Isabelle et Ferdinand ; l’Inquisition ; la libération de Grenade ; l’expulsion des juifs d’Espagne ; Christophe Colomb ; Jeanne la Folle ; Charles Quint
Vasco de Gama
LA VIE POLITIQUE… En Angleterre
Henri VIII ; Marie Tudor
LA VIE POLITIQUE… En Allemagne, en Italie
LA VIE POLITIQUE… Ailleurs en Europe
Soliman le magnifique
LA VIE POLITIQUE… Ailleurs dans le monde
Barberousse ; Colonisation de l’Amérique ; L’empire Moghol en Inde
LA VIE QUOTIDIENNE & CULTURELLE
Populations ; La Renaissance ; La Réforme ; Les armes à feu ; Architecture et Peinture (Léonard de Vinci, Raphaël, Michel Ange)
Livres, histoires, films se passant à cette époque
l’accession au trône
Charles VIII meurt sans héritier. Louis d’Orléans, cousin de Charles VIII devient le roi Louis XII. Il est Duc d’Orléans, fils de Charles d’Orléans (le poète), arrière petit-fils de Charles V.
Durant la guerre folle où il avait lutté contre Anne de Beaujeu pour exercer la régence il avait été prisonnier pd 3 ans, puis libéré par Charles VIII. A son accession au pouvoir, Louis XII ne réprime pas ses anciens adversaires : « le roi de Fce ne venge pas les injures faites au Duc d’Orléans », dit-il.
la paix à l’intérieur du royaume
Tout au long du règne de Louis XII, et malgré les guerres et les échecs extérieurs, la paix et la prospérité règnent à l’intérieur. Il laisse le souvenir d’un roi sage, modéré, excellent administrateur, aimé de la population.
1494 – 1516 : les guerres d’Italie
L’Italie est riche.
Louis XI a hérité du royaume de Naples. Mais il est resté sage et n’a pas cherché à y faire valoir ses droits.
Son fils Charles VIII, lui, a voulu s’en rendre maître. Sans succès.
Louis XII, hérite en plus du Milanais par sa grand-mère. Il revendique le Milanais et Naples. C’est le début de son aventure italienne qui se soldera par un échec.
En 1500, il conquiert le Milanais.
En 1501, Louis XII conquiert Naples avec Ferdinand d'Aragon. Mais la rupture survient entre la Fce et l’Espagne. Louis XII est chassé de Naples par les Espagnols en 1504 et il est contraint de fiancer sa fille Claude (avec de nbses régions en dot) à Charles futur Charles Quint. En 1506, les états généraux annulent ces fiançailles, et Claude est fiancée à François d’Angoulême, futur François 1er. Le royaume de Fce reste ainsi unifié.
En 1509 (ligue de Cambrai) Louis XII se ligue avec le pape Jules II, Ferdinand d'Aragon et Maximilien d'Autriche contre Venise.
Le pape Alexandre VI Borgia constitue la Sainte Ligue contre les Français et les chasse hors d'Italie (batailles de Ravenne et de Novare, abandon du Milanais en 1513).
En 1514 il fait la paix avec l'Angleterre et épouse Marie, sœur de Henri VIII. Il meurt le 1er janvier 1515.
Une destinée imprévue
À sa naissance, en 1494, François d'Angoulême n'est pas du tout destiné à monter sur le trône. Il faudrait pour qu'il devienne roi une succession bien peu probable de décès et d'unions sans progéniture mâle. Aussi les premières années de François ne sont-elles pas celles d'un dauphin, ni même d'un héritier présomptif. Orphelin de père à deux ans, il est élevé par sa mère, Louise de Savoie. Puis l'improbable a lieu : le roi Charles VIII meurt brutalement en 1498, sans laisser de fils. Louis XII n’a pas non plus d'héritier mâle d’Anne de Bretagne. Au fil des années et des décès, le jeune François d'Angoulême devient le plus proche parent vivant du roi, et fait donc de plus en plus figure d'héritier. Pour assurer la cohésion du royaume, mais après bien des hésitations, Louis XII donne à François la main de sa fille Claude, héritière du duché de Bretagne. Les derniers mois du règne mettent en péril les chances du clan d'Angoulême, car Louis XII se remarie avec Marie Tudor. Mais il meurt, toujours sans fils, le 1er janvier 1515 : François Ier est roi.
1515 : la bataille de Marignan
Pour consolider sa légitimité au trône (il n’est que le neveu de Louis XII), François Ier reprend aussitôt à son compte la politique italienne de ses prédécesseurs et part immédiatement pour l'Italie afin de récupérer le riche duché de Milan. Il franchit les Alpes avec 30 000 hommes et une puissante artillerie. Le duché est défendu par les mercenaires suisses. Malgré une première tentative de négociation avec les Suisses – dont certains cantons acceptent le principe d'une paix avec la France (contre 400 kg d’or) – le cardinal de Sion galvanise ses troupes et les fait marcher sur les Français. Le choc a lieu à Marignan. Le 2ème jour, les Suisses sont anéantis en quelques heures et laissent près de 12 000 morts sur le terrain. François Ier fut armé chevalier, sur le champ de bataille, par Bayard.
Cette victoire eut pour résultats la conquête du Milanais et la signature, en 1516, de la paix perpétuelle avec les Suisses et un accord avec le pape. Ceci était de bonne augure pour Fçs ; malheureusement, à peine 5 ans plus tard, va éclater le très long conflit avec Charles Quint.
C’est le coup d’arrêt à la visée expansionniste de la Suisse qui était alors la nation la plus militaire (aguerrie par deux siècles de lutte contre la domination des Habsbourg), et qui va évoluer vers une neutralité tjs actuelle.
1517 : Fçs 1er fonde Le Havre.
François 1er et Charles Quint
Charles de Habsbourg, est héritier par son père de multiples territoires dans le Saint Empire (Autriche, Bourgogne, Pays-Pas) et par sa mère de l’Espagne (… et l’Amérique !), Naples, la Sicile,…
1519 : François et Charles s’affrontent pour l'obtention de la couronne impériale. Charles a plus de moyens financiers et peut donc s'acheter les voix des sept princes-Électeurs. Il est élu empereur : « Charles Quint », grâce à l’argent de Fugger, le banquier. Il ne sera courroné par le pape, qu’en 1529 à Bologne.
L’argent de Potosi donne à Charles une richesse considérable, avec laquelle Fçs 1er ne peut pas rivaliser.
La guerre éclate aussitôt.
1520 : entrevue au « Camp du drap d’or » entre Fçs 1er et Henri VIII d’Ang. 17 jours de débauche de fastes, pour rien : H VIII ne s’allie pas à Fçs.
Dès 1522, le Milanais est perdu. C'est en voulant le reconquérir que François, après plusieurs erreurs stratégiques, est vaincu et fait prisonnier à Pavie (1525). Pour recouvrer sa liberté, François doit en 1526 accepter de céder la Bourgogne à l'empereur qui la considère comme son légitime héritage (il est l'arrière-petit-fils de Charles le Téméraire). François à peine libéré dénonce l'accord. Les princes italiens et le roi d'Angleterre, inquiets de la puissance de Charles, s'allient avec la France. La guerre reprend en Italie.
En 1529, l'épuisement des deux camps conduit à un compromis. Charles renonce à la Bourgogne, mais François doit verser une énorme rançon pour récupérer ses deux fils aînés qui étaient, depuis 1526, otages à sa place en Espagne. De plus, le Milanais est perdu et, malgré la cession de la Bourgogne, l'empereur fait figure de vainqueur.
La redoutable puissance de l'empereur oblige François à se trouver des alliés par tous les moyens. Le « roi très chrétien » ne craint pas de s'entendre avec les princes protestants d'Allemagne, les polonais, et même avec les Turcs musulmans.
La Fce est le pays le plus peuplé d'Europe (de 16 à 18 millions d'habitants). De plus, elle est (presque) la seule à disposer d'une armée permanente (renforcée pd les guerres) dont le financement est assuré par un impôt lui aussi permanent, la taille. François Ier dispose donc de revenus importants – même s'il lui arrive aussi fréquemment de connaître la pénurie financière.
François ne renonce pas à l'Italie. Jusqu'à la fin, il tente, par la force ou par un accord avec Charles, de récupérer le Milanais; mais il n'y parvient pas. En 1556, Charles Quint abdique. La guerre se poursuit contre son fils Felipe II, jusqu’à la paix du Cateau-Cambrésis en 1559. La Fce renonce à ses prétentions en Italie. Le conflit aura duré près de 40 ans (avec des trêves). Finalement, François n’a pas réussi en Italie, mais grâce à ses ambitions italiennes, il a su contenir les ambitions impériales de son adversaire.
La cour
La cour de Fçs 1er connaît un essor : comme centre du pouvoir, comme lieu culturel et comme cadre somptueux.
Elle devient un instrument de règne, le ‘centre technique’ d’un pouvoir centralisé moderne et absolu. Le Conseil se divise en sections de plus en plus spécialisées et qui annoncent la création des ministères. Toutes les décisions sont prises après que le roi ait écouté le Conseil, mais les états généraux ne sont plus convoqués. Le règne de Fçs 1er est donc celui du début de l’absolutisme, ce qu’illustre bien la formule au bas des ordonnances royales : « Car tel est notre bon plaisir ».
François Ier n'hésite pas à disgracier qui lui déplaît : le grand argentier Semblançay (qui finit sur le gibet), le favori Montmorency, ou le connétable de Bourbon.
La politique intérieure
En 1516, après Marignan, Fçs 1er a obtenu du pape d'être maître des nominations du haut clergé français. Il s'assure ainsi de la fidélité des prélats.
L'intégration définitive de la Bretagne : l'union perpétuelle du duché et du royaume est proclamée en 1532 ; elle met fin aux incertitudes de la simple union dynastique.
Le connétable Charles de Bourbon était le dernier grand seigneur féodal. Il est donc un danger pour le pouvoir royal. Fçs 1er commence par mener contre lui une action devant le Parlement pour lui confisquer ses terres => Charles de Bourbon s’allie à Charles Quint et Henri VIII, et tente d’envahir la Provence => il est traité par la Fce comme un traitre, déchu, et ses biens (soit tout le nord du Massif central) sont confisqués par Fçs 1er. Dès lors, il n’y a plus, au sein du royaume, de grandes seigneuries dangereuses pour le pouvoir royal.
Dans l'ensemble de ses possessions, François augmente le nombre des agents royaux. En effet, pour faire face à ses pressants besoins de trésorerie, la monarchie vend les charges (offices) qu'elle crée en nombre croissant. Cet expédient présente en outre l'avantage de renforcer l'encadrement administratif, et donc de mieux affirmer l'autorité royale. Cela a aussi pour conséquence l’intégration de bourgeois dans la noblesse de robe (à côté de la noblesse d’épée).
