Phéniciens Avant notre ère

Liban 0 - 1919

1919

L’Empire ottoman est démantelé après la Première guerre mondiale.

Paris et Londres se partagent la région. La SDN (Société des Nations) confie aux deux capitales des mandats :

Les Anglais ont la charge administrative de la Transjordanie, de l’Irak, de la Palestine.
La France a le mandat sur les provinces syriennes (dont le Mont-Liban).

Paris divise la Syrie en cinq entités administratives dont l’une d’elles est détachée pour former autour du Mont-Liban une entité politiquement autonome, en s’appuyant sur les liens tissés avec les chrétiens d’Orient, la communauté maronite en particulier.

1920

Le 1er septembre,  après s’être partagé avec la Grande-Bretagne les territoires que l’Empire ottoman vient de perdre au Moyen-Orient, la France proclame le Grand Liban.

Son territoire est plus large que le territoire historique du “petit Liban”. C’est le Grand Liban qui ampute la Syrie d’une de ses provinces.

La France contribue à mettre en place un système confessionnel.

On distingue les maronites, les Grecs catholiques, les Grecs orthodoxes d'un côté, les druzes et les sunnites et les chiites de l'autre côté.

1932 

Recensement des Libanais. Son résultat va servir à construire les institutions du pays.

1943 

Déclaration d’indépendance de la tutelle française. Un accord non écrit (“pacte national”) répartit les sièges du Parlement selon des critères communautaires à partir du recensement de 1932.

Musulmans et chrétiens s'unissent contre l'arbitraire de la France de De Gaulle. Le pacte national est non écrit tant il est complexe, sensible (formule toujours en oeuvre aujourd'hui) :

Présidence de la République (dont commandement de l’armée) pour un Maronite, la présidence de l’Assemblée nationale pour un Chiite et le Premier ministre doit être un Sunnite.

1944 

La France accepte de transférer le pouvoir à un gouvernement libanais.

1948

En mai, fondation de l’Etat d’Israël.

Exode de centaines de milliers de Palestiniens dans tout le Proche-orient, en particulier en Jordanie et au Liban. Des camps de réfugiés palestiniens se multiplient au Liban.

1958 Fouad Chéhab, président de la République (- 1964).

Le Liban réalise des nationalisations.

Face à des menaces de guerre civile, le président Camille Chamoune demande l’envoi de troupes américaines.

1967 Guerre des Six Jours. Israël conquiert le Sinaï, la Cisjordanie, Jérusalem Est et le Golan. Arrivée de réfugiés palestiniens au Liban.

Le sud du Liban devient une base anti-israélienne pour les fedayins palestiniens. Le Liban est ainsi placé au centre de l’antagonisme israélo-arabe.

Le Fatah, parti de Yasser Arafat devient au liban un Etat dans l’Etat.

1969 Des courants nationalistes radicalisés fondent, l'Organisation d'action communiste (OACL).

1970 

Elections Election de Soleiman Frangié à la présidence, maronite (- 1976).

Palestine Les palestiniens chassés de Jordanie se réfugient au Liban.

1973 

Le 21 février, 108 victimes suite à l'attaque par l'aviation israélienne d’un Boeing de la Libyan Arab Airlines.

1975 

Guerre dite civile (1975 - 1990) Le 13 avril, au Liban, Pierre Gemayel est la cible de tirs palestiniens.

En riposte, les phalangistes, milices chrétiennes, attaquent un bus transportant des Palestiniens et font 27 victimes. C'est le début de la guerre civile qui va durer quinze ans (- 1990).

1976 

En juin, les troupes syriennes entrent au Liban aux côtés de la droite maronite, avec la bénédiction des États-Unis, des pays occidentaux et des États arabes réactionnaires, pour écraser le mouvement nationaliste libanais et la résistance palestinienne de l’OLP.

En août, après un siège de 52 jours, le camp palestinien de Tel al-Zaatar tombe aux mains des milices chrétiennes soutenues par la Syrie. Un millier de Palestiniens sont massacrés et 15 000 évacués.

Mise en place de la Force arabe de dissuasion (FAD), à majorité syrienne. Le territoire est sous l'autorité d'une multitude de milices et de clans.

1977 

En mars, assassinat de Kamal Joumblatt, chef du parti socialiste progressiste (PSP, druze).

1978 

En mars, à la suite d'un attentat palestinien à Tel Aviv, les troupes israéliennes envahissent le Sud-Liban ("opération Litani") pour créer une "zone de sécurité". L'ONU envoie une force d'interposition, la Finul.

L'armée israélienne se retire en juin, laissant une bande de territoire occupée par les milices chrétiennes du commandant Haddad qui sont chargées d’empêcher l’infiltration de fedayins palestiniens depuis le Liban.

1980

L’armée syrienne rentre au Liban. Elle impose sa tutelle jusqu’en 2005.

1982 

Guerre du Liban.

Israël bombarde les camps de l'OLP situés au sud du Liban. L'OLP riposte à coup de tirs de roquettes visant le nord de l'État israélien. Tsahal intensifie ses bombardements.

Le 6 juin, la droite israélienne déclenche un nouveau conflit avec le Liban : “Paix en galilée”.

En violation de tous les conventions internationales, les troupes israéliennes dirigées par Ariel Sharon envahissent le Liban et arrivent jusqu'à Beyrouth Ouest où elles mènent le siège de la capitale.  Elles se rallient les milices chrétiennes phalangistes d'extrême droite de Bachir Gemayel.

L'OLP et Arafat sont encerclés, pris en tenaille entre l'armée israélienne et les milices chrétiennes. L'aviation israélienne, qui veut en finir avec l'OLP et son leader, pilonne Beyrouth-Ouest où se trouvent les camps palestiniens.

Le 3 juillet, 100.000 manifestants contre la guerre a Tel Aviv.

Fin août, l'intervention américaine permet l'exfiltration de la direction de l'OLP de Beyrouth.

Le 14 septembre, le président de la République et chef de la milice phalangiste pro-Israël, Bachir Gemayel, est assassiné.

Amine Gemayel, son grand frère lui succède.

Massacre de Sabra et Chatila  Les 17 et 18 septembre, l'armée israélienne occupe Beyrouth-ouest et encercle les camps de réfugiés palestiniens de Sabra et Chatila.

Arafat quitte Tripoli (Liban) pour Tunis, évacué par la marine française.

Avec l'accord tacite d'Ariel Sharon et l'appui de l'armée, massacre dans les camps par une milice phalangiste alliée à Israël. 800 morts selon une commission d'enquête israélienne (1.000 à 3.000 morts selon d'autres source).

Le régime syrien d’Assad poursuit ce qu’Israël a commencé en expulsant les combattants palestiniens de la moitié sud du pays, jusqu’à et y compris Beyrouth.

Création par Damas du Hezbollah (parti de Dieu). Il est créé pour affaiblir les partis sunnites et le parti phalangiste chrétien et pour poursuivre la lutte contre Israël par milices interposées.

Des gardiens de la révolution iranienne sont envoyés dans la plaine de la Békaa.

1983 

Par agents interposés, le régime Assad expulse les combattants de l’OLP ainsi qu’Arafat lui-même du nord du Liban. Damas soutient ses alliés libanais du mouvement confessionnel chiite, Amal, dans sa guerre contre les camps palestiniens pour le reste de la décennie 1980.  

1984

La plus grande partie des troupes israéliennes se retirent du Liban, jusqu’au fleuve Litani, une “zone de sécurité” au sud.

1985 

Michel Seurat est enlevé à l’aéroport de Beyrouth par des chiites du régime syrien. Il mourra en détention.

1989 

Guerre civile (1975 - 1990) Signature d’accords mettant fin à quinze ans de guerre civile qui a fait environ 200.000 morts.

Le traité de Taëf scelle la fin de la guerre civile au Liban tout en consacrant son émiettement communautaire. Défaite politique du christianisme libanais et de sa guerre de libération contre la Syrie.

1990 

Guerre civile (1975 - 1990) Les combats entre deux camps chrétiens font 2.000 morts. Renversement du gouvernement militarisé chrétien du maronite Michel Aoun (CPL). Les avions militaires syriens attaquent le palais présidentiel. Aoun s’enfuit.

Damas se range aux côtés des Etats-Unis dans le conflit qui se prépare avec l’Irak.

