Le 17ème siècle

Le grand siècle

Louis XIII et Richelieu, La guerre de Trente ans, Anne d’Autriche et Mazarin, la Fronde,

Louis XIV, Colbert, Louvois, Vauban

Les Stuarts, Cromwell, la Révolution anglaise

Cervantes, Corneille, Molière, Racine, Rembrandt, Vermeer
Kepler, Galilée, Descartes, Hobbes, Pascal, Spinoza, Newton, Leibniz, Huygens, Locke


PLAN

1600-09 : Cervantes, Galilée, le style Louis XIII , Les Français au Canada

1610-19 : La guerre de 30 ans , Galilée

1620-29 , Louis XIII , Richelieu , bilan de sa politique

1630-39 : Galilée abjure, Corneille, Descartes,

1640-49 : Pascal, La Fronde

1650-59 : Hobbes,

1660-69 : , Louis XIV : le début du règne , Versailles, Molière, Racine, Colbert, Newton, La guerre de Flandre

1670-79 : Spinoza, Racine, Vauban

1680-89 : Versailles, Leibniz, Locke, Newton

1690-99 : Huygens, Locke, La succesion d'Espagne

1700-09 : Bossuet

1710-19 : Berkeley, mort de Louis XIV



1600 - 1609

1600

1601

1602

1603

En Angleterre : mort d’Elisabeth Ière - Les Stuart montent sur le trône : Jacques Ier

Elisabeth meurt sans héritier et reconnaît comme successeur le fils de sa cousine Marie Stuart, la reine d’Ecosse et sa pire ennemie. Mais Jacques Ier n’est qu’un fêtard épris de beaux garçons. Son fils Charles Ier lui succèdera en 1625 (et sera décapité en 1649).

1604

1605

Cervantes : « Don Quichotte ». Succès immédiat  (6 éditions en un an !)

1606

Le Pont Neuf à Paris (commencé en 1578).

Fondation de Charleville

1607

1608

Champlain fonde Quebec.

Les Jésuites s’installent au Paraguay.

Kepler : « Astronomia nova »

Saint François de Sales :  « Introduction à la vie dévote »

1609

Galilée observe la lune avec une lunette.

[d’où le nom « lunette » ?]

Réforme de l’abbaye de Port-Royal – débuts du jansénisme

En réaction contre l’indulgence mondaine des Jésuites, les Messieurs de Port-Royal poussent à l’extrême la crainte de Dieu et l’austérité morale. Ce mvt (qui se rapproche du calvinisme) débouchera sur le jansénisme. Il inquiétera le pouvoir royal en raison de la personnalité de nbx adeptes en qui il voyait des opposants. La controverse prit un tour politique avec les Provinciales de Pascal.


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le style « Louis XIII »


Le style Louis XIII voit en fait le jour dès le début du règne de Henri IV (1589) pour ne s'achever qu'à l'avènement de Louis XIV (1661). Complexe, se nourissant d'abord de l'esthétique de la Renaissance puis d'influences étrangères (flamandes, italiennes, espagnoles), ce style manque de spécificité.

La distribution et l'aménagement des pièces commencent à être conçus en fonction de leur destination, et si l'on reçoit encore dans la chambre, le salon fait son apparition, avec un mobilier approprié. Les pieds de table – réunis par une traverse dont le centre est quelquefois occupé par une «toupie» – et de siège sont tournés en spirale ou en chapelets de boules, souvent aplaties. Les accotoirs, parfois incurvés, se terminent par une boule, une volute ou une tête humaine ou animale. Chaises à bras, chaises à dos et tabourets sont désormais agrémentés d'une garniture: un rembourrage de crin est recouvert de cuir, de velours ou de tapisserie, souvent au «point de Hongrie», c'est-à-dire ornée d'un motif à chevrons, que l'on retrouve sur les tentures des lits à colonnes. Au lit «en housse» déjà connu s'ajoute le lit «en tombeau», dont les courtines sont divisées par une flèche fixée dans le mur.

Salomon de Brosse (palais du Luxembourg), François Mansart (chapelle du Val-de-Grâce, château de Maisons-Lafitte), Jacques Lemercier (travaux au Louvre), Louis Le Vau (hôtel Lambert, à Paris) s'illustrèrent en architecture; celle-ci est surtout caractérisée par des contrastes de couleurs et des toits d'ardoise. La décoration intérieure montre des influences baroques utilisées avec une certaine lourdeur. Le mobilier ne change pas beaucoup par rapport à la période antérieure; on utilise souvent la colonnette pour sa décoration. Dans le domaine des arts décoratifs, Louis XIII et Richelieu favorisèrent l'essor des ateliers de tapisserie, de céramique, d'émaillerie et d'orfèvrerie.

Le château de Cheverny


Champlain et les Français au canada

Issu d’une famille de pêcheurs. Soldat dans l’armée royale. Puis part à l’aventure (Antilles, Mexique, Floride). Son rêve : gagner la Chine en passant par le Canada. 1603 : 1ère expédition, explore le St-Laurent, trouve que les terres sont fertiles et pense à coloniser la « Nouvelle France ». 1608 fonde Quebec : une forteresse sur un promontoire contrôlant l’entrée du St Laurent. Champlain ne sera pas soutenu avant Richelieu. 1612, le prince de Condé est vice-roi en Nouvelle France et choisit Champlain comme lieutenant. Il continue d’explorer et évangéliser.1617, la première famille française s’installe à Quebec ; Champlain crée Montréal pour permettre l’accueil de familles. 1634, 6 familles s’installent à Québec et reçoivent des terres. Les pillages des indiens et des pirates commencent. 1666 : 528 familles (3215 hab). 1700 : 10 000 hab. 1760 : 60 000 hab. A la même période, 1 million d’Anglais émigrent en Nouvelle-Angleterre.



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1610 - 1619

1610

Assassinat d’Henri IV – Louis XIII héritier, Régence de Marie de Médicis

Galilée : l’observation à la lunette justifie la thèse de Copernic : la Terre tourne autour du soleil !

En janvier 1610, Galilée observe pour la 1ère fois les satellites qui tournent autour de Jupiter. Il en conclue que les astres et la Terre sont de même nature. La Terre n’est donc qu’une planète comme les autres. Il en déduit que la Terre tourne autour du soleil, comme l’affirmait Copernic. C’est l’observation qui justifie la fin du géocentrisme.

Autres :

Vers 1610, Buenos-Aires est une petite ville de 500 hab, perdue entre 2 mers : la Pampa et l’Atlantique, et qui dépend de l’arrivée des bateaux pour survivre.


1611


1612

Shakespeare : « La tempête »

Autres :

Descartes termine ses études au collège jésuite. Il commence une période de voyage jusqu’en 1629.

Les Anglais fondent un [premier ?] comptoir en Inde ( à Sûrat).


1613

Cervantes : les « Nouvelles Exemplaires »

Fort de son succès du Quichotte en 1605, Cervantes publie des recueils de ses anciens textes : les « Nouvelles Exemplaires ».

Shakespeare : « Henri VIII »


1614

Louis XIII est déclaré majeur.

Il rejettera sa tutelle en 1617.

Convocation des Etats Généraux : les derniers avant 1789

Chacun des 3 ordres y défend ses intérêts particuliers, sans souci du bien général. Le tiers-état est en réalité représenté par la bourgeoisie qui achète des charges héréditaires (la noblesse de robe). La noblesse de sang (d’épée) s’en prend à cette nouvelle aristocratie montante. La noblesse d’épée veut supprimer la vénalité et l’hérédité des charges, la bourgeoisie y tient.

Richelieu est le porte-parole du clergé aux Etats Généraux et se fait remarquer par Marie de Médicis.

L’année suivante, elle le nomme aumônier de la future épouse de Louis XIII, Anne d'Autriche. Désormais bien introduit dans les arcanes du pouvoir, Richelieu parvint à siéger au Conseil du roi en 1616.

Mort de Shaekespeare.

1615

Louis XIII épouse Anne d’Autriche.

Nuit de noces : d’abord toute une foule est dans la chambre à coucher ; finalement elle se retire et ne restent que 2 nourrices témoins. Louis XIII gardera de cette nuit un très mauvais souvenir des relations sexuelles et des femmes.

Anne d’Autriche fut pendant des années au centre des intrigues de la cour contre la politique de Richelieu.

Cervantes : 2ème partie de « Don Quichotte »

Galilée reçoit l’injonction de se taire ; les thèses de Copernic mises à l’index


1616

Rubens : Le Jugement dernier

Art baroque

1617

Assassinat de Concini ; Louis XIII commence à gouverner.

Il installe au pouvoir son favori, Luynes, un médiocre qui meurt en 1621.

1ère tentative de coup d’état d’Anne d’Autriche

Ne supportant pas d’être écartée du pouvoir, elle provoque une guerre civile avec qq princes. Les armées du roi sortent facilement vainqueurs et la reine mère doit quitter le Louvre pour Blois où elle est en résidence surveillée.

Exécution de Léonora Galigaï, la femme de Concini

Celle qui était jusqu’alors la femme la plus puissante du royaume, est condamnée. Elle a la tête tranchée et son corps est brûlé.

Médecine : découverte de la circulation du sang par W. Harvey

La première famille française émigrée au Canada s’installe à Quebec.

Autres

Manhattan :  fondation d’un comptoir hollandais sur l’île.

1618

Début de la « Guerre de 30 ans » en Bohème : au départ, c’est une guerre de religion.

La Maison d’Autriche, nostalgique de l’empire de Charles Quint, veut restaurer le catholicisme en Allemagne. Réaction des calvinistes tchèques (région de Bohème) : des fonctionnaires impériaux sont défenestrés du château de Prague.

Les Hongrois se révoltent aussi.

1619

Marie de Médicis emprisonnée

Au début, son séjour au château de Blois conserve les attributs d’une vie de cour. Mais les espions de Luynes interceptent des lettres qu’elle envoie aux ennemis (Espagne, Italie). Les issues de l’appartement de la reine sont murées ! Un mois plus tard, M de M s’évade grâce au duc d’Epernon. Quelques mois plus tard, le roi et sa mère signent un traité, puis se réconcilient (Richelieu joue un rôle très actif). La reine est libre et elle reçoit l’Anjou. Mais elle trouve vite que c’est trop peu : elle veut le royaume !

Descartes découvre sa vocation de philosophe

Enfermé dans son «poêle» (une pièce chauffée par cet appareil), aux environs d'Ulm, il découvre avec enthousiasme les fondements d'«une science admirable». Ses songes prophétiques, son vœu d'un pèlerinage à Notre-Dame-de-Lorette et son adhésion à la société de la Rose-Croix témoignent d'une crise mystique, prélude d'une véritable révolution intellectuelle.

Guerre de 30 ans : Ferdinand II est élu empereur du St Empire romain germanique.

Ils prend aussitôt des mesures contre les réformés de Bohème. De leur côté, ceux-ci refusent de le reconnaître pour roi.



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La guerre de Trente Ans

Au départ c’est une rébellion des protestants d’Europe du Nord contre leurs souverains catholiques :

en Allemagne, les réformés se rebellent contre l’empereur Ferdinand II ;

aux Pays-Bas espagnols, les calvinistes se rebellent contre le roi d’Espagne Philippe IV.

Mais le sens profond (et l’importance) de cette guerre est la lutte contre l’hégémonie des Habsbourg en Europe. Car les Habsbourg (descendants de Charles Quint) règnent sur une grande partie de l’Europe : Ferdinand II règne sur le St Empire romain germanique et Philippe IV sur le royaume d’Espagne (qui comprend alors les Pays-Bas, le royaume de Naples, la Sicile, et l’Amérique du sud).

Le conflit devient européen avec l’intervention du Danemark (1620), puis de la Suède (1631) aux côtés des princes protestants allemands. Richelieu soutient financièrement les ennemis des Habsbourg, mais recule au maximum l’entrée en guerre de la France. Elle interviendra en 1635.

La guerre cesse en 1648. Le Traité de Westphalie met un terme à la tentative d’hégémonie des Habsbourg et dresse la carte politique de l’Europe pour un siècle et demi..


voir : 1618 – 1619 – 1620 – 1621 - 1625 – 1630 – 1632 – 1635 – 1637 – 1638 - 1643 – 1648 et Traité de Westaphalie


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Galilée

La Philosophie naturelle d’Aristote

La « Philosophie naturelle», fondée en grande partie sur la doctrine d'Aristote, est la véritable science du ciel, chargée d'expliquer les phénomènes. Selon Aristote, tout corps possède un mouvement «naturel» qui lui est propre, exprimant sa tendance à rejoindre son lieu «naturel», lequel est entièrement fixé par la nature du corps en question; ayant rejoint son lieu naturel, le corps y reste immobile. Ainsi la Terre a-t-elle pour lieu naturel, de par sa nature même de corps matériel, le centre de l'Univers; son mouvement naturel est d'aller vers ce centre, où elle réside tant que rien ne vient l'en déloger. Le mouvement naturel des corps célestes, supposés être d'une espèce non matérielle, est un mouvement circulaire autour du centre de l'Univers. Il faut souligner l'importance du rôle joué dans la physique aristotélicienne par la notion de «lieu»: chaque objet occupe un lieu qui lui est propre; l'espace aristotélicien n'est donc en aucune façon homogène, puisque ses divers points ne peuvent être occupés indifféremment par n'importe quel objet. Il en ira tout autrement dans la nouvelle physique, celle de Galilée.

Au mouvement «naturel», qui ne requiert aucun agent extérieur, s'oppose le mouvement «violent», contraire à la nature du corps qui en est animé et qui ne peut donc exister que par l'effet d'un agent moteur. Une charrette, par exemple, qui se déplace le long d'une route possède un mouvement contraire à sa nature d'objet matériel (qui l'inciterait à rejoindre le centre de l'Univers); ce mouvement est donc violent et c'est le cheval qui en est l'agent moteur. Plus précisément, la vitesse d'un objet animé d'un mouvement violent est proportionnelle à la «force» dépensée par le moteur responsable du mouvement. Ce qu'on a pu appeler le «principe fondamental de la dynamique aristotélicienne» s'énonce donc ainsi: une force produit une vitesse qui lui est proportionnelle; ou encore: la vitesse d'un corps est à la mesure de la «force» qu'on lui imprime. Il faut noter que ce principe fondamental, qui sera abandonné par la nouvelle physique (où c'est l'accélération et non la vitesse d'un corps qui est proportionnelle à la force qui s'exerce sur lui), est tout à fait conforme au «sens commun»: plus le cheval tire sur la charrette, plus elle va vite; de surcroît, la charrette ne bouge pas si l'on n'exerce aucune force sur elle!


Il ne faut pas croire que la physique d'Aristote soit universellement acceptée. Nombreux sont ceux qui, au début du XVIIe siècle, mettent en cause l'enseignement aristotélicien dispensé par l'Université, reprenant à leur compte certaines objections formulées au cours des siècles précédents.

Au XIVe siècle, les membres de l'école de Paris contestent déjà le bien-fondé de cette théorie du mouvement, et plus particulièrement du mouvement des projectiles. À la même époque, Nicole Oresme s'élève contre l'idée selon laquelle le mouvement des planètes peut être induit de leur mouvement apparent depuis la Terre, supposée immobile: au contraire, d'après lui, les étoiles seraient immobiles, et la Terre en mouvement.

Pendant longtemps ces critiques ne trouvent guère à s'exprimer ailleurs que dans des cercles restreints, tant est grande l'autorité d'Aristote; d'autant plus que l'Église, principale puissance politique et culturelle du monde occidental, après avoir combattu la cosmologie aristotélicienne, l'a finalement faite sienne au XIIIe siècle. L'idée que la Terre soit au centre du monde s'accorde très bien avec le fait que Dieu se soit fait homme précisément en ce lieu. Mettre en doute l'immobilité de la Terre revient donc à combattre l'Église et son dogme.

Ce n'est qu'au début du XVIIe siècle que la critique d'Aristote prend son véritable essor, en grande partie grâce à l'imprimerie et à la diffusion des livres qui battent en brèche le monopole de l'Université en tant que source de savoir. D'aucuns osent alors formuler des hypothèses nouvelles, mais c'est celle de Copernic qui va jouer un rôle fondamental dans l'élaboration de la nouvelle physique.


Les mathématiques

Le savoir mathématique est lié à l'astronomie et l'activité du mathématicien-astronome se limite à rechercher les combinaisons (plus ou moins compliquées) de mouvements circulaires qui permettent de décrire le mouvement apparent des astres, tel qu'on l'observe depuis la Terre. L'ambition d'un astronome n'a pas pour but l'explication des phénomènes célestes, mais bien plutôt leur prédiction.

L'activité du mathématicien repose sur l'idée que, sous le désordre apparent des phénomènes, au-delà du cours erratique des planètes (étymologiquement, les planètes sont des «astres errants»), il existe un ordre caché bien particulier, qui peut être représenté à l'aide de mouvements circulaires, images d'une forme de perfection.

Le message céleste


Le système de Copernic

En 1543 paraît l'ouvrage de Nicolas Copernic De revolutionibus orbium coelestium, dans lequel il expose son «hypothèse» héliocentrique. Copernic, qui s'est appliqué à expliquer le mouvement des planètes, dans le cadre de la théorie aristotélicienne d'une Terre immobile, à l'aide de combinaisons de mouvements circulaires, comme le voulait la tradition, finit par perdre courage devant les complications mathématiques rencontrées. Il s'aperçoit alors que, en plaçant le centre du monde non au centre de la Terre mais au centre du Soleil, il est plus facile de ramener le mouvement des planètes à des combinaisons de mouvements simples. Cet ouvrage, d'abord passé inaperçu, notamment aux yeux de l'Église, sera par la suite étudié et pris au sérieux par un certain nombre de savants. Giordano Bruno, Tycho Brahe et Johannes Kepler développent les idées de Copernic. Cependant, les arguments qu'ils présentaient à l'appui du système héliocentrique reposaient non sur une étude mathématique ou expérimentale du mouvement des corps – comme ce sera le cas chez Galilée –, mais sur une conception du monde que l'on peut qualifier de métaphysique, fondée sur les idées de «feu central» ou de «force solaire».


