Références bibliographiques :
JB : Jacques Bainville, Histoire de France
GL : Gaston Lenotre, Robespierre, 1964
FF : François Furet, La Révolution française
1 : Grandes dates (Que sais-je)
Louis XV renvoie Choiseul (Sec d’Etat aux Aff étrangères depuis 1758),
- qui n’a aucune autorité et se désintéresse des finances (gdes dates)
- qui soutenait les parlements et voulait intervenir avec l’Espagne contre l’Angleterre (Gde chrono et JB).
Il est remplacé par le Triumvirat : Duc d’Aiguillon, Terray, Maupeou.
naissance de Beethoven
Littérature : Sturm und Drang. La rencontre entre Herder et Goethe donne naissance à ce mouvement littéraire prônant le retour au sentiment en réaction au rationalisme des Lumières.
Musique : Boccherini (musicien italien s’inspirant du folklore espagnol) est considéré comme l’inventeur du quatuor à cordes, avec Haydn.
Le ministre Maupéou exile le Parlement de Paris en province et réforme de la justice (détails : voir Gde chrono). Il est soutenu par Louis XVI.
La Du Barry, nouvelle favorite de Louis XV. Dépenses qui choquent l’opinion. Querelles de clans.
Lavoisier analyse l’air.
1er partage de la Pologne entre la Russie (Catherine II), l’Autriche (Joseph II) et la Prusse (Fréderic).
Lavoisier découvre la conservation de la matière grâce à ses expériences sur la combustion.
Lagrange : addition à l’algèbre d’Euler.
2nd voyage de Cook dans les mers du sud (Nelle-Zélande) (1772-75).
Tea-party de Boston : la Nouvelle-Angleterre attendait de la métropole une attitude plus libérale en raison de son aide à la conquête du Canada. Mais au contraire la métropole renforce sa domination sur la colonie. En 1765 elle impose le papier timbré (forme d’impôt), qui provoque le boycott des marchandises anglaises en Virginie. En 1767, elle fixe un nouveau droit de douane sur le thé, dont les américains sont de grands consommateurs. En 1773, elle accorde le monopole du commerce du thé à la Cie des Indes. Des colons déguisés en indiens jettent les cargaisons de thé à la mer : c’est la Tea-Party, qui provoque une violente réaction et l’envoie de 10.000 soldats.
Regulating Act sur la Compagnie des Indes.
Le pape dissout la Compagnie de Jésus.
Séjour de Diderot en Russie.
Construction du 1er pont en fer (Angleterre).
Mort de Louis XV ; avènement de Louis XVI. Il prend conseil auprès de Maurepas, qui reste dans l’ombre, et nomme un cabinet compétent : Vergennes aux Aff étrangères, Turgot aux finances, Malesherbes, Miromesnil.
Turgot aux finances. Son plan pour rétablir les finances est celui du bon sens qu’ont déjà tenté ses prédécesseurs: économies dans les dépenses, meilleure répartition de l’impôt, suppression des exemptions et privilèges, mais qui se heurte toujours aux mêmes résistances de ceux qui ne veulent pas perdre leurs privilèges .
Il rétablit la libre circulation des grains pour remédier à la disette. Mais il se heurte alors aux intérêts des corporations qui contrôlent le petit commerce. Ses attentions à l’agriculture lui aliène aussi la bourgeoisie industrielle et financière.
Louis XVI rappelle les Parlements. Louis XV avait mené l’épreuve de force avec les parlements. Il défendait l’autorité royale face à la contestation de la noblesse. [Mais Louis XVI est ‘trop bon’ et trop peu politique : il rappelle les parlements car il estime qu’ils ont des droits eux aussi, sans poser le problème en termes d’objectifs politiques et de rapports de force.] Louis XVI rappelle le Parlement dans un souci d’apaisement, sans voir qu’il revient ainsi à la situation antérieure sans y apporter aucune solution. Il est donc normal qu’il revienne à la même situation de conflit, puisque rien n’a été réglé. « Le parlement rentra hautain tel qu’il était parti, hargneux. » (Michelet).
Une contradiction fondamentale dans l’exercice de gouverner. Cet exemple crucial du Parlement, illustre combien Louis XVI manque de la volonté d’exercer l’autorité politique. Il a nommé un ministère compétent, mais qui ne pourra mener sa politique de réformes que s’il exerce son autorité contre les résistances. Or Louis XVI, en même temps, veut une politique consensuelle, acceptée par les parlements. C’est une contradiction fondamentale, car l’alternative est : ou les réformes, ou le consensus. Or le pays a besoin de réformes. Il va gouverner ainsi pendant 15 ans avant que n’éclate la Révolution. Par crainte de la résistance, il provoque la révolution.
Goethe : Les souffrances du jeune Werther, jeune héros romantique qui ne trouve le repos que dans la mort. Succès européen immédiat.
Glück : Iphigénie.
En Amérique : le Québec Act accroît la tension entre l’Angl et les colonies.
Découverte de l’oxygène (par Scheele, puis Priestley).
Guerre des Farines : les mauvaises récoltes et la spéculation favorisée par la libéralisation du commerce provoquent une disette. Turgot réprime durement les émeutiers de la guerre des farines, et devient impopulaire (c’est l’occasion pour ses ennemis de faire pression contre lui).
Amérique : la fusillade de Lexington (19 avril) marque le début des affrontements armés entre les colonies américaines et l’Angleterre.
Beaumarchais : Le barbier de Séville
Parmentier vante les bienfaits de la pomme de terre et recommande sa culture.
Watt et Boulton commence à fabriquer des machines à vapeur en série.
Turgot est renvoyé. Turgot supprime les corporations et la corvée royale qu’il remplace par une taxe. Le Parlement tente de s’y opposer, mais Louis XVI soutient son ministre… avant d’être obligé de le lâcher face à la pression.
Mais les raisons de fond de la chute de Turgot (d’après JB), c’est que Turgot, en bon ministre d’un Trésor vide, veut la paix. Or d’autres considérations sur la situation peuvent conduire à penser que l’intérêt de la France est dans la guerre. Les colonies américaines viennent de se rebeller contre l’Angleterre, et c’est une chance à ne pas manquer pour lutter contre notre ennemi principal. Coûte que coûte… C’est l’avis de Vergennes, qui l’emporte sur Turgot.
C’est vrai que les intérêts vitaux de la France étaient en jeu : qu’on pense à ce qu’aurait été l’empire britannique s’il avait compris, en plus, les Etats-Unis… (JB). Mais c’est la guerre d’Amérique qui rendra la ruine insoluble, et par là la Révolution inévitable.
Malesherbes démissionne le lendemain du renvoi de Turgot.
Turgot est remplacé par Necker. Necker résout les difficultés financières de l’Etat par l’emprunt, qui marche bien grâce à sa réputation de banquier. C’est une solution qui satisfait tout le monde sur le moment car elle évite les impôts. Mais en faisant croire qu’il existe des solutions sans impôts, elle renforce encore la réticence (déjà immense) à en payer, et rend ainsi encore plus difficile de trouver une solution pour assainir la situation financière de l’Etat. Et ce sera un élément fondamental dans le déclenchement de la révolution : les Etats Généraux seront convoqués suite la ruine de l’Etat.
Rétablissement de la corvée et des corporations.
La révolution industrielle développe toutes ses conséquences après 1750. La machine à vapeur s’installe dans les industries. Bateau à vapeur navigue sur le Doubs. Les premiers rails en fer.
Création du premier syndicat ouvrier en Angleterre.
En Amérique : Déclaration d’indépendance des Etats-Unis (4 juillet). Washington commandant des Insurgents. La tension montre entre l’Angl et les colonies depuis 1765. Les colons amassent des armes et se réunissent plusieurs fois en Congrès, qui envoie au roi la Pétition du Rameau d’olivier. Les colons sont déclarés rebelles, et répondent par la Déclaration d’Indépendance. Retentissement immense dans le monde entier.
Benjamin Franklin vient à Paris demander, au nom des Insurgents, l’aide de la France contre l’Angleterre. L’opinion publique française s’enflamme et est favorable à une intervention française, sans en connaître le prix… Pour le moment, les emprunts de Necker pour financer la guerre marchent bien [pour le moment, tout va bien…].
Adam Smith : La richesse des nations. La source principale de la richesse est le travail (et pas seulement la terre et l’agriculture). Analyse de la loi de l’offre et de la demande. Théorie du libéralisme économique, contre la réglementation du commerce et de la production industrielle. C’est l’esprit des Lumières appliqué à l’économie, qui commence à s’imposer (en Angleterre, Turgot en France) et qui provoque un essor industriel et commercial qui profite aux bourgeoisies, mais pas aux peuples.
La Fayette et d’autres volontaires partent soutenir les insurgés en Amérique.
Parution du 1er quotidien français.
Création de la Caisse d’escompte.
Mort de Voltaire, puis de JJ Rousseau.
La France se décide à soutenir les insurgés américains et déclare la guerre à l’Angleterre. Avec ses troupes indisciplinées et une population qui compte encore beaucoup de loyalistes, Washington commence à perdre plusieurs villes. Mais sa victoire à Saratoga pousse la France à soutenir les insurgés.
Libéralisation du commerce entre l’Espagne et son empire.
Necker abolit le servage sur les domaines royaux.
Louis XVI et Vergennes maintiennent la paix en Europe. Ils ont retenu la leçon de la Guerre de 7 ans : pour lutter contre l’Angleterre sur les mers, il faut les mains libres sur le continent. Ils imposent alors leur médiation pour éviter une guerre entre la Prusse et l’Autriche (qui espérait que le conflit franco-anglais pourrait lui laisser les mains libres pour prendre des territoires à la Prusse).
Traité d’Aranjuez : la France entraîne l’Espagne contre l’Angleterre.
Et la Russie, tout en restant neutre, s’oppose à la marine anglaise pour défendre la liberté de circulation sur les mers.
Découverte de la photosynthèse.
La France en Amérique envoie 6 000 hommes (commandés par Rochambeau) et de l’argent. Combats navals.
Abolition de la question ordinaire (torture).
Necker est renvoyé. Emprunter c’est bien beau, mais ça ne règle pas la situation de fond : il faut réformer l’impôt. Or Necker rencontre encore et tjs la même résistance des parlements. Il décide alors de contourner l’obstacle (comme Maupéou avant lui) en créant de nouvelles chambres auxquelles seraient transférées des prérogatives des parlements. Vive réaction. Pour répondre aux critiques contre lui, Necker publie les comptes du Trésor (Compte Rendu au roi). Mais l’opinion en retient surtout les dépenses jugées exagérées de la Cour et Louis XVI doit le renvoyer. Pourtant Necker avait fourni une présentation des comptes bien loin de la réalité, cachant littéralement la profondeur vertigineuse du déficit.
Le Parlement de Paris fait brûler un livre collectif dans lequel Diderot fustige la tyrannie et l’esclavage.
En Amérique : les insurgés remportent la victoire de Yorktown, qui marque la défaite anglaise définitive. L’aide des troupes françaises de La Fayette et Rochambeau a été décisive.
Autriche : Joseph II abolit le servage.
Kant : Critique de la Raison pure, 1ère édition
Herschel découvre la planète Uranus.
Mozart fait jouer ses premières pièces importantes qui connaissent un succès.
Schiller : Les Brigands, procès d’une société corrompue où règne l’injustice. Succès.
Choderlos de Laclos : Les liaisons dangereuses. Succès immédiat.
Le traité de Versailles met fin à la guerre en Amérique, et remet en cause la suprématie de l’Angleterre. L’Angleterre doit reconnaître l’indépendance des EU et doit céder à la France ses possessions aux Antilles et au Sénégal (qui sera le point de départ de l’empire français en Afrique). Cette victoire montre que la France a su rivaliser avec l’Angleterre, y compris sur les mers, grâce à une flotte reconstituée et qui a su tenir tête à la flotte anglaise sur toutes les mers (océan indien, etc.). Suffren s’est illustré comme un de nos plus grands marins. (JB)
Mais si la suprématie de l’Angleterre est entamée, l’équilibre des forces reste fragile. Rien n’est réglé définitivement. Chacun rentre chez lui refaire ses forces et observe les progrès de l’autre. L’Angleterre ne peut pas laisser la France lui contester la maîtrise des mers, puisque ce serait lui contester le contrôle du commerce mondial, autant dire le fondement de sa prospérité. Quand éclate la Révolution fçse, celle-ci sera pour l’Angleterre ce qu’a été pour la France la Révolution américaine : l’occasion à ne surtout pas manquer. L’Angleterre y mettra toutes ses forces, et n’acceptera pas la paix tant que la France ne sera pas définitivement vaincue (à Waterloo). (JB)
Calonne aux finances. Après deux ministres en deux ans depuis Necker, qui n’ont pas non plus trouvé de solution. Face aux difficultés financières, il poursuit la politique d’emprunt de Necker, essaie de ménager la chèvre et le chou et consent à des dépenses pour la Cour, notamment Marie-Antoinette qui ne voit que son rang et n’entend rien au déficit de l’Etat (elle comprendra, mais bien trop tard). Mais sur le fond, il s’opposera lui aussi aux parlements hostiles à toutes réformes.
La décision de Louis XVI de rappeler les parlements et de les écouter a donc eu des conséquences énormes, puisque ce sont eux qui empêchent l’assainissement des finances depuis 10 ans. (JB)
En Angleterre : William Pitt premier ministre. Ce sera l’adversaire le plus acharné et sérieux de la France révolutionnaire.
Lavoisier analyse la composition de l’eau.
Beaumarchais : Le mariage de Figaro. Il dénonce les rapports sociaux et l’inégalité des sexes.
Kant : Prolégomènes
1ères ascensions en ballon par Montgolfier et Pilâtre de Roziers.
Sidérurgie : l’utilisation de la houille à la place du charbon de bois permet de transformer la fonte en fer.
Pérou : Défaite des révoltés de Tupac Amaru (1781).
En Inde : Indian Act : l’Angl contrôle la colonisation des Indes.
Affaire du collier de la reine (1785-86). La reine est innocente mais en sort pourtant discréditée devant l’opinion. (voir biographie)
Voyage de La Pérouse en Polynésie (1785-88), à la demande de Louis XVI qui suit attentivement le voyage. Il y meurt.
Mozart : Les noces de Figaro. Sommet de l’opéra bouffe (genre qui met en scène des situations de la vie quotidienne).
Kant : Fondements de la métaphysique des mœurs
Sade, enfermé à la Bastille, termine d’écrire Les cent vingt journées de Sodome.
David : Le serment des Horaces (peinture)
Première traversée de la Manche en ballon. Pilâtre de Roziers se tue en effectuant la même tentative.
Autriche [ ?] : mort de Frédéric II ; avènement de Frédéric-Guillaume II.
Traité d’Eden : la France et l’Angleterre baissent les tarifs douaniers entre les deux pays. L’idée est de réconcilier les deux pays. Mais ce traité provoque une crise dans l’industrie textile fçse et sera vivement reproché au gvt de Louis XVI.
La Société des Amis des Noirs est fondée en Angl.
Achèvement du hameau de Marie-Antoinette.
Culture de la betterave à sucre (Vilmorin).
1ère ascension du Mont Blanc.
1er navire en fer en Angl.
L’Assemblée de Notables rejette la réforme fiscale de Calonne. Calonne avait essayé de contourner l’opposition du Parlement en présentant un grande réforme fiscale à une Assemblée de Notables des trois ordres choisis par le roi. Mais celle-ci la rejette également de façon unanime. Calonne est rendu responsable du déficit et le roi doit le renvoyer. La situation du Trésor est catastrophique et aucune solution n’arrive à s’imposer face aux refus de la noblesse et du clergé de payer plus d’impôts.
