Dénoncer les travers de la société (Analyse de textes) www.ystor.org
Dénoncer les travers de la société
Analyses de textes
Outils de langue à développer 4
La Carte de Marcel Aymé (1943) 8
La Ferme des animaux de Georges Orwell 8
La Ferme des animaux de Georges Orwell 8
Le Maître du Haut Château (Philippe K. Dick) 18
Déradicalisation (J. Ferrari) 18
Les caractères de la Bruyère 19
Les obsèque de la Lionne (Jean de la Fontaine) 19
La rédaction (Antonio Skarmeta) 28
Inglorious Bastard (avec Brad Pitt) 36
Patients (Film de Grand Corps Malade) 36
Esprits adaptés (Chanson de Grand Corps Malade) 36
Midi 20 (Chanson de Grand Corps Malade) 37
Vu de ma fenêtre (Chanson de Grand Corps Malade) 39
Matin brun - Franck Pavloff 40
Candide ou l’optimisme - Voltaire 44
Le Loup et l’Agneau - Jean de la Fontaine 44
Le Lion et le Rat - Jean de la Fontaine 45
Le Lièvre et la Tortue - Jean de la Fontaine 45
La Cigale et la Fourmi - Jean de la Fontaine 45
Le Renard et le Corbeau - Jean de la Fontaine 46
Les lettres persanes - Montesquieu 47
Rhinocéros - Eugène Ionesco 49
Discours du Dictateur (Charlie Chaplin) 50
Etude du Prologue d’Antigone 51
Prologue : scène d’exposition 51
La Charogne de Charles Baudelaire 53
Mickey 17 (Réalisé par Bong Joon Ho) 56
La demeure du Chaos (St Romain au Mont d’Or) 57
Poème tiré du recueil Poèmes politiques de Paul Eluard 64
Critères de réussite pour le sujet d’imagination 76
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Pour comprendre le texte littéraire proposé au brevet, il faut savoir que les questions portent le plus souvent sur quatre caractéristiques.
Exemples : Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Vous devez chercher les indicateurs de temps (date, éléments liés à une époque, etc…) et de lieu. Pour cela, vous pouvez utiliser le paratexte (présentation en italique avant le texte, notes de bas de page)
Exemples : Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ? Énumérez quatre réactions du personnage quand il comprend qu’on l’a oublié.
Vous devez bien repérer les noms des personnages et analyser leurs sentiments. Pensez aussi à bien identifier les liens qui existent entre les personnages (famille, amis, ennemis).
Exemples : A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
Vous devez trouver les pronoms personnels et les déterminants possessifs employés. Il faut prendre en compte le récit et non les dialogues au discours direct.
Exemples : À quel genre narratif appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Vous devez vous souvenir des genres littéraires étudiés en classe et être capable d’en donner les caractéristiques. Il faudra éviter de confondre autobiographique (où l’auteur est aussi le narrateur et le personnage principal) et roman à la 1ère personne.
Voici les questions les plus récurrentes dans les questions posées sur un texte littéraire.
Exemples : Des lignes 18 à 24, relevez le champ lexical de la peur.
Il faut chercher des mots ou des expressions dans le passage du texte dans lequel vous devez faire cette recherche.
Exemples : Dans le dernier paragraphe, pourquoi le narrateur est-il effrayé ? Justifiez votre réponse.
Appuyer votre réponse avec des citations. Elles devront être incluses dans votre réponse et ne pas venir à la fin de celle-ci.
Exemples : Quel moment n’est pas raconté entre le 2e et le 3e paragraphe ? Expliquez ce choix d’écriture.
Il faut partir de la réponse à la 1ère question et la commenter pour éclairer le sens du texte. Il ne faut répéter la réponse à la 1ère question sans apporter d’élément nouveau d’interprétation.
Exemples : Quel est l’effet recherché par le narrateur dans ce passage ? Développez votre réponse.
Il faut construire un raisonnement en plusieurs phrases. Chacune d’elles présente une idée différente.
Les réponses doivent être entièrement rédigées. Retenons 4 points pour bien faire cela.
Exemples : Louis accepte-t-il l’argent qui lui est proposé ? Quel trait de son caractère est ici révélé ?
Louis refuse l’argent qui lui est proposé et révèle ainsi sa générosité. Il est préférable d’éviter une réponse par oui ou non qui sont réservés à l’oral.
Exemples : Comment sont apportées les paroles de l’officier ?
Les paroles de l’officier sont rapportées au discours direct.
Il ne faut pas commencer votre réponse par un pronom personnel.
Exemples : “Rien, le silence” (l.12) Quelle est la particularité de cette phrase ?
“Rien, le silence” (l.12) est une phrase non verbale. Il ne faut pas oublier les guillemets pour les citations et mettre les numéros de lignes.
Exemples : Qu’est-ce qui permet de dire que ce texte est une autobiographie ? Ce texte est une autobiographie car :
Il faut bien indiquer les numéros des questions et mettre des tirets quand il y a plusieurs éléments de réponse à donner.
Questions
Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.
Quel genre de texte reconnaissez-vous ici ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte et le paratexte.
Questions
Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.
Quel genre de texte reconnaissez-vous ici ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte et le paratexte.
Dans La ferme des animaux, Georges Orwell met en scène des animaux. Au début du roman, un cochon âgé s’exprime face à tous les autres animaux de la ferme.
Tous les animaux étaient maintenant au rendez-vous – sauf Moïse, un corbeau apprivoisé qui sommeillait sur un perchoir, près de la porte de derrière – et les voyant à l’aise et bien attentifs, Sage l’Ancien se racla la gorge puis commença en ces termes :
« Camarades, vous avez déjà entendu parler du rêve étrange qui m’est venu la nuit dernière. Mais j’y reviendrai tout à l’heure. J’ai d’abord quelque chose d’autre à vous dire. Je ne compte pas, camarades, passer encore de longs mois parmi vous. Mais avant de mourir, je voudrais m’acquitter d’un devoir, car je désire vous faire profiter de la sagesse qu’il m’a été donné d’acquérir. Au cours de ma longue existence, j’ai eu, dans le calme de la porcherie, tout loisir de méditer. Je crois être en mesure de l’affirmer : j’ai, sur la nature de la vie en ce monde, autant de lumières que tout autre animal. C’est de quoi je désire vous parler.»
« Quelle est donc, camarades, la nature de notre existence ? Regardons les choses en face : nous avons une vie de labeur, une vie de misère, une vie trop brève. Une fois au monde, il nous est tout juste donné de quoi survivre, et ceux d’entre nous qui ont la force voulue sont astreints au travail jusqu’à ce qu’ils rendent l’âme. Et dans l’instant que nous cessons d’être utiles, voici qu’on nous égorge avec une cruauté inqualifiable. Passée notre première année sur cette terre, il n’y a pas un seul animal qui entrevoie ce que signifient des mots comme loisir ou bonheur. Et quand le malheur l’accable, ou la servitude, pas un animal qui soit libre. Telle est la simple vérité.» (...)
«Camarades, est-ce que ce n’est pas clair comme de l’eau de roche ? Tous les maux de notre vie sont dus à l’Homme, notre tyran. Débarrassons-nous de l’Homme, et nôtre sera le produit de notre travail. C’est presque du jour au lendemain que nous pourrions devenir libres et riches. À cette fin, que faut-il ? Eh bien, travailler de jour et de nuit, corps et âme, à renverser la race des hommes. C’est là mon message, camarades. Soulevons-nous ! Quand aura lieu le soulèvement, cela je l’ignore : dans une semaine peut-être ou dans un siècle. Mais, aussi vrai que sous moi je sens de la paille, tôt ou tard justice sera faite. Ne perdez pas de vue l’objectif, camarades, dans le temps compté qui vous reste à vivre. Mais avant tout, faites part de mes convictions à ceux qui viendront après vous, afin que les générations à venir mènent la lutte jusqu’à la victoire finale.»
«Et souvenez-vous-en, camarades: votre résolution ne doit jamais se relâcher. Nul argument ne vous fera prendre des vessies pour des lanternes. Ne prêtez pas l’oreille à ceux selon qui l’Homme et les animaux ont des intérêts communs, à croire vraiment que de la prospérité de l’un dépend celle des autres ? Ce ne sont que des mensonges. L’Homme ne connaît pas d’autres intérêts que les siens. Que donc prévalent, entre les animaux, au fil de la lutte, l’unité parfaite et la camaraderie sans faille. Tous les hommes sont des ennemis. Les animaux entre eux sont tous camarades. » (...)
« J’ai peu à ajouter. Je m’en tiendrai à redire que vous avez à montrer en toutes circonstances votre hostilité envers l’Homme et ses façons de faire. L’ennemi est tout deuxpattes, l’ami tout quatrepattes ou tout volatile. Ne perdez pas de vue non plus que la lutte elle-même ne doit pas nous changer à la ressemblance de l’ennemi. Même après l’avoir vaincu, gardons-nous de ses vices. Jamais animal n’habitera une maison, ne dormira dans un lit, ne portera de vêtements, ne touchera à l’alcool ou au tabac, ni à l’argent, ni ne fera négoce. Toutes les mœurs de l’Homme sont de mauvaises mœurs. Mais surtout, jamais un animal n’en tyrannisera un autre. Quand tous sont frères, peu importe le fort ou le faible, l’esprit profond ou simplet. Nul animal jamais ne tuera un autre animal. Tous les animaux sont égaux.»
Questions.
Les réponses doivent obligatoirement être rédigées.
Un condamné à mort, incarcéré dans la prison de Bicêtre, raconte ce qu’il a vécu depuis son procès jusqu’au jour de son exécution.
Bicêtre,
Condamné à mort !
Voilà cinq semaines que j’habite avec cette pensée, toujours seul avec elle, toujours glacé de sa présence, toujours courbé sous son poids !
Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre homme. Chaque jour, chaque heure, chaque minute avait son idée. Mon esprit, jeune et riche, était plein de fantaisies. Il s’amusait à me les dérouler les unes après les autres, sans ordre et sans fin, brodant d’inépuisables arabesques cette rude et mince étoffe de la vie. C’étaient des jeunes filles, de splendides chapes d’évêque, des batailles gagnées, des théâtres pleins de bruit et de lumière, et puis encore des jeunes filles et de sombres promenades la nuit sous les larges bras des marronniers. C’était toujours fête dans mon imagination. Je pouvais penser à ce que je voulais, j’étais libre.
Maintenant, je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, mon esprit est en prison dans une idée. Une horrible, une sanglante, une implacable idée ! Je n’ai plus qu’une pensée, qu’une conviction, qu’une certitude : condamné à mort !
Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, comme un spectre de plomb à mes côtés, seule et jalouse, chassant toute distraction, face à face avec moi misérable, et me secouant de ses deux mains de glace que je veux détourner la tête ou fermer les yeux. Elle se glisse sous toutes les formes où mon esprit voudrait la fuir, se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse, se colle avec moi aux grilles hideuses de mon cachot ; m’obsède éveillé, épie mon sommeil convulsif, et reparaît dans mes rêves sous la forme d’un couteau.
Je viens de m’éveiller en sursaut, poursuivi par elle et me disant : - Ah ! ce n’est qu’un rêve ! Hé bien ! avant même que mes yeux lourds aient eu le temps de s’entrouvrir assez pour voir cette fatale pensée écrite dans l’horrible réalité qui m’entoure, sur la dalle mouillée et suante de ma cellule, dans les rayons pâles de ma lampe de nuit, dans la trame grossière de la toile de mes vêtements, sur la sombre figure du soldat de garde dont la giberne reluit à travers la grille du cachot, il me semble que déjà une voix a murmuré à mon oreille :
Victor Hugo, Le Dernier Jour d’un condamné, 1829
Questions
Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.
Quel genre de texte reconnaissez-vous ici ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte et le paratexte.
Nous avons un genre narratif, plus précisément autobiographique. Nous pouvons nous en rendre en compte grâce à la présence d’un narrateur interne (l.2) “j’habite
Identifiez et justifiez le temps principal de ce texte.
Identifiez le type et la construction de la première phase et expliquez l’effet produit.
Phrase non verbale,
Condamné à mort ! - L’objectif de l’auteur est d’affecter, de toucher, de rendre stupéfait.
Quels sont les deux moments mis en opposition ? Relevez deux connecteurs temporels et deux temps verbaux qui marquent cette distinction.
“Autrefois, car il me semble qu’il y a plutôt des années que des semaines, j’étais un homme comme un autre, / Maintenant je suis captif.”
“Maintenant je suis captif. Mon corps est aux fers dans un cachot, (...) condamné à mort ! “ :
Sur quoi le condamné insiste-t-il ? Comment cela est-il mis en avant ? Appuyez-vous sur les tournures et les constructions employées ainsi que sur le rythme des phrases.
Quoi que je fasse, elle est toujours là, cette pensée infernale, (...) dans mes rêves sous la forme d’un couteau.” :
Relevez les verbes conjugués qui ont pour sujet la “pensée infernale”.
Comment appelle-t-on cette figure de style ? Quel est l’effet recherché ?
Nous avons ici une personnification. L’auteur donne le sentiment que cet élément abstrait tente de persécuter, de poursuivre le condamné.
Elle se (...) se mêle comme un refrain horrible à toutes les paroles qu’on m’adresse.” : expliquez la comparaison.
Ici la comparaison de cette femme est présentée comme un refrain. Ainsi, on peut entendre que la désagréable répétition marque un effet obsédant, lancinant, terrifiant, etc…
Relisez la première et la dernière ligne du texte : que remarquez-vous et quelle explication donnez-vous ?
Questions sur le texte et l’image
Quels sont les éléments qui rapprochent l’image et le texte ?
Pancho, dessin réalisé à l’occasion du 10e anniversaire de l’abolition de la peine de mort en France, Le Monde, 1991.
Comment comprenez-vous la réponse de la mère à son enfant sur l’image ?
Êtes-vous davantage convaincu(e) par le texte de Victor Hugo ou par le dessin de Pancho ? Justifiez votre réponse.
Réécriture.
Réécrivez le passage suivant en remplaçant “cette pensée infernale” par “ces pensées infernales”. Effectuez toutes les modifications nécessaires. “Quoi que je fasse (...) les paroles qu’on m’adresse.”
Travail d’écriture.
Sujet de réflexion
Expliquez, dans un paragraphe structuré, les arguments qui pourraient être développés pour justifier l’abolition de la peine de mort.
Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (environ 300 mots).
Sujet d’imagination
“Je viens de m’éveiller en sursaut … J’ai cru sentir une présence ...Suis-je fou ? Ai-je rêvé ? Machinalement, je mets une main dans ma poche : quelqu’un y a glissé une lime pendant mon sommeil…” Écrivez une suite à cette nouvelle version du récit.
Votre rédaction sera d’une longueur minimale d’une soixantaine de lignes (environ 300 mots).
Tu as neuf ans.
Je porte ton corps d'enfant
Et le dépose sur la civière
Sous les cris de ton père.
Sa fille unique est décédée.
Mais je ne suis que policier.
Tu as vingt ans.
Ton conjoint si violent,
A fait de toi son jouet
Sur lequel il se défoulait.
Tu as décidé de le quitter.
Alors il t'a poignardée.
Mais je ne suis que policier.
Tu as trente ans.
Il était ton amant.
Tu voulais une autre vie
Il t'a brûlée une nuit.
C'est ton corps carbonisé
Dans ta chambre qu'il a laissé.
Je n'ai pu que constater.
Mais je ne suis que policier.
J'ai reçu des coups et des projectiles,
Roulé à tombeau ouvert dans la ville,
J'ai entendu insultes et invectives
Interpellé des individus en récidive,
La mort plusieurs fois frôlée
Mais je ne suis que policier.
Je travaille pour votre sécurité
Aux dépens de mon intégrité.
Protéger les personnes et les biens,
C'est pourquoi je me lève le matin.
Voir le sourire d'une victime
Quand l'auteur de son crime
Est identifié et interpellé
C'est la joie de mon métier.
Mais je ne suis que policier.
Pénétrer dans l'intimité des gens
Ne vivre que des mauvais moments,
Voir partir des collègues, des frères
Qui ne supportaient plus cette misère.
Sous toutes ces formes j'ai vu la mort,
L'état dans lequel elle laissait les corps,
Décomposés, déchiquetés, putréfiés
Noyés, pendus, défenestrés, assassinés
Il a fallu tout supporter,
Soutenir des familles endeuillées.
Mais je ne suis que policier.
Jour de l'an et Noël,
Pour que vos fêtes soient belles,
Je sacrifie les miennes
Que je passe au son des sirènes,
Dans la procédure pénale,
Loin du cocon familial.
Mais je ne suis que policier.
Une grand famille que cette maison,
On ne choisit pas sa composition,
Pour quelques mauvais fils
Tous les enfants en pâtissent,
L'oubli est facile et immédiat
Quand bercé au son des médias
Le peuple trouve un bouc émissaire
A tous les maux de la terre.
Je suis policier,
Mais je suis fatigué.
Questions
Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.
Quel genre de texte reconnaissez-vous ici ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte et le paratexte.
Questions
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Jérémy Ferrari et Ahmed Sylla : La déradicalisation
Questions
Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.
Comment se nomment les deux humoristes ?
Questions.
Questions.
Cliquez ici pour accéder à la version audio de la nouvelle : Les Souris de Dino Buzzati (français - 3e) - Ystor
Qu’est-il advenu de mes amis Corio ? Que se passe-t-il dans leur vieille maison de campagne qu’on appelle la Doganella ? Depuis bien longtemps, ils m’invitaient chaque été pour quelques semaines. Cette année, pour la première fois, ils n’en ont rien fait. Giovanni m’a écrit quelques lignes d'excuses. Une lettre curieuse, faisant allusion d’une façon vague à des difficultés, des ennuis de famille, mais qui n’explique rien. Ah ! Combien de jours heureux ai-je vécus dans leur maison, dans la solitude des bois ! Vieux souvenirs, aujourd’hui pour la première fois vous surgissez, petits faits qui me semblaient alors banals, indifférents. Vous vous révélez à l’improviste.
Par exemple celui-ci : pendant un été désormais lointain, longtemps avant la guerre − c’était la seconde fois que j’étais l’hôte des Corio... Je m’étais retiré dans ma chambre qui donnait sur le jardin, celle-là même qui était la mienne chaque année, et me préparais à me coucher. Soudain j’entendis un petit bruit, un grattement au bas de la porte. J’allai ouvrir. Une souris minuscule fila entre mes jambes, traversa la chambre et courut se cacher sous la commode. Elle trottait gauchement, j’aurais facilement pu l’attraper. Mais elle était tellement gracieuse, fragile...
Le lendemain matin, par hasard, j’en parlai à Giovanni :
− Ah oui, dit-il distraitement, les souris se promènent de temps en temps dans la maison...
− Elle était si petite... Je ne me suis pas senti le courage de la...
− Oui, je comprends. Pas d’importance...
Il se mit à parler d’autre chose, comme si mon discours lui déplaisait. L’année suivante. Nous étions en train de jouer aux cartes, un soir, il pouvait être minuit, minuit et demi. Un clac, son métallique, comme d’un ressort, nous parvient de la pièce voisine − le salon, où à cette heure toutes les lumières étaient éteintes. Je m’inquiète.
− Qu’est-ce que c’est ?
− Je n’ai rien entendu, répond Giovanni évasif.
-Et toi, Elena, as-tu entendu quelque chose ?
− Non, reprend sa femme en rougissant un peu. Pourquoi ?
− Mais il me semble, dis-je, que de l’autre côté, dans le salon... un bruit métallique...
Je remarque combien ils semblent embarrassés.
− Ah, c’est à moi de faire les cartes ?
A peine dix minutes plus tard, nouveau clac, dans le couloir cette fois, aussitôt suivi d’un faible petit cri, un cri de bête.
− Dis-moi, Giovanni : vous avez posé des souricières?
− Pas à ma connaissance. N’est-ce pas, Elena ? A-t-on posé des souricières ?
Elle :
− Qu’est-ce qui vous prend ? Pour le peu de souris que nous avons !
