1546 

La colonie prend le nom du roi d’Espagne, Philippe II.

1892 

Contre la colonisation espagnole, Andrés Bonifacio fonde une société nationaliste secrète, la Katipunan, qui essaime rapidement des groupes en province.

1896 

Déclenchement de la révolution nationale, au terme de plusieurs siècles de résistance nationale.

En août, la découverte du mouvement Katipunan, déclenche une insurrection armée.

Après quelques succès initiaux, Emilio Aguinaldo, devenu chef des insurgés à la suite de l'élimination de Bonifacio, est finalement vaincu et contraint de s'exiler avec ses compagnons à Hong Kong.

L'écrivain José Rizal est fusillé.

1898 

En août, E. Aguinaldo appelle à l'aide les Etats-Unis. L'amiral américain Dewey coule la flotte espagnole en rade à Manille et donne l'assaut à la ville. L'Espagne perd les Philippines. Guérilla anti-américaine dans l'archipel.

Proclamation de l'indépendance sous la protection des Etats-Unis.

En décembre, vaincue, l'Espagne cède par le traité de Paris les Philippines aux États-Unis contre une indemnité de 20 millions de dollars.

Revenue aux Philippines dans l'intervalle, la junte de Hongkong s'érige en gouvernement révolutionnaire et entre en conflit ouvert avec l'administration américaine.

1946 

Indépendance vis à vis des Etats-Unis. L’indépendance a été préparée de façon à maintenir des liens très étroits entre l’ancienne métropole et les élites locales.

1947 

Des bases militaires américaines sont installées.

1950 

La politique du FMI entre en action.

1965 

En décembre. E. Marcos devient président.

Les investissements américains s'accroissent.

1968 

Fondation du Parti communiste Philippin (PCP) d'inspiration maoïste par José Maria Sison.

1969 

Marcos est réélu grâce à des fraudes. Il soutient l'intervention américaine au Vietnam.

Début de la guérilla musulmane séparatiste au sud du pays.

Le PCP organise la résistance de masse à la dictature de Marcos et une guérilla dynamique avec la Nouvelle armée du peuple (NPA).

1972 

En septembre, Marcos instaure la loi martiale (- 1981) avec le soutien des États-Unis. Le Parlement est suspendu, les opposants sont arrêtés et la censure est imposée.

Le PKP (un PC devenu prosoviétique) capitule.

1977 

Begnino Aquino, dirigeant de l'opposition, est condamné à mort.

1978 

Le 6 avril, l'opposition participe aux élections malgré la loi martiale.

Années 1980

Le Parti communiste des Philippines (PCP) et sa branche armée, la Nouvelle armée populaire (NAP) sont au sommet de leur puissance.

1980 

Le 29 août, regroupement de l'opposition politique autour du "Pacte national pour la liberté".

1981 

En janvier, Marcos lève la loi martiale mais conserve tous les pouvoirs et se fait réélire en juin avec des fraudes colossales.

Les États-Unis le félicitent pour son "adhésion aux valeurs démocratiques". Libération de détenus politiques.

Il ne reste plus que trois pouvoirs centralisés : l'État, les forces révolutionnaires avec en particulier le Parti communiste et l'Église catholique.

Le 20 décembre, l'armée tire sur des manifestant de paysans à Culasi (île de Panay) tuant 7 personnes.

1982 

Le 27 août, l'armée affirme qu'un complot a été éventé et arrête des personnalités politiques et des syndicalistes.

1983 

Le 21 août, M. Benigno "Ninoy" Aquino, un des plus importants opposants à la dictature de Marcos, est assassiné par des militaires à son retour d'exil aux Etats-Unis. Grandes manifestations. Radicalisation des luttes populaires dans l'archipel.

1986 

En février, la dictature Marcos s’effondre, à l’occasion de l’élection présidentielle, sous la pression convergente d’une immense mobilisation démocratique et d’une rébellion militaire. Manifestations de masse contre la dictature de Ferdinand Marcos.

Mouvement regroupé autour de Mme Cory (Corazon) Aquino, veuve de Benigno Aquino.

Les militaires, l'Église catholique et les Etats-Unis (Reagan) doivent retirer leur soutien à Marcos et celui-ci s'enfuit après avoir détourné au moins 10 milliards de dollars de fonds publics.

Le 25 février, Cory Aquino, devient présidente de la République, avec l'appui de l'Église et d'une partie de l'armée.

L'hégémonie du PCP se fissure : sa direction ne veut pas croire que le régime peut être renversé selon un schéma stratégique si éloigné de son dogme (l’encerclement des villes par les campagnes).

1987

Constitution.

1992 

Les divergences au sein du parti maoïste PCP s’intensifient jusqu’aux exclusions-scissions.

1994 

Scission dans le PCP et création du RPM-M.

