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François Jourde

Enseignant de philosophie
Essayeur pédagogique à l’ère numérique

@jourde  jourde.eu

Carnets : jourde.eu/blog

Cours de philosophie : jourde.eu/philo

Présentation professionnelle

Je suis enseignant de philosophie dans le secondaire (CAPES 1997, Agrégation 1998), actuellement détaché à l’Ecole européenne Bruxelles 1 (Belgique, où je réside depuis 2001). Suivant l’appel de Diderot (“Hâtons-nous de rendre la philosophie populaire”), je construis des scénarios et des architectures d’apprentissage “mixtes” (en classe et en ligne) intégrant les outils et la culture du numérique. J’explore des scénarisations appuyées sur des projets, des travaux de groupes et des publications (souvent créatives et joueuses). Je participe à la réflexion commune sur l’intégration pédagogique du numérique et j’interviens régulièrement lors de rencontres et de formations professionnelles.

[EN] François Jourde has been teaching philosophy at the secondary level since 1995 (currently in Brussels, Belgium). He trains teachers, takes part in conferences and contributes to the exchange of ideas. He is passionate about pedagogy in the digital age.

> C.V.

Cadrage pédagogique

Nos élèves hyperconnectés ne sont pas des “Digital Natives”, car toute littératie (médiatique ou numérique) résulte d’un apprentissage systématique. Les pratiques informationnelles, médiatiques et numériques des jeunes sont plus ou moins habiles, plus ou moins visibles et hétérogènes, liées à leurs intérêts privés et à leurs diverses cultures, souvent plus passives (consommation uniformisée, communication répétitive…) qu’actives (co-attention, création véritable, publication réfléchie, collaboration, compréhension…). Elles sont aussi exposées aux industries de captation de l’attention qui tendent à affaiblir la résistance aux pulsions consuméristes.

Il convient d’ajouter que le numérique multiplie et complexifie les usages de l'écrit, de même que la lecture numérique présente souvent plus de défis que la lecture classique (lisant par exemple un article sur Wikipédia, l’élève saura-t-il s’il doit ou non suivre un lien ? Saura-t-il consulter l’historique des modifications ou le volet des discussions ? Saura-t-il évaluer en retour la qualité de l’article ?). De nombreux élèves peuvent être désorientés par la surcharge informationnelle des environnements numériques (voir notamment les enquêtes PISA à ce sujet : www.oecd.org/pisa/aboutpisa/pisa-en-francais.htm). On devine à quel point le numérique peut accentuer les inégalités culturelles, comme le rappellent par exemple Gilles lipovetsky et Jean Serroy : "Sous le signe de la démocratisation, le nouvel âge culturel est profondément inégalitaire : il réussit aux uns, dont l'encadrement familial met des bornes au déferlement et à la puissance dissolvante de la culture cool ; il est fatal aux autres, à tous ceux qui non secondés par leur famille, ne bénéficient d'aucun soutien "institutionnel" pour se former et s'élever" (La culture-monde, 2008).

Le rôle des enseignants et de l’école est donc essentiel. Il s’agit d’abord de transmettre la culture humaniste, en formant les nouvelles générations à la co-attention et à l’attention profonde, au jugement critique et à la discussion argumentée, à la curiosité et à la créativité. Il s’agit aussi de les former aux “technologies de l’esprit” (selon une expression de Bernard Stiegler[1]) que sont les écrans et les dispositifs numériques, et d’apprendre à se former avec ceux-ci. Toute pensée suppose en effet des outils et des échanges, comme le rappelle à sa manière Daniel Bougnoux : "le penseur de Rodin, qui prétend nous montrer l’effort de la pensée nue, sans instruments, sans papier ni crayon, loin des laboratoires, bibliothèques et banque de données n’existe pas. Contre ce monument idéaliste ou romantique, il faut rappeler que l’homme seul ne pense pas (mais rêve, ou imagine aux frontières du délire), en bref c’est le collectif qui pense, et qu’il y faut des outils ou des médias en général"[2].

En développant un usage émancipateur du numérique et de la culture des écrans, l’école concourt à former des individus autonomes. En retour, les outils numériques et la culture des écrans stimulent la pédagogie (l’art de créer des occasions d'apprentissage). Ils peuvent être de puissants ferments d’innovation quand ils sont intégrés avec expertise et réflexion[3]. Certes, il n’y a pas d’effet magique des technologies (une mauvaise pédagogie ne sera pas transformée, mais amplifiée et aggravée par le numérique). Mais une pédagogie efficace[4] intégrera le potentiel du numérique pour organiser des apprentissages actifs, collaboratifs, créatifs et ludiques[5], ouverts sur le partage et la publication[6]. Elle saura "coloniser positivement les outils numériques” (S. Tisseron[7]) en favorisant les bonnes pratiques. Elle pourra développer un engagement profond des élèves avec les contenus d’apprentissage, en classe comme hors de la classe.

Le métissage réfléchi de la culture du livre et de la culture des écrans est une bonne nouvelle !

> Carte de cadrage et de présentation des activités : goo.gl/wCJZd

Certifications & reconnaissances

Google Certified Innovator.pngCapture d’écran 2017-01-09 à 20.35.39.png

> Profil sur Linkedin.

Interventions & activités professionnelles

2017

Activités en mode “projets” (étalées sur l’année scolaire)

Activités & interventions

2016

Activités étalées sur l’année scolaire

Activités ponctuelles

2015

2014

2013

2012

2011

Publications (Hatier)

> Dans le livre : toutes les notions du programme, des synthèses pour comprendre l’essentiel du cours, des citations incontournables commentées, des conseils et des exemples pour préparer l’épreuve du bac, des illustrations, des schémas…

> Sur le site livreetclic.com : le rappel des cours, des sujets de bac interactifs et des tests de connaissances, un moteur de recherche, une base de sujets expliqués, des schémas animés, de nombreuses citations, un lexique thématique, des explications et textes complémentaires…

> Fiches audio accompagnant la série d’ouvrages de la collection prépabac Toute la terminale, éditions Hatier (2007).


[1] En lien avec l’idée des “technologies de l’esprit” (Bernard Stiegler), voir aussi Andy Clark et David Chalmers, The Extended Mind (1998).

[2] http://goo.gl/fxwJN.

[3]  On parlera d’apprentissage amélioré par la technologie (AAT) ou Technology-enhanced learning (TEL).

[4] Pour une vue des dispositifs d’apprentissage efficaces, voir notamment le classement de John Hattie.

[5] Parce qu’on ne comprend bien que ce que l’on peut transformer, cultivons aussi les exercices d’invention et de détournements (voir Jean-Michel Le Baut, “La philosophie enrichie”).

[6] Cela définit une “pédagogie sociale” impliquant les apprenants auprès de publics ”authentiques“ (autres que scolaire) et faisant de la communication du savoir un élément clé de l’apprentissage (voir http://derekbruff.org/?p=2211).

[7] Serge Tisseron, dans Le Café pédégogique, “Entretien avec Serge Tisseron : L’école n'a pas à introduire les écrans, mais le bon recul”.