Une autre année passe encore. A peine suis-je entré dans la maison que je remarque deux chats splendides, pleins d’une vigueur extraordinaire : chats tigrés, à forte musculature, au poil soyeux comme seuls en ont les chats qui se nourrissent de souris. Je dis à Giovanni :
− Ah, vous vous êtes quand même enfin décidés ! Ils doivent faire de ces carnages ! Je parie qu’ils ne chôment pas !
− Bah, répond-il, s’ils ne devaient vivre que de souris, les pauvres...
− Je les trouve pourtant bien gras, tes minous !
− Oh oui, on les soigne. Tu sais, dans la cuisine, ils peuvent manger tout ce qu’ils veulent.
Une autre année encore. En arrivant dans la maison pour passer mes vacances habituelles, je retrouve les deux chats. Mais ils ne se ressemblent plus guère : ils ont perdu toute leur vigueur, ils sont décrépits, essoufflés, étiques. Ils ne se glissent plus en frétillant d’une pièce à l’autre. Au contraire, toujours fourrés entre les jambes de leurs maîtres, somnolents, privés d’initiative. Je m’enquiers :
− Sont-ils malades ? Comment peuvent-ils être tellement décharnés ? N’ont-ils plus de souris à se mettre sous la dent ?
− Tu l’as dit ! répond vivement Giovanni Corio. Ce sont les chats les plus stupides de la création. Ils ne s’intéressent plus à rien depuis qu’il n’y a plus de souris dans la maison... On n’en voit même pas la trace ! Satisfait, il part dans un grand éclat de rire.
Un peu plus tard Giorgio, l’aîné des enfants de Corio, me prend à part avec des mines de comploteur.
− Tu sais pourquoi ? Ils ont peur !
− Qui a peur ?
− Les chats, ils ont peur. Papa ne veut jamais qu’on en parle, ça l’ennuie. Mais c’est pourtant vrai que les chats ont peur...
− Peur de qui ?
− Tiens donc ! des souris ! En un an ces sales bêtes, elles n’étaient qu’une dizaine, sont devenues plus de cent... Et pas les petites souris de jadis ! On jurerait des tigres. Plus grandes qu’une taupe, le poil hirsute, toutes noires. En fait, les chats n’osent plus s’attaquer à elles.
− Et vous ne faites rien ?
− Bah ! il faudra bien faire quelque chose, seulement papa ne s’y décide jamais. Je ne comprends pas pourquoi, mais c’est un sujet de conversation qu’il vaut mieux laisser de côté. Ça l'énerve, je te dis...
Et l’année suivante, dès la première nuit, un immense branle-bas au-dessus de ma chambre, comme une foule en train de courir. Patapoum, patapoum. Pourtant, je sais parfaitement qu’il n’y a personne là- haut, rien que les greniers inhabités, emplis de vieux meubles, de caisses, de chiffons.
Bigre, quelle cavalerie ! me dis-je. Elles doivent être drôlement grosses, ces souris. Un tel chahut que je parviens difficilement à m’endormir.
Le lendemain, à table, je demande :
− Mais vous ne prenez donc aucune précaution contre les souris ? Elles ont fait une de ces sarabandes[1] cette nuit dans le grenier !
Je vois aussitôt le visage de Giovanni s’obscurcir.
− Les souris ? De quelles souris veux-tu parler ? Grâce au ciel, il n’y en a plus dans cette maison.
Le grand-père et la grand-mère surenchérissent.
− Souris fabuleuses[2] ! Imaginaires ! Tu as rêvé, mon pauvre petit !
− Pourtant, dis-je, je vous assure que c’était une vraie révolution, et je n’exagère pas. Le plafond en tremblait par moments !
Giovanni est devenu tout pensif.
− Tu sais ce que cela pourrait être ? Je ne t’en ai jamais parlé, parce que ces choses impressionnent parfois, mais nous avons des esprits dans cette maison. Je les entends souvent, moi aussi... Et certaines nuits, ils ont vraiment le diable au corps !
Je me mets à rire.
− Non mais, tu me prends pour un loupiot[3] ! Je t’en fiche des esprits ! C’étaient des souris, je te le garantis, de grosses souris, des mulots, des rats... Et à propos, qu’est-il arrivé à tes fameux chats, on ne les voit plus ?
− On les a laissés partir, si tu veux savoir... Mais, ma parole, tu es complètement obnubilé avec tes rats ! Tu ne sais parler de rien d’autre !... Après tout, cette maison est une maison de campagne, on ne peut tout de même pas prétendre...
Je le dévisage, éberlué : pourquoi se met-il dans une telle colère ? Lui, d’habitude tellement calme, gentil.
Plus tard, c’est encore Giorgio, le fils aîné, qui me fait le point de la situation.
− N’écoute pas papa, me dit-il. Tu as bel et bien entendu des rats, parfois nous n’arrivons pas à nous endormir, nous non plus. Si tu les voyais, ce sont des monstres, oui : noirs comme du charbon, les poils aussi drus que des branches... Et si tu veux le savoir , les chats : eh bien, ce sont eux qui les ont fait disparaître...C’est arrivé pendant la nuit. On dormait depuis un bon bout de temps quand, soudain, des miaulements épouvantables nous ont réveillés. Il y avait un vrai sabbat dans le salon ! On a tous sauté du lit, mais on n’a plus trouvé nos chats... Rien que des touffes de poils... des traces de sang un peu partout.
− Vous ne faites donc rien ? Les souricières ? Le poison ? Je ne comprends pas que ton père ne s’occupe pas de...
− Si ! C’est même devenu son cauchemar. Mais il a peur maintenant, lui aussi. Il prétend qu’il vaut mieux ne pas les provoquer, que ce serait pis encore. Il dit que cela ne servirait à rien d’ailleurs, qu’ils sont trop nombreux désormais... Il dit que la seule chose à faire serait de mettre le feu à la baraque... Et puis, et puis tu sais ce qu’il dit ? C’est peut-être idiot, mais il dit qu’il vaut mieux ne pas se mettre trop ouvertement contre eux...
− Contre qui ?
− Contre eux, les rats. Il dit qu’un jour ou l’autre, quand ils seront encore plus nombreux, ils pourraient bien se venger... Je me demande, des fois, si papa n’est pas en train de devenir un peu fou. Est-ce que tu penses qu’un soir je l’ai surpris en train de jeter une grosse saucisse dans la cave ? Un amuse-gueule pour les chères petites bêtes ! Il les déteste mais il les craint. Et il ne veut pas les contrarier.
Cela dura des années. Jusqu’à l’été dernier où j’attendis en vain que la sarabande habituelle se déchainât au-dessus de ma tête. Le silence, enfin. Une grande paix. Rien que la voix des grillons dans le jardin.
Le lendemain matin, je rencontrai Giorgio dans l’escalier.
− Mes compliments, lui dis-je. Et comment êtes-vous parvenus à vous en débarrasser ? Cette nuit, il n’y avait pas le moindre souriceau dans tout le grenier.
Giorgio me regarde, avec un sourire incertain. Puis :
− Viens donc, viens donc, fait-il. Viens donc voir un peu...
Il me conduit dans la cave, près d’une trappe recouverte d’une grosse planche.
− Ils sont là-dessous maintenant, murmure-t-il.
Depuis plusieurs mois, ils se sont tous réunis là, dans l’égout. Très peu se promènent dans la maison. Ils sont là, écoute...
Il se tait. Et un bruit difficilement racontable me parvient : foisonnement, tapage sourd, bourdonnement d’une matière en ébullition, en fermentation ; et des voix aussi, de petits cris aigus, des sifflements, des murmures.
− Combien sont-ils donc ? demandai-je avec un frisson.
− Qui peut savoir ? Peut-être des millions... Regarde maintenant. Mais fais vite.
Il gratte une allumette, soulève la planche, jette l’allumette dans le trou. Je vois tout, en un éclair :
dans une sorte de caverne, un grouillement forcené de formes noires se chevauchant frénétiquement. Et dans cet abominable tumulte une puissance, une vitalité infernale, que nul n’aurait pu stopper. Les rats ! J’aperçois aussi des yeux, des milliers et des milliers de regards, tournés vers le haut, me fixant méchamment. Mais Giorgio referme en hâte le couvercle.
Et maintenant ? Pourquoi Giovanni m’a-t-il écrit qu’il ne pouvait plus m’inviter ? Qu’est-il arrivé ? Je sens l’envie me prendre de faire une visite là-bas, quelques minutes à peine suffiraient, pour savoir, rien de plus. Mais je l’avoue, je n’en ai pas le courage.
De plusieurs côtés, on me raconte des choses étranges. Etranges à tel point que ceux qui les rapportent en rient comme de fables. Moi, je ne ris pas. On raconte par exemple que le grand-père et la grand-mère Corio sont morts. On raconte que plus personne ne sort de la maison, et que c’est un homme du village qui apporte les vivres, mais qu’il laisse son paquet à la limite du bois. On raconte que personne ne peut plus entrer dans la maison ; que des rats énormes l’occupent : et que la famille Corio est leur esclave désormais. Un paysan qui s’est approché – mais pas trop, parce qu’une douzaine de ces sales bêtes s’étaient installées sur le seuil de la maison dans une attitude menaçante – prétend avoir entrevu Mme Elena Corio, la femme de mon ami, cette douce, cette aimable personne. Elle se trouvait à la cuisine, près du feu, vêtue comme une serve[4]. Elle s’affairait près d’un immense chaudron, tandis que des grappes entières de rats la harcelaient, avides de manger. Elle semblait très lasse, abattue. En apercevant l’homme, elle lui fit des mains un geste désolé, semblant vouloir dire : « Ne vous frappez pas[5], c’est trop tard. L’espoir pour nous est mort désormais. »
Dino Buzzati
Questions.
Introduction
La progression du récit
L’interprétation de l’apologue
Antonio Skarmeta est né en 1940 à Antofagasta au Chili, il doit s’exiler de son pays en 1973 alors qu’il est professeur à l’université de Santiago. Il enseigne actuellement la littérature latino-américaine en Allemagne. Scénariste pour le cinéma et la télévision, il est aussi conteur et écrivain. Parmi ses œuvres, on trouve Beaux Enfants, Vous perdez la plus belle rose, et Une ardente patience, adapté à l’écran avec le titre Le Facteur.
