APPRENDRE AVEC LATINA
S'instruire et enseigner dans un monde numérique
Tord Hoivik
Oslo University College, 2009
Traduit par:
Eric Otchoun et Souleymane Yeo
Introduction
La transition de l'économie industrielle à celle fondée sur la connaissance exige des changements profonds dans la manière dont nous éduquons les enfants, les étudiants et les adultes.
Les bibliothèques et les formateurs de bibliothécaires se doivent d'accepter ces changements. L'avenir de l'éducation réside dans le web plutôt que dans les documents papier. Dans cette présentation, je décrirai la transition du papier au numérique à partir d’un cas concret: un cours international de trois semaines conçu sur et pour le web.
Le cours LATINA, comme nous l'appelons, est géré par la bibliothèque. Mais nous utilisons un autre terme: La bibliothèque de Oslo University College est maintenant appelé le Centre d'Apprentissage.
Plutôt que d’être centré sur l’enseignant et les cours magistraux, l’apprentissage basé sur le web est plus approprié pour l’étudiant car axé sur la production. Le Web nous permet également d'impliquer et d'intégrer un groupe très hétérogène de participants dans cette active communauté de pratique1.
De grands changements
Les organisations modernes sont habituées aux changements. Nous vivons et travaillons dans des sociétés qui se développent tout le temps. Chaque année en cours est légèrement différentee de la précédente. Mais la plupart de ces changements sont minimes et graduels. Ils peuvent être modifiés par les procédures établies et le personnel existant. Toutefois ils ne menacent pas nos habitudes de travail et notre sérénité professionnelle.
L’effet d’un grand changement est différent. Lorsqu’il intervient dans un système social, les vieilles routines s’estompent. Afin de faire face à ce nouvel environnement, nous devons être prêts à changer nos propres bases intellectuelles. La difficulté que nous rencontrons aujourd'hui n'est pas de prédire un grand changement, mais d'en accepter les conséquences pratiques dans nos propres vies. Dans les années 90, la plupart des gens ont perçu la révolution numérique comme une forme de révolution technologique. En la percevant ainsi, ils l'ont dissocié de ce qui importait vraiment: la famille et les amis d'une part, les collègues et les usagers d'autre part.
Les passionnés d'informatique – les célèbres nerds - sont considérés comme respectueux et intelligents, mais aussi comme des personnes quelque peu étranges. Leurs relations personnelles, leurs activités professionnelles et leurs luttes politiques ont continué comme par le passé. Les traits caractéristiques de l’homme que sont - l'amour, le travail et le pouvoir - n'ont pas été affectés par le web.
Mais cela n’est plus le cas à l’orée ceux 2010. La numérisation a changé notre société et nos vies quotidiennes aussi profondément que la révolution industrielle.
Aujourd'hui, il n’est pas aisé de comprendre comment la nouvelle société industrielle fut bouleversante pour les gens qui ont réellement vécu ces grands changements. Nous sommes habitués à des changements techniques, mais n’avons jamais vécu une si profonde révolution technologique. Nos façons de penser et d'agir ont été façonnées par les sociétés industrielles de la fin du XXe siècle. Les gens de mon âge - ou même ceux vingt ans plus jeunes - réagissent à ces changements avec des habitudes héritées de cette époque.
La révolution industrielle a entraîné une transition du secteur agricole à la production mécanisée. La révolution numérique désigne la transition d’une production matérielle à une production mentale ou intellectuelle.
En lieu et place de l’acier, nous traitons les symboles. Nous créons des textes, des spectacles et des activités d'apprentissage plutôt que des voitures, des vêtements et des bâtiments. Cette nouvelle société est désignée sous plusieurs vocables : post-industrielle, post-moderne, société de l'information ou société en réseau - mais aucun de ces labels n’a fait l’unanimité.
Mais le terme connaissance - Comme dans société de la connaissance, économie de la connaissance et production de connaissances – suit une courbe ascendante. Cela est facile à démontrer par quelques recherches sur Google.
Le noyau de la production
La relation entre les réseaux et la production de connaissances est claire. Les hiérarchies fondées sur le commandement et le contrôle ne sont pas fonctionnelles dans un environnement Web. Le but de la bureaucratie traditionnelle est de normaliser la production. Mais celui des systèmes numériques est de normaliser la production sans intervention humaine.
