HISTOIRE DE L'ARGENTINE

1930 - 1955 : LES MILITAIRES, PERON

auteur : Reno (brazihou@yahoo.fr), d'après la lecture de Felix LUNA et les cours à l'université de Buenos-Aires



1930 - 1943 : LE COUP D’ETAT CONSERVATEUR – IRRIBURU ET JUSTO

 

En Europe, installation des idéologies anti-démocratiques

Mussolini en Italie, dictature de Primo de Rivera en Espagne, montée du nazisme en Allemagne, Staline en URSS.

 


Yrigoyen est victime d’une vaste campagne.

Bien qu’il ne les aie jamais attaquées ou même genées, les classes conservatrices (qui possèdent les journaux) haïssent Yrigoyen. Le gvt de Y ne répond pas et laisse monter la tension contre lui. Le peuple se met à rejeter les radicaux. On parle ouvertement de révolutions.

 

2 conspirations se mettent en place :

-         une conspiration fasciste, qui prend le Gal IRRIBURU pour représentant (mais il n’a pas vraiment d’envergure et est une marionette)

-         une conspiration conservatrice, menée par le Gal JUSTO.

 


Le coup d’état de 1930

1)       IRRIBURU, à la tête d’une compagnie de Cadets, arrive à la Casa de Gobierno et prend le pouvoir aussi simplement que ça (le fruit était mûr...)

2)       mais IRRIBURU doit laisser le pouvoir à JUSTO, cad aux conservateurs

3)       élections : le Parti Radical est majoritaire !!! Surprise !!

4)       la fraude : les putschistes ne peuvent accepter cette situation. Ils annullent le résultat des élections et finalement JUSTO est “élu” Pdt en 1932.

5)       Les Conservateurs gouvernent pd 10 ans. Politique de classe.

 


Les effets de la crise de 1929 furent très douloureux, mais une fois passée la crise, l’optimisme reprit et la décénie fut assez prospère.

 



L’Argentine des conservateurs maintien une position neutre dans le conflit mondial, jusqu’à ce que les USA réussissent vers la fin (1944-45) a l’obliger à se ranger du coté Allié.

 

 
 

RÉSUMÉ

Le gvt Radical représente assez bien l’expression démocratique de la volonté populaire.  Mais une politique populaire semble être, par nature, en conflit avec les intérêts des conservateurs (question de pouvoir ? d’intéret économique ? ou question psychologique : une élite incapable d’accepter d’être mélangée a la masse ?).

Les conservateurs sont ultraminoritaires. Ils ne peuvent pas reprendre le pouvoir de manière démocratique. Ils le reprennent par une double négation de la démocratie : un coup d’état (le changement de gvt par les armes) et une fraude électorale.

Les conservateurs vont gouverner pd 10 ans, en pratiquant une politique de classe : préserver leur classe des difficultés de la crise de 1929, et faire retomber ces difficultés sur le peuple.

Pour l’Argentine, le coup d’état de 1930 et la décénie suivante est un double retour en arriere : rupture du cadre démocratique et légal, et retour a une politique en faveur de la classe aisée.

 

 

 

 

1943 - 1955 : Juan PERÓN

 

Le coup d’état militaire de 1943
Jusqu’en 1942, les totalitarismes d’extreme-droite ont le vent en poupe, et en Argentine pls secteurs pensent que l’Argentine peut tirer profit d’une victoire de l’Axe. 

D’un autre coté, la démocratie a été tellement truquée en Argentine qu’il ne se trouve presque plus personne pour la défendre encore...

A partir de 1942, la situation commence a se retourner :

-         les Allemands perdent la bataille de Stalingrad... et 600.000 hommes !

-         les Japonais sont en train de perdre la guerre du Pacifique contre les USA.

 

 

La crise de 29 puis la guerre font se développer la petite industrie locale, à cause des difficultés pour importer. Cela génère en même temps un exode rural et la création d’un nouveau prolétariat qui crée avec lui un autre état d’esprit qu’en 1930, d’autres idées, d’autres revendications.

 

Nationalisme : dans les classes aisées,  chez les militaires et les intellectuels se développent une idéologie et un sentiment nationalistes, pour protéger l’industrie locale et moins dépendre de l’Angleterre (et des USA dans une moindre mesure).

 

 

Le secteur militaire est pret pour un putsch :

-         il est nationaliste par affinité idéologique,

-         mais aussi par intéret économique : car depuis qq années, l’armée a développé un secteur d’activités industrielles

-         il méprise la classe politique corrompue et frauduleuse, ne croit pas la démocratie capable de mener le pays ou il faut, et aspire a une rupture purificatrice, aux valeurs aristocratiques.