En vérité, à partir du moment ou Calonne et le roi en appellent à cette assemblée de notables, cad en appellent à la représentation nationale pour ne pas avoir à agir d’autorité (faire un coup de force contre le Parlement), la Révolution est déjà en marche. (JB)
Loménie de Brienne remplace Calonne. C’est un candidat de Marie-Antoinette, l’un des plus véhéments de l’assemblée des notables. (FF) Mais il ne pourra rien de mieux. Plusieurs tentatives et toujours des échecs. La situation devient de pire en pire, les tensions plus vives, les méfiances et mauvaises volontés s’exacerbent, mais aussi début de panique chez les créditeurs et les porteurs de rentes. « Personne ne voulait payer, les rentiers voulaient l’être. » (JB)
Le Parlement de Paris réclame la convocation des Etats Généraux. Il se présente comme le gardien des lois fondamentales et traditions du royaume et de la royauté. L’idée de recourir aux Etats Généraux est soutenue par l’opinion publique. Il est impossible de reculer.
[La Révolution fçse est donc au départ une révolution de la noblesse contre l’absolutisme royal. La noblesse espère bien, lors des Etats Généraux, reprendre le pouvoir qu’elle a perdu depuis Louis XIV ou Henri IV.
Peut-être le Parlement (représentant noblesse-clergé) a-t-il aussi conscience, dans le fond, de la nécessité des réformes qu’on lui réclame depuis au moins 10 ans. Mais il ne peut pas prendre la décision de renoncer à ses privilèges d’exemption et de mettre la main à la poche. Et la demande d’Etats Généraux est sans doute une façon de repousser encore, de gagner du temps, et aussi de reporter vers autrui cette responsabilité qu’il est incapable de prendre.
Certains, plus bêtes, ont peut-être cru tout simplement que si les Etats Généraux refusaient de nouveaux impôts le roi serait tout bonnement obligé d’arrêter de les faire chier avec ça.
Mais finalement la noblesse va tout perdre, et dès les premiers jours…]
La branche française de la Société des Amis des Noirs est fondée par Sieyès, Condorcet, Mirabeau, Brissot.
Amérique : Vote de la Constitution des Etats-Unis. Jusque là, les colonies étaient des états souverains et le fonctionnement du Congrès ne prévoyait que des décisions à l’unanimité. Avec bien des difficultés, les colonies parviennent à se mettre d’accord sur un fonctionnement collectif : la constitution des Etats-Unis, rédigée notamment par Washington et Franklin.
En Sierra Léone, la zone côtière est achetée par la société antiesclavagiste anglaise.
Kant : Critique de la Raison pure, 2ème édition
Mozart : Dom Juan, que le romantisme portera au pinacle.
Bernardin de St-Pierre : Paul et Virginie, roman exotique.
Goethe : Iphigénie en Tauride. Schiller : Don Carlos. Les styles de Goethe et de Schiller gagnent en maturité.
David : La mort de Socrate
Lagrange : Mécanique analytique
Kant : Critique de la Raison pratique
Provinces-Unies (Hollande) : victoire des orangistes sur la bourgeoisie d’affaires urbaine.
Australie : début de la colonisation.
Robespierre est à Arras un avocat qui traite peu d’affaires, mal aimé de ses collègues et plein de ressentiments.
De Brienne et Lamoignon supprime une nouvelle fois les Parlements, ce qui provoque des émeutes en province. L’armée royale cerne le Parlement de Paris, qui ne cède qu’au bout de 30 h. Le clergé et la noblesse apportent leur soutien aux parlementaires. En Bretagne, Dauphiné, Béarn, les populations (parfois tous ordres confondus) soutiennent leurs parlements contre les mesures royales. A Rennes, les représentants du roi reçoivent des pierres. A Grenoble, les soldats sont lapidés et le parlement est rétabli. En Dauphiné (Vizille) une assemblée des 3 ordres se tient spontanément (avec doublement du Tiers, pour la 1ère fois !). On y trouve déjà Mounier et Barnave. Elle exprime la 1ère les revendications qu’on retrouvera partout : pas de nouveaux impôts sans Etats généraux, doublement du Tiers, vote par tête. On y voit déjà une volonté nationale et pas seulement régionale. (FF)
La réforme Lamoignon sera abandonnée en septembre.
La grêle ravage les récoltes dans tout l’ouest de la France. Après inondations et sécheresse, la récolte est catastrophique.
Crise économique et violences : la mauvaise récolte relance la crise économique, alors que le traité commercial avec l’Angleterre met en difficulté les industries fçses (surtout textiles) bcp de chômage (20 000 à Lyon, p ex.). Violences.
Le roi fixe la convocation des Etats Généraux au 5 mai 1789.
Démission de Brienne ; remplacé par Necker, qui rappelle les parlements.
Campagne d’opinion pour le doublement du Tiers aux EG. A l’exemple de l’assemblée de Vizille (cf mai) la revendication du doublement du Tiers se répand partout en France. Le Tiers veut pouvoir intervenir vraiment pour changer les choses. Plusieurs nobles (Brissot, Mounier, Barnave, La Fayette, duc d’Aiguillon, Talleyrand, La Rochefoucault, etc.) se rangent derrière cette revendication. Ils n’ont pas conscience des conséquences que ça aura.
C’est l’expression d’une idée d’égalitarisme (qui est l’essentiel de la Révolution en marche) qui était restée enfouie et qui sort à ce moment, mais qui était déjà victorieuse dans les esprits depuis un moment. (FF)
Tout le monde compte sur les Etats Généraux pour tirer son épingle du jeu. Par endroits la noblesse espère rejeter les charges fiscales sur le clergé… et réciproquement ! La couronne elle-même imagine que les 3 ordres lutteront les uns contre les autres et qu’elle aura le rôle d’arbitre.
Querelle autour de la question de la représentation aux Etats Généraux. Le Conseil royal tranche contre l’opposition de la noblesse : le Tiers-Etat obtient le doublement de ses représentants. Mais pas encore le vote par tête (qui permettrait au Tiers d’être majoritaire face aux 2 autres ordres), dont la revendication se fait pourtant de plus en plus forte dans le royaume. Le Parlement s’oppose au vote par tête, et du coup perd sa popularité en un jour. La noblesse et le clergé, qui avaient tant appelé de leurs vœux les Etats Généraux voient ceux-ci prendre une tournure inattendue, et déjà veulent revenir en arrière. Mais il est trop tard…
La dernière convocation des EG date de 1614, et il n’en reste pas d’archives ou de mémoire orale concernant les règles de convocations et de fonctionnement. Necker va organiser tant bien que mal un processus d’élections, où se mêlent respect de la tradition et innovations démocratiques, sans bien sûr réussir à les fondre dans une unité cohérente. Le processus contient donc en soi dès le départ une contradiction qui va éclater à Versailles : l’aristocratie est séparée du Tiers pour respecter la tradition hiérarchique, mais l’élection du Tiers est très démocratique ; ce qui lui donnera une légitimité pour représenter à lui seul le corps social. (FF)
[ Le doublement du Tiers n’a aucun intérêt si les ordres votent séparément. C’est une décision qui n’a pas vraiment de valeur, mais qui va en avoir : car quand le Tiers va imposer une Assemblée nationale unique, ils seront effectivement assez nombreux. Autrement dit, sans cette décision du doublement du Tiers, la suite des événements aurait-elle pu être la même ?... ]
L’hiver est très rude. Le plus rude depuis très lgtps.Ce qui accentue la crise et les violences. Mais cette fois, contrairement aux anciennes émeutes de subsistance, le mécontentement trouve une expression politique. Effervescence des clubs politiques.
Marat fonde son journal : l’Ami du peuple. Et Brissot le sien : le Patriote français.
Jussieu : classification naturelle des plantes
Lavoisier : Traité élémentaire de chimie, et loi de conservation de la masse.
Sieyès : Qu’est-ce que le Tiers Etat ? (et 2 autres essais). Sieyès est le penseur politique le plus profond de l’époque, c’est lui qui développe une philosophie de la Révolution. D’une famille bourgeoise modeste, il suit la voie ecclésiastique sans vocation. Il étudie énormément, tous les domaines, se passionne pour les philosophes des Lumières et les physiocrates, écrit des commentaires pour lui-même. Peu à peu il développe une idée Il invente aussi l’idée de représentation politique dans une Assemblée nationale (en appliquant à la politique la notion de division du travail d’Adam Smith) et forge le concept de « nation », l’un des plus forts de la Révolution. Et il voit les prochains EG comme l’acte fondateur de cette nation. Il donne un sens radicalement neuf à cette vieille institution que sont les EG. Il en exclu la noblesse, le Tiers devra siéger seul, et se constituer comme Assemblée Nationale. Mais ce qui fait le succès de Sieyès, c’est la rencontre en lui entre la pensée politique et un sentiment qui sera le moteur de la Révolution : la haine des privilèges (et donc de l’aristocratie, et donc de la noblesse, et même au-delà : de la royauté, puisque c’est elle qui rend possible l’aristocratie). (FF)
Les cahiers de doléances : le pays commence à rédiger les cahiers de doléances, qui expriment un profond désir de réformes. Ils sont rédigés par ceux qui savent écrire et s’exprimer, donc surtout par les légistes. On y trouve un peu tout et n’importe quoi. On y trouve toutefois des revendications récurrentes : le désir d’unifier les lois tout en restant attaché aux anciennes libertés ; la haine des abus et de l’arbitraire des seigneurs locaux ; la haine de l’impôt personnel (la taille) et de l’inquisition fiscale ; le principe que l’impôt doit être consenti, et son emploi contrôlé par ceux qui les paient ; mais surtout et dans le fond le désir de payer le moins possible…
Pas un mot contre la monarchie, mais on réclame la fin du « despotisme » et l’encadrement de la monarchie par des lois. Cela est vrai autant des cahiers de la noblesse que de ceux des bourgeois.
Ces cahiers cristallisent aussi les conflits d’intérêts divers (paysans riches / pauvres, curés/ évêques, négociants / maîtres de corporations, noblesse / clergé, etc.) Et dans les cahiers du Tiers figure la remise en cause des privilèges, qui sont au contraire défendus par la noblesse.
Ces cahiers de doléances modifient donc d’emblée la mission originale des EG (résoudre la crise financière) en une mission de transformation sociale. (FF)
L’élection des députés. Ils ne sont pas élus sur la base d’une campagne de débats, mais suite à des intrigues où la petite bourgeoisie s’est petit à petit accaparée le pouvoir représentatif. (FF)
Robespierre est élu député d’Arras. Il n’est pas connu, ou plutôt en mal. Mais il sait manœuvrer, dépense une énergie incroyable, écrit des livres démagogiques, sait se faire un réseau de soutien, et est finalement élu à la surprise générale. Il n’est encore qu’un député insignifiant et qui dénote. Il est pauvre et ne vit que grâce à quelques aides (sa sœur et Buissart).
La troupe tire contre une émeute ouvrière ds le fbg St-Antoine (affaire Réveillon).
Amérique : élection de George Washington comme 1er Président des Etats-Unis.
1200 députés sont réunis aux Etats Généraux.
Le 2 mai, le roi reçoit les députés. C’est la grande pompe, mais le roi ne prête aucune attention au défilé des députés duTiers. Le 5, les députés se réunissent pour la 1ère fois dans la salle des Etats. Faste royal. Robespierre est impressioné d’être parmi les grands (mais il reste ce qu’il est : rien). Discours ennuyeux de Necker pd plusieurs heures sur l’état des finances. (GL p 34)
Conflit immédiat sur la représentation (vote par ordres / par têtes). Le Tiers tient bon, et réussit à se rallier le clergé. Dès lors, la noblesse voit sa stratégie et ses espoirs par terre, et renâcle.
Le gvt (cad Necker) n’a aucune vision politique de la situation. Il n’attend qu’une chose des Etats Généraux : trouver de l’argent. Il ne pense même pas qu’il y a une situation à prendre en mains. Il laisse les EG se dérouler, tout simplement.
La noblesse va se sentir flouée dès les premiers jours avec le vote par tête et le ralliement du clergé au Tiers.
Le clergé : il n’y a que 43 évêques sur 300 députés. Les autres sont des curés, qui vont se sentir proches du Tiers.
Le Tiers : groupe très homogène de bourgeois (légistes, marchands, négociants) instruits et motivés pour transformer la société et l’Etat. Pas d’ouvriers, d’artisans ou de paysans.
Les députés du Tiers et du clergé ne se doutent pas qu’ils vont être entraînés bien au-delà de l’imaginable, par l’irruption d’un nouvel acteur dans le jeu politique : la Rue.
[ Il y a dès le départ une situation bancale : les députés du Tiers ne st que des bourgeois ! Le Tiers va obtenir son entrée dans le jeu politique, alors même qu’en son sein il en exclut la majorité de la population. Cette dernière n’est donc pas représentée à l’Ass Nale. Elle entre alors de force dans le champ politique. ]
Personne n’a prêté bcp d’attention aux émeutes survenues depuis le début de l’année et pd l’hiver. Ce fut une très grande imprudence (qu’on mesure a posteriori) de convoquer les EG à Versailles, cad tout près de la capitale prête à s’embraser.
Robespierre. Il n’est rien. Dès les débuts, il se fixe une ligne de conduite : parler, parler, parler. Il prend la parole à tout bout de champ, se fait rabrouer souvent, ses motions semblent saugrenues à la plupart. Mais il se fait tout de même remarquer, quoique plutôt en mal. Ses déboires ne font que renforcer sa hargne. Il vit le plus modestement possible, partageant sa chambre avec d’autres députés dans les auberges les moins chères. (GL p 38)
Le 17, le Tiers se proclame Assemblée Nationale et invite les 2 autres ordres à le rejoindre. Le lendemain il s’attribue le vote de l’impôt. Il s’auto-proclame donc comme un nouveau pouvoir, indépendant du roi. La majorité du clergé et une minorité de la noblesse vont se rallier. « La Révolution est née. »(FF) [ Appelons un chat un chat : il s’agit d’un coup d’Etat… Du premier dans la suite de ceux qui vont se succéder, mais du plus symbolique puisqu’il crée l’Ass Nale. Les suivants se feront au sein de cette Ass.]
Le dauphin meurt. Louis XVI et Marie-Antoinette sont abattus. La majorité de la noblesse, les évêques et Necker pressent le roi de reprendre la main. En attendant de convoquer une séance royale des Etats, où le roi doit se poser en arbitre, il ferme la salle des Menus Plaisirs où se réunissaient les députés du Tiers.
Le 20, Serment du jeu de paume : les députés du Tiers s’engagent à ne pas se séparer avant d’avoir rédigé une constitution. C’est un coup de poker face au gvt. Necker renonce à la dissolution et au coup de force, car ce serait revenir à la situation d’avant, or il a besoin des EG pour approuver ses impôts.
Le 23, roi casse les arrêts du Tiers. Celui-ci refuse de se soumettre. Quand on vient leur rappeler que les 3 ordres doivent siéger séparément, phrase célèbre de Mirabeau : volonté du peuple / baïonnettes. Mirabeau est assez fin pour avoir compris que le gvt ne peut pas se permettre de renvoyer les EG (pour les raisons ci-dessus).
Mirabeau. La Fayette et Sieyès sont des nobles libéraux. Mirabeau, lui, est un noble en rupture de banc, sorti du rang, répudié par son père. « Mirabeau est le seul noble assez déclassé, et le seul déclassé assez noble pour unir le passé à l’avènement de la nation. » (FF)
Le 27, le roi invite finalement le clergé et la noblesse à se réunir au Tiers. Moins par conviction que par prudence : à Paris et même Versailles, l’émeute gronde déjà…
En même temps, le roi rassemble des troupes autour de Paris.