1991 

Toutes les milices sont dissoutes excepté le puissant groupe chiite Hezbollah au nom  de la résistance contre Israël dans le Sud.

Défaite militaire de l’OLP face à l’armée libanaise.

1992 

Élections législatives, les premières depuis 1972. Elles sont boycottées par de nombreux mouvements chrétiens.

Succès du Hezbollah, qui devient le premier parti politique du pays.

Le Hezbollah est populaire à cause de son travail social auprès de la population chiite modeste, par contraste avec la corruption en place au sein de l’Etat libanais. Il est aussi populaire à cause du mépris dans lequel la population chiite libanaise est tenue par les populations sunnites ou maronites.

Rafik Hariri, riche homme d’affaires, devient premier ministre.

1993 

En juillet, bombardements intensifs durant sept jours de l'armée israélienne au Liban sud.

1996 

En avril, à la suite de tirs de roquette du Hezbollah contre le nord d'Israël, le Premier ministre israélien, Shimon Pérès, lance en représailles l'opération “raisins de la colère”.

Le village libanais de Qana est pris pour cible par l'armée israélienne. Les habitants n'ont aucune chance de s'enfuir. 102 civils sont tués par des bombes israéliennes.

1997

Population 4 millions de Libanais dan le pays plus la diaspora à travers le monde, soit en tout 6 millions de Libanais.

La langue commune à toutes les communautés est l’arabe.

Economie La livre libanaise est indexée sur le dollar.

2000 

En juin, après l’effondrement de l’Armée du Liban du sud (SLA) et l’avance rapide des forces du Hezbollah, retrait unilatéral et précipité de l'armée israélienne du Sud-Liban.

Le Hezbollah s'efforce de prendre le contrôle de la zone de sécurité.

Pour les libanais, ce n’est pas l’Etat qui a fait reculer l’armée israélienne mais la pression du Hezbollah.

2005 

Le 14 février, assassinat de Rafic Hariri, ancien Premier ministre et entrepreneur libanais dans un énorme attentat à l’explosif.

Najib Mikati est premier ministre de transition de février à juin.

Le 8 mars, manifestation pour le maintien de l’armée syrienne au Liban.

"Printemps du cèdre".

Le 14 mars, une gigantesque manifestation anti-syrienne d’un million de personnes, soit près d'un quart du pays (sunnites, chrétiens, Druzes et quelques chiites), place des Martyrs à Beyrouth, contraint les troupes d'occupation syriennes à quitter le pays en avril.

En juin, assassinat de Samir Kassir, 45 ans, pourfendeur de la présence syrienne au Liban, historien, journaliste et enseignant.

Victoire électorale de la coalition menée par l’héritier de Hariri, le milliardaire Saad.

Fouad Siniora devient premier ministre.

Population 400 000 Palestiniens sont dans des camps de réfugiés. Ils ne peuvent ni rentrer en Palestine, ni devenir citoyens libanais. Ils forment 10 % de la population du Liban.

2006 

Guerre des 33 jours. En juillet, après un accrochage avec le Hezbollah au cours duquel trois soldats israéliens sont tués et deux autres capturés, Israël lance une offensive de 33 jours de bombardements aériens.

Un million de Libanais sont contraints de fuir. 1 200 tués, essentiellement civils côté libanais et 160 morts, en majorité des soldats, côté israélien.

Le Hezbollah tire des missiles sur Haïfa et la Galilée.

En novembre, assassinat de Pierre Gemayel, ministre de l'Industrie.

2007 

De mai à septembre, siège du camp palestinien de Nahr el-Bared près de Tripoli. 3 000 morts. L’armée prend le contrôle du camp.

2008 

Le Hezbollah fait un coup de force à Beyrouth ouest contre les sunnites.

2009 

Elections En  juin, l’Alliance du 14 mars gagne les élections. Gouvernement de Saad Hariri, leader du Courant du futur, le parti sunnite majoritaire.

2012 

Principe de neutralité du Liban par rapport à la guerre civile en Syrie.

2013 I

Instabilité gouvernementale due à la guerre en Syrie. Le gouvernement se déclare neutre par rapport à cette guerre.

2014 

Démission du président Michel Suleiman. Il n’a pas de successeur car il n’y a pas de consensus pour lui trouver de successeur. Crise institutionnelle. Le Parlement s’autoreconduit.