Pour autant, François n'est pas tout-puissant. Ses propres agents lui posent problème: telle cour de justice s'oppose à certaines décisions ; les responsables financiers, accusés de corruption, sont poursuivis... Mais surtout, le personnel royal reste trop peu nombreux pour un royaume très vaste, où les communications sont infiniment lentes et où il est bien difficile de gouverner à distance. Aussi, au quotidien, l'efficacité des agents du roi est-elle réduite. Il est vrai qu'on leur demande peu : assurer un ordre relatif et la rentrée des impôts.
1539 : les actes officiels ne sont plus rédigés en latin mais en fçs.
Création de l’état civil : les prêtres doivent tenir un registre des baptêmes et des sépultures.
Parmi les habitants du royaume, beaucoup sont mécontents de lui, en particulier pour des raisons fiscales. Mais sa fonction est respectée, voire vénérée: il est un roi de droit divin.
La lutte contre la Réforme
Les prêtres réformateurs sont bientôt considérés comme des complices de l'hérésie.
Le roi devient hésitant, protégeant certains des plus menacés, mais laissant se développer les poursuites. Les incidents, facteurs de trouble moral autant que de désordre social, se multiplient. Or François 1er, qui reste catholique, est garant de l'ordre et du salut de ses sujets. Les « provocations » des protestants, dont la plus célèbre est celle des Placards en octobre 1534 (affiches injurieuses contre le pape et la messe apposées jusque sur la porte de la chambre du roi), déterminent celui-ci à la répression. Une réaction ferme s'impose d'autant plus que le protestantisme a trouvé en Calvin, réfugié à Genève, un chef de file français, théologien et organisateur de premier ordre.
La législation devient plus dure : l'édit de Fontainebleau (1540) dessaisit en matière de crimes religieux les tribunaux ecclésiastiques, trop lents et soupçonnés d'indulgence, au profit des tribunaux royaux. Le roi, pressé par les plus âpres de ses conseillers, ordonne en 1545 l'application d'une sévère sentence contre les vaudois provençaux, héritiers d'une ancienne tradition hérétique, et passés pour la plupart au protestantisme. Celle-ci tourne au massacre: l'événement émeut une Europe qui n'est pas encore entrée dans l'ère des tueries religieuses. Mais, si François maintient son royaume dans le giron catholique, il ne parvient pas à y empêcher le développement de l'hérésie.
Marguerite d’Angoulême (ou de Navarre, ou de Valois) : sœur aînée de Fçs 1er, épouse de Henri d’Albret, charmante et très cultivée, elle écrit plusieurs recueils et s’entoure des grands esprits de son temps.
Elle tente de réconcilier Catholiques et Protestants, et finit par s’installer au château de Nérac près d’Agen, qui devient un refuge pour les Réformés.
1546 : Etienne Dolet, imprimeur, édite les œuvres des Réformés => il est pendu et brûlé place Maubert.
L’essor économique
La Fce de cette époque a largement bénéficié de l’afflux des métaux précieux du Nouveau Monde
ð développement des mines et métallurgie
ð industrie de luxe (orfèvrerie, soieries, qui ont fait la fortune de Tours et Lyon).
ð développement des communications (routes et canaux).
ð la bourgeoisie s’enrichit et commence à rivaliser avec les seigneurs. Ex : Chenonceau et Azay-le-Rideau sont des châteaux de bourgeois.
Les arts et la culture
Assez peu intéressé par les controverses religieuses, François er se passionne en revanche pour les questions culturelles. Il apporte son soutien aux humanistes, créé un l'établissement en marge de l'Université dont l'actuel Collège de France est l'héritier direct.
La faveur royale ne signifie aucunement que l'expression des opinions est libre, surtout en ces temps de crise religieuse. Le contrôle de la production imprimée, en plein essor, est même renforcé.
François Ier fait construire de nombreux monuments : réaménagement du château de Blois, construction de Chambord (commencé en 1519), St Germain-en-Laye, Villers-Cotterêts, ‘Château de Madrid’ à Neuilly. Son règne correspond au passage, sous l'influence de l'Italie, de la tradition gothique à l'art du premier classicisme.
Dans la seconde moitié du règne c'est Fontainebleau qui représente véritablement l'acclimatation du modèle italien – en attendant la reconstruction du Louvre, à peine ébauchée à la mort du roi. François Ier fait travailler des artistes italiens, en particulier à Fontainebleau.
François collectionne avec ardeur les œuvres des artistes italiens de la Renaissance, tout comme les œuvres antiques, qu'il fait activement rechercher. Mais l'influence italienne, quoique dominante, n'est pas unique, comme en témoignent les Clouet, des Bruxellois, qui sont les portraitistes officiels de la cour.
Les dernières années du règne
Malgré l'éclat des châteaux, manifestation de la puissance et de la gloire, les dernières années du règne sont moins brillantes. La cour retentit des rivalités entre les fils du roi, et François lui-même s'entend mal avec le dauphin Henri. Sa santé s'altère de plus en plus, tout comme se dégrade l'économie du royaume.
A cinquante-deux ans, il est terrassé par la maladie et s'éteint le 31 mars 1547 à Rambouillet.
Les funérailles du roi durent près de deux mois, pendant lesquels les honneurs royaux restent attachés au défunt; Henri II gouverne, mais sans faire d'apparition officielle. Une effigie du roi, exposée à Saint-Cloud, est servie comme si le monarque était vivant. Après de longs préparatifs, la cérémonie de l'enterrement commence le 22 mai. Le 24 a lieu la mise en terre dans l'abbatiale de Saint-Denis. Au cri de «Le Roy est mort!», qui marque la fin véritable du règne de François, répond immédiatement celui de «Vive le Roy!». Entre les deux souverains, pas d'interruption. Henri, qui a chassé les conseillers de son père, honorera sa mémoire par un somptueux tombeau.
François aura eu la chance de vivre les années fastes du «beau seizième siècle», qui s'interrompt en fait dès les années 1540. Après lui vient l'ère des crises politiques, des luttes religieuses et des troubles sociaux. Pour les Français des décennies suivantes, son règne fait un peu figure d'âge d'or.
Bayard
Entre autres nbx faits d’armes, Bayard arrête les troupes de Charles Quint à Mézières en 1521.
1534 – 41 : Jacques Cartier découvre le Canada
Au cours de 3 expéditions (dont 2 financées par Fçs 1er), Jacques Quartier débarque à Terre-Neuve, remonte le St-Laurent, établit deux petits postes à l’emplacement des futures Montréal et Québec. Mais les pierres qu’il ramène sont sans valeurs. Aux prises avec Charles Quint, la Fce délaisse la prospection du Canada pd plus d’un ½ siècle (jusqu’à Champlain 1603).
IsabelLE de castille et ferdinand d’Aragon
La situation de l’Espagne à la fin du 15ème siècle
(…)
L’invasion musulmane de 711 a brisé l’unité politique de la péninsule. La Reconquista est l’œuvre de chrétiens divisés qui ont créé une Espagne gouvernée par des seigneurs locaux.
Isabelle, Reine de Castille
Pour accéder au trône, Isabelle, d’abord seule puis avec son mari, devra livrer 10 ans de bataille.
Jean II (roi de Castille de 1406 à 1454) a eu
- un fils avec Marie d’Aragon : Henri IV de Castille ;
- une fille avec Isabelle de Portugal : la future Isabelle la Catholique.
Henri IV hérite de la Couronne de Castille à la mort de son père. Mais il a du mal à s’imposer face à la noblesse, laquelle cherche à affaiblir le pouvoir royal et à lui arracher des avantages politiques et matériels (domaines, titres, pensions).
Henri IV a une fille, Jeanne, immédiatement reconnue héritère. Mais une partie de l’aristocratie cherche à discréditer le roi et prétend que Jeanne n’est pas sa fille légitime (mais « celle à Bertrand » : la Beltraneja).
1464 : guerre civile. Henri IV est contraint de déshériter sa fille.
1468 : Isabelle est déclarée héritière du royaume de Castille. La noblesse rebelle avait reconnu comme héritier le jeune demi-frère du roi, mais il meurt. Elle se tourne alors vers Isabelle, agée de 17 ans. Les nobles pensent qu’ils vont pouvoir la manipuler… ils vont déchanter. En plus de sa personnalité, elle s’entoure de très bons conseillers.
1469 : Isabelle de Castille se marie à Ferdinand d’Aragon. Elle a 18 ans, lui 17. Ce n’est pas un mariage d’amour (les mariés ne se sont jamais vus), mais hautement politique. D’une part, Isabelle a compris que pour assurer son pouvoir elle a besoin d’alliés à l’extérieur de la Castille (notamment à cause de sa légitimité discutable : il existe un parti de Jeanne). D’autre part, la grande idée de l’époque est l’unification de la péninsule, dont les 3 grands royaumes sont la Castille, le Portugal, et l’Aragon. Or le Portugal est favorable à Jeanne, l’héritière rivale. Isabelle se tourne donc vers l’Aragon. Le roi d’Aragon (père de Ferdinand) est lui aussi très intéressé par cette alliance. Il aurait payé de fortes sommes aux conseillers d’Isabelle pour réussir le mariage. Ferdinand doit se déguiser pour arriver en toute sécurité à Valladolid où l’archevêque les marie en lisant une fausse dispense du Pape (ils sont cousins germains). Le Pape signera la dispense 2 ans plus tard sans difficulté.
1474 : Isabelle se proclame Reine de Castille à la mort d’Henri IV. Sa légitimité est discutable, car si Jeanne est la fille légitime d’Henri IV, c’est elle qui est l’héritière. Mais Isabelle met tout le monde devant le fait accompli. Elle mettra sa filleule à l’écart au couvent.
1475-79 : guerre de succession. Les problèmes de successions conduisent à une guerre civile et à une guerre avec le Portugal (favorable à Jeanne).
1479 : Isabelle et Ferdinand sont à la tête des royaumes de Castille et d’Aragon. Ferdinand devient Roi d’Aragon à la mort de son père. De son côté, Isabelle a enfin raison de ses adversaires.
Ils ne s’intituleront jamais « Rois d’Espagne », pour ne pas heurter la susceptibilité du Portugal.
1480 : instauration du Tribunal du Saint-Office : l’Inquisition
Jusque là en Espagne, la religion dominante (chrétienne) tolérait tant bien que mal les deux autres (judaïsme et islam). Les communautés minoritaires bénéficiaient d’une relative autonomie (juges, etc.). Les juifs avaient su s’intégrer à la vie économique et même politique. Mais c’était une période d’expansion économique. Or au 14ème s, on vit la peste et la régression économique. Les infidèles (et surtout les juifs) sont pris comme boucs émissaires. Les accusations se multiplient (ils propagent la peste, ils affament le peuple avec l’usure) et deviennent de plus en plus délirantes (ils mangent des enfants et profanent des hosties, etc.). Les 1ers masssacres de juifs ont lieu en 1355. Les tensions sont attisés par les moines mendiants prédicateurs. Tout le pays est traversé par une vague de violence anti-juifs en 1391.