Le 30, la foule délivre 2 soldats emprisonnés à l’Abbaye pour indiscipline.
Institution de l’Assemblée Nationale où siègent les députés des 3 ordres. Elle devient Ass Constituante.
A Paris, c’est l’effervescence quotidienne. Les orateurs excitent la foule au Palais Royal.
Le 10, première satisfaction pour l’amour-propre de Robespierre : il fait partie de la délégation venue porter au roi le vœu de l’Assemblée de retirer les troupes cantonnées à Versailles. Les députés du Tiers choisis sont connus pour être turbulents, c’est que la démarche est malséante.
Le 1O, Necker est renvoyé car il est défavorable au rassemblement des troupes (et autres raisons).
Le 11, le renvoi de Necker et la peur d’une répression par l’armée regroupée autour de Paris provoque le début de l’effervescence populaire à Paris.
Le 12, le roi choisit des ministres réputés du parti de la Cour (Breteuil). C’est une velléité de coup d’Etat royal.
Le 12, les soldats de la garde fçse rallient les émeutiers, qui sont déjà maîtres de la ville.
Le 13, la foule brûle les octrois et dévalisent les boutiques des armuriers.
Le 14, la foule trouve 32 000 fusils et des canons à l’Hôtel des Invalides.
Le 14, prise de la Bastille. C’est pour y trouver des armes, mais c’est aussi un symbole ultra-puissant. La foule promène dans Paris les têtes du gouverneur de la Bastille et du Prévôt des marchands. L’Assemblée, à majorité bourgeoise modérée, est consternée.
JB pense que l’émeute a été favorisée par les « capitalistes », pour qui Necker représente la garantie du paiement de leurs rentes, et donc son renvoi signifiait leur ruine.
La prise de la Bastille retentit jusqu’à Koenigsberg, où Kant en modifie sa promenade.
Le 15, le roi rappelle Necker et renvoie les troupes. La Cour était divisée sur la conduite à tenir et le roi est pressé de toutes parts. Mais c’est la décision qu’il choisit. En fait, il abdique…
Le 15, création de la Commune de Paris : 300 représentants municipaux (bourgeois) servis par une milice : la garde nationale (commandée par La Fayette). Bailly en est le maire.
Le 17, le roi accepte la cocarde tricolore que lui donne Bailly. Il reconnaît de fait la Commune de Paris. Le peuple acclame le roil ; en fait il acclame sa capitulation… (FF)
Le 17, le comte d’Artois, frère du roi, et pls nobles de la Cour émigrent. C’est le début de l’émigration de la noblesse fçse.
Les émeutes se poursuivent toute la semaine à Paris, avec des morts.
L’insurrection gagne la province. L’absence de répression après la prise de la Bastille (et l’interdiction du roi de tirer sur la foule - à confirmer) encourage les insurrections partout en France. La haine se déchaîne contre le fisc : on brûle les registres et les bureaux d’octroi. C’est l’expression violente des revendications des cahiers de doléances.
En province, la bourgeoisie des villes canalise l’insurrection. Les Communes se sentent liées par un lien de fraternité révolutionnaire, elles participent à un mvt commun. Il y a un alliage de démocratie locale et de communauté nationale. Elle vont se solidariser : ce sera la Fédération.
« Il n’y a plus de pouvoir, ni lois, ni magistrats, ni police… » écrit l’ambassadeur de Venise. [Encore une fois, les bons sentiments de Louis XVI (le refus de tirer sur la foule et de mater l’insurrection) ont des conséquences politiques gigantesques.]
La Grande Peur se répand dans la campagne (juillet-août). Des rumeurs se répandent : de brigands pillant les campagnes ou de troupes royalistes. Les nouvelles de Paris arrivent, déformées, amplifiées d’horreurs, de fantasmes. La panique saisit les populations (d’autant plus que c’est l’époque cruciale de la moisson) qui s’organisent en milices, et prennent d’assaut les châteaux locaux ou Abbayes, y brûlent les registres d’impôts.
Nuit du 4 août : abolition des privilèges. C’est la fin du système féodal. L’Assemblée est aussi dépourvue que le roi face à la révolte paysanne de « la Grande Peur ». Elle cherche qqch pour calmer les populations, pour qui la promesse d’impôts justes et consentis ne suffit plus. Elle offre une réponse dans l’urgence : la suppression des droits féodaux.
[C’est donc bien sous la pression insurrectionnelle que la Révolution prend son caractère si radical.]
Ce n’est pas un projet politique réfléchi. JB décrit cette la nuit comme une surenchère à celui qui proposera un nouveau privilège à abolir, sans réflexion ni discernement entre les différents droits féodaux (dont certains pouvaient avoir une raison d’être) ; « une nuit de panique plus que d’enthousiasme. » La noblesse renonce à ses privilèges, mais se défait aussi de ses charges, notamment ses charges militaires. (JB)
Attention, la noblesse renonce à ses droits féodaux… mais elle pourra racheter ses propriétés ! Elle transforme en fait des droits féodaux en des contrats bourgeois. Seule la dîme est abolie sans contrepartie. Le vrai perdant du 4 août est le clergé. (FF)
C’est la fin du système féodal, ce qui veut dire aussi que la société se retrouve sans système, sans structures.
Mirabeau, absent cette nuit-là, est le premier à condamner ce « tourbillon. »
Le peuple interprétera cet événement de la manière qu’il a envie : comme la libération de toutes ses obligations… « Il arriva que du jour au lendemain personne ne paya plus. On avait cru arrêter l’incendie, il redoubla. » (JB)
Les débats continuent jusqu’au 11 août, afin que tout soit rédigé en bonne et due forme.
Ce qu’on a appelé « droits féodaux » regroupe en fait une multitude de propriétés et droits d’origines diverses. « Ce qu’on appelle la destruction du « régime féodale » est la liquidation de la société aristocratique bricolée par la monarchie absolue sur les ruines de la féodalité. » (FF)
Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (le 26). C’est le préambule de la constitution à venir.
Il s’agit de « fonder le nouveau contrat social dans le droit naturel, conformément à la philosophie du siècle. » (FF)
« La nuit du 4 août insstitue le caractère universel du contrat de propriété et l’égalité de tous devant la loi : non une nouvelle société économique mais une nouvelle société juridique. Il lui reste à constituer les Françai,s libres et égaux devant la loi, en un corps politique. » Déclaration des Droits H & C. La nuit du 4 août est l’expression négative des nouveaux droits par la destruction du droit « féodal » ; la DDHC en est l’expression positive. (FF)
Le problème que pose la différence entre le droit théorique affirmé et la réalité des différences sociales va traverser toute la réflexion politique jusqu’à nous, et les députés de 1789 en ont déjàpleinement conscience : comment énoncer ces droits sans tomber dans l’anarchie ? Certains proposent déjà une déclaration des devoirs du citoyen.. (FF)
Droit de veto du roi : querelle parmi les constituants entre les partisans d’un droit de veto absolu et ceux qui s’y opposent (avec Sieyès). Finalement l’Ass retient un droit de veto suspensif pendant 2 législatures, mais lui refuse le droit de dissolution.
Il ne s’agit pas d’un droit de s’opposer parce qu’il est le roi, mais d’un droit de suspendre, afin de vérifier que l’Assemblée représente bien la volonté générale de la nation. (FF)
Fin août, Necker pousse un cri de détresse devant l’Assemblée, tant les caisses du trésor sont vides.
Fondation du club des Jacobins.
Necker demande à l’Assemblée la levée d’un impôt exceptionnel et très lourd (un quart du revenu à partir de 400 livres). L’Assemblée est atterrée : elle qui était venue pour alléger les impôts se retrouve devant la nécessité d’en voter un encore plus lourd qu’avant. Elle aurait refusé de le voter si Mirabeau, ayant plus que les autres le sens de l’Etat, ne les avait convaincu que la banqueroute définitive de l’Etat serait encore pire.
Il faut dire que l’Assemblée s’est prise au jeu de donner une Constitution à la France. Mais toute à sa tâche, elle n’a rien fait pour régler le problème pour lequel les EG avaient été convoqués : régler le problème financier de la France.
Les 5-6, les Parisiennes marchent sur Versailles, et ramènent le roi et sa famille à Paris, aux Tuileries.
Ces journées d’octobre ont une importance capitale. La Couronne a été affaiblie par l’Assemblée, et l’Assemblée est affaiblie par son incapacité à maintenir l’ordre et traiter le problème financier. C’étaient jusque là les deux seuls acteurs dans le jeu politique. C’est à ce moment qu’apparaît un 3ème acteur, inattendu, qui va prendre de plus en plus de place, et donner à ces événements leur caractère proprement révolutionnaire : le peuple. En particulier (mais pas seulement) le peuple parisien : avec ses tribuns (Desmoulins, Marat, Loustalot), sa Commune, sa garde nationale, et ses sans-culottes (organisés dans des Sections assez autonomeset avec un pouvoir de police)... Il y a dès le départ un clivage entre l’Assemblée (bourgeoise et modérée) et la Rue parisienne. Et il n’a pas échappé à la Rue : 1°) qu’elle a connu un triomphe avec la prise de la Bastille, et 2°) qu’elle fait peur à l’Assemblée.
Début octobre, les bruits courent 1°) que lors d’un banquet à Versailles la cocarde tricolore a été foulée aux pieds, et 2°) qu’un coup de force se prépare.
Le 4, les orateurs du Palais Royal réclament une marche sur Versailles.
Le 5, le pain manque dans plusieurs boulangeries de Paris. Une émeute de femmes grossit, et le mot d’ordre est lancé : « A Versailles ! ». [Quelle est la responsabilité directe des leaders-orateurs :Marat, etc. ?]
La Fayette avec la garde nationale (15 000 gardes, FF) aurait pu leur barrer la route ; mais après une hésitation il décide de suivre le cortège.
La foule arrive à Versailles, envahit l’Assemblée, et le château. Des gardes sont égorgés (à conf). La foule réclame le roi à Paris.
Le lendemain, le roi et sa famille, « protégés » par La Fayette, mais en vérité prisonniers du cortège d’émeutiers, sont conduits à Paris, aux Tuileries. « Nous ramenons le boulanger, la boulangère, et le petit mitron. »
La vérité c’est que le roi, et l’Assemblée aussi, ont capitulé devant la Rue. Le roi est prisonnier de la Rue et l’Assemblée a des comptes à lui rendre.
[La suite de la Révolution va tenir dans ce processus :
1°) qui va prendre le contrôle de la Rue (des clubs, de la Commune, des sections) ?
2°) la prise par la Rue du pouvoir institutionnel au sein de l’Assemblée.
3°) la violence a dès le départ porté ses fruits et donné raison à ceux qui en ont usé… ]
JB : jusqu’au 9 Thermidor, les plus violents excluent les modérés, puis les moins violents. Et le mécanisme est tjs le même :
1°) dominer la Commune de Paris,
2°) tenir les parties turbulentes de la capitale dans l’exaltation continuelle grâce aux clubs et à la presse, en jouant sur le sentiment de peur (de la disette, du complot, de la trahison, de la répression) ;
3°) intimider l’Assemblée par des insurrections organisées et sanglantes. Il faut dire aussi que la politique des Assemblées et les résultats décevants aidèrent à maintenir leur faiblesse.
Les journées d’octobres furent laissées sans punition, même pour les excès.
120 députés, estimant que l’Assemblée n’était plus libre, se retirèrent. Ce genre d’abandon laissa encore plus de champ libre aux radicaux.
Les biens du clergé sont « mis à la disposition de la nation », dans l’espoir de régler la crise financière. Pour le moment, le clergé a seulement consentit à mettre ses biens « à disposition de la nation » pour une opération de crédit semblable à celles qui avaient déjà eu lieu sous l’Ancien Régime. Mais devant le manque cruel d’argent, la tentation sera trop forte et les biens du clergé, ainsi que de la Couronne et des émigrés, seront carrément mis en vente 6 mois plus tard.
Ce sera donc la réponse apportée à la question initiale : comment renflouer le déficit de l’Etat ? C’est le clergé qui paiera... C’est donc lui le grand perdant des EG : nuit du 4 août et vente de ses biens. Pourtant il survivra à la noblesse…
Les Parlements revendiquent d’enregistrer les décrets de l’Assemblée. Eux n’ont rien compris à ce qui est en train de se passer. On les supprima, et on n’en parla plus…
Le royaume est divisé en 83 départements.
Le 14, l’Assemblée Constituante crée les Assignats, gagés sur les biens nationaux. A ce niveau là, les biens du clergé servent donc seulement de garantie. Ils ne sont pas confisqués, encore moins vendus. Mais ça ne suffira pas à renflouer leTrésor, et l’Assemblée décidera de mettre carrément en vente les biens du clergé. [C’était si facile…]
Hébert fonde Le Père Duchesne.
Importantes réformes judiciaires et fiscales.
Instauration du service militaire obligatoire.
Invention du célérifère, ancêtre de la bicyclette.
Jacquard invente son métier à tisser mécanique.
Galvani observe que les nerfs et les muscles sont chargés d’électricités contraires.
Kant : Critique de la faculté de juger
Suppressions des ordres religieux et interdiction des vœux religieux perpétuels.
Au départ, la Révolution n’est pas anticléricale, encore moins antireligieuse. De son côté, le clergé était depuis le début un partenaire de la Révolution. Son ralliement au Tiers avait fait basculer les choses. Depuis, l’Assemblée avait voté un budget de fonctionnement pour le clergé qui signifiait une amélioration des conditions de vie des prêtres. Le clergé, même les évêques, avait bon gré mal gré accepté le transfert de l’autorité politique du roi à l’Assemblée. Il avait relativement accepté la nuit du 4 août, et avait consenti à la mise à disposition de ses biens. Mais avec la suppressions des ordres religieux, l’Assemblée s’imisce dans des questions spirituelles, qui relèvent de l’autorité du pape. Et là le clergé ne peut plus suivre… (FF)
Le pape condamne la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen (puisqu’elle instaure la tolérance religieuse). Dès le début de la Révolution, l’agitation s’empare d’Avignon et autres territoires papaux. La nuit du 4 août en rajoute. Puis les ordres. Le pape condamne la Révolution à travers la Déclarations des Droits H&C.
Mirabeau prend contact avec le roi et la reine. Mirabeau comprend la dérive gauchiste que prend l’Assemblée, et voudrait endiguer la Révolution. Il prend contact avec le roi pour lui donner des conseils. Mais c’est un jeu de dupes où chacun veut se servir de l’autre pour des objectifs contradictoires. Mirabeau veut de sauver une révolution modérée, le roi veut abolir la révolution.
Robespierre au club des Jacobins. Dès le fin 1789, de nbx députés, lassés ou devant retourner à leurs affaires, ont donné leur démission de l’Assemblée. A côté de l’Assemblée s’est créé le club des Jacobins où l’on prétendait préparer les portées devant l’Assemblée. Il y a un droit d’entrée qui exclut les plus modestes, mais qui permet aux députés du Tiers comme Robespierre d’y assister. Les nobles, jugeant cette promiscuité démocratique outrageante, désertent le club pour en fonder un plus élégant, laissant ainsi le champ libre aux plus radicaux. Robespierre est aussitôt élu Président du club des Jacobins. Le club aura très vite 400 filiales obéissantes en France.
L’Ass refuse de déclarer le catholicisme religion nationale. Les populations très catholiques sont outrées par ce refus. Car même si la France n’est plus en guerre de religions, les catholiques n’accèptent pas l’idée d’égalité avec les protestants ou les juifs. [Ils vivent dans l’après révocation de l’Edit de Nantes.]
Le clergé est dépossédé de ses biens, qui deviennent « biens nationaux ». En échange de quoi l’Etat se charge des frais du culte et de l’assistance publique. Ce qui aura une conséquence majeure inattendue : car la suite sera naturellement la constitution civile du clergé, qui aura des répercussions majeures.
