J.E.C. jeunesse étudiante chrétienne





La  révision  de vie

 
 

 

 

 

 

 

 

Jécistes, nous sommes en mouvement !


L'histoire de l'humanité n'est pas une histoire refermée sur elle-même. Notre histoire a un sens. Et nous, jécistes, nous sommes un "mouvement", nous sommes en mouvement : nous savons où nous allons. Nous ne bougeons pas dans n'importe quel sens. Nous allons à la rencontre du Christ. Il reviendra. "Nous attendons sa venue dans la gloire".

Notre attente n’est pas une attente passive. Le Christ qui est déjà venu, nous a demandé de porter des fruits. "Le grain qui a été ensemencé dans la bonne terre, c’est celui qui entend la Parole et comprend : alors, il porte du fruit et produit l'un cent, l'autre soixante, l'autre trente." Matthieu 13,23.

"Voici le fruit de l'Esprit : amour, joie, paix, patience, bonté, bienveillance, foi, douceur, maitrise de soi" Galates 5,22
L'Esprit de Dieu qui reposait sur Isaïe, qui reposait sur Jésus, repose aussi sur nous depuis Ie jour de notre baptême, où nous sommes devenus "enfants de Dieu", et donc frères et sœurs.

Ensemble, en famille, (au Gabon, on dit : "en comité") animés par l'Esprit, prenons Ie temps de réviser notre vie: quels sont les fruits que nous portons?

Nos établissements scolaires, nos quartiers, nos familles, bref, notre société est elle en train de devenir Ie Royaume de Dieu? Si Ie Christ revenait tout à l'heure ... dans sa gloire ... trouverait-il les fruits qu'il attend?

Revoyons notre vie, portons du fruit. "Le Royaume des cieux est comparable a du levain qu'une femme prend et enfouit dans trois mesures de farine, si bien que toute la masse lève." Matthieu 13,33.

Soyons ces quelques grammes de levure qui transformeront toute une société.
 

A Chevilly Larue, Ie 7 mars 1995

Père Gérard Warenghem


 




La Révision de vie


Il s’agit de « revoir » ensemble, notre vie, la vie qui est la notre dans cette société (VOIR)


Il s'agit de se poser quelques questions. Tous les aspects de cette vie, sont - ils conformes à la volonté de Dieu ? (JUGER)


II s'agit enfin de ne pas rester sourd aux appels que Dieu nous fait entendre, lui qui veut que son règne vienne, par nous et parmi nous (AGIR)


Nous ajouterons au VOIR, JUGER, AGIR, deux éléments à ne pas négliger : EVALUATION  et CELABRATION.


 




Pratiquement …


Quelques remarques préliminaires :
 

- Veillez à la disposition de la salle : il faut se mettre en cercle. Chacun doit voir tous les autres. Nous ne sommes pas Ià pour un cours, dans une salle de classe où chacun doit voir le tableau ...

- II ne faut pas être trop nombreux. Au dessus de 12, cela devient difficile. Si chacun doit s'exprimer, cela va être très long !  Voyez si vous ne pouvez pas faire deux groupes, le temps de la révision de vie.
- Celui qui anime la réunion n'est pas forcement le responsable de l'équipe.

Chaque membre du comité peut animer la Révision de vie, à tour de rôle.

- Le secrétaire du groupe n'oublie pas de prendre quelques notes : elles seront très utiles lors de la réunion suivante, pour l'évaluation.


 


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C'est s'ouvrir à la réalité.

C'est observer attentivement les choses, telles qu'elles se passent autour de nous. C'est ne plus être aveugle, ne plus être sourd. C'est être attentif à la vie qui nous entoure.

Dans un climat de réflexion et de prière,

la réunion peut commencer par un premier tour de table : chaque jéciste raconte, très rapidement, en deux ou trois phrases, un fait qu'il a vécu ou qu'il a vu récemment, soit dans son établissement scolaire, soit ailleurs.