2015 

Le 12 juillet, un attentat revendiqué par Daech dans le fief du Hezbollah fait 44 morts.

Crise des déchets Depuis juillet, crise des ordures à Beyrouth. Mouvement citoyen avec des milliers de manifestants contre le non-ramassage des poubelles et pour fustiger la corruption. Manifestation place des Martyrs le 29 août. Émergence d'une société civile méfiante des partis.

2016 

Population Le Liban accueille plus d’un million de réfugiés syriens, soit le quart de la population.

Elections En octobre, Michel Aoun, chrétien, est élu président par les députés. Alliance entre Hariri et Aoun.

2017

Population Un million et demi de réfugiés de Syrie soit près du quart de la population du Liban.

175.000 Palestiniens au Liban. Ils sont dans 12 camps de réfugiés. 18 % d’entre eux sont au chômage.

Politique En novembre le premier ministre Saad Hariri est forcé à démissionner sous la pression, y compris physique, de Arabie Saoudite. Cette démission lui est imposée sous la pression de l’Arabie Saoudite.

Hariri finit par reprendre son poste.

Agriculture La plaine de la Bekaa, à l’est, est le grenier agricole du Liban.

Ressources Le pays est riche en eau grâce à ses reliefs.

Importantes réserves de gaz et pétrole off-shore.

2018

La guerre en Syrie fragilise le Liban.

Elections les élections législatives, organisées avec cinq ans de retard,  sont remportées par les partis chiites (Hezbollah et Hamal).

Economie croissance quasi nulle.

Pétrole et gaz Exploitation des blocs off-shore par Total (France), Enni (Italie) et Novatec (Russie).

2019

Population 6,2 millions d’habitants. 87 % d’entre eux vivent dans les villes.

Beyrouth a près de 2,5 millions d’habitants.

596 habitants/km2. C’est le territoire le plus densément peuplé de la région (exceptée la bande de Gaza).

35 % de Musulmans chiites (majoritaires dans la communauté musulmane).

27 % de Musulmans sunnites.

20 % de Maronites (chrétiens de rite oriental)

5 % de Druzes (musulmans hétérodoxes)

Economie Près d’un tiers des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté.

Marasme économique aggravé par la crise des institutions.

Un tiers de jeunes est au chômage.

Dette publique : 80 milliards de dollars soit 150 % du PIB. Payer les intérêts chaque année exige d’y consacrer près de 10 % du PIB, soit plus de 5 milliards de dollars. La dette est pour l’essentiel détenue par des Libanais, banques et particuliers.

Inégalités 3.700 riches Libanais reçoivent 10 % des revenus du pays, soit autant que la moitié de la population (3,3 millions d’habitants).

Services publics Le réseau électrique est l’un des quatre pires au monde avec des coupures de 12 heures par jour et le recours général aux générateurs. Il perd 30 % du courant produit, soit trois fois plus que la moyenne européenne.

Révolte populaire A partir du 17 octobre, soulèvement inédit et spontané d'une partie la jeunesse et des femmes contre les pénuries (eau, électricité), le délabrement dans les services publics (éducation), la corruption, le népotisme, les institutions confessionnelles, avec le slogan "tous dehors". Des dizaines de milliers de manifestants, de toutes confessions, descendent chaque semaine dans les rues. Le Hezbollah tente de disperser les manifestants. Barrages routiers et barricades dans la capitale. Fin octobre, le premier ministre Saad Hariri démissionne. Les banques ferment pendant deux semaines.

2020

Le Liban connaît sa plus grave crise économique depuis quarante ans. Crise financière. Dette de 92 milliards de dollars soit 170 % du PIB. Les pertes globales de secteur bancaire s’élèvent à 83 milliards de dollars, soit le double de la richesse du pays.

En mars, défaut de remboursement.

La moitié des Libanais vivent sous le seuil de pauvreté.

Les faillites se multiplient.

Le 13 août, double explosion de 2.700 tonnes de nitrate d’ammonium dans un entrepôt à l’abandon du port de Beyrouth fait 171 morts et 6.500 blessés. La moitié de Beyrouth est dévastée. Des manifestations contre l'incurie du pouvoir aboutissent à la démission du gouvernement.