Vente des biens du clergé, devenus « biens nationaux ». Au départ le clergé avait consentit à mettre ses biens « à disposition de la nation » pour une opération de crédit. Mais devant le manque cruel d’argent, la tentation fut trop forte et les biens du clergé, ainsi que de la Couronne et des émigrés, furent carrément mis en vente.
C’est encore un élément très important de la Révolution. Car il va attacher à la Révolution des milliers de familles devenues propriétaire ou qui se sont aggrandies. [ C’est la réforme agraire fçse : une redistribution des terres.]
Le pape opposé à la Constitution civile du clergé. Par prudence, il ne la condamnera qu’en mars 1791. Mais dès mai 1790 on connaît son opposition.
L’Assemblée Constituante déclare « la paix au monde », déclare la souveraineté des peuples, et répudie les conquêtes.
Abolition de la noblesse et des titres héréditaires (le 19).
Bailly est réélu à la tête de la Commune de Paris. C’est un modéré.
Le 12, Constitution civile du clergé (sanctionnée par le roi le 24 août). L’Eglise est réorganisée de manière plus rationnelle, calqué sur celuide l’Etat. Les curés et évêques seront élus par les citoyens et salariés, et devront prêter serment à la nation, ce qui les soustrait à l’autorité du pape. Les moyens financiers sont réduits. La réaction n’est pas immédiate. Les prêtres restent dans l’expéctative. La réaction viendra du pape et de la population catholique attachée à son Eglise.
C’est moins un acte idéologique qu’une solution d’urgence pour faire face à la crise financière : il faut trouver de l’argent, et les Révolutionnaires le trouvent dans la vente des biens du clergé. La contrepartie est la fonctionnarisation des prêtres, le clergé étant privé de ses ressources. Les révolutionnaires ne s’imaginent pas qu’ils ouvrent là une fracture qui va diviser la société en profondeur, et mettre la Révolution en danger, et pour longtemps. Par ex, Louis XVI accepte les réformes -de mauvaise grâce-, mais n’acceptera pas la déportation des prêtres réfractaires : c’est aller trop loin pour lui. Idem en Vendée et en province.
Il s’agit quand même d’un acte politique visant à détruire le clergé en tant qu’ordre et classe politique. Ce fut une grave erreur : « en voulant prévenir la contre-révolution, ils lui donnèrent un aliment redoutable : ils allumèrent la guerre religieuse. » (JB)
Le 14, la Fête de la Fédération au Champ de Mars symbolise l’unanimité nationale. 60.000 personnes venues de toute la France. La Fayette prononce le serment « qui unit les Français entre eux et les Français à leur roi pour défendre la Liberté, la Constitution et la Loi. » Le roi prête serment.
C’est le triomphe des classes moyennes. Les révolutionnaires bourgeois veulent voir dans la Fête de la Fédération la fin de la Révolution, une révolution bourgeoise qui aura débouché sur une monarchie constitutionnelle.
Le corps électoral. Les citoyens actifs sont des propriétaires hommes (4 millions). Au dessus, les électeurs de 2nd degré. Au dessus, les éligibles. Les femmes, les non-propriétaires, les domestiques n’ont pas droit de vote : les bourgeois craignent un égalitarisme trop « démagogique » ; il faut être « éduqué » (donc propriétaire) pour participer à la vie politique.
Il y a donc une distinction (lourde de conséquences) entre droits civils universels (DDHC) et droits politiques soummis à une double sélection fiscale. Robespierre construira sa réputation de défenseur du peuple sur la critique du système censitaire. « En profondeur, c’est la tension entre l’idée démocratique et ce que la Constituante a préservé d’inégalitaire dans le nouveau corps politique qui constitue le grand ressort de la Révolution. La passion antiaristocratique peut se réinvestir aussi bien dans la passion antibourgeoise, d’autant plus facilement qu’elle a épousé avec plus de force l’abstraction de l’égalité. Par le même mouvement, elle peut d’autant mieux ignorer le gvt représentatif que l’idée d’une volonté générale et d’un peuple souverain évoque inévitablement la démocratie directe. » (FF)
Création du club des Jacobins. C’est aussi un club bourgeois, qui exclu les pauvres par une forte cotisation.
Mais l’Assemblée est condamnée à subir la surenchère à gauche. La majorité à l’Assemblée est à gauche, issue du club des jacobins. Sa politique, tant idéologique qu’économique (confiscation des biens du clergé) lui désigne ses adversaires : la droite contre-révolutionnaire. Pour avoir des chances de gagner, elle doit inévitablement 1°) ne pas avoir d’adversaires à gauche ; 2°) et même plus : que l’extrême-gauche et la Rue soient ses alliées.
Du coup, elle laisse les mains libres à la gauche, tant à Paris qu’en province : liberté d’expression (journaux, clubs ; elle laisse s’exprimer la surenchère sanguinaire de Marat dans L’Ami du Peuple), et tolérance à l’agitation et même à l’émeute.
Le peuple assiste bruyamment dans les tribunes aux délibérations de l’Assemblée. Particulièrement les activistes lecteurs de Marat.
La Fête de la Fédération est donc l’illusion d’une situation apaisée et aboutie, alors que les troubles ne vont pas cesser d’augmenter dans l’année suivante. Et un an plus tard, La Fayette fera tirer sur la foule sur le même Champ de Mars
Condorcet demande, au nom des principes révolutionnaires, les droits politiques pour les femmes.
De nouveaux assignats sont émis en papier-monnaie, qui ne cesseront de se déprécier. Maintenant que le rubicond est franchi : que les biens du clergé ont été confisqués et peuvent être mis en vente, l’Assemblée peut sentir qu’elle a une ressource qui lui semble inépuisable. Elle créé donc maintenant de nouveaux assignats, tjs gagés sur les biens nationaux, mais cette fois en papier-monnaie. Le moyen est tellement facile, que l’Assemblée ne s’en privera pas pour financer ses promesses et ses réformes. Mais ce système provoque immanquablement une très forte inflation, face à laquelle l’Assemblée répond… par l’émission d’autres assignats (tout en portant la responsabilité sur un complot contre-révolutionnaire). Elle passera ainsi en qq années de 400 millions à 45 milliards … avant de devoir avouer la faillite.
La vente des biens nationaux et le système du papier-monnaie ont bouleversé le panorama économique. Les villes ont souffert de l’inflation et de la spéculation. Mais une bourgeoisie-paysannerie de province s’est fait de nouvelles fortunes en achetant des biens fonciers pour des bouchées de pain (ou quelques poulets).
Et ce bouleversement économique a des répercussions politiques. Le peuple des villes est maintenu dans l’exaltation et la peur de la faim. Tandis que les nouveaux enrichis craignent de devoir rendre des comptes ou payer le complément à la fin de la Révolution. Ces deux éléments conduisent à faire perdurer la Révolution, et choisir la guerre plutôt que la paix. Les assignats furent donc un élément très important dans le processus de la Révolution. (JB)
Les troubles apparaissent dans la marine et dans l’armée, et l’Assemblée ne les réprime pas. Des troubles augmentent un peu partout. Ce ne sont plus seulement des jacqueries, mais des mutineries dans la marine, l’indiscipline dans l’armée. L’Assemblée ferme les yeux… A Nancy, des soldats rebellés contre leurs officiers sont massacrés. Mais après cela, l’Assemblée n’osera plus sévir. Une insurrection générale des équipages à Brest reste sans sanctions. La discipline est ruinée en quelques semaines.
20 000 gardes nationaux royalistes se rassemblent dans le Vivarais (camp de Jalès).
Cours forcé des assignats.
Démission de Necker.
L’exposition du Brutus du peintre David provoque l’enthousiasme et lui assure une réputation révolutionnaire. David est un des chefs de file de la Commune des Arts, qui mène la lutte artistique contre l’Académie.
L’Assemblée Constituante affirme « le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. »
Les membres du clergé doivent prêter serment de fidélité « à la Nation, à la loi et au Roi » (le 27). Après le vote de la Constitution civile en juillet, la réaction n’a pas été immédiate, mais elle s’est amplifiée peu à peu, surtout dans les populations. La tension monte, les évêques s’en mêlent et réfutent la loi, tandis que les ultras demandent l’application immédiate de la loi. L’Ass donne deux mois aux prêtres pour prêter serment. C’est le commencement du schisme.
L’Anglais Burke publie ses Réflexions sur la Révolution fçse, qui sera l’ouvrage de référence théorique anti-Révolution.
Mozart compose La flûte enchantée, puis le Requiem, et meurt.
David : Le serment du jeu de paume. Il met en valeur le sens politique de l’événement, au détriment de l’exactitude historique.
Troubles au sujet du serment des prêtres. Selon les régions, la population tente avec violence d’empêcher ou d’obliger (à Paris) les prêtres de jurer. La tension est si forte que l’Ass met de l’eau dans son vin et accepte que les réfractaires restent dans leur paroisse jusqu’à leur remplacement.
Abolition des corporations, maîtrises et jurandes.
Le Pape condamne la Constitution civile du clergé.
Plan d’évasion du roi. Mirabeau préparait sans doute un plan d’évasion du roi pour le soustraire à la pression de Paris, et revenir à une Constitution plus modérée. La Fayette avait déjà refusé de prêter main forte à ce plan. Bouillé, qui avait maté la mutinerie de Nancy, avait accepté.
Mort de Mirabeau. Funérailles solennelles. Mais Marat et Desmoulins, connaissant ses relations avec le roi le mettent en cause.
Le 18, une émeute empêche le roi d’aller à St-Cloud, où il voulait célébrer Pâques et recevoir la communion des mains d’un prêtre réfractaire. La Fayette est venu dégager les Tuileries, mais le bataillon de Danton de la garde nationale met celui de La Fayette en échec ! Le roi se sent de plus en plus prisonnier et même en danger, ce qui renforce la nécessité de fuir.
Décret de tolérance : les prêtres réfractaires peuvent célébrer la messe. L’Ass reconnaît l’impasse politique dans laquelle elle s’est fourvoyée. Mais ce décret ne fait que temporiser, sans apporter de solution durable.
Une ligne de fracture se dessine au sein de l’Assemblée entre modérés et ultras. Du Port déclare : « La Révolution est finie. Il faut la fixer et la préserver en combattant les excès. Il faut restreindre l’égalité, réduire la liberté et fixer l’opinion. Le gvt doit être fort, solide, stable. » Après Mounier, après Mirabeau, c’est à Barnave, Du Port, Lameth de livrer bataille aux surenchères des clubs parisiens. Mais ils auraient besoin de l’appui du roi pour qu’un pouvoir fort termine la Révolution. Mais celui-ci ne fait confiance à aucun révolutionnaire, et choisira une autre option : la fuite, cad pour les révolutionnaires : la trahison.
L’Ass Constituante vote le principe que ses membres ne pourront pas être élus à l’Assemblée Législative qui va la suivre. C’est Robespierre qui fait voter cette proposition.
C’est encore un événement majeur de la Révolution, car au moment même où les députés de la Constituante considèrent que la Révolution est achevée, elle porte en elle un formidable rebondissement. La non-rééligibilité est un appel d’air à toute une nouvelle génération de politiciens, qui ne vont pas se contenter d’appliquer sagement les principes de leurs aînés ! La raison que donne JB est que la Constituante était issue des 3 ordres de l’Ancien Régime, et que la non-rééligibilité fut un moyen de « couper le cordon » avec l’Ancien Régime. [Mais est-ce vraiment un argument ? En tout cas, pour couper le cordon, ça va couper le cordon (et pas que le cordon, des têtes aussi…) !].
Interdiction des associations patronale et ouvrière, et donc aussi interdiction du droit de grève.
Le 20, le roi et sa famille quittent les Tuileries en secret, sous de faux noms et déguisés. Il doit rejoindre Bouillé à Montmédy. Il laisse une lettre où il déclare son hostilité à la Révolution.
Le 22 le roi est arrêté à Varennes. (détails : voir bio Marie-Antoinette)
Robespierre est élu accusateur publi au tribunal criminel. Il touche 8.000 francs par mois et sort ainsi de la précarité financière. Mais il démissione après qq semaines : il a d’autres ambitions. Peut-être espérait-il le poste convoité de précepteur du Dauphin. Dans le peuple, déjà, on prononce le nom de Robespierre pour remplacer le Roi à la tête de l’Etat (GL p 50). [Il est frappant de voir qu’il est donc déjà très populaire dans le peuple, alors qu’il n’a que modestement réussi sa carrière politique, et n’a pas de responsabilité importante à part aux Jacobins.]
Le 15, le roi est disculpé de sa fuite et son inviolabilité est confirmée. Les Constitutionnels ont encore la majorité à l’Assemblée, mais ils sont de plus en plus attaqués par les Républicains. Or sans le roi, leur monarchie constitutionnelle tombe d’elle-même (et eux avec). Le roi devient un enjeu de la lutte au sein de l’Assemblée. Que ce soit pour le protéger ou pour l’exécuter, on veut garder le roi sous la main. On réaffirme son inviolabilité, mais ce ne sont que des mots. Il est bel et bien prisonnier, plus que jamais, et n’est plus qu’un jouet, un enjeu dans le jeu politique entre Républicains et Constitutionnels.
Le 17, La Fayette fait tirer sur la foule au Champ de Mars Des pétitionnaires jacobins sont venus au Champ de Mars pour réclamer la déchéance du roi, et les meneurs sont décidés à transformer le rassemblement en émeute. Pour la seule fois, l’Assemblée fait face à l’émeute : elle déclare la loi martiale et La Fayette donne l’ordre de tirer sur les émeutiers. 400 morts ou blessés.
Pour la 1ère fois les ultras tremblèrent. Mais ils furent vite rassurés en voyant que l’Assemblée ne fit aucune poursuite et ne chercha pas à fermer le club des Jacobins. Les modérés se contentèrent de délaisser les Jacobins pour ouvrir un autre club : les Feuillants.
Robespierre se réfugie chez le menuisier Duplay, rue St Honoré. Un peu plus tard il viendra y habiter.
Le 18, La Fayette, Barnave, et leurs amis se séparent des Jacobins et forment le club des Feuillants, en faveur d’une monarchie parlementaire. Jusque là, les modérés avaient accepté l’alliance avec les ultras, comme avant-garde contre la droite. A ce stade, le divorce est prononcé, le clivage est officiel. Et les deux camps, alliés d’hier, deviennent ennemis. Il ne reste désormais plus que 6 députés au club des Jacobins, mais celui-ci saura pourtant rester le cœur de la Révolution et garder le contrôle des centaines de clubs jacobins de province. [C’est ainsi que va surgir une nouvelle génération de leaders, dont Robespierre.]
Les Constitutionnels commirent là une erreur fatale. En se séparant de l’extrême gauche, il fallait l’abattre. Ils venaient d’avoir les moyens de le faire et y avaient renoncé. Puisque c’était une lutte à mort, ce sont eux qui allaient mourir…
A St-Domingue (français), les esclaves se soulèvent.
Déclaration de Pillnitz : l’Autriche et la Prusse menacent la France d’une intervention militaire. JB : Les émigrés prirent ça pour une déclaration de soutien militaire à leur cause. Mais ce qu’il fallait surtout retenir de cette déclaration, c’est que la Prusse et l’Autriche se rapprochaient, et que si la France voulait faire la guerre à l’Autriche, elle devrait aussi la faire à la Prusse, cad à tte l’Allemagne. Ce serait donc détruire toute la politique fçse en Allemagne depuis Richelieu, qui avait assuré à la France sa position en Europe. Car depuis Richelieu la France avait la mainmise sur la Prusse, qui avait tjs été notre alliée dans nos guerres contre l’Autriche…
Vote de la Constitution. Le roi l’accepte et jure fidélité à la Nation.