Ces processus répétitifs peuvent être analysés, programmés et informatisés. La présence humaine n’est plus nécessaire sur les lignes d’assemblage, mais plutôt dans les laboratoires, les ateliers et centres d'apprentissage. L'innovation, la créativité et le design ne sont plus un prélude à la production. Pour comprendre la nouvelle économie, nous devons traiter l'innovation et l'apprentissage en tant que noyau de la production.
J'ai fait mes études universitaires dans les années 1960, lorsque la vieille tradition académique était forte. Je respecte la quête du savoir comme un but en soi.
Mais nous ne pouvons comprendre le rôle des universités et des établissements d’enseignement supérieurs dans les sociétés du savoir si nous prenons la fin de sociétés industrielles comme la norme. Ce que l'OCDE a dit sur l'enseignement supérieur en 2008, est révélateur:
«L'enseignement supérieur est un des principaux moteurs de la compétitivité économique dans une économie de connaissance de plus en plus axée sur l'économie mondiale. ... L'impératif pour les pays est d'élever plus haut le niveau de compétences professionnelles, afin de maintenir une base compétitive au niveau de la recherche mondiale et d'améliorer la connaissance ".
Je suis d'accord avec les experts de l'OCDE, et je pense que la Chine est l'un des pays qui en sont arrivés à cette conclusion.
Qu'advient-il de l'apprentissage et l'enseignement dans les nouvelles circonstances ? Quels doivent être les rôles des éducateurs et des bibliothécaires ?
Le cas de LATINA
LATINA, qui signifie "Apprendre et enseigner dans un monde numérique", est à la fois un concept et une formation. En tant que concept, Il représente un milieu d'apprentissage qui combine le travail pédagogique intensif en petits groupes avec l'utilisation complète et constante des outils Web et les médias.
Nous pensons que le Web 2.0 représente une révolution dans l'éducation ainsi qu’une révolution commerciale. L’Education 2.0 est à la fois la révolution de l’apprentissage et de l'enseignement causée par le passage à l'Internet comme plate-forme.
Les bibliothèques, les écoles et les universités sont des institutions de la connaissance. Dans l'économie du savoir, ils deviennent des unités de production plutôt que des unités de services.
Dans cette perspective, la bibliothéconomie est un investissement dans la production de connaissances. Si cela est vrai -, et je crois que oui -, nous devons changer à la fois le contenu et l'organisation de l'enseignement et de l'apprentissage.
Le cours a été élaboré par un petit groupe de passionnés de l'e-learning à Oslo University College. Il a été d’abord conçu comme un cours d’été de trois semaines en 2008. Le cours et le concept en sont les composantes essentielles. Les trois membres de l’équipe dirigeante ont une formation en bibliothéconomie ainsi que dans l'enseignement et l'éducation des adultes. Les salles de cours sont situées dans le Centre de formation de l’OUC, qui regroupe la bibliothèque et la section support audio-visuel.
LATINA est un milieu d'apprentissage où l'on utilise l'Open Web - plutôt que du papier ou des systèmes de logiciels propriétaires - comme une plate-forme d'enseignement. Latina est une expérimentation. Nous essayons de comprendre les règles d'un enseignement efficace et d'un apprentissage sur le Web.
· La technologie numérique transforme notre façon d'apprendre et d'enseigner.
· La formation traditionnelle se déroule dans un environnement social physique clos, avec des ressources techniques limitées, et avec une seule personne en charge.
· Dans les pays où l'accès à Internet est très répandu, l'enseignement et l'apprentissage peuvent prendre de nombreuses autres formes.
A première vue, LATINA peut ressembler à un cours de technologie ou un outil axé sur la technologie. Mais c'est une perception erronée. LATINA ne s'occupe pas d'outils technologiques mais des apprentissages et des enseignements qui utilisent ces nouveaux outils.
Nous mettons l'accent sur les textes, les événements et les présentations qui peuvent être réalisés avec ces outils. Nous avons délibérément choisi des outils qui sont disponibles - gratuitement - à tous sur le web.
