandonner le pouvoir à l'armée.

C'est la fin de 30 ans de pouvoir sans partage de Moubarak, de 60 ans de pouvoir autoritaire galonné Nasser, Sadate, Moubarak).

La Constitution est suspendue, le Parlement dissous. La chute de Moubarak est aussi un coup d’Etat militaire. Le pays est dirigé par le Conseil supérieur des forces armées (CSFA) ayant pour chef le maréchal Tantawi.

Le 9 mars, moins d'un mois après la chute de Moubarak, la police militaire disperse par la force les occupants de Tahrir, avec l'aide de baltagiya, des voyous en général payés par le pouvoir.

Le 12 mars, loi syndicale permettant la création de syndicats indépendants. Cette loi est bloquée par le CSFA. Le CSFA assorti toute incitation à l'organisation de sit-in ou d'actions perturbant le travail des autorités publiques d'une amende.

Le 19 mars, un référendum sur la Constitution provisoire donne au Conseil militaire une base légale pour replâtrer un système autoritaire et assurer la présidence de la république. Les  77 % de “oui” ont été encouragés par l’armée, les Frères musulmans, les salafistes et les tenants de l’ancien régime. La plupart des laïcs et des libéraux votent “non”.

Le 23 mars, les grèves sont criminalisées et des travailleurs en lutte sont traduits devant les tribunaux militaires.

En avril, chaque semaine ou presque les mouvements révolutionnaires appellent à d'immenses manifestations. Les slogans sont chaque fois plus hostiles au CSFA (maréchal Tantawi) dont l'intention de rendre le pouvoir est mise en doute. L’armée intervient place Tahrir le 9 avril.

Le 27 mai, des rassemblements et manifestations (Le Caire, Alexandrie, etc.) rassemblent autant de participants qu'en janvier-février.

Le 29 juin, condamnation à la prison, par un tribunal militaire, de cinq ouvriers de la compagnie de gaz et de pétrole Pétrojet, coupables d'avoir campé deux semaines devant le ministère du pétrole, pour demander la titularisation de 200 employés au statut précaire.

Le 8 juillet, manIntetactionifestation.

En août, la direction nationale de l'Etuf, ancien syndicat ayant le monopole, est dissoute, ce qui était la première revendication de l'Efitu.

En octobre, les baltagiya pourchassent les coptes. Ce sont les mêmes que les services de Moubarak utilisaient déjà pour troubler les élections. L'armée, la police et le ministère de l'Intérieur continuent à les déployer dans les rues pour semer la panique.

Le 9 octobre, répression sauvage de l'armée contre les coptes qui manifestent devant l’immeuble de la télévision. Les véhicules blindés foncent dans la foule dont les corps sont déchiquetés par les chenilles. 25 morts et plus de 300 blessés.

Le 20 novembre, la police et l'armée font 30 morts et un millier de blessés place Tahrir en deux jours en attaquant les manifestants qui demandent que le CSFA transfère le pouvoir aux civils.

Début des élections législatives qui se déroulent sur plusieurs mois (jusqu'en janvier 2012). Les formations islamistes raflent près de la moitié des sièges, au détriment des partis libéraux et des mouvements issus de la révolte anti-Moubarak (2 %).

Le 28 novembre, des affrontements font au moins 42 morts, principalement au Caire. Le CSFA s'engage à remettre le pouvoir à un président élu avant le 30 juin.

Le 17 décembre, l'armée tire à balles réelles sur les manifestants et fait 13 morts et des centaines de blessés.

2012  En janvier, fin des élections législatives. Victoire écrasante de la puissante machine des Frères musulmans qui totalisent 45 % des voix. La surprise est créée par les salafistes, soutenus par l’Arabie Saoudite, qui remportent le quart des suffrages. Leurs meilleurs scores sont dans les quartier populaires affamés où ils s’établissent via les associations caritatives musulmanes.

Défaite des mouvements révolutionnaires dans les urnes.

Massacre de 74 personnes au stade de Port-Saïd suivi de nouveaux affrontements au Caire. Les victimes sont des « Ultras », supporters du Club du Caire El Ahly. Ils sont punis pour leur participation déclarée à la révolution.

Le 14 juin, une décision de justice dissout le Parlement dominé par les Frères musulmans et les salafistes, arguant d’irrégularités dans son élection. L'armée reprend le pouvoir législatif et budgétaire avec un droit de veto sur la rédaction de la Constitution.

Premier tour de l’Election présidentielle. Deux candidats finalistes de la contre-révolution, Mohamed Morsi (issu de la confrérie des Frères musulmans, 5 millions de voix) et Ahmed Chafik (général et dernier premier ministre de Moubarak). Le candidat nassériste de gauche arrive en troisième position avec presque 5 millions de voix.  

Le 17 juin, au deuxième tour, Mohamed Morsi est déclaré vainqueur avec une courte majorité (13 millions, 52 % des voix et 50 % d'abstentions) après une semaine de tractations secrètes avec l'armée. De nombreux demicrated et libéraux qui ne veulent plus de l’ancien régime votent Morsi sans pour autant soutenir les Frères musulmans.

En août, les Frère musulmans essayent de prendre le contrôle des institutions en plaçant leurs hommes à des positions institutionnelles stratégiques.

L'ensemble des membres du Conseil militaire sont mis à la retraite, mais l'armée conserve le reste de ses avantages, dont son immense empire économique.

Le 2 octobre, des manifestations massives sont organisées. Place Tahrir, les manifestants sont agressés par des jeunes partisans des Frères musulmans, mais les jeunes révolutionnaires les chassent de la place.

Le 15 novembre, manifestation au Caire pour la liberté syndicale et contre la volonté du gouvernement d'empêcher la création de syndicats indépendants.

Le 22 novembre, Morsi s’arroge les pleins pouvoirs après avoir fait une réforme constitutionnelle.

Fin novembre, manifestations, appelées par le FSN, place Tahrir, contre le coup de force institutionnel du président Morsi qui se donne les pleins pouvoirs (1 mort au Caire et 80 blessés dans le delta du Nil).

En décembre, poursuite des manifestations contre le projet de Constitution et la prise de pouvoir de Morsi aux cris de "Dégage !".

Le 5 décembre, des milices des Frères dispersent par la force le sit-in devant le palais présidentiel et torturent des manifestants.

Le 8 décembre, Morsi fait une deuxième déclaration constitutionnelle, où il dit que les décisions déjà prises sont inattaquables devant la justice.

Le 9 décembre, l'Assemblée Constituante vote les 236 articles du projet de Constitution et décide que le référendum sur celui-ci aurait lieu la semaine suivante, rendant impossible toute campagne électorale. Le "oui" l'emporte avec 64 % des suffrages exprimés, dans des conditions de fraudes massives.

2013 En janvier, émeutes à Port-Saïd. Manifestations de la jeunesse radicalisée au Caire. Les salafistes de Al-Nour, contestant la volonté hégémonique des Frères musulmans dans les mosquées, rentrent dans l'opposition.

En mai, début de la campagne Tamarod ("rebellion") pour la démission du président Morsi. L’armée soutient discrètement ce mouvement mais sans intervenir.

Le 30 juin, vague révolutionnaire avec manifestations de millions de personnes dans la rue dans tout le pays pour le départ de Morsi contre sa dérive autoritaire au profit des islamistes et son incapacité à résoudre les questions économiques (inflation, chômage) malgré l’aide des pétrodollars saoudiens. Le quartier général des Frères est incendié.

Le 3 juillet, Destitution de Morsi par un coup d’Etat militaire. L’armée, dirigée par le maréchal Sissi, prend le contrôle du pays. Ce coup d’État détourne une mobilisation de masse gigantesque.

Le 26 juillet, le chef de l’armée, al-Sissi appelle à manifester pour lui donner mandat de combattre le terrorisme. La mobilisation est très importante.          La répression, s’étend rapidement à toutes les forces d'opposition. Sissi ne veut  pas uniquement écraser les Frères musulmans. Il veut aussi mettre un terme à la radicalisation en cours ainsi qu’aux niveaux croissants d’agitation sociale qui ont culminé début 2013 contre Morsi. 

À partir de cette date, la principale politique mise en œuvre est la répression. Les principales forces politiques soutiennent l’armée.

51 manifestants islamistes sont tués par l'armée.

Le 13 août, l'armée intervient violemment pour briser la grève des ouvriers de l’acier de Suez faisant de nombreux blessés et procédant à des arrestations.

Le 14 août le pouvoir disperse avec une violence extrême les places que les Frères Musulmans occupent depuis plus d’un mois (le massacre fait 700 morts, 3 700 blessés, c’est un crime contre l’humanité sans réaction internationale).

Etat d'urgence, couvre-feu et loi martiale. Dans le même temps de très nombreuses églises et locaux de chrétiens sont brûlés ou saccagés par les Frères Musulmans et autres islamistes dispersés et chassés des places qu’ils occupaient.

Une loi du 19 novembre 2013 interdit les grèves et les sit-in.

En décembre, nouvelle réglementation permettant d'interdire les rassemblements de plus de dix personnes.

Arrestation d'Ahmed Maher, un des fondateurs du Mouvement révolutionnaire du 6 avril qui a déclenché la révolution qui chassé Moubarak.

 Chômage 13%, 25% chez les jeunes de 15 à 24 ans.

2014 Le 14 janvier, une nouvelle Constitution plutôt libérale est mise au vote. Le maréchal Al-Sissi veut en faire un plébiscite. Boycotté par les Frères musulmans. Les partisans du "non" sont harcelés par les policiers. 90% de "oui" et une participation de 36%. Faible participation de la jeunesse au vote.

Le nord du Sinaï est le théâtre d’une insurrection djihadiste, les attentats meurtriers contre les forces de l’ordre se multiplient. Le pouvoir répond par des frappes indiscriminées contre les populations civiles dans le Sinaï.

En février, grève des ouvriers de l'usine textile d’État de Mahalla pour l'obtention du salaire minimum.

Le 27 février, départ des sociaux-démocrates (Beblawi) du gouvernement.

Le 28 mai, élection contestée du général Sissi à la présidence avec 95% des voix mais avec une participation si faible (40 %) que le vote est prolongé d’une journée. Sissi promet d’éradiquer le terrorisme et de relancer l'économie.

L’une des figures du soulèvement, Alaa Abdel Fattha, est condamné à 15 ans de prison pour avoir manifesté.

2015 En janvier, Chaymaa Al-Sabbagh, de l’Alliance populaire socialiste, est tuée par des policiers au cours d’une manifestation pacifique non autorisée.

Arrestation de journalistes.

En août, loi sur le terrorisme, défini en termes vagues et larges, qui confère au président des pouvoirs équivalents à ceux accordés sous l'état d'urgence et met en place des tribunaux d'exception.

D’octobre à décembre, Élections législatives avec une très faible participation en l'absence quasi-totale d'opposition au président al-Sissi. L’Assemblée comprend un grand nombre d’anciens membres du Parti national démocrate (PND), dissous, de Moubarak.

En décembre, phase de répression accrue contre la société civile, l'objectif étant faire taire toutes les voix indépendantes.

Les Frères musulmans est la principale force d’opposition qui conteste le coup d’État du maréchal Sissi et l’emprisonnement du président Morsi.

2016 l'Egypte connaît la pire période de répression depuis des décennies. Les enlèvements et exécutions extrajudiciaires sont monnaie courante.

En février, le corps de Giulio Regeni, jeune chercheur italien de l’université de Cambridge qui faisait des recherches sur le mouvement syndical égyptien, est retrouvé mort défiguré par les tortures.

