Paroisse Bienheureux Nicolas Barré

Chemin de Paix

Samedi 17 octobre 2009

 


Voici le texte lu par les accompagnateurs des différents groupes.

Toutes les photos sont ici. Il vous est conseillé de les visualiser

parallèlement à cette lecture pour un cheminement plus concret.




 


Départ de la salle Jean-Paul II, 2 rue Raspail :

La marche que nous commençons est un « Chemin de Paix », mais Sotteville ayant énormément souffert de la guerre, il est normal que ce point soit abordé et c’est pour cela que nos premiers arrêts feront référence à l’histoire de Sotteville.


1 - Parvis de l’église Notre Dame de l’Assomption

C’est autour de cette église (ou plutôt celle qu’elle remplace) que Sotteville est née. Site connu dès l’antiquité car des poteries ont étés retrouvées le long de la voie romaine reliant Rouen à Paris (actuelle rue de Paris passant juste devant l’église).

C’est quelque part par ici que Nicolas Barré a fondé la première école de Sotteville.

Avec la place de la Liberté et la rue de la République que nous évoquerons juste après, c’était ici le centre-ville avant-guerre, très animé et très commerçant.

Inaugurée le 9 mai 1841 la mairie était située perpendiculairement à la façade de l’église. Devant la mairie, la place accueillait le marché chaque jeudi et chaque dimanche (de même qu’aujourd’hui puisqu’il existe depuis 1840).

Quand à l’église actuelle, sa construction date de 1863.

Dans la nuit du 18 au 19 avril 1944, la mairie et l’église ont été anéanties (comme les 70% de Sotteville) par le plus gros bombardement. Cette date est l’une des plus importantes (si ce n’est LA plus importante) de l’histoire de Sotteville.

A la reconstruction, le choix de reconstruire le centre-ville ailleurs a fait que cet endroit ne retrouvera jamais son âme d’antan.

 

2- Place de la Liberté

Ici aussi, nous sommes témoins des ravages de la guerre : difficile de s’imaginer que le carrefour où nous nous trouvons (un peu désert et sans âme) était en plein cœur du centre-ville. La place de la liberté était très animée et très commerçante.

 

3- Monument du 19 avril 1944

Pendant la guerre de 39-45, Sotteville a subi 38 bombardements. Le plus meurtrier fut celui du 19 avril 1944. Ce fut le plus long et le plus effrayant : il dura trois quarts d'heure en pleine nuit. Ceux qui l'ont vécu croient encore entendre le ronronnement des moteurs d'avions, le bruit sourd des bombes qui se transformait en sifflement lorsqu'elles étaient proches... Réfugiés dans les caves plongées dans le noir dès le début du raid, les Sottevillais tremblaient de peur.

La municipalité de Sotteville a érigé ce monument le 19 avril 1994 pour marquer le cinquantenaire de cette nuit terrible où Sotteville fut détruite à 70%.

Ce panneau montre quelques statistiques, des photos, et le témoignage d'une jeune Sottevillaise.

Sur la stèle, quelques lignes gravées nous font prendre conscience de l’endroit où nous nous trouvons : « Ici vous êtes au cœur du vieux Sotteville anéanti pendant la nuit du 18 au 19 avril 1944, il y eut 561 victimes. Les sottevillais se souviennent ».

En effet, ici aussi se trouvait le cœur de Sotteville avant la guerre, en particulier la rue de la République, très vivante et bordée de maisons et commerces, petits artisans, cinéma, deux écoles et l'orphelinat des Soeurs St-Vincent de Paul. Elle commençait au milieu de l’école Michelet actuelle (dans le prolongement de la petite partie subsistante de l’autre côté de la rue L. Salva), traversait toute la longueur de ce qui est devenu l’espace M Lods pour rejoindre la rue Raspail, en face de la rue V. Hugo pour former la place de la République aujourd’hui disparue. Tout a été rasé en trois quarts d’heure (de 0h15 à 1h00).

Un hommage est rendu chaque année aux victimes le 19 avril.

Paradoxalement ces bombardements ont été effectués par nos alliés anglais et américains qui voulaient détruire la gare de triage de Sotteville occupée par les Allemands. Hélas ! le vent soufflant vers la ville, a dévié les fusées éclairantes qui permettaient aux bombardiers de viser… La plupart des bombes tombaient sur la ville et tuaient des civils français.

  

4- Stèle Hommage à Marcel Lods

 

5- Square et stèle Rolland Tafforeau

C'est au pied des immeubles réalisés par M. Lods pour reconstruire Sotteville qu'est inauguré en 2002, le square Roland Tafforeau (maire de la Reconstruction), ainsi que sa statue.

Découverte de la citation de Jean Rostand que Roland Tafforeau a fait sienne : « Tant qu'il y aura des dictatures, je n'aurai pas le cœur à critiquer une démocratie. »

 

6- Rue des Déportés

Il y eut une cinquantaine de déportés à Sotteville, soit pour faits de résistance, soit à la suite de dénonciations. Les noms de certains d'entre eux ont été donnés à des rues de notre ville (par exemple rue André Poirier, rue Claudine Guérin et bien d'autres.)