En allant sur la chaîne Youtube de Ystor, vous pourrez accéder à la version audio de la nouvelle (environ 15 minutes) => https://youtu.be/rdxdV3m0Hao
« La rédaction » de Antonio Skarmeta
Le jour de son anniversaire, on offrit à Pedro un ballon. Pedro protesta parce qu'il en voulait un en cuir blanc, avec des parements noirs, comme ceux dans lesquels tapaient les footballeurs professionnels. Par contre, celui-ci, en plastique jaune, lui paraissait trop léger.
« On veut mettre un but de la tête et il s'envole. On dirait un oiseau tellement c'est une plume.
- C'est mieux, lui dit son père,
- comme ça tu ne t'assommeras pas. »
Et il lui fit de la main le geste de se taire parce qu'il voulait écouter la radio.
Au cours des derniers mois, les rues de Santiago s'étaient remplies de militaires. Pedro avait remarqué que tous les soirs son papa s'asseyait dans son fauteuil favori, sortait l'antenne de son appareil vert et écoutait attentivement des nouvelles qui arrivaient de très loin. Parfois venaient des amis de son père qui fumaient comme des cheminées et qui, après, s'étendaient sur le sol et approchaient leur oreille du récepteur comme si on allait leur distribuer des friandises par les trous.
Pedro demanda à sa mère : « Pourquoi écoutent-ils toujours cette radio pleine de bruits ?
- Parce que ce qu'elle dit est intéressant.
- Qu'est-ce qu'elle dit ?
- Des choses sur nous, sur notre pays.
- Quelles choses ?
- Ce qui se passe.
- Et pourquoi on l'entend si mal ?
- Parce que la voix vient de très loin. »
Et Pedro pointait un oeil ensommeillé, pour essayer de deviner à travers quel versant de la Cordillère découpé par sa fenêtre pouvait se faufiler la voix de la radio.
En octobre, Pedro participa à de grands matchs de football dans le quartier. Il jouait dans une rue avec beaucoup d'arbres, et courir sous leur ombrage au printemps était presque aussi agréable que de nager dans le fleuve en été. Pedro avait l'impression que les feuilles murmurantes étaient l'énorme tribune d'un stade couvert qui l'ovationnait quand il recevait une passe précise de Daniel, le fils de l'épicier, et qu'il s'infiltrait comme Simonsen au milieu des échalas de la défense pour marquer le but.
Schéma narratif : situation initiale - événement perturbateur - péripéties / aventures - élément de résolution - situation finale
Schéma actanciel : héros / héroïne - adjuvant(e) - opposant(e) - attribut - objet
Un jour, Pedro descendit à toute allure sur l'aile droite, là où aurait dû se trouver le poteau de corner si on avait été sur un terrain réglementaire et pas dans la rue en terre battue du quartier. Quand il arriva devant Daniel, il fit semblant d'avancer avec une feinte de corps, il garda le ballon dans ses pieds, le fit passer par-dessus Daniel, affalé dans la boue, et il le poussa doucement entre les pierres qui délimitaient le but. « But ! », cria Pedro, et il courut vers le centre du terrain pour y attendre les félicitations de ses équipiers. Mais cette fois personne ne bougea. Ils restaient tous cloués à regarder vers l'épicerie. Quelques fenêtres s'ouvrirent et des yeux apparurent dans l'encoignure, comme si un magicien célèbre ou le cirque des aigles humains avec ses éléphants danseurs était arrivé. Des portes, en revanche, s'étaient refermées, claquées par une rafale de vent soudaine. Alors Pedro vit que deux hommes entraînaient le père de Daniel, tandis qu'un groupe de soldats pointaient leurs mitraillettes sur lui. Quand Daniel voulut s'approcher, un des hommes le retint en lui mettant la main sur la poitrine.
« Du calme », lui cria-t-il.
L'épicier regarda son fils et lui parla tout doucement.
« Occupe-toi bien de la boutique. »
Alors que les hommes le poussaient vers la Jeep, le père voulut porter la main à sa poche et aussitôt un soldat leva sa mitraillette :
« Attention !
- Je voulais donner la clé à mon fils, dit l'épicier.
- C'est moi qui le ferai », dit l'un des hommes en lui prenant le coude. Il palpa le pantalon du détenu et, là où se produisit un bruit métallique, il plongea la main et ressortit les clés. Daniel les attrapa au vol. La Jeep démarra et les mères se précipitèrent dans les allées, prirent leurs enfants par la peau du cou et les rentrèrent dans les maisons. Pedro resta près de Daniel au milieu de la poussière soulevée par le départ de la jeep.
« Pourquoi ils l'ont emmené ? », demanda-t-il.
- Mon papa est de gauche, dit Daniel en enfonçant les mains dans ses poches et en serrant les clés dans son poing.
- Qu'est-ce que ça veut dire ?
- Qu'il est antifasciste. »
Pedro avait entendu ce mot-là les soirs où son père avait l'oreille collée à la radio verte, mais il ne savait pas encore ce qu'il signifiait et, en plus, il avait du mal à le prononcer. Le « f » et le « s » lui dansaient sur la langue et en les prononçant, un soc plein d'air et de salive lui sortait de la bouche.
Pedro rentra chez lui en tapant dans son ballon, et comme il n'y avait personne avec qui jouer dans la rue, il courut jusqu'au coin opposé pour attendre son père qui rentrait en autobus du travail. Quand il arriva, Pedro passa ses bras autour de la taille de son père, car il ne pouvait pas aller plus haut, et son père se pencha pour l'embrasser. Il sentit que la main de son père lui prenait la tête et la pressait tendrement contre son pantalon.
« Des soldats sont venus et ils ont arrêté le papa de Daniel.
- Oui, je le sais, dit le père.
- Comment tu le sais ?
- On m'a prévenu par téléphone.
- Daniel s'est retrouvé à la tête du magasin. Il se pourrait bien que maintenant il ne fasse plus payer les bonbons.
-Ça m'étonnerait.
- On l'a emmené en Jeep. Comme celles qu'on voit dans les films. Tu crois qu'on va le voir à la télé ?
- Qui ?, dit le père.
- Don Daniel.
- Non. »
Le soir ils finirent tous les trois de dîner en silence et Pedro alla mettre son pyjama qui était orange avec des tas de dessins d'oiseaux et de lapins. Quand il revint, son père et sa mère étaient enlacés sur le canapé, l'oreille collée à la radio qui émettait des sons bizarres, encore plus confus aujourd'hui que le volume était réduit. Avant même que son père n'ait eu le temps de porter un doigt à sa bouche pour lui indiquer de se taire, Pedro demanda rapidement :
« Papa, tu es de gauche ? »
Le père regarda son fils, puis sa femme, et tous les deux tournèrent leur regard vers lui. Ensuite il abaissa et leva lentement la tête pour acquiescer.
« Toi aussi on va t'arrêter ?
- Non, dit le père.
- Comment tu le sais ?
- C'est toi qui me portes bonheur », sourit le père.
Pedro s'appuya contre la porte, tout heureux qu'on ne l'envoie pas se coucher directement comme d'autres fois. Il prêta attention à la radio et il essaya de comprendre ce qui pouvait bien attirer ses parents et leurs amis tous les soirs. Lorsque la voix à la radio dit : « la junte fasciste », Pedro sentit que toutes les choses qui se baladaient dans sa tête se réunissaient comme dans ce jeu de puzzle où, morceau par morceau, on assemblait la figure d'un voilier.
Le lendemain, Pedro avala deux tartines avec de la confiture, risqua un doigt dans le lavabo, enleva ce qu'il avait au coin des yeux et partit ventre à terre vers le collège pour éviter qu'on lui marque encore un retard. La cloche n'avait pas encore, ding, dong, fini de sonner que la maîtresse entra toute raide, accompagnée par un monsieur en uniforme, avec une médaille sur la poitrine longue comme une carotte, des moustaches grises et des lunettes plus noires que la crasse aux genoux.
« Debout les enfants et tenez-vous bien droits », dit la maîtresse.
Les élèves se levèrent et attendirent le discours du militaire qui souriait avec ses moustaches en brosse à dents sous les lunettes noires.
« Bonjour petits amis, dit-il. Je suis le capitaine Romo, et je viens de la part du gouvernement, c'est-à-dire du général Pinochet, de l'amiral Merino, du général Leigh et de César Mendoza, pour inviter toutes les classes de ce collège à écrire une rédaction. Celui qui écrira la plus jolie de toutes recevra, de la propre main du général Pinochet, une médaille en or et un ruban comme celui-ci aux couleurs du drapeau chilien. »
Il mit les mains derrière son dos, écarta les jambes en sautant et redressa le cou en levant un peu le menton. « Attention ! Assis ! » Les enfants obéirent par frottement, comme s'ils n'avaient pas de mains.
« Bien, dit le militaire, présentez cahiers... Cahiers prêts ? Bien ! Présentez crayons. . . Crayons prêts ? Notez ! Titre de la rédaction : "Ce que fait ma famille le soir. "... Compris ? C'est-à-dire ce que vous faites vous et vos parents quand vous rentrez du collège et du travail. Les amis qui viennent. De quoi ils parlent. Leurs commentaires quand ils regardent la télé. Tout ce qui vous passe librement par la tête en toute liberté. D'accord ? Un, deux, trois, on commence. »
Les enfants s'enfoncèrent le crayon dans la bouche et commencèrent à fixer le plafond pour voir si par un trou le petit oiseau de l'inspiration venait se poser sur eux. Pedro suça et resuça son crayon, mais il n'en tira pas un seul mot. Il se gratta le nez et colla sous la table ce qu'il en avait extrait par hasard. Leiva, son camarade de banc, se rongeait les ongles un à un. Le capitaine s'approcha dans l'allée et Pedro put voir à quelques centimètres la dure boucle dorée de son ceinturon.
« Et vous, vous ne travaillez pas ?
- Si, monsieur », répondit Leiva, et à toute vitesse il fronça les sourcils, pointa la langue entre les dents et traça un grand "A" pour commencer la rédaction. Quand le capitaine regarda le tableau et s'installa pour bavarder tout doucement avec la maîtresse, Pedro lorgna vers la feuille de Leiva :
« Qu'est-ce que tu vas mettre ?