Puisque ces outils technologiques sont nouveaux pour la plupart des participants, une initiation à leur utilisation est nécessaire, chose normale avec tout autre matière. La menuiserie ne s'occupe pas seulement de perceuses et de scies à main. Ces outils doivent être maîtrisés. L'objectif d'un cours de cuisine est de manger plutôt que de faire bouillir et frire. Mais les étudiants doivent tout de même apprendre à faire une omelette sans carboniser les œufs.
. Une éducation numérique exige des infrastructures techniques. Mais la technologie en soi ne suffit pas.
· Les nouvelles possibilités techniques doivent être comprises, assumées et développées. Les bons enseignants utilisent des livres, des salles de classe, des tableaux noirs et de la craie de manière efficace.
· A LATINA nous appréhendons les outils numériques dans le même esprit.
La relation profonde entre la technologie et l'enseignement est souvent occultée.
Les gens qui enseignent des matières théoriques ont tendance à prendre des technologies traditionnelles pour acquis. Tout ce qui est électrique ou numérique est considéré comme de la technologie. Mais les tableaux noirs, la craie, les crayons, et des les cahiers, les manuels et les stylos de marquage sont juste des objets. Les objets que nous utilisons dans notre vie quotidienne ne sont perçus que comme des outils techniques que lorsque la technologie évolue. Les gens qui participent au changement doivent maîtriser les nouveaux outils numériques avant de pouvoir les utiliser dans l'apprentissage et l'enseignement. Les témoins de ce changement, ont tendance à mettre l'accent sur la difficulté à utiliser ces outils plutôt que sur l'enseignement.
Les enseignants qui innovent peuvent être considérés comme atypiques. Ce qu'ils pensent et disent peut être ignoré. Cela signifie que le débat professionnel sur le rôle du web dans l'éducation doit être évité. Seuls ceux qui acceptent le consensus sont pris au sérieux.
La plupart des enseignants sont conservateurs en termes de pratiques. Ils préfèrent les petits changements aux grands, les réformes plutôt que les révolutions.
La plupart d'entre eux acceptent les nouvelles technologies - comme les traitements de texte, le courrier électronique, les PowerPoint - aussi longtemps qu'ils demeurent fidèle à leur façon d'enseigner. Mais ils ne veulent pas d'une technologie qui transforme leur manière d'enseigner et la manière d'apprendre des élèves.
Ils ne veulent pas se soumettre à un changement radical. D'après eux, il y a une façon adéquate d'enseigner et d'apprendre qui ne doit pas être contestée. Certains appellent cela la grammaire de l'instruction. Du point de vue des conservateurs, les PC sont considérés comme des ordinateurs portables de pointe qui touchent à peine à l'organisation de l'enseignement.
Notre présentation de Latina est également un signe. Les étudiants doivent être prêts à travailler de manière non traditionnelle. Le concept et les cours sont fondés sur la nécessité de «changement important» Cela s'exprime à travers la distinction entre un apprentissage superficiel et un apprentissage profond:
· Nous mettons l'accent sur un enseignement stimulant et un apprentissage créatif.
· La simple accumulation de connaissances est un apprentissage superficiel.
· L'apprentissage en profondeur est différent. Nous sommes engagés à changer - et à demander aux participants d'aller au-delà de leurs compétences actuelles et des modèles conceptuels.
En tant qu'enseignants, nous pensons - par expérience - que le changement profond est possible. Mais il exige un environnement favorable.
Les enseignants voulaient avoir notre avis, ils ont été très serviables et patients (j'ai eu le sentiment que les enseignants aime enseigner, donner des conseils et beaucoup d'explications par la théorie et la pratique). Je n'ai jamais travaillé avec des gens aussi sympathiques.
Dés le début des cours, les étudiants sont invités à travailler avec de nouveaux outils variés de production numérique. Nous ne passons pas beaucoup de temps sur l'initiation à chaque outil - mais juste assez pour commencer à faire quelque chose. Nous attendons également des participants qu'ils s'efforcent de résoudre d'abord eux-mêmes les problèmes qu'ils rencontrent - ou avec l'aide de leurs pairs - pour atteindre leurs objectifs avant de recourir à l'instructeur.
Nos enseignants ont beaucoup d'expériences. Ils savent comment appliquer la pédagogie et bénéficient d'une assistance technique adéquate. Ils appliquent la pédagogie avec l'aide de la technologie.
Beaucoup d'étudiants trouvent cela difficile. Les étudiants en bibliothécomie sont souvent perfectionnistes. Ils sont habitués à un à suivi lent, à des directives détaillées, étape par étape, pour éviter les erreurs.
Nous croyons à l'apprentissage par essais et par erreurs. Il faut faire des erreurs pour réussir. L’expert dans un domaine d'après le physicien Niels Bohr est: "celui qui a fait toutes les erreurs possibles dans un domaine précis."
Cela ne signifie pas pour autant un faible niveau de soutien. Le temps que les étudiants et les instructeurs passent ensemble est une denrée rare. Lorsque les étudiants sont aux prises avec de nouveaux outils en classe, nous essayons d'offrir un taux d'encadrement de 4 à 1.
Nous voulons combiner courbe d'apprentissage abrupte avec une ascendance rapide. Lorsqu’un outil est maîtrisé, les participants sont invités à travailler en dehors des cours et à présenter les résultats sur leurs blogs et en classe. Les compétences numériques complexes s'érodent rapidement à moins qu'elles soient mises en pratique de façon régulière.
Un environnement favorable
A Oslo University College, nous disposons d'un accès sans fil à Internet dans tout l'immeuble.
Au Centre d'apprentissage Latina, chaque participant dispose d'un ordinateur portable. L'ordinateur de l'enseignant est bien entendu relié à un vidéo projecteur. Notre salle de classe dispose d'un tableau blanc interactif. Tout le matériel didactique est disponible sur notre plateforme à travers un blog WordPress.
Tous les étudiants sont initiés aux blogs et à la création de leurs propres blogs sur WordPress. Nous travaillons dans un environnement numérique, où WordPress est intégré à la plate-forme de Google. Nous utilisons Google Search, Google Reader, Google Translate, Google Docs et Picasa localement et sur le web. Les étudiants et les enseignants ont maintenant un accès facile à des téléphones mobiles et aux appareils photo numériques généralement incorporés aux téléphones. Pour des travaux plus exigeants avec son et vidéo, nous bénéficions de l'équipement et du personnel technique de notre centre audio-visuel. Dans le même temps, nous avons accès à toutes les ressources du web.
Ce riche environnement en matériel neuf est récent. Ces outils nous permettent d'expérimenter de nouvelles formes d'enseignement et d'apprentissage.
Dans l'ancien système, l'enseignement signifie le transfert du savoir du maître à l'élève. L’apprentissage est conçu comme une reproduction. Dans le nouvel environnement, nous baignons dans la connaissance. Ici, l'apprentissage signifie entreprendre une création originale et enseigner signifie soutenir le processus de production. LATINA dépend de la technologie numérique. Mais son but est d'explorer des moyens pratiques d'enseignement et d'apprentissage dans un environnement où l'accès universel aux outils numériques est un acquis.
Il y a dix ans tous les enseignants qui le souhaitaient n'auraient pas pu publier sur le WEB. Le personnel enseignant n'avait accès aux ordinateurs que dans des bureaux. Ceux qui voulaient utiliser des outils de publication sur le Web pouvaient également se faire installer le logiciel nécessaire. La section des TIC leur fourni au moins un soutien technique.
Seules quelques salles de classes avaient des rétroprojecteurs. Les enseignants qui en faisaient la demande savaient généralement les manipuler. Les étudiants étaient moins favorisés. Ils ne pouvaient accéder au web que par le biais de postes informatiques installés dans la bibliothèque ou dans le laboratoire d'informatique. Beaucoup avaient aussi l’accès à domicile. Mais nous ne pouvions pas prétendre que tous les étudiants avaient un accès régulier. Ils ne pouvaient pas écrire sur le web. Des logiciels tels que Software Publishing, FrontPage et Dreamweaver étaient assez coûteux.
Aujourd'hui les techniques et les barrières économiques ont disparues. La nouvelle génération d'ordinateurs portables à bas prix coûtent moins chers qu'un téléphone cellulaire de rêve. Des outils simples et puissants pour la publication sur Web sont disponibles gratuitement. Blogger, WordPress, Google Docs, Flickr, SlideShare et de nombreux autres services offrent un stockage gratuit de documents sur Web dans différents formats. La rareté n'est plus un problème. Les barrières qui restent sont d'ordre social et culturel.