Le tour de table terminé, celui qui anime la réunion, rappelle, en deux mots, les différents faits rapportés. On choisit alors un des faits rapportés, en fonction de I’ urgence qu'il y a à régler le problème, en fonction de la fréquence avec laquelle le fait se répète, ou pour toute autre raison.

Un second tour de table sera peut-être nécessaire pour faire ce choix.

Celui qui a raconté le fait, le raconte alors en détail : que s'est-il passé exactement ? Pourquoi cela est-il arrivé?

II faut chercher les causes, toutes les causes. C'est sans doute en s'attaquant à l'une ou I’autre des causes qu'on pourra arranger les choses.

II faut bien prendre conscience aussi de toutes les conséquences.

Autre question importante à ce moment : connaissons-nous d'autres faits du même genre?


 
 
Quelques difficultés :
 


 - Ceux qui n'ont jamais rien vu ...

    II faut leur payer des lunettes.

    II faut prier, comme l'aveugle de l'évangile : "Seigneur, fais que je voie". Ils sont timides. L'animateur s'arrangera pour les faire parler petit à petit.

 - Ceux qui ne voient que les catastrophes : attention, il n'y a pas que des accidents. Dieu est aussi présent dans les petites choses!

 - Ceux qui parlent beaucoup : au premier tour de table, il faut raconter rapidement!

 - Quand on cherche les causes, il faut aller Ie plus loin possible. II faut chercher Ie pourquoi du pourquoi :

    - Pourquoi fait-il du bruit en classe ? Parce qu'il se sent plus fort que les autres.

    - Pourquoi se sent-il plus fort que les autres ? Parce qu'il redouble.

    - Pourquoi redouble-t-il ?

    -  Parce que l'an dernier, il était souvent malade et ses parents ne s'occupaient pas de lui.

    - Pourquoi ses parents ne s'occupaient-ils pas de lui ... etc. etc.

   
  Sur toutes ces réponses à tous ces pourquoi, vous allez bien trouver un endroit où vous pourrez agir pour essayer d'arranger la situation.


 

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Juger, ce n'est pas se transformer en tribunal, ni même juger en fonction de nos idées personnelles, mais c’est regarder les choses qui se passent autour de nous avec le regard même du Christ.


Pour regarder avec le regard du Christ, il faut une connaissance profonde de l'évangile. Les attitudes du Christ, ses paroles doivent nous être familières. Alors, je pourrais dire avec Saint Paul: "Je vis, mais ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi." (Galates 2,20)


- Qu'en pensent les gens, habituellement ?

- Qu'en pense notre groupe de chrétiens ?

- Qu'en pense le Christ? Pouvons-nous nous référer à tel ou tel passage de la bible?


 

 

Difficultés :

- Certains jécistes ne possèdent pas de Nouveau Testament ... ou ne le lisent pas…

- II ne s'agit pas de porter un jugement moral sur des personnes ou sur une situation: "Ne jugez pas et vous ne serez pas jugés" Matthieu 7,1

C'est bien ou c’est mal : le Christ n'est pas venu pour nous apprendre la différence entre le bien et le mal. Tout homme normal sait cela, dès l'âge de raison ...

Le Christ est venu annoncer une bonne nouvelle, il est venu libérer les hommes maltraités. (Relire Luc 4,16-21)
 


"Venez a moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos." Matthieu 11, 28

 

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Chercher à savoir ce que le Christ en pense, c'est aussi entendre son appel.

Qu’est-ce que le Christ nous demande de faire dans ce cas bien précis?

Agir, c'est faire ce qu'il faut pour rendre notre vie agréable à Dieu.

Agir, c'est rencontrer Dieu : "Tout ce que vous faites au plus petit d'entre mes frères, c'est à moi que vous le faites." Matthieu 25,40.
C'est refuser de croire "qu'il n'y a rien à faire".

"Ceux qui appartiennent à la lumière doivent être aussi habiles que les gens de ce monde" lit-on dans Saint Luc au chapitre 16,1-8.