- N'importe quoi. Et toi ?
- Je n'en sais rien.
- Qu'est-ce qu'ils ont fait tes parents hier ?
- Comme d'habitude. Ils sont arrivés, ils ont mangé, ils ont écouté la radio et ils se sont couchés. - Ma maman aussi.
- La mienne s'est mise à pleurer d'un seul coup.
- Les femmes, ça pleure tout le temps. T'as remarqué ?
- Moi, j'essaie de ne jamais pleurer. Il y a presque un an que je n'ai pas pleuré.
- Et si je te casse la gueule ?
- Pour quoi faire, puisque tu es mon copain ?
- Ça c'est vrai. »
Pedro mouilla la mine de son crayon avec un peu de salive, soupira profondément et écrivit d'un seul jet le texte suivant :
« Quand mon papa revient du travail, je vais l'attendre au bus. Parfois ma maman est à la maison et quand mon papa arrive elle lui dit salut mon petit comment ça a marché aujourd'hui ? Bien lui dit mon papa et toi comment ça a marché. On fait pour le mieux lui dit maman. Ensuite je sors jouer au football et j'aime jouer à marquer des buts de la tête. Daniel aime jouer goal et moi je le rends dingue parce qu'il ne peut pas bloquer quand je shoote. Ensuite ma mère vient et elle me dit viens manger Pedro et moi je mange de tout sauf des haricots car je ne peux pas les avaler. Ensuite mon papa et ma maman s'asseyent sur le canapé du living et ils jouent aux échecs et moi je fais mes devoirs. Plus tard nous allons tous au lit et moi je m'amuse à leur faire des chatouilles aux pieds. Et après, après, après, je peux rien raconter car je m'endors. »
Signé : Pedro Malbran.
P.-S. : - Si on me donne un prix pour la rédaction j'espère que ça sera un ballon de football mais pas en plastique.
Une semaine passa, pendant laquelle un arbre s'écroula de vieillesse dans le quartier, un gamin eut sa bicyclette volée, l'éboueur resta cinq jours sans passer et les mouches se cognaient dans les yeux des gens et leur rentraient même dans le nez, Gustavo Martinez, de la maison d'en face, se maria et l'on distribua des parts de tarte comme ça aux voisins, la jeep revint et l'on emmena le professeur Manuel Pedraza, le curé ne voulut pas dire la messe dimanche, le Colo Colo gagna un match international par une avalanche de buts, en travers du mur blanc de l'école apparut une inscription en rouge : « Résistance. » Daniel se remit à jouer au foot, le prix des glaces augmenta, et, quand Mathilde Shepp eut huit ans, elle demanda à Pedro de l'embrasser sur la bouche : « T'es pas un peu dingue », lui dit ce dernier.
Après cette semaine-là, une autre passa, et, un jour, le militaire revint dans la classe avec les bras chargés de papier, un paquet de bonbons et un calendrier avec la photo d'un général.
« Chers petits amis, dit-il à la classe. Vous avez fait de très jolies rédactions, qui nous ont beaucoup amusés, nous, les militaires, et au nom de mes collègues et du général Pinochet, je dois vous féliciter très sincèrement. Ce n'est certainement pas votre classe mais une autre qui a gagné la médaille. Mais pour vous récompenser de vos sympathiques efforts, je vais vous remettre à chacun un bonbon, la rédaction notée et ce calendrier avec la photo du héros. »
Pedro mangea le bonbon dans le bus celui qui le ramenait chez lui. Il attendit au coin de la rue le retour de son père et, plus tard, il posa la rédaction sur la table du dîner. En bas, le capitaine avait écrit à l'encre verte : « Bravo ! Je te félicite ! » Avalant les cuillerées de soupe d'une main et, de l'autre, se grattant le nombril, Pedro attendit que son père eut fini de la lire. L'homme passa la rédaction à la mère et la regarda sans rien dire. Il attaqua son assiette jusqu'à ce qu'il l'eut nettoyée du dernier vermicelle, mais sans quitter sa femme des yeux. Alors elle leva le regard de la feuille et sur son visage apparut un sourire rayonnant comme un fruit. Sourire qui se communiqua immédiatement au père :
« Bon, dit-il. Il va falloir acheter un échiquier. »
Questions
Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.
Réponses à envoyer à : thameur.debouba@ystor.org
Réécriture.
Recopiez le texte en remplaçant “les enfants” par “je” et “Pedro” par “Tu”
“Les enfants s'enfoncèrent le crayon dans la bouche et commencèrent à fixer le plafond pour voir si par un trou le petit oiseau de l'inspiration venait se poser sur eux. Pedro suça et ressuça son crayon, mais il n'en tira pas un seul mot. Il se gratta le nez et colla sous la table ce qu'il en avait extrait par hasard.”
Dictée à trous.
Travail d’écriture.
“Des soldats sont venus et ils ont arrêté le papa de Pedro” - Dans une autre réalité, Pedro nous dit qu’il a raconté ce qu’il se passait réellement à la maison lors de sa rédaction.
Imaginez une suite dans laquelle Pedro, 20 ans plus tard, dénonce la dictature en relatant ce qui est arrivé à son père après cet épisode.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Je suis né tôt ce matin, juste avant que le soleil comprenne
Qu’il va falloir qu’il se lève et qu’il prenne son petit crème
Je suis né tôt ce matin, entouré de plein de gens bien
Qui me regardent un peu chelou et qui m’appellent Fabien
Quand le soleil apparaît j’essaie de réaliser ce qu’il se passe
Je tente de comprendre le temps et j’analyse mon espace
Il est 7 heures du mat’ sur l’horloge de mon existence
Je regarde la petite aiguille et j’imagine son importance
Pas de temps à perdre ce matin, je commence par l’alphabet
Y’a plein de choses à apprendre si tu veux pas finir teubé
C’est sûr, je serais pas un génie mais ça va y’a pire
Sur les coups de 7 heures et demie j’ai appris à lire et à écrire
La journée commence bien, il fait beau et je suis content
Je reçois plein d’affection et je comprends que c’est important
Il est bientôt 9 heures et demie et j’aborde l’adolescence
En pleine forme, plein d’envie et juste ce qu’il faut d’insouciance
Je commence à me la raconter, j’ai plein de potes et je me sens fort
Je garde un peu de temps pour les meufs quand je suis pas en train de faire du sport
Emploi du temps bien rempli, et je suis à la bourre pour mes rencards
Putain la vie passe trop vite, il est déjà 11 heures moins le quart
Celui qui veut me viser, je lui conseille de changer de cible
Me toucher est impossible, à 11 heures je me sens invincible
Il fait chaud, tout me sourit, il manquait plus que je sois amoureux
C’est arrivé sans prévenir sur les coups d’11 heures moins 2
Mais tout à coup, alors que dans le ciel, y’avait pas un seul nuage
A éclaté au-dessus de moi un intolérable orage
Il est 11 heures 08 quand ma journée prend un virage
Pour le moins inattendu alors je tourne mais j’ai la rage
Je me suis pris un éclair comme un coup d’électricité
Je me suis relevé mais j’ai laissé un peu de mobilité
Mes tablettes de chocolat sont devenues de la marmelade
Je me suis fait à tout ça, appelez moi Grand Corps Malade
Cette fin de matinée est tout sauf une récréation
A 11 heures 20 je dois faire preuve d’une bonne dose d’adaptation
Je passe beaucoup moins de temps à me balader rue de la Rép’
Et j’apprends à remplir les papiers de la Cotorep
J’ai pas que des séquelles physiques, je vais pas faire le tho-my
Mais y’a des cicatrices plus profondes qu’une trachéotomie
J’ai eu de la chance je suis pas passé très loin de l’échec et mat
Mais j’avoue que j’ai encore souvent la nostalgie de 10 heures du mat’
A midi moins le quart, j’ai pris mon stylo bleu foncé
J’ai compris que lui et ma béquille pouvaient me faire avancer
J’ai posé des mots sur tout ce que j’avais dans le bide
J’ai posé des mots et j’ai fait plus que combler le vide
J’ai été bien accueilli dans le cercle des poètes du bitume
Et dans l’obscurité, j’avance au clair de ma plume
J’ai assommé ma pudeur, j’ai assumé mes ardeurs
Et j’ai slamé mes joies, mes peines, mes envies et mes erreurs
Il est midi 19 à l’heure où j’écris ce con d’texte
Je vous ai décrit ma matinée pour que vous sachiez le contexte
Car si la journée finit à minuit, il me reste quand même pas mal de temps
J’ai encore tout l’après-midi pour faire des trucs importants
C’est vrai que la vie est rarement un roman en 18 tomes
Toutes les bonnes choses ont une fin, on ne repousse pas l’ultimatum
Alors je vais profiter de tous les moments qui me séparent de la chute
Je vais croquer dans chaque instant, je ne dois pas perdre une minute
Il me reste tellement de choses à faire que j’en ai presque le vertige
Je voudrais être encore un enfant mais j’ai déjà 28 piges
Alors je vais faire ce qu’il faut pour que mes espoirs ne restent pas vains
D’ailleurs, je vous laisse, là c’est chaud, il est déjà midi 20.
Questions.
1. Relevez des anaphores, une métaphore, une comparaison, une énumération et une hyperbole dans le texte.
2. Que signifie “chelou” (l.4),“tebê” (l.10), “tho-my” ? Pourquoi l’auteur choisit-il ces mots-là ?
3. A quoi fait référence le “petit crème” (l.2)?
5. Que résume l’histoire ?
6. Quel est l’âge du personnage avant “7h du mat’” ?
7. Entre 9h et 11h, comment se sent le personnage de l’histoire ? Quels sont ces sentiments juste avant 11h ?
8. A votre avis, qu’est-il arrivé au personnage à 11h08 ? Quels sentiments l’habite à ce moment-là ?
9. Que veut dire le personnage quand il dit qu’il n’est pas “passé très loin de l’échec et mat” ?
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Texte en version numérique. Lecture audio.
Questions.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et à quelle époque se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
Quel est le statut du narrateur ? Quel est le point de vue du narrateur ? Justifiez vos réponses.