Les débuts de Galilée

Galilée est né le 15 février 1564 à Pise. Son enfance et son adolescence se déroulent entre Florence et Pise. Son père, musicien original et assez célèbre est auteur d'un Dialogue sur la musique ancienne et moderne.


Après avoir commencé en 1581 des études de médecine à l'université de Pise, Galilée se consacre à l'étude des mathématiques et de la philosophie. L'université fonctionne alors sur un modèle largement répandu en Europe, reposant sur une division du savoir en deux branches fondamentales: les mathématiques et la philosophie.


En 1585, il quitte l'université, sans diplôme. De retour à Florence, il entreprend des travaux scientifiques (étude de la balance hydrostatique, théorèmes sur le centre de gravité des solides) et littéraires (sur Dante, le Tasse et l'Arioste).

En 1589, il est nommé professeur de mathématiques à l'université de Padoue, où il restera dix-huit ans, les plus belles années de sa vie de créateur.

Galilée a connaissance des travaux de Copernic : ses lettres le prouvent. Il dispense cependant un enseignement d'astronomie rigoureusement conforme aux programmes officiels. L'Église n'ayant pas encore ouvertement pris position contre l'hypothèse héliocentrique, cette réserve ne s'explique que d'une seule façon: Galilée n'est pas encore persuadé de tenir une preuve suffisante de la réalité du mouvement de la Terre. Cependant, les choses changent radicalement à partir de 1610.


1609 : Galilée fabrique une lunette et observe la lune

Le revirement de Galilée est en effet à mettre en rapport avec sa capitale découverte de la lunette astronomique. Selon le récit qu'il en fait dans le Message céleste, il a eu vent en 1609 de l'invention, aux Pays-Bas, d'un système optique capable de faire paraître plus proches des objets éloignés. Il se rend immédiatement compte de l'importance qu'il peut présenter pour les navigateurs; ayant obtenu quelques renseignements sur le nouvel objet, il entreprend d'en construire un, pensant pouvoir le vendre fort cher aux armateurs de Venise. C'est ainsi qu'à la fin de l'année 1609 il présente au Sénat de la cité un instrument permettant de distinguer des navires, nettement et en détail, deux heures avant que l'on puisse déceler leur présence à l'œil nu. Son invention n'est pas retenue, et Galilée en est réduit à faire de sa lunette un usage personnel, ce dont il ne se privera pas.


Le 1er décembre 1609, il commence une série d'observations de la Lune. Il voit alors, de ses propres yeux, que «la Lune n'est pas entourée d'une surface lisse et polie [comme l'exigeait, selon la tradition, son caractère céleste], mais qu'elle est accidentée et inégale tout comme la surface de la Terre, recouverte de hautes élévations et de profondes cavités et anfractuosités».

1610 : Galilée observe les satellites de Jupiter et en conclue que la Terre est une planète comme les autres

Puis le 7 janvier 1610, il observe pour la 1ère fois les satellites de Jupiter en révolution autour de la planète, tout comme la Lune autour de la Terre. Preuve que la Terre n'est pas le centre de tous les mouvements célestes et que sa nature ne diffère pas de celle de Jupiter. Il n'y a donc pas de différence de nature entre la Terre et les objets célestes. Les lois de la nature qui valent sur Terre (dans le monde sublunaire, comme l'on dit alors) valent aussi dans les cieux : plus rien ne justifie le géocentrisme. Ce que révèle la lunette est donc, d'une part, en contradiction avec la théorie de la Terre immobile placée au centre de l'Univers et, d'autre part, en conformité avec l'hypothèse selon laquelle la Terre n'est qu'une planète parmi d'autres, tournant avec elles et comme elles autour du Soleil. Les deux hypothèses, celle de la physique traditionnelle et celle de Copernic, ne sont désormais plus équivalentes : seule l'hypothèse héliocentrique est conforme à l'observation. La conviction de Galilée repose donc sur l'évidence expérimentale et non plus, comme celle des défenseurs de Copernic, sur des raisons métaphysiques.

En 1610, il publie ses conclusions dans son ouvrage Sidereus Nuncius (le Message céleste ou le Messager des étoiles). Du jour au lendemain, Galilée devient un homme célèbre. Ses observations et les conclusions qu'il en a tirées font l'objet de débats animés. Lui qui, jusqu'alors, s'en était tenu à l'orthodoxie la plus stricte se met à enseigner la théorie copernicienne – apparemment sans que les autorités vénitiennes, qui font la loi à Padoue, n'en prennent ombrage.


1610 – 1632 : Galilée entreprend la rédaction de son « Système du Monde »

Mais Galilée désire depuis longtemps retourner à Florence, dans sa région natale. Aussi, lorsqu'un poste de professeur de mathématiques à l'université de Pise lui est proposé en 1610, l'accepte-t-il sans se rendre compte que le «libéralisme» des autorités vénitiennes n'a peut-être pas cours en Toscane.

Si Galilée accepte l'offre, c'est aussi qu'il espère disposer de plus de temps pour rédiger son «Système du monde», où il compte exposer les travaux sur la dynamique auxquels il s'est livré pendant les dix-huit années passées à Padoue. La rédaction de ce livre, sans cesse repoussée, est devenue nécessaire après la parution du Message céleste. En effet, désireux de convaincre ses contemporains de la véracité de l'hypothèse copernicienne, Galilée doit maintenant faire comprendre et expliquer pourquoi on a pu croire pendant si longtemps que la Terre était immobile. Cela ne peut se faire qu'en étudiant le mouvement des corps, et en montrant que les lois du mouvement sont ainsi faites qu'il est impossible de «sentir» et d'observer celui de la Terre. Il s'agit en somme de reprendre de façon critique l'exposé des fondements de la physique aristotélicienne et des arguments avancés par elle en faveur de l'immobilité du globe, puis d'opposer à ce «système du monde» un nouveau système qui fasse place à la mobilité de la Terre et mette en évidence les raisons pour lesquelles l'ancien a pu passer pour «vrai». De ce souci naît, après une longue période de gestation (de 1610 à 1632), le Dialogo sopra i due massimi sistemi del mondo (Dialogue concernant les deux principaux systèmes du monde) qui présente, avec de nombreuses digressions, la nouvelle doctrine du mouvement. Ce texte publié en 1632 constitue le fondement de la physique moderne, inaugurée par Galilée.


Le principe de relativité

Cette physique repose sur un principe unique, le principe de relativité, d'une importance fondamentale, puisque c'est sur lui que s'édifie la physique moderne. Salviati, porte-parole de Galilée dans le Dialogue, l'énonce ainsi: «Pour les objets qui se meuvent d'un mouvement uniforme, celui-ci est comme nul.» Il s'empresse de l'illustrer à l'aide d'un exemple: imaginez – dit en substance Salviati – que, sur un navire à quai à Venise, vous embarquiez des papillons et des petits poissons. Observez comment, alors que le navire est immobile, les papillons volettent de-ci de-là et les poissons, dans leur bocal, se déplacent avec autant d'aisance vers la proue du bateau que vers la poupe. Observez-les ensuite, alors que le navire vogue à sa vitesse de croisière sur la Méditerranée : leurs mouvements sont les mêmes que lorsque le bateau est immobile; les poissons et les papillons fournissent un effort équivalent pour se diriger vers l'arrière ou l'avant du bateau; le mouvement uniforme du navire est, pour les poissons et les papillons qui y participent, «comme nul».

On conçoit immédiatement ce que cette proposition a de révolutionnaire. Selon la doctrine aristotélicienne, un mouvement qui est «comme nul» est un mouvement sans vitesse, donc seul le repos est «comme nul»; dire que le mouvement des animaux est «comme nul» n'a donc strictement aucun sens. Il en va tout autrement dans la nouvelle physique, qui, en affirmant que certains mouvements (les mouvements uniformes) sont comme nuls, abolit en partie la radicale distinction qu'établit la physique aristotélicienne entre repos et mouvement. La force et la fécondité de ce principe viennent de ce qu'il est un principe d'ordre. Il affirme en effet qu'il existe sur les phénomènes de la nature – et ce, quelle que soit leur apparente complication – des points de vue identiques: il est équivalent d'observer les papillons depuis le navire à quai (autrement dit depuis la terre ferme) ou depuis le navire en mouvement uniforme. La reconnaissance de ces homologies simplifie l'étude des phénomènes physiques et permet de faire la part entre ce qui est essentiel et ce qui n'est qu'affaire de point de vue.


Le problème de la pierre qui tombe et de l’immobilité de la Terre

Après avoir exposé le principe fondamental sur lequel repose la nouvelle physique, Salviati entreprend de l'appliquer à un problème en apparence formel, mais d'une importance décisive dans le débat sur le mouvement de la Terre qui oppose aristotéliciens et coperniciens. Son énoncé est le suivant: imaginez un marin qui, du haut du mât d'un navire, lâche une pierre, sans lui communiquer la moindre impulsion; on suppose que le bateau vogue à vitesse uniforme. Question: la pierre tombe-t-elle en avant, au pied, ou en arrière du mât ?

La réponse que Simplicio, interprète des aristotéliciens dans le Dialogue, s'empresse de fournir est : la pierre tombe en arrière du mât. En effet, raisonne-t-il, pendant que la pierre parcourt à la verticale la distance qui sépare le haut du mât de son pied, le bateau (et le pied du mât) avance; la pierre, en arrivant sur le pont, se retrouve donc «en arrière» du pied du mât.

L'importance de ce problème s'explique par le fait qu'il servait traditionnellement à justifier l'immobilité supposée de la Terre. En effet, disait-on, celle-ci est comme un navire; remplaçons le mât de ce navire par une haute tour: une pierre lâchée du haut de cette tour devrait, si la Terre est en mouvement, tomber «à l'arrière» du pied de la tour, tout comme la pierre tombe, pour les aristotéliciens, «à l'arrière» du pied du mât. Or chacun peut constater qu'une pierre lâchée du haut d'une tour tombe exactement au pied de celle-ci. Cette démonstration permettait donc aux aristotéliciens de conclure qu'ils avaient là une preuve expérimentale irréfutable de l'immobilité de la Terre.


C'est ce raisonnement que Galilée réfute en appliquant son principe de relativité. En effet, rétorque Salviati, la pierre, comme les papillons et les poissons de tout à l'heure, s'inscrit dans le mouvement d'avancée du navire; or, en vertu du principe de relativité, ce mouvement est «comme nul». Autrement dit, les choses se passent à bord du navire en mouvement de la même façon que s'il était immobile: les deux positions du bateau représentent des points de vue similaires sur le déroulement du processus; dans les deux cas, la pierre tombe au pied du mât.

Donc, le fait «expérimental» de la chute de la pierre au pied de la tour ne prouve pas que la Terre soit immobile.

Par ailleurs, étant donné que les observations effectuées à l'aide de la lunette montrent à l'évidence que la Terre et les corps célestes ne sont pas d'une nature différente, rien ne s'oppose plus à ce que la Terre soit elle aussi en mouvement.


Les prémices des lois de la dynamique

Dire qu'un mouvement uniforme est «comme nul», c'est affirmer qu'il est sans cause; il peut donc se maintenir indéfiniment sans qu'aucune «force» ne s'exerce sur le mobile – tel est le fondement du principe d'inertie énoncé plus tard par Newton, mais déjà présent dans les diverses formulations de Galilée.


Dire qu'un mouvement uniforme est «comme nul» suppose également de remettre en cause la loi fondamentale de la dynamique aristotélicienne : « une force produit une vitesse, qui est proportionnelle à cette force ».

Galilée apporte cette inovation : « une force produit un changement de mouvement » (on dirait aujourd'hui une accélération) ; c’est l’accélération qui est proportionnelle à la force (d’où Newton dira F = m g).


Fin de la cosmologie d’Aristote et vision mathématique du monde

Dans le Dialogue les arguments relatifs au mouvement des corps sont délibérément mêlés à des considérations cosmologiques : la distinction aristotélicienne entre monde sublunaire, règne du périssable et de l'altérable, et monde lunaire, lieu des corps célestes impérissables et inaltérables, a vécu, et avec elle l'idée que les corps puissent occuper des lieux «naturels», déterminés par leur composition intime: à l'espace pittoresque de la physique ancienne s'est substitué un espace homogène, tel qu'on le conçoit aujourd'hui, où, pour tous les objets, tous les lieux sont équivalents.


La physique de Galilée ouvre également à une vision mathématique du monde. En effet, dire que les lois auxquelles sont soumis les corps célestes sont également celles qui régissent le mouvement des corps terrestres, c'est affirmer que l'astronome doit désormais justifier des fondements de ses calculs en les confrontant à la réalité des phénomènes observables ici-bas, sur la Terre. De même, le philosophe ne peut plus se contenter d'expliquer pourquoi les choses se passent comme elles le font en invoquant des «principes» inhérents à leur nature; il lui faut soumettre le comportement des objets terrestres au calcul. Galilée marque donc le moment où la physique moderne naît de l'union de deux disciplines antérieurement séparées: la philosophie naturelle et les mathématiques. Ainsi faut-il entendre sa phrase célèbre selon laquelle le livre de la nature est écrit en langage mathématique.


L'affrontement avec l'Église

Si vingt-deux années, de 1610 à 1632, séparent la publication du Message céleste de celle du Dialogue, c'est essentiellement pour des raisons «politiques».


Quelque temps après son retour à Florence, en 1611, Galilée, désireux de donner à ses découvertes astronomiques un plus grand éclat, se rend à Rome, où il est reçu paternellement par le pape et le Collège romain des Jésuites. Mais de tels encouragements ne font qu'attiser la haine des adversaires du «nouveau système», plus nombreux que ne le croit peut-être Galilée lui-même. Galilée est sincèrement fidèle à la religion catholique. Toutefois, encouragé par les divers appuis dont il bénéficie, il ose affirmer que les récits bibliques ne doivent en aucune façon intervenir dans les débats relatifs à la nature, laquelle exige pour sa compréhension la connaissance du langage des mathématiques. C'en est plus que ne peut supporter le parti des dévots. À la suite de diverses intrigues de cour, Galilée est convoqué à Rome devant le Saint-Office, le 24 février 1616. L'ouvrage de Copernic est mis à l'Index et Galilée reçoit l'injonction de se taire. Blessé moralement, il se réfugie dans l'étude et la rédaction du Dialogue.


Il croit pouvoir sortir de sa retraite en 1623 lorsque est élu pape le cardinal Maffeo Barberini, qui jusqu'à présent l'a toujours soutenu. Mais, raison d'État aidant, le nouveau pape le convoque pour lui signifier que, en dépit de l'admiration qu'il lui porte, et compte tenu du fait que les hérétiques sont pour la plupart des partisans de Copernic, la tolérance de l'Église a des limites. Galilée négocie alors la possibilité de publier son Dialogue, où doivent être exposées en toute objectivité les deux thèses en présence.


L'ouvrage paraît en 1632. Mais on fait remarquer au pape que ses recommandations n'ont pas été observées: dans le Dialogue, le beau rôle est donné à Salviati-Galilée, alors que Simplicio, l'aristotélicien, est souvent tourné en ridicule. Le pape se voit contraint d'instruire le procès de Galilée. Néanmoins, grâce aux nombreux appuis dont il dispose, celui-ci sera «seulement» condamné à signer une rétractation, puis assigné à résidence à Arcetri, village des alentours de Florence.


C'est là que, en dépit d'une cécité grandissante, il rédige le Discours concernant deux sciences nouvelles, qu'il réussit à faire publier aux Pays-Bas en 1638.


L'étude quantitative du mouvement uniformément accéléré

Bien avant la publication du Message céleste, Galilée s'est assigné pour tâche de comprendre la chute des corps more geometrico, c'est-à-dire en termes mathématiques. On retrouve dans son dernier ouvrage, Discorsi e dimostrazioni matematiche intorno a due nuove scienze (Discours concernant deux sciences nouvelles), un écho de ces préoccupations. Au début de la troisième journée du Discours (qui est en réalité un dialogue, mettant en scène les mêmes personnages que ceux du Dialogue), Salviati annonce: « Je me propose de fonder une très nouvelle science relative à un sujet très ancien [autrement dit, la nature du mouvement]. Des observations superficielles ont été faites, comme le fait que le mouvement naturel d'un corps pesant en train de tomber est continuellement accéléré. Mais dans quelle mesure exacte se produit cette accélération est ce qui n'a pas été dit ; pour autant que je sache, personne jusqu'à présent n'a fait remarquer que les distances traversées, pendant des intervalles de temps égaux, par un corps tombant à partir du repos sont entre elles dans le même rapport que les nombres impairs successifs à partir de l'unité.» Galilée est donc à la recherche d'une représentation quantitative de l'accélération et, de manière plus générale, du mouvement uniformément accéléré.

Suit alors sa fameuse définition de la vitesse instantanée comme passage à la limite, à partir de la notion «commune» de vitesse, en faisant tendre les intervalles de temps vers zéro – définition qui préfigure l'introduction du calcul infinitésimal dans la science occidentale.