 

 
Le putsch de 1943 :

Les éléments déclencheurs du putsch sont encore une fois de la cuisine politicienne de candidatures à la présidence. Ils ne sont pas fondamentaux : la situation tendait de toutes façons vers ça.

Le putsch se passe très facilement : la troupe de Campo de Mayo avance sur la Casa de Gobierno, le Pdt fuit, l’armée prend le pouvoir.

 

 

Un gvt militaire nationaliste, improvisé, et vite rejeté

même par les secteurs qui au début le voyaient d’un bon oeil : il apparait vite que les militaires qui ont pris le pouvoir l’ont fait par rejet de la politique qui était menée, mais qu’ils n’ont pas d’alternative politique cohérente et claire. Ils prennent des mesures inefficaces et vite rejetées par de nbx secteurs :

-         cadeaux aux secteurs nationalistes

-         enseignement religieux obligatoire

-         dissolution des partis politiques

-         persécution des intellectuels

-         état de siege (quelle date? levé en 1945)

 

 

Juan Perón Ministre du Travail

Perón est un jeune colonel qui faisait partie du groupe de militaires putschistes. Des 1943 il est nommé Ministre du travail, ou il fait de nbes choses. Surtout, il s’allie avec une branche de la CGT, au sein de laquelle il se construit un pouvoir :

-         persécute communistes et socialistes au sein de la CGT

-         crée des syndicats dans de nouveaux secteurs

-         augmentations de salaires

-         congés payés et lois sociales


Une action très importante fut de syndicaliser des secteurs qui ne l’étaient pas traditionnellement (nouveau prolétariat venu de la campagne), et de les syndicaliser en dehors des courants socialistes ou anarchistes. Une espèce de syndicalisme paternaliste, organisé depuis le Pouvoir (le Ministère).

 

L’action de Perón est le seul point positif de ce gvt.

 

 

La neutralité de l’Argentine et ses conséquences

Pour les militaires, la neutralité dans la guerre mondiale est une affaire de principe nationaliste : c’est l’expression de l’indépendance nationale. En 1944, les USA réussisent à obliger (chantage) le gvt a se ranger du coté Allié. En 1945, l’Argentine déclare la guerre a l’Allemagne et au Japon, déja vaincus : c’est la condition nécessaire pour pouvoir entrer à l’ONU.

En 1945, l’ambassadeur des USA est bien décidé à faire tomber le gvt argentin : les USA ne se sont pas battus (en payant fort cher) pour laisser des foyers pro-nazis en Argentine !...

 

 

 

 

1945 : chute du gvt militaire et soutien populaire a Perón

 

En 1945, il y a une forte pression pour réclamer la démission du gvt, et en particulier de Perón, pression exercée par pls secteurs :

-         l’ambassade des USA

-         l’opposition

-         les intellectuels universitaires

 

Les militaires cherchent un accord avec les Radicaux pour quitter le pouvoir sans suites judiciaires. N’y arrivent pas.

Marche de la Constitution et la Liberté.

Tentative échouée de coup militaire a Cordoba.

 

Le 8 octobre 1945, le gvt militaire tombe et Perón est emprisonné. C’est la troupe militaire de Campo de Mayo, celle-là même qui avait mis ce gvt au pouvoir, qui le fait tomber sous la pression de l’opposition.

Le 17 octobre 1945, les masses populaires se rassemblent Plaza de Mayo pour réclamer la libération de Perón. L’armée laisse faire.

 

C’est le début d’une nouvelle donne politique : une relation d’un nouveau type, directe et affective, entre un dirigeant et les masses populaires.



Perón construit son pouvoir

Perón va construire son pouvoir en s’appuyant sur :

-         le soutien populaire

-         le Parti Ouvrier, nouvellement crée par des dirigeants syndicaux

-         certains radicaux, qui connaissent bien le milieu politique (le Who’s who)

-         des conservateurs ralliés a Perón (les Centres Civiques Colonel Perón)

-         les secteurs nationalistes (appui invisible mais important)

-         la sympathie de l’Eglise

 


L’opposition est formée par les Radicaux, les Socialistes, le Parti Démocrate Progressiste, et une bonne partie des conservateurs. C’est le front qui n’avait pas su se former pour les élections de 1943 (avant le coup d’état).

 

 

1946 : l’élection de Perón

 

Campagne violente.

 

Perón représente la nouvelle donne politique, de nouvelles idées et de nouvelles pratiques, dans un contexte mondial et national :

-         un homme neuf : les autres, les vieux, représentent un systeme corrompu, fatigué, qui ne peut pas donner l’espoir d’un changement.

-          un projet social : son action au Ministere du Travail

-         un homme moderne : autre facon de parler, de s’habiller, de se présenter en couple [cf Kenedy ?]

-         des idées politiques a la mode dans le contexte international : le role important que l’Etat doit jouer dans l’organistaion sociale et économique d’un pays (cf en France le CNR)

-         Perón bénéficie aussi d’une conjoncture nationale favorable (plein emploi, pas de dégats de la guerre, prosperité économique)

Mais c’est aussi (c’est surtout ?) l’homme qui convient a la bourgeoisie qui, avec l’accumulation de capital réalisé pd la guerre, veut réorienter l’économie du pays (l’industrialiser) et lui faire jouer un nouveau role dans le capitalisme mondial.

Perón est élu avec 52 %. Mais le systeme électoral lui donne la quasi totalité des pouvoirs a l’Assemblée, au Sénat, dans les Provinces.

Il a 50 ans.

 

 

 

1946 – 1952 : le 1er gouvernement Perón

 

 

A) L’ÉCONOMIE

 

Perón met en place une politique économique nationaliste, avec une forte intervention de l’Etat (comme en France et en Angleterre à la meme époque, après la guerre). L’Etat :

-         rachète la dette externe du pays. L’Argentine de cette époque est riche : riche en argent (elle a accumulé des réserves pd la guerre) et riche en production (elle exporte bcp de céréales vers une Europe qui a une forte demande).

-         prend en charge toute une série de services publics, en rachetant des compagnies privées ou en créant de nouvelles compagnies publiques : trains, gaz, production et distribution d’énergie, transport fluvial, transport aérien (intérieur et extérieur), commerce extérieur : c’est l’Etat qui achete céréales, oléagineux et viandes aux producteurs et les revend a l’extérieur (en se faisant une grosse marge), et qui, avec l’argent des exportations achete les produits manufacturés importés (il y a donc l’intervention dans les échanges commerciaux d’une bureaucratie qui sera forcément néfaste). NB : Cette politique commerciale revient a transférer les richesses du secteur agricole vers le secteur industriel.

-         prend en charge le contrôle de la politique monétaire, nationalisation de la Banque Centrale (et les banques privées deviennent soummises aux regles fixées par la BC, ce qui n’était pas le cas). Idem secteur des assurances.

-         devient patron dans de nbx secteurs industriels (confiscation d’entreprises allemandes)

-         subventionne certains secteurs, régule les prix, etc.

 

=> Forte augmentation du nombre des agents publics (et donc coût).

Et bureaucratisation dans tous les secteurs (avec ses effets néfastes : pesanteurs, micro-pouvoirs, corruption, etc.)

 

La contradiction fondamentale du peronisme :

Bien que Perón soit populiste, populaire, et qu’il s’appuie sur les masses ouvrières, sa politique est fondamentalement au service de la bourgeoisie et du capital. Le peronisme prétendra abolire la lutte des classes grace à l’intervention d’un Etat “sage et juste” qui donne à chaque partie (la classe exploitante et la classe exploitée) une juste part des profits. Dans un premier temps les ouvriers recevront des avantages, mais dès que les difficultés apparaîtront, le peronisme servira tjs la bourgeoisie :

-         rien n’est fait pour vraiment sortir du systeme d’exploitation des ouvriers.

-         p ex : le peronisme refuse de reconnaître le droit de grêve dans la Constitution

-         l’Argentine ne peut  pas s’affranchir de la domination des métropoles impérialistes car elle n’a pas d’industrie lourde (et pas de capitaux pour investir dans ce secteur). Elle cherche seulement à occuper une place de leader au sein du syt capitaliste en Am du sud.

 

Mais très vite apres la guerre, cette politique économique se heurte à la realité internationale :

-         la situation du pays à l’arrivée de Perón : le pays semblait se porter très bien (exportations, plein emploi, prospérité), mais en vérité l’économie argentine avait déja atteint ses limites : manque de capitaux pour se moderniser, production d’énergie déja insuffisante, réseaux de transports déja vieux, agriculture non-moderne, industrie au max de sa production et sans investissement de modernisation.

-         la politique économique de Perón reposait sur l’idée que le pays pouvait se suffire à lui-même (qu’il pouvait être indépendant pour sa production et pour ses capitaux grâce à la bourgeoisie locale). Mais très vite après la guerre, le système économique mondial se restructure, le libre-échange est la regle (accords de Bretton-Woods), et la politique économique de l’Argentine ne convient plus.