Questionnaire QCM sur Matin Brun de Franck Pavloff
1. Quel est le nom de l’adjuvant de la nouvelle ?
2. Connaît-on le prénom du narrateur ?
3. Quelle couleur d'animaux devient obligatoire selon la loi ?
4. Quel animal Charlie doit-il faire euthanasier ?
5. Quel est le nom du journal que les personnages lisent ?
6. Quelle justification donne le gouvernement pour interdire certaines couleurs d'animaux ?
7. Quel est le symbole de la montée du totalitarisme dans la nouvelle ?
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………………………………………………………………………………………..
8. Comment Charlie réagit-il face aux lois du régime ?
9. Que devient le régime politique dans la nouvelle ?
10. Quel sentiment domine chez les protagonistes face aux lois absurdes ?
11. Que risque-t-on si on ne respecte pas les lois sur les animaux bruns ?
12. Que fait Charlie pour s’adapter aux nouvelles lois ?
13. Quel thème principal la nouvelle dénonce-t-elle ?
14. Quelle est la nature du gouvernement dans Matin Brun ?
15. Pourquoi les personnages ne réagissent-ils pas aux premières injustices (plusieurs réponses sont possibles. Il faudra justifier sa réponse) ?
16. Quelle phrase pourrait résumer la morale de l'histoire ?
17. Comment se termine la nouvelle ?
18. Quel message l’auteur veut-il transmettre ?
Questions.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Travail de réécriture.
Réécrire le passage suivant au p
“
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Questions
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
Questions
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
JEAN - Oh ! un rhinocéros ! (Les bruits produits par l’animal s'éloignent à la même vitesse, si bien que l’on peut déjà distinguer les paroles qui suivent ; toute cette scène doit être jouée très vite, répétant) Oh ! un rhinocéros !
LA SERVEUSE - Oh ! un rhinocéros !
L’EPICIERIE, qui montre sa tête par la porte de l’épicerie. -
Oh ! un rhinocéros ! (A son mari, resté dans la boutique) Viens vite voir, un rhinocéros !
Tous suivent du regard, à gauche, la course du fauve.
JEAN - Il fonce devant lui, frôle les étalages !
L’EPICIER, dans sa boutique - Où ça ?
LA SERVEUSE, mettant les mains sur les hanches - Oh !
L’EPICIERE, à son mari qui est toujours dans sa boutique - Viens voir !
Juste à ce moment l’épicier montre sa tête.
L’EPICIER, montrant sa tête. - Oh ! un rhinocéros !
Eugène Ionesco, Rhinocéros, Acte I, 1959
1.Précisez le genre et la forme (vers ou prose). Justifiez vos réponses. (2,5 points)
2. Quel est le cadre spatio-temporel de l’extrait ? Justifiez votre réponse. (2,5 points)
3. Présentez les personnages. (2,5 points)
4. Que nous apprend cet extrait sur l’intrigue ? (2,5 points)
Questions
Où et quand se déroule l’histoire ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
En quoi cette œuvre dénonce-t-elle des travers de société ? Comment le fait-elle ?
Voudriez-vous vivre dans ce type de monde ? Pourquoi ?
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
Questions
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
Qu’est-ce qu’un prologue ?
Présentation physique et morales des personnages
Indiciations physiques | Indications morales | |
Antigone | ||
Ismène | ||
Hémon | ||
Créon | ||
Eurydice | ||
Le messager | ||
Les gardes |
Le caractère d’Antigone contraste avec son physique. La répétition de “seule en face de “ insiste sur son courage.
Hémon est surprenant car il choisit Antigone alors que tout le monde pensait qu’il choisirait Ismène.
Mise en place de l’intrigue
Un pièce moderne
L’implication des spectateurs
Le rôle du prologue
Mettre en avant la fatalité dans le destin des personnages
Faire une relecture contemporaine de la pièce antique
Conclusion
Le prologue est à la fois une dénonciation de la passivité des français en 1944 et une incitation à la révolte : tout comme Antigone, le public devrait se soulever au lieu d’accepter l’inacceptable.
La reprise du mythe très célèbre d’Antigone permet ainsi à Anouilh de s’adresser à ses contemporains. La pièce eut un grand succès jusqu’à son interdiction par les autorités allemandes.
Questions
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Où et quand se déroule la scène ? Relevez trois citations du texte qui vous permettent d’y répondre.
Dites qui est le personnage principal. Que lui arrive-t-il ?
A quelle personne le récit est-il mené ? Justifiez votre réponse en citant le texte. Relevez deux expressions qui montrent que le narrateur est un enfant.
Baudelaire, auteur de Les Fleurs du Mal, condamné en 1857 pour « outrage à la morale publique » avait en effet un objectif novateur : atteindre la beauté poétique même par le biais du mal comme suggère le titre.
Rappelez-vous l'objet que nous vîmes, mon âme,
Ce beau matin d'été si doux :
Au détour d'un sentier une charogne infâme
Sur un lit semé de cailloux,
Les jambes en l'air, comme une femme lubrique,
Brûlante et suant les poisons,
Ouvrait d'une façon nonchalante et cynique
Son ventre plein d'exhalaisons.
Le soleil rayonnait sur cette pourriture,
Comme afin de la cuire à point,
Et de rendre au centuple à la grande Nature
Tout ce qu'ensemble elle avait joint ;
Et le ciel regardait la carcasse superbe
Comme une fleur s'épanouir.
La puanteur était si forte, que sur l'herbe
Vous crûtes vous évanouir.
Les mouches bourdonnaient sur ce ventre putride,
D'où sortaient de noirs bataillons
De larves, qui coulaient comme un épais liquide
Le long de ces vivants haillons.
Tout cela descendait, montait comme une vague,
Ou s'élançait en pétillant ;
On eût dit que le corps, enflé d'un souffle vague,
Vivait en se multipliant.
Et ce monde rendait une étrange musique,
Comme l'eau courante et le vent,
Ou le grain qu'un vanneur d'un mouvement rythmique
Agite et tourne dans son van.
(...)
Questions
A quel genre littéraire appartient ce texte ? Justifiez votre réponse.
Quels termes font référence au champ lexical de la vermine ?
Quelle figure de style est utilisée dans l’expression “carcasse superbe” ?
Dictée à trous.
Rayez les propositions inutiles.
Je ne prendrais / prendrai / prendrait ici qu’un seul exemple : le moulin à café. Qui se rappelle / rapelle / rappele le moulin à café ? Il y avait quelque chose d’affectueux / afectueux / afectueu en lui, de fidèle, de solide aussi, à mes yeux, de paysan même dans cette petite caisse de forme caré / carré /carrée au bois poli, patiné par l’usage, et dont le tiroir ne fermer / fermais / fermait pas bien. De sorte que, quand on voulé / vouler / voulait moudre du café, il fallait / falait / faller tenir le moulin entre les genoux, pour empêcher le tiroir de filer / filé / filait.
Georges Haldas, Chronique de la rue Saint-Ours, éd. L’Âge d’homme, 1973
Sujet de réflexion.
Pensez-vous que le rôle des artistes est plutôt de nous aider à nous comprendre nous-mêmes ou de nous faire voir le monde autrement ? Vous répondrez à cette question en vous appuyant sur vos connaissances, vos lectures et sur votre fréquentation des arts de votre choix (musique, peinture, cinéma, chanson…).
Construction du devoir en paragraphes logiques et reliés par des connecteurs | / 3 points |
Réflexion | / 4 points |
Pertinence des exemples choisis et exposition précise de ces exemples | / 4 points |
Langue | / 4 points |
Thon Mayo Vs Chicken Curry (question de genre)
Doit-on accepter le clonage (humain, animal) ?
Doit-on pouvoir accéder à ses souvenirs de manière indéfinie ?
Cela fait quoi de mourir ?
Qu’est-ce qui vous ferez signer pour devenir un remplaçable ?
Pourriez-vous apprécier de vivre avec votre partenaire et son double ?
Questions
Les réponses aux questions doivent être entièrement rédigées.
Quel genre de texte reconnaissez-vous ici ? Justifiez votre réponse en vous appuyant sur le texte et le paratexte.
Le fils de Nasreddine avait treize ans. Il ne se croyait pas beau. Il était même tellement complexé qu'il refusait de sortir de la maison. « Les gens vont se moquer de moi », disait-il sans arrêt. Son père lui répétait toujours qu'il ne fallait pas écouter ce que disent les gens parce qu'ils critiquent souvent à tort et à travers, mais le fils ne voulait rien entendre. Nasreddine dit alors à son fils : « Demain, tu viendras avec moi au marché. »
Fort tôt le matin, ils quittèrent la maison. Nasreddine Hodja s'installa sur le dos de l'âne et son fils marcha à côté de lui. A l'entrée de la place du marché, des hommes étaient assis à bavarder. A la vue de Nasreddine et de son fils, ils lâchèrent la bride à leurs langues : « Regardez cet homme, il n'a aucune pitié ! il est bien reposé sur le dos de son âne et il laisse son pauvre fils marcher à pied. Pourtant, il a déjà bien profité de la vie, il pourrait laisser la place aux plus jeunes. » Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu? Demain, tu viendras avec moi au marché. »
Le deuxième jour, Nasreddine et son fils firent le contraire de ce qu'ils avaient fait la veille : le fils monta sur le dos de l'âne et Nasreddine marcha à côté de lui. A l'entrée de la place, les mêmes hommes étaient là. Ils s'écrièrent à la vue de Nasreddine et de son fils «Regardez cet enfant, il n'a aucune éducation, aucune politesse. Il est tranquille sur le dos de l'âne, alors que son père, le pauvre vieux, est obligé de marcher à pied ! » Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »
Le troisième jour, Nasreddine Hodja et son fils sortirent de la maison à pied en tirant l'âne derrière eux, et c'est ainsi qu'ils arrivèrent sur la place. Les hommes se moquèrent d'eux : « Regardez ces deux imbéciles, ils ont un âne
et ils n'en profitent même pas. Ils marchent à pied sans savoir que l'âne est fait pour porter les hommes. » Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »
Le quatrième jour, lorsque Nasreddine et son fils quittèrent la. maison, ils étaient tous les deux juchés sur le dos de l'âne. A l'entrée de la place, les hommes laissèrent éclater leur indignation Regardez ces deux-là, ils n'ont aucune pitié pour cette pauvre bête !» Nasreddine dit à son fils : « As-tu bien entendu? Demain, tu viendras avec moi au marché ! »
Le cinquième jour, Nasreddine et son fils arrivèrent au marché portant l'âne sur leurs 'épaules. Les hommes éclatèrent: de rire : « Regardez ces deux fous ; il faut les enfermer. Ce sont eux qui portent l'âne au lieu de monter sur son dos.