L’Assemblée Constituante se dissout (« Vive le Roi, vive la Nation ! »).
Robespierre est acclamé. La foule désabusée laisse repartir en silence les députés qu’elle avait acclamés à leur arrivée. Mais quand passe Robespierre, il est acclamé, la populace dételle les chevaux de son fiacre pour tirer elle-même sa voiture. Même ses contemporains avouent ne pas comprendre l’ascension de cet homme qui déplaît à tous ceux qui le connaissent. Mais il a su faire croire au peuple qu’il est leur défenseur, qu’il est comme eux, vit comme eux, et est Incorruptible. Il repart à Arras, entouré de 200 cavaliers, pour y régler ses affaires et revenir définitivement à Paris. Il n’est plus député d’Arras, il sera désormais président des Jacobins. (GL p 46)
Olympe de Gouge publie une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne qui s’insurge contre l’exclusion des femmes des droits politiques.
La nouvelle Assemblée (Législative) marque un important tournant à gauche. Ce sont 745 hommes nouveaux, jeunes, élus au suffrage censitaire par une bourgeoisie instruite, aisée, marquée par l’affaire de Varennes. Parme ces députés très peu de nobles et de prêtres, mais des bourgeois ouverts aux idées des Lumières. Et surtout avec un appétit de prendre une place (dans la société et dans le jeu politique) qu’ils n’avaient pu obtenir jusque là. Or ils savent qu’ils n’ont pas de place dans une monarchie. Ils sont donc, par conviction ou par intérêt : Républicains ! Du coup, dans cette nouvelle assemblée, les Constitutionnels-Feuillants (la gauche de la veille) se retrouvent à former la droite. L’Assemblée s’est drôlement gauchisée !
Pour ces parvenus dans le monde politique, s’emparer du pouvoir passe par achever la Révolution, détruire définitivement la monarchie et instaurer la République. Et cela passe encore plus de surenchère à gauche et par la guerre. L’Assemblée Législative sera belliciste…
L’Assemblée exige le retour des émigrés, sinon ils seront déclarés « suspects. »
Les prêtres qui continuent de refuser de prêter serment seront déclarés réfractaires[ et hors-la-loi].
Robespierre s’oppose à la guerre dans son discours du 16. Il n’est pas encore député à l’Assemblée, mais il est déjà maître du club des Jacobins. Il est d’abord opposé à la guerre, mais il s’y ralliera en comprenant son intérêt pour abattre la monarchie : les Jacobins aussi allaient devenir pour la guerre. En prenant qq précautions oratoires : on ne ferait la guerre qu’aux « tyrans »…
Mais les Girondins la veulent. Pour eux, l’enjeu politique est d’instaurer une République (et non une monarchie constitutionnelle). Ce sont les ultras du moment : les Républicains (les Jacobins ?) en lutte avec les monarchiens (les Feuillants). Pour cela, ils ont besoin d’un prétexte pour destituer le roi et ils cherchent à le pousser à la faute. Mais Louis XVI signe docilement tous les décrets qu’on lui soumet. Les Girondins veulent alors la guerre pour obliger le roi à se mettre en porte-à-faux avec la Révolution. C’est aussi pour ça qu’ils veulent une guerre contre l’Autriche, alliée de la France de Louis XVI, et famille de Marie-Antoinette.
Les royalistes aussi la veulent, car ils sont convaincus que les armées étrangères vont défaire la France révolutionnaire et rétablir la Royauté et l’Ancien Régime.
Pourtant la situation intérieure de la France est catastrophique : inflation, monnaie-papier qui se déprécie sans cesse, cherté des denrées, chômage, plus de rentrée des impôts, profonde révolte religieuse, insécurité partout en France, bandits, fraudeurs, émeutiers professionnels, obsession du complot et de la trahison… Et pourtant, plus encore que la Constituante, la Législative répugne à réprimer et laisse l’anarchie s’étendre et se développer. (JB)
La Fayette abandonne le commandement de la garde nationale. Il a perdu la confiance de tous.
Les Jacobins arment les sans-culottes. La Fayette est remplacé par Pétion, aux ordres des Jacobins, qui fournit des piques aux sans-culottes parisiens.
Volta s’inspire des travaux de Galvani et commence sa classification électrique des métaux.
Arthur Young : Voyages en France. Précieux document sur la vie en France à la veille de la Révolution.
Fichte publie un livre qu’on attribue d’abord à Kant. Ce qui ouvre une notoriété à ce nouvel auteur.
Goya, en Espagne.
Droit de propriété : les Girondins affirment qu’il est illimité ; les robespierristes, qu’il doit être borné par le droit à l’existence.
Les biens du clergé sont mis sous séquestre.
Formation d’un ministère girondin ( dit « jacobin » ). Jusque là les Feuillants avaient encore, sinon la majorité, du moins du pouvoir, dont le ministère des Aff étrangères. Le ministre Lessart était opposé à la guerre (en accord avec le roi). Brissot l’attaque sans relâche et finit par obtenir son accusation pour trahison. La partie est perdue pour les Feuillants, et pour le roi. Et la guerre n’est plus qu’une question de jours.
Fidèle à son serment de respecter la constitution, Louis XVI se conforme au vote de l’Assemblée et nomme de nouveaux ministres girondins (sous la présidence de Dumouriez).
Le 26, la Législative clôt 2 ans de débats en accordant la citoyenneté à tous les « hommes de couleur » libres.
L’Ass Légis reçoit les soldats mutinés de Nancy et les amnistie dans l’apothéose. La Commune organise des fêtes en leur honneur. Cad qu’en même temps qu’ils partent en guerre, les Girondins exaltent l’indiscipline militaire et la mutinerie !…
L’Ass Légis déclare la guerre à l’Autriche. Autre événement majeur aux conséquences incalculables, car cette guerre va bouleverser tout l’équilibre européen mis en place depuis Richelieu. On passe vraiment à une autre époque…
Les Girondins sont partis en guerre comme en croisade. Sans préparation politique, sans nouer des alliances, sans se soucier qu’ils partaient ainsi, la fleur au fusil, contre l’Europe entière. Ils étaient sûrs que les peuples se soulèveraient contre les tyrans et rejoindraient les armées fçses « libératrices ». Brissot, le diplomate de la Gironde, berce l’Assemblée de ce genre d’illusions.
[ Rem : plus on avance dans le processus révolutionnaire, cad plus on met la barre « à gauche »… et plus on s’assoit sur les Droits de l’homme, la Fraternité, le droit des peuples, la liberté, tous ces principes d’une révolution dite « bourgeoise ». La seule valeur qui semble rester pour l’extrême gauche est l’égalité. Égalité devant la guillotine ?... ]
La Marseillaise : Rouget de Lisle compose Le Chant de guerre pour l’armée du Rhin, qui sera chanté par les volontaires marseillais à Paris, et gardera le nom de Marseillaise.
Premières défaites françaises. Les Girondins accusent un complot autrichien du « parti de la reine ». Les Girondins commencent les hostilités en Belgique, en croyant que le peuple belge va se soulever et rejoindre les armées fçses. Mais ce n’est pas le cas et elles subissent deux défaites face aux Autrichiens. Les Girondins rejettent la responsabilité sur un « complot autrichien » du « parti de la reine ». La monarchie est dès lors désignée comme faisant partie du camp de l’ennemi. Ce qui objectivement n’est pas faux, puisqu’en effet Marie-Antoinette tient une correspondance avec l’Autriche dont elle espère qu’elle viendra mettre fin à la Révolution et restaurer son couple royal. Elle lui envoie même des renseignements militaires stratégiques.
L’AL décrète la déportation des prêtres réfractaires et la dissolution de la garde personnelle du roi. Pour pousser le roi à se désolidariser de l’Assemblée, les Girondins doivent surenchérir par des décrets de plus en plus inacceptables par le roi.
L’AL décrète la création d’un camp de 20.000 fédérés à Paris. Les Girondins et les Jacobins se méfient de la garde nationale depuis qu’elle a réprimé l’émeute au Champ de Mars Ils réclament une nouvelle armée de fédérés pour remplacer les troupes régulières [royales ?]. Tout le monde comprend qu’ils veulent une force armée pour faire un coup d’Etat…
Le 11, Veto du roi contre la déportation de prêtres réfractaires et autres décrets.
Le 12, Louis XVI renvoie les ministres girondins.
Les fédérés marseillais sont les premiers à arriver à Paris.
Le 20 juin 1792, la foule parisienne avec les Marseillais à leur tête envahit les Tuileries pour contraindre le roi à rappeler les ministres girondins et à retirer son veto sur les décrets de l’Assemblée. Le roi fait preuve d’un grand courage. Il accepte de coiffer le bonnet rouge, mais refuse de céder.
Entre les journées d’octobre 1789 et celle du 20 juin 1792, l’émeute a pris des proportions considérablement plus importantes. Les Girondins jouent avec le feu… Mais pour le moment ils savourent leur triomphe d’avoir humilié la monarchie.
Le 11, l’AL déclare la Patrie en danger et décrète la levée en masse. La Prusse vient en effet d’entrer en guerre. Les Girondins ont réussi l’exploit de réunir contre la France la Prusse et l’Autriche, qui avaient tjs été ennemies. Mais dans l’opinion et à l’Assemblée, ce sont le roi et le « comité autrichien » qui sont tenus pour responsables. On réclame la déchéance du roi.
Le 25, le manifeste du duc de Brunschwig menace de détruire Paris. Au lieu de modérer les ardeurs révolutionnaires, il a l’effet exactement inverse de resserrer tous les patriotes contre l’ennemi et la monarchie.
Les Girondins ont atteint leur objectif, mais c’est le moment où les Jacobins les dépassent. Les Girondins ont obtenu l’unanimité contre la monarchie. Mais c’est à ce moment que surgit Robespierre qui va entraîner la Révolution bien plus loin. Il déclare que le roi est coupable, mais que l’Assemblée elle aussi est coupable (de ne pas avoir mis le roi hors jeu quand il le fallait, et donc finalement d’avoir permit qu’il trahisse la France et la Révolution). L’Assemblée s’est rendue suspecte d’usurper la souveraineté du peuple, et il réclame une nouvelle assemblée, élue au suffrage universel, réunissant tous les pouvoirs, et dont serait exclue les aristocrates et les intrigants.
Alors les Girondins comprennent que la situation leur échappe et tentent de réagir. Ils cherchent à se rapprocher du roi et lui conseillent de fuir, mais celui-ci n’a plus confiance en personne.
Le 10 août 1792, deuxième invasion des Tuileries. C’est un coup de force des Jacobins qui prennent le pouvoir aux Girondins. C’est exactement la même méthode qu’aux journées d’octobre 1789 : l’insurrection est mise au service du coup d’Etat quand la situation est mûre. L’émeute fut organisée par Danton et Robespierre (ou au moins sa bénédiction). On avait désarmé le roi (supprimé sa garde personnelle). Les Tuileries ne pouvaient être protégées que par qq gardes suisses, et par la garde nationale. On commença par assassiner le commandant de la garde nationale. Pendant l’assaut, les gardes suisses sont massacrés. Le roi et sa famille se réfugient à l’Assemblée. Celle-ci les protège mais n’en mène pas large face aux émeutiers.
Le même jour, l’émeute jacobine prend le pouvoir à la Commune de Paris qui devient le vrai organe du pouvoir [avant que les Jacobins ne contrôlent la prochaine Assemblée.]
Le 11, la Commune insurrectionnelle destitue le roi qui est remplacé par un Conseil exécutif provisoire dirigé par Danton.
Le 12, la Commune se fait livrer le roi et sa famille, qui sont emprisonnés au Temple.
Danton devient ministre de la Justice.
Le 17, création d’un tribunal extraordinaire, sur proposition de Danton.
L’Assemblée vote sa dissolution et l’institution d’une nouvelle assemblée, la Convention, élue au suffrage universel et cumulant tous les pouvoirs, comme l’avait réclamé Robespierre.
JB : les leaders de ces journées sont eux-mêmes étonnés et effrayés. Ils savent que leur succès est fragile et qu’il est dû à la violence. Désormais la violence est au cœur du jeu. Une violence qui s’est d’abord exercée contre les Contre-révolutionnaires, mais qui vient de s’exercer contre des révolutionnaires. Désormais personne n’est à l’abri et tout le monde doit se méfier des autres. Le temps est venu de la surenchère de la suspicion et de la violence, dont la Terreur sera le paroxysme. Maintenant le dernier acte doit se jouer entre les vainqueurs du jour : Dantonistes et Robespierristes… Il va durer 2 ans.
Le 23, les Prussiens envahissent la France. Ils prennent Longwy et assiègent Verdun. La route de Paris leur est ouverte.
Le 30, l’Ass Légis vote que le Conseil de la Commune doit se soumettre à la légalité (cad doit obéir à l’Assemblée).
Le 2, réunions des électeurs de 2nd degré parisiens. JB : ce n’est pas un hasard si les massacres dans les prisons ont lieu ce même jour…
Massacres de septembre (du 2 au 5). Les émeutiers envahissent les prisons et massacrent 1200 prisonniers. Responsabilité de Danton. A l’annonce du siège de Verdun, peur de l’invasion, peur d’une réaction royaliste. D’où massacres de tous les contre-révolutionnaires emprisonnés, mais également de très nbx prisonniers de droit commun. Plus de 1200 tués.
Mais c’est surtout une manœuvre politique organisée par les jacobins (Danton). Les massacres dans les prisons sont précédés de perquisitions et d’arrestations en masse ordonnées par le ministre de la Justice, Danton.
JB : les Girondins voulaient soustraire la Commune aux Jacobins avant l’élection de la nouvelle Assemblée (la Convention) (cf vote du 30/8). Danton ne voit qu’un moyen pour la conserver, celui qui a tjs marché jusque là et qu’il sait manier : terroriser.
Le 19, création du musée du Louvre.
le 20, victoire de Valmy : Dumouriez et Kellerman sauvent la France de l’invasion. L’armée autrichienne qui croyait faire une promenade de santé s’est heurtée à une armée motivée et victorieuse. Mais les troupes françaises ne poursuivent pas l’armée autrichienne qui se retire : elles n’en ont pas la force. C’est une victoire hautement symbolique pour la France et la Révolution, mais qui ne règle rien sur le plan militaire.
Le 20, l’Ass Législative laïcise l’état civil, instaure le mariage civil et le droit au divorce.
Le 20, l’Ass Législative se dissout.
Le 21, ouverture de la nouvelle assemblée : la Convention, élue au suffrage universel masculin. Les députés élus sont plus modérés que la Commune, mais ils commencent leur législature en étant déjà terrorisés par les journées du 20 juin, 10 Août, et les massacres de septembre.
Danton, Robespierre, Marat, députés de Paris à la Convention : la Montagne. Danton quitte le ministère de la Justice.
Le 22, abolition de la royauté et proclamation de la « République française, une et indivisible ». Ce jour correspond au 1er jour de l’an I du calendrier révolutionnaire. Il faut donc à la Convention réécrire une nouvelle Constitution, républicaine : celle de 1793.
