L'élection présidentielle au Sri Lanka a été largement boycottée par les Tamouls |

LEMONDE.FR | 17.11.05 |

 

Les bureaux de vote ont fermé, jeudi 17 novembre 2005, au Sri Lanka à l'issue d'un scrutin présidentiel marqué par des violences et un boycott de la minorité tamoule. Deux personnes ont été tuées et dix-sept autres blessées dans l'explosion d'une bombe et dans diverses attaques contre des bureaux de vote dans le nord-est du pays.


 
C'est le district de Batticaloa, majoritairement peuplé par la minorité tamoule, qui a connu le plus de violences : deux hommes, soupçonnés d'appartenir au mouvement séparatiste des Tigres de libération de l'Eelam tamoul (LTTE) ont été tués par l'explosion prématurée d'une bombe dans une maison de Pandirippu, explosion qui a aussi blessé sept personnes ; deux femmes et cinq hommes ont été blessés lors de l'attaque d'un bureau de vote de Chenkaladi ; trois personnes ont été blessées lors d'une attaque à l'extérieur d'un autre bureau de vote. Mercredi 16 novembre déjà, la veille du scrutin, sept personnes avaient été tuées dans l'est du pays, en dépit du placement en état d'alerte de la police et des forces de sécurité. Dans le reste du pays, la situation était calme.


PEU D'ESPOIR CÔTÉ TAMOUL


La minorité tamoule, même si elle ne représente qu'environ 650 000 électeurs, aurait pu jouer les arbitres en cas de résultats serrés. Mais des responsables de la commission électorale ont indiqué qu'ils se sont très largement abstenus dans le nord et le nord-est de l'île – contrôlés en partie par les Tigres de libération de l'Eelam tamoul.


Environ 13,3 millions d'électeurs étaient appelés à voter pour désigner un successeur à la présidente Chandrika Kumaratunga. Treize candidats sont en lice, dont le premier ministre, Mahinda Rajapakse, et le chef de l'opposition, Ranil Wickremesinghe. Les Tigres s'étaient engagés à n'exercer aucune pression pour favoriser tel ou tel candidat, mais ont dit nourrir peu d'espoir sur la nature et l'issue du scrutin. "Ils utilisent tous les deux la question tamoule à des fins politiciennes", avait estimé le responsable de l'aile politique des LTTE, M. Thamilselvan.


Plus de 60 000 personnes sont mortes dans le conflit engagé il y a plus de trente ans entre les LTTE et le pouvoir. En dépit d'une trêve conclue en février 2002, plus de 190 personnes ont été tuées depuis le début de l'année, selon l'équipe scandinave chargée de contrôler l'application du cessez-le-feu.

 


 
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