Et Nasreddine Hodja dit à son fils : « As-tu bien entendu ? Quoi que tu fasses dans ta vie, les gens trouveront toujours à redire et à critiquer.
Il ne faut pas écouter ce que disent les gens. »
Questions.
Qui sont les personnages de cette histoire ?
Quel est le problème du fils de Nasreddine ?
Que lui propose son père pour résoudre son problème ?
Que font Nasreddine et son fils pour se rendre au marché ?
Jour | Manière de se rendre au marché |
Jour 1 | |
Jour 2 | |
Jour 3 | |
Jour 4 | |
Jour 5 |
Pour chaque jour, vous allez dessiner les personnages et leur âne en prenant bien en compte la configuration choisie.
Maintenant que nous avons bien identifié les différentes configurations selon lesquelles Nasreddine et son fils conduisent leur âne au marché, nous allons nous intéresser à la réaction du groupe d’hommes pour chaque jour.
Jour | Réaction du groupe d’hommes |
Jour 1 | |
Jour 2 | |
Jour 3 | |
Jour 4 | |
Jour 5 |
Il était une fois un riche marchand qui avait trois fils : les deux premiers étaient intelligents et le troisième, idiot, mais tellement idiot qu’on l’appelait « Manque-de-Chance ». Chaque fois qu’il ouvrait la bouche, il disait une bêtise. Chaque fois qu’il prenait un outil, il faisait un malheur.
Un beau jour, le marchand réunit ses trois fils et leur dit :
- Maintenant que vous êtes grands, vous devez apprendre le métier. Je vais donner à chacun de vous cent pièces d’or pour acheter des marchandises, et un bateau pour aller les vendre en pays étranger. »
Le fils aîné achète des fourrures et en remplit son bateau. Le second charge son bateau d’une cargaison de miel. Quant à Manque-de-Chance, il rencontre, avant d’arriver à la ville, une bande d’enfants qui ont attrapé un chat et qui veulent le noyer.
- Ne faites pas ça, donnez-le moi », supplie Manque-de-Chance. Et il offre ses cent pièces d’or en échange du chat.
De retour à la maison, chacun indique ce qu’il a acheté et les deux aînés se mettent à rire en écoutant Manque-de-Chance.
- N’importe, dit le père, il partira sur mer et il vendra son chat, comme vous, vos marchandises.
Au bout de trois mois de navigation, les trois fils arrivent sur une île où les souris pullulaient. Quand le frère aîné veut vendre ses fourrures au marché, elles sont pleines de trous car les souris les ont rongées pendant la nuit. Les tonneaux de miel sont percés et le miel s’est répandu à terre. Mais à peine arrivé au marché, le chat se met à tuer des souris. Il en tue dix, vingt, cent, c’est un vrai massacre. Les marchands du pays viennent dire à l’idiot :
- Combien vends-tu cette bête merveilleuse ?
- Je ne sais pas, dit Manque-de-Chance. Combien m’en donnez-vous ?
- Nous t’en donnons trois tonneaux d’or.
- Eh bien, c’est entendu !
L’idiot reçoit les trois tonneaux d’or et pour calmer la tristesse de ses frères offre à chacun d’eux un tonneau d’or.
P. Gripari, contes de la Rue Broca
Questions.
Propose un titre pour cette histoire :
Pourquoi le plus jeune des trois fils est-il appelé « Manque-de-Chance » ?
Que demande le marchand à ses fils ?
Que rapportent les trois garçons ?
Peux-tu citer la principale qualité de « Manque-de-Chance » ?
Quelle est la morale de cette histoire ?
Deux tigres convoitaient un grand morceau de fromage. Chacun disait qu’il lui appartenait parce qu’il avait été le premier à le
voir.
Ils étaient sur le point de se battre. Déjà leurs griffes acérées brillaient sous le soleil. La mort attendait patiemment que l’un des deux meure quand soudain, un renard arriva sur l’aire du combat. Aussitôt, les tigres se tournèrent vers ce visiteur inattendu et lui demandèrent de les départager.
- Cher renard, habitant de la jungle, pouvons-nous faire appel à votre grande sagacité ? Voulez-vous s'il vous plaît nous donner un conseil sage et nous nous soumettrons à n'importe quel jugement que vous nous donnerez.
Après avoir longuement expliqué au renard le motif de la dispute, ce dernier déclara :
- O, vous les plus rapides de tous les prédateurs de la jungle, je vous remercie de votre confiance en me demandant d’arbitrer votre dispute. Soyez certains que j'agirai le plus justement du monde.
Le renard s’est alors assis devant les deux tigres querelleurs et a commencé les débats. Après la vérification des faits et l'audition des arguments des deux parties, il s’est adressé aux demandeurs de la façon suivante ainsi :
- O, grands tigres, j'ai écouté votre affaire et assurément, il peut être dit beaucoup de choses de chaque côté. Cependant, il me paraît juste de couper ce morceau de fromage en deux parts égales et d’en remettre un morceau à chacun d’entre vous.
Les deux tigres se sont regardés puis ont acquiescé en disant :
- Sage renard ta décision est vraiment juste et nous acceptons ton jugement.
Le renard, qui comme chacun le sait, est très rusé continua de la sorte :
- Mais pour arriver à un résultat plus juste et plus équitable encore, je dois moi-même diviser le fromage en deux parts égales et vous les donner afin que vous ne commenciez pas à vous battre à nouveau. Apportez-moi une balance et un couteau pointu.
Les tigres pensaient que c'était une idée très sage de laisser diviser le fromage par le renard et apportèrent à la hâte une balance et un couteau de cuisine bien affûté.
Le renard à l’aide de ce couteau coupa le fromage en deux parties d’un seul coup. Il mit chaque partie sur un plateau de la balance et constata qu’un des plateaux n’était pas à la même hauteur que l’autre.
- Mmmmmmm, dit le renard, il me semble que les deux moitiés ne sont pas égales du tout.
Il prit le morceau le plus lourd et en coupa une tranche afin de le rendre semblable à l’autre. Il mangea la tranche qu’il venait de couper et reposa les morceaux sur les plateaux de la balance.
Il regarda à nouveau les plateaux. Le morceau dont il avait pris une tranche était maintenant plus léger que l'autre. Le renard secoua la tête et dit :
- Nah ! Cela ne va pas. Les deux pièces ne semblent pas être égales.
Les tigres étaient bien d’accord avec cette observation. Le renard prit le morceau le plus lourd et coupa une tranche afin de le rendre semblable à l’autre. Il mangea la tranche qu’il venait de couper et reposa les morceaux sur les plateaux de la balance. Cela continua pendant près d’une heure. Petit à petit, le renard mangeait les tranches qu’il ôtait de la pièce de fromage la plus lourde. Lorsque les morceaux de fromage devinrent minuscules, les tigres se regardèrent avec stupéfaction. Ils s’étaient engagés à respecter la décision du renard, ils ne pouvaient donc rien dire mais n’en pensaient pas moins.
Il ne restait plus à présent qu’un seul minuscule morceau de fromage dans un des plateaux de la balance. Le rusé renard le mit dans sa bouche et jeta au loin la balance et le couteau avant de disparaître dans les bois.
Les deux tigres se rendirent compte mais un peu tard qu'ils avaient été bernés. Ils avaient été bien idiots de s’être disputés pour un morceau de fromage qu'ils auraient pu amicalement diviser et manger.
Conte hindou, anonyme
Questions.
Quel est le genre littéraire de ce texte ?
Quel titre pourrais-tu donner à ce texte ?
Pourquoi les deux tigres voulaient-ils se battre ?
Que propose le renard pour que les tigres arrêtent de se quereller ?
Comment le renard parvient-il à manger tout le fromage ?
Quelle est la principale qualité du renard ?
Quelle est l’attitude des tigres à la fin de l’histoire ?
Quelle est, d’après toi, la morale de cette histoire ?
Qu’auriez-vous fait à la place du personnage principal ?
Qu’auriez-vous fait à la place de l’avocate de la défense ?
Est-ce que rendre la justice signifie défendre la vérité ?
Dans le recueil Poèmes politiques dont est extrait ce poème, Paul Éluard évoque le malheur de tous liés aux événements historiques du XXe siècle, mais aussi son propre malheur : la mort brutale de sa compagne, Nusch, décédée deux ans auparavant d’une attaque cérébrale brutale.
Entre tous mes tourments entre la mort et moi
Entre mon désespoir et la raison de vivre
Il y a l'injustice et ce malheur des hommes
Que je ne peux admettre il y a ma colère
Il y a les maquis couleur de sang d'Espagne
Il y a les maquis couleur du ciel de Grèce
Le pain le sang le ciel et le droit à l'espoir
Pour tous les innocents qui haïssent le mal
La lumière toujours est tout près de s'éteindre
La vie toujours s'apprête à devenir fumier
Mais le printemps renaît qui n'en a pas fini
Un bourgeon sort du noir et la chaleur s'installe
Et la chaleur aura raison des égoïstes
Leurs sens atrophiés n'y résisteront pas
J'entends le feu parler en riant de tiédeur
J'entends un homme dire qu'il n'a pas souffert
Toi qui fus de ma chair la conscience sensible
Toi que j'aime à jamais toi qui m'as inventé
Tu ne supportais pas l'oppression ni l'injure
Tu chantais en rêvant le bonheur sur la terre
Tu rêvais d'être libre et je te continue.
13 avril 1947 Paul Éluard, Poèmes politiques, Gallimard, 1948.