C'est croire qu'avec l'aide du Christ, on peut se transformer.

Par de petites actions, par des actions "transformatrices", les jécistes vont essayer de transformer cette société en Royaume de Dieu. II s'agit de construire un monde où règnent la liberté, la vérité, la justice, la paix, en un mot, l'amour. Ce que Dieu veut, c'est que l'amour règne sur toute la terre (sur la terre comme au ciel !)

Ce troisième temps de la révision de vie doit nous faire déboucher sur des décisions concrètes.
 
 
 

Difficultés

C'est après la réunion que le travail proprement dit commence, et bien sûr, ce ne sera pas de tout repos ! Mais c'est là que l'on va reconnaitre les "vrais" jécistes ...

Attention, ne terminez pas votre réunion sur des résolutions trop vagues.

Ne dites pas par exemple : "On va conscientiser les autres".
"On" : c'est qui ?,
"Les autres" : c'est qui ?,
"conscientiser" : par quels moyens ?

Prenez le temps de préciser : agir, comment? quand? avec qui ?

 


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Un samaritain qui voyageait par ce même chemin …


Quand il le vit …


Il eut profondément pitié


Et il le mena dans un hôtel où il prit soin de lui


Luc 10,25 à 37



 


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Nous savons tous qu'il est souvent difficile de réaliser une action. Quand nous y arrivons, nous devons être capables de dire si nous l'avons vraiment réussie, ou pas.


- 1. Rappel:

Quel était le but de notre action?


- 2. L'entourage :

+ Comment l'entourage a-t-il accueilli notre action?

+ Les gens se sont-ils sentis concernés, leur participation a-t-elle été effective?

   Nous ont-ils aidé? Nous ont-ils compliqué la tache?


- 3. Les jécistes :

+ Les jécistes du comité ont-ils vraiment participé à l'action ? Combien étaient-ils ?

+ Quel lien faisons nous entre notre foi et l'action que nous avons réalisée ?

+ Que pensons-nous de l'organisation de cette action?

+ Ce qui a été vécu a-t-il été célébré au cours d'une prière ou d'une messe ?

 



- 4. Conclusion :


+ Le but a-t-il été atteint ?

+ Quelle suite donnerons nous à notre action?

+ Que proposons nous comme amélioration?

+ Sur le plan financier ... y-a-t-il eu des dépenses faites ?


II arrive souvent que l'action qui avait été décidée n'a pas été réalisée ...

La question à laquelle il faut alors répondre est simple : pourquoi ?

Que s'est-il passé ?

Quelles nouvelles décisions faut-il prendre?


N.B. : Ceci n'est qu'une proposition pour une démarche d'évaluation. Vous pouvez, évidemment, en fonction de l’activité réalisée, modifier le style et l'arranger selon ce qui convient le mieux.


 

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Ce que nous avons vécu, ce que nous avons fait, nous pouvons non seulement l'évaluer, mais nous pouvons aussi le célébrer.

Qu'est-ce à dire?

Le célébrer, c'est le mettre explicitement entre les mains de Dieu.

Et la meilleure façon de le célébrer, ce sera évidemment de le faire au cours d'une eucharistie.

A la messe en effet, le Christ s'offre à son Père, et avec lui, nous offrons, nous aussi, notre vie au Père : "par Lui, avec Lui et en Lui ... "

"Puissions-nous être unis à la divinité de celui qui a pris notre humanité." : la goutte d'eau qui se mêle au vin dans le calice, c'est le petit rien que nous sommes, c'est le petit peu que nous avons fait et que nous pouvons tout de même ajouter au sacrifice du Christ.

Alors, n'hésitons pas : apportons à l'autel le fruit de notre travail, le fruit du travail de notre comité.

Nous n'oublierons pas de remercier le Seigneur pour ce qu'il nous a donné de vivre.

