PLAN (cliquez sur le lien)
La vie politique... EN ANGLETERRE : Elisabeth
La vie politique... EN ESPAGNE : Philippe II
La vie culturelle : Montaigne, Cervantes, Shakespeare
La reprise, puis la fin, des guerres contre les Habsbourg
Le renforcement de l’absolutisme
La lutte contre le protestantisme
Diane de Poitiers
Jeanne d’Albret
La mort d’Henri II et sa succession
1559 – 1560 : François II, Marie Stuart, & les Guise
La conjuration d’Amboise
Les états généraux d’Orléans
Louis Ier , prince de Condé
(1530-1569) Il adhéra au calvinisme, plus par ambition politique et par haine des Guises que par conviction, et participa à la conjuration d'Amboise (1560). Il fut assassiné au soir de la bataille de Jarnac.
Père du Prince de Condé (cousin d’Henri de Navarre) et arrière gd-père du « Grand Condé » du 17ème.
La mort de François II
La mort de François II va changer la donne : Catherine de Médicis reprend le pouvoir, elle mène avec Michel de l’Hospital une politique de conciliation, elle écarte les Guise du pouvoir, fait des concessions aux protestants.
A partir de ce moment, les Guise se défient du pouvoir royal et vont œuvrer à un changement dynastique en leur faveur. De leur côté, les protestants aussi aspirent à un changement dynastique en faveur des Bourbons. Les guerres de Religions se font avec un arrière-plan politique majeur.
1560 – 1575 : Catherine de MÉDICIS & Charles IX
Catherine de Médicis
Charles IX
Michel de L'Hospital
1562 : début des guerres de Religion en France
première guerre
Paix d’Amboise
2ème guerre
1568 : Paix de Longjumeau
1570 : paix de St Germain
Mariage d’Henri et Marguerite
Coligny
24 août 1572 : la Saint-Barthélemy
Réactions
La mort de Charles IX
Les Duc de Guise
Henri III
La fin de Catherine de Médicis
1576 – 84 : l’Edit de Beaulieu et, en réaction : la Ligue
1576 : l’Edit de Beaulieu
Malgré la reprise des combats, Henri III poursuit la politique de conciliation de sa mère. En 1576, il proclame l’édit de Beaulieu : les huguenots obtiennent des avantages comme ils n’en avaient encore jamais acquit : le libre exercice de leur culte (sauf à Paris), des places de sûreté et des sièges aux parlements (tribunaux). La Saint-Barthélemy est désavouée.
La Sainte Ligue catholique
Les catholiques, mécontents, constituèrent alors la Sainte Ligue catholique sous la direction d'Henri de Guise dit «le Balafré». En fait, la Ligue était dirigée autant contre le roi que contre les protestants, Henri de Guise cherchant à prendre le pouvoir et assurer le trône de France à la maison de Lorraine. Devant le danger, Henri III prit la tête de la Ligue pour la neutraliser. Dans cette perspective, il aurait fallu un roi fort et respecté ; Henri III ne l'était point. Intelligent, élégant, cultivé, le roi manquait de caractère. De plus les Ligueurs avaient le soutien du Pape et de Philippe II.
Les assassinats du Duc de Guise et d’Henri III
1584 : la mort du duc d'Alençon relance la crise
Nouvelle guerre
Le roi était incapable de se faire obéir ou d’imposer quoi que ce soit aux partis en lutte. Le pouvoir royal était au plus bas et nombreux voyaient déjà sa fin. Le cri de la Ligue devint : « Sus au roi ! » et partout on l’accuse de favoriser Henri de Navarre.
1588 : le roi fait assassiner le duc de Guise
1589 : Jacques Clément assassine le roi
Le résultat des guerres
Les Bourbons
Famille du XIème s. En 1279, Béatrix de Bourbon se marie avec le 6ème fils de St Louis. La branche aînée des Bourbons disparaît en 1527 avec le Connétable de Bourbon. Le cadet, devenu maître de toute la maison des Bourbons est le grand-père d’Henri.
Les descendant d’Henri IV régneront en France jusqu’à la Révolution puis à la Restauration (Charles X), en Espagne, à Naples et à Parme.
Quand cette branche aînée disparaît (1883), la branche cadette des Bourbons : la famille d’Orléans issue de Philippe d’Orléans (frère de Louis XIV) devient maîtresse de la Maison de France. Elle règnera avec Louis-Philippe.
