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Chapitre premier: Dans les neiges éternelles


Un long chemin sinuai dans les montagnes enneigées du Tibet, non loin de la frontière avec le Népal. Peu de gens le parcouraient encore depuis que le monastère de la Montagne Dorée avait été abandonné une cinquante-quatre ans auparavant. Pourtant, un petit groupe d'une quinzaine de personne avançait péniblement dans la clarté matinale. Vêtu de long manteaux militaires de camouflage arctique et armés jusqu'aux dents, l'unité faisait déplacé dans la beauté enchanteresse du Vallon d'Or. Un homme buta dans une pierre masquée par la neige en jurant comme un charretier dans un allemand imparfait:



Il continua de jurer pendants quelques secondes, s'attirant les regards noirs de toute la compagnie, avant que le Sergent ne perde patience.



Le regard aussi dur que le silex de la femme qui les accompagnait lui fit ajouter, tremblant:



En effet, après deux virages, le groupe arriva sur une sorte de plateau entre deux sommets. Au centre de ce plateau se dressait une colline étrangement épargnée par la neige dont les pierres avaient une teinte légèrement dorée. Juché a son sommet se tenait l'imposante bâtisse de pierre du monastère. D'ailleurs, de monastère, il ne portait que le nom; en vérité, il ressemblait plutôt à une forteresse gardant le col d'un hypothétique ennemi.


Sifflant en voyant l'immense escalier rectiligne qui menait au monastère, Hans ne put s'empêcher de commenter:



Les autres soldats cachaient mal leur amusement derrières leurs écharpes. Elle venait de remonter d'un cran dans leur estime. Pour la plupart des soldats, les Investigatrices sont rarement bon signe et peu d'entre eux les apprécient, mais l'Investigatrice Lorelei Volkmar était suffisamment cynique vis à vis de son travail pour se faire accepter des soldats.

Le sergent se rapprocha d'elle pour demander:

Contenant un sourire, et après un court silence, le sergent poursuivi:

L'Investigatrice le jaugea un moment avant de répondre:


De son côté, Hans, essouflé, parvenait en haut des marches. Il se colla au mur, arma sa MP40 et tendit l'oreille. Après quelques secondes de silence, il fit signe aux autres de monter.

Alors qu'ils se mettaient en marche, Lorelei attrapa le bras du sergent:


Elle fit signe aux autres d'attendre. Dieter sortit de son étui un long fusil a bipied. Il s'allongea entre les rochers, monta la lunette et fit signe du pouce qu'il était prêt.


Après quelques minutes de grimpe, le groupe parvint devant le porche du monastère. Dieter rangea son fusil, attrapa sa mitraillette et gravit les marches à son tour. Lorelei s'approcha de la porte a double battant puis se retourna vers Hans:


Elle sortit un Mauser de son étui accroché à sa cuisse gauche et un katar du fourreau accroché à sa cuisse droite.

Elle ajouta, plus pour elle même:


L'homme et un de ses camarade avaient déjà ouvert passé la porte. Elle s'approcha, suivi des autres membres de l'escouade. Le spectacle était plus que macabre. Bien que tous les soldats aient eu leur lot d'horreur sur les champs de bataille d'Europe, la plupart détournèrent la tête, dégouttés. Lorelei elle même ne put réprimer un frisson d'horreur mêlé de peur, face au carnage devant ses yeux.

La pièce était de taille moyenne et devait servir de vestibule. Du sang la recouvrait du sol au plafond, parsemé à certains endroits par des morceaux de corps. Au moins septs hommes avaient perdus la vie ici. Des hommes du Reich a en juger par les lambeaux d'uniformes. Le sang était sec et les cadavres en voie de décomposition avancée.



Le Madame avait disparut, signe de la peur intense que tous éprouvaient.


Drocker s'éloigna pour donner ses ordres aux soldats désignés et pour faire sécuriser la zone proche par les autres.