Ceux qui dérangent le plus ne sont pas les juifs, mais les conversos : les juifs convertis au christianisme (souvent pour échapper aux violences). Nombreux sont ceux qui continuent de pratiquer leurs rituels. Or ils sont (ils se sont) considérés comme chrétiens. Ils sont donc hérétiques. Et ils peuvent « contaminer » la population chrétienne. Ferdinand obtient du Pape la création d’un tribunal spécial chargé de punir les faux conversos.
Ce qui va donner à l’Inquisition son caractère particulier, c’est que c’est un tribunal d’affaires religieuses, mais qui est sous l’autorité directe du pouvoir politique (les Rois Catholiques). Elle est la seule institution qui a compétence sur tous les ordres (noblesse, clergé, peuple) et sur tout le territoire. Elle va devenir un instrument d’une politique totalitaire.
1483 : les Rois nomment Torquemada inquisiteur général.
En 20 ans de répression féroce, elle aura réalisé son objectif : venir à bout des judaïsants espagnols. Mais elle a montré son utilité au pouvoir royal, et elle sera maintenue jusqu’en… 1834 !
janvier 1492 : la libération de Grenade – fin de la Reconquista
La Reconquista a débuté peu après les invasions musulmanes de 711 et marque l’histoire de l’Espagne pendant plusieurs siècles. Elle a commencé dans le nord (Aragon). La figure emblématique de la Reconquista est le Cid (11ème s : il meurt en 1099) (son surnom vient qu’il était reconnu par les arabes comme un seigneur, un Sidi.)
Au milieu du 15ème s, les musulmans ne sont plus présents que dans l’extrême sud de l’Espagne : l’émirat de Grenade.
Après 1480, Isabelle a assuré son pouvoir sur la Castille. Maintenant qu’Isabelle et Ferdinand n’ont plus à régler de conflits interieurs, ils peuvent s’atteler à la grande tache de libération totale de l’Espagne. C’est aussi l’occasion de réunifier les Espagnols déchirés par la guerre civile, et d’offrir à l’aristocratie (privée du pouvoir politique) un champ de bataille, la gloire et les honneurs.
La guerre de Grenade débute en 1482. Elle va durer 10 ans. Les Espagnols reconquièrent des villes une par une, Ferdinand faisant preuve d’un grand talent militaire. C’est à cette période que l’on passe d’une armée médiévale de chevaliers nobles indisciplinés à une armée moderne : permanente (professionnelle), disciplinée et obéissant à un commandement unique (les Rois), où les fantassins prennent plus d’importance que les cavaliers, et où l’artillerie fait son apparition.
En 1491, les Espagnols font le siège de Grenade. A force de diplomatie, l’émir Boabdil remet les clés de la ville sans combattre. Les Espagnols occupent l’Alhambra le 2 janvier 1492. C’est la fin de la présence d’états musulmans en Europe. C’est une victoire qui a un retentissement dans toute l’Europe chrétienne. On fait la fête à Rome et ailleurs. Elle est d’autant plus appréciée qu’elle contrebalance la perte de Constantinople envahie par les Turcs 40 ans plus tôt (1453).
mars 1492 : explusion des juifs d’Espagne
Début 14è s, l’Angleterre expulse ses Juifs (1290) ; puis la Fce (Philippe le Bel, 1306). Aux XIV et XVè s, l’antisémitisme monte en Espagne (accusations, attentats, ghettos,…).
Pourtant les Juifs d’Espagne se croient à l’abri : ils forment l’élite de la bourgeoisie urbaine (commerçants, artisans, banquiers, médecins) et ont de très hautes charges dans l’administration.
Avec la fin de la Reconquista et à l’époque de l’Inquisition, les Rois veulent une Espagne purement catholique.
Le 31 mars 1492, Isabelle et Ferdinand donnent 3 mois aux Juifs d’Espagne pour quitter le pays, sous peine de mort. Avec cette mesure, les Rois Catholiques pensent que la majorité des juifs va enfin se convertir ; ils pensent aussi qu’expulser les juifs facilitera l’assimilation réelle des conversos. Bref, ils veulent des Espagnols tous bien chrétiens, pensant, croyant et adorant de la même manière. Il faut dire qu’Isabelle et Ferdinand poursuivent depuis tjs un objectif d’unification du pays dans un Etat moderne. Pour eux, l’unification politique passe par l’unité religieuse. La coexistence est devenue insuportable.
Mais les plus nbx refusent de se convertir et partent. Ils ont 3 mois pour liquider leurs biens, et n’ont pas le droit d’emporter de l’argent => les catholiques s’enrichissent en troquant un terrain ou une maison contre… un âne ou un bout de tissus. Les Juifs partent vers le sud (Alger, Tunis, l’Empire ottoman) ou le nord (la Fce, mais surtout les Flandres). L’Espagne se prive ainsi d’immenses forces vives qui vont aller porter ailleurs leurs savoir-faire et force de travail.
Par la suite on va plus loin : on interdit toute fonction de pouvoir à toute personne ayant des ancêtres Juifs. Idéologie de « la pureté du sang », approuvée par Rome. Ce n’est qu’un prétexte pour fermer sur soi-même la classe dirigeante (peu importe en réalité si eux-mêmes ont un ancêtre juif).
C’est la 1ère fois qu’on définit la judéité non par l’appartenance religieuse, mais par l’hérédité (=> XXè s).
Après les Juifs,
1502 : l’Espagne oblige les Maures à se convertir, en contradiction avec le traité de Grenade.
1609 : l’Espagne expulse les Maures (300 000) vers des pays musulmans. Cette opération mobilise l’administration et l’armée pd 1 an. L’Espagne se prive une nouvelle fois d’immenses forces vives.
1492 : Christophe Colomb
A la fin du XVè s, les Portugais sont les maîtres des mers, ils ont découvert les alizés et pressentent l’existence de terres au-delà des océans. L’idée de la rotondité de la Terre se développe. Ce sont les Portugais qui auraient du découvrir l’Am. Colomb a passé pls années au Portugal où il a recueilli des infos, des cartes et des secrets de marins. On peut dire que Ch Colomb a vendu un secret d’Etat portugais à l’Espagne (il passera d’ailleurs la frontière en clandestinité).
1492 : le premier voyage : Colomb propose d'abord son projet aux Portugais, qui le rejettent, puis négocie avec les Rois Catholiques d'Espagne. Les pourparlers sont longs et durent près de 8 ans, car Colomb réclame le titre d'amiral, la vice-royauté des terres découvertes et un dixième des richesses éventuelles. Après l'acceptation de ces conditions par l'Espagne, Colomb arme une flottille de trois caravelles, la Santa María, la Pinta et la Niña.
Le 3 août 1492, il embarque. Après deux mois d'une navigation très dure, l'équipage est au bord de la mutinerie, mais Colomb parvient à calmer les esprits. Le 12 octobre 1492, un rivage est atteint: Colomb croit alors avoir découvert les Indes, mais il s'agit en réalité de l'île de Guanahani (qu'il baptise San Salvador), aux Bahamas.
Un contact est alors pris avec les indigènes, dans un but d'évangélisation. Mais, ne trouvant ni or ni richesses, Colomb poursuit son voyage et découvre Cuba et Saint-Domingue (qu'il baptise du nom d'Hispaniola), où il établit une garnison. Il est persuadé d’être en Asie.
Son retour en Espagne est triomphal. Il ramène des indigènes, [etc …] et un peu d’or.
1493 : le deuxième voyage : Doté désormais de moyens considérables, il repart, de 1493 à 1496, à la tête d'une flotte de 17 navires comportant 1 500 hommes, dans un périple aux motifs clairement colonisateurs (hommes armés, chiens, etc. ; c’est atroce). Il explore [et maltraite les populations] le reste des Antilles, les côtes du Venezuela et de la Colombie, mais se heurte bientôt au gouverneur de la garnison d'Hispaniola, qui conteste son autorité. Colomb est destitué et renvoyé en Espagne, où il doit justifier de l'absence d'or dans les terres nouvelles.
… : le dernier voyage : Libéré, il repart pour l'Amérique après 2 ans d’efforts pour obtenir un financement. Il arrive à l’embouchure de l’Orénoque. Un fleuve avec un tel courant ne peut venir que d’un grand continent. Colomb ne nie pas l’évidence : si ce n’est pas l’Asie, c’est donc le Paradis terrestre dont parlent les géographes du My-A.
Il explore les côtes du Honduras de 1502 à 1504, mais ne trouve toujours pas d'or. À son retour, il est victime de cabales. Partiellement désavoué et délaissé par ses anciens protecteurs, Colomb meurt à Valladolid en 1506, convaincu d'avoir atteint les Indes.
1494 : le traité de Tordesillas
Signé le 7 juin 1494 entre les Rois Catholiques et Jean II de Portugal, sous l'égide du pape Alexandre VI, il fixait une ligne de démarcation : les territoires situés à l'est de cette ligne, connus et inconnus, sont attribués au Portugal, ceux de l'ouest à la Castille. Le traité faisait de l'Atlantique Sud (Afrique) une mer portugaise et assurait au Portugal le contrôle de la route du Cap et donc de l’Inde. C’est bien ce que voulaient les Portugais.
C'est par ce traité que le Brésil revient au Portugal.
C’est aussi à cause de ce traité que les Portugais seront maîtres de l’importation d’esclaves d’Afrique (avec la concurrence « illégale » des Fçs et Anglais).
Les intérêts de la France et de l'Angleterre, autres pays riverains de l'Océan, ne sont pas pris en compte dans ce partage du monde qu'ils n'acceptent pas. Aussi pendant plusieurs siècles les guerres coloniales vont se succéder.
Inquisition
l’Espagne, première puissance mondiale et maritime
A la fin du règne de Ferdinand le catholique (1516) l’Esp est la puissance hégémonique en Europe et la flotte esp est la meilleure.
Les autres puissances européennes veulent aussi profiter du Nouveau Monde => nbses guerres contre Esp.
Jeanne la Folle
Jeune, elle est belle et intelligente. Elle est mariée à Philippe le Beau, fils de Maximilien d’Autriche et ils tombent très amoureux. Ils ont 6 enfants, dont les futurs Charles Quint et Ferdinand 1er .
Philippe intrigue pour faire valoir les droits de sa femme à la succession d’Espagne, alors que l’héritière légitime est sa sœur aînée, la reine du Portugal. De plus, il fait des alliances avec le roi de Fce et le roi d’Angleterre, qui inquiètent Isabel et Ferdinand, et les barons d’Espagne.