En tant que formateurs de bibliothécaires et d'étudiants en bibliothéconomie je suis passé du papier au Web il y a environ dix ans. Ceci a entrainé un léger changement dans les outils techniques et un grand changement d'attitude.
En termes d'écriture, j'ai simplement remplacé Word par FrontPage. Étant donné que FrontPage a été conçu pour un traitement de texte ordinaire, la transition de base a été relativement facile. Publier sur le Web requiert quelques compétences supplémentaires nécessaires qui pourraient être maîtrisées en l'espace de vingt à trente heures.
Ce grand changement est plus d'ordre psychologique que technique. Sur le web tout ce que j'écris est visible immédiatement à moins que je ne décide de le cacher. Cela provoque un changement fondamental dans la relation entre le texte et l'écrivain.
"Une fois les fichiers en ligne, nous nous trouvons dans un environnement de travail différent. ... L'écriture a toujours eu une double nature: profondément individuel et profondément collective au même moment. Mais quand on écrit sur papier, le caractère collectif de l'écriture est caché. Le papier est intrinsèquement privé. ... Le web, au contraire, est essentiellement un medium collectif. Lorsque nous écrivons sur la toile, nous devons lutter pour éviter d'être lu "(Hoivik, 2004).
Lorsque nous demandons à nos étudiants d'écrire sur un blog, nous leur demandons de se dévoiler.
Dans l'enseignement traditionnel les étudiants écrivent et ensuite obtiennent une rétroaction de l'enseignant. Sur le web les écrits sont visibles pour tous et pour toute personne qui pourrait "s'y intéresser». Le fait que les blogs de nos jours donnent la possibilité de commenter les écrits permet d'obtenir des réponses où des suggestions d'horizons divers.
Cela arrive rarement bien sûr. Les cours dispensés à travers le Web n'attirent pas beaucoup de monde. Mais cette possibilité existe.
En tant qu'enseignant, je trouve qu'il est très utile de lire les idées des autres dans leur phase provisoire et formative. J'utilise mon propre blog pour parler à moi-même en public, et j'aime observer les autres qui interviennent dans le même domaine que moi.
Exposer ses idées de façon publique peut être effrayant. Je demande aux étudiants d'être relaxe et d'utiliser les blogs pour explorer les idées et de partager les bonnes choses qu'ils découvrent.
Je leur demande d'écrire tous les jours si possible. Les gens n'attendent pas de la perfection dans les blogs. Si quelqu'un vous critique pour un travail inachevé , ils n'a rien compris à l'outil.
Les blogs sont à cheval entre le privé et la sphère publique.
Nous sommes habitués à considérer les publications comme spéciales et privées. Avec les blogs tels que Twitter, Flickr et les autres outils sociaux c'est l'inverse. La publication sur le Web devient la règle et non l'exception.
Cela ne signifie pas exposer sa vie privée. La frontière entre le public et le privé est l'un des éléments importants de notre monde. Mais les blogs abolissent cette frontière. Nous devrions demander à nos étudiants de protéger leur vie privée essentielle. Mais il ya beaucoup à partager pour accroître la compréhension et le soutien à l'apprentissage.
A LATINA nous demandons aux étudiants de réfléchir sur ce qu'ils ont appris et ce qu'ils apprennent les uns des autres.
Une étudiante en bibliothéconomie de l'Espagne a écrit:
Web 3.0... J’aime beaucoup certaines des idées émises lors des exposés d'étudiants ... Je me rappelle le premier site que j'ai réalisé. C'était en 1998, je crois, et mon frère de 13 ans, m'a aidé. Je l'ai construit en utilisant le code html, très, très ennuyant, certains guides de l'Internet et le téléchargement dans un espace libre qui utilisent ma page pour faire de la publicité.
Ce site Web fonctionne et continue de fonctionner... Plus tard écrire est devenu facile et rapide avec les blogs. Avec le réseau social je me sens intégrée dans ma communauté d'amis, et dans ma communauté universitaire.
Changer les rôles
Nous considérons LATINA comme un OER - un Open Educational Resource. Cela signifie que nous avons mis tous les éléments créés pour - et pendant- le cours sur le Web. Creative Commons est notre licence par défaut. D'autres sont invités à remixer, améliorer et redistribuer.
