Peuples du Ladakh
En se basant sur l’étude linguistique et l’origine des peuples on peut distinguer deux groupes importants : un groupe linguistique indo-européens de types aryens (les dardes) et un groupe linguistique originaire de différents dialectes tibétains de types mongoloïdes (tibétains, ladakhis, baltis)
Les Dardes
Ils sont divisés en deux groupes : les dardes bouddhistes (brogpas) et les dardes musulmans. L’arrivée des dardes remontent à environ 2000 ans avant J.C. Leur légende raconte que trois frères sont arrivés sur l’emplacement actuel de cette population. Ils auraient par inadvertance fait tomber quelques grains d’orge. Revenant l’année suivante, ils ont constaté que la terre était fertile et ils s’y installèrent.
De traditions animistes, ils adoptent, à la fin du XIXe siècle, soit le Bouddhisme pour certains ou l’Islam pour d’autres, selon la région géographique où ils se trouvent.
Les brogpas se définissent eux-mêmes comme peuple de "race" aryenne et se distinguent aujourd’hui par une tenue vestimentaire et des pratiques religieuses bien différentes des autres bouddhistes. Ils ont en horreur tout ce qui touche à la vache, ne boivent pas sont lait, ne consomment pas de poulet, mange de la viande (chèvre) et pratique pour des occasions spécifiques le sacrifice animal dans le respect de leur tradition. Le sacrifice animal étant abolis seulement depuis 1960 par le Bakula Rimpoche. Nous trouvons les brogpas, gens des alpages, et les dardes musulmans en direction des villes occidentales de Kargil, Suru et Dras et dans des villages, le long de la route qui relie Leh à la vallée du Cachemire (Dah et Hanu).
Les dardes musulmans sont répartis dans les vallées, sous contrôle pakistanais, et pratique un Islam mélangé à leurs coutumes antérieurs.
Les Baltis, Ladakhis chiites
Les baltis sont d’anciens bouddhistes convertis à l’Islam depuis le XVe siècle. Ils habitent à Dras, Kargil, vallée de la Suru et un village à quelques
kilomètres de Leh, Chushot. Ils pratiquent un Islam pur et dur, refusent tout contact avec les bouddhistes et même les musulmans sunnites.
Les Ladakhis bouddhistes
Sous l’appellation ladakhis nous trouvons les habitants des vallées de la Nubra, du Zanskar, des plateaux du Chang Tang et du Rupshu ainsi que tout le long de la vallée de l’Indus. Ils sont bouddhistes de toutes les écoles.
- Les nubrapas (habitants de la Nubra) sont éleveurs cultivateurs. Cette vallée est très fertile du fait de sa basse altitude (3000/3500 m). Ils cultivent l’abricotier, l’orge, le blé ; nous trouvons dans toute la vallée des argousiers (fruit très riche en vitamine C), peupliers et saules pour la construction des maisons. Du fait de la proximité avec la zone contrôlée par le Pakistan, beaucoup de musulmans sont installés dans la Nubra. A Diskit se trouve une école mixte (bouddhistes et musulmans).
- Les zanskarpas (habitants du Zanskar) ont vécu encore il y a peu de temps à l’abri d’influence extérieure. Cette vallée se trouve cernée de barrières montagneuses difficiles à franchir. La population est concentrée dans la grande plaine où la Doda et la Lungnak forme la rivière Zanskar. Les zanskarpas maîtrisent à la perfection l’irrigation et la culture en terrasse (blé, orge) et pratique l’élevage de chèvres, yaks et "dzos". Leur vallée étant inaccessible par les routes et les cols en hiver, les zanskarpas vivent en total autarcie pendant 8 mois, le seul accès d’entrer et de sortie c’est la rivière (la Zanskar ou Chadar) suffisamment gelée quelques jours en février : ils peuvent ainsi se rendre à Leh.
- Les changpas (habitants du Chang Tang) sont éleveurs nomades. A cause des hivers rudes, parfois jusqu’à moins 40° C, ils se regroupent dans des villages d’hiver : Nyama, Hanle, Hrasondu. Du point de vue de l’ethnologue les changpas sont plus proche des nomades tibétains que des ladakhis.
Les réfugiés tibétains
L’annexion de la Chine sur le Tibet et la révolte de Lhassa le 10 mars 1959 ont entraîné l’exode de milliers de tibétains en Inde. Ils se sont installés soit dans les parties tropicales de l’Inde ou au Ladakh. Petit à petit, ils se sont organisés en coopératives agricoles, développé l’artisanat et construit des monastères. Actuellement l’un des centres de réfugiés tibétains le plus important se trouve à une dizaine de kilomètres de Leh, à Choglamsar.
Source : Terres d'Aventure