Par ailleurs Jeanne a un comportement ‘bizarre’. Introvertie. Eperdument amoureuse de son mari qui la trompe et dont elle désapprouve la politique qu’il mène avec ses terres à elle ; humiliée, blessée.
1499 [en 1504 ?] : Jeanne devient finalement la seule héritière d’Espagne. Elle est reconnue par les barons (les Cortes). Mais en réalité, Ferdinand et Philippe le Beau se disputent la régence. Qq mois plus tard [autres sources : en 1506] son mari meurt ( ? ? ! !). Elle reste inconsolable et prostrée.
1509 : Ferdinand la fait enfermer. Certains parlent de machination. Elle reste enfermée 44 ans, jusqu’à sa mort en 1555, même si les actes officiels (de Ferdinand puis de Charles) portent son nom.
Charles Quint
1516 : avènement de Charles
1516 : mort de Ferdinand. Sa fille Jeanne est enfermée. Le fils de Jeanne, Charles, hérite d’un royaume d’Espagne unifié (Castille + Aragon). Jusqu’alors, le royaume était encore formellement divisé, et ne formait une entité que par l’union de 2 personnes : Isabel et Ferdinand. Avec Charles, le royaume d’Espagne est définitivement unifié.
Charles de Habsbourg, est héritier par son père de multiples territoires dans le Saint Empire (Autriche, Bourgogne, Pays-Pas) et par sa mère de l’Espagne (… et l’Amérique !), Naples, la Sicile,…
1519 : l’élection impériale : Charles Quint
voir plus haut Fçs 1er.
1520 – 23 : révolte des Espagnols contre Charles Quint
Les Espagnols rejettent ce souverain étranger qui ne parle pas leur langue et qui hausse les impôts, et ses conseillers flamands qui dilapident les richesses espagnoles pour les envoyer aux Pays-Bas.
1519 – 22 : Fernand de Magellan : le 1er tour du monde
1508 : Amerigo Vespucci => on sait que Colomb n’a pas atteint les Indes mais un nouveau continent.
1513 : Balboa traverse l’isthme de Panama et rencontre le Pacifique.
1519 : Magellan veut essayer d’atteindre l'Asie en contournant les terres découvertes par Colomb.
Portugais de naissance noble, agé d’une 40aine d’années, il a servi son pays aux Indes, y a été blessé, mais il n’a pas encore réalisé la carrière dont il rêve. Il propose d'abord son projet au roi du Portugal, qui l'éconduit, puis à Charles Quint, qui lui confie la direction d'une expédition.
Elle part en septembre 1519. Espagne, Cap-Vert, Rio, la Plata ; il contourne le sud du continent américain entre la Patagonie et la Terre de Feu (détroit de Magellan). Une mutinerie (impitoyablement réprimée), un bateau perdu, un bateau qui rebrousse chemin à la sauvette, et les mers totalement inconnues du Pacifique.
Ils naviguent pd plus de 3 mois sur l’océan Pacifique avant d’accoster sur la 1ère île ! Les équipages ont été décimés par le scorbut ; les survivants sont épuisés et affamés. Puis ils arrivent en vue des Philippines le 16 mars 1521. Magellan est tué par une flèche indigène.
En décembre 1521 le dernier bateau restant repart avec 60 hommes vers l’ouest, pour traverser l’océan indien, passer le Cap de Bonne Espérance et remonter vers l’Espagne. Le voyage du retour est atroce. 9 mois plus tard, le 6 septembre 1522, seuls dix-huit marins arrivent en Espagne. L'expédition avait ainsi accompli le premier tour du monde, en 3 ans : 1519-22.
1520 : début de la traite des noirs
L’esclavage en Afrique existe depuis toujours et est aux mains des Arabes.
1444 : une livraison de « bois d’ébène » du Sénégal arrive à Lisbonne pour combler le déficit démographique causé par la peste.
1510 : Ferdinand autorise la vente d’esclaves africains en Amérique.
1520-40 : en Amérique, les indigènes meurent en masse ; par ailleurs l’Eglise interdit leur esclavage (Las Casas) => Il faut les remplacer.
L’Europe (Espagne [ ?], Portugal, Angleterre, Fce, Hollande) met alors en place un trafic, le « commerce triangulaire » : les bateaux apportent en Afrique verroteries, tissus, alcool qu’ils échangent contre des esclaves. Ils vont les revendre en Amérique, et reviennent avec du sucre et de l’alcool de canne. L’opération génère de fructueux bénéfices à des armateurs, assureurs, banquiers.
L’esclavagisme et le travail forcé constitueront la base de l’économie de l’Amérique (sud et nord) (et qui profitera à l’Europe).
Les guerres contre la France et la menace turque
Contre la France :
1521-25 : en Italie et golfe de Leon
1527-29
La flotte esp joue un rôle capital.
1519 : Soliman le Magnifique s’empare de Belgrade et de la Serbie.
1526 : Soliman envahit la Hongrie. Fçs 1er s’allie à Soliman contre ChQ.
1529 : Soliman décide une 3ème expédition en Europe : il marche sur Vienne. => ChQ signe la paix avec Fçs 1er (traité de Cambrai) et vient lui-même défendre Vienne. Soliman s’en va.
1527 : le sac de Rome
Le Pape s’est allié à la Fce => ChQ envoie sur Rome une armée constituée surtout de mercenaires luthériens.
Arrivés à Rome, ils pillent pd 8 jours. ChQ laisse faire. L’Europe catholique est consternée, les protestants se réjouissent.
1530 : Ch Q contre la Réforme
Pour lutter contre Soliman, ChQ a besoin du soutien des princes allds protestants.
ð 1530 : il convoque la Diète d’Ausbourg. Les Réformés ne cherchent pas l’affrontement : ils insistent sur ce qui les rassemblent avec les catholiques. Mais ChQ se positionne clairement contre la Réforme.
Pour la maîtrise de la Méditerranée
Chacun use de ses « corsaires » : Soliman a Barberousse, et Ch Q a Andrea Noria.
1534 : Barberousse prend Tunis (qui est alors vassal de l’Espagne). => Ch Q envoie 700 navires avec 27.000 hommes contre les 60 galères et qq milliers d’hommes de Barberousse. Ch Q accorde à ses soldats 3 jours de pillage de Tunis (30.000 égorgés, pls milliers d’esclaves).
Nouvelles guerres Contre la France :
=> 1538 : trève de Nicée
ð ChQ peut former une Ste Ligue contre les Turcs. Echec. Barberousse
Las Casas
1552 : Las Casas publie la Brève histoire de la destruction des Indes.
Finalement, la conséquence sera l’augmentation de la traite des Noirs…
1555 : la 2ème Diète d’Ausbourg
Ne parvenant pas à un accord, il en ressort la coexistence des 2 religions. Au début, chacun a le droit de choisir sa religion, mais très vite on impose que chaque province devra adopter la religion de son prince [ ! !].
1555 : Ch Q abdique
1555 [56 ?] : ChQ abdique au profit de son fils Philippe II, et se retire dans un monastère. Il meurt 3 ? ans plus tard.
Le Portugal, 1ère puissance maritime
1498 : Vasco de Gama ouvre la route maritime des Indes
Avant lui : les Portugais connaissent les côtes ouest de l’Afrique où ils ont des comptoirs jusqu’au Cap de Bonne Espérance. Covilha a déjà passé le Cap et commencé à remonter les côtes est de l’Afrique. Vasco de Gama peut aussi bénéficier de l’expérience de Dias.
Son expédition financée par Manuel 1er du Portugal part en juillet 1497. 3 gros bateaux + une caravelle.
En remontant les côtes d’Afrique, il constate que les Arabes y ont des comptoirs et qu’ils maîtrisent le commerce entre l’Afrique (or et ivoire), l’Inde et la Mer rouge. Vasco de Gama est mal accueilli par les Arabes qui comprennent le sens et les conséquences pour eux de son expédition. Il embarque de force un pilote arabe pour le guider jusqu’en Inde. Il arrive en Inde en mai 1499. Sur place, il a de mauvaises surprises :
-les Arabes ne sont pas qu’un maillon dans la route des épices, mais sont les maîtres du commerce, jusqu’en Inde même.
-les Indiens ne se laissent pas impressionner comme les Africains par la bimbeloterie. Ils veulent des choses de valeur.
Bonne surprise en revanche : les épices sont très bon marché p/r au prix de revente en Europe.
Le retour est difficile : la mousson (on ne la connaissait pas), le scorbut, et on perd 2 bateaux. Mais la revente d’une seule cargaison suffit à rembourser l’expédition 60 fois ! Et surtout : on a trouvé une nouvelle route de l’Inde qui permet d’acheminer les épices et la soie en Europe sans passer par les intermédiaires arabes.
1500 : le Brésil
Pedro Alvarez Cabral qui descendait l’Afrique pour aller les Indes dérive et arrive… dans la Baie de Rio (en janvier => Rio de Janeiro).
En 1501, le roi envoie une mission de reconnaissance à laquelle participa Amerigo Vespucci.
Mais les Portugais sont occupés à installer des comptoirs en Inde et ne s’occupent guère de l’Amérique. Sauf pour le bois Brésil (teinture rouge).
Les royaumes africains
Les Portugais rêvent de conquérir les royaumes africains de l’intérieur. Par ex le royaume de Monomopata qui borde 1000 km du fleuve Zambèze ; ou le royaume du Prêtre Jean (le Négus d’Ethiopie).
1521 - 80 : guerre des épices aux Philippines
Guerre des épices entre le Portugal et l’Espagne, aux Philippines.
Henri VIII Tudor
1509 : Henri VIII
Fils de Henri VII, qui avait fondé la dynastie des Tudor en 1485.
Monte sur le trône en 1509.
A épousé Catherine d’Aragon, fille d’Isabelle et Ferdinand (et donc tante de Charles Quint).
En politique étrangère il se retrouve entre Fçs 1er et Ch Q. Il change ses alliances avec l’un ou l’autre selon ses intérêts.
1520 : entrevue du Camp du Drap d’Or avec Fçs 1er.
C’est « un bon roi catholique », fidèle au Pape, cultivé et raffiné. Il participe à la Sainte Ligue en 1511 ; il rejette la Réforme.
1533 : le schisme anglican
24 ans après son mariage avec Catherine d’Aragon, Henri VIII n’a qu’une fille héritière.
ð il veut se remarier avec Anne Boleyn, qu’il aime passionnément.
- 1527 : il demande au Pape l’annulation de son mariage. Malheureusement, ce n’est pas le bon moment : le Pape est prisonnier de Ch Q (après le sac de Rome). Sous la pression de Ch Q, le Pape refuse. Henri VIII patiente…
- 1529 : Henri VIII obtient le soutien des universités.