-         en particulier les USA subventionnent très fortement leur production agricole, ce qui porte un coup terrible aux exportations agricoles de l’Argentine.

-         de plus, le pays n’a plus de réserves d’argent (avec tout ce qu’il a racheté : dette et industries).


Pour maintenir cette politique, Perón fait 2 paris (qui seront perdus) :

-         une 3eme guerre mondiale USA – URSS

-         une bourgeoisie nationale qui pourrait investir dans l’économie nationale.

 

Vers 195 cette politique n’est plus tenable : le pays est en train de se ruiner et se prépare une inflation de 30%. Mais le peuple ne le sent pas encore. Au contraire, il profite de ses bénéfices : le pouvoir d’achat a augmenté, la vie est plus facile.


 


B) LA POLITIQUE

 

-         Politique autoritaire et populiste.

-         Refonte des vieilles structures politiques pour créer un Parti Peroniste tres fort, dévoué au chef. Adhésions obligatoires des fonctionnaires et assimilés.

-         La CGT fait partie de l’appareil politique du peronisme. Mais aussi la Confédération Générale Universitaire, les Forces Armées, l’Education, le Sport.

-         Tendance vers le Parti Unique.

-         Forte pression sur l’opposition qui ne peut pas s’exprimer librement. Perón a toujours eu une attitude tres agressive envers l’opposition ; ses adversaires sont des ennemis (prison, exil, interdits de paroles, ...). Il a envers eux un discours violent, voire irrationnel (les pendre, etc.)

-         Perón achete les radios, les journeaux, les revues. Tres fort controle de l’information, non pluralisme. Propagande.

-         Evita a renforcé le fanatisme peroniste

 

-         ... et le soutien des masses populaires (a chaque fois environ 60% aux élections, et nbx rassemblements populaires réguliers)

 


Evita

-         fait le lien entre le gvt et le mvt ouvrier (syndical)

-         est la chef du Parti Féminin (électorat nouveau, moitié de l’électorat, importance considérable)

-         dirige la Fondation Evita, sorte de Ministere des Affaires sociales

-         insufle la mystique peroniste

 

 

L’opposition

- institutionelle :

-         les Radicaux traditionnels : Arturo Frondizi, Ricardo Balbín. C’est le groupe d’opposition le plus fort.

-         les Radicaux “révolutionnaires”

-         Les conservateurs, et les socialistes, sont quasi inexistants. Les communistes sont interdits.

- dans la société :

-         la classe élevée, qui n’accepte pas la politique sociale de Perón (et ses conséquences, p ex : voir les masses populaires aller en vacances au bord de la mer, ce qui était jusque là un privilege de la classe riche)

-         le milieu rural, désavantagé par la politique pro-industrielle de Perón

-         l’Armée : il y a une importante opposition à Perón au sein de l’armée

 

 

 

1948 : Perón fait déstituer tous les juges de la Cour Supreme (sauf un) : Perón (et ses amis politiques) ne veut aucun obstacle à sa politique, il veut une Cour Suprême à sa botte qui entérine toutes les lois qu’il promulgue.

 

1949, Réforme de la Constitution pour permettre la réélection de Perón : la Constitution de 1853 interdit la réélection immédiate du Pdt ; en 1948 Perón lui même argumente contre la réélection. Mais qq mois plus tard, se met en marche le processus de Réforme de la Constitution. Le fond de la Constitution n’est pas changé et l’objectif est fondamentalement de modifier un article pour permettre la réélection de Peron. MAIS un autre article va aussi être modifié contre la volonté de Perón, et qui va constitutionaliser la politique économique d'Etat interventioniste et ainsi rendre bcp plus difficiles les réformes necessaires.

 

1951 : tentative de coup d’état militaire. Mais il n’y a pas de consensus dans l’armée. Echec.

 

 

Politique internationale

1949, Perón invente “la 3eme Position” (ni allié des USA, ni de l’URSS, refuse d’adhérer au FMI, a l’UNESCO, au FAO). Mais dans les faits et lors des votes a l’ONU, l’Argentine de Perón s’est toujours rangée du coté des USA.

 

 

 

 

1952 - 1955 : le 2ème gouvernement Perón

 

Le 2eme gvt de Perón met aussitot en place une sévere réforme de la politique économique (Plan d’austérité) :

-         relance de la production agricole, qui avait été très fortement penalisée par la politique interventioniste, bureaucratique et pro-industrielle

-         retour à une politique économique traditionnelle (abandon de la politique économique audacieuse, inovante, typiquement peroniste)

-         attraction des capitaux et des compagnies étrangers (conditions avantageuses aux investisseurs)

-         reculs sur les acquis sociaux dans les conditions de travail (il s’agit d’augmenter la productivité… en augmentant l’exploitation.)