En mai, offensive de la police contre les journalistes.

Les ouvriers du chantier naval militaire d’Alexandrie, construisant des corvettes achetées à la France et dépendant de la société française DCNS, protestent contre leur bas salaires. La direction ferme le chantier et 14 ouvriers choisis au hasard sont arrêtés.

En octobre, le gouvernement demande au FMI un plan de sauvetage de 11 milliards d'euros pour faire face aux difficultés économiques. Pénurie de pain et de sucre.

Attentat dans une église copte. 24 morts.

2017

En avril, Sissi décide de rétrocéder à L’Arabie Saoudite deux îles inhabitées de la mer Rouge au sud du Sinaï, Tiran et Sanafir. Cela déclenche des manifestations qui se muent en contestation du régime impopulaire. Au moins 82 personnes sont arrêtées durant les manifestations.

En décembre, contrat pour l'achat d'une centrale nucléaire russe.

Économie

Population

90 millions. Pays le plus peuplé du monde arabe.

17 millions d'habitants dans la mégalopole du Caire.

10 à 20 000 berbérophones.

La majorité de la population est musulmane sunnite. Le responsable de la mosquée Al-Azhar est un des plus grandes autorités de l’islam sunnite.

10 millions de chrétiens coptes (orthodoxes, 165 000 catholiques).

La grande majorité des Juifs ont quitté l'Égypte (7 000 en 1947).

L'économie dépend fortement de l'agriculture, du tourisme, de l'apport financier des Égyptiens travaillant à l'étranger - principalement en Arabie Saoudite et dans les pays du Golfe - et des revenus du canal de Suez.

Pauvreté Un Égyptien sur deux vit sous le seuil de pauvreté.

Agriculture La majeure partie de l’activité agricole est concentrée sur les rives et le delta du Nil. La plus grande partie du pays est désertique.

Pénurie de terres agricoles.

L'Egypte est le plus grand importateur de blé du monde.

Des produits alimentaires sont subventionnés et le FMI conditionne ses prêts à leur suppression à l'abandon de ces subventions.

Éducation Le taux d'analphabétisme est supérieur à 40 %.

Forces politiques

Armée. Le maréchal (moushir) Mohammed Hussein Tantaoui est le ministre de la Défense. Il a été ministre pendant deux décennies sous Hosni Moubarak.

Elle a été la colonne vertébrale du régime depuis les années 1950.

L'armée est très liée aux États-Unis qui lui fournissent une aide annuelle de 1,3 milliards de dollars.

Les forces armées ont maintenu l'"État d'exception", continuent à faire des arrestations massives arbitraires, à pratiquer la torture et à condamner au cours de procès fabriqués dans des tribunaux militaires.

Les généraux sont à la tête d'un empire économique agroalimentaire et industriel. Ils détiennent un gros morceau de l'économie nationale.

Président. Al-Sissi.

Parti de la Liberté et de la Justice (PLJ). Façade politique des Frères musulmans (FM), organisation de masse en Égypte (plus d'un million de militants).

Soutenus par la Quatar.

Kairat Al-Chater, millionnaire et célèbre ancien prisonnier politique. Il règne en maître sur l'organisation des Frères musulmans.

Parti réformiste fondamentaliste dont le slogan est : "L'islam est la solution" et qui veut appliquer les "fondements de la charia". Pour un système économique libéral et l'augmentation des privatisations.

Ne sont pas opposés idéologiquement à un un accord avec les États-Unis (avec qui ils ont de nombreux liens).

Organisation secrète à la discipline militaire basée sur le tanzim, la hiérarchie. L'instance consultative est le Maglis Al-Choura. Leur base est très large et diversifiée : hommes d'affaires, commerçants, étudiants, fonctionnaires, pauvres vivant de l'économie informelle, agriculteurs, propriétaires terriens, représentants de la nouvelle classe moyenne.