[ L’abolition de la royauté est une défaite majeure pour les modérés. D’abord parce qu’ils ne peuvent plus se référer à la 1ère constitution comme cadre légal, puisqu’elle est devenue obsolète. Ensuite parce que le roi est désormais hors jeu, qu’il soit mort ou vivant n’a plus d’importance dans l’exercice politique (il ne peut avoir d’importance que s’il revient aux commandes). Enfin parce qu’à partir de ce moment, on va identifier les concepts de « Patriote » (Bon Révolutionnaire) et de « Républicain ». Les Modérés vont devoir faire preuve de leur patriotisme, cad de leur républicanisme. Le roi a déjà un pied dans la tombe. Les députés lui mettront le 2ème pour sauver leur propre tête…]
Les Girondins mettent Robespierre en accusation. Dès l’ouverture de la Convention, il y a une lutte pour le contrôle de la nouvelle assemblée. Les Girondins sont encore présents, ils ont des élus, et ils comptent sur la sympathie de nbx députés modérés de la province. Mais il leur faut reprendre le pouvoir dans l’assemblée, et soustraire le pouvoir à la Commune. Les Girondins mettent en accusation Robespierre et ses amis pour les massacres de septembre. Mais la majorité de la Convention n’ose pas les suivre (sans doute par peur). Dès lors c’en est fini des Girondins. Comme la dernière fois avec les Feuillants, ils n’ont pas mis à mort les Jacobins, ils vont mourir…
1ère riposte des Jacobins : les Girondins accusés de « fédéralisme ». Les Jacobins commencent à se défendre, puis passent à l’attaque. Les Girondins avaient voulu jouer la province contre Paris, les Jacobins les accusent de « fédéralisme », trahison de la Révolution.
2ème riposte des Jacobins : le jugement du roi. Les Jacobins poussent les Girondins dans leurs contradictions. En jugeant le roi, ils veulent créer une ligne de fracture, créer des camps pour mieux désigner leurs ennemis avant de les abattre. Le régicide doit être l’épreuve de vérité, le gage de patriotisme.
Victoire militaire française : Dumouriez bat les autrichiens à Jemmapes et occupe Bruxelles.
L’invasion de la Belgique conduit immanquablement à l’entrée en guerre de l’Angleterre. Ce que l’Angleterre ne peut accepter par-dessus tout, c’est que la France contrôle les Pays-Bas (car c’est la tête de pont entre l’empire maritime britannique et le continent où elle doit écouler ses marchandises). Certains députés le savent bien. Mais la tentation est plus forte de trouver de l’argent par des conquêtes. L’exécution de Louis XVI ne sera que le prétexte que donnera l’Angleterre pour entrer en guerre. La raison, c’est l’occupation d’Anvers. Et cette fois l’Angleterre allait mener la guerre jusqu’au bout, jusqu’à ce que la France soit à terre et ne soit définitivement plus en mesure de lui contester le leadership du commerce mondial. Et cette fois, la France n’avait plus de marine digne de ce nom, ni d’argent pour en reconstituer une…
Le 10, ouverture du procès du roi. Opposition Girondins / Montagnards.
Condorcet : Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain, véritable testament des Lumières.
Les Girondins se divisent sur la question de la mort du roi. C’est bien ce que cherchaient les Jacobins : diviser pour mieux régner. Les Girondins sont en déroute dans l’assemblée. Ils ont déjà perdu, et sont donc déjà condamnés.
Les modérés veulent en appeler au peuple de France. Encore une fois la Rue menace l’Assemblée qui cède.
Robespierre commence à prendre toute son envergure. C’est à l’occasion du procès du roi que Robespierre s’affirme comme un leader incontournable, acharné, et qu’il commence à être redouté. Ses collègues ne le reconnaissent pas à sa juste valeur ?... Il prendra appui sur le peuple (très mal informé et prêt à croire à tous les discours démagogiques) qui l’adule ! Il souffle la révolte chez les laissés pour compte. [Le ressentiment personnel de Robespierre trouve à s’exprimer dans le ressentiment général du peuple miséreux.]
Le 17, les députés de la Convention votent la mort du roi.
Une fois le vote régicide commis, Robespierre remonte à la tribune de l’Assemblée effrayée par sa propre décision, pour l’empêcher de mollir et accorder la grâce ou au moins le sursis. Il exige l’éxecution immédiate, refuse l’audition des défenseurs, en appelle aux enragés de la Commune, des sections armées et des clubs pour imprsssioner les députés (GL p 52).
Le duc d’Orléans, Philippe-Egalité, vote la mort. Ce qui ne l’empêchera pas d’y passer lui aussi un peu plus tard.
[ La mort du roi, c’est non seulement la défaite politique des modérés Constitutionnels, mais c’est aussi de fait l’abolition de la 1ère constitution, puisqu’elle devient du coup sans objet : il n’y a plus de roi. C’est même plus profond que ça : non seulement on va devoir changer de constitution, mais on va changer de régime : la monarchie cède la place à la République. D’où la rédaction d’une nouvelle Constitution, celle de 1793.]
Le 21, Louis XVI est guillotiné sur la place de la Révolution (pl de la Concorde).t
[ L’exécution de Louis XVI a sans doute joué un rôle dans le caractère sanglant de la Révolution (la Terreur). A partir du moment où l’on a exécuté le roi, la mort devient le moyen normal d’éliminer les adversaires. Même si la violence et la mort sont présentes dans la révolution bien avant l’exécution du roi, sans doute qu’avec l’exécution du roi, un tabou tombe, et on se retrouve sans limites, d’où la folie de la Terreur.]
La Prusse et la Russie opèrent un 2nd partage de la Pologne.
Le 1er, la France déclare à la guerre à l’Angleterre et la Hollande.
Forte pression menée par Jacques Roux et les Enragés sur la Convention pour protester contre la hausse des prix.
Le 23, la Convention vote la levée de 300 000 hommes pour les besoins de la guerre. Forte résistance dans les provinces.
La France déclare à la guerre à l’Espagne. Formation d’une coalition contre la France : Angleterre, Autriche, Hollande, Russie, Espagne, Prusse.
La Vendée se soulève contre la politique « de Paris ». Surtout contre la levée en masse, la politique religieuse et l’exécution de Louis XVI.
Le 18, Dumouriez est battu et doit évacuer la Belgique. Le 25 il est accusé par la Convention. Le 2 avril, il passe à l’ennemi.
La Convention institue un tribunal qui deviendra (en octobre) le Tribunal Révolutionnaire dirigé par Fouquier-Tinville.
Institution des comités de surveillance dans les communes, pour traquer les suspects.
Le 6, institution du Comité de Salut Public, de 9 membres renouvelables tous les mois. C’est lui qui gouverne.
Les députés de la Convention renoncent à leur inviolabilité. C’est une proposition de Marat, afin que tout le monde puisse contrôler tout le monde. Dès lors tout est en place pour que les révolutionnaires se guillotinent entre eux à qui mieux mieux.
Procès et acquittement de Marat. Les Girondins font arrêter Marat. Ils savent que c’est l’homme le plus dangereux pour eux : celui qui pousse le plus à l’anarchie. Mais le Tribunal Révolutionnaire l’acquitte, et il en sort en triomphe. C’est un nouvel échec très grave pour les Girondins.
Les Girondins accusent Danton. Après leur échec contre Marat, ils tentent de s’en prendre à Danton. Comme il était lié à Dumouriez qui vient de perdre des batailles et de passera l’ennemi, ils accusent Danton de trahison. Or celui-ci commençait à souhaiter (mais trop tard) endiguer la Révolution. Il aurait voulu se poser entre Girondins et Jacobins. Mais l’attaque des Girondins va le pousser vers les Jacobins, et il concourra à la perte des Girondins. Avant de tomber lui-même.
La Convention siège aux Tuileries.
Le 31 mai, coup d’état contre les Girondins (1ère journée). Les Jacobins ont commencé à préparer le terrain, cad les esprits des sans-culottes : campagne de presse et dans les clubs, où les Girondins sont accusés de fédéralisme et royalisme. Les nouvelles sont mauvaises : Lyon et la Vendée se sont révoltés contre la Révolution, les armées étrangères sont en France.
Une fois les esprits bien chauffés, place à l’émeute, selon la méthode maintenant bien rodée. On ne sait si Robespierre est l’instigateur de cette journée, mais au moins il a laissé faire, et surtout il en est le premier bénéficiaire.
Un Comité insurrectionnel se réunit le 30 à l’évêché. Ni la Convention, ni la Commune, ni les Jacobins n’encouragent cette initiative. A la Convention, Robespierre reste prudent.
Le 31, sans-culottes encerclent la Convention pour présenter leurs revendications : l’arrestation des Girondins, une taxe sur les riches, la création d’une armée révolutionnaire, le droit de suffrage aux seuls sans-culottes. La Convention ne vote que la suppression de la commission d’enquête girondine sur la Commune.
Le 2 juin, coup d’état contre les Girondins (2ème journée). Les chefs Girondins Brissot et Vergniaud sont arrêtés et guillotinés (le 31 octobre).
L’émeute reprend. Cette fois les sections ont mobilisé bcp de monde et sont venues avec la garde nationale (dirigée par Hanriot) équipée de 150 canons. Les députés refusent les revendications des sans-culottes. Ils sortent de l’Assemblée pour montrer qu’ils sont libres. Et se retrouvent nez à nez avec les canons pointés sur eux. Ils rentrent… Et décident par acclamation de livrer 29 députés Girondins à Hanriot.
Robespierre et ses amis Montagnards, eux, ne sont pas sortis. C’est par ce geste qu’ils reprennent à leur compte ces émeutes auxquelles ils n’ont pas participé.
Mais cette victoire politique dans l’Assemblée a un prix : la Montagne a payé sa victoire d’un coup d’Etat populaire contre la représentation nationale. Ça avait déjà été le cas le 10 août 1789, mais la prise des Tuileries avait fait passer au 2nd plan la prise de l’Assemblée ; la chute de la monarchie avait fait passer au 2nd plan l’atteinte à la représentation nationale. Cette fois ce n’est plus le cas, c’est la Convention élue au suffrage universel qui doit se coucher. La Convention qui commence juste à élaborer une nouvelle constitution (le droit), et qui vient de donner raison à la force. (F Furet)
Les Girondins qui n’ont pas été arrêtés s’enfuient et se cachent.
Les Jacobins sont maintenant maîtres de la Convention, en plus de la Commune. Ils ont tout le pouvoir politique. Mais ils doivent compter avec le pouvoir, de fait, de la Rue. Il va s’agir pour eux maintenant de se libérer de cette ‘tutelle’ populaire.
Création du Muséum national d’histoire naturelle.
La Convention adopte la Constitution de 1793 (le 24). Elle reconnaît un certain nombre de droits naturels (droits à l’instruction, aux secours publics, et à l’insurrection) et adopte le suffrage universel. Mais elle ne sera jamais appliquée.
De juin à Décembre, troubles « fédéralistes » dans les provinces : Marseille, Nîmes, Toulon, Toulouse, Bordeaux, et bien sûr Vendée. 60 département se révoltent contre la Convention.
La France est plus faible que jamais, mais les ennemis ne savent pas en profiter. Tout porte à croire que la France n’aurait pas su résister à une attaque des coalisés alliés aux ennemis de l’intérieur. Mais les coalisés sont encore occupés à d’autres choses : l’Angleterre ne se sent pas prête, elle ne soutient pas la Vendée ; la Russie, la Prusse et l’Autriche dépècent la Pologne et se divisent sur la question d’orient.
Le 10, réélection du Comité de Salut Public. Danton en est écarté. Danton est discrédité par ses négociations diplomatiques, son attitude ambiguë, et ses comptes non rendus, il n’est pas réélu.
Le 13, Marat est assassiné par Charlotte Corday, une jeune royaliste. Ça radicalise encore plus les sans-culottes. Mais sur le long terme, ça calme le jeu, Marat étant celui qui provoquait le plus la surenchère (« Il n’y a rien au-delà de l’opinion de Marat »).
JB : Marat a été l’homme le plus influent de la Révolution, parce qu’il avait le talent de sentir et d’exprimer les haines et les soupçons de la foule. Il inspirait du dégoût même à Robespierre. Mais il était indispensable à la Révolution car elle s’alimentait de l’agitation permanente, de la possibilité de provoquer une émeute à tout moment. La mort de Marat n’a pas arrêté le processus révolutionnaire, mais l’a considérablement ralenti.
Le 16, mauvaises nouvelles pour la Convention. Les Lyonnais décapitent le jacobin Châlier, les Vendéens mettent l’armée en fuite, et les places du Nord tombent.
Sous la pression populaire, la Montagne accentue sa politique répressive. La mort de Marat et autres mauvaises nouvelles bouleversent les sans-culottes, qui croient à un complot royaliste et réclament une accentuation de la répression.
Le 17, l’abolition des droits féodaux marque la fin de la féodalité.
Le 26, un décret punit de mort les spéculateurs sur les denrées de 1ère nécessité. Avec celle-ci comme d’autres encore, la Montagne suit les revendications des Hébertistes.
Le 27, Robespierre entre au Comité de Salut Public.
Le 1er, instauration du système métrique. Le mètre devient l’unité de mesure légale (c’est le 1/10.000.000 du quart de la longueur du méridien terrestre).
Hébert réclame la dissolution de la Convention et la convocation d’assemblées primaires pour élire un nouveau corps législatif.
Contrôle de la récolte de blé et, revendication hébertiste.
Contrôle des prix (le Maximum) sur le sel, le tabac et les combustibles. Les Hébertistes le réclamaient pour toutes les denrées.
Levée en masse, réclamée par les Hébertistes.
Ainsi la Convention se charge de transposer en mesures légales et réalistes les revendications sociales Hébertistes.
Robespierre est élu Président de la Convention. (GL p 54)
Les Républicains reprennent Marseille, la débaptisent et décident de la laisser sans nom.
Toulon s’est rebellée contre Paris, et s’est ‘donnée’ aux Anglais.
Les 4-5,nouvelles « journées » populaires à Paris pour obtenir le contrôle des prix et des salaires, et la création d’une armée révolutionnaire. Après avoir imposé leur volonté aux Girondins, les Hébertistes et la Commune estiment qu’il est temps de l’imposer maintenant à la Montagne. les émeutiers envahissent l’Assemblée. Le Comité de salut Public accorde tout. Y compris l’armée révolutionnaire qui va pouvoir mettre « la terreur à l’ordre du jour. » La Commune en sort grande vainqueur, et les hébertistes espèrent bien contrôler l’armée révolutionnaire.
Le 5, « la Terreur est à l’ordre du jour ».
Le 8, Une victoire française débloque Dunkerque assiégée par les Anglais.
Le 11, création de l’armée révolutionnaire, armée itinérante dans le pays, pour appliquer la Terreur. Elle était réclamée par les hébertistes.
Le 25, le Comité de Salut Public est critiqué. Des députés de la Plaine reprochent au Comité de Salut Public d’avoir fait trop de concessions démagogiques. Alors Robespierre défendt le Comité et accuse l’Assemblée de faiblesse. Mortifiée par le discours de Robespierre, elle confirme sa confiance au Comité par acclamation. Par son intervention, Robespierre a renforcé son ascendant sur l’Assemblée, mais aussi sur le Comité.
La guerre à outrance. Ce sont les Girondins qui ont voulu la guerre, mais maintenant Robespierre n’a plus d’autre choix que la guerre à outrance. « Brissot et ses amis avaient tiré un vin sanglant. Il ne restait plus qu’à le boire » (JB)
Robespierre ne s’oppose pas à la nomination d’un Hébertiste à la tête de l’armée révolutionnaire. Il donne ainsi des gages à gauche.
Mais le 3, Robespierre sauve 73 députés Girondins et se ménage des alliés à droite. Amar accuse de trahison 73 députés Girondins et demande qu’on ferme les portes pour les arrêter. Robespierre s’y oppose, et sa seule autorité fait qu’on n’en parle plus. Il vient de leur sauver la vie et se ménage ainsi des alliés à droite.
Le 10, le gouvernement est déclaré révolutionnaire jusqu’à la paix. Après un long discours de St-Just. La constitution votée en juin est donc suspendue avant même d’avoir commencé d’être appliquée.
Le 12, Lyon est reprise et rebaptisée « Ville-Affranchie ».
Le 16, exécution de Marie-Antoinette.
Le 16, victoire de Carnot et Jourdan sur les Autrichiens.
Le 17, sévère défaite des révoltés vendéens à Cholet.
Exécution de Philippe-Egalité, Mme Roland, l’ancien maire Bailly.
Le 30, la Convention assure que la nature des femmes leur interdit tous droits politiques, et proscrit leurs clubs.
Le 31, exécution des députés Girondins (Brissot, Vergniaud,…) qui sont jugés et guillotinés.
Robespierre est désormais le maître. Et tous ceux qui vont maintenant passer à la guillotine ont contribué à l’amener au pouvoir. (JB)
Annexion de la Savoie.
Le 4, le gvt révolutionnaire est réorganisé, en un sens encore plus centralisateur.
Le 8, Robespierre fait voter la liberté des cultes. Il s’oppose par là à un mouvement de déchristianisation (mascarades religieuses, fêtes de la Raison).
Nouvelle défaite importante des Vendéens à Savenay.
Noyades de Nantes : Carrier noie dans la Loire des centaines de vendéens.
Le 19, l’école primaire est rendue obligatoire et gratuite pour les garçons et les filles.
Le 19, Napoléon Bonaparte reprend Toulon aux Anglais. C’est le 1er événement où il se fait remarquer.
La Terreur a porté ses fruits. La situation intérieure et extérieure s’est rétablie en faveur de la Convention. Alors pourquoi la Terreur continue-t-elle ? JB : Parce que la France a besoin d’argent et se sert sur la bête : sur les pays envahis, mais aussi sur les biens des émigrés et des suspects. Or si la guerre doit continuer, alors la Terreur aussi.
« Les colonnes infernales » du Gal Turreau massacrent 15 000 vendéens en 3 mois. La Vendée est définitivement vaincue.
Affaire de la Cie des Indes : sur ordre de Robespierre, Fabre d’Églantine est arrêté pour spéculation, ce qui compromet les députés dantonistes.
Le Français devient la langue officiel dans tous les actes publics.
Abolition de l’esclavage dans toutes les colonies.
Jacques Roux, chef des Enragés, condamné à mort, se suicide en prison.
Lois d’inviolabilité des biens des patriotes, et confiscation des biens des suspects (redistribués aux patriotes pauvres).
Robespierre frappe sur sa gauche (les hébertistes) et sur sa droite (les Cordeliers, puis les Indulgents dantonistes). Avec Danton, il est prudent : si le coup échoue il se retournera contre lui, Danton a des partisans. Aussi quand la Convention apprend la chose, les victimes sont déjà emprisonnées et Robespierre fait taire l’Assemblée.
Le 24, exécution des hébertistes.
Création de l’École centrale des travaux publics (future École Polytechnique). (ou 24 septembre ?)
Les 2-3, procès houleux de Danton et ses amis.
Le 5, exécution de Danton, Camille Desmoulins, Fabre d’Églantine, Hérault de Séchelles. Desmoulins était le condisciple de Robespierre à Louis le Grand, Robespierre a été son témoin à son mariage avec Lucile, il a tenu leur enfant sur ses genoux, n’importe : Camille et Lucile à l’échafaud ! « On dirait qu’il veut abolir les témoins de ses humiliations passées et de ses débuts mesquins. » (GL p 56)
Le 7, suicide de Condorcet en prison.
Le 14, transfert des cendres de J.J.Rousseau au Panthéon.
Discours de Robespierre sur l’Être Suprême. L’ambiance est pesante comme à chaque fois maintenant qu’il monte à la tribune. On applaudit tout ce qu’il dit. La Convention vote comme un seul homme et décrète que « le peuple français reconnaît l’existence de l'Être suprême et l’immortalité de l’âme. » On enverra le texte à toutes les armées, à toutes les sociétés populaires, il sera affiché dans les rues, traduit dans toutes les langues. Le soir Robespierre prononce le même sermon aux Jacobins.
De plus en plus de députés se défient de Robespierre… en cachette. Sa puissance effraie (on le déteste mais on n’ose plus le dire), et sa nouvelle « bigoterie » révolte les esprits libres.
Exécution de Lavoisier et de 27 autres anciens fermiers généraux. « La République n’a pas besoin de savants. »
Collot d’Herbois échappe à un attentat. Le meurtrier voulait d’abord assassiner Robespierre, mais comme il ne le trouve pas, il s’en prend à un autre député qui en réchappe de justesse. Le citoyen Geffroy, blessé au cours de l’intervention, est salué en héros par la Convention et le peuple. Collot d’Herbois tient le devant de la scène. Ce qui ne fait pas les affaires de Robespierre, d’autant qu’on va procéder à la réélection du Président de la Convention. Porté par une vague de compassion Collot d’Herbois risque de lui souffler la place. Par chance, qq jours plus tard une jeune fille se présente au domicile de Robespierre avec un couteau dans sa poche. Elle est arrêtée. L’affaire est montée en épingle, on arrête une trentaine de personnes (toutes innocentes) et Robespierre peut se présenter comme la Victime d’un complot de l’étranger, ennemis de la Liberté dont il est le garant, le Sauveur, etc. Il reprend la main… (GL p 88)
Le 4, Robespierre est réélu président de la Convention. Il est au faîte de sa gloire. Il tient la Convention, les Jacobins et toutes ses filiales, la Commune de Paris, l’armée parisienne, le Tribunal révolutionnaire et le collège électoral… On coupe 25 tête par jour. A ses côtés, deux alliés sûrs : Saint-Just et Couthon (paraplégique en fauteuil roulant). A part eux, son isolement est absolu (GL p 56).
Le 8, Fête de l'Être Suprême. C’est l’apothéose de Robespierre qui officie en tant que Grand Maître. Le peintre David est chargé de l’organisation, des décors et des symboles. Des milliers d’ouvriers ont travailé d’arrache-pied (et le menuisier Duplay chez qui loge Robespierre a reçu une grosse commande grassement payée). On a dressé un escalier monumental pour accéder au 1er étage des Tuileries, le bassin a été recouvert pour accueillir une statue colossale de l’Athéisme qui, réduite en cendres laissera la place à une statue de la Sagesse. Il fait un temps magnifique. Le peuple est massé, suivant les indications publiées par David (costumes, bouquets de fleurs, déplacements, acclamations, chants…) Robespierre occupe un piédestal, qu’il quitte, traversant la foule avec un flambeau, pour aller réduire l’Athéisme en cendres. De là le cortège des officiels, suivis du peuple et précédés d’un char portant La Liberté tiré par huit taureaux (finalement des bœufs), se rend au champ de Mars où a été érigée une Montagne (symbole de la Montagne à l’Assemblée), avec une grotte, et sur laquelle se placent les députés entourés de centaines de choristes avec fanfares, tambours et trompettes. Tout est du même tonneau… C’est le faste royal (ou impérial) à la gloire de Robespierre.
Pourtant, Robespierre, énivré un temps de sa gloire, déchante : il entend des quolibets et des insultes dans le cortège des députés qui le suivent loin derrière pour ne pas être près de lui. Il sent la haine de ses ennemis, et du coup la fragilité de sa puissance politique. Cette fête qui avait commencé comme sa consécration apothéotique le laisse une nouvelle fois avec son amour-propre en charpie. Ses ennemis ne perdent rien pour attendre : Robespierre en son fors intérieur vient de les condamner à l’échafaud… En rentrant chez les Duplay qui le félicitent pour cette consécration si réussie, il répond : « Vous ne me verrez plus longtemps… » (GL p 74 et 96)
La réputation de Robespierre est universelle. A l’étranger, il est la personnification de la Révolution française. Ses collègues sont à peine regardés comme de simples ministres.
Le 10, Robespierre réorganise le Tribunal Révolutionnaire et instaure la Grande Terreur. Fouquier-Tinville est tout-puissant. On doit renouveler bientôt le Comité de Salut Public. Robespierre craint qu’un vote surprise ne l’en écarte. Il doit agir vite. Couthon prononce à la tribune un discours dans lequel il présente des réformes. Au départ les députés croient à quelques mesures sans importance, mais plus le discours avance et plus ils sont atterrés : Couthon propose que le tribunal révolutionnaire soit renforcé, la supression de l’enquête préalable, de l’interrogatoire des accusés à l’audience, l’audition des témoins, et de la défense. L’obliigation de dénoncer les suspects (suspects de quoi ? de tout).Le tribunal n’a qu’une seule chose à faire : constater l’identité de l’accusé ; et seulement deux sentences possibles : l’acquitement ou la mort. En plus de ça : Couthon propose que même les députés puissent être condamnés sans être entendus par la Convention. Les députés auraient sans doute été prêts à sacrifier le peuple à la grande broyeuse de la Terreur, mais se sacrifier eux-mêmes… Pour l’instant, il n’y en a qu’un pour proptester. Mais Robespierre exige une discussion séance tenante, et un vote. La résolution est adoptée. « La Convention s’offre en holocauste au tyran qu’elle voulait abattre. » (GL p 116).
Tout le monde est aux aguets, Robespierre a des yeux et des oreilles à sa solde partout (pour les sicaires de Robespierre, voir GL p 145). Chacun craint d’entendre la troupe venir frapper à sa porte. A l’Assemblée, personne n’est tranquille mais tout le monde doit feindre la Joie.
Le 23, les députés se rebiffent… puis s’écrasent. Le 23, Robespierre est absent de l’Assemblée. Bourdon de l’Oise (qui se sent particulièrement visé) propose de revenir sur la résolution concernant les députés. Adopté. Mais le lendemain, Robespierre est là avec Couthon. Et ils reviennent sur « les calomnies » de la veille. Bourdon de l’Oise fait amende honorable, tout le monde s’applatit devant Robespierre qu’on applaudit. Robespierre accuse, mais refuse de donner des noms. Chacun peut se sentir suspecté. « Il n’était pas douteux que l’Assemblée, désormais prostrée, livrerait à son dompteur ceux qu’il réclamerait. Que ne les désignait-il ? On ne vivait plus… » (GL p 120) Une douzaine de députéés se conjurèrent pour poignarder Robespierre au pied de la tribune, mais sans suite.
Le 27 prairial, Vadier monte à la tribune et expose l’affaire de la Mère Théot (une voyante prophétesse illuminée), dans laquelle il implique à mots couverts Robespierre qui est absent. Robespierre semble désarçonné par cette affaire. Le lendemain il va trouver Fouquier-Tinville à qui il ordonne de ne pas donner suite (cad de ne pas poursuivre les accusés). (GL p 130)
Exécution des « assassins de Robespierre ». La jeune fille trouvée avec son couteau est condamnée avec 53 autres personnes (vieillards, jeunes gens et jeunes filles) toutes innocentes. La foule voit passer les charrettes et reste silencieuse. Pour la 1ère fois le peuple de Paris juge « la disproportion entre l’insignifiance du délit et l’effroyable magnificience du châtiment ; loin d’en être grandi, Robespierre paraît diminué. » (GL p 133)
Le Comité de Salut Public se rebiffe. A part Saint-Just et Couthon, Robespierre n’y a plus que des ennemis. Les séances sont houleuses, parfois pire. Robespierre réclame des têtes de députés, mais le Comité de Salut Public les lui refuse plusieurs fois.
Un jour, Saint-Just demande au Comité de Salut Public qu’on instaure une dictature avec Robespierre investi des pleins pouvoirs. Robespierre feint d’être surpris et joue les faux-modestes. Couthon appuie la proposition. « Les dictateurs, honteux et dépités, se virent éconduits, et la liste de têtes à couper que Robespierre promenait depuis près d’un mois s’allongea probablement ce jour-là de qq noms. » « Comment n’est-il pas arrêté ? Tous les jours on emprisonne des gens pour un crime moindre : Egoiste, A gardé chez lui des tasses à l’effigie de Necker, Ne croit pas aux bienfaits de la révolution, etc. Et pour avoir voulu la dictature, reniement de tout l’effort accompli depuis trois ans, Robespierre ne serait pas inquiété ! » (GL p 139) Robespierre s’écarte donc du Comité de salut Public et rameute le club des Jacobins qui lui est resté entièrement dévoué.
Le 25, création des Archives Nationales.
Le 26, la victoire de Jourdan à Fleurus ouvre la Belgique aux Français. Le peuple de Paris est ivre d’allégresse. Robespierre minimise la victoire des armées, qui n’est pas la sienne. La grandeur d’une nation se mesure à la qualité de son gouvernement, et non à ses victoires militaires, dit-il. (voirGL p 145)
Le 4, discours menaçant de Barrère.
Le 14 : Le Chant du départ, composé par Chénier.
Le 24, discours menaçant de Couthon. [C’est le 24 JUIN ?]
Les robespierristes se préparent à l’attaque. Une fête était prévue pour le 10 Thermidor. Robespierre avait prévu de ne pas y aller. On peut imaginer, sans être sûr, que les robespierristes voulaient profiter de cette fête où la Convention serait rassemblée pour faire le coup de force et arrêter les ennemis de Robespierre (cad un coup d’état). En tous cas une chose est sûre : les robespierristes se préparaient à frapper un grand coup, à quitte ou double. La Convention sent le vent venir et elle expédie 24 (sur 48) compagnies de canoniers des armées de Paris aux frontières. C’est l’artillerie de Robespierre, qui s’indigne.(GL p 154).
Le 26, discours de Robespierre qui désigne « la ligue des fripons ». Les députés de la Convention prennent peur. Il se pose en victime des calomnies. Il cherche à rassurer les uns tout en menaçant les autres mais sans nommer personne. Vadier est le premier à monter à la tribune pour répondre à Robespierre. Puis Cambon : « Il est temps de dire la vérité toute entière : un seul homme paralyse la Convention, et cet homme c’est Robespierre !... » Applaudissements. Le vent tourne. Robespierre est apostrophé. Il se défend mais la masse des députés se coagule contre lui. Il veut faire approuver son texte et le faire envoyer aux armées, mais la Convention qui se réveille tout à coup refuse.
Le soir aux Jacobins ça sent la poudre… On jure dans la fièvre de venger Robespierre des affronts de la Convention. Robespierre en appelle à l’insurrection : « Délivrez la Convention des scélérats qui l’oppriment ! Marchez ! Sauvez encore la liberté ! »
Deux députés se font violement jeter des Jacobins. Ils rejoignent le Comité de Salut Public où ils trouvent Saint-Just en train de rédiger leur acte d’accusation. C’est la fièvre dans les antichambres du Comité de salut Public. A ce moment-là, Robespierre et Saint-Just semblent encore sûrs de leur coup et de leur réussite prochaine.
Le 27 (9 Thermidor), la Convention décrète d’accusation les membres du Comité de Salut Public : Robespierre, Couthon, St-Just, Le Bas.
Robespierre arrive à la Convention, sûr de lui, dans ses plus beaux habits et minutieusement poudré.