Nous commencerons sans doute par lui demander d'avoir pitié de nous, nous qui avons peut-être manqué de courage. II y a quelques années, l'expression la mode chez pas mal de jécistes était celle ci : "Je n'ai pas le temps ... !"


 
 


 
 
Tout vient de toi

O Père très bon

Nous t’offrons

Les merveilles de ton amour.

 

 
                                                                                                                        


                                                                                                                                            

 

 


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En guise de conclusion …


Dans le livre de Ben Sirac le sage, ch 17,1-10 :


"Le Seigneur a créé l'homme en le tirant de la terre, et il l’a fait retourner à la terre. II a donné aux hommes des jours comptés, un temps déterminé, il a remis en leur pouvoir ce qui est sur la terre. II les a revêtus d'une force pareille à la sienne, il les a faits à son image. II a mis en tout être vivant la crainte de l'homme, pour que celui-ci commande en maitre aux bêtes sauvages et aux oiseaux.


II a donné aux hommes du jugement, une langue, des yeux, des oreilles et un cœur pour réfléchir. II les a remplis de savoir et d'intelligence, il leur a fait connaitre le bien et le mal. II a mis dans leur cœur son propre regard pour leur faire voir la grandeur de ses œuvres. Ils célébreront le Nom très saint en racontant la grandeur de ses œuvres; if leur a aussi accorde le savoir, if leur a donné en héritage la loi de la vie."


 

 Dans les quelques lignes de ce livre de l'Ancien Testament, vous retrouvez très facilement les différents éléments de la Révision de vie, dont nous venons de parler.


« Il a donné aux hommes des jours comptés » dommage pour ceux qui n’ont pas le temps !


« Il a donné aux hommes des yeux, des oreilles » : VOIR


« II a donne aux hommes du jugement, ... un cœur pour réfléchir, ... il les a remplis de savoir et d'intelligence ... » : JUGER


« Il les est a revêtus d'une force pareille a la sienne »: tant mieux pour ceux qui pensent que ça vaut le coup de s'y mettre : AGIR, avec la force même de Dieu!


« Ils célébreront le Nom très saint » CELEBRER


« II leur a donne en héritage la loi de la vie » : ne pouvons nous pas mettre cette phrase en parallèle avec Jean 10,10 ?


(Si vous ne connaissez pas Jean 10,10, allez vite chercher. Vous devriez avoir honte !)


 






Rions  un  peu  !


Un après midi, j'étais présent dans une petite communauté de jeunes qui faisait une "révision de vie". L'événement de la semaine qui avait retenu leur attention devait être l'exclusion du lycée d'un de leur camarade.

Apres avoir analysé la situation, ils en étaient à se poser la question que je résumerai de la façon suivante : "qu'est-ce que le Christ pense d'une pareille affaire? "(JUGER)


Je remarquais alors un garçon, Armand, qui, loin de toutes ces préoccupations, était

plongé dans une bande dessinée qu'il tenait plus ou moins cachée sur les genoux.


- "Armand, qu'est-ce que le Christ en pense ... ?"


Armand sursaute, mais me répond du tac au tac :

-"Je ne connais pas la vie privée de Dieu!"


-"Justement, si tu lisais de temps en temps l'évangile, en plus des B.D., tu connaitrais un peu la vie privée de Dieu ... !"



 


Postface


En préparant et en mettant à la disposition des jeunes ce fascicule sur la Révision de vie, le P. Gérard a certainement voulu marquer son souci pour leur formation.

A un moment où notre monde avance à grands pas vers le troisième millénaire dans la plus grande incertitude et où certains choix politiques, économiques, sociaux, opérés par nos Etats, développent une série de conséquences fâcheuses dont les jeunes sont les premières victimes, il semble inéluctable de rechercher de nouveaux repères, de nouvelles façons plus audacieuses de penser nos relations avec les autres.


La Révision de vie, plus qu'une méthode est une manière de comprendre et de faire.