Dans l'économie de la connaissance, la connaissance est à la fois au début et à la fin du processus de production. Quand on regarde le savoir comme un intrant de production, nous sommes loin de la culture universitaire, où la connaissance est considérée comme une valeur en soi. La revue d'un article par les pairs et la monographie publiée en sont les produits finaux. Cette nouvelle perspective de production diffère également de celle de l'artisan dont la connaissance se manifeste dans des aptitudes pratiques est traditionnelle, relève de l'expérience et est souvent non-verbale.
Latina est un cours international ouvert à des participants de différents pays, de cultures et d'horizons professionnels divers. Cela signifie que contrairemet aux programmes d'etudes ordinaires, le cours Latina est beaucoup plus hétérogène en termes d'âge, de connaissances linguistiques et informatiques.
Les sociétés industrielles tendent à uniformiser leurs pratiques pédagogiques. La classe idéale se compose d'étudiants similaires, avec les mêmes niveaux d'habileté, qui progressent à la vitesse comme une armée prussienne en mouvement.
Une telle synchronisation rend l'enseignement plus facile mais ne peut fonctionner dans un environnement numérique. La nouvelle économie exige des individus et des groupes qui cherrchent a innover. Dans les societes post-industriels, la nature de la main d'oeuvre a l'usine a evolue.on a de plus en plus recours a des personnes inventives et a des equipes qui peuvent integrer de hautes competences differentes.
LATINA un cours destine aux étudiants, aux enseignants et aux bibliothécaires qui désirent développer leurs compétences éducatives sur le World Wide Web. Le cours s'adresse aussi bien aux enseignants qu'aux apprenants.
Dans les environnements numériques la distance entre l'etudiant et l'enseignant est souvent difficile a cerner.
L'économie de la connaissance defie l'autonomie du secteur universitaire en reliant les connaissances à la production. Education 2.0 change entre l'ancien statut de l'enseignant en supprimant la distinction traditionnelle entre le chef et le subordonne, entre le maïtre et l'eleve.
Cela ne signifie cependant pas l'égalité entre etudiants et les enseignants. Les enseignants sont toujours aux commandes, mais sous une autre forme. Le personnel de Latina est responsable de la conception et des infrastructures.Il a pour mission l'introduction de nouveaux outils et de concepts, de soutenir et des prodiguer conseils pratiques et a aussi en charge la gestion quotidienne du cours. Mais nous demandons aux participants de prendre une part active dans la production, la présentation et les commentaires de la première journée.
Je suis impressionné par l'apprentissage et les méthodes d'enseignement (ambiance agréable, les enseignants ne se comportent pas comme des patrons - malheureusement, les enseignants dans notre pays ont encore envie d'agir en patron). Tous les participants peuvent apprendre beaucoup les uns des autres. Je n'ai jamais reçu un feed-back de la sorte avant ( précisions, conseils, suggestions).
A LATINA nous invitons tous les participants à explorer toutes les possibilités d'apprentissage de l'Internet d'une façon concrète, pratique, en groupes dans un envirronnement sociale. Nous voyons cela comme une entreprise collective.
L'apprentissage et l'enseignement multilingue
A LATINA l,anglais est notre langue de travail commune. Cela ne signifie pas que tout le monde parle couramment et ecrit l'anglais ou de l'écrivain. Les étudiants étrangers en provenance d'Europe ont généralement une bonne connaissance pratique de la langue. Les participants en provenance d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique latine représententrencontrent certaines difficultes. Les cours d'été requiert un test de niveau mais ous des formes variies.
Les programmes d'études qui durent plusieurs mois ou années peuvent inclure une formation linguistique. Dans un cours de trois semaines, cela n,est pas faisable.
Mais puisque le cours est basé sur le Web, nous avons une alternative. Etant donne que notre salle de classe est équipée d'un tableau blanc interactif, nous integrons le Web comme un support dans nos exposes et discussions. L'utilisation de l'ecrit et de l'oral - ce qui inclut souvent des sons et images a - aide les personnes ayant un anglais limité pour comprendre ce qui se passe.
Au cours des discussions, nous essayons d'illustrer les points importants avec des matériaux provenant du Web. Le principe du Show and Tell principe est toujours valable. Puisque tou le matériels didactique est disponibles sur le Web. Les élèves peuvent s'y referer pendant et après lescours. Ils dépendent ainsi moins de l'enseignant. .