La branche d’Espagne est issue du petit-fils de Louis XIV monté sur le trône en 1700. Elle retrouve le pouvoir après Franco et règne encore.
Henri de Bourbon
Henri de Navarre, chef du parti protestant - Paix de Beaulieu
1589 – 98 : la conquête du royaume
1589 : la conquête militaire
Gabrielle d’Estrées
La Ligue impuissante à s’imposer
1593 : « Paris vaut bien une messe »
1594 : début du règne effectif
1598 : l’édit de Nantes
Échec définitif de l’Espagne
Le « second règne »
Restauration du pouvoir royal ; plus de monarchie absolue
Une politique extérieure clarifiée
Marie de Médicis : mariage catholique et succession
Sully
« Fortune de France » : le redressement du royaume
Un pouvoir fragile
La guerre avec les Habsbourg
14 mai 1610 : l'assassinat
1558 – 1603 : Elisabeth 1ère
Héritière en 3ème position
Enfant illégitime
1547-1553 : règne d'Édouard VI
1553-1558 : le règne de Marie Tudor
1558 : l’accession au trône
Le célibat, instrument politique
La «Reine vierge»
Le culte élisabéthain
1576-1588 : les années de paix, de prospérité, et d'autorité
Le compromis religieux
Le Conseil maîtrisé
Le renouveau anglais
Doutes et défiance protestants
La politique étrangère d'Élisabeth 1ère
Marie Stuart
1588 : l’Angleterre gagne la maîtrise des mers
Échec de l’Invincible Armada.
1588-1603 : une fin de règne tourmentée
Elisabeth impopulaire…
… malgré la prospérité
Fin de la dynastie Tudor : avènement des Stuarts
Lorsqu'elle mourut sans enfants, le 24 mars 1603, la couronne passa aux Stuarts, descendants des Tudor par les femmes. Jacques VI d'Écosse fut appelé au trône. L'ordre naturel était rétabli. La dynastie Tudor avait vécu, mais Élisabeth, bientôt idéalisée par les déçus du règne de Jacques Ier, entrait dans la légende.
Philippe II
Les guerres contre la France
1559 : paix de Cateau-Cambrésis avec la France. François Ier a perdu. Hégémonie politique et militaire de Philippe II.
1560-80 : guerres contre les Turcs
1571 : la bataille de Lépante : Bataille de galères. Cette victoire donne un coup d’arrêt à l’expansion turque.
Les guerres contre l’Angleterre, 1565-1600 :
Les Anglais, qui veulent profiter des richesses du Nouveau Monde intensifie les guerres contre l’Esp pour réduire son hégémonie :
-en Atlantique, les corsaires (Drake) :
-au Pays-Bas : Ang soutient la révolte
-en Amérique : incursions anglaises
1588 : défaite de l’Invincible Armada
Baisse de la puissance de la France => Le conflit Esp / Ang se déplace en mer du Nord.
Face à l’agressivité anglaise, Philippe II veut prendre la maîtrise de la Manche et décide d’envahir l’Ang. Échec à cause de la tempête : défaite de L’Invincible Armada. Poursuivie par les corsaires. Elle perd 65 navires sur 130, et des milliers d’hommes.
ð Esp se reconcentre sur la protection de ses routes maritimes en Atlantique et sur la fortification de ses ports en Am. C’est la fin de la domination maritime espagnole et le début de la domination britannique.
1580 : Philippe II envahit le Portugal
1584 : construction de l’Escurial.
LA VIE POLITIQUE… Ailleurs, en Europe et dans le monde
Aux Pays-Bas
Au Portugal
En Russie : Ivan IV Le Terrible (1533 – 84)
LA VIE QUOTIDIENNE & CULTURELLE
1555 : les Prophéties de Nostradamus
Michel de Nostre Dame (Saint-Rémy-de-Provence, 1503 — Salon, 1566) passe son enfance entre ses grands-pères, tous deux médecins, et c'est également la médecine qu'il choisira d'étudier à Montpellier, dans l'université la plus cotée d'Europe. En 1523, lorsque la peste décime le Languedoc, le jeune médecin, parcourant la région, se dévoue et dispense ses soins avec prodigalité. Puis il décide d'ouvrir un cabinet à Agen, se marie et noue d'excellentes relations avec l'un des plus grands savants d'alors, Jules César Scaliger. Quelques années passent, pendant lesquelles on peut croire que Nostre-Dame vit heureux. Après la mort de sa femme et de ses enfants, emportés par une nouvelle épidémie de peste, il commence un périple qui l'aurait, dit-on, conduit jusqu'en Égypte. C'est alors que se seraient déclarés ses dons de voyance: rencontrant un moine sur son chemin, il tombe à genoux et reconnaît en lui le futur pape Sixte V.
À son retour à Salon (1546), où il se remarie (1548), s'il exerce encore avec succès la médecine, il pratique surtout, comme son grand-père maternel, l'astrologie. En 1550 paraît son premier almanach ; il compose parallèlement un Traité des fardements (1552), dans lequel on trouve pêle-mêle conseils de beauté et recettes de bonne femme, à la manière des médecins du temps. Le coup de génie viendra avec les Centuries astrologiques, qu'il écrit, de son propre aveu, dans un état de «fureur poétique». Il s'en expliquera dans une lettre à son fils César: il n'a composé son livre qu' «à partir de ce que la divine essence [lui] a donné à savoir grâce au mouvement des astres». De même, il donne à son fils la raison pour laquelle il a été si obscur: «Bien des fois, depuis longtemps, j'ai prédit très à l'avance ce qui est arrivé depuis, événements heureux ou malheureux, annoncés par moi avec une promptitude instantanée, et qui se sont produits depuis dans les divers pays du monde. Cependant, je n'ai pas voulu, à cause des persécutions qui pourraient m'advenir, écrire clairement des événements que je prévois pour le futur; en effet, les royaumes et les religions subiront des bouleversements d'une telle ampleur que si je venais à l'annoncer dès à présent, ceux des divers partis, religions et croyances en seraient offusqués et condamneraient ce qu'ils ne réussiront point à empêcher.»
Ces Centuries astrologiques, il les publie à Lyon en 1555 sous le titre les Prophéties. L'ouvrage connaît un succès considérable. L'année suivante, au mois de juillet, Catherine de Médicis, passionnée par l'occultisme, l'appelle à la Cour afin qu'il dresse l'horoscope de ses fils. Les astres annoncent que trois d'entre eux régneront. Prédiction étonnamment juste: les trois garçons porteront tour à tour la couronne, sous les noms de François II, Charles IX (Nostradamus deviendra son astrologue et son médecin attitré) et Henri IV Revenu à Salon, Nostradamus apprend la mort de leur père, le roi Henri II. Nouveau succès: le prophète de Salon n'a-t-il pas prévu cet événement, et jusqu'aux circonstances dans lesquelles il surviendra? Le Lyon jeune, le vieux surmontera / En champ bellique par singulier duelle: / Dans cage d'or les yeux lui crèvera / Deux classes une, puis mourir, mort cruelle.
Contre toute attente, Henri II meurt en effet dans un tournoi : son adversaire a transpercé de sa lance l'œil droit et le cerveau du roi.
1564 : en France, le nouvel an passe au 1er janvier
(jusque là c’était à Pâques)
L’écrit
L’instruction des filles
1574 : création du 1er établissement scolaire pour filles par des religieuses à Avignon. Mais l’instruction des femmes se fera vraiment au 17ème.
Les guerres de Religion en Europe
- en Allemagne : 1522 - 55
- en France : 1562 - 1598
- aux Pays-Bas : 1568 -1609
Les solutions aux conflits :
- en Allemagne : les sujets doivent adopter la religion de leur prince
- en France : Edit de Nantes (« tolérance »)
- aux Pays-Bas : culte catholique public interdit
- en Italie et Espagne : protestants persécutés par Inquisition
- en Pologne : catholique, mais tolérance envers protestants
Thérèse d’Avila
1567 à 82 : elle réforme l’ordre des Carmélites et fonde une quinzaine de monastères.
Elle écrit son itinéraire mystique : Le château intérieur et Le chemin de la perfection.
Thérèse est originaire d'une vieille famille de Tolède juive convertie au christianisme. Très tôt, elle perd sa mère et est élevée au couvent des Augustines à Ávila. En 1536, elle entre au couvent de Carmélites et y mène une vie sans grande ferveur religieuse. Mais un jour de 1542, alors qu'elle prie devant une statue du Christ flagellé, Thérèse entre dans une conversion qui l’engager dans la voie de la mystique.