Elle nous donne la chance de nous réaliser et d'identifier nos obligations envers la société et de bâtir un monde plus solidaire en mettant en avant la responsabilité individuelle et collective.


Pour l'avoir pratiquée depuis ma plus jeune adolescence jusqu'a maintenant, je puis témoigner de sa richesse et des possibilités qu'elle offre à pouvoir se transformer soi même au contact des autres.


Tous mes remerciements au Père Gérard pour l'heureuse initiative qu'il a prise en confectionnant ce fascicule.


Lazare Animako Kabran

Secrétaire General de la JEC-I (1991-1995)

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ANNEXES

 

 

Un exemple de révision de vie … 


C’est tiré de   La joie de vivre en communauté …
Chapitre 2 : http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-3749094.html

 

 

 

Octobre 1971 : après mes études secondaires, après dix ans de philosophie, de théologie et de stages divers, jeune prêtre, ordonné en 1969, j’arrive enfin, aux Rois Mages, une paroisse qui recouvre un vaste quartier de Libreville : Akébé. Environ 40 000 habitants. On parle volontiers des Etats-Unis d’Akébé !

C’est alors une paroisse toute nouvelle, encore peu organisée. Le responsable, le Père Fernand Legagneur vient de passer beaucoup de temps et de consacrer beaucoup d’énergie au sauvetage des enfants victimes de la guerre au Biafra. Beaucoup sont évacués sur un hôpital construit pour eux dans la banlieue de Libreville. Quantité d’enfants y sont arrivés entre la vie et la mort.

Aux Rois Mages, tout ou presque était à créer. Mais comme par hasard, il existait un comité JEC, et Fernand me demanda d’en être l’aumônier. Pas de problème ! Ce fut pour moi, le début d’une histoire qui n’est pas encore terminée, aujourd’hui, en l’an 2002 !

Je fais donc connaissance avec ce comité. Chaque semaine, une quinzaine de jeunes gens et de jeunes filles, de 18-20 ans, se retrouvent sur la terrasse de notre maison d’habitation. Cette terrasse sert aussi de lieu de réunion. Les trois premiers mois, je les regarde, je les écoute, cherchant à comprendre ce qui les anime. J’avoue que je ne comprends pas très bien... Ils récitent une prière au début, une prière à la fin, mais entre les deux, je ne vois pas ce qu’ils font : certains passent leur temps à lire des bandes dessinées, d’autres bavardent de tout et de rien...

Petit à petit, remarquant que le responsable est un garçon de bonne volonté, je lui propose : « Et si nous préparions ensemble ces réunions ? ». Et nous voilà embarqués dans la révision de vie : « Voir, Juger, Agir » devient le leitmotiv. Je ne résiste pas au plaisir de vous partager ici le premier résultat de cette nouvelle façon de faire.

Les jeunes de ce comité étudiaient presque tous au Lycée d’Etat voisin. Je résume donc une des toutes premières révisions de vie.

Voir: durant la récréation, des lycéens se sont rués sur la cuvette de gâteaux qu’une femme vendait à l’entrée du lycée. Cela arrive souvent. Les femmes qui vendent les beignets ne peuvent rien faire face à une dizaine de jeunes...

Juger : l’incorrection de ces jeunes pénalise ces femmes qui n’ont que cette seule ressource pour vivre... Facile de voir ce que le Christ en pense...

Agir : on va voir le proviseur et lui demander de construire une barrière à l’entrée du lycée. Cette barrière, fermée durant la récréation, protégera les commerçantes. Le proviseur est d’accord. La barrière est construite.

Voilà comment une révision de vie débouche sur une action transformatrice. Tout le monde y gagne : les femmes qui vendent leurs beignets en toute tranquillité et les lycéens qui peuvent se rassasier. 

 

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Et un autre exemple, toujours dans le même livre :

Chapitre 3 : http://joie-en-communaute.over-blog.com/article-3753717.html

 

 

 

Vivre ensemble, toujours mieux.