[Alors que D$ ou Bacon se contentent d'expériences descriptives, G$ apporte qqch de fondamentalement différent (est-il le premier ? le seul ?) : ses expérimentations sont des expériences de mesures, à partir desquelles il élabore des théories dans un langage numérique. Galilée ne cherche pas comme D$ à expliquer le monde avec des mots, mais à rendre compte de l'expérience par des lois numériques. C'est ce qui rend son oeuvre prédictive, et... toujours actuelle. [Dans le fond, G$ est l'inventeur du scientifique moderne. D$ est encore un philosophe, dans la lignée d'Aristote, un touche-à-tout de la connaissance, un discoureur.]


Galilée finit sa vie aveugle. C'est un drâme pour lui. Il meurt le 9 janvier 1642.



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1620 - 1629

1620

2ème tentative de coup d’état de Marie de Médicis : « guerre de la mère et du fils »

M de M veut gouverner ! Elle veut entrer au Conseil. Comme le roi refuse, elle monte une conspiration plus vaste que la précédente, réunit 3 puissantes armées de princes et provoque une 2ème guerre civile. Louis XIII mène sa première bataille ; c’est contre sa mère ! Il l’emporte et le parti de la reine est vaincu. Mais celle-ci obtient pourtant d’entrer au Conseil.

Guerre de 30 ans : répression des protestants en Bohème, puis dans toute l’Allemagne

Les troupes catholiques de l’empereur écrasent les protestants près de Prague (bataille de la Montagne Blanche). Ferdinand décide que la couronne impériale devient héréditaire (et non plus élective) et entame une vaste répression. Fort de ses victoires, Ferdinand cherche à rétablir dans toute l’Allemagne le culte catholique et l’autorité impériale. Le conflit s’étend dans toute l’Allemagne.

Le Mayflower transporte en Amérique une centaine de puritains fuyant les persécutions religieuses en Angleterre.

Francis Bacon : « Novum organum »

1621

Luynes provoque une nouvelle guerre de religion et meurt au siège de Montauban.

Luynes est un ardent catholique, il n’accepte pas l’Edit de nantes. En décembre 1620 il tente de rétablir la religion catholique par la force en Béarn. C’est l’élément déclencheur d’une nouvelle guerre de religion. Les protestants, menés par Soubise et Rohan, réagissent par une guerre civile dans toute la France. Le roi assiège Montauban pd 2 mois, et finit par se retirer en ayant perdu la moitié de ses troupes. Luynes, qui a montré ses faiblesses en stratégie militaire, meurt de la fièvre. Le roi le pleure, mais l’oublie vite.

En Espagne : mort de Philippe III, avènement de Philippe IV

Guerre de 30 ans : les Pays-Bas espagnols se révoltent contre l’Espagne.

Philippe IV et son ministre Olivares décident d’en finir avec la dissidence calviniste des Pays-Bas. Rébellion.

Il y a donc d’un côté l’alliance protestante Allemagne / Pays-Bas, de l’autre l’alliance catholique Empire /Espagne.

1622

Les armées royales écrasent les protestants en France. La paix de Montpellier confirme l’Edit de Nantes.

A Nantes ; à Nègrepelisse (près de Montauban), le village est massacré ; à Montpellier.

Les protestant gardent Montauban et la Rochelle avec leurs fortifications.

Richelieu est nommé Cardinal.

Il danse de joie en recevant sa nomination.

1623

Début de la guerre contre l’Espagne : La Valteline

La Valteline (située en Lombardie) est une région hautement stratégique car elle permet de passer de Suisse en Italie, et donc de faire communiquer les armées de l’Empereur avec celles d’Espagne. Les Espagnols viennent de s’en emparer ; Richelieu réagit.

1624

Richelieu entre au Conseil

Richelieu est nommé au Conseil (avec une voix seulement consultative) parce qu’il est considéré comme une homme de la reine-mère et qu’on veut, par lui, s’assurer du soutien de M de M. Mais il va vite s’affranchir… et ne jouer que pour lui… et s’imposer. Il commence par provoquer la disgrâce de l’homme le plus influent du Conseil : La Vieuville, qui est arrêté et emprisonné au château d’Amboise.

1625

En Angleterre : Charles Ier succède à son père et épouse Henriette de France, sœur de Louis XIII.

Il est sous l’influence du duc de Buckingham (favori de son père), influence jugée néfaste par les parlementaires qui condamnent le duc l’année suivante. Le duc de Buckingham vient chercher la jeune mariée en France. Il éblouit la cour par sa beauté et son élégance.

Guerre de 30 ans : le Danemark entre en guerre aux côté des protestants. Mais victoires catholiques.

Les Habsbourg sont donc les vainqueurs pour le moment. Cette domination inquiète la Suède qui entrera en guerre en 1630 et la France qui entrera en guerre en 1635.

1626

Richelieu signe 2 traités : avec les protestants et avec l’Espagne.

Le duc de Buckingham voudrait que la France et l’Angleterre s’allient contre l’Espagne. Il pousse Richelieu à signer « la Paix de la Rochelle » avec les protestants (les affrontements ont repris) dans l’espoir que la France soit ainsi libre de se tourner contre l’Espagne. Mais Richelieu signe aussi un traité avec l’Espagne au sujet de la Valteline.

Le duc de Buckingham séduit la reine Anne d’Autriche qui tombe amoureuse de lui.

Anne d’Autriche et Marie de M. devaient accompagner à Boulogne la sœur de Louis XIII, future nouvelle reine d’Angleterre. De là vient l’affaire du collier de la reine dans le roman d’Alexandre Dumas Les trois mousquetaires.

Complot de Marie de Chevreuse et du comte de Chalais contre la vie du Roi et de Richelieu.

En fait le complot est fomenté par et au profit de Gaston d’Orléans (frère du roi), Anne d’Autriche et les ducs de Vendôme (frères bâtards du roi, fils d’Henri IV et Gabrielle d’Estrées). Anne d’Autriche est soupçonnée d’y être mêlée. Marie de Chevreuse était une très proche de la reine, elle fut exilée en Lorraine (qui ne faisait pas partie de la France). M de Chalais (l’amant de Mme de Chevreuse) fut exécuté, à Nantes, par un bourreau remplaçant qui s’y prit à 22 fois pour le décapiter.

Richelieu s’impose. Edit contre les duels.

L’échec du complot renforce la position de Richelieu : il apparaît clairement que le roi suit pleinement les conseils de son ministre.

Richelieu fait signer 3 édits : contre les duels, contre le luxe vestimentaire, pour la démolition de places fortes et châteaux-forts.

Richelieu veut créer une marine française.

Depuis 100 ans la France n’a plus de marine. Richelieu comprend la nécessité de rééquiper la France :

pour mener la guerre contre l’Espagne ;

pour rivaliser avec l’Angleterre, l’Espagne et la Hollande dans le commerce avec les colonies ;

pour venir à bout des protestants de La Rochelle.

1627

Siège de La Rochelle

Le duc de Buckingham, amoureux d’Anne d’Autriche, veut faire une action d’éclat pour l’éblouir et répond à l’appel à l’aide de La Rochelle avec 100 vaisseaux et 5000 hommes. La flotte française protège les accès. Les Anglais assiègent l’île de Ré. Grâce à une héroïque résistance et contre-attaque française, ils en sont chassés. La Rochelle se retrouve seule. Richelieu décide d’abattre la cité rebelle. Comme il est impossible de la prendre de force, il décide d’en faire le siège avec une armée de 22 000 hommes (dont il organise remarquablement le ravitaillement). Il entoure la ville d’une ligne de forts et, du côté de la mer, bloque la rade en édifiant une digue, renforcée par une rangée de bateaux et des pieux enfoncés dans la mer. La ville sera réduite à la plus complète famine.

1628

Nouveau complot de Marie de Chevreuse

Le duc de Buckingham est assassiné alors qu’il allait repartir avec une nouvelle flotte pour La Rochelle.

Fin du siège de La Rochelle

Devant la résistance française, les Anglais négocient et se retirent. La ville capitule et les habitants ont la vie sauve (mais 15 000 hab sont déjà morts pd le siège). Les fortifications sont rasées (sauf qq morceaux).

En Angleterre : le roi Charles Ier devient de plus en plus impopulaire.

Après que son favori, le duc de Buckingham, fut assassiné, le roi de retrouve sous l’influence de sa femme. Mais la reine (française, sœur de Louis XIII) est impopulaire :

elle affiche un catholicisme provoquant dans ce pays attaché à la religion anglicane,

elle apporte à la cour un cérémonial pompeux à la mode de France,

elle apporte surtout de France une conception autoritaire du pouvoir monarchique.

Le roi refuse de réunir le Parlement pd 11 ans (« Tyranie de 11 ans »). Le fossé se creuse entre la cour fastueuse et bienveillante envers le catholicisme, et le peuple et les parlementaires.

Droits de l’Homme : en Angleterre, les arrestations d’opposants politiques deviennent illégales.

Charles Ier est contraint de reconnaître l’illégalité des arrestations d’opposants politiques et des tribunaux d’exception. Cf 1679.

Inde : règne de Shâh Jahân à Agra (jusqu’en 1658). Il fera construire le Taj Mahal (1632-48).

1629

La « paix de Suze » : une ligue se forme contre l’Espagne.

Les vallées alpines étaient des positions stratégiques car elles permettaient les passage des armées espagnoles (du nord de l’Italie) pour rejoindre les armées de l’empereur (en Autriche). Quand les Espagnols essaient de s’emparer du Montferrat (dans le nord de l’Italie), Louis XIII réagit aussitôt. Son armée de 35 000 h et 3 000 chevaux inflige une défaite au duc de Savoie, allié de l’Espagne (voir Au temps de Louis XIII).

Les protestants sont définitivement vaincus en France. Leurs places fortes sont rasées. Paix d’Alès.

Charles 1er d’Angleterre abandonne son soutien aux protestants de France (pour calmer son Parlement et aussi pour avoir les mains libres en Allemagne) qui se tournent alors vers l’Espagne (l’ennemi !). Toutes les places fortes protestantes (38 au total) sont rasées et le culte catholique y est rétabli (Voir Au temps de Louis XIII). La Paix d’Alès maintien officiellement l’Edit de Nantes, mais avec suppression des privilèges politiques et militaires. En réalité, la volonté de Louis XIII et Richelieu est de rétablir l’unité religieuse, et aussi de briser la puissance du parti protestant, dangereux pour la monarchie. Cette victoire définitive du pouvoir royal sur le parti protestant lui permet de se consacrer à la grande affaire du moment : la guerre en Allemagne contre les Habsbourg.



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Louis XIII

Il bégaye parfois, ce qui l’exaspère.

Il aime vivre au grand air, la chasse et la guerre. Il est passioné de fauconnerie, aime aussi la mécanique, la menuiserie, la forge. Il aime aussi composer de la musique (des motets à la guitare).

La maladie et les médecins

Louis XIII est atteint d’une toux dès l’âge de 20 ans : la tuberculose qui finira par l’emporter. Comment ne pas être malade avec 20 médecins qui lui prescrivent en une seule année : 47 saignées, 212 purges et 215 lavements ?



Richelieu

Son père dirigeait la police et la justice à la cour de Henri III, puis était devenu premier capitaine des gardes d’Henri IV.


Armand Jean du Plessis naquit en 1585. Comme bien d'autres gentilshommes, il était voué à la carrière militaire. Mais en 1605 son frère, qui devait devenir évêque de Luçon, décida finalement d'entrer au monastère. Pour garder dans le patrimoine familial le bénéfice de ce modeste siège épiscopal, Armand Jean fut donc obligé d'abandonner la voie des armes et embrassa une carrière ecclésiastique. Il commença donc précipitamment des études de théologie jusqu'à ce qu'il fût nommé évêque de Luçon par le roi, en 1606. Malgré son jeune âge, le pape lui accorda l'investiture canonique en 1607.


En dépit de son manque de vocation religieuse, Richelieu fut très vite considéré comme l'un des prélats les plus zélés de France, car il observa à la lettre les décrets du concile de Trente. Mais ce jeune homme doué avait aussi des objectifs beaucoup plus ambitieux. En 1614, il put se faire élire député du clergé poitevin aux états généraux qui devaient se tenir à Paris. Au sein de cette assemblée, dont la régente Marie de Médicis souhaitait obtenir l'appui face aux grands aristocrates, Richelieu fut désigné pour être le porte-parole de son ordre. À ce titre, il prononça l'allocution finale, le 23 février 1615, au cours de laquelle il fit un éloge appuyé du gouvernement. Sans doute séduite par sa loyauté affichée, Marie de Médicis le nomma, en novembre 1615, au poste d'aumônier de la future épouse de Louis XIII, Anne d'Autriche. Désormais bien introduit dans les arcanes du pouvoir, Richelieu parvint à siéger au Conseil du roi en 1616.


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1630 - 1639

1630

La journée des Dupes : Richelieu en sort définitivement renforcé.

Richelieu crée les Intendants du Roy, relais du pouvoir royal dans les provinces.

La France s’empare de Pignerol, en Savoie, une porte d’entrée sur l’Italie.

Guerre de 30 ans : la Suède entre en guerre contre l’Espagne et l’Empire, et ravage l’Allemagne catholique.

La défaite du Danemark a précipité l’entrée en guerre de la Suède. Gustave-Adolphe est un grand stratège et a une armée bien préparée. Il bénéficie du soutien financier de la France qui préfère payer les Suèdois à faire la guerre plutôt que la faire.

Louis XIII amoureux (chaste) de Marie de Hautefort. [ ?date à vérifier]

1631

Théophraste Renaudot crée  « La Gazette ».

La presse est un outil nouveau de propagande que Richelieu saura utiliser.

Exil de Marie de Médicis. Elle ne reviendra jamais en France. Elle meurt 11 ans plus tard (1642) à Cologne.

1632

Révolte des princes. Exécution du duc de Montmorency.

Gaston d’Orléans prend la tête (encore une fois !) d’une rébellion armée contre Richelieu et Louis XIII.

Montmorency, duc du Languedoc, ami d’enfance de Louis XIII, est exécuté à Toulouse ; foule qui le soutient au Capitole.

Gaston d’Orléans se réfugie chez sa mère qui a formé une cour d’émigrés à Bruxelles.

« Et pourtant elle tourne… » : Galilée abjure 

Cela fait 22 ans, depuis ses observations de 1610, que Galilée professe que la Terre tourne autour du Soleil. Il est combattu au sein de l’Eglise et il reçoit l’injonction de se taire en 1616. Les thèses de Copernic sont mises à l’index. Mais c’est la parution de son Dialogue, mal reçu par le Pape, qui le fait condamner à se rétracter en 1632. Ce Dialogue, où Galilée énonce les conclusions de ses observations de 1610 et son travail de théorisation du mouvement des corps inaugure la physique moderne.

Il n’aurait pas prononcé la phrase légendaire : « Et pourtant elle tourne… »

Toulouse : fin de la construction du Pont Neuf.

Guerre de 30 ans : mort de Gustave-Adolphe de Suède. Sa fille de 6 ans lui succède : Christine de Suède.

G-Adolphe est un allié important pour la politique de la France en Allemagne. Christine de Suède renoncera à son trône en 1654.

Inde : début de la construction du Taj Mahal (fini en 1648).

1633

Richelieu fait occuper la Lorraine afin d'élargir les territoires protégeant la région parisienne à l'est.

Mme de Chevreuse a fait passer des infos au duc de Lorraine. Le roi apprend que la reine, Anne d’Autriche, est dans ces intrigues.


1634

1635

Guerre de 30 ans : l a France entre dans la guerre.

Richelieu a évité le plus lgtps possible d’entrer directement en guerre. Mais après une victoire décisive des Habsbourg sur les Suédois en Allemagne, il devient impératif d’aider les princes protestants d’Allemagne (même si la France est catholique). Car si l’Empereur mate l’Allemagne, il pourra concentrer ses forces contre la France. C’est un gd mérite de Richelieu d’avoir reculé au max l’entrée en guerre de la France. Ca jouera bcp dans le rapport de forces des années qui vont suivre : l’Espagne et l’Empire sont épuisés, pour eux c’est une guerre de 30 ans.

Les débuts de la guerre sont désastreux pour la France : les Espagnols arrivent aux portes de Paris et les Impériaux à Beaune.

Anne d’Autriche est pour les Espagnols. Le Roi l’apprend, ce qui achève leur brouille.

Fondation de l'Académie française

C’est un outil de contrôle et de propagande, caractéristique de l’état centralisé moderne qui cherche à contrôler toutes les sphères de la sociéte, y compris la culture. Elle regroupe des hommes de lettres (dont la loyauté est entretenue par des pensions) chargés de composer des ouvrages à la gloire du souverain. Cela n’est pas inutile au moment où la France entre en guerre…

Louis XIII amoureux de Melle de La Fayette.

Elle doit sa place à Richelieu qui croit ainsi la tenir. Mais elle refuse d’être son espionne et Richelieu favorise alors son entrée au couvent.

1636

Guerre de 30 ans : les armées espagnoles (venues des Pays-Bas) s’emparent de Corbie (en Picardie). Louis XIII sauve Paris d’une invasion espagnole.

Le roi fait preuve d’un grand courage, et rameute à lui seul la foule parisienne (prête à écorcher Richelieu, responsable de ses grands malheurs) et part à la tête de 40.000 volontaires battre l’armée espagnole réputée invincible.

Corneille : « le Cid ». Enorme succès. C’est le modèle de la tragédie classique. Corneille est anobli.

1637

Guerre de 30 ans : la situation se retourne ; début des défaites militaires des Habsbourg.

Anne d’Autriche soupçonnée d’entente avec l’ennemi

Richelieu la fait surveiller étroitement. Son messager (son Porte-Manteau La Porte) est arrêté en possession d’une de ses lettres (heureusement sans importance). La Porte à la Bastille, Anne d’Autriche interrogée par Richelieu à Chantilly. Elle cache ses vraies relations avec l’Espagne et obtient un pardon du Roi.

Révolte des Croquants en Limousin-Périgord

En Limousin-Périgord, un capitaine gentilhomme, Du Puy de La Motte, a pris la tête d’une armée de 10.000 Croquants qui tient Bergerac. Louis XIII n’aime pas ces sauvages du sud, et Richelieu craint que la révolte ne soit aidée par l’Espagne et ne s’étende. Répression.

Descartes : le « Discours de la Méthode »

Premier théâtre lyrique permanent, à Venise

Autres

Melle de La Fayette, aimée du Roi, rentre au couvent. Le roi déprimé. Il ira la visiter au couvent, puis aura un amour platonique pour Mme de Hautefort, la confidente de la reine (et originaire du château de Hautefort en Périgord, Duneton p 86). Richelieu voyant d’un mauvais œil cette influence qu’il ne contrôle pas mettra dans le cœur du roi le marquis de Cinq-Mars, fidèle du Cardinal.

1638

Louis XIII offre son royaume (et ses sujets) à la Très Ste Vierge.

Déclaration solennelle lue dans tout le royaume (Cl Duneton p 222). Le roi exige des processions dans tout le royaume, et à renouveler chaque année. Le 15 août, grabuge lors de la procesion pour une question de prééminence entre les 2 assemblées.

Guerre de 30 ans : victoire française

Le duc Bernard de Saxe bat Jean de Wert de l’armée espagnole dans la vallée du Rhin. C’est un signe que la Vierge accepte le présent et protège le royaume. La renommée et la puissance du duc de Saxe deviennent inquiétante pour le Cardinal (on aurait du mal, s’il lui prenait l’envie de les garder, à lui reprendre les terres qu’il a lui-même gagné à la tête d’une armée qui lui est fidèle) ; il meurt étrangement qq mois plus tard…

Naissance de Louis XIV

Louis XIII et Anne d’Autriche se détestaient et vivaient séparés. Après 22 ans de mariage stérile, grâce à une soirée d’orage où le roi fut contraint (contre son envie) d’aller coucher au Louvre chez la reine (et donc avec elle), Anne d’Autriche met enfin au monde un Dauphin, le 5 septembre à St Germain-en-Laye (Duneton p 241). Accouchement difficile, on craint de perdre la reine. Naissance très attendue, tant par la noblesse que par le peuple qui a bcp prié la nuit de l’union. C’est l’enfant du miracle, envoyé par Dieu (il s’appelle d’ailleurs Dieudonné). Grandes célébrations à Paris et dans les villes de provinces (partout à Paris ceux qui ont de l’argent rivalisent de fastes) : feux de joie (un énorme Place de Grève), feux d’artifices, beuveries, hommages à Dieu et à la Vierge (Duneton p 278).

Anne d’Autriche est ravie de cette naissance, à la fois comme mère… et comme reine (elle risquait la répudiation). Elle fera construire le Val de Grâce en dévotion à la Vierge et en remerciement pour cette naissance.

Mazarin entre au service de la France

Diplomate italien

1er comptoir français à Madagascar

Toutes les tentatives fçses vers les Indes ont échoué. Ils décident de ne plus dépasser Madagascar.

En Angleterre : Charles Ier fait la guerre aux Ecossais pour leur imposer le système religieux anglais .

1639

Révolte des Va-nus-pieds en Normandie

Le gvt veut rétablir la gabelle (impôt sur le sel), qui provoquera le chômage pour 12 000 ouvriers des salines. Les révoltés tiennent Avranche. Toute la Normandie s’embrase. L’armée des Va-nu-pieds compte 20 000 hommes. Siège et répression sans pitié, pour l’exemple. Nbx pendus (cf tableau « Les Pendus »).

Cinq-Mars devient le favori du roi.

A la demande de Richelieu, il influence le roi pour faire chasser de la cour Mme de Hautefort, confidente de la reine et hostile au Cardinal. Il obtient pour lui-même, malgré son jeune âge, la charge de Grand Ecuyer de France (Duneton p 329).

La Hollande écrase la flotte espagnole et devient la première puissance maritime d’Europe.




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1640 - 1649

1640

Jansenius  publie l’  « Augustinus ».

Blaise Pascal publie l ’ « Essai pour les côniques ». Il a 20 ans.

La révolte simultanée du Portugal et de la Catalogne affaiblit l’Espagne (ce qui arrange bien la France épuisée).

En Angleterre : Charles Ier est obligé de réunir de nouveau le Parlement et doit faire des concessions.

Pour faire face aux dépenses d’une 2ème guerre contre les Ecossais, Charles Ier est obligé de réunir le Parlement, qu’il n’a pas réuni depuis 11 ans (« Tyrannie de 11 ans »). Le roi doit faire des concessions, et sacrifie son ministre des finances qui est exécuté.

Naissance de Philippe, frère du dauphin Louis, duc d’Anjou et futur « Monsieur ».

Les Anglais s’installent à Madras.

1641

Descartes : « Méditations métaphysiques »

Corneille : « Polyeucte »

1642

Complot et exécution de Cinq-Mars

Mort de Richelieu – Louis XIII nomme Mazarin chef du Conseil

A douze ans, Blaise Pascal invente une machine à calculer.

En Angleterre : Charles Ier réprime l’opposition et jette le pays dans la guerre civile. Cromwell.

Cromwell, un gentilhomme campagnard, prend la tête des opposants. Il révèle ses talents politiques et militaires.

1643

Mort de Louis XIII – Régence d’Anne d’Autriche et Mazarin

Louis XIII meurt le 14 mai 1643. Le dauphin Louis (futur XIV) ne peut gouverner, car il n'a que cinq ans, et la coutume française fixe la majorité du roi à treize ans.

La minorité royale et la régence constituent un moment d'affaiblissement de l'autorité monarchique, propice aux contestations et aux dissidences. À la cour même, trois clans de la famille royale des Bourbons (les Orléans, les Condés et les Vendôme), se jalousent et intriguent pour participer au pouvoir. Ce pouvoir est en fait détenu par le cardinal Mazarin

Anne d’Autriche a bcp souffert de Louis XIII et de Richelieu. A présent la voilà maîtresse du royaume… et femme libre. Elle tombe amoureuse de Mazarin. Mais leur relation (certaine) restera discrète (et ambiguë). Elle jouit enfin de son statut de reine, notament par le luxe ; elle grossit.

Bataille de Rocroi

Les Espagnols assiègent Rocroi pour s’y installer et ensuite marcher sur Paris. Le jeune Condé inflige à la redoutable infanterie lourde espagnole la première défaite de son histoire. Les pertes espagnoles sont énormes, la victoire française salue l’avènement de Louis XIV, et le jeune Condé (futur Grand Condé) connaît ici la 1ère de ses nombreuses victoires.

La «cabale des Importants»

Le cardinal n'a aucun mal à déjouer une tentative de complot nobiliaire ourdie par Gaston d'Orléans. Le pouvoir de Mazarin et de la reine paraît alors solidement installé.

Le pape condamne l’ « Augustinus » de Jansenius

Autres

L’enfance du Dauphin : dans son enfance, Louis passe pour quelqu’un de timide, et même de balourd, voire idiot. Mazarin le néglige (après tout, c’est lui Mazarin qui règne). En grandissant, l’enfant aime les jeux physiques : jouer au soldat, courrir dans la campagne, se baigner. Il n’est pas capricieux ni colérique, au contraire plutôt docile et raisonnable, mais ses colères sont des ouragans.

1644

Turenne, nouveau Maréchal de France, et Condé se battent sur le Rhin.

Descartes : « Principia philosophiae »

Introduction de la canne à sucre aux Antilles. cf 1665

Toricelli invente le baromètre.

Chute de la dynastie Ming en Chine.


1645

La victoire de Turenne et Condé à Nördlingen poussent les Habsbourg à chercher la paix.

Mansart commence la construction du Val-de-Grâce.

En Angleterre : les troupes de Crowell écrasent l’armée royale. Le roi se réfugie en Ecosse.

1646

La guerre se déplace en Flandre. Condé prend Courtrai et Dunkerque.

1647

L’opposition contre Mazarin grandit.

La guerre de Trente Ans commencée en 1635 dure toujours et son coût élevé met en péril les finances de l'État. La monarchie vit à crédit. Mazarin est donc contraint d'accroître les impôts. Une opposition ouverte se développe, organisée par le Parlement de Paris, d'une part, et par les grands lignages princiers, d'autre part.

En Angleterre : les Ecossais livrent Charles Ier au Parlement et Cromwell s’empare de Londres.

L’expérience de Pascal au Puy de Dome met en évidence la pression atmosphérique.

Autres

Velaquez : Les Lances

1648

Les Traités de Westphalie mettent fin à la « Guerre de 30 ans » et dessinent la carte politique de l’Europe pour 1 siècle ½ . C’est la fin de la domination des Habsbourg et le début de la domination française en Europe.

la France obtient de nombreux territoires au nord et à l’est, y compris l’Alsace (mais c’est plus complexe).

l’Allemagne échappe à l’empire ; dans les faits, elle entre dans la sphère d’influence française. L’indépendance des 350 Etats allemands est reconnue et l’autorité impériale des Habsbourg n’est plus qu’officielle. Ruinée et dépeuplée par 30 ans de guerre sur son territoire, émiettée en 350 Etats, l’Allemagne est réduite à l’impuissance politique pour longtemps.

les provinces révoltées des Pays-Bas deviennent indépendantes et se fédèrent sous le nom de « Provinces-Unies ». Après 80 ans de révolte (depuis 1566), les Hollandais se libèrent de la domination de l’Espagne.

la Suède reçoit des territoires sur la Baltique et la mer du nord. C’est l’apogée de la puissance suédoise.

C’est la fin des guerres de religion : l’Europe catholique (Espagne, Autriche, St Siège) est forcée de reconnaître que l’unité catholique de l’Europe n’est plus possible.

les entraves au commerce international doivent être levées.

Mais si l’Empereur est définitivement vaincu, le roi d’Espagne, lui, n’en a pas fini avec la France. Les intrigues (pd la Fronde) et les guerres vont continuer jusqu’à la ruine de l’empire espagnol en 1713.

La Fronde parlementaire

Au début de 1648, le Parlement de Paris refuse d'enregistrer les nouveaux édits fiscaux de Mazarin. Ainsi commence la Fronde parlementaire. Sous couvert de réforme contre une fiscalité déclarée abusive et illégale, les «robins» (magistrats) rejettent en fait la monarchie absolue et revendiquent un droit de regard sur l'ensemble de la politique monarchique.

Les émeutes de 1648

Mazarin et la régente paraissent tout d'abord céder, mais la victoire de Condé sur les princes raffermit l'autorité du gouvernement. Anne d'Autriche tente alors un coup de force en faisant arrêter le 26 août trois parlementaires, dont le conseiller Broussel, qui est très populaire pour son opposition acharnée aux impôts. Elle doit pourtant reculer devant les émeutes qui éclatent à Paris lors des journées des Barricades (27-28 août): la capitale prend fait et cause pour les magistrats emprisonnés. La reine les libère.

Inde : fin de la construction du Taj Mahal (débuté en 1632).

1649

La fuite à St-Germain

Dans la nuit glaciale du 5 au 6 janvier 1649, la reine fuit Paris où elle se sent menacée, et se réfugie à Saint-Germain (J Bainville : à Rueil). Le petit Louis XIV n'oubliera jamais l'humiliation de cette fuite.

Les troupes royales assiègent la capitale pendant trois mois.

Première révolution d’Angleterre : Charles Ier décapité.

C’était le beau-frère de Louis XIII et l’oncle de Louis XIV.

Fin de la Fronde parlementaire : la paix de Rueil

Finalement, les robins craignent d'être entraînés trop loin par le mouvement qu'ils ont déclenché, et de perdre le contrôle du peuple parisien. La nouvelle de l'exécution du roi d'Angleterre Charles Ier leur enseigne qu'il faut savoir s'arrêter à temps. Car il s'agit pour la noblesse de robe de partager le pouvoir avec le roi, non de l'abattre.

Ajouté à cela la peur de la disette et le danger espagnol, les frondeurs signent en mars la paix de Rueil.

La Fronde des princes

Mais le drapeau de l'antiabsolutisme est vite repris par les princes et la noblesse traditionnelle( dite «d'épée» par opposition à la noblesse « de robe »). Les princes de sang (branches sœurs des Bourbons), sur lesquels la régente a dû s'appuyer en 1648, croient en effet pouvoir profiter de leur position de force pour gagner un ascendant politique sur la monarchie.



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Bilan de la politique de Richelieu

Une politique économique inefficace : L'effort de guerre ne put être soutenu qu'au prix d'une terrible augmentation de la fiscalité, et de nombreuses révoltes populaires éclatèrent contre les impôts dans tout le Sud-Ouest (Saintonge, Quercy, Angoumois, Périgord entre 1636 et 1638) et en Normandie (soulèvement des Nu-pieds en 1639). De plus, les troupes chargées de défendre les frontières de l'Est furent souvent contraintes de vivre sur les pays qu'elles traversaient, malgré les efforts du secrétaire d'État à la Guerre pour leur trouver abris et ravitaillement pendant l'hiver. Les guerres des années 1635-1642 furent à l'origine d'une profonde crise du monde rural, qui se traduisit par le recul des surfaces cultivées, la propagation d'épidémies de peste et la fuite des habitants vers des régions moins meurtries. Enfin, Richelieu eut énormément de mal à mettre en œuvre une politique suffisamment efficace pour développer l'activité économique. Dès 1626, il marqua pourtant son intérêt pour ces questions en se faisant nommer grand maître et surintendant de la Navigation et du Commerce. L'année suivante, il lança un programme visant à agrandir le port du Havre, avant de créer plusieurs compagnies destinées à favoriser la colonisation du Canada, celle des Antilles, ou le commerce avec les Échelles du Levant. Mais ces efforts furent compromis faute de moyens financiers, car la guerre et l'administration absorbèrent progressivement la plupart des ressources.


La fortune de Richelieu : Le cardinal réussit à se constituer l'une des plus grosses fortunes de son temps, car les différentes charges cumulées au cours de sa carrière étaient vénales. En 1623, il céda ainsi son titre de grand aumônier pour 30 000 livres et, trois ans plus tard, il acheta celui de gouverneur du Havre pour 300 000 livres. Toutes ses fonctions lui permettaient d'engranger de substantiels revenus, non seulement parce qu'il percevait une rémunération, mais aussi grâce aux profits qui y étaient attachés: en tant que surintendant général de la Navigation et du Commerce de France, il percevait de la fiscalité portuaire, de la confiscation des navires et de la collecte des épaves entre 100 000 et 230 000 livres chaque année. Le roi, en l'autorisant à collecter en son nom les impôts indirects dès 1626, lui permit de contrôler les revenus tirés de la gabelle en Anjou, Poitou, Saintonge et Aunis. Cet argent fut investi en grande partie dans la terre, qui représentait un placement stable, relativement lucratif et prestigieux. Le quart de la fortune de Richelieu (évaluée à 20 millions de livres) était composé de biens fonciers.


La Fronde

La Fronde est l’expression en France d’une poussée révolutionnaire dans toute l’Europe : en Espagne mvts d’indépendance de la Catalogne et du Portugal, à Naples gvt de Masaniello (un pêcheur), et surtout, SURTOUT, en Angleterre l’exécution de Charles 1er, qui semble annoncer la fin des monarchies. Si elle avait réussi, on lui aurait sans doute reconnu le caractère d’une Révolution.

C’est aussi une réaction au despotisme de Richelieu, après sa mort. Les seigneurs ne supportent plus ces intendants qui incarnent le renforcement du pouvoir central.

C’est un dernier tumulte nobiliaire qui, au final, n'a fait qu'accélérer le mouvement de mise en place de l'absolutisme :

- Louis XIV gardera une rancune inexpiable contre les frondeurs et ne permettra plus aucune atteinte à l'autorité monarchique.

Pour dire les choses d’une manière plus positive : c’est face à l’adversité que Louis XIV (qui a 13-14 ans) prend conscience de son rôle de roi et de son devoir de reconquérir et d’imposer l’autorité royale.

- les Français ont peur de l’anarchie et veulent de l’ordre (donc un gvt fort), mais ne veulent plus de Premiers Ministres despostiques, ni d’une République (cette notion reste sans écho pd la Fronde) les conditions sont réunies pour le pouvoir personnel du roi. Entre 1653 – 1661, tandis que Mazarin rétablit le pouvoir central, Louis XIV mûrit cette pensée. En 1661 il est prêt à gouverner, et à gouverner seul.


L’opposition contre Mazarin grandit

La guerre de Trente Ans commencée en 1635 dure toujours. Son coût élevé met en péril les finances de l'État: en 1643, les recettes prévues pour les trois années à venir sont déjà dépensées. La monarchie vit à crédit. Mazarin est donc contraint d'accroître les impôts: la taille, principal impôt direct, qui avait déjà doublé au temps de Richelieu, augmente encore d'un tiers. Bien plus, des taxes nouvelles touchent les privilégiés, propriétaires fonciers et bourgeois parisiens. Un climat d'agitation s'installe alors, illustré par une profusion de libelles, couplets, chansons hostiles à «l'Italien», au «faquin de Sicile»: les mazarinades et les « Provinciales » se répandent dans Paris et les villes du royaume. On se plaint que la France soit livré à 2 étrangers (la reine et Mazarin). Une opposition ouverte se développe, organisée par le Parlement de Paris, d'une part, et par les grands lignages princiers, d'autre part.