L'ordre des Carmes : fondé au Allemagne siècle par des ermites vivant au mont Carmel, dans le royaume franc de Jérusalem.
1450 : l'ordre des Carmélites. Elles sont cloîtrées, alors que les Carmes ne le sont pas.
1562, Thérèse fonde à Avila un couvent où la règle primitive des Carmélites soit de nouveau strictement observée: une vie rude consacrée à la contemplation de Dieu. Elle participe ainsi au vaste courant de réformes issu du concile de Trente (1545-1563) qui secoue alors le monde chrétien.
Durant cette période, elle écrit sa première œuvre littéraire: le Chemin de la perfection (1583).
De 1567 à sa mort, Thérèse consacre son temps à l'élargissement de la réforme de l'ordre. Thérèse doit affronter l'hostilité de certaines autorités ecclésiastiques et la résistance des Carmes qui s'opposent à la réforme.
Tout au long de sa tâche, elle sera soutenue par saint Jean de la Croix qui entreprendra la même réforme dans la branche masculine des Carmes.
Son confesseur l'invite à relater les étapes de son itinéraire mystique: Le Livre des fondations (rédigé à partir de 1577, publié en 1610) et Le Château intérieur (rédigé en cinq mois, en 1577, et publié en 1588, avec Le livre de la Vie).
Sainte Thérèse d'Ávila, béatifiée en 1614 et canonisée en 1622, demeure une figure prestigieuse de la sainteté chrétienne, tant par son œuvre réformatrice que par ses écrits mystiques.
Le christianisme devient une religion mondiale
L’Église a des évêchés en Europe, Mexique, Pérou, Inde.
Les sciences, techniques et inventions
Médecine
Ambroise Paré invente la chirurgie moderne. Il n’a pas pu faire d’études et donc n’est pas médecin : c’est sa chance. Barbier chirurgien, il passe plusieurs années à soigner les blessés dans les armées des rois de France. Là, il invente de nouveaux procédés qui soignent mieux ou qui diminuent les souffrances : le pansement des plaies au lieu de la cautérisation au fer rouge ou à l’huile bouillante, la ligature des vaisseaux sanguins pendant les amputations, etc.
Métallurgie : le fer !
Fer et fonte : les hauts-fourneaux permettant une forte chaleur et une oxydoréduction du minerai donnant de la fonte sont apparus fin 14e. Mais ils se répandent en Europe dans la 2ème moitié du 16ème.
Importance pour l’artillerie (canons, boulets) !
de la production de la fonte permet aussi de la production de fer. Le fer est obtenu à partir de la fonte dans les ateliers de forges, actionnés par la force de l’eau. L’usage du fer va se répandre et bouleverser la vie quotidienne (outils, chaudières, clous, ciseaux, fourchettes, clés et serrures, etc.), mais aussi l’industrie (raffinage du sucre, brasserie, teinturerie, savonnerie, etc.)
La vie culturelle
L’architecture
Rome et les débuts de l’architecture baroque
2ème moitié du 16ème, Rome devient la plus belle ville d’Europe. C’est de là que part l’art baroque (Église de Gésu à Rome)
1555 : église Ste Basile à côté du Kremlin
Sous Ivan IV le Terrible.
1584 : l’Escurial de Philippe II en Esp.
Ch Q avait exprimé le désir de faire construire un panthéon pour la dynastie.
La peinture et la sculpture
La Musique
La Renaissance (fin 15ème et tout le 16ème) correspond à un très profond changement de mentalité. Nouvelle considération de la place de l’Homme dans la Création, nouveau regard sur Aristote et retour aux textes antiques en éliminant la glose médiévale.
En musique, remise en cause des principes de l’Ars Perfecta de Josquin des Prés : recherche de l’expressivité, intelligibilité des textes, usage de la dissonance. Cette recherche d’un nouveau style se fait essentiellement dans le motet (= pièce courte ; pour la musique sacrée) et le madrigal (pour la musique profane) qui devient vite codifié et stéréotypé.
On n’écrit pas encore de la musique pour instruments seuls : on écrit pour des voix, et/ou des danses.
Nouveaux instruments : cromornes (ancêtres des hautbois), épinette (ancêtre du clavecin).