 

Faire partie d’un comité d’une dizaine de personnes qui se retrouvent chaque semaine, c’est être amené à partager chaque fois un peu plus. On se connaît de mieux en mieux, on aborde plus facilement des questions plus personnelles, à condition bien sûr de jouer le jeu de la révision de vie.

Se retrouver pour papoter ne suffit pas ! Un exemple : des universitaires qui habitaient tous Akébé avaient décidé de créer un comité « JEC-U (universitaire) - Quartier », ne voyant pas pourquoi il leur faudrait rejoindre chaque semaine le comité « JEC-U campus ». Ce nouveau comité bien sympathique se réunissait le dimanche après-midi, et chaque fois, une des filles prenait le relais pour confectionner et amener un gâteau. Mais ce comité n’a pas duré longtemps : le dimanche après-midi convient plutôt à la détente, et le gâteau n’arrangeait pas les choses. Prendre le temps de partager sur ce que l’on a vécu durant la semaine écoulée, c’est un peu plus exigeant. Le « Comité - gâteau » n’a pas vécu longtemps !

C’est exigeant mais aussi très enrichissant. Le Gabon n’est pas un grand pays mais il y a tout de même une quarantaine de langues, et donc un certain nombre de cultures plus ou moins différentes. Réunis autour d’une table, en comité, les jécistes d’un comité, à Libreville, représentaient non seulement plusieurs établissements scolaires mais aussi plusieurs régions du pays. En France, l’AJAF réunit des étudiants de plusieurs pays : Côte d’Ivoire, Sénégal, Cameroun, Ouganda, Gabon, Rwanda, République Démocratique du Congo, etc... Vivre ensemble, c’est déjà écouter et chercher à comprendre ce qui se passe dans un autre établissement scolaire, dans une autre région du pays, dans un autre pays plus ou moins voisin. Entre Dakar et Libreville, il y a environ 3500 kilomètres à vol d’oiseau. (Il y en a environ 2500 entre Paris et Moscou).

Mais faire partie d’un comité, c’est surtout partager les joies et les peines, les progrès et les difficultés, les soucis divers et variés... Voilà deux ou trois semaines qu’Anatole (c’est son nom !) ne fait plus surface. Ce jeudi, je le vois arriver, et sur un ton sans doute proche de la remontrance, je lui fais remarquer que les absences répétées ne sont pas un signe d’engagement forcené... A son tour, il me rétorque sur un ton plutôt cassant que son oncle est décédé, ce qui explique ses absences. Ce jour-là, je me suis rappelé qu’il faut tourner sept fois la langue dans la bouche avant de parler !

Pour continuer à être concret, je voudrais vous rapporter ici le sujet d’une révision de vie, et surtout les circonstances qui nous y ont amenés. C’est un exemple parmi tant d’autres pour vous montrer comment la JEC m’a appris à « vivre avec ».

N. avait une quinzaine d’années. Elle devait être en 3ème ou en seconde, au Collège Evangélique de Melen (banlieue de Libreville). Ses parents faisaient partie de la Communauté chrétienne de Derrière le Centre Social, devenue par la suite, Communauté Sainte Thérèse. Un matin, son père arrive chez moi, l’air vraiment inquiet. « Voilà quatre jours que N. a disparu ». Sa mère va chaque matin à la gare des bus scolaires, à l’époque, à La Peyrie, en espérant voir N. prendre le bus qui doit l’amener au collège. C’est peine perdue. Que faire ?

Je propose à son père d’aller faire un tour au collège en question. Sur place, l’idée me vient de demander au proviseur l’autorisation de parler aux élèves de la classe de N. Voilà de l’œcuménisme sur le terrain ! Autorisation accordée. Le professeur me laisse volontiers prendre sa place. J’explique aux élèves la situation et l’inquiétude des parents, et je leur demande si par hasard, ils n’ont pas une petite idée sur ce qu’est devenue leur camarade

Je remarque alors parmi les élèves une jéciste du Comité « Akébé - ville » qui me regarde avec insistance et qui hésite à lever la main. Je l’encourage :

- Oui, H., tu sais où elle se trouve ?

