Bac pro : Darcos peut-il calmer le jeu ?

Mardi 11, le ministre de l'éducation nationale a semé le chaud et le froid. Le froid parce qu'il a confirmé sa volonté d'imposer le bac pro en 3 ans. Le chaud car il a justifié la mesure en promettant que son seul souci était d'améliorer l'accès au bac et il a admis que le dispositif en 4 ans pourrait demeurer "dans certaines filières". C'est que le même jour le ministre recevait les sommations d'une intersyndicale lui demandant de négocier cette réforme.

 

Parallèlement un mouvement se dessine dans les LP. Les lycéens ont ouvert la voie par des manifestations parfois violentes. L'UNL reconnaît que "la possibilité d'un Bac Pro en 3 ans peut être intéressante" mais est contre la généralisation. "Qu'en sera-t-il des élèves pour lesquels une formation en 4 ans sans redoublement est nécessaire pour arriver au Bac pro ?... Sera-t-il encore possible de préparer un BEP d'une filière et de s'orienter vers un Bac pro d'une autre filière ? … Pouvons-nous espérer qu'avec votre réforme tous les titulaires de ce diplôme souhaitant continuer leurs études le pourront ?."

 

Maintenant, les lycéens sont en passe d'être rejoints par des enseignants.  Entre le 18 et le 20 décembre, plusieurs académies annoncent des mouvements. Ainsi,par exemple, à Lille, le 20, la Cgt, la Fsu, FO, le Snetaa, Sud, et la CNT appellent à la grève. Ils dénoncent "le coup de force ministériel" et craignent "le renforcement du pouvoir décisionnel de la région". Pour mieux  comprendre ce mouvement , le Café a demandé à trois professeurs de lycée professionnel d'expliquer leur opposition. "Il n'y a aucune réflexion par exemple sur le devenir de ces élèves post Bac, ni sur les programmes, ni sur l'évaluation, ni sur une approche pédagogique innovante et le soupçon de vouloir faire des économies est très probable. Aucune consultation des gens de terrain (nous !). Bref tout est bâclé… Etc ... car c'est urgent !" nous disent-ils.

 

Alors Darcos peut-il répondre positivement aux critiques ? Deux revendications semblent émerger. La première concerne l'impréparation des programmes : la réforme est lancée avant même que des programmes soient prêts. Déjà en2005, l'inspecteur général Didier Prat avait souligné que cette impréparation était cause d'échec. Le ministère répond  à cette critique en mettant en circulation un projet de programmes. Il n'apporte pas de réponses  à l'autre interrogation qui taraude les lycées : celle du devenir des élèves trop faibles en  2de professionnelle pour espérer atteindre le bac sur trois ans. Cette exigence de justice mérite pourtant réponse.  

Lire les réponses des enseignants sur le Café

Communiqué UNL

Pour suivre le mouvement des LP

Le dossier de presse du ministère