Mais il est déja trop tard : la bourgeoisie ne fait plus confiance en Perón, trop sensible à la pression des masses.

 

 

En 1953, les USA font chuter le gvt du Guatemala qui avait fait une politique très sociale, une réforme agraire, et qui avait exproprié United Fruit. Le gvt de Perón se range derriere les USA, et met même en prison les fonctionnaires guatemaltèques venus chercher asil en Argentine !...

 

Scandale de corruption avec le secrétaire personnel de Perón, frere d’Evita. Perón le condamne publiquement. Il se suicide.

 

La tension monte.

-         on pose des bombes. Repression. Puis amnistie.

-         1954 : greves. Mais le gvt les cache, la population n’en sait rien.

 

 

En 1954, la situation semble être sans problème pour Perón : la réforme de l’économie a porté ses fruits et le pays va mieux (inflation 3%), l’opposition politique est pulvérisée, Perón controle toutes les structures du pays...

... et pourtant Perón va chuter tres rapidement.

 

 

1954, conflit avec l’Eglise : l’Eglise, défendant la bourgeoisie, se défie de + en + de p}. En 1955, création du Parti Démocrate Chrétien, ce qui est vu comme un défi. Perón réagit séverement, avec des discours et une campagne de presse, mais aussi avec des lois.

 

Le conflit avec l’Eglise débouche sur une tentative de coup d’état : bombardement de Plaza de Mayo (16 juin 1955) pour tuer Perón => 30 avions bombardiers, plus de 300 morts (la plupart des civils, dont de nbx militants de la CGT venus défendre p}), 1000 blessés !.

ð     réaction “populaire” : on brule de nombreuses églises dans la nuit. Si le gvt n’en a pas eu l’initiative, en tout cas il laisse faire.

La tentative de putsch vient de la Marine. L’armée de terre ne suit pas et c’est elle qui sauve le gouvernement. A partir de ce moment-la, p} est tributaire de l’armée de terre. Il aurait pu faire appel au soutien des masses, mais alors il aurait été tributaire d’elles. Entre les deux, p} (qui est un militaire) a choisi l’Armée. Il a déja perdu “le fond” du pouvoir.

Les militaires putschistes seront exclus de l’armée, puis réintégrés (avec des responsabilités) apres la chute de p}.

 

Une nouvelle fois Perón offre une amnistie (aux putschistes).

 

 

En 1955, la production agricole des USA (subventionnée) atteint 70% de la production mondiale => répercussions économiques sur l’Argentine.

 

 

1955, la chute de Perón

En 1955 Perón a un pouvoir quasi absolu.

Dans un premier temps il va offrir une “offensive pacificatrice” avec l’opposition, tenter de se montrer plus conciliant et lui offrir un espace d’existence et d’expression (amnisties, acces aux radios). D’abord l’opposition n’y croit guere, mais Perón donne des gages (il renvoie le Ministre de l’Intérieur, le chef de la Propagande, le chef de la Police). La pacification dure 2 mois.

Mais dans un 2ème temps il fait machine arriere : en Septembre Perón prononce un discours ultra-violent devant la foule Plaza de Mayo, du type : les opposants sont tous des ennemis et on en tuera 5 pour 1, etc.

C’est donc Perón lui meme qui pousse les opposants vers leur unique voie d’expression : le coup d’état.

 

Le 16 Septembre 1955, le Gal Leonardi prend une caserne a Cordoba. D’autres bases se soulevent. 3 jours... et ca suffit pour faire tomber le régime !…

-         cette fois le peuple ne sort pas pour défendre Perón. Et p} n’a pas fait appel a lui.

-         l’Armée de Terre affronte les rebelles, mais la résistance est forte.

-         Perón écrit sa lettre ou il laisse le pouvoir aux militaires pour qu’ils trouvent un accord avec les rebelles. Il refuse que ca dégénere en guerre civile. Cette lettre est prise comme une renonciation au pouvoir.

 

Perón se réfugie a l’ambassade du Paraguay. Puis s’exile en Espagne.

A ce moment-la, c’est l’homme le plus critiqué du pays, même par ses supporters qui lui reprochent de ne pas avoir défendu le Régime.


Et pourtant, 18 ans plus tard, il reviendra au Pouvoir…