15/11/06
COLOMBO - Un responsable des Nations unies a accusé lundi les forces de sécurité du Sri Lanka de recruter des enfants soldats pour le compte d'un groupe paramilitaire qui combat avec lui les rebelles tamouls.
C'est la première fois que les Nations unies accusent de la sorte le gouvernement de Colombo.
Le conseiller spécial du représentant des Nations unies pour les enfants et les conflits armés, Allan Rock, a indiqué à des journalistes détenir des preuves de l'implication directe de soldats sri-lankais dans l'enrôlement d'enfants pour un groupe paramilitaire.
"Les forces de sécurité sri-lankaises raflent des enfants pour qu'ils soient recrutés par la faction (paramilitaire) Karuna", a assuré M. Rock, au terme de dix jours de mission au Sri Lanka.
"La complicité des forces de sécurité avec le groupe Karuna est bien connue", a-t-il encore accusé.
La faction Karuna est un groupe tamoul dissident des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) que ces derniers accusent de collaborer avec l'armée sri-lankaise.
Les Tigres sont eux-mêmes depuis longtemps suspectés de recruter des enfants soldats pour leur insurrection à visée autonomiste dans le nord-est du Sri-Lanka.
M. Rock a précisé que des soldats gouvernementaux se rendaient dans des villages tamouls pour y photographier des enfants qui étaient ensuite enrôlés de force par le groupe Karuna allié aux militaires dans l'est du Sri Lanka.
La question a été soulevée lundi auprès du président sri-lankais Mahinda Rajapakse qui a promis une enquête "immédiate", a dit M. Rock.
La violence a repris de plus belle depuis la semaine dernière au Sri Lanka après l'échec cuisant de pourparlers de paix à Genève fin octobre.
Les LTTE et le gouvernement ne sont pas parvenus en Suisse à trouver un règlement pacifique à trois décennies de conflit.
Les Tigres tamouls se battent pour l'autonomie du nord-est du Sri Lanka, pays de 21 millions d'habitants dont 75% sont des Cinghalais.
Depuis le début de l'insurrection tamoule en 1972, au moins 60.000 civils et militaires ont été tués dans le conflit dont quelque 3.300 personnes depuis le début 2006.
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