Dix déportés seulement revinrent des camps de concentration, dans un triste état.

Un hommage national est rendu à tous les déportés de France le dernier dimanche d'avril.

D'autre part, plusieurs Sottevillais furent fusillés pour faits de résistance ou comme otages

On retrouve leurs noms dans certaines rues de la ville : rue Marcel Lechevallier (un otage âgé de 20 ans), rue des Frères Canton, rue René Béchepay, par exemple.

 

7- Bois de la Garenne

Intervention de Vincent : Soyez les bienvenus dans ce morceau de nature en ville ! A l’emplacement de l’actuelle mairie se dressait le château des Marettes. Le bois de la Garenne est tout ce qui subsiste du parc de 28 ha qui l’entourait et qui s’étendait de l’avenue du 14 juillet jusqu’à la rue Garibaldi…

Cet espace est à l’image de notre planète, fragile, avec les 5 éléments essentiels formant son propre écosystème : L’air / l’eau / la terre / la faune et la flore. Ils sont indispensables et indissociables les uns des autres. Si tu veux la Paix : protège la créationComment ? Ayons l’impact le moins négatif possible sur notre environnement. Vivre en respectant au mieux la création de Dieu c’est vivre en Paix avec ma planète !

 

8- Avenue de la Libération

Les Canadiens sont arrivés par là le 31 août 44 et ont passé la journée dans le bois de la Garenne avant d'aller délivrer d'autres communes. La mairie de Sotteville, détruite le 19 avril 44, s'était repliée à l'hospice (actuel Bois-Petit) dont les pensionnaires avaient été évacués. Elle a été libérée par les résistants (FFI=Forces Françaises de l’Intérieur). Par la suite, un  bâtiment de brique fut construit dans la cour de l'hospice et utilisé jusqu'en 1971 où la nouvelle mairie fut inaugurée. Roland Tafforeau avait déclaré que la mairie serait le dernier bâtiment à être reconstruit.

Observation ici de la stèle qui a été érigée en 1995 à l’occasion du 50ème anniversaire de la libération des prisonniers de guerre.

 

9- Rue Sœur Marie de Saint Augustin

Soeur Marie de Saint-Augustin, de la communauté d'Ernemont, exerça au centre de soins infirmiers

de Notre-Dame de Lourdes pendant 65 ans (de 1931 à 1996). Elle dirigea aussi pendant des années un patronage qui accueillait les enfants le jeudi. Lors des bombardements, elle les emmenait dans les grottes avoisinant l'église et les faisait chanter pour qu'ils n'entendent pas le bruit des bombes ! Il ne s’agit pas de la copie de la grotte de Lourdes, mais de grottes (maintenant comblées) qui donnaient dans une carrière à côté de l’église, au niveau de l’actuel Centre d’orientation.

Après le terrible raid du 19 avril 1944, c'est elle qui accueillit les familles et les aida à identifier leurs morts, veillant à trouver des draps pour les ensevelir; Après la guerre, elle sillonna Sotteville en mobylette, puis dans la 2 chevaux Citroën offerte par les paroissiens à l'occasion de ses 50 ans de vie religieuse

(1980). Après une retraite bien méritée en 1996, à l'âge de 87 ans, elle se retira à la communauté d'Ernemont à Rouen où elle est décédée en mars 2000.

Elle était appréciée de tous, et la municipalité l'a nommée membre du Comité des Sages en 1994, lui a offert la grande médaille de la ville lors de son départ, et a donné son nom à cette rue en signe de reconnaissance.

  

10- Rue de la paix

JUS de SALADE

On rêve de communauté où chacun, censément, serait le tout de l'autre.

Non pas comme des pommes sur le pommier où chacune est finalement pour soi et le soleil pour tous.

Ni comme des fruits dans une même corbeille : il y a diversité, mais juxtaposée.

Alors on invente la communauté passée dans la moulinette ou le mixer. Tout y passe en effet... la peau, les pépins. Il en sort un jus uniforme, plein de vitamines. Mais chacun y a perdu de sa personnalité.

C'était, dit-on, le résultat de certains ordres religieux autrefois. C'est peut-être aujourd'hui l'idéal de telle communauté de base où l'on ne sait plus très bien reconnaître laïcs, religieuses, gens mariés, célibataires.

Une solution meilleure ? La salade de fruits. Chacun reste lui-même : poire, pomme, banane, ananas. Et chacun bénéficie du goût propre de l'autre.

Mais à une condition : accepter évangéliquement d'être coupé en quatre, dix ou douze morceaux si l'on est un beau gros fruit. Seuls, les très humbles restent entiers : une cerise, un grain de raisin, une groseille.

