TROP, C'EST TROP !

 

 

 

Avec la complicité du silence assourdissant de la quasi-totalité des évêques, le pape Benoît et la Curie aux ordres ont jeté le masque. En publiant le "motu proprio"et les commentaires, ils ont franchi la ligne jaune !

Les voilà carrément sur l'autre voie, à contresens de l'histoire des hommes. Ce que l'on pressentait depuis l'élection de Joseph Ratzinger se vérifie aujourd'hui :

 

? Marche arrière toute ! Repli général et organisé sur les positions d'antan.

? Terminé VATICAN II !

? À la trappe le "voir/juger/agir" des mouvements d'Action Catholique, torpillé par l'Église "d'En haut". Trop dangereux des laïcs qui réfléchissent !

? Voué aux gémonies le mouvement progressiste de mai 68 qui s'était invité dans les séminaires et les couvents. Quelle sainte trouille ils ont eue ceux de l'Église d'En haut !

? À Dieu le printemps de l'Église ! L'hiver s'installe à nouveau sur le monde catholique. C'est le temps de la rigueur, de l'obéissance aveugle et du retour à des formes de piété infantile !

? C'est l'opium du peuple qui sévit de nouveau. Dormez bonnes gens ! Ne perdez pas votre temps à réfléchir. "Nous pensons pour vous". Nous agissons pour votre bien ! Faites-nous confiance et obéissez les yeux fermés !

 

 

 

Eh bien non ! Je n'ai plus confiance,

mais plus du tout !

Et j'ai passé l'âge d'obéir en aveugle

à n'importe qui, fût-ce le pape !

 

 


De partout parviennent des informations sur la vague de recléricalisation effrénée qui sévit depuis la sortie du "motu proprio").

 

Entendu dans un diocèse de la région parisienne : "La priorité de demain côté laïcs, c'est l'obéissance". "Entre un clerc et un laïc, on choisira toujours un clerc. Les laïcs ? On n'a pas confiance".

 

? En 1954, au moment des prêtres-ouvriers : on n'a pas bougé.

 

? Pour "Humanæ vitaæ" on s'est tu .

 

? Quand Marcel Lefèbvre a ordonné prêtres et évêques, on a fermé les yeux.

 

? Quand des théologiens ont été condamnés, on n'a pas réagi.

 

? Quand le pape a créé l'Institut du Bon Pasteur à BORