Région - Saverne
Pour la survie du
lycée de Sarre-Union
Trois cents
personnes ont manifesté hier matin, à Saverne, pour
protester contre la réforme des filières
professionnelles. Elle met en péril, à court terme, la
vie du lycée Georges-Imbert de Sarre-Union. Trois sections pro
y seraient supprimées sur les huit existantes.
Lycéens,
enseignants, parents d'élèves, élus d'Alsace
Bossue, syndicalistes ont fait entendre leurs voix dans les rues.
Auprès, aussi, d'Émile Blessig. Le député
a reçu quatre profs dans sa permanence. Il mettra bientôt
sur pied une commission de travail, laquelle réunira élus,
enseignants et chefs d'entreprises.
Sarre-Union était
descendue à Saverne, là où siègent « les
autorités de l'État ». Portes closes
obligent, les manifestants ont ainsi glissé 1 500 pétitions
dans la boîte aux lettres de la sous-préfecture.
Prochaine
étape : le 18 décembre. A l'issue du comité
technique paritaire académique, Gérald Chaix, recteur,
annoncera s'il maintient ou non les formations et leur
diversité.J.Del.
© Dernières Nouvelles d'Alsace - 9.12.2007
Sarre-Union -
Sarre-Union / Filières professionnelles en sursis au lycée
Imbert
Le souffle
d'une communauté
Comme une impression
de déjà vu. C'était il y a dix mois, mais pas au
même endroit. Lycéens, enseignants, parents d'élèves
et syndicalistes de Georges-Imbert, soutenus par les élus
d'Alsace Bossue, se retrouvaient à Sarre-Union pour manifester
contre la menace qui pesait alors sur le BEP MPMI (Métiers de
la production mécanique informatisée), depuis
disparu.
Hier matin, rebelote pour une marche de
protestation, mais à Saverne cette fois-ci. Car il en va,
aujourd'hui, de la survie du lycée Georges-Imbert. Alors, tous
ont répondu présents « pour secouer le
cocotier ». C'est toute une communauté qui est
mobilisée pour maintenir vivantes les sections pro en voie de
suppression. « Sinon, c'est tout le monde qui sera
perdant », lance, porte-voix en main, Bénédicte
Herrgott, déléguée SNES-FSU et prof de sciences
économiques et sociales. « Cette lutte dépasse
l'environnement de l'établissement, c'est tout l'équilibre
du milieu rural qui est en jeu. »
La plupart des
manifestants est parti de Sarre-Union à 9 h 30. Dans
un bus, avec à son bord une cinquantaine d'élèves
et quelques profs pour chauffer les voix. En convoi de voitures pour
les parents et les élus. Rendez-vous devant la gare, à
Saverne, « pour rencontrer les autorités de l'État
et montrer ce qui se passe ailleurs. » L'Union locale CGT
est représentée, mais peu de lycéens savernois à
l'horizon.
« Je vous
confie
les rues de la ville »
Ils sont ainsi
près de trois cents au départ de la marche. Et
un invité surprise : le maire de Saverne. Thierry
Carbiener est venu les soutenir. Sans son écharpe, pour éviter
toute récupération politique. « Je vous
confie les rues de la ville, prenez-en soin, bonne promenade. »
Le
climat est, certes, frisquet ; mais, il ne pleut pas. Les
premiers chants retentissent, ils se mêlent à l'ambiance
du Téléthon. Premier arrêt, rue de la Gare,
devant la porte d'entrée de la permanence d'Émile
Blessig. Pendant que le député reçoit quatre
enseignants, les lycéens donnent de la voix : « Blessig,
si t'es champion, maintiens nos formations. » En tête
du cortège, ils n'attendent pas la fin de l'entrevue et
repartent au combat.
Remontée vers la Grand'rue en
direction des « autorités de l'État ».
En guise de symbole, les manifestants stoppent leur marche en avant
devant le tribunal, puis à hauteur de la sous-préfecture.
Ils trouvent grille et volets clos. Ils s'y attendaient en ce samedi
matin. Mille cinq cents pétitions sont donc déposées
dans la boîte aux lettres de la sous-préfecture.
Émile
Blessig, député,
mettra bientôt en place
une
commission de travail
A ce moment,
les quatre enseignants écoutés pendant une demi-heure
par le député réintègrent le cortège.
« L'entretien a été très positif »,
confie Audrey Wilhelm, enseignante en histoire et géographie.
« Il est conscient des enjeux pour l'Alsace Bossue. »
Émile Blessig mettra bientôt en place une commission de
travail. Elle réunira élus, enseignants, chefs
d'entreprises...
Après une heure et demie de marche,
les trois cents manifestants sont à nouveau accueillis par le
maire de Saverne. Une seconde rencontre improvisée. Avec
boissons et bretzels, cette fois-ci, au château.
Le
combat continue. Prochaine étape, cruciale : le 18
décembre, lors du comité technique paritaire
académique. Le Recteur tranchera sur le devenir des filières
professionnelles au lycée Georges-Imbert. Toute une communauté
de vie retient son souffle. Voir aussi en pages Région.
Julien Delattre
© Dernières Nouvelles d'Alsace - 9.12.2007
Sarre-Union
Des
passerelles et des qualifications
La réforme de
l'enseignement technique repose sur le principe généralement
admis de nos jours, que le niveau d'insertion des élèves
est au minimum le niveau 4, c'est à dire le niveau
baccalauréat.
Cela ne veut pas dire que celui ou
celle qui ne poussera pas jusqu'à ce diplôme de fin
d'études secondaires sera débarqué sans aucune
qualification.
L'élève peut espérer
décrocher le bac en trois ans après le collège,
contre quatre aujourd'hui. Si, en cours d'études, il ne se
sent pas en mesure de poursuivre, il pourra quitter l'école
après la classe de Première avec en poche un BEP. Ce
brevet ne fait plus partie du cursus que proposeront les lycées
mais restera un niveau de qualification reconnu.
Par
ailleurs, sera maintenu au lycée de Sarre-Union la formation
conduisant au CAP Serrurier metallier en deux ans. Il concerne
essentiellement les élèves issus de Troisième
Segpa. Le système des passerelles entre les formations devrait
là jouer en faveur des scolaires qui décident, après
l'obtention du CAP, de poursuivre. Ceux-là pourront intégrer
alors en classe de Première, une filière qui aboutit au
bac professionnel .
Les participants au conseil
d'administration extraordinaire (DNA d'hier) présidé
par le recteur vendredi ont estimé que la soirée avait
été fructueuse, très intéressante, aura
permis d'avancer et s'avérait indispensable.
Le
dialogue s'est instauré entre les acteurs locaux et les
fonctionnaires du rectorat. Il convient à présent de
garder le contact pour faire avancer un dossier qui reste suspendu au
financement d'une offre de formation satisfaisante. Là ce
sera à la Région, le financeur, de prendre en
considérations les spécificité locales. A
suivre...
© Dernières Nouvelles d'Alsace - 9.12.2007