Les Frères musulmans s'appuient sur un réseau de charité, dont 23 hôpitaux qui soignent gratuitement 2 millions de personnes. Ces hôpitaux offrent de meilleurs soins que ceux de l'État.

L'argent des Frères musulmans vient des collectes de charité et des pays du Golfe Persique (Qatar).

Élections : décembre 2005 : 88 sièges. Décembre 2011 : 40%.

Hezb Al-Nour. Parti de la lumière. Principal parti des Salafistes. Organisation fondée en mai 2011, quatre mois après le soulèvement qui a renversé Moubarak, par la plus importante organisation salafiste égyptienne, la dawa salafiya d'Alexandrie. Rivale des Frères musulmans. Organisation obscurantiste qui revendique 100.000 membres. Financée par le Qatar. Influents dans les zones très pauvres. Pour l'interdiction de la mixité au travail. Président : Emad Abdel Ghafour (un des conseillers du président Morsi). Younis Makhyoun.

Soutenus par l'Arabie Saoudite. Élections : Législatives de décembre 2011 : 29 %. Deuxième force politique du nouveau Parlement.

Gamaa Al-Ismaliya. Mouvement islamiste ultra-conservateur. Soutient Morsi.

Al-Azhar. Plus haute instance religieuse sunnite. Institution islamique égyptienne compromise avec l'ancien régime. Ahmed Al-Tayyeb.

Al-Wafd. Parti libéral nationaliste. Parti historique de la bourgeoisie égyptienne le plus ancien des partis égyptiens. Ses candidats aux élections législatives de décembre 2011 étaient souvent d'anciens membres du PND.

Front du salut national (FSN). Regroupe des organisations libérales, laïques et de gauche. Le FSN est une des principales forces à avoir fait appel à l’armée contre Morsi. Le FSN a préparé le terrain au coup d’État.

Al Karama ("Courant populaire"). Hamdîn Sabbahi. Candidat nassériste qui a surpris tout le monde lors du premier tour de la présidentielle en arrivant en 2012 en troisième position (20,7%) et en emportant même l’élection au Caire et à Alexandrie, les deux plus importantes concentrations urbaines. Proche des mouvements sociaux, Sabbahi est parvenu à représenter ceux qui cherchent une alternative de gauche tant à l’ancien régime qu’aux forces islamiques.

Parti des Égyptiens libres. Fondé par Naguib Sawiris (copte), milliardaire à la tête de l'Empire Mobinil (télécoms). Collabore avec l'armée pour limiter le poids des islamistes.

Al-Ghad. Parti libéral.

Parti social-démocrate

Al-Adl. Nouveau parti du centre.

Mouvement du 6 avril. Un des piliers du soulèvement de la place Tahrir. Fondé en 2008 par Ahmed Maher à l'occasion d'une tentative ratée d'appel à une grève nationale. Appelle au soulèvement contre l'armée et dénonce les crimes de celle-ci.

Socialistes révolutionnaires (SR). Nés au début des années 1990. Fondée par des étudiants de l’Université américaine du Caire entrés en contact avec le SWP britannique. Les SR ont tissé des liens avec le courant trotskyste International Socialist Tendency (IST).

Kifaya (Assez !)

Front de la voie de la révolution. Créée en juin 2013. Regroupe des mouvements comme les SR, le Mouvement du 6 Avril, des militants indépendants, des militants des droits humains, des collectifs contre le jugement des civils par les cours martiales, des collectifs contre la torture et divers autres petits collectifs.

Courant égyptien. Formé par des ex-jeunes militants des Frères musulmans déçus par la stratégie de la confrérie.

Tagammu. Parti légal sous l'ancien régime qui disposait de quelques sièges au Parlement. Journal : al Ahâlî

Tahaluf. Alliance populaire socialiste.

Parti communiste égyptien.

La révolution continue. Alliance de partis de gauche. 3% des voix à la première phase des élections.