Les raisons de la fronde

[ Il y a donc au moins 2 raisons différentes :

- d’une part l’augmentation des impôts à cause de la guerre ;

- d’autre part la politique de Richelieu-Mazarin de renforcement du pouvoir royal contre la noblesse (qui perd de son pouvoir mais aussi de ses privilèges).

Ces 2 raisons sont différentes (et ces différences seront la cause de l’échec de la Fronde), mais au début elles se rejoignent : car même les nobles sont mis à contribution dans l’augmentation des impôts : ils perdent de leurs privilèges. ]


1648 : la Fronde parlementaire

Le Parlement de Paris entame la résistance. Cour de justice souveraine, composé d'officiers propriétaires de leur charge et appartenant à la noblesse de robe, le Parlement dispose aussi d'attributions administratives et politiques; il est notamment chargé d'enregistrer les édits royaux, et peut exercer un droit de remontrance visant à les amender. Les parlementaires cherchent à faire de ce «devoir» d'enregistrement un droit de regard sur les décisions royales.

Au début de 1648, le Parlement de Paris refuse d'enregistrer les nouveaux édits fiscaux de Mazarin. Ainsi commence la Fronde parlementaire.

Sous couvert de réforme des abus contre une fiscalité déclarée abusive et illégale, les «robins» (magistrats) rejettent en fait la monarchie absolue et posent les bases d'une monarchie tempérée à l'anglaise: ils réclament un habeas corpus contre les lettres de cachet et les emprisonnements arbitraires, et surtout un contrôle des cours souveraines sur la fiscalité. En exigeant la liberté de consentir à l'impôt et d'enregistrer ou non les édits royaux, c'est en fait un droit de regard sur l'ensemble de la politique monarchique qu'ils revendiquent. «Vous êtes de plaisantes gens de vouloir borner l'autorité du roi», leur répond la régente, qui ne peut tolérer «une espèce de république dans la monarchie».


Les émeutes de 1648

Mazarin et la régente paraissent tout d'abord céder, mais la victoire que remporte Condé sur les Espagnols à Lens (21 août 1648) raffermit l'autorité du gouvernement et lui redonne l'avantage. Anne d'Autriche tente alors un coup de force en faisant arrêter le 26 août trois parlementaires, dont le conseiller Broussel, qui est très populaire pour son opposition acharnée aux impôts. Elle doit pourtant reculer devant les émeutes qui éclatent à Paris lors des journées des Barricades (27-28 août): la capitale prend fait et cause pour les magistrats emprisonnés. La reine les libère.


1649 : la fuite à St-Germain

Dans la nuit glaciale du 5 au 6 janvier 1649, la reine fuit Paris où elle se sent menacée, et se réfugie à Saint-Germain (J Bainville : à Rueil). Le petit Louis XIV n'oubliera jamais l'humiliation de cette fuite.

Les troupes royales assiègent la capitale pendant trois mois.


Les esprits echauffés

La Fronde n’est pas un mvt superficiel, mais une révolte profonde, intellectuelle, idéologique, contre la monarchie absolue. C’est un mvt révolutionnaire (où tous les acteurs n’ont pas les mêmes projets et intérêts). Le peuple en parle ; la plupart des curés sont jansénistes et frondeurs (d’où la rancœur de Louis XIV contre le jansénisme) ; les nobles ; et la question du pouvoir et du gvt devient un sujet central de la production intellectuelle du siècle (Hobbes, Locke en Angleterre, [puis Malebranche, Bossuet,… à compléter]).

[La Fronde est donc un événement faisant partie d’un processus qui se poursuivra au Siècle des Lumières et jusqu’en 1793.]


Les raisons de l’échec de la Fronde

En 1652 le pouvoir royal est en grand danger et proche de la dissolution. Si la monarchie l'emporte finalement, c'est grâce :

1) à Mazarin et à Turenne ;

2) mais aussi au statut sacré de la personne royale. En particulier, sans la fidélité des officiers de l’armée tout aurait basculé. Sans ce roi sacré (de 13 ans), Mazarin et Turenne n’auraient pas pu résister ;

2) et surtout aux divisions des frondeurs : ils n’ont pas les mêmes projets et intérêts. Tous voulaient limiter l'absolutisme et exercer un contrôle sur le gouvernement, mais chacun entendait que ce fût à son profit. L'union contre l'absolutisme ne pouvait être que fragile et temporaire. Chacun a abandonné quand il a craint que la situation ne profite plus à son allié provisoire qu'à lui-même.


Les mémorialistes de la Fronde

Deux frondeurs célèbres ont mis à profit l'exil ou la retraite pour écrire leurs Mémoires (aucun, bien sûr, n'a publié de son vivant) :

- le cardinal de Retz (1613-1679) : ses Mémoires constituent une mine de renseignements sur la période troublée de la Fronde, dont il évoque avec vivacité et couleur les grands moments parisiens: séances houleuses au Parlement, journées des Barricades – qu'il dit avoir organisées –, coups de mains et conspirations diverses auxquels il a activement participé (voir Livre d’or). Ses Mémoires révèlent ses qualités d’homme d’état (resté en dehors du pouvoir) et l’un des grands écrivains français.

- et le duc de La Rochefoucauld (1613-1680) : les «Mémoires» de La Rochefoucauld sont ceux d'un homme plus sincère et moins intrigant, qui trempa dans la Fronde des princes par orgueil blessé et, semble-t-il, par amour pour Mme de Longueville, la sœur de Condé et de Conti. Après l'arrestation des princes en janvier 1650, il tenta vainement de négocier avec Mazarin. Il fut gravement blessé lors du combat du faubourg Saint-Antoine, à Paris, le 1er juillet 1652. Il se retira longtemps sur ses terres du Poitou, avant de vivre une vie mondaine et désenchantée dans les salons de Mme de Sablé et de Mme de Lafayette et de faire le bilan de toutes les vanités humaines dans ses Maximes morales.


La 1ère Révolution anglaise : Charles Ier décapité

cf : 1603-1625-1638 – 1640 - 1642 – 1645 – 1647 – 1649


Les « PAYS-BAS »

Sous Charles Quint, l’Espagne domine les Pays-Bas, qui regroupent les régions actuelles : Hollande, Belgique, Nord de la France.

En 1648, les provinces révoltées, à majorité protestante, deviennent indépendantes et se fédèrent sous le nom de « Provinces-Unies ». La partie sud des Pays-Bas (Belgique et nord de la France), à majorité catholique, reste sous la domination espagnole et est appelée « Pays-Bas espagnols ».

Au 18ème siècle, les Pays-Bas espagnols sont rattachés à l’Autriche (d’où « Pays-Bas autrichiens »). Comme l’empereur d’Autriche est contre la Révolution fçse, Napoléon envahit les Pays-Bas autrichiens. En 1815, ils sont rattachés aux Provinces-Unies : les pays-Bas sont de nouveau unifiés. Mais en 1830 la partie catholique se révolte et donne naissance à la Belgique.



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1650 - 1659

1650

La Fronde des princes

La Fronde des princes est provoquée, en janvier 1650, par la triple arrestation de Condé, de son frère Conti et de son beau-frère, le duc de Longueville, que Mazarin juge dangereux parce que trop puissants. Mais la rébellion s'épuise dans l'année même, et les troupes des frondeurs sont battues à Rethel le 15 décembre 1650.

1651

2ème fuite à St-Germain

Paradoxalement, la victoire mazarine sur la Fronde des princes relance l'agitation, car elle fait craindre une réaction absolutiste dure. Le Parlement repart à l'assaut le 4 février 1651 en réclamant la démission de Mazarin et la libération des princes: l'union est provisoirement scellée entre les deux Frondes, celle des parlementaires et celle des princes. Mazarin sent le danger, et juge bon de s'éloigner à Saint-Germain le 6 février 1651, tandis que le peuple, sur la rumeur d'une nouvelle fuite de la cour, envahit le Palais-Royal et la chambre du petit roi: nouvelle humiliation inoubliable pour le futur Roi-Soleil.

La Fronde des gentilshommes

La Fronde des gentilshommes se développe au même moment : quatre cents nobles réunis en «assemblée de noblesse» exigent la libération des princes et surtout la convocation des états généraux, qui n'ont pas été réunis depuis 1614. Aux yeux des nobles, qui pensent la dominer, cette instance traditionnelle, composée de représentants des trois ordres du royaume (clergé, noblesse, tiers état), doit faire contrepoids au pouvoir royal en exerçant un contrôle sur lui. Il ne s'agit de rien de moins que de donner au pays de nouvelles lois, qui assureraient à la noblesse comme groupe unifié une position prépondérante dans l'État. Autrement dit, la noblesse cherche à se constituer en classe politique pour créer une manière de gouvernement aristocratique.

Tout bascule quand Mazarin, devant la conjonction des oppositions, libère lui-même les princes (dont Condé), le 13 février 1651, pour saper l'union des Frondes, et s'exile à Brühl, en Allemagne. Il apparaît alors que les frondeurs, comme il le prévoyait, sont incapables de s'entendre pour tirer parti de l'avantage. Les princes et le Parlement de Paris ne sont unis que pour éliminer leur concurrent commun : l'assemblée de noblesse, dont ils imposent la dissolution le 25 mars.

Louis XIV est proclamé majeur le 7 septembre 1651,

ce qui permet de rétablir l'autorité royale, Anne d'Autriche continuant de gouverner.

La Fronde soulevée par Condé

Au même moment commence le dernier et le plus tragique épisode de la Fronde, quand le prince de Condé, refusant de se soumettre, gagne la Guyenne, y lève des troupes, traite avec l'Espagne et obtient le soutien de Bordeaux, alors gouvernée par l'Ormée (un mouvement populaire d'inspiration «républicaine», opposé au parlement de la ville). Condé parvient à rallier à sa cause la plupart des provinces au sud de la Loire (Berry, Poitou, Anjou, Aunis, Saintonge, Provence). Le royaume est désormais coupé en deux. La reine, le jeune roi et Turenne – ancien frondeur rallié au parti royal – s'installent alors à Poitiers, où ils sont rejoints par Mazarin. Les combats font rage, d'abord en Guyenne, puis les deux armées marchent vers Paris, où Condé espère trouver l'appui des parlementaires. Sur leur passage, les troupes pillent les campagnes. Aux portes de la capitale, le 1er juillet 1652, se déroule un violent combat où Condé est battu, mais sauvé grâce à l'intervention de la Grande Mademoiselle (fille de Gaston d'Orléans).

Hobbes : Léviathan

1652

Fin de la Fronde

Condé se rend maître de Paris en s'appuyant sur le peuple, animé par la haine de Mazarin. Mais son alliance avec l’Espagne (le parti de l’étranger), le massacre de l'Hôtel de Ville (4 juillet), et les excès divers lassent les parlementaires et les bourgeois (les troubles durables ne sont jamais bons pour les affaires). Les habitants de Paris finissent par souhaiter le retour du roi – sans Mazarin. Son retour, triomphal, a lieu le 21 octobre 1652. Mazarin rentre à son tour dans la capitale, le 3 février 1653.

Le pays sera long à se remettre de cette guerre civile aggravée de guerres extérieures (comme au temps de la Ligue). A la fois économiquement : la France est encore une fois ruinée et la misère est très profonde et répandue ; et politiquement : l’indiscipline ne disparaît pas du jour au lendemain (des provinces restent en pleine anarchie, exploitées et tyrannisées par des brigands ; par ex : l’Auvergne, pd 10 ans).

Angleterre : dictature de Cromwell ; guerres contre Irlandais puis Hollandais

voir Gdes dates 1653

La prise du Cap assure la route des Indes aux Hollandais

Les Hollandais continuent leur expansion coloniale, surtout aux dépens du Portugal. Ils prennent le Cap et s’assurent ainsi de la route des Indes orientales. Puis ils expulsent les Portugais de Ceylan. Mais ils échouent au Brésil d’où ils se font chasser en 1653.

1653

Mazarin reprend le pouvoir jusqu’à sa mort en 1661.

Mazarin rentre à son tour dans la capitale, le 3 février 1653, et gouverne jusqu'à sa mort, en 1661. La mise au pas des anciens frondeurs est sévère. Pd ce temps Louis XIV mûrit sa pensée politique et tire les lçs de la fronde : la France a besoin d’un Roi qui se consacre à son métier de gouverner. En 1661 il est prêt à gouverner, et à gouverner seul.

L’Angleterre soutient la France contre l’Espagne (quelle année ?)

Dans la guerre qui les oppose, la France et l’Espagne recherchent toutes les deux le soutien (« l’amitié ») de l’Angleterre. Bien que la France ait donné asile aux Stuarts, Crowell prend le parti de la France : car il veut ruiner la domination maritime de l’Espagne et lui prendre des colonies. La France qui n’a pas encore de marine n’est pas un concurrent sur ce point.

St Vincent de Paul fonde l’Hospice Général de la Salpêtrière.

Blaise Pascal fonde le calcul des probabilités.

1654

Abdication de Christine de Suède

voir Mémoire 2000

Fulgurante conversion de Pascal à la foi en l’amour divin, dans la nuit du 23 novembre.

Il en rend compte dans Le Mémorial (voir au début des Pensées)

1655

En Hollande : gvt de la bourgeoisie (Jean de Witt)

Attachée à la tolérance religieuse, enrichie par le quasi-monopole sur le commerce maritime avec les colonies, ayant une suprématie financière, la bourgeoisie hollandaise favorise une société moderne, libre d’esprit, qui accueille des intellectuels comme Descartes, favorise l’imprimerie, et produit une école de peintres comme Rembrandt et Vermeer.

L’Angleterre reprend la guerre contre l’Espagne (à confirmer) et s’empare de la Jamaïque aux dépens de l’Espagne.

1656

A 18 ans, Louis XIV est un jeune homme vigoureux et courageux , qui passe son temps à l’armée.

Il est instruit par Turenne, chef des armées.

Pascal : les « Provinciales »

1657

Guerre contre l’Espagne : offensive diplomatique de Mazarin

- alliance avec Crowell contre la cession de Dunkerque à l’Angleterre ;

- en Allemagne, Mazarin provoque la Ligue des princes protestants contre l’Empereur.

Louis XIV s’éprend de Marie Mancini.

C’est une jeune femme laide, mais intelligente, cultivée, à l’esprit rebelle. Nièce de Mazarin, elle est venue d’Italie à 13 ans. Rien ne la prédestinait à un rôle de 1er plan, même dans sa famille elle est reléguée derrière ses sœurs. Mais elle est très ambitieuse. Sa relation avec le roi la met au premier rang et elle est résolue à devenir reine. Orgueilleuse, egocentrique, exhubérante.

Leur relation est platonique, vouée à l’Amour cher aux précieuses. Louis XIV se sent profondément aimé et lui accorde sa confiance.

1658

Guerre contre l’Espagne : offensive militaire et victoire franco-anglaise à la bataille des Dunes

devant Dunkerque. Louis XIV y fait son baptême du feu.

1659

Fin de la guerre de Trente Ans entre la France et l’Espagne : fin de l’hégémonie espagnole

Après plus de vingt ans de guerre, la France et l’Espagne signent le traité des Pyrénées plutôt favorable à la France (sur l’île aux Faisans, voir gravure Livre d’or),. La Fce garde le Roussillon et la Cerdagne, et des places en Flandre (voir carte Livre d’or), mais aussi (et surtout) ce traité empêche la réunion de l’Autriche et de l’Espagne. Ceci sera renforcé l’année suivante par le mariage de Louis XIV et de l’infante d’Espagne. Cette non-réunion de l’Autriche et de l’Espagne sera définitive : c’est la fin de l’époque hégémonique de l’Espagne. Mazarin a continué et achevé la politique extérieure de Richelieu. Louis XIV est devenu l’arbitre de l’Europe.

Abdication de Cromwell – Reprise de la guerre civile en Angleterre

Molières : « Les Précieuses Ridicules »

Fouquet termine le château de Vaux. C’est est l’homme le plus puissant du royaume après Mazarin.

Inde : Aurangzeb emprisonne son père Shâh Jahân et prend le pouvoir (jusqu’en 1707).




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1660 - 1669

1660

Mariage de Louis XIV avec Marie-Thérèse d’Autriche, infante d’Espagne.

Ce mariage, combiné par Mazarin, empêche que l’Infante se marie avec l’empereur Léopold, ce qui aurait pu reconduire la situation de Charles Quint. Certes Léopold épousa une autre fille du roi d’Espagne, mais il n’était plus alors que cohéritier d’Espagne avec le roi de France. Il est stipulé que Marie-Thérèse n’abandonne ses droits à la couronne d’Espagne que contre une dot. Celle-ci ne sera jamais payée, ce qui servira de prétexte à Louis XIV pour reprendre les guerres en 1667.

Attitude méprisante et belliqueuse de la part des Espagnols. (cf L.Bertrand p X. Ex : la ligne-frontière.)

Marie Mancini

C’est la mort dans l’âme que Louis XIV renonce à se marier avec celle qu’il aime. Mais après le mariage, l’attitude de Marie lui prouvera qu’elle était plus éprise de la couronne que de lui-même. Il continuera tjs de la traiter respectueusement, mais se sent trahi. Elle rentre en Italie en XXX. Inconsolable de ne pas avoir été reine, elle sera jusqu’à la fin de sa vie intriguante, scandaleuse.

Louis XIV fait brûler « Les Provinciales ».

En Angleterre, Monk s’empare de Londres et restaure la monarchie : Charles II.

Charles II, fils de Charles Ier (décapité en 1649), petit-fils d’Henri IV de France.

1661

9 mars 1661 : mort de Mazarin ; Louis XIV gouverne seul.

Louis XIV a 22 ans. Il décide de gouverner sans 1er ministre. Certes il se réapproprie ainsi le pouvoir, mais aussi c’est dangereux : car les 1ers minsitres étaient des remparts sur lesquels on pouvait rejeter la responsabilité des mauvaises situations (Louis XIII l’avait fait pls fois !). C’est donc une attitude très courageuse de la part de Louis XIV de vouloir assumer une relation directe entre lui et son peuple. Mais Louis XIV a longuement pensé à son « métier de roi », et il ne doute pas qu’il est « le maître », qu’il est une personne au dessus de toutes les autres, qu’il a une Autorité supérieure (divine) qui lui impose des responsabilités. Lors de son sacre, il a « épousé la France » ; c’est une relation spirituelle que Louis XIV a pris très au sérieux. Son règne durera 54 ans.

Arrestation de Fouquet

Après une fête trop fastueuse au château de Vaux, Fouquet est arrêté par d’Artagnan, chef des mousquetaires du roi. Surintendant des finances, confondant largement le Trésor et ses finances personnelles, protégé de Mazarin, Fouquet est l’homme le plus puissant du royaume après Mazarin. Il représente un danger pour le pouvoir et l’autorité personnelle de Louis XIV. D’ailleurs Louis XIV prend des précautions avant de le faire arrêter. Louis XIV impose une peine de prison à vie et Fouquet meurt en prison vers 1680.

Versailles : début des travaux

Louis XIV aime les bâtiments et voit en eux l’expression de la grandeur royale pour la postérité. Il fait des travaux à Chambord, fait construire le Jardin des Tuileries, et l’admirable terrase de St-Germain.

Versailles est alors un hameau perdu dans les bois ou son père, qui aimait venir y chasser, a fait bâtir un petit château en briques.

Louis XIV a été impressionné par Vaux-le-Vicomte, la résidence de Fouquet construite par l’équipe : Le Vau (architecte), Le Brun (peintre) et Le Nôtre (jardinier). Louis XIV confie à cette même équipe des travaux à Versailles qui dureront plus d’1/2 siècle.

La duchesse de La Vallière maîtresse de Louis XIV

Fille d'honneur de Henriette d'Angleterre, elle devint en 1661 la maîtresse de Louis XIV, auquel elle donna quatre enfants (dont deux vécurent et furent légitimés). Elle fut supplantée en 1667 par la marquise de Montespan.

Dans l’empire ottoman, une lignée de vizirs remarquables, les Koeprili, rétablissent la situation

Depuis le début du 17ème s, l’empire ottoman était en décadence (corruption, coups d’états). La situation fut rétablie par les Koeprili. Ils réaffirment la présence ottomane en Transylvanie, attaquent la Hongrie, la Crète. En 1683, ils avancent jusque Vienne.

1662

Roi Soleil… et Empereur des Francs

En se comparant au soleil (Nec pluribus impar), Louis XIV reprend un symbole monarchique déjà ancien.

A la fête fastueuse du Carrousel pour célébrer la naissance du dauphin, il apparaît en costume d’empereur romain et se fait saluer comme « Empereur des Francs ». Mais, face à la réalité, sa tentation de restaurer l’empire de Charlemagne ne durera pas.

Molière : « L’école des femmes »

En Angleterre : rétablissement de l’église anglicane et réaction contre le puritanisme catholique

« St-Barthélémy des puritains »

1663

Les intendants recoivent l’administration des impôts indirects.

Le Canada devient possession de la Couronne d’Angleterre.

1664

Fastueuses fêtes à Versailles : Fêtes de l’Ile enchantée

Mort de Philippe IV d’Espagne

Molière : 1ère repésentation de « Tartuffe »

Scandale à la cour, mais Molière est soutenu par le roi.

Fondation de la Compagnie française des Indes

1665

Colbert contrôleur général des finances

Les Français à St-Dommingue sous l’impulsion de Colbert

Cela double la surface du domaine français aux Antilles, dévolu à la très prospère culture de la canne à sucre. cf 1644

Molière : « Dom Juan »

La Rochefoucauld : « Maximes »

En Espagne : avènement de Charles II

Marie-Thérèe, femme de Louis XIV est fille de Philippe IV, issue de son 1er mariage. Charles II est lui aussi fils de Ph IV, issu d’un 2nd mariage. La décadence de l’Espagne s’accentue sous Charles II. Les campagnes deviennent improductives et se dépeuplent ; la faible industrie ne résiste pas à la concurrence étrangère ; désordre dans les finances et la vie de cour ; même la foi vacille.

1666

Colbert secrétaire à la Marine

Le Parlement de Paris perd son droit de remontrance.

A la mort d’Anne d’Autriche, Louis XIV ouvre la question des frontières… et relance l’affrontement avec l’Espagne.

Philippe IV est mort 2 ans plus tôt ; depuis 6 ans la France a reconstitué ses armées et son trésor ; Anne d’Autriche, la reine mère, vient de mourir… C’est le moment de poser le problème crucial resté en suspend : celui des frontières du royaume français (notamment celles du nord). Ce qui revient à affronter l’Espagne.

Molière : « le Misanthrope »

Newton : gravitation universelle, décomposition de la lumière et calcul infinitésimal.

Mais il attendra 1687 pour publier les lois de la gravitation universelle.

En Angleterre : incendie de Londres, la vile brûle pd 4 jours

Mémoire 2000

1667

Début de la guerre de Flandre, 8 ans seulement après la fin de la guerre de 30 ans. Elle durera 40 ans.

La mort de Philippe IV a une double conséquence :

à moyen terme elle pose la question de la succession d’Espagne après Charles II, et d’une guerre prévisible ;

à court terme, elle permet à Louis XIV de revendiquer l’héritage de Marie-Thérèse en Flandre, justement pour se protéger des Espagnols sur la frontière du Nord-Est.

En 1667, Louis XIV expose d’abord ses revendications à Madrid, puis ses armées entrent en Flandre. Il déclare prendre simplement possession des biens qui lui reviennent. Il a 29 ans.

Pd 40 ans, l’Europe entière se liguera pour empêcher la France de s’étendre. Cela fait au total une seconde « Guerre de Cent Ans », d’où est sortie la France moderne.

Louis XIV délaisse La Vallière pour Mme de Montespan

Louis XIV aimait La Vallière, qui aimait passionément le roi. Mais elle manquait d’esprit pour satisfaire le côté spirituel et intellectuel de Louis XIV.

Mme de Montespan était belle et sensuelle, et avait de l’esprit. Mais on la présente malsaine.

Pd des années, La Vallière tentera de reconquérir le roi, raison pour laquelle elle resta à la Cour, où elle souffrait de jalousie. Finalement en 1674, en désespoir de cause, elle entra au couvent chez les carmélites (Louis XIV pleura son départ).

Racine : « Andromaque »

Fin de la guerre anglo-hollandaise – New-York aux Anglais

La flotte hollandaise dans la Tamise (une nouvelle fois : cf 1753). Le traité de Bréda cède à l’Angleterre la Nelle Amsterdam rebaptisée New-York. Voir gdes dates 1667 et 1662

En Amérique : expansion anglaise dans les Appalaches,

mais l’opposition des colonies contre la métropole grandit.

Newton montre ses expériences sur la décomposition de la lumière avec les prismes

Elles font sensation et Newton est élu membre enseignant du Trinity College. Mais il ne parle pas de ses autres découvertes.

1668

Guerre de Flandre : Condé conquiert la Franche-Comté. Puis Louis XIV signe le traité d’Aix-la-Chapelle.

Louvois secrétaire d’état à la Guerre

Molière :  « l’Avare »

« Fables » de La Fontaine (1668 – 1679)

Newton invente le téléscope à miroir (il résout ainsi le pb de l’aberration chromatique des lentilles).

1669

Colbert secrétaire à la Maison du Roi

Guerre de Flandre : Louis XIV envahit la Lorraine

Molière : « Tartuffe »

Racine : « Britanicus »



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le début du règne : la relance et la fête

1661 – 1684 : la grandeur de Louis XIV

1661 : mort de Mazarin ; Louis XIV gouverne seul.

Louis XIV a 22 ans. Il décide de gouverner sans 1er ministre. Son règne durera 54 ans.

Ses conceptions politiques sont déjà définies :

- absolutisme, mais

- souci du bien public ; ne pas sacrifier l’Etat à ses passions personnelles ; travailler beaucoup

- respect de la loi : la souveraineté du roi ne lui permet pas de violer les privilèges. Au contraire, elle est la garantie du droit de ses sujets.

- le roi est une image de Dieu. Il est d’une essence différente de ses sujets.

Politique universellement admise en Europe et théorisée par Bossuet vers 1670 et qui la publiera en 1709 : Politique tirée des paroles de l’Ecriture sainte.

La situation politique en Europe à l’avènement de Louis XIV

voir Bertrand p 158 sv.

- l’Espagne est la grande ennemie depuis plus d’un siècle (depuis Charles Quint)

guerres antérieures ; tjs les mêmes raisons : ne pas laisser l’Autriche encercler la France

l’Espagne est la nation la plus riche d’Europe

humiliations lors du mariage

rivalité entre familles : Bourbons / Habsbourg

- les frontières au nord ne sont pas assurées. La France ne se sent pas à l’abri des invasions par le nord.

- l’Angleterre est occupée par sa Révolution. Pour le moment elle est une alliée (peu sûre) de la France.

Des débuts frivoles

Dès le début de son règne, Louis XIV est conscient des enjeux politiques européens. Il sait la guerre nécessaire, mais prend le temps de laisser son peuple se reposer, de reconstituer une richesse nationale, et de constituer une nouvelle armée réformée et efficace.

Les débuts du règne sont marqués par la vie frivole et de plaisirs de la Cour : palais, jardins, spectacles (comédie, opéras), bals, banquets, fêtes, jeux (dans les jardins ou dans les salons).

Une cour itinérante

Paris lui rappelle trop la Fronde. Durant les 20 premières années de règne, la cour se déplace : Louvre, Tuileries, Fontainebleau, St-Germain. Ces châteaux ne sont pas confortables et Louis XIV les fait profondément remanier.

Vincennes, résidence de Mazarin.

La vie du Roi, de la Cour, et l’étiquette

- le rituel : lever, coucher, …

- la chasse

-

La politique de prestige

La relance économique

La France est un pays riche et fertile. Louis XIV le sait, et Colbert aussi.

Le début du règne correspond à une embellie du moral des Fçs : on a espoir dans l’avenir, on croit au progrès (et le progrès technique est incontestable), on a la pêche.


Les axes de la politique de relance :

intensifier la culture et développer la production de produits exotiques : XXX

faire venir de l’étranger tout ce qui manque à la France : sucre, café, thé, quiquina, chocolat, porcelaines de Chine, tapis d’Orient…

puis essayer d’imiter tous ces produits étrangers manufactures, industries

nouvelles corporations des métiers

La réforme de l’armée


La vie de l’esprit

Académies de musique, peinture, architecture, lettres, sciences

Littérature : Molière

Architecture : on construit des chateaux (avec des fenêtres et de la lumière, du marbre, des jets d’eaux, fontaines, jardins, etc.) et on remanie les villes moyen-âgeuses (élargissement des rues, monuments, etc.).

désir d’attirer et d’impressioner les étrangers

Ambition de l’universel

La bougie

La bougie, qui remplace la lampe à huile et la chandelle (fumante et puante), révolutionne l’éclairage : bougies, candélabres, lustres transforment la vie la nuit : banquets, fêtes, veillées, lectures.

L’hygiène

La chaise [de commodité] : [on ne chie plus accroupi dehors ?]

Il y avait à Versailles de nombreuses bassines, baignoires, éponges.


Conseillers et ministres issus de la bourgeoisie.

Les intendants absorbent progressivement toutes les tâches administratives, et exercent l’autorité du pouvoir central.


La guerre de Flandre

Les 3 acteurs : la France, l’Espagne, et l’Empire germanique (la Maison d’Autriche des Habsbourg de Vienne)

Par héritage, Charles Quint avait réunit l’Espagne et l’Empire, encerclant ainsi la France. Depuis, même si les deux états ont été séparés, l’union de l’Espagne et de l’Empire n’a cessé de se renforcer à chaque génération par des mariages. Pour la France, l’Espagne et l’Empire ne forment donc qu’un même ennemi, et tout son jeu consiste à briser cette union.

L’animosité avec l’Espagne

Depuis Charles Quint, l’Espagne est l’ennemi n° 1 de la France.

C’est le pays le plus riche d’Europe grâce à ses colonies sud-américaines.

Elle peut contrôler la méditérannée occidentale puisqu’elle a la Sicile et le royaume de Naples.

Elle peut nous envahir par le Nord : puisqu’elle a la Franche-Comté, le Luxembour et les Pays-Bas.

Elle tient le nord de l’Italie : puisqu’elle a le Milanais.

Elle a été de tous les coups fourrés contre la France : captivité de Fçs 1er, attaques répétées de Charles Quint et Philippe II, attisements des guerres civiles en France (la Ligue durant les guerres de religions, la Fronde, autres).

Les relations sont exécrables : attitude insultante des Espagnols lors du mariage de Louis XIV avec l’Infante (Bertrand p 264), et bien d’autres fois.

Dans les faits, l’Espagne est alliée et vassal de l’Empire. Depuis la mort de Philippe IV, la Régente d’Espagne est une Autrichienne.

Le problème de la succession d’Espagne…

Le jeune roi Charles II a 5 ans, il est malade et on croit sa mort prochaine. Si la France ne fait rien, l’Espagne reviendra à l’empereur et on aura alors reconstitué l’empire de Charles Quint : l’Espagne et l’Empire ne seront plus seulement des alliés, mais un seul et même royaume. La France ne pourra pas l’accepter : c’est pour elle une question de vie ou de mort. On envisage un partage à l’amiable, mais une guerre est prévisible. Or au Nord et à l’Est, les frontières de la France ne lui assurent pas une sécurité face à l’envahisseur.

… pose le problème des frontières françaises au Nord et à l’Est

- La frontière du Nord-Est est la plus vulnérable :

tout au nord, la ligne de défense est sur la Somme ;

la vallée de l’Oise (Maastricht, Liège, Namur, Charleroi, St-Quentin, Creil, Pontoise) reste ouverte et laisse donc Paris à la merci des envahisseurs ;

- A l’Est, la Franche-Comté est espagnole (officiellement) et germanique de cœur. Or il n’y a pas de frontières naturelles avec la France : ils « ont un pied chez nous ».


Il y a donc [à mon avis] 2 points différents mais qui se confondent :

- assurer la sécurité du territoire. Pour cela les Fçs considèrent qu’il leur faut des frontières plus sûres.

- les Fçs considèrent que la limite naturelle du Royaume des Francs est le Rhin. En tous cas, que la Flandre où l’on parle français doit être intégrée au Royaume de France. [C’est ambitieux : car cela revient à intégrer à la France toute la Flandre (Belgique) plus une bonne partie germanique. Ca revient aussi à être directement voisin des Pays-Bas… et de là à l’idée de les annexer… Bref, la France ne peut pas accepter que toute cette partie soit hispano-germanique, mais personne ne peut accepter que cette partie soit française. D’ailleurs elle ne le sera pas, et ce sera encore une fois une cause très profonde des guerres de l’Europe contre Napoléon.]

Certains vont plus loin et pensent que la France est la seule en mesure de rétablir l’empire de Charlemagne ou des Romains, et qu’il faut pour cela désintégrer « l’Allemagne ». Louis XIV aurait eu cette tentation mais, devant la réalité, l’aurait bien vite abandonnée. Louis XIV est svt représenté en empereur romain. Il apparaît même en costume d’empereur romain à la fête fastueuse du Carrousel en 1662 pour célébrer la naissance du dauphin.

Louis XIV se décide donc à la guerre de Flandre.

Louis XIV doit renforcer sa position au Nord-Est en prévision d’une guerre contre l’empereur. [C’est en qq sorte une guerre préventive.] Or, justement, sa femme peut faire valoir ses droits en Flandres. Marie-Thérèse d’Autriche, Infante d’Espagne, a renoncé à son héritage espagnol contre une dot qui ne fut jamais payée. Elle peut donc légalement prétendre à son héritage en Flandre. Louis XIV commande à ses juristes des Mémoires justifiant ses prétentions.

En 1667, les armées françaises entrent en Flandre.

En 1667, Louis XIV expose d’abord ses revendications à Madrid, puis ses armées entrent en Flandre. Il ne déclare pas la guerre à l’Espagne, il déclare prendre simplement possession des biens qui lui reviennent. Qd Lille et Douai sont prises, la reine vient immédiatement visiter « ses fidèles sujets ».

Louis XIV reste prudent mais l’Europe se ligue contre lui

Il a 29 ans, une bonne armée, de l’argent, un peuple qui le pousse à des conquêtes, ses ennemis sont plutôt faibles. Pourtant Louis XIV reste prudent. C’est qu’il sait que, de même que la France ne peut pas accepter une Allemagne hyper-puissante, l’Europe ne peut pas accepter une France hyper-puissante ; et de même que la France ne peut pas accepter que l’Espagne revienne à l’Empire, l’Europe ne peut pas accepter qu’elle revienne à la France… Louis XIV doit donc montrer sa force tout en évitant de trop effrayer les puissances européennes. Il stoppe donc sa conquête après la prise de Lille et Compiègne, et entame une action diplomatique (notamment pour rassurer les Hollandais). En 1668, il prend la Franche-Comté afin d’avoir qqch à donner lors de négociations.

Les marchands et armateurs hollandais ont peur de voir les Français devenir maîtres d’Anvers et rouvrir les Bouches de l’Escaut au commerce, et du coup les ruiner.