Apparition de la barre de mesure.
Voix de femmes dans la musique sacrée.
Clément Janequin, qui sera chapelain du duc François de Guise. Musique descriptive (scènes de batailles, chants d’oiseaux, vie quotidienne).
Claude Le Jeune : amour courtois
Monteverdi (1567-1643) :
Monteverdi (1567-1643) arrive à cet époque. Il n’est pas l’initiateur de la réforme musicale, mais en sera le génie fondateur. Il est considéré par les musicologues modernes comme le créateur de la musique moderne. Il vient avant J.S.Bach (1685-1750). C’est un compositeur précoce (il publie à 15 ans). Il commence sa carrière à la cour de Mantoue à la fin de l’âge d’or des Gonzague. Mantoue est considéré (avec sa rivale Ferrare) comme à l’avant-garde musicale. Monteverdi y reste 15 ans et la publication de ses œuvres lui donne une réputation internationale. En 1623 Monteverdi obtient le poste de maître de Chapelle de la Basilique St Marc à Venise où il connaît la consécration. Il est universellement connu et respecté. (voir article sur Monteverdi et écoute des CD)
La littérature
Montaigne
1580 : Les Essais
Cervantes
1605 : première partie de Don Quichotte, qui connaît un succès immédiat.
William Shakespeare
Sur la scène populaire de son théâtre en bois comme dans les palais d'Élisabeth Tudor et de Jacques Stuart, Shakespeare a rendu accessible à l'Angleterre l'Antiquité renaissante, et a entouré son époque du cercle magique de sa poésie, renouvelant le langage et nous proposant de nouveaux mythes. Aucune œuvre ne fut plus lue et jouée. Elle fascina Voltaire, Goethe, Victor Hugo, Marx, Freud…
La jeunesse
La ville où est né Shakespeare, en 1564, n'est qu'à une centaine de miles de Londres. Cette proximité explique que ce bourg fut le lieu florissant de marchés et de foires, et des troupes itinérantes de comédiens y venaient de la capitale ; par ailleurs, le bourg fut décimé par les épidémies de peste
William était le troisième enfant d’une famille respectable. Son père, artisan respecté, gravit les échelons de la notoriété et devint maire de la ville, en 1568. Pourtant, 10 ans plus tard, celui qui avait été l'une des personnalités les plus estimées de Stratford dut renoncer aux honneurs (il n'osait plus venir à l'église, de peur d'y être arrêté pour dettes).
A dix-sept ans, William était de retour à Stratford et fiancé à une fille d'un fermier qu'il épousa en 1582. Le couple eut trois enfants. On ignore à peu près tout de Shakespeare entre l'année de la naissance des jumeaux et celle où on le sait à Londres. Il aurait gagné de l'argent en gardant les chevaux des gentilshommes à la porte des théâtres. Ce qui est certain, c'est qu'il commence à écrire et partage sa vie entre Stratford et Londres.
Premiers écrits
En 1592, Shakespeare a vingt-huit ans. Il commence déjà à se faire un nom. Les premières comédies sont en gestation, mais la peste éclate, et les théâtres sont fermés pendant deux ans. Le voici donc écrivant de grandes œuvres lyriques, qui valent à Shakespeare l'amitié et le soutien du comte de Southampton. L'activité créatrice de l'auteur prend alors un nouvel essor : Le Songe d'une nuit d'été, Roméo et Juliette, Richard II.
En 1596, le fils de Shakespeare meurt à l'âge de onze ans. Par une cruelle ironie de la fortune, quelques mois plus tard, le dramaturge (désormais sans descendance mâle) reçoit le titre de gentilhomme et l'écusson jadis convoité sans succès par son père.
Les pièces de Shakespeare sont jouées à la cour, dans les palais royaux, dans les collèges de juristes, dans les nouveaux théâtres. Célèbre à trente-quatre ans, il n'a pourtant encore écrit presque aucune des œuvres par lesquelles la postérité le connaît. Le Marchand de Venise et Beaucoup de bruit pour rien, comédies de la maturité, datent de cette époque.
Le théâtre du Globe
Shakespeare, l'un des actionnaires qui font construire le théâtre du Globe va désormais s'enrichir. La reine Élisabeth lui commande une suite comique : ce sera Les Joyeuses Commères de Windsor. Il écrit aussi Jules César, et Comme il vous plaira.
En 1600, les théâtres sont en guerre entre les théâtres privés, et les théâtres publics comme le Globe.
En 1601, le Globe est le lieu d'un drame politique : les partisans d'Essex paient la troupe pour que soit joué Richard II, afin que la reine se reconnaisse dans l'image de ce roi déchu. Les acteurs de Shakespeare sortent indemnes de l'épreuve. Le rebelle Essex est exécuté, et Southampton emprisonné.
La même année, le père de Shakespeare meurt. C'est l'année de Hamlet, drame du père mort et du théâtre révélateur de vérité.
La troupe du roi
En 1603, lorsque Jacques Stuart monte sur le trône, la troupe du lord chambellan devient celle du roi. Mais, de nouveau, la peste ravage Londres: les théâtres fermés, les acteurs redeviennent itinérants. Ses comédies s'assombrissent: Tout est bien qui finit bien, Mesure pour mesure, Othello, Le Roi Lear, Macbeth que Shakespeare écrit pour Jacques Ier.
En 1609, la troupe du roi acquiert le théâtre de Blackfriars, théâtre couvert installé dans un monastère désaffecté. Shakespeare se retire définitivement à Stratford, et il écrit désormais pour ces deux théâtres. Blackfriars est un théâtre intérieur avec des lumières artificielles. On peut y jouer l'hiver. Ce nouveau lieu théâtral a sans doute contribué à changer le style des six dernières pièces de la carrière du poète : Périclès, Cymbeline, le Conte d'hiver et la Tempête, les Deux Nobles Cousins, et Henri VIII.
Shakespeare meurt en 1616.
L’oeuvre
Les sources : la tradition romanesque médiévale ; mais les comédies sont aussi tributaires des sources latines, ainsi que des sources italiennes (la Mégère apprivoisée s'inspire de l'Arioste). La prose, nouvelle venue sur la scène, rapproche souvent les acteurs de leur public.
Les comédies élaborent une réflexion sur le pouvoir du langage. La vie et la mort s'y livrent une bataille de mots. Les femmes, y jouent le rôle principal : elles gagnent les victoires de la vie et de l'amour contre l'hypocrisie puritaine. La comédie met le monde à l'envers pour faire renaître l'harmonie : les femmes se déguisent en hommes, etc.
Son œuvre historique fait revivre l'histoire des Plantagenêt et des Tudor : elle se situe entre 1199 (avènement de Jean sans Terre) et 1547 (mort de Henri VIII). Lorsque Shakespeare met en scène la guerre des Deux Roses (1455-1485), Machiavel a déjà écrit le Prince. La question centrale est celle de la morale en politique. La première tétralogie (Henri VI et Richard III) tente d'expliquer la naissance du tyran, tandis que la seconde (Richard II, Henri IV et Henri V) décrit l'avènement du héros national. Chaque tétralogie se termine par un mariage pour souligner le retour de l'harmonie.
Shakespeare renouvelle la tragédie. On peut opposer les six tragédies gréco-romaines – inspirées pour la plupart des Vies de Plutarque (Jules César, Antoine et Cléopâtre, Coriolan, Timon d'Athènes) – aux cinq tragédies qui tirent leur substance narrative de contes italiens (Roméo et Juliette, Othello) ou de chroniques historiques ou légendaires (Hamlet, le Roi Lear, Macbeth). Les cinq grandes tragédies mettent en scène leurs héros face à un destin qui prend une forme toujours ambiguë – fantôme (Hamlet), paroles mensongères (Othello, Macbeth), mélancolie trompeuse (Roméo et Juliette), silence ambivalent (le Roi Lear) –, qu'ils cherchent à matérialiser sans la patience que leur donnerait la foi en la Providence. Ils seront dévorés par le temps, puis l'ordre renaîtra.
Dans les dernières pièces, si Shakespeare côtoie toujours la mort, il intègre les nouveaux courants de pensée, il purifie la magie de toute superstition, et semble croire en l'espoir d'une paix européenne concrétisée par le mariage d'Élisabeth Stuart avec l'Électeur palatin.
Livres, histoires, films se passant à cette époque
Robert Merle Fortune de France
Fernand Braudel : La Méditerranée au temps de Philippe II
Mme de La Fayette La princesse de Clèves (écrit sous Louis XIV) se passe sous Henri II.