Parti socialiste d'Egypte (PSE). Contrairement à ce pourrait laisser penser son nom, ce parti regroupe essentiellement des militants issus de différents courants de la gauche marxiste. Une de ses figures emblématiques est le vétéran communiste Fathallah Mahrous. Le PSE, qui  a vu le jour après le départ de Moubarak, est peu présent dans la jeunesse. Il a par contre une influence dans le monde du travail par le biais de militants participant, depuis les années 1990, à la construction d’un syndicalisme indépendant du pouvoir.

Parti démocratique des travailleurs. Fondé le 25 février 2011.

Tagdid. Renouveau socialiste. Créé en 2010.

Ligue des jeunes révolutionnaires progressistes.

Ex-Parti national démocratique (PND). Parti présidentiel du déchu Hosni Moubarak. Aujourd'hui dissous, le PND comptait 3 millions de militants. Mis en sommeil, il reste aujourd'hui encore efficace. Les membres de ce parti qui s'accrochent encore au pouvoir sont appelés lesfoulouls (les "résidus" de l'ancien régime). Ils conservent du poids dans la haute administration et des appuis dans la magistrature. Ahmed Chafiq, général à la retraite, ancien président d'Egypt Air et ancien premier ministre de Moubarak s'est présenté à l'élection présidentielle de mai 2012. Sa campagne électoral, soutenue par l'armée, a été payée par des patrons fortunés.

Organisations syndicales et associations

Il y a plus de 350 syndicats indépendants, dont 150 sont affiliés à Efitu (février 2012).

Comité de coordination. Réunit mensuellement de façon informelle des militants syndicaux combatifs.

Egyptian Federation of Independent Trade Unions (EFITU). Fédération égyptienne des syndicats indépendants. Créée en mars 2011, au moment de la révolution.

200 syndicats, 2 millions de membres (février 2013).

Les nouveaux syndicats connaissent des conditions de travail précaires ; faute de ressources, la plupart ne disposent ni de locaux, ni de permanents.

Egyptian Democratic Labour Congress (EDLC).

CTUWS Centre de services pour les syndicats et les travailleurs. Fondé en 1990 dans la banlieue du Caire par Kamal Abbas et l’avocat Youssef Darwiche. Ces dernières années, le CTUWS a été très impliqué dans le soutien aux luttes, et en particulier à celles ayant eu lieu dans le textile et les impôts fonciers. Dans le cadre de la révolution actuelle, le CTUWS est fortement engagé dans l’aide à la création de syndicats indépendants [1].

Secrétaire général : Kamal Abbas. A été condamné en février 2012 par contumace à 6 mois d'emprisonnement pour insulte au représentant de l'État, Ismail Fahmy, président du syndicat ETUF, le syndicat officiel du régime de Moubarak.

Syndicat indépendant des professeurs d'écoles.

Fédération égyptienne des enseignants

Syndicat des collecteurs d'impôts. Créé en 2008.

Syndicat indépendant des travailleurs postaux

Syndicat indépendant des travailleurs de l'administration des Transports Publics

Front pour le changement des industries sucrières. Comité de coordination qui a commencé le processus de création d'un syndicat indépendant.

Egyptian Trade Union Federation (ETUF). Centrale syndicale officielle sous la dictature Moubarak dissoute le 4 août 2011.

Centre d'assistance juridique aux femmes égyptiennes. Dirigé par Mme Azza Soliman.

Human Rights Watch. Mme Heba Morayef.

Sites recommandés sur l'Égypte

[1] Solidaires international : Égypte Site de l'Union syndicale Solidaires.

(en français).

Égypte Solidarité Comité de solidarité avec la lutte du peuple égyptien. Regroupe des citoyens égyptiens résidant en France.

(en français).

Al-Oufok Publication électronique du mouvement démocratique arabe.

(en français).

Center for economic and social rights Page sur l'Égypte. (en anglais).