- 1530 : Henri VIII se proclame chef de l’Eglise anglaise.
- 1533 : Henri VIII fait prononcer le divorce. Il est excommunié par le Pape. Ce n’est pas la première fois qu’un souverain est excommunié, mais cette fois-ci, la rupture restera définitive. Henri VIII réaffirme son autorité sur l’Eglise anglaise, qui sort du giron de Rome. C’est l’anglicanisme. En 1535, il fait exécuter ceux qui refusent cette situation, en particulier Thomas More (auteur de L’Utopie).
H VIII ne change rien qt au fonds de la doctrine catholique (c’est sous son successeur Edouard VI que l’Eglise anglicane se tournera vers le protestantisme).
Les femmes et les héritiers d’Henri VIII
Catherine d’Aragon : mère de Marie 1ère Tudor.
Anne Boleyn : mère de Elisabeth 1ère. Accusée d’adultère, Anne Boleyn est décapitée 3 ans après son mariage.
Jane Seymour, mère d’Edouard VI.
Henri VIII a encore 3 autres femmes successives.
1547 – 53 : Edouard VI
1547 : Édouard VI (1537-1553) devint roi à l’âge de 10 ans à la mort de son père Henri VIII.
Son règne fut marqué par l'affermissement de la réforme protestante en Angleterre.
Il meurt à l’âge de seize ans et sa demi-sœur, Marie lui succède.
1553 – 58 : Marie Tudor
Élevée dans la religion catholique elle subit dans sa jeunesse, de nombreuses humiliations, qui l'aigrirent considérablement. D'abord écartée de la succession au trône par son père, elle ne fut rétablie dans ses droits qu'en 1546, mais derrière son demi-frère Édouard. Pour monter sur le trône, elle dut éliminer une rivale protestante, sa cousine Jeanne Grey. Peu après, elle se marie avec le futur Philippe II d'Espagne.
Elle abolit l'Église anglicane et rétablit l'autorité du pape. Les persécutions contre les protestants furent rudes: plus de trois cents bûchers s'allumèrent et Marie reçut le surnom de «Marie la Sanglante». Elle s'aliéna définitivement ses sujets en 1558 quand, s'étant alliée à l'Espagne contre la France, l'Angleterre perdit Calais, sa dernière possession sur le continent. Marie mourut peu après sans enfant et sa demi-sœur, Élisabeth lui succéda.
Les Fugger
Ce sont les plus gds hommes d’affaire de la 1ère moitié du 16ème. Ils possèdent la quasi-totalité des mines d’argent et de cuivre d’Europe, et des agences commerciales dans toute l’Europe. Ils se font banquiers, prêtent de l’argent aux rois d’Espagne (notamment pour l’élection de Ch. Quint et pour financer les guerres)… et vont en perdre beaucoup.
1525 : révolte des paysans
Au début du 16è s, l’Allemagne est en croissance économique. Mais si les villes en bénéficient, les paysans, eux, en souffrent (augmentation des disettes ; pour les raisons, voir Mémoire 2000).
Les Thèses de Luther motivent les paysans à se révolter contre les seigneurs (mais Luther, lui, est totalement opposé à la révolte paysanne ; il appellera à la répression). Ils commencent à s’organiser et à mener des actions.
1521 – 25, Thomas Münzer (prêtre protestant plus radical que Luther) conduit la grande révolte. Il prône une nouvelle société utopique et égalitaire, qui doit venir après l’embrasement total du monde.
Les paysans qui le suivent sont, eux, plus pragmatiques. Il réclament le droit de chasse, et l’abolition du servage et des redevances féodales.
Au début, les seigneurs misent sur l’essoufflement du mouvement, puis finissent par réprimer férocement.
100 000 morts.
Dix ans plus tard (1535), nouvelle révolte paysanne à Münster. Tentative d’un nouvel ordre social, moral et politique. Elle est noyée dans le sang. [voir L’œuvre au Noir, chap 7.]
Le pays reste divisé, mais le temps des villes–républiques du My-A est révolu. Le pays se compose de 5 royaumes. Machiavel souhaiterait l’union derrière un souverain unique. Malgré cela, les Italiens ont le sentiment d’appartenir à une même nation.
Fin 16ème, le roi d’Espagne est maître du Milanais, du royaume de Naples et de la Sicile.
Venise est un cas à part.
Aux Pays Bas
Anvers
¯ de Bruges et d’Anvers : centre économique de l’empire de Charles Quint (la 1ère bourse de commerce d’Europe y est fondée en 1485) mais aussi commercial et artistique.
Cathédrale : 1521-30
Marguerite d’Autriche
Petite-fillle de Charles le Téméraire (Duc de Bourgogne) d’un côté, et de l’empereur Maximilien Ier de Habsbourg de l’autre.
Mort de son frère. Héritière. Devient Régente des Pays-Bas (sous l’autorité de Charles Quint). Cour à Malines, non loin de Bruxelles.
Monastère de Brou (à Bourg-en-Bresse) (1506 - 1530).
En suisse
Elle fait officiellement encore partie de l’emp Rom Germ, mais en fait elle est indépendante. Mercenaires redoutables au 15ème et début 16ème.
En Turquie : Soliman le Magnifique
Süleyman 1er, appelé « Soliman le Magnifique » par les Occidentaux et « le Législateur » par les Orientaux, est le dixième et le plus illustre des sultans ottomans. À partir de 1509, le jeune prince commence à occuper des postes militaires et administratifs sous le règne de son gd-père.
En septembre 1520, son père le sultan Selim meurt prématurément. N'ayant pas de frères, Soliman est épargné par les rivalités que les Ottomans, en l'absence d'un principe successoral bien défini, règlent habituellement dans le sang: il monte sur le trône à vingt-six ans, héritant de l'empire déjà vaste que ses prédécesseurs ont constitué par leurs conquêtes. Au départ petite région frontière, la principauté des Turcs Ottomans s'était peu à peu étendue en Asie Mineure, à partir de la fin du XIIIe siècle, au détriment des principautés voisines, des restes de l'État seldjoukide et des dernières possessions asiatiques de Byzance.
Les Ottomans avaient en outre franchi les Détroits et s'étaient taillé un royaume dans le sud-est de l'Europe, au préjudice de Byzance, affaiblie par les querelles internes – la ville elle-même fut conquise en 1453 par le sultan Mehmed II, qui en fit sa capitale sous le nom d' Istanbul –, et des différents États balkaniques de l'époque (Serbie, Bulgarie, Valachie). À cet ensemble considérable, le père de Soliman avait ajouté l'ancien Empire mamelouk constitué de l'Égypte, de la Syrie, de la Palestine et du Hedjaz, qui lui avait donné le patronage des grands lieux saints musulmans, La Mecque et Médine. Ce faisant, il avait fait de son empire le digne successeur des grandes constructions politiques des premiers siècles de l'islam.
Premières campagnes (1521-1533)
Les vingt premières années du règne de Soliman sont marquées par des succès militaires importants, qui le mettent au niveau des plus grands conquérants de sa lignée. Le sultan prend personnellement part à plusieurs de ces grandes expéditions militaires (au total, il en conduira treize). Ibrahim Pacha, grand vizir de 1523 à 1536 exerce une influence importante.
Dès son avènement, le jeune sultan fait réprimer énergiquement une révolte en Syrie et en Palestine.
Puis il accomplit deux coups d'éclat successifs à l'ouest :
- en 1521, il s'empare de la puissante forteresse de Belgrade, complétant ainsi la mainmise ottomane sur la Serbie et ouvrant la voie à de nouvelles avancées en Europe centrale;
- en 1522, il lance une grande expédition contre l'île de Rhodes où s’étaient établis les chevaliers de Saint-Jean.
1526 – 33 : la lutte contre Charles Quint et les Habsbourgs
Les Habsbourg sont les grands rivaux des Ottomans en Europe centrale comme dans la Méditerranée occidentale. Contre eux, Soliman trouve un allié inattendu : François Ier. Soliman lui fournit un soutien en portant la guerre en Hongrie dès les lendemains de la bataille de Pavie (1525), et il lui restera fidèle toute sa vie.
La Hongrie reste une menace pour les Turcs en même temps qu'une proie tentante. En 1526, après la prise de Belgrade, Soliman avance en Hongrie, bat les troupes hongroises, puis se retire, se contentant d'annexer deux provinces au sud du Danube.
Deux prétendants se disputent la couronne hongroise: Ferdinand de Habsbourg et Jean Zápolya, le plus puissant des magnats hongrois. Ils se font élire l'un et l'autre par deux Diètes différentes. Soliman et son vizir soutiennent évidemment le second, dont ils font leur vassal et leur protégé.
Or les progrès de Ferdinand en Hongrie rendent nécessaire une nouvelle intervention ottomane en 1529: avec sa grande armée, Soliman reprend la capitale hongroise et confirme Zápolya sur le trône; puis il décide de pousser jusqu'à Vienne. Les Turcs mettent le siège devant la ville (27 septembre-16 octobre 1529), suscitant une immense émotion dans la chrétienté. Mais l'arrivée de l'hiver oblige Soliman à lâcher prise et à amorcer le retour vers Istanbul, qui se fera dans des conditions effroyables.
En 1532, Soliman, qui conteste à Charles Quint son titre d'empereur, déclenche une nouvelle campagne contre les Habsbourgs. Après avoir traversé la Hongrie, il fait une incursion au cœur des possessions patrimoniales des Habsbourg. Ces derniers demandent une trêve, qui est conclue en 1533.
Libéré sur son flanc occidental, Soliman peut désormais se consacrer à la menace pendante sur son flanc oriental.
1526-1533 : la lutte contre l'Iran
Les Ottomans, qui défendent l'orthodoxie sunnite, doivent lutter contre l’expansion du chiisme (mouvement schismatique de l'islam) défendu par l’Iran. Il s’agit d’un problème religieux, mais aussi politique. Transformée en une tentative chimérique de conquête de la Perse, la campagne, longue et coûteuse, ne rapporte finalement à l'empire que Bagdad, la dernière grande métropole de l'islam qu'il n'avait pas conquise .
La consolidation des frontières (1536-1556)
Après 1536, les opérations militaires se poursuivent dans les mêmes directions, tantôt contre les Habsbourgs, tantôt contre les Séfévides d’Iran, alternant soigneusement les fronts pour ne pas trop disperser les forces.
En Hongrie, la guerre est relancée en 1540 par la mort de Jean Zápolya, auquel Ferdinand prétend succéder. À l'issue de sa campagne de 1541, seuls le nord et l'ouest de l'ancien royaume de Hongrie restent à Ferdinand et celui-ci ne parviendra pas à modifier l'équilibre en sa faveur.
Du côté iranien, Soliman se résout en 1555à conclure la paix avec le shah.
L'alliance avec Barberousse
Entre-temps, le sultan a fait de la flotte qu'il a héritée de ses prédécesseurs la première puissance navale en Méditerranée, grâce, en particulier, au ralliement en 1533 de Barberousse.
Le succès de Barberousse est éclatant, en 1538, à Préveza, où il met en déroute les flottes espagnole, pontificale et vénitienne commandées par l'amiral génois Andrea Doria. Il sera aussi l'artisan de la coopération navale franco-ottomane, marquée par plusieurs expéditions communes en Méditerranée (dont le siège de Nice et l'hivernage de la flotte ottomane à Toulon en 1543-1544).
Barberousse aura des émules, comme Turgut Reis, qui conquiert Tripoli en 1551 pour le compte du sultan.
D'autres éléments de la flotte ottomane interviennent en mer Rouge, grâce auxquels Soliman s'empare du Yémen (1517-1538), d'Aden (1538) et de Massaoua (1557), et dans le golfe Persique, dont il s'assure l'accès par la prise de Bassora (1546).
L’apogée de l’empire ottoman
Vers 1550, Istanbul est la ville la plus peuplée d’Europe. Les Turcs contrôlent la Méditerranée depuis l’Italie jusqu’au My –orient. Ceci explique que les européens aient cherché de nouvelles terres et de nouvelles routes.
Soliman réunit ainsi sous son autorité des territoires situés sur trois continents, très disparates par les conditions naturelles, les ethnies, les religions, les traditions politiques, et par leur statut au sein de cet empire. Il existe néanmoins un État ottoman, remarquablement centralisé pour l'époque, du moins en ce qui concerne le cœur de l'Empire: les provinces d'Anatolie et de Roumélie (les Balkans ottomans).
Soliman se fait la plus haute idée de sa mission sacrée de souverain, chargé par Dieu d'imposer au monde le règne de la justice et de la loi. S'il défend l'orthodoxie sunnite et réprime impitoyablement l'hétérodoxie des chiites, il protège ses sujets non-musulmans appartenant à la «religion du Livre», juifs et chrétiens.
Esthète, il est poète et orfèvre, faisant exécuter, en tant que mécène, d'innombrables œuvres d'art. Il ordonne la reconstruction des murailles de Jérusalem et commande de superbes mosquées.
Toutefois, avec le grand âge, il verse dans l'austérité et la bigoterie. Au nom de la raison d'État, il fait exécuter deux de ses fils adultes.
Soliman meurt en 1566, au cours d'une ultime campagne de Hongrie. Son mausolée est situé à Istanbul.
Par ses conquêtes en Europe, en Afrique et en Asie, Soliman le Magnifique a parachevé la formation de l'Empire ottoman et, au cours de son long règne, porté cette puissance à un apogée qui ne lui survivra guère.
La conquête de la cote d’afrique du nord
1505 – 12, le Magreb se désintègre => les Espagnols et les Portugais en profitent :
- les Portugais conquièrent la côte du Maroc ;
- les Espagnols conquièrent de l’Algérie à la Lybie (Mohamed V doit reconnaître la suzeraineté de l’Espagne).
En Algérie : Barberousse
Nom donné en Europe à deux corsaires turcs : Arudj s'empara d'Alger et commença la conquête de l'arrière-pays; son frère, Khayr al-Din ravagea les côtes de la Méditerranée et prit Tunis en 1534.
Fractionnée en une multitude de petits États indépendants, l'Algérie musulmane voit se développer au cours du XVe et du XVIe siècle un sentiment d'inquiétude devant l'expansionnisme espagnol en Méditerranée occidentale, consécutif à l'achèvement de la Reconquête catholique de la péninsule Ibérique par Ferdinand II d'Aragon et Isabelle de Castille. Les villes côtières d'Algérie font alors appel aux Barberousse, puissants corsaires au service du calife local ottoman. Gênés eux-mêmes dans leurs activités par l'Espagne, les Barberousse répondent avec empressement aux appels d'Alger et conquièrent une partie de l’Algérie tout en guerroyant contre la flotte espagnole. Aroudj trouve la mort en 1518, mais Khaïr al-Din de poursuit l'œuvre commune.
La soif de conquêtes de Khaïr al-Din suscite vite l'inquiétude de bien des villes algériennes, qui, malgré la permanence de la menace espagnole, n'ont aucun scrupule à commercer avec les chrétiens. Sentant la précarité de sa situation, Khaïr al-Din fait alors allégeance au sultan Selim de Constantinople. Grâce à ces nouveaux renforts, Khaïr al-Din continue de s’imposer en Algérie et au Maroc. Pour le récompenser, le sultan le nomme amiral en chef des flottes ottomanes et c'est de Constantinople que Barberousse dirige désormais la lutte contre les Espagnols. En Algérie, il assure son pouvoir grâce à son calife qui bat les armées de Charles Quint devant Alger en 1541, et élimine la dernière dynastie algérienne dissidente en 1543. Ainsi, grâce aux frères Barberousse, un État algérien fort et unifié est constitué.
Les côtes africaines et De l’inde
voir Portugal.
L’Extrême orient
On appelle la Chine « Cathay » et le Japon « Cipango », d’après Marco Polo (mort en 1324, voir 14è s.).
l’Amérique du Nord
1493 : Cabot (marin et commerçant génois) convainc Henri VII Tudor (Angleterre) de chercher une route vers les Indes plus au Nord => en 1494 il découvre le Labrador.
1508 – 10 : les marins bretons, pêcheurs de morue débarquent à Terre Neuve et commencent des relations commerciales avec les populations d’Am du Nord.
1534 – 41 : Jacques Cartier découvre le Canada
A cette époque, la traversée de l’Atlantique dure 20 jours.
Au cours de 3 expéditions (dont 2 financées par Fçs 1er), Jacques Quartier débarque à Terre-Neuve, remonte le St-Laurent, établit deux petits postes à l’emplacement des futures Montréal et Québec. Mais les pierres qu’il ramène sont sans valeurs. Aux prises avec Charles Quint, la Fce délaisse la prospection du Canada pd plus d’un ½ siècle (jusqu’à Champlain 1603).
le Mexique
1519 – 21 : Cortés conquiert le Mexique
Mars 1519 : Cortés débarque au Yucatan. Il s’allie aux populations dominées par les Aztèques.
Novembre 1519 : il est accueilli à Tenochtitlan par Moctezuma.
13 août 1521, Cortés fait raser Tenochtitlan, 500 000 hab (on y reconstruira Mexico).
L’Amérique centrale
Balboa traverse l’isthme de Panama et arrive sur la côte Pacifique. Accusé de trahison, il est décapité en 1519.
Le Pérou
1ère expédition de Pizarro
Sur la côte pacifique de l’Amérique après l’expédition de Balboa, les Espagnols entendent parler des richesses incas. Pizarro, qui n’est alors qu’un simple soldat, monte une 1ère expédition vers le Pérou, avec Almagro et Luques. Echec, famine.
2ème expédition de Pizarro
1532 : 3ème expédition de Pizarro
Expédition avec l’accord de Ch Q. Capture de Atahualpa.
1542 : descente du fleuve Amazone
Orellana descend le fleuve Amazone pd 8 mois.
Le Brésil
Les debuts : Portugais, Fçs, Hollandais ; capitaineries ; jésuites
1551 : les jésuites s’installent au Brésil (Sao Paulo, Salvador de Bahia).
En inde : l’empire Moghol
voir Mémoire 2000
1526 : Bâbur bat les Indiens et fonde l’empire Moghol.
1542 : François-Xavier à Goa
1556-1605 : règne du Grand Moghol Akbar à Agra. Il fonde Fatehpur-Sikrî, ville qui sera aussitôt délaissée (on visite les ruines ajd’h).
La vie quotidienne
La population
Total de la population de l’Europe (sans la Russie) : 60 millions d’hab (aujourd’hui : 300 millions).
France (dans ses frontières de l’époque) : 15 millions d’hab. Densité égale à celle de la Creuse actuelle.
Italie : 11 millions d’hab. ; Espagne : 5 à 7 millions d’hab. ; Angleterre et Pays de Galles : 4 millions d’hab.
Total estimé de la population de l’Amérique : 30 millions d’hab ; Chine : 30 millions ; Inde : 100 millions.
Paris, Naples, Venise, Milan : 100.000 hab.
Florence, Gênes, Palerme, Rome : 50 à 60.000 hab.
Grenade, Séville, Toulouse, Tours, Orléans, Cologne (la plus grosse ville allemande) : 30 à 40.000 hab.
Barcelone, Rouen, Amiens, Anvers : 20.000 hab.
Lille : 10.000 hab.
En France : 85% de paysans (analphabètes).
Les villes
Les villes profitent de l’essor économique. Elles grossissent et s’embellissent.
Rues étroites, malsaines. Eau polluée, qq fontaines engorgées de vase, ruisseaux = poubelles. En 1608, Henri IV fait construire la grande pompe de la Samaritaine pour puiser les eaux de la Seine.
Risques d’incendies ; pas de pompes : on puisait l’eau dans la rivière avec des seaux.
Riches et pauvres
L’écart se creuse encore au 16ème entre riches et pauvres, notamment à cause de l’afflux de métaux précieux et de l’inflation qui profite aux prop terriens. luxe des riches.
population Þ campagne surpeuplée p/r aux possibilités de partage des terres
Þ afflux de mendiants dans les villes et de bandits dans les campagnes. Caractéristique de la Renaissance.
L’agriculture et le climat
Adoucissement du climat de 1460 à 1540 (env).
Agriculture de subsistance.
Nouvelles cultures : riz dans la plaine du Pô ; maïs en Espagne ; sarrasin (venu d’Europe de l’est) en Bretagne.
Chez les riches : carotte et betterave devienent courantes ; aussi : artichaut, melon, fraises, framboises. Epices.
1494 : la syphilis venue d’Amérique se répand en Europe et en Asie
Les marins de Colomb la ramènent d’Amérique => prostituées => soldats de plusieurs nationalités => la maladie se répand dans toute l’Europe jusqu’aux pays Baltes en 3 ans. Les marins de Vasco de Gama la propagent en Chine. La syphilis existait peut-être déjà avant, dans nos régions, sous des formes endémiques et inconnues. Mais en tout cas, elle n’est pas répertoriée dans les livres de médecine de l’Antiquité, qui sont la référence des médecins du My-A. Elle est souvent mortelle.. François 1er et ChQ en sont atteints. Appelée aussi « grande vérole »
ð évolutions des pratiques sexuelles, baisse de la tolérance, fermeture des bordels, monogamie, moralisme.