Puisque la formation est axée sur la production, les étudiants passent beaucoup de temps à créer des textes multimédias. Ils travaillent parfois individuellement ou en groupes. Dans les deux cas, il est facile pour eux de s'entraider. Lorsqu'ils partagent une autre langue que l'anglais ils l'utilisent pour communiquer.
Les conférences et les debats ont lieu en Anglais, mais la plupart du temps l'on utilise différentes langues telles que le chinois, l'arabe, l'espagnol et le Norvégien.
Nous voyons cela comme un element positif de l'apprentissage base sur le Web. Nous explorons d'autres pistes linguistiques. Wikipedia est l'un des sites web les plus populaires dans le monde. A LATINA nous favorisons son utilisation comme source lexicale, car il couvre de nombreuses langues différentes. Les étudiants qui ne sont pas familiers avec l'anglais peuvent utiliser des versions dans leur langue maternelle ou toute autre langue qu'ils connaissent bien comme une source de référence. Ils peuvent également utiliser d'autres versions pour comprendre le texte en anglais. Depuis que des liens inter-langue sont intégrés à la structure de Wikipédia, il est très facile de passer d'une langue a une autre. Parfois, nous demandons également aux élèves de comparer différentes versions et d'expliquer pourquoi elles diffèrent.
La combinaison de Wikipedia avec Google Translate offre des possibilités supplémentaires. A Latina, nous constatons que la traduction en temps réel des matériels d'enseignement peut aider les enseignants à introduire de nouvelles thematiques des classes multilingues. Les étudiants peuvent aussi utiliser des outils de traduction pour étudier les textes qu'ils ont du mal à comprendre en anglais. Ils peuvent aussi les utiliser pour traduire des documents de leur langue maternelle en anglais. Pour l'instant nous avons juste commencé à explorer ces trois possibilités, mais nous sommes ravis d'avoir de de nouvelles possibilités pédagogiques. Toutes les pages Web de LATINA sont équipées d'un bouton de traduction.
En intégrant la traduction en temps réel (Google),lles versions similaires (Wikipedia) et d'autres outils multilingues dans nos modeles éducatives nous estimons que les enseignants et les étudiants peuvent apprendre à travailler efficacement dans des environnements plus diversifiés qu'auparavant. Nous demandons aux étudiants ce qu'ils ont appris. Beaucoup mentionnent l'aspect multiculturel du cours. Certains de leurs observations sont les suivantes:
Les outils de traduction sont susceptibles de s'améliorer. Au cours de la prochaine décennie, je m'attends à une reconnaissance fonctionnelle et a la traduction de la parole. Au fur et a mesure que le monde se globalise, la demande pour une éducation et une communication multilingues va croître. L'application de technologies avancées aux langues et les projets multiculturels à grande échelle peuvent constituer l'une des reponses. Les enseignants et les bibliothécaires vont y contribuer.
L'enseignement est en mouvement progressivement du papier au numérique.Le document papier represente un type d'environnement d'apprentissage. Le Web en définit un autre. Il offre un vaste éventail de ressources pour les etudes, lesexpérimentation et la recherche. Les outils du Web permettant aux étudiants et aux enseignants de produire de nouveaux matériaux en continu. Dans l'environnement numérique de nombreux modes de travail traditionnels perdent leur effet. Ils doivent être progressivement éliminées pour donner de l'espace et le temps a la nouveaute. Il s'agit d'une question de grand changement.
Aujourd'hui, nos environnements d'enseignement et d'apprentissage sont divisés. Dans le domaine traditionnel, le travail avance comme par le passe. A l'heure du numérique, de nouvelles façons de travailler sont utilisees. Mais elles restent marginales. Il n'y a pas de transfert de pratiques de la périphérie vers le centre. L'institution ne change que lorsque les ordinateurs et l'accès a . Internet sont disponibles partout et à tout moment. Il faut que les apprenants, les enseignants, les planificateurs et les dirigeants acceptent d'investir dans sur le web comme plate-forme.
Notre tâche aujourd'hui, que nous soyons enseignants, bibliothécaires ou formateurs de bibliothécaires, est de faire la transition de l'education industrielle à l'éducation numérique avec un esprit ouvert, beaucoup d'expériences et avec une volonté de tirer les lecons de notre expérience.
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