Questions (15 points)
1. Quel sentiment éprouve le poète dans la 1ère strophe : angoisse, colère, haine ou tristesse ? Contre quoi ce sentiment est-il dirigé ? Répondez en relevant des passages des deux premières strophes. (1 point)
2. De combien de vers se composent les strophes du poème ? Combien de syllabes comptez-vous dans les vers ? Qu’en concluez-vous, le poème est-il de forme libre ou régulière ? (1,5 points)
3. Relevez,en deux listes distinctes, le champ lexical du désespoir et celui de l’espoir. Lequel domine ? Qu’en déduisez-vous sur le message du poète ? (2 points)
4. À quels événements historiques du XXe siècle Paul Éluard fait-il directement allusion dans son poème ? Recopiez les réponses justes et indiquez les vers qui vous ont permis de répondre :
5. Quelle figure de style pouvez-vous relever aux vers 5 et 6 ? Repérez l’emploi de la même figure à d’autres vers du poème. Qu’est-ce que son usage permet de mettre en lumière ? (1,5 point)
6. « Et la chaleur aura raison des égoïstes »
a) Quel sens le mot « chaleur » a-t-il ici ? Quel adjectif ajoute-t-on
généralement quand il a ce sens-là ? Relevez, dans la même strophe, un mot confirmant votre réponse. (1 point)
b) Êtes-vous d’accord avec ce vers d’Éluard ? Justifiez votre réponse avec un argument et un exemple. (2 points)
7. « Tu rêvais d’être libre et je te continue »
En étudiant les temps verbaux présents dans ce vers, en vous appuyant sur l’ensemble du poème et sur le paratexte, dites ce que sous-entend ce vers et ce que promet Paul Éluard de faire de sa vie à la personne à laquelle il s’adresse.
Développez votre réponse en 5 à 10 lignes en citant le texte. (3 points)
Dictée à trous.
"Dès qu’ils étaient / étais / était au complet, ils partaient, promenant la raquette le long des grilles rouillés / rouiller / rouillées des jardins devant les maisons, avec un grand bruit qui réveillé / reveillais / réveillait le quartier et faisait bondir les chats endormis sous les glycines pousièreses / poussiéreuses / poussièreuses. Ils couraient, traversant la rue, essayant de s’attraper / s’atrapper / s’attrapper , couverts déjà d’une bonne sueur, mais toujours dans la même direction, vers le chant / chanp / champ, non loin de leur école, à quatre ou cinq rues de là. Mais / Mes / Mets il y avait une station obligatoire, à ce qu’on appelait le jet d’eau, sur une place acés / assez / asez grande, une énorme fontaine / fonteine / fontène ronde à deux étages, où l’eau ne coulait pas, mais dont le bassin, depuis longtemps boucher / bouché / bouchait, était rempli jusqu’à ras bord, de loin en loin, par les énormes pluies du pays / pay / péï ."
Albert Camus, Le Premier homme, 1994
Travail d’écriture.
Sujet 1
Vous êtes journaliste. Aux côtés de Paul Éluard, vous vivez le moment de la libération et de la victoire après une longue et douloureuse guerre. Comme lui, vous pensez que « le printemps renaît qui n’en a pas fini ». Écrivez, sous forme d’un article de presse, votre récit de ce jour de victoire et votre espoir en l’avenir.
Forme de l’article de presse (titre, paragraphes, chapeau, témoignages...) | / 3 points |
Récit d’un jour de victoire (narration + description) | / 4 points |
Considération sur l’avenir | / 4 points |
Langue | / 4 points |
Sujet 2
Le poème évoque « la force de l’amour ». Pensez-vous que l’amour (ou l’amitié) soit toujours assez fort pour donner la force de vivre ?
En vous appuyant sur votre expérience, sur vos connaissances littéraires, cinématographiques ou artistiques et sur les vers du poème de Paul Éluard, vous développerez votre réponse avec des arguments et des exemples que vous construirez en paragraphes.
Construction du devoir en paragraphes logiques et reliés par des connecteurs | / 3 points |
Réflexion sur les apports de l’amour à la vie | / 4 points |
Pertinence des exemples choisis et exposition précise de ces exemples | / 4 points |
Langue | / 4 points |
Questions.
Document : C’est elle qui a commencé
Quel est l’objectif de l’auteur et comment s’y prend-il pour faire passer son message ?
Document : Preuves d’amour
Que peut-on voit sur l’image ?
Selon l’auteur où sont les preuves d’amour ?
Sont-elles de véritables preuves d’amour ?
Quel est l’objectif de l’auteur et comment s’y prend-il pour faire passer son message ?
Document : C’est qui ce Valentin ?
Pourquoi l’homme est-il énervé ?
Qui est Valentin ?
Que risque la femme ?
Comment se note la différence physique entre la femme et l’homme ?
Quel est l’objectif de l’auteur et comment s’y prend-il pour faire passer son message ?
Travail d’écriture.
Une amie vous raconte qu’elle a été frappée par son copain car il pense qu’elle le trompe régulièrement. Elle vous explique qu’elle a peur de lui mais qu’elle l’aime aussi et ne veut pas le perdre.
Rédigez un dialogue, entre elle et vous, reprenant les faits énoncés plus haut. Puis construisez la réponse que vous apporteriez à votre amie.
Questions.
Document : Pétition nationale
Que peut-on voir sur l’image ?
Quel est l’objectif de l’auteur et comment s’y prend-il pour faire passer son message ?
Document : La nouvelle loi entre en vigueur
Que peut-on voir sur l’image ?
Qu’est-ce que le code pénal ?
Quel est l’objectif de l’auteur et comment s’y prend-il pour faire passer son message ?
Document : Comment éviter les violences conjugales ?
Que peut-on voir sur l’image ?
Qu’est-ce qu’un manchot ? Qu’est-ce qu’un manchot empereur ?
Pourquoi invite-t-elle à épouser un manchot ?
Quel est l’objectif de l’auteur et comment s’y prend-il pour faire passer son message ?
Travail d’écriture.
Une amie vous raconte qu’elle a été frappée par son copain car elle est sortie avec un mini-short. Elle vous explique qu’elle a peur de lui mais qu’elle l’aime aussi et ne veut pas le perdre.
Rédigez un dialogue, entre elle et vous, reprenant les faits énoncés plus haut. Puis construisez la réponse que vous apporteriez à votre amie.
Une Dame demande :
«Combien vendez-vous vos œufs ?»
Le vieux vendeur répond :
«0.50 ¢ un œuf, madame» .
La Dame dit :
«Je vais prendre 6 œufs pour 2.50$ ou je pars».
Le vieux vendeur lui répond :
«Achetez-les au prix que vous souhaitez, Madame. C'est un bon début pour moi parce que je n'ai pas vendu un seul œuf aujourd'hui et que j’ai besoin de ça pour vivre».
Elle lui a acheté ses œufs à prix marchandé et est partie avec la sensation qu'elle avait gagné.
Elle est entrée dans sa voiture élégante et est allée dans un restaurant élégant avec son amie.
Elle et son amie ont commandé ce qu'elles voulaient. Elles ont mangé un peu et ont laissé beaucoup de ce qu'elles avaient demandé.
Alors elles ont payés l'addition, qui était de 400$. Les dames ont donné 500$ et ont dit au propriétaire du restaurant chic de garder la monnaie comme pourboire...
Cette histoire pourrait sembler assez normale vis-à-vis du patron du restaurant de luxe, mais très injuste pour le vendeur des œufs...
La question que ça amène est:
Pourquoi avons-nous toujours besoin de montrer que nous avons le pouvoir quand nous achetons à des nécessiteux ?
Et pourquoi sommes-nous généreux avec ceux qui n'ont même pas besoin de notre générosité ?
Une fois j'ai lu quelque part :
«Mon père avait l'habitude d'acheter des biens à des pauvres à des prix élevés, même s'il n'avait pas besoin de ces choses.
Parfois, il les payait plus cher. J'étais stupéfait. Un jour je lui ai demandé «pourquoi fais-tu ça papa?»
Alors mon père répondit :
«C'est une charité enveloppée dans la dignité, mon fils»
Je sais que la plupart d'entre vous ne partageront pas ce message, mais si vous êtes l'une des personnes qui à prit le temps de lire jusqu'ici... Alors ce message de tentative «d'humanisation» aura fait un pas de plus...
dans la bonne direction... 👌👌
Critères d’évaluation du sujet d’imagination | ||
Items | Points | Notes |
Invention (20 points) | ||
Contextualiser le retour dans le lieu choisi | 6 | |
décrire le lieu | 6 | |
évoquer ses impressions au regard du lieu | 6 | |
Combo : les 3 items sont validés - l’intérêt du lecteur est sollicité | 2 | |
Total pour l’invention | 20 | |
Organisation et situation d’énonciation (10 points) | ||
BTS Jeanne d'Arc et Cronos : Lettres modernes & Culture Générale et Expression ystor.org
DEC. Dénoncer les travers de la société
DEC. Progrès et rêves scientifiques
DEA. Visions poétiques du monde
DE. Individu, société & valeurs (théâtre) - Ystor
DE. Dire l’amour (poèmes à apprendre)
DEA. Dire l’amour (Poésie) - Ystor
DEA. Dire l’amour (Théâtre) - Ystor
“Le credo” de Jacques Sternberg, texte intégral
Youtube - Les joueurs de Skat d’Otto Dix
Youtube - La Guerre d’Otto Dix
Etude de “La rédaction” de Skármeta
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https://lettres-histoire.ac-versailles.fr/IMG/pdf/brevet_2018_serie_pro_correction.pdf
https://ystor.org/cap-francais-et-histoire-geographie/
Pour bénéficier d’un accompagnement méthodologique, il vous est possible d’envoyer un mail à ystor@live.com ou au 06.40.95.27.67
Prix : 49€ par personne / 75€ pour un groupe d’apprenant(e)s de 2 à 6 personnes.
Le paiement peut se faire de plusieurs manières : mensuelle ou hebdomadaire (Virement ou espèces)
Thameur DEBOUBA Vendredi 19 décembre 2025
[1] bruyants désordres
[2] ici, sans existence réelle ; nées de l’imagination
[3] enfant (terme familier)
[4] féminin de “serf”, personne dépendant d’un maître, qui n’a pas de liberté personnelle complète.
[5] ne vous inquiétez pas (expression familière)