Saint-Just monte à la tribune. Il va lire l’acte d’accusation (il n’en a pas le droit : il doit normalement le faire approuver par le Comité de Salut Public ; mais cette fois-ci, ce sont justement ses membres qui sont accusés…). Tout à coup, Tallien saute à la tribune, repousse saint-Just et prend sa place. Applaudissements. Billaud à son tour excite l’assemblée à la résistance. Les députés sont debouts, agitant leurs chapeaux bras levés. L’assemblée bouillonne. Quand Robespierre veut prendre la parole, la masse des députés le fait taire. « A bas le tyran ! » La Convention décrète l’arrestation de plusieurs robespierristes. Barrère monte à la tribune. Ils y sont 4, Robespierre s’accrochant pour y rester, mais finalement il doit quitter la place. Vadier raconte une nouvelle fois son histoire de la Mère Théot et la salle rit de Robespierre ridiculisé. Robespierre furieux veut répondre, mais la Convention redoute son talent et est résolue : il ne parlera pas ! On commence à crier « A mort ! » Peu à peu, la cause de Robespierre semble perdue, et même dans les tribunes de spectateurs, d’abord favorables à Robespierre, le vent tourne. Finalement, le décret ordonnant l’arrestation de Robespierre est adopté à l’unanimité. Son frère veut « mourir avec lui »… il est arrêté lui aussi ! Puis Le Bas, Couthon, Saint-Just. La bataille a duré 3 heures. Mais les proscrits ne quittent pas la salle. Les huissiers n’osent pas les arrêter (on ne sait jamais comment tourne le vent). Finalement les gendarmes arrêtent les accusés et les emmènent dans différents endroits.
Hanriot galope dans Paris pour rameuter des troupes, et fonce au Comité de Sûreté générale pour libérer Robespierre, mais il est arrêté lui aussi.
La Commune et les Jacobins tentent le coup de force pour défendre Robespierre et ses amis. On bat le rappel dans les sections et la populace se lève, sans trop savoir ce qui se passe. On cherche où sont les prisonniers et on parvient à les libérer.
La Convention va être assaillie par la Rue et n’a que quelques soldats pour se défendre. Les députés dans l’assemblée attendent de se faire massacrer. Pourtant Hanriot, à la tête de l’insurrection, n’attaque pas. Personne n’ose rien d’irrémédiable
Robespierre s’est réfugiéau Palais de Justice et ne veut plus en sortir. La Commune doit venir le chercher de force : c’est qu’on veut partager les responsabilités, et s’il faut se battre pour lui, au moins qu’il ne reste pas planqué. Il arrive à l’hôtel de ville sous des acclamations délirantes. Robespierre fait chercher Couthon qui lui non plus ne voulait pas venir.
Robespierre fait un discours, il tient conseil avec ses amis mais ne décident rien. (En fait Robespierre n’est pas un homme d’action, il n’a jamais participé activement à un mouvement populaire).
Qu’est-ce qu’on attend ? On a tenté de retenir les soldats par des distributions de vin, mais maintenant ils sont ivres. . Alors, une fois la furie passée, une fois la machine arrêtée, le soufflé tout à coup retombe. Les insurgés repartent chez eux, les soldats ivres s’endorment.
Voyant qu’elle n’est pas assaillie, la Convention se ressaisit. Elle nomme Barras pour organiser la retraite, et même la contre-offensive à la tête de seulement 4000 hommes, citoyens. Une douzaine de députés, sabre en main, parcourent les rues entourés de policiers, tambours et flambeaux pour rameuter le peuple parisien et donner lecture du décret d’accusation.
A 2h30 du matin, ils arrivent sur la place de Grève absolument déserte. Les fenêtres de l’hôtel de ville sont illuminées mais il n’y a pas de défenseurs autour.
Une fenêtre s’ouvre et un homme se jette par la fenêtre : c’est le frère de Robespierre. Comprenant que l’insurrection est en détresse, les Conventionnels s’arment de courage et envahissent l’hôtel de ville. Le Bas est tué. Robespierre se tire une balle dans la bouche, qui n’éclate que sa mâchoire, Couthon le paralytique reçoit une balle dans la tête. Le reste des municipaux se laissent prendre ou tente de s’échapper. Les prisonniers sont emmenés au Comité de Salut Public. Robespierre gît sur une table, la tête enroulée d’un mouchoir. La Convention refuse de l’entendre. Il est amené à la Conciergerie sous les huées de la foule. Au tribunal, on ne fit que reconnaître l’identité des accusés, sans les entendre. Puis ils furent livrés au bourreau.
Mais les députés de la Convention ont retenu les leçons du passé. Ils savent qu’il ne suffit pas de mettre Robespierre en accusation à l’assemblée, mais qu’il faut porter le conflit dans la rue : protéger l’Assemblée par des sections modérées, et passer à l’attaque. Ils ont compris que les émeutiers ne sont qu’une minorité usant de la violence et envoient contre eux une autre section parisienne (section Le Peletier) puis la garde nationale. Robespierre se réfugie à l’Hôtel de Ville. Il connaît trop bien le processus pour savoir qu’il est perdu si l’insurrection de la Commune recule. Il tente de se suicider mais ne fait que se blesser à la mâchoire. Il reste prisonnier toute la nuit, sanglant, sur une table. (JB)
Le 28, Robespierre et ses amis sont guillotinés, sans jugement. Fin de la Terreur.
Epithaphe d’un anonyme : « Passant, qui que tu sois, ne pleure pas mon sort, si je vivais, tu serais mort. »
Après la chute de Robespierre, la France entière respire. Partout on retrouve, sans mot d’ordre ni concertation, des habitudes.
Début de la République Thermidorienne. Une fois Robespierre et « la queue de Robespierre » éliminés, les députés se retrouvent face aux mêmes difficultés que toujours : une situation financière catastrophique, pas de constitution appliquée et stable, et pas d’équilibre politique entre la gauche, les modérés et la droite royaliste. « Pendant 5 ans, la Révolution fut occupée à rester à égale distance du royalisme et du terrorisme, sans réussir autre chose qu’à préparer le gvt autoritaire de Bonaparte, qui sortira d’elle pour la conserver. » (JB)
Libération des suspects.
Séparation des églises et de l’Etat : suppression du budget du culte.
Création du Conservatoire National des Arts et Métiers, et de l’École Normale Supérieure.
Réintégration à la Convention des députés girondins qui se sont enfuis et cachés après le 2 juin 1793.
Condamnation des terroristes les plus engagés dans la Terreur. Exécution de Carrier et ses complices responsables des noyades de Nantes.
Suppression du maximum. C’est le retour au libéralisme économique.
Le 27, victoire française en Hollande.
Le 26 octobre, 3ème partage de la Pologne. Le pays est rayé de la carte.
Sade : La philosophie dans le boudoir
Le 1er (12 Germinal), les sans-culotte parisiens réclament du pain et investissent la Convention. Mais ils sont dispersés. Désormais la Convention sait comment repousser les Jacobins : par la force. Elle n’hésite plus.
Le 6, traité de paix entre la France et la Prusse. Et avec l’Espagne en juin.
Le 16, création de la République batave. C’est la 1ère « République sœur », tenue de verser une indemnité à la France. En fait, c’est un moyen qu’a trouvé la Révolution pour trouver de l’argent : la conquête et le pillage, en totale contradiction avec ses principes proclamés. C’est ainsi que commence l’oppression par la France des peuples étrangers, qui finiront par se rebeller.
Le 20 (1er Prairial), 2ème tentative des sans-culottes d’investir la Convention. Les sans-culottes réclament « du pain et la constitution de 1793 ». Ils envahissent l’Assemblée, tuent un député et portent sa tête au bout d’une pique. Mais l’insurrection est vaincue grâce aux sections modérées. Mais l’alerte a été chaude !…
La répression et l’échec de cette journée marque la fin du mvt des sans-culottes en tant qu’acteur ppal de la Révolution.
La Convention met la garde nationale sous la tutelle d’un comité militaire. La garde nationale perd son autonomie, la Rue perd son instrument d’insurrection, et du coup son existence politique.
Le 31, suppression du Tribunal Révolutionnaire.
La « Terreur Blanche » (assassinat de jacobins) est à son paroxysme en province.
Mort de Louis XVII au Temple. Le comte de Provence prend le nom de Louis XVIII.
L’Espagne signe la paix avec la France. Les hostilités continuent avec l’Angleterre et l’Autriche.
Adoption de la Constitution de l’an III : le Directoire. Élection au suffrage censitaire de 2 Conseils (des Anciens, des 500), qui nomment un Directoire de 5 directeurs.
Décret des 2/3
Le 5, les royalistes tentent un coup de force à Paris. Ils sont mitraillés par Bonaparte.
En Belgique, résistance paysanne à l’invasion française.
Le 26, la Convention se dissout.
Le 27, mise en place du Directoire : Barras, Carnot, Rewbell, Letourneur, La Réveillère-Lépeaux.
Gracchus Babeuf organise la conspiration des Égaux.
Inventions de la presse hydraulique, du crayon à mine de plomb, de la lithographie, d’un procédé de conservation des aliments.
Fichte
Kant : La métaphysique des moeurs
Les assignats sont supprimés et remplacés par un autre papier-monnaie, les mandats territoriaux. Les assignats étaient tombés à 1% de leur valeur. Les mandats territoriaux perdent 80% de leur valeur en 1 mois.
Bonaparte nommé Général en chef de l’armée d’Italie. Début de la campagne d’Italie.
Exécution du chef de guerre vendéen Charrette. Pacification de la Vendée.
Conspiration des Égaux. Leur chef, Gracchus Babeuf, exécuté.
Bonaparte obtient Nice et la Savoie.
Bonaparte : victoire de Castiglione.
Bonaparte fonde la République cispadane (à Bologne).
Création de l’Institut. Il est chargé de chapeauter tout le système d’enseignement et de travail intellectuel en France. Il remplace les Académies royales. Il devient le foyer du groupe des idéologues.
L’armée d’Italie bat les Autrichiens au Pont d’Arcole.
Lamarck : Mémoires de physique
Mort de Catherine II de Russie (en novembre de 1796) ; Paul Ier
L’armée d’Italie bat les Autrichiens à Rivoli.
Bonaparte reçoit la capitulation des Autrichiens à Mantoue.
Bonaparte traite directement avec le Pape,contre l’avis du Directoire. Il fait de plus en plus ouvertement ce qu’il veut. Il obtient Avignon.
Banqueroute des mandats territoriaux et retour à la monnaie métallique.
Bonaparte crée la République Cisalpine.
Le 4, coup d’Etat militaire du Directoire contre les royalistes (18 Fructidor).
JB : la Paix est au cœur des discussions politiques. A la fois la France en a besoin car elle s’affaiblit de plus en plus et les Français en ont marre, mais à la fois la guerre que mène Napoléon ne coûte rien mais rapporte. D’autre part, la paix en France ne manquera pas de susciter des troubles (rendre des comptes sur les biens nationaux achetés, retour des royalistes). Bref, les esprits sont divisés sur la question, car la question est effectivement épineuse.
Les Directeurs sont divisés. Les Conseils sont majoritairement pour la paix. Mais les partisans de la paix ne sont pas organisés.
Les partisans de la guerre, eux, peuvent compter sur les Jacobins, les « patriotes », et les soldats.
Les bellicistes organisent un coup de force contre les royalistes et les modérés. Bonaparte, sans s’impliquer personnellement, envoie Moreau qui envahit la salle des Conseils avec ses soldats, arrête les députés qui protestent.
Ce coup d’Etat anti-royaliste constitue un coup de barre à gauche, soutenu par les Jacobins.
Les députés arrêtés, ainsi que des prêtres et des royalistes, sont déportés en Guyane. C’est une nouvelle Terreur, où la guillotine est remplacée par la déportation (la mort est plus lente…)
Le Directoire vient d’ouvrir le pouvoir aux militaires. Le Directoire ne peut pas s’appuyer sur une majorité forte, ni dans le pays, ni dans les Conseils. Au contraire, les élections avaient exprimé un retour des royalistes, ce que craignaient plus que tout les Directeurs qui ne pouvaient accepter la remise en cause de la Révolution. Le Directoire, trop faible, décida de s’appuyer sur les militaires. Effectivement les militaires aidèrent le Directoire à éradiquer la poussée royaliste. Mais Bonaparte commence déjà à se frotter les mains, car il comprend très bien la situation. Le Directoire a plus besoin de lui que lui n’a besoin d’eux. Et il suffit d’attendre, pour que le Directoire provoque lui-même sa propre perte. Attendons que le fruit mûrisse, mais soyons prêt à le cueillir…
Paix de Campo Formio : Bonaparte signe la paix avec l’Autriche. Accueillie avec joie par les Fçs lassés de la guerre, elle assure la gloire de Bonaparte, mais elle montre aussi que Bonaparte fait ce qu’il veut (il signe la paix contre les ordres du Directoire), et que la France s’installe dans une politique de conquêtes ordinaires, en contradiction avec ses principes.
D’après JB, c’est le coup d’Etat de fructidor qui fait changer Bonaparte d’attitude. Il était jusque là pour la guerre, mais il se décide à signer la paix.
Les sujets sensibles de la paix sont renvoyés au Congrès de Rasdat.
Jenner invente la vaccination contre la petite vérole.
Cavendish mesure la densité de la Terre
Utilisation de tuyaux pour les égouts de Paris.
Malthus prône la limitation des naissance.
Hölderlin : Hyperion
En Irlande : insurrection contre les Anglais. Elle couvait depuis plusieurs années et éclate. Elle est réprimée dans le sang. Les Fçs préparent une expédition pour soutenir les Irlandais, mais ils ne peuvent pas la faire partir.
Créations de la République romaine, et de la République helvétique.
Le Directoire invalide les élections qui sont favorables aux jacobins. Le Directoire invalide les élections, qui avaient renforcé l’opposition jacobine, et $$$$$$.Le Gal Pichegru est déporté en Guyane. ?
Expédition en Égypte : départ de Bonaparte à la tête de $$$. Puisque l’Angleterre reste maîtresse des mers et peu atteignable par des guerres terrestres sur le continent, la France cherche à contrer les intérêts anglais à l’extérieur. Talleyrand propose au Directoire une expédition en orient, jusqu’à Constantinople. Mais le Directoire ne retient que la version courte du projet : une expédition en Égypte pour couper la route du commerce avec l’Inde. Bonaparte accepte avec enthousiasme le commandement de l’expédition. D’une part par calcul politique : il sent que son heure n’est pas encore arrivée, et qu’il faut laisser la situation parisienne pourrir. D’autre part cette expédition répond à ses rêves orientaux où il peut se comparer à Alexandre et César.
La flotte française réussit à traverser la méditerranée en échappant à la flotte de Nelson. D’abord Nelson ne croit pas aux renseignements qui lui disent que les Français préparent une expédition en Méditerranée : ils se concentraient dans la Manche il y a encore qq semaines. Quand il part finalement à leur poursuite, il part dans la mauvaise direction et les flottes se croisent. Mais Nelson finit par retrouver la flotte française à Aboukir, et la coule.
Expédition en Égypte : bataille des pyramides, puis l’armée française rentre au Caire.
Nelson détruit la flotte française dans la baie d’Aboukir.
Conscription militaire pour faire face aux besoins de la guerre.
Réorganisation du système fiscal. 4 impôts : patente, fonciers, immobiliers, portes & fenêtres.
Beethoven : Sonate Pathétique pour piano
Invention de l’éclairage à gaz.
Extraction du sucre de la betterave. (Exploitation industrielle dès 1801).
Gauss démontre le théorème d’Alembert sur les polynômes. Il en donnera 3 autres démonstrations, par des biais différents, prouvant ainsi sa vision profondément unitaire des mathématiques.
Monge crée la géométrie descriptive.
Schiller : théâtre historique
Prise de Naples. Championnet fonde la République parthénopéenne. Mais les Français sont chassés d’Italie par les patriotes italiens.
Avril-août : revers en Italie. Perte de Milan, Naples et Rome.
Sieyès entre au Directoire.
Le 18, coup d’Etat des Conseils (des Anciens et des 500) qui contraignent les Directeurs à démissionner. C’est une poussée néo-jacobine.
Victoire de Napoléon à Aboukir.
Napoléon rentre en France.
Les 9-10 : coup d’Etat du 18 Brumaire. Sieyès et Bonaparte. Instauration du Consulat. La Constitution de l’an VIII donne toute la réalité du pouvoir au 1er Consul : Bonaparte.