STANDING IN TIME

Standing in time est une pièce puissante en émotions et pleine de passion transmise par les personnages présents sur scène. Des pas de danse jusqu'aux voix de ces femmes, en passant par la scénographie, tout m'a émerveillé. La pièce présentait une certaine langueur hypnotisant, qui donnait à la scène une dimension magique. La langue étant le Maori, il était impossible de comprendre l'histoire qu'elles nous faisaient partager, cependant, il y avait une certaine beauté dans la langue et dans le spectacle en lui-même, car il était tout à fait possible de comprendre différents éléments sans comprendre la langue, à travers le ton des voix ou à travers la danse. C'est un phénomène qui selon moi n'apparaît que dans l'art ; les mots sont inutiles pour se comprendre et ainsi toutes les frontières tombent et nous nous retrouvons dans une sorte d'universalité par le biais de l'art, qui nous rapproche. Ce spectacle était un exemple parfait de ce dont est capable un artiste, et Lemi Ponifasio, par son travail avec ces femmes, a su nous faire partager cela.

ANTIGONE

AAAH ! Les spectacles dans la cour d'honneur.. Un environnement des plus impressionants pour un spectacle à la hauteur. Le metteur en scène japonais Satoshi Miyagi, a, pour ce spectacle, ébloui par la perfection de sa mise en scène, de la scénographie, du jeu de lumières, ainsi que de celui des acteurs. Une immersion dans le théâtre japonais sur une base antique par la pièce de Sophocle, entre traditions et originalité, ce spectacle est une des plus belles créations qu'il m'est été donné de voir. « Deux acteurs pour un rôle » est une technique orientale reprise ici par S. Miyagi, qui rend le spectacle d'autant plus… spectaculaire. Il faut également noter l'esthétique globale de la pièce, qui pourrait nous faire penser à un tableau japonais, par le soin du détail de chaque élément et son rendu sur la scène. L'eau, qui est la base sur laquelle les acteurs se délacent nous plonge dans une magie, qui nous met encore davantage dans l'univers du mythe, du conte, qu'était Antigone.

SAIGON

Surprenante. Émouvante. Saigon est une petite merveille parmi les spectacles que proposait cette année le Festival d'Avignon. La scénographie, tout d'abord, est une surprise pour le spectateur qui ne perçoit rien au début, mais une fois que le spectacle débute, la magie s'installe instantanément par le décor spectaculaire. L'impression d'entrer dans un véritable restaurant, dans un pan de l'histoire, rend le spectacle prenant et fort en émotions. Se déroulant en deux temps ; 1956 et 1996, dans deux lieux ; Saigon et Paris, qui se rejoignent à la fin pour ne faire qu'un, cette pièce nous présente un fil conducteur, Marie-Antoinette, cette vieille femme touchante, dont on va suivre une partie de la vie. Caroline Guiela Nguyen, la metteur en scène a su nous emporter dans une histoire complexe par le nombre de personnages et d'histoires qui s'entre-mêlent, dans une nostalgie de souvenirs et du passé. Ce restaurant représente l'espoir, où les personnages se retrouvent pour célébrer et manger ensemble, mais Saigon est une « terre blessée », et le malheur fait souvent surface au cours de la pièce, rappelant a complexité de la situation à cette époque, et traçant le chemin qui les guide jusqu'à Paris. C'est une pièce qui m'a énormément touchée et qui a une résonance en chacun d'entre nous, d'une façon ou d'une autre.