1998 

Joseph Estrada, ancien acteur de cinéma, est élu président (- 2001). Gloria Macapagal-Arroyo est vice-présidente.

Premières élections par listes de partis. La gauche philippine fait son retour au Congrès. Plusieurs groupes socialistes et sociaux-démocrates, comme Sanlakas et Akbayan, parviennent à obtenir des sièges.

2001 

Le 29 janvier, les militaires lui retirent leur soutien, Le président Joseph Estrada doit démissionner après des mois de manifestations contre son régime corrompu.

Gloria Macapagal Arroyo lui succède (- 2010).

2006 

Meurtres organisés de militants syndicalistes et d'opposants par des « escadrons de la mort » liés à la police, l'armée et les paramilitaires, ou des milices privées et tueurs à gage engagés par les possédants.

2009 

En novembre, une attaque contre des électeurs par un clan rival fait 57 morts. Mort de Cory Aquino.

2010 

Akbayan, créé à l’origine comme une alliance électorale entre divers groupes socialistes et sociaux-démocrates, la formation électorale de gauche qui a le mieux réussi, s’allie avec Benigno Aquino III et son Parti libéral.

En juin, Benigno "Noynoy" Aquino III, fils de Mme Cory Aquino, emporte l'élection présidentielle (40% des voix) après une campagne contre la corruption.

Croissance +7,3%.

2011 

Tempête tropicale Washi Sendong sur l'île de Mindanao.

En février, négociations avec le groupe de guérilla maoïste NPA.

Croissance +7,3%.

Chômage : 7,1%

2012 

En octobre, accord de paix avec le MILF dans l'île de Mindanao donnant aux Moros plus d'autonomie après un conflit de plus de 30 ans qui a fait plus de 120

.000 morts.

En décembre, typhon sur l'île de Mindanao, 500 morts, 250.000 sans-abri.

2013 

En novembre, cyclone Haiyan avec des vents soufflant jusqu’à 315 km/h. 6.000 morts, 1.700 disparus et des dizaines de milliers de sans-abri. Le plus violent cyclone jamais enregistré touchant terre.

2014 

En mars, le MLIF signe un accord de paix avec le gouvernement qui met fin au conflit.

En avril, la Cour Suprême approuve une loi sur la régulation des naissances qui oblige les centres de santé publics à distribuer des préservatifs. C’est une défaite pour l’église catholique qui a fait une forte campagne contre cette loi.

2015 

Mécontent du soutien inconditionnel de son parti à Aquino et au Parti libéral, le représentant d’Akbayan (sociaux-démocrates) le plus connu, Walden Bello, démissionne.

En mars, des centaines de rebelles musulmans dans le Sud, s’inscrivent sur les listes électorales, dans le cadre de négociations destinées à mettre fin à 40 ans de conflit.

2016 

En mai, Rodrigo Duterte, ancien maire de Davao, principale ville de Mindanao, la grande île du sud de l'archipel, remporte une victoire écrasante à la présidentielle. Il était responsable d’escadrons de la mort dans sa ville. Dans un discours ultra-sécuritaire, il promet le couvre-feu pour les mineurs le rétablissement de la peine de mort.

Il promet de passer au fédéralisme pour permettre aux musulmans de Mindanao d’accéder à plus d’autonomie.

L’organisation Akbayan est tombée de la cinquième (en 2013) à la treizième place dans les élections sur listes de partis.

En juin, en intégrant au gouvernement des dirigeants des mouvements légaux identifiés au « bloc » pro-PCP et en ouvrant un nouveau cycle de pourparlers, Duterte espère convaincre une partie au moins des directions régionales maoïstes d’entrer dans des négociations de paix substantielles.

En août, pourparlers de paix avec le PCP pour le désarmement de la Nouvelle armée du peuple (NPA), 4.000 combattants, branche armée du Parti communiste. Mais  le congrès du PCP réaffirme la ligne antérieure, dont la primauté à la lutte armée rurale.

2017 

Le 4 mars, le camarade Ruben est tué par l’armée dans la province de Lanao del Norte, Mindanao.

Le 23 mai, assaut des djihadistes du groupe des frères Maute, rallié à Daech, sur la ville de Marawi (Mindanao). Ils incendient la cathédrale. Le gouvernement ordonne la loi martiale dans tout le sud du pays. L’armée gouvernementale bombarde et détruit presque la moitié de la ville. Duterte « couvre » les violations des droits humains.

carte des Philippines

© Inprecor/jr

Parti Révolutionnaire des Travailleurs-Mindanao (RPMM). Fondé en 2001. Issu de la scission qui a eu lieu, en 1992, dans le Parti communiste des Philippines (PCP). Le RPM-M a rejoint la Quatrième Internationale, dont il est la section philippine.

Implanté dans l’île méridionale de Mindanao, la région la plus militarisée de l’archipel philippin.