APPEL DE LAG du site 86 de l’IUFM
DU 3 JUIN 2009

 

 

Nous, étudiants, stagiaires, formateurs et personnels BIATOSS de l’IUFM de Poitiers, savons que le dispositif actuel de recrutement et de formation initiale n’est pas satisfaisant et nous sommes favorables à une réforme qui permette la revalorisation de la formation – disciplinaire et professionnelle – et une revalorisation des carrières des futurs enseignants du primaire et du secondaire. Nous sommes aussi bien conscients qu’il est urgent de réfléchir à la reconnaissance des acquis des candidats qui échouent aux concours, afin notamment de permettre de véritables réorientations.

 

Dès la publication des premiers textes concernant le projet ministériel dit de «Mastérisation », nous nous sommes aperçus que les réformes de Xavier Darcos et Valérie Pécresse allaient à l’encontre des intérêts des étudiants, car elles conduisent à une détérioration de la formation des enseignants, tant sur le plan disciplinaire que professionnel. Il s’agit d’une dévalorisation des conditions de travail, engendrant toute une série de problèmes insolubles :

 

C’est pourquoi nous nous sommes, depuis février, engagés dans un combat qui a été localement très majoritairement soutenu lors des votes décisionnaires en AG. Nous avons ainsi réussi, grâce à une dynamique devenue nationale, à bloquer la réforme ministérielle, en ne faisant pas remonter les maquettes de master jusqu’au ministère.

 

Or, la machine ministérielle a persévéré dans son autisme.

Le Ministère de l’Education Nationale s’apprête à publier des décrets sur les modalités de recrutement des enseignants : le  processus est engagé, présentation au CTPMEN du 28 mai, au CSFPE du 12 juin). Cette publication prématurée obèrerait les conclusions futures des groupes de travail qui se réunissent actuellement, ainsi que des travaux et des préconisations de la commission Marois/Filâtre récemment installée. Ainsi l’obligation d’être au moins inscrit en Master 2 pour pouvoir se présenter au concours préjuge de la place des épreuves du concours en interdisant toute épreuve avant le début de l’année de Master 2. Nous dénonçons le passage en force du gouvernement, les méthodes utilisées .

 

 

Les intentions du ministre n’ont jamais été aussi claires : à part la volonté d’humilier encore une fois la communauté universitaire, il s’agit d’imposer une vision purement technique des « masters enseignement » : peu importent le type de formation, les savoirs acquis, etc…, seuls comptent le cadre et l’étiquette accolée au diplôme de Master qui permettront au ministère de recruter des étudiants ayant échoué au concours, mais qui seront titulaires d’un master. Ces armées de précaires rendront à court terme caducs les concours…

 

Avec la suppression programmée des IUFM, l’Etat se désengage de la formation de ses personnels pour la confier aux universités mises en concurrence, conformément aux principes et modalités de la loi LRU, qui entérinent la privatisation de l’enseignement supérieur. L’accord signé par l’Etat avec le Vatican pour la reconnaissance des diplômes délivrés par les universités catholiques est-il en rapport avec ce choix ?

 

Nous refusons avec force des décrets qui définissent à la fois les conditions de candidature aux masters de l’enseignement, celles de l’année de stage mais aussi les mesures transitoires 2009-2011 tout aussi dangereuses :

 

a) Ils nous engagent dans un processus, celui de la « Mastérisation à la sauce Darcos » contre lequel nous nous battons depuis plusieurs mois et qui, une fois engagé, sera très difficile à contrer (l’année bac + 5 à la charge des étudiants, une année de M2 ingérable où il faudra concilier préparation au concours, mémoire de recherche et stages éventuels, la fin de la formation en alternance…). Elle contient toujours les dispositions qui, tout à la fois, mettraient en péril les masters recherche et feraient disparaître les IUFM.

 

b) Le dispositif prévu pour les années dites transitoires 2009-2011 engendrerait de la confusion chez les étudiants et chez les enseignants formateurs.

Quel est le point d’articulation entre des « masters avec un parcours prépa concours » et les masters déjà existants (pro et recherche) ?

Comment choisir entre « Master enseignement » et « Master recherche » ?

Dans quel M2 pourront s’inscrire les étudiants qui échouent au concours ?

 

c) il cumulerait les inconvénients pour les lauréats : exclus de la reconnaissance de leur formation au niveau master, privés de la « revalorisation », privés de formation initiale en IUFM, ils auraient, certains pour la première fois, à prendre en charge des élèves pour 2/3 de leur temps de service (contre 1/3 aujourd’hui).

 

 

C’est pour ces raisons que l’AG  du site 86 de l’IUFM

 

Elle entend poursuivre sa mobilisation contre la réforme de la formation des enseignants :