Aux XIXè-début XXè s, on la traite par l’iode puis le bismuth et l’arsenic. En 1943 : pénicilline.
La peste
Après la grande épidémie de 1348-50, la peste reste en Europe jusqu’en 1720 et refait une poussée tous les 10 ans env.
la vie culturelle : la Renaissance
La Renaissance
Le mot Renaissance apparaît en Italie dès la fin du 14è. Pour Pétrarque (1304 – 74), il vit une période de sortie de temps « de barbarie et de ténèbres », qualifiée un peu plus tard de « Moyen Age ». Au 19è, le mot Renaissance prend une extension plus large. En vérité, loin d’être un simple retour à l’Antiquité, c’est un véritable bond en avant dans la culture européenne, et mondiale.
La Renaissance est un mvt culturel dans toute l’Europe y compris Russie. Bcp de voyages et d’échanges.
Le My A ne disparaît pas tout d’un coup. ex : églises gothiques jusque vers 1640 ; chateaux (p ex de laLoire) = mélange architectural.
« Humanisme » vient des « humanités » : latin, grec, hébreu, Bible. ≠ philosophie humaniste !
Politiques : états plus compacts. sentiment national.
Début 16ème, le foyer de la Renaissance passe de Florence à Rome, à cause du mécénat des papes.
L'instruction
Importance imprimerie (1456) Þ diffusion des connaissances et instruction.
Importance de l’enseignement des Jésuites (ordre fondé en 1540).
Moins de châtiments corporels.
Les collèges sont créés au 13ème s pour accueillir les pauvres allant à l’Université. Puis ils deviennent des établissements préparatoires à l’Uté. Au 15ème, les fils de bourgeoisie ‘captent’ les bourses des collèges qui prenent de l’importance. Au 16ème collèges et ¯ des Utés : Machiavel, Ronsard, Montaigne, Cervantes ne sont pas des universitaires.
Puis créations des 1ères Académies.
Retour aux « bonnes langues » : le latin des gds auteurs de l’Antiquité (≠ celui du MyA) grâce à Pétrarque (mort 1374) et Erasme (1469-1536) ; mais aussi le grec (presque totalement ignoré au MyA) grâce à Marcil Ficin (et le mécénat de Côme de Médicis) et l’hébreu grâce à Pic de la Mirandole (jeune prodige italien, érudit, prince italien, ami de Ficin, 1464-94). Importance également de Fçs 1er dans ce domaine. Il crée le Collège des lecteurs royaux qui deviendra le « Collège de France ».
La redécouverte des langues anciennes offre un regard nouveau sur la culture antique dont la Renaissance va s’inspirer.
La meilleure connaissance des langues ancienne va permettre de corriger la traduction de la Bible dûe à St Jérôme mort en 420. esprit critique, une des gdes conquêtes de la Renaissance.
Marguerite de Navarre (sœur Fçs 1er) est une lettrée. Mais l’instruction des femmes débute en 1574 et se fait vraiment au 17ème.
Les Ateliers des peintres et sculpteurs sont aussi des lieux impts d’apprentissage des savoirs (p ex L. De Vinci et Michel Ange savaient mal le latin).
L’affluence des métaux précieux
La fin du 15ème voit une de la production d’argent en Europe, grâce à de nouvelles techniques (cf plus bas). Ce qui participe au retour à la prospérité.
Ensuite arrivent les métaux du Nouveau Monde : or des Antilles, puis des Aztèques, puis des Incas, puis argent de Potosi (17 t / an). En 1 siècle arrivent à Séville (sans compter les fraudes) : 180 t d’or et 7.500 t d’argent.
Pour se faire une idée :
- au début 14ème, la fortune des Pazi (riches banquiers florentins) équivaut à 147 kg d’or.
- mi-15ème, Médicis 1,75 tonnes d’or.
- mi-16ème, Fugger 13 t d’or.
Cet afflux d’argent aura pour effet une inflation encore jamais vue. Celle-ci bénéféciera aux propriétaires terriens : noblesse, bourgeoisie, Eglise.
La guerre
Les armes à feu changent la donne (cf plus bas). Les armées changent aussi de taille : batailles entre armées de 20.000 hommes chacune. On n’avait jamais vu ça ; on est entré dans une nouvelle période.
L’Eglise et la religion : la Réforme
le contexte initial
Profonde angoisse spirituelle.
Péchés + malheurs (peste, disettes, schisme, Turcs,…) font croire à une punition divine. Peur de la fin du monde.
Les chasses au sorciers et sorcières sont plus fréquentes qu’au MyA.
Abus de l’Eglise (richesse excessive, luxure, incompétence religieuse des prêtres).
1517: Luther, le déclenchement
31 octobre 1517 : Martin Luther affiche ses 95 thèses sur la porte de la chapelle du château de Wittemberg (Saxe). Elles dénoncent la vente des Indulgences (dont le Pape, avec l’aide des banquiers Fugger, se sert pour financer la construction de la Basilique St-Pierre). Les Indulgences sont censées absoudre certains péchés et supprimer une partie des peines du Purgatoire.
Il traduit ses thèses en allemand et les fait diffuser. Importance de l’imprimerie pour la diffusion des idées de Luther en Europe.
1521 : Luther est entendu par la Diète (= l’Assemblée) de Worms, puis relâché. Il est excommunié par le Pape qui le réclame ; Ch Q le banni de l’Empire ; mais il a déjà trouvé refuge chez son prince le Duc de Saxe.
1522 : Luther traduit la Bible du latin en allemand.
1523 (à vérifier) : le mot « protestants » apparaît : ce sont les princes allemands qui « protestent » contre Ch Quint qui vient de revenir sur son autorisation de la Réforme.
1524 : querelle Luther / Erasme sur le libre-arbitre. La Réforme et l’Humanisme trouvent ici leur point de rupture. Pour Luther, l’homme est fondamentalement déchu par le péché original et ne trouvera de salut que par la grâce divine. Luther n’est pas un humaniste.
Se marie. Meurt en 1546.
En Suisse : Zwingli
1523 : à Zurich, Zwingli, autre réformateur, plus radical que Luther. Il entraîne Zurich dans la rupture avec l’Eglise. Sa lutte est aussi politique pour l’indépendance de la Confédération suisse.
Conflit avec Luther car Luther accepte la ‘présence mystérieuse’ du Christ (transsubstantiation) dans le pain et le vin de « l’eucharistie ».
Meurt en 1531 dans une expédition guerrière des cantons suisses protestants contre cantons catholiques.
En Suisse : Jean Calvin
Bien que Français, c’est depuis la Suisse qu’il agit et se fait connaître.
1530 : Genève se converti à la Réforme.
1534 : après l’affaire des Placards et la répression qui s’ensuit en France, Calvin s’exile à Genève.
1536 : Calvin écrit Institution de la Religion Chrétienne. Il insiste sur :
- la transcendance de Dieu inconnaissable pour la raison humaine, d’où :
- l’acceptation de la prédestination
- la terreur devant Dieu
- l’adoration de Dieu
1538 : chassé de Genève par une partie de la population hostile à sa rigueur morale.
1542 : rappelé à Genève où il fonde un état théocratique (Eglise et Etat se confondent) où règne l’ordre moral le plus strict. Genève sert de point de départ à la diffusion du calvinisme dans toute l’Europe, et surtout en France.
Catholicisme, Luthérianisme, Calvinisme : la question du Salut des âmes
Doctrine catholique : le baptême permet d’effacer le péché originel (d’Eve) ; à partir de là, le salut de l’individu dépend de ses actions (ses « œuvres ») et de ses repentirs : libre-arbitre de l’individu.
Luthéranisme : 3 points fondamentaux :
- la Bible
- la Grâce (don gratuit de Dieu) : seulement à certains puisque c’est un don gratuit
- la Foi : croyance que la mort de Jésus a effacé nos fautes.
Réfute le libre-arbitre ; l’Homme est fondamentalement pécheur (depuis la chute d’Adam et Eve), il ne peut rien faire pour son salut, celui-ci ne peut venir que de la grâce divine que Dieu accorde à qq’uns qui croient en Lui : doctrine de « la justification par la foi ».
Ne reconnaît que l’autorité de la Bible, ne retient que 2 sacrements : le baptème et la communion, rejette le pouvoir du Pape, rejette le culte des Saints et des reliques (ça sera un point très impt dans les conflits religieux populaires)
Calvinisme : doctrine de la double-prédestination, qui va plus loin que le luthéranisme : quoi que les individus fassent (bonnes œuvres ou péchés), certains sont prédestinés à être sauvés, les autres prédestinés à être damnés.
Rejette la « transsubstantiation » (doctrine de l’Eglise selon laquelle l’ostie et le vin sont corps et sang du Christ), pour calvinistes la communion = la cène = partage du pain et du vin.
La propagation de la Réforme en Europe
Importance de l’imprimerie.
Vers 1560, la moitié de l’Europe est passée au protestantisme.
- en France et en Ecosse : calvinisme
- aux Pays-Bas : elle est aussi liée à la lutte contre la présence espagnole. 1566, la « furie iconoclaste ».
- en Angleterre : schisme anglican.
La réaction du Pape et le Concile de Trente
1542 : le Pape crée le St Office (= Inquisition romaine) pour lutter contre la Réforme.
1545 - 63 : Concile de Trente (en Italie) pour redéfinir le dogme et les règles de l’Eglise catholique. Il se réunit, avec de nombreuses difficultés, 25 fois durant 18 ans, sous 4 Papes successifs. Les Réformés refusent d’y participer. Le Concile de Trente ne règle donc pas divorce entre orthodoxie et Réforme, mais il accomplit une œuvre doctrinale profonde qui donnera à l’Eglise catholique son visage jusqu’au XXè s.
Les guerres de Religion (plutôt 2ème moitié 16ème)
- en Allemagne : 1522 - 55
- en France : 1562 - 1598
- aux Pays-Bas : 1568 -1609
Les solutions aux conflits :
- en Allemagne : les sujets doivent adopter la religion de leur prince
- en France : Edit de Nantes
- aux Pays-Bas : culte catholique public interdit
- en Italie et Espagne : protestants persécutés par Inquisition
L’Eglise et la religion : autre
1522 : les 1ers missionnaires arrivent au Mexique
1529 : les Capucins
Partcipent au renouveau de l’Eglise Catholique.
1533 : le schisme anglican
voir Angleterre
1540 : Ignace de Loyola fonde la compagnie de Jésus
Dominicain. Pratique l’ascétisme (=> états d’oraison). Voyage (1523).
Fonde une association contemplative et active, et rédige les Exercices Spirituels pour ses disciples.
1540 : fonde la compagnie de Jésus => les Jésuites. La règle est d’obéissance absolue au Pape.
1542 : François Xavier, jésuite au Japon (2 voyages).