"Farandoles et Fariboles"     Jacques Loew     Ed. Fayard

Geste de paix

 

11- La crypte de l'église N.D de Lourdes

Intervention de Monique : La décision de construire une 2ème église à Sotteville fut prise en juin 1914 mais à cause de la guerre la 1ère pierre n'en fut posée qu'en 1916. Dès ce moment il fut décidée de la placer sous le vocable de " Notre Dame de Lourdes, patronne des soldats morts pour la Patrie". Elle fut inaugurée en septembre 1918, deux mois avant l'armistice et les 4 premiers vitraux posés dès décembre de cette même année. En 1919 et 1920 furent installés les 2 triples vitraux et les plaques commémoratives. Au sommet des premiers vitraux figurent les noms de 4 villes qui ont particulièrement souffert de cette guerre : Soissons, Reims, Verdun et Arras.  
Le temps a passé, une autre guerre a eu lieu mais la paix entre les peuples s'est installée et symboliquement c'est à Verdun, là où tant de soldats français et allemands, sont morts, que fut créé en 1990 le Centre mondial de la Paix.

 

12- Eglise Notre Dame de Lourdes

Sur le trottoir, observation du panneau de l’Agglo et de la façade de l’église.

 

13- Rue Victor Basch

Victor Basch était un universitaire français, professeur d'allemand et de philosophie; d'origine hongroise. Président de la ligue des droits de l'homme, il fut assassiné en janvier 1944 à l'âge de 81 ans, avec son épouse Hélène, tout simplement parce qu'ils étaient juifs.

 

14- Avenue Jean Jaurès

Jean Jaurès, brillant professeur de philosophie de l'université de Toulouse, s'engagea très tôt en politique et fut plusieurs fois élu député socialiste. Il exposa ses idées humanistes dans plusieurs journaux : « La Dépêche du Midi » puis « L'Humanité » dont il fut le fondateur et qui devint après sa mort un journal communiste. Il fut assassiné le 31 juillet 1914 pour ses idées pacifistes, quelques jours avant la déclaration de guerre. En 1924 ses restes ont été transférés au Panthéon. Sotteville lui a rendu hommage en donnant son nom à cette avenue et à une école. Un cinéma de l'avenue du 14 juillet (à l'angle de la rue Louis Ruquier, que nous verrons juste après) portait aussi son nom.

   

15- Eglise Saint Vincent de Paul


En 1920, il était nécessaire d’ouvrir un nouveau lieu de culte dans le quartier quatre mares. A cet effet, les Anglais on offert un baraquement qui avait servi de chapelle aux soldats anglais au camp de Madrillet pendant la guerre 14/18. En 1929, cette chapelle provisoire a été déplacée sur des rails pour laisser place à l’église actuelle qui a été construite en 1930 sans clocher. Celui-ci a été ajouté qu’en 1935). Elle aussi a énormément souffert des bombardements de 1943 à 1944.


Intervention de Pierre à l’oratoire :

Il a d'abord demandé pourquoi, à leur avis, on parlait de François d'Assise dans cet endroit en leur suggérant de regarder les murs où était accroché le panneau représentant François.
On a aussi parlé du 27 octobre 1986 où Jean Paul II a organisé sur le parvis de la basilique Saint François à Assise une prière inter religieuse pour la paix, réunissant la majeure partie des responsables religieux du monde. Depuis, chaque année, à la même date, des manifestations similaires ont lieu un peu partout dans le monde.
Ensuite, il a demandé s'ils connaisaient François, à quelle période il vivait, où se trouve Assise, ce qu'il a fait de remarquable, ce qui reste de lui aujourd'hui (les ordres religieux qu'il a créés ou suscités).
Puis, les participants étaient invités à s'exprimer sur les causes de conflits, tant dans la vie privée que publique.
Ensuite, quelles sont les attitudes qui favorisent la paix et comment François correspondait à ce profil : on l'appelait le "petit pauvre", il a appelé son ordre "l'ordre des frères mineurs", dans son ordre, on acceptait une responsabilité pour 3 ans renouvelables une fois avant de redevenir simple religieux. C'est toujours vrai aujourd'hui. Ce genre d'attitude favorise l'humilité, donc la paix.
Pour terminer, la prière pour la paix était distribuée à chacun et récitée en commun.

Prière dite « pour la paix », attribuée à François :

 Seigneur, fais de moi un instrument de la paix,

 

Là où il y a la haine, que je mette l'Amour,

Là où il y a l'offense, que je mette le pardon,

Là où il y a la discorde, que je mette l'union,

Là où il y a l'erreur, que je mette la vérité,

Là où il y a le doute, que je mette la foi,

Là où il y a le désespoir, que je mette l'espérance,

Là où il y a les ténèbres, que je mette la lumière,

Là où il y a la tristesse, que je mette la joie.

 

O Maître, que je ne cherche pas tant

A être consolé...qu'à consoler

A être compris...qu'à comprendre

A être aimé...qu'à aimer.

 

Car,

C'est en donnant...qu'on reçoit

C'est en s'oubliant...qu'on trouve

C'est en pardonnant...qu'on est pardonné

C'est en mourant...qu'on ressuscite à l'éternelle vie.

 

16- Arrivée à l’église N.D. de l’Assomption

- Goûter pour accueillir les groupes qui ont parcouru le Chemin de Paix ainsi que les enfants qui ont fait aussi leur Chemin de Paix.

- Célébration pour tous à 17h00