- Je crois qu’elle est chez son Jo, à Akébé Poteaux.

Le professeur intervient alors : « H., va les conduire là-bas. »

Effectivement, N. était bien chez « son Jo ». On dit aujourd’hui « petit ami »... Tout est bien qui finit bien. Plus de peur que de mal !

L’après-midi du même jour, je retrouve H. à la réunion du Comité d’Akébé-Ville. Révision de vie. Tour de table : chacun raconte un événement qu’il a vécu durant la semaine. H. nous raconte une bagarre qu’elle a vue, au marché, à propos d’un régime de bananes. Je n’ai pas pu m’empêcher de raconter l’histoire que nous avions vécu le matin même. Et c’est cette fugue qui a retenu l’attention de tous. Nous avons passé l’après-midi à essayer de réfléchir en chrétien sur cet événement.

J’ai demandé à H. pourquoi elle avait retenu une bagarre au marché plutôt que la fugue de N. Réponse : « On ne parle pas de ces choses-là en réunion ! ». Peut-être, mais plus nous nous connaissons, plus nous pouvons parler ensemble de ce qui fait le cœur de notre vie.

 

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Centre de Documentation de la J.E.C. Internationale en Afrique 

 

LA REVISION DE VIE 

 

(Document n° 04)  

 

Quand nous parlons de la méthode appelée Révision de vie, nous pensons à Joseph Cardijn qui a lancé le mouvement de la Jeunesse Ouvrière Chrétienne (J.O.C.) et a été l'inspirateur de la Jeunesse Etudiante Chrétienne (J.E.C.).  

Joseph Cardjin est né en 18822 à Bruxelles, en Belgique, au sein d'une famille ouvrière.  

Son père était mineur (mines de charbon) et sa mère assurait l'éducation religieuse des enfants, la centrant toujours sur l'aide aux pauvres.  

Encore jeune, Joseph reconnut sa vocation à la prêtrise. Pendant ses années de séminaire, il prit conscience du fossé qui existait entre les séminaristes, les professeurs et les Iuttes pour ses amis de la classe ouvrière. Quand il rentra chez lui, il remarqua que, étant prêtre, il n'était pas accepté par ses amis ouvriers ni par les autres jeunes. La plupart de ces travailleurs avaient abandonné la pratique de la messe qui était auparavant leur seul engagement envers l'Eglise.

Joseph s'est interrogé. Et il s'est rendu compte que la messe, l'Eglise et le clergé n'atteignaient pas la vie des ouvriers qui étaient concernés par les bas salaires et l'insalubrité des conditions de travail à l'usine. L'Eglise n'avait aucun rapport avec leur situation de vie et était donc vide de sens.  

Cardijn voulait découvrir les intérêts des jeunes travailleurs. II commença alors par passer du temps aux portes des usines, parlant aux travailleurs de leur travail.  

II décida ensuite de démarrer des groupes de jeunes travailleurs afin qu'ils parlent entre eux de leur situation, et à la lumière de l'évangile, qu'ils essaient de transformer leurs lieux de travail et leur situation. Cardijn était convaincu que chaque jeune travailleur, chaque jeune travailleuse avait une destinée divine et une divine mission, commençant non après la mort mais aujourd'hui, dans les conditions de la vie quotidienne, la où ils sont les premiers et les plus proches apôtres de Dieu dans leur environnement et au milieu de leurs camarades.  

Cardijn réussit a faire travailler les jeunes en groupes, comme une communauté. II croyait que le peuple lui-même a une mission envers les gens au milieu desquels ils vivent, et que eux-mêmes sont leurs propres experts et les meilleurs agents de changement dans leur situation propre. La communauté est alors un soutien, un lieu où partager leurs expériences et leurs intérêts.