Manifeste pour un service public du téléchargement (projet)


Il y a deux ans, à l'issue du débat sur la loi Dadvsi, l'alternative portée par de nombreux artistes et usagers de l'Internet et connue notamment sous le nom de « licence globale » était écarté par les députés. A l'époque, sur proposition des parlementaires communistes, le principe de création d'une plate-forme publique de téléchargement était adoptée par le Parlement avant de tomber depuis dans les oubliettes. Alors que les préconisations rendues publiques ces derniers jours par la commission Olivennes s'inscrivent, comme on pouvait s'y attendre, dans le droit fil de l'esprit de la Loi Dadvsi, nous jugeons qu'il est urgent de remettre en débat une véritable alternative à cette vision passéiste et marchande de l'Internet et de l'échange de bien culturel.


Reprenant à notre compte la proposition de mise en place d'une plate-forme publique de téléchargement, nous entendons en tracer les contours et mettre dans le débat public de cette proposition entre les artistes, les usagers de l'Internet, les acteurs du monde de la culture, les citoyens et élus de la représentation nationale.


Nous proposons qu'un travail soit engagé avec tous ces partenaires afin que ce projet puisse faire l'objet d'une proposition de Loi au Parlement.

Les principes que nous défendons

Nous sommes animés des principes suivants :


Nous proposons

Pour ces raisons, nous faisons la proposition de la création d'un véritable service public de la diffusion numérique des oeuvres musicales. Nous concevons ce service comme devant être de nature à :



Ces dispositions seront mise en oeuvre sur l'ensemble du territoire national, ces services étant réservés exclusivement aux citoyens et résidents sur le sol français.

Financement et fonctionnement

Considérant que dans un univers numérique le paiement à l'acte n'a plus aucun sens, le financement de la plate-forme publique et de oeuvres diffusées sera réalisé à partir de 4 principales ressources :



Si le marché est en échec à faire vivre la diversité musicale, à assurer une rémunération digne des artistes et à permettre de nouvelles formes de socialisation des savoirs, de la culture, des arts, ce projet ne s'inscrit pas dans une logique d'Etatitsation de la culture. La plate-forme publique de téléchargement est un service public dont le fonctionnement devra associer dans des conditions à définir dans la plus grande concertatation : les artistes et auteurs notamment au travers des organisations qui assurent la gestion collective de leur droits, les usagers de ce service (volontaires et bénévoles et le cas échéant désigné par vote démocratique su rla plate-forme elle-même) et la représentation nationale.


Dans le prolongement du débat national qui s'est tenu les 16 novembre dernier (Quelle place du savoir dans la société et l'émancipation de chacun-e"), nous appelons à un travail commun, à partir de cette proposition et de toute autre initiative convergente, celles et ceux qui se retrouvent dans cette démarche et qui entendent construire une alternative au modèle de société de la culture à péage.

La commission "Révolutions numériques" du PCF - ntic@pcf.fr