Les sciences, techniques et inventions
Les armes à feu
Les armes à feu sont apparues au cours de la guerre de Cent Ans et connaissent un essor spectaculaire au 16è s.
Progrès dans la production de poudre (mieux tamisée, elle n’explose plus n’importe quand et devient donc utilisable).
L’arquebuse (ancêtre du fusil), et le canon révolutionnent l’art de la guerre : l’infanterie devient plus importante que la cavalerie, et la stratégie plus importante que la bravoure individuelle. Le canon en fer remplace le canon en bronze.
Les boulets : au début ils étaient en pierre et éclataient souvent avant d’arriver sur l’objectif. Puis en bronze, puis en fer, puis creux remplis de poudre = invention de la bombe (décrite dès 1472).
Le rôle de l’artillerie a été capital à la bataille de Marignan. C’est la 1ère gde victoire des canons (des Français) sur l’infanterie (de mercenaires Suisses).
Par ailleurs, comme ces armes coûtent cher, et comme on fait de plus en plus appel à des mercenaires (les meilleurs sont les Suisses ou les Lansquenets allds), l’argent devient plus que jamais le nerf de la guerre.
Les bateaux aussi seront équipés de canons. Au début ils déséquilibrent les bateaux, puis on les place à l’intérieur de la coque (ils sortent par des ouvertures : les sabords (Mille sabords !)), ce qui conduit à remplacer les galères à rameurs par des bateaux à voiles. Mais les galères ne furent totalement abandonnées qu’au 18ème.
Le pistolet apparaît vers 1540.
Les nouvelles fortifications : les bastions
Les fortifications s’adaptent aux nouvelles armes à feu : plus épaisses et moins hautes (pour y placer des canons défensifs), elles forment des angles saillants. Ex : St-Paul de Vence, Vérone (Italie).
1506 : le premier globe terrestre
Le Portugais Behaïm a l’idée de reporter la carte du monde sur une sphère.
Naissance de la Médecine moderne
Au My-A, l’Eglise interdit la dissection des cadavres. Celle-ci commence néanmoins à se pratiquer aux 11è-13è siècles, mais seulement dans des cas exceptionnels.
1528 : Paracelse commence à révolutionner la médecine. Scandale => expulsé de Suisse.
1543 : Vésale invente l’anatomie moderne. Il déterre les cadavres et décroche les pendus de Montfaucon pour faire des dissections et des dessins. Il devient médecin de Ch Q. Mais il a des ennuis avec l’Inquisition.
Un peu plus tard, Ambroise Paré invente la chirurgie moderne (voir 2ème moitié du 16ème).
Astronomie
1543 : Copernic : théorie de l’héliocentrisme (contre celle de Ptolémé), à Nuremberg.
Le verre blanc : vitres, miroirs, lunettes, longues-vues
L’invention du verre ‘blanc’ à Murano près de Venise vers 1460 (jusque là le verre était verdâtre) a des conséquences au 16ème s :
- les vitres remplacent les papiers translucides,
- des lunettes, fort utiles aux intellectuels. Ce sont des lunettes pince-nez, les lunettes à branches apparaissent au 17ème. Les premières lunettes étaient apparues dès le 13ème et étaient en cristal.
- les premières longues-vues, ce qui allait bouleverser l’astronomie… et la philosophie anthropocentriste.
C’est encore à Murano vers 1500 qu’on invente le miroir (couche d’étain derrière une plaque de verre).
Les mines et le travail des métaux, l’argent
Mines : l’invention
- de pompes permettant de vider l’eau des galeries des mines
- de systèmes d’aération des galeries
- de chariots pour sortir le minerai
permettent un renouveau des exploitations minières.
Parallèlement, progrès dans la métallurgie : argent, étain, bronze, fonte.
Argent : important progrès avec la technique de l’amalgame (mélange avec du mercure qui permet de séparer l’argent des autres minerais), ce qui permet une plus grande production d’argent. Cette invention tombe à pic… au moment où les Espagnols découvrent Potosi au Pérou, la plus grande mine d’argent du monde et de l’Histoire.
Fer et fonte : les hauts-fourneaux permettant une forte chaleur et une oxydo-réduction du minerai donnant de la fonte sont apparus fin 14ème. Mais ils se répandent en Europe dans la 2ème moitié du 16ème.
Autres inventions ou perfectionnements
Les premières horloges à aiguilles apparaissent vers 1280, mais 2ème moitié du 16ème on les perfectionne et on construit des horloges portatives (qui restent très imprécises jusque fin 17ème).
Le rouet (apparu avant 1400, se répand au 15ème) est doté d’une pédale et d’une bielle.
Le tricot de la soie, pour les bas appréciés par les aristocrates.
Léonard de Vinci (entre autres mille choses) cherche à mécaniser le tissage.
L’architecture
Arcs en plein cintre, galeries à arcades, plafonds à caissons, guirlandes sculptées, médaillon avec tête, chapiteaux de colonnes de style gréco-romain ou fantaisistes,
Les châteaux de la Renaissance en France
Le château de Fontainebleau (Fçs 1er et Henri II)
Les châteaux de la Loire : Chambord (1519-1550, Fçs 1er ), Blois, Chenonceaux, Azay-le-Rideau,
Reconstruction du Louvre commandée par Fçs 1er (puis Henri II) : Pierre Lescot (cour carrée) et Jean Goujon.
1506 – 1626 : Basilique St-Pierre de Rome
Aux 14è et début 15è, Rome est restée à l’abandon. Jules II veut lui redonner de l’éclat et commande la construction d’une nouvelle basilique autour du tombeau de St-Pierre, le 1er pape. Pour la financer, le pape offre des Indulgences : rémission des péchés contre de l’argent => déclenchement de la Réforme.
Les travaux commencent avec Bramante et sont repris par Michel Ange (notamment il dessine la coupole). Ils durent 120 ans (avec des périodes creuses). Raphaël et Michel Ange (chapelle Sixtine, 1512) participent à la décoration. Coupole : 145 m de haut (moitié tour Eiffel !)
Bramante construit aussi au Vatican.
A Rome
Rome connaît le plus spectaculaire embellissement urbain. Sont construits ou refaits : 54 églises et 60 palais en 100 ans.
1506-1530 : l’abbaye de Brou (à Bourg-en-Bresse), pour Marguerite d’Autriche.
La peinture et la sculpture
techniques
Perspective et profondeurs : suites et perfectionnement. Trompe l’œil. De Vinci : le sfumato.
du portrait, du nu et du paysage.
peinture à l’huile, mais encore bcp de fresques.
à Florence
Michel Ange (1475-1564) : Sculpture de David, fresques chapelle sixtine : plafonds (1509-12) & Jugement dernier (1536-41), tombeaux des Médicis.
Léonard de Vinci ( - 1519) : 1505 : Mona Lisa la Joconde, (achetée par Fçs 1er , raison pour laquelle elle est au Louvre).
à Venise
Le Titien (1490-1576) : naissance de la painture moderne ; longue vie ; très célèbre ; portraits de tous les ‘grands’
Le Tintoret (1518-94).
Véronèse (1528-88) : Les Noces de Cana, 1563 (musée du Louvre)
à Rome
Raphaël (1483-1520)
en Allemagne
Dürer : voyages en Italie (Venise, 1495 ), il rapporte en Allemagne l’influence italienne.
Nouvelle manière de peindre le corps humain. C’est aussi le premier à faire des aquarelles avec un sujet de paysage. Il apporte à la gravure des sommets encore jamais atteints. Il était aussi spécialiste en fortifications militaires…
aux Pays-Bas
Jérôme Bosch (1450 – 1516) : monstres,flammes infernales, scènes cauchemardesques
Bruegel l’Ancien ( ?-1569) : cas à part : il ignore l’Antiquité et l’Italie, et peint le peuple flamand.
en France
Jean Goujon :
- Fontaine des Inocents (pl St Michel), pour l’entrée solennelle d’Henri II à Paris en 1549 ;
- Le Louvre
l’Académisme et le maniérisme
Imitation des grands maîtres de la Renaissance. Parfois il donne des chefs-d’œuvres :
Le Greco (1541-1614), à Tolède : peinture tourmentée, sombre, cf esprit angoissé de la Réforme.
La philosophie
Erasme (1469-1536) : c’est le meilleur représentant de l’humanisme chrétien du 16ème. Né à Rotterdam, il vit dans pls pays. C’est chez son ami Thomas More en Angleterre qu’il écrit L’Eloge de la folie.
La littérature
en France
Clément Marot.
La Pléiade : face à la pléthore de poètes qui reprennent continuellement et en latin les thèmes antiques, se lève une école de langue française, La Pléiade, avec notamment :
Ronsard (1552), qui fut aussi poète à la cour d’Henri III,
et Du Bellay : 1549, Défense et illustration de la langue fçse.
Rabelais (1532 : Pantagruel),
La Boétie sur la liberté individuelle et la confiscation de cette liberté par le pouvoir politique (1548).
en Angleterre
Thomas More : L’Utopie (1516), un des ouvrages les plus lus de la Renaissance, et modèle pour nbx écrivains jusqu’au 18ème. « Utopie » = « nulle part ». Egalité totale et abolition de l’argent.
en Italie
Machiavel : Le Prince. Inspiré par César Borgia, le livre traite de l’acquisition du pouvoir. Machiavel fut homme politique pd la République à Florence. Il écrit Le Prince après le retour des Médicis.
Arioste : Le Roland furieux (poème, 1516) est un des plus grands succès de librairie de l’époque (et inspira les fêtes de Versailles, plus tard).
La musique
en France
Josquin Desprez (1440-1521) : la charnière
A la fin du My-A, les arts sont codifiés pour exprimer la Beauté Universelle qui est le reflet de la perfection divine. L’Art est un symbole, régi par des principes (numériques, physiques) :
- architecture (harmonie des proportions).
- musique : l’Ars Perfecta, dont la figure maîtresse est le Français Josquin Desprez ou Des Prés (1440-1521), et qui repose sur 4 principes :
- polyphonie : superposition de lignes musicales
- contrepoint (point contre point = note contre note) : superposition de plusieurs mélodies ; chaque note d’une voix se réfère à une autre dans une autre voix
- une mélodie de référence (généralement « tenue » par le « tenor »)
- harmonie : recherche d’un équilibre parfait ; dissonance strictement codifiée.
Usage de nouveaux instruments jusque-là honnis : trombonnes, sacqueboutes (= tire-pousse, ancêtres du trombonne à coulisse), violes de gambe (ancêtres du violoncelle) ; voix féminines ; accords majeurs à 3 notes.
JDP fut maître de chapelles princières en Italie.
Fernand Braudel : La Méditerranée au temps de Philippe II ;
Marguerite Yourcenar L’œuvre au Noir ;