Mais l’Europe (Espagne et Allemagne + la Triple Alliance Hollande-Suède-Angleterre) se ligue contre lui. Après de douloureuses réflexions (cf Bertrand p 282), il accepte de reculer pour signer la paix au traité d’Aix-la-Chapelle (1668). Les Fçs lui reprocheront de s’être arrêté en si bon chemin. Mais Louis XIV sait que le véritable enjeu est à venir : la succession d’Espagne. Et il choisit de se montrer conciliant et honnête face à ses voisins.

1669 – 1672 : Louis XIV renforce ses positions

Le traité d’Aix-la-Chapelle ne règle rien sur le fond. Ce n’est qu’une pause dont Louis XIV, qui est le plus fort, veut profiter. Il cherche à faire tomber les obstacles un à un.

D’abord, en 1669, il envahit la Lorraine.

Puis il arrive à détacher l’Angleterre de la Triple Alliance.

L’obstacle majeur reste la Hollande de Jacques De Witt, qui fait tout ce qu’il peut pour écarter la France des Pays-Bas. En 1672, Louis XIV envahit la Hollande…

COLBERT


LOUVOIS


VAUBAN


Baroque et Classique

Début XVIIè, l’architecture baroque triomphe à Rome. Sous l’influence de Mazarin, elle pénètre en France : Val-de-Grâce, Institut de France. Conflit baroque / classique. Le baroque n’arrivera pas à s’imposer en France.



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1670 - 1679

1670

Mme de Montespan succède à Mme de La vallière comme Favorite en titre.

Elle eut 8 enfants du roi, dont 6 survécurent et furent légitimés (dont le duc du Maine et le Comte de Tlse).

Molière : « Le bourgeois gentilhomme »

Publication des « Pensées » de Pascal

Spinoza : « Tractatus logico-politicus »

Leibniz : « Théorie du mouvement »

Hôtel des Invalides pour recueillir les invalides de guerre

1671

Début de la correspondance de Mme de Sévigné 

1672

Louis XIV s’installe à Versailles

Guerre de Hollande : Louis XIV envahit la Hollande –Jean de Witt assassiné - Guillaume d’Orange

Les Provinces-Unies sont la première puissance économique de l’Europe. Ses bateaux font les 4/5 du commerce maritime mondial. La quasi-totalité du commerce maritime français se fait avec elles.

Par ailleurs, la Hollande bourgeoise de Jean De Witt avait été l’obstacle majeur aux desseins de Louis XIV en Flandre.

De plus, l’épuisement des mines du Nouveau Monde produit une raréfaction des métaux précieux et, de là, une rivalité monétaire entre les Etats qui cherchent à garder leur argent (tarifs douaniers) et à attirer celui des autres (exportations).

La rancœur de Louis XIV et le mercantilisme de Colbert se conjuguent pour chercher à ruiner la Hollande. Voyant que la guerre monétaire ne suffit pas à éliminer son concurrent hollandais, Colbert opte pour la guerre tout court.

En 1672, l’armée fçse envahit la Hollande en qq semaines. La populace massacre Jean De Witt, tenu pour responsable.

Guillaume d’Orange, chef du parti polulaire, militaire et protestant fanatique, prend le pouvoir pour défendre la Hollande contre les Fçs. Les polders sont inondés pour arrêter l’invasion française.

1673

Guerre de Flandre : Guillaume d’Orange obtient l’alliance de l’Espagne et de l’Allemagne.

C’est la première fois que les provinces allemandes sont unies dans une guerre contre la France. du patriotisme allemand.

Affaire de la Régale : Louis XIV s’approprie les revenus des évêchés vacants.

Pressé par les besoins de la guerre, il étend la régale à 59 diocèses qui en étaient exempts : en cas de vacance, il pourra toucher

les revenus d’un diocèse en attendant la nomination d’un nouvel évêque. Le clergé ne dit rien (sauf 2 prélats). Mais le pape s’oppose. Voir suite : 1682.

Exploration de la vallée du Mississipi par les Français (Père Marquette)

Les Fçs s’étaient établis au Canada et y avaient établi de bons rapports avec les indigènes. Trappeurs et missionnaires explorèrent le continent et descendirent la vallée du Mississipi.

Molière : « Le malade imaginaire »

Huygens

1674

Guerre de Flandre : Louis XIV reconquiert la Franche-Comté. L’Angleterre abandonne la France. L’Allemagne envahit l’Alsace.

Les Fçs à Pondichéry (Inde)

Les Anglais, eux, ont déjà créé une Compagnie des Indes depuis 1600 (et les Portugais depuis 1602). Ils s’instalent à Bombay et commencent à coloniser l’intérieur de l’Inde et à en contrôler la production textile.

Racine :  « Iphigénie »

« L’Art poétique » de Boileau constitue le manifeste du classicisme

Il énonce l’idéal d’ordre, de grandeur, de raison qu’on retrouve tout autant dans les tragédies de Racine, les comédies de Molière, les oraisons funèbres de Bossuet, les fables de La Fontaine.

Malebranche : « La recherche de la vérité »

1675

Guerre de Flandre : Louis XIV reconquiert la Flandre. Turenne meurt en récupérant l’Alsace.

Leibniz invente le calcul infinitésimal

1676

Guerre de Flandre : Duquesne détruit les flottes adverses en Méditerranée.

L’affaire des Poisons éclate.

Roemer calcule la vitesse de la lumière

1677

Racine : « Phèdre »

2 jours avant la représentation de Racine, se joue une autre Phèdre d’un autre auteur, qui connaît un beau succès. A la cour, un groupe de courtisans critique Racine, considéré comme un homme de Colbert.

Spinoza : « Ethique »

1678

Louis XIV signe en secret un traité de partage pour la succession d’Espagne.

vérifier date IN EXT

Conflit entre Louis XIV et le pape au sujet de la Régale

voir IN EXT

Mme de la Fayette : « La princesse de Clèves » 

1679

Guerre de Flandre : Traité de Nimègue

La France garde la Franche-Comté, occupe la Lorraine, a une frontière défendable en Flandre (à peu près celle actuelle), et Fribourg sur la rive droite du Rhin. Louis XIV peut être satisfait et penser que la phase de guerre est terminée. Il ne désire pas s’étendre plus, mais désire ne pas perdre ce qu’il vient d’acquérir. Il reste qd même des choses inacceptables pour la France dans la situation politico-géographique : la France a l’Alsace mais 10 villes dont Strasbourg restent à l’Empereur ; la trouée de l’Oise reste trop fragile ; notre défense reste faible en Lorraine. Abusant de sa suprématie militaire, Louis XIV va continuer pd 10 ans d’annexer des nvx territoires en pleine paix. En 1688, les états voisins s’inquiètent et se liguent (Ligue d’Augsbourg).


De l’autre côté le traité est également remis en cause par les autres parties :

- les Espagnols cherchent aussitôt une alliance avec la Hollande et l’Angleterre pour rejeter l’application du traité ;

- et l’Empereur Léopold n’a signé le traité à contrecoeur que parce qu’il avait des problèmes à l’Est avec les Hongrois et les Turcs. Il est clair qu’il voudra reprendre ce qu’il a cédé dans le traité. D’ailleurs au moment de la signature, ses armées se rassemblent à Strasbourg.

Vauban commence la construction de son système de fortifications, sous l’impulsion de Louvois et Louis XIV.

Pour défendre les possessions fçses face à la menace prévisible. On peut encore visiter les citadelles de Lille, de Montlouis (frontière espagnole).

« Louis le Grand » est à l’apogée de sa gloire

Louis XIV apparaît comme l’arbitre de l’Europe. Il est « Louis le Grand ». C’est à la fois l’apogée de sa gloire et un tournant. Il va commencer à changer de caractère (rupture avec Mme de Montespan, influence de Mme de Maintenon), et à connaître des revers militaires.

Bossuet : « Politique tirée de l’écritute sainte » (publié en 1709)

Mariotte : « Essai sur la végétation des plantes »

Une avancée fondamentale pour les Droits de l’Homme : l’Habeas Corpus en Angleterre

En Angleterre,  Charles II est contraint d’accepter l’Habeas Corpus qui garantit l’individu contre toute détention abusive.

voir Mémoire 2000



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1680 - 1689

1680

Début des dragonnades

L’affaire des Poisons : la Voisin brûlée en place de Grève – Mme de Montespan mise en cause

Fondation de la Comédie française

Malebranche : « Traité de la nature et de la grâce »

1681

Ouverture du Canal du midi, construit par Riquet

Ce canal permettra la commercialisation du blé de la région de Toulouse et sera pour elle le moteur d’un nouvel essor économique.

1682

Versailles devient la résidence principale du roi et de la cour, et la capitale du royaume.

C’est le cadre monumental d’un culte monarchique quotidien.

La noblesse, complètement soummise, vient quémander des pensions et offices au roi. L’Etiquette. « Sire, Marly ? »

L’affaire des Poisons : Louis XIV ordonne d’arrêter l’enquête.

La déclaration des Quatres Articles soustrait le clergé français à l’autorité temporelle du pape.

Louis XIV est en conflit avec le pape au sujet de la régale (1673). En 1682, une assemblée du clergé (dévouée au roi) vote la Déclaration des 4 articles (rédigée par Bossuet) qui défend l’indépendance de l’église gallicane : 1) le roi tient son pouvoir de Dieu seul et ne dépend en rien du pape. Celui-ci n’a qu’une autorité spirituelle, et seulement dans les affaires strictement religieuses ; 2) le concile est supérieur au pape ; 3) les libertés de l’église gallicane ; 4) négation de l’infaillibilité pontificale. Louis XIV fonde donc une sorte d’église nationale subordonnée au pape par un seul lien de déférence. Louis XIV sera contraint de se rétracter en 1693.

La Louisiane française

Venus du canada où ils s’étaient établis, trappeurs et missionnaires français ont descendu la vallée du Mississipi. Cavelier de la Salle crée la Louisiane. Mais les Fçs n’y furent jamais assez nbx face à la Nouvelle-Angleterre, bcp plus peuplée.

En Russie : Pierre le Grand

1683

Mort de la reine Marie-Thérèse et changement d’ambiance

Louis XIV épouse secrètement la marquise de Maintenon (veuve du poète Scarron).

La cour de Versailles devient dévote. Abandon des fêtes fastueuses.

Mort de Colbert

Les ottomans assiègent Vienne, puis sont chassés d’Europe.

La croisade du roi de Pologne, Jean Sobieski, les contraint à lever le siège de Vienne. Puis la Ste Ligue de Pologne-Autriche-Venise les chasse de Hongrie et de Transylvanie. Cela fait du roi de Pologne (?) le champion de la chrétienté. Louis XIV voudra reprendre cette prééminance, ceci va influencer notamment la révocation de l’Edit de Nantes.

1684

Leibniz invente le calcul différentiel.

1685

1685 – 1715, dernière période du règne : Louis XIV face à l’adversité

Révocation de l’Edit de Nantes

Provoque une immense émigration, et des soulèvements (Camisards).

Publication du « Code Noir » qui réglemente la traite des Noirs.

En Angleterre : mort de Charles II ; Jacques II lui succède.

1686

Ligue d’Augsbourg contre Louis XIV

voir gdes dates

1687

Première machine à vapeur de Denis Papin

Newton  énonce ses lois de la gravitation universelle en publiant son « Philosophiae principia ».

Il les a découvert dès 1665 mais a attendu plus de 20 ans pour les publier.

Malebranche : « Entretiens sur la métaphysique »

1688

Guerre de la Ligue d’Augsbourg

voir gdes dates

Pd 10 ans (depuis le traité de Nimègue), Louis XIV, abusant de sa suprématie militaire, n’a pas cessé d’annexer des nvx territoires en pleine paix. Les états voisins s’inquiètent et se liguent.

La Bruyère :  « Les Caractères »

En Angleterre : fuite et déchéance de Jacques II

voir gdes dates

1689

Racine : « Esther »

Mme de Maintenon, avec l’appui du Roy, commande à Racine une pièce pour son école de filles de St Cyr. Racine a délaissé le théâtre depuis Phèdre, 12 ans plus tôt, mais finalement accepte. La pièce devient un succès immédiat à la cour.

Locke : « Essai sur le gouvernement civil »

Locke ruine le droit divin au moment même où disparaît la monarchie des Stuarts et établi la légitimité du pouvoir sur un contrat entre gouvernants et gouvernés, donc sur la souveraineté populaire.



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Isaac Newton

Résumé du livre de Paul Strathern, éd Mallard

L’enfance

1642 : mort de Galilée et naissance d’Isaac Newton.

Son père meurt qq mois avant sa naissance. A 2 ans, sa mère le quitte pour suivre un nouveau mari (elle reviendra après la mort de celui-ci, Newton aura alors 10 ans). Troubles de la personnalité de Newton toute sa vie (paranoïa, colères incontrôlables ; les psys modernes se sont penchés sur son cas).

Elevé dans un milieu puritain.

C’est l’époque de la révolution anglaise : le Parlement se soulève contre les excès du roi « de droit divin » Charles Ier, guerre civile de 6 ans, victoire des parlementaristes et exécution de Charles Ier (1649), suivie d’une époque de puritanisme (danse et distractions interdites, horreur de la sexualité, etc.).


Newton est un enfant calme, à la colère refoulée. A 12 ans il entre au collège. Il y étudie le latin et le grec, ce qui ne l’intéresse pas ; il est dans les derniers de sa classe. Son réveil intellectuel est provoqué par la rage : un camarade plus fort que lui lui a donné un coup de pied dans le ventre, Newton déverse sa rage sur lui et le bat physiquement, puis veut le dominer intellectuellement => il se met à étudier, à observer, à inventer dans ses carnets.

Les études

Pendant qu’il se passionne pour la science, il doit s’occuper de la ferme familiale. Il est très mauvais dans le rôle de fermier. Heureusement son oncle et son instituteur perçoivent ses qualités intellectuelles et convainquent sa mère de le renvoyer à l’école.


En 1661, il entre au Trinity Collège de Cambridge. C’est en train de devenir l’un des meilleurs collège d’Europe, mais on y délivre encore un enseignement médiéval aristotélicien. A cette époque, pourtant, ont déjà paru les œuvres de Copernic, Kepler, Galilée, Descartes, et Newton en prend connaissance. Il s’initie également aux mathématiques nouvelles, qui ont bcp évolué notamment du fait des progrès en astronomie et en navigation.

Newton s’intéresse également bcp à l’alchimie ; et à l’étude de la Bible.

Après 3 années d’études, il a déjà fait des découvertes en mathématiques (formule qui permet de développer un binôme). Il est reçu à sa licence en 1665 (de justesse car il ne s’est pas occupé du programme de l’examen, mais il possède déjà un sérieux bagage sctfQ).


Newton est essentiellement autodidacte.


1665–66 : l’année des découvertes fondamentales

A cause d’une épidémie de peste, le collège est fermé. Newton retourne dans son village et y travaille dans la solitude.


1°) Le calcul différentiel et le calcul intégral :

La formule de Newton de développement d’un binôme est la réponse à un problème de séries infinies à 2 variables. Newton continue dans ce domaine et travaille sur la notion de « tangente à une courbe ». L’apport de la représentation graphique d’une équation (coordonnées cartésiennes) a apporté des nouvelles réponses… et des nouvelles questions. L’intuition de Newton est de considérer la courbe non plus comme un objet statique mais comme le trajet d’un point en mouvement. Son innovation est donc d’introduire la notion de temps. A cette époque il utilise d’ailleurs le terme de « fluxions » (flux) pour nommer son travail.

Par des méthodes complexes, il arrive à calculer ce qu’on appelle aujourd’hui des dérivées de fonctions. Il s’attaque ensuite au calcul intégral. A ce stade, cette méthode reste embryonnaire, mais elle va permettre à Newton d’entamer son œuvre majeure : sur la gravitation.


2°) La gravitation :

Qd on lui demanda comment il était parvenu à ses résultats, Newton répondit : « En y pensant sans cesse. Je garde le sujet constamment à l’esprit et j’attends que se fasse un tout petit jour qui petit à petit devienne la pleine lumière. »


Les lois de Kepler

Newton a tjs reconnu ce qu’il devait à Kepler. Celui-ci, après 20 années d’observations et de calculs interminables, a formulé ses 3 lois du mouvement planétaire :

Sur le mouvement elliptique des planètes : les planètes décrivent une ellipse autour du soleil, qui occupe un foyer de l’ellipse.

Sur la variation de vitesse des planètes au cours de leur trajectoire: l’aire balayée par la droite planète-soleil en un temps T est toujours la même (quelque soit la position de la planète sur l’ellipse). [Ce qui revient à dire que qd une planète se rapproche du soleil (sur sa trajectoire elliptique) elle s’accélère. ]

Sur la vitesse des planètes ; la durée T pour parcourir l’ellipse entière dépend de r la distance moyenne planète-soleil (T2 = r3) [ Ce qui revient à dire que plus une planète est éloignée du soleil dans l’espace, plus sa vitesse moyenne sera faible.]


Le travail de Galilée

Galilée a (entre autres) mis en évidence qu’un corps en chute libre est soumis à une accélération constante.


Les lois de Newton

Newton rapproche les lois de Kepler et les découvertes de Galilée : il comprend que la gravité qui fait chuter un corps (la fameuse pomme) est la même force que celle qui fait tourner la lune autour de la Terre. Ce n’est alors qu’une intuition (… de génie).

Au début, Newton considère que la gravitation ne s’applique qu’à la Terre. Mais il finit par comprendre qu’elle est partout, et que c’est elle aussi qui fait tourner les planètes autour du soleil.


Il attendra 20 ans avant de publier ses découvertes. D’une part parce qu’il a besoin de les affiner (notamment passer de l’intuition au calcul mathématique), d’autre part parce que sa personnalité troublée ne supporte pas la critique (et il préfère garder secrètes ses découvertes plutôt que de les voir discutées).

C’est donc 20 ans plus tard qu’il publiera les Principia dans lequel il énoncera 3 lois qui englobent et dépassent et expliquent les lois de Kepler et de Galilée (qui n’étaient que de l’observation) :


1°) La loi de l’inertie : un corps qui n’est pas soumis à une force extérieure reste au repos ou en mvt rectiligne uniforme.


2°) La relation Force / accélération : une force continue qui s’applique sur un corps a pour effet de l’accélérer . C’est ce qu’avait découvert Galilée pour la chute des corps, mais c’est aussi ce qui explique le mouvement des planètes en orbite.


3°) La loi de l’Action et de la Réaction : si un corps exerce une force sur un autre, ce dernier exerce sur le premier une force opposée d’intensité égale.


Ce que Newton apporte par-dessus tout avec ces lois, c’est le concept moderne de force.


En utilisant ces trois lois fondamentales, Newton peut expliquer comment la gravité agit entre deux corps, et démontre qu’elle obéit à la formule : F = m1.m2.g / d²


Newton énonce que cette gravité est universelle, c’est-à-dire qu’elle s’applique partout et pour tous les corps (et quelle que soit leur taille, même les particules). Il n’en a pas la preuve, bien sûr, puisqu’il n’a pu se baser que sur l’observation de la lune et des planètes connues. Mais ça ne l’empêche pas de dire avec arrogance qu’il ne fait pas d’hypothèse !


C’est Cavendish qui, un siècle plus tard, déterminera la valeur de la constante g.


3°) La lumière et les couleurs

On pense à cette époque que la couleur est due à un mélange de lumière et d’obscurité.


Newton fait des expériences avec un prisme de verre. Il découvre la réfraction et la diffraction : un faisceau de lumière blanche sort dévié et en plusieurs faisceaux de couleurs (comme l’arc-en-ciel). Serait-ce le verre qui produit la couleur ?

Newton a alors l’idée de faire passer le faisceau arc-en-ciel dans un second prisme, têt en bas. Il en ressort en lumière blanche.

Il travaille alors sur les faisceaux d’une seule couleur => il y a réfraction mais plus diffraction.

Newton en conclue que la lumière blanche est formée de l’ensemble des couleurs du spectre.


La gloire et les querelles


1667 : Enseignant du Trinity College : Qd Newton retourne à Cambridge, il montre ses expériences avec les prismes. Elles font sensation et Newton est élu membre enseignant du Trinity College. Mais il ne parle pas de ses autres découvertes.

Il se lie d’amitié avec son ancien professeur de mathématique Barrow, dont les connaissances en math vont aider Newton pour parfaire son calcul différentiel. En 1669, Newton succède à Barrow à la chaire de math au College.

Newton continue ses études bibliques. Il arrive à la conclusion que la trinité (le Père, le Fils, le St Esprit) est une tromperie ; que « le Fils » n’est pas divin. Mais ces idées sont hérétiques depuis le Concile de Nicée (en 325 de notre ère) et Newton se garde bien d’en parler en public.

Newton continue également de s’intéresser à l’alchimie (comme les autres il cherche à transmuter le plomb en or). Il se fait construire un four et y travaille des jours durant sans s’arrêter. Newton est en fait un des derniers esprits « médiévaux  », convaincu de l’existence de forces magiques et occultes qui animent la matière.


1668 : Le télescope de Newton : Au début du XVIIè siècle, on construit des télescopes de plus en plus grands à partir de lentilles. Mais on se trouve confronté au problème de « l’aberration chromatique » car les lentilles diffractent la lumière (comme les prismes). On atteint une taille limite pour les télescopes. Newton essaie de résoudre ce problème en modifiant les lentilles, mais il n’a pas plus de succès que ceux qui ont essayé avant lui. Il a alors l’idée de remplacer les lentilles par un miroir parabolique concave qui fait converger les rayons vers l’œil. D’une part l’aberration chromatique est supprimée, d’autre part il n’y a plus d’absorption d’une partie de la lumière par les lentilles (ce qui est très important pour l’observation astronomique). Ce procédé est celui encore employé aujourd’hui.

Le télescope de Newton fait sensation à Londres et même auprès du roi, et Newton est élu à la Royal Society (fondée en 1660).


Les querelles avec Hooke : En 1672, Newton livre à la Royal Society un nouvel article sur l’optique. Il rencontre un vif intérêt, mais aussi les critiques de qq uns, notamment le physicien Hooke. Newton ne supporte pas la critique, il est en rage et Hooke devient son ennemi juré, et Newton décide d’abandonner toute recherche sctfQ. Pendant 2 ans il se consacre à ses recherches personnelles sur la Bible et l’alchimie.

En 1679, débute une nouvelle querelle avec Hooke. Celui-ci perçoit vaguement une loi sur le mouvement des planètes et l’inverse du carré. Newton, lui, l’a déjà découverte clairement depuis 10 ans. Dans la querelle qui va suivre pendant des années, Hooke accusera Newton de plagiat, ce qui est faux ; mais ce qui est vrai c’est que ces accusations vont stimuler Newton à publier ses recherches et même à les approfondir et les préciser. Ce sera toutefois dans un climat de haine féroce à l’encontre de Hooke, et Newton en fera une dépression nerveuse.

C’est sous l’influence d’Halley, qui prend connaissance des travaux de Newton, que celui-ci finira par consentir à les publier.


1687 : publication des Principia : Après 2 ans ½ de rédaction, Newton publie ce qu’on appelle ajd’h les « Principia » (Principes Mathématiques de la Philosophie Naturelle), ouvrage majeur de l’histoire des sciences. Le livre fait sensation, Newton devient une célébrité, il est élu député de son université, ce qui l’oblige à vivre en partie à Londres où il et se met à « fréquenter » des personnages illustres et même le roi. Il a de nombreux disciples.

Hooke l’accuse de plagiat, Newton est en fureur. Il refusera de siéger à la Royal Society tant que Hooke en sera le secrétaire (pd 17 ans, jusqu’à sa mort en 1703).


« L’amitié » avec Fatio : Parmi ses disciples, il y a Fatio avec lequel Newton partage une amitié passionnée. On peut même imaginer qu’il s’agit d’amour homosexuel refoulé. A 48 ans, Newton est « amoureux » et redouble d’énergie, notamment dans ses travaux d’alchimie. En 1693 Fatio quitte Newton, qui en fait une dépression nerveuse et connaît des troubles psychiques pendant 2 ans.


1696 : Directeur et Gouverneur de la Monnaie : En 1696, Newton déménage à Londres où il est nommé Directeur de la Monnaie. C’est une charge extrêmement bien payée. Newton prend cette charge à cœur et la remplit avec sa rage habituelle. Il devient la terreur des faux-monnayeurs qu’il traque, « questionne », et envoie au gibet. Un gentilhomme l’accuse de malversation. Newton dirige sa fureur contre lui, enquête sur lui, et n’aura de repos que lorsque qu’il aura fait pendre son détracteur.

En 1699, il devient (jusqu’à sa mort) Gouverneur de la Monnaie et entreprend la lourde charge de refrapper toute la monnaie (dévaluée par le rognage des pièces et les fausses monnaies).


1703 : Président de la Royal Society : en 1703 : Hooke meurt et Newton accepte enfin de siéger à la Royal Society. Il en est élu Président. Un de ses premiers actes est de faire brûler le portrait de Hooke.

Il sera réélu Président jusqu’à sa mort (personne n’osant se présenter face à lui). Pendant 20 ans il assistera à toutes les séances hebdomadaires (sauf trois) et il instaure la présentation hebdomadaire d’une expérience.


La querelle avec Flamstead : Flamstead est un astronome qui vient de passer 10 ans à noter des observations pour établir ce qui deviendra la carte du ciel la plus précise. Newton lui avait demandé des infos lors de la rédaction des Principia mais Flamstead lui en avait donné avec parcimonie. Une fois à la présidence de la Royal Society Newton le harcèle, fait saisir ses documents et les publie contre le gré de l’auteur et en les édulcorant.


La querelle avec Leibniz : En 1704, Hooke étant mort, Newton publie un second ouvrage Opticks, qui livre ses travaux sur la lumière effectués 30 ans auparavant. Figurent en annexe ses recherches sur le calcul différentiel. Newton est sans conteste le premier à avoir trouvé ça, mais entre-temps Leibniz a publié sa propre version du calcul différentiel. S’ensuit encore une querelle où l’on assiste à un incroyable spectacle de malhonnêteté, de manipulations, où Newton donne libre court à sa fureur.


Il meurt en 1727 à l’âge de 84 ans.



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1690 - 1699

1690

Huygens : « Traité de la lumière »

Locke : « Essai sur l’entendement humain »

Fondation de Calcutta par des marchands anglais

1691

1692

1693

1694

Domination de la bourgeoisie mercantile anglaise sur l’aristocratie et sur les autres nations

La marine anglaise marchande supplante la hollandaise. L’économie anglaise propsère et investit dans l’industrie. La bourgeoisie mercantile anglaise prend le dessus sur l’aristocratie. 1694 : fondation de la banque d’Angleterre.

L’Académie française publie son 1er dictionnaire.

1695

1696

Pierre Bayle : « Dictionnaire historique et critique ». C'est vite un succès.

1697

Guerre de Flandre : traité paix de Ryswick

Vauban la considère comme « plus infâme que celle de Cateau-Cambrésis » parce que Louis XIV fait bcp de concessions : il rend les territoires annexés depuis 1678 sauf Strasbourg ; et il reconnaît Guillaume d’Orange comme roi d’Angleterre [contre les Stuarts ?]. Mais Louis XIV pense tjs à la succession d’Espagne et veut se montrer désintéressé. C’est aussi que le royaume est affaibli, il a commencé d’entrer en crise économique et politique.

Malebranche : « Traité de l’amour de Dieu »

1698

1699



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La succession d’Espagne

Le roi d’Espagne, Charles II, beau-frère de Louis XIV et de l’Empereur Léopold, allait mourrir sans héritier. Si un Habsbourg héritait de l’Espagne, c’était reconstituer l’empire de Charles Quint. Si c’était Louis XIV, la France serait trop puissante. D’autre part, l’Angleterre qui dominait les mers avait jeté son dévolu sur les colonies espagnoles d’Amérique.

Pd 3 ans on tenta de réaliser un partage à l’amiable entre les héritiers. Mais Guillaume d’Orange (roi d’Angleterre) fit capoter l’entreprise car l’Angleterre ne recevait rien.

Le petit-fils de Louis XIV

Finalement les patriotes espagnols, qui craignaient de voir leur Etat démembré, imposèrent à Charles II de désigner comme héritier le duc d’Anjou, petit-fils de Louis XIV, qui leur paraissait le plus apte à maintenir l’indépendance et l’intégrité de l’Espagne. Charles II mourut en 1700. Son testament désignait donc le duc d’Anjou, et excluait toute possibilité de partage.

Pour Louis XIV, accepter le testament, c’était renoncer à ce que, lui, aurait reçu dans un traité de partage ; c’était aussi courir le risque d’une guerre contre l’Empereur et sûrement aussi l’Angleterre; mais refuser c’était laisser la possibilité à Léopold de revendiquer la totalité de l’héritage. Louis XIV accepta.

Le duc d’Anjou devint le roi d’Espagne Philippe V. L’Espagne ne fut pas pour autant sous le contrôle de la France car Philippe V devint vite très Espagnol et s’émancipa de la France. Mais l’essentiel était acquis : au moins l’Espagne n’était plus sous l’influence (et encore moins le contrôle) de l’Empereur !... On était enfin arrivé à ce que la France avait cherché avec tant d’énergie (et de sang) depuis François 1er, depuis 200 ans (1515).

La Grande Alliance de La Haye contre la France et la reprise de la guerre

La France est maintenant comme chez elle aux Pays-Bas ; d’ailleurs Louis XIV expulse les garnisons hollandaises des places de la Barrière (les Pays-Bas) (en fait il aurait mieux fait de les garder sous surveillance plutôt que de les renvoyer à ses ennemis) ; il fait ouvrir le commerce des colonies d’Amérique à la France ; et l’Espagne et la France dominent désormais en Méditerranée.

L’Angleterre, qui a compris que l’enjeu majeur était le commerce avec la riche Amérique et qui n’a rien reçu de l’héritage espagnol, ne peut l’accepter.

L’Empereur prend les armes et attaque l’Espagne, qui est si faible que la France est obligée de la défendre.

C’est la reprise de la guerre.


La fin du règne et son époque

1685 à 1715 : la fin du règne, Louis XIV face à l’adversité.




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1700 - 1709

1700

La Succession d’Espagne : le testament de Charles II désigne un petit-fils de Louis XIV pour héritier.

1701

La Grande Alliance de La Haye contre la France et la reprise de la guerre

L’Angleterre, qui a compris que l’enjeu majeur était le commerce avec la riche Amérique, ne peut accepter la succession d’Espagne. Quant à l’Empereur, il prend les armes contre l’Espagne. C’est la reprise de la guerre.

1702

Révolte des Camisards dans les Cévennes

La fin du règne de Louis XIV connaît de nbx troubles sociaux, aggravés par la famine (1709) et la répression des protestants.

Parution du 1er journal quotidien, en Angleterre 

1703

Leibniz : « Nouveaux essais sur l’entendement humain »

1704

Guerre de Succession d’Espagne : les Anglais chassent les Fçs d’Allemagne ; et ils s’emparent de Gibraltar.

Newton : « Traité d’optique »

1705

1706

Guerre de Succession d’Espagne : les Fçs perdent la Hollande et la Flandre (Marlborough). Les Anglais font débarquer en Catalogne l’archiduc Charles qui s’empare de Madrid.

1707

Denis Papin construit un bateau à vapeur.

1708

Guerre de Succession d’Espagne : les Coalisés envahissent la France et prennent Lille.

1709

Terrible hiver et famine en France.

Guerre de Succession d’Espagne : Louis XIV demande la paix

La Hollande exige de Louis XIV qu’il prenne les armes pour déloger son petit-fils d’Espagne. Il refuse.

Bossuet : « Politique tirée des paroles de l’Ecriture sainte » qui théorise la politique absolutiste.



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1710 - 1719

1710

Guerre de Succ d’Esp : les franco-espagnols chassent les Anglais de Catalogne (bataille de Villaviciosa).

Berkeley : « Traité sur les principes de la connaissance humaine »

1711

Guerre de Succession d’Espagne : l’Angleterre abandonne la coalition et signe un armistice avec la France.

1) Les Anglais voulaient installer sur le trône d’Espagne l’archiduc Charles. Mais après la mort de l’empereur Joseph, il hérite de la couronne d’Autriche. Le mettre sur le trône d’Espagne serait lui offrir de reconstituer l’empire de Charles Quint…

2) Les Anglais sont las de financer cette guerre. Après tout, la séparation France / Espagne / Empire leur convient. Ils se sentent désormais assez libres pour profiter de leur domination maritime.

3) Changement de majorité en Angleterre ; les conservateurs sont moins hostiles aux Fçs.

4) Les nouvelles victoires franco-espagnoles.

Mort du Grand Dauphin – Son fils aîné, le duc de Bourgogne, devient l’héritier du trône de France.

Il fut éduqué par Fénelon qui a écrit pour lui Télémaque (traité d’instruction littéraire, morale et politique). Accompagné par Fénelon et St Simon, il rêve à une grande réforme de l’Etat. Marié à Marie-Adélaïde de Savoie, jeune femme vive qu’il aime passionément.

1712

Le Duc de Bourgogne, sa femme, et leur fils aîné meurent d’une épidémie de variole. Leur 3ème fils reste le seul héritier : le futur Louis XV, qui a 2 ans.

Guerre de Succession d’Espagne : victoire fçse à Denain

(dûe à Louis XIV, selon Bertrand)

1713

Fin de la Guerre de Succession d’Espagne : le Traité d’Utrecht – L’empire espagnol est démantelé.

La France conserve la Franche-Comté, l’Alsace avec ses 10 villes impériales dont Strasbourg, elle contrôle la Lorraine, possède une frontière défendable au Nord. Tout danger d’encerclement par l’Espagne ou l’Autriche est écarté. Louis XIV laisse à la fin de son règne une France grandie et en sécurité, mais ô combien fatiguée.

L’Angleterre a aussi obtenu gain de cause :

la France renonce à la Flandre belge,

le privilège du commerce avec l’Amérique du sud est enlevé à l’Espagne et est transféré à l’Angleterre

la France lui cède des colonies en Amérique (Terre Neuve, Acadie ; le Canada est menacé).

L’Empereur reçoit les Pays-Bas, la Toscane, la Lombardie, le Royaume de Naples. Son centre de gravité est déplacé vers l’Italie et l’orient ; impuissant en Allemagne, il ne menace plus la France.

[Bref c’est l’Espagne la grande perdante. Elle a perdu ses colonies, ses possessions européennes, son hégémonie, et même son roi. C’est vraiment la fin de l’empire espagnol.]


Louis XIV comprend que la rivalité avec les Habsbourg est révolue. Désormais les concurrents de la France sont :

d’abord et avant tout l’Angleterre qui domine les mers et les colonies. Tout conflit sur le continent ne fera que renforcer son hégémonie maritime et agrandir son empire colonial ;

d’autre part la Prusse qui va désormais prendre la relève en Allemagne. C’est elle qui va menacer les intérêts fçs.


1714

Louis XIV condamne le jansénisme (bulle Unigenitus)

Leibniz : « Monadologie »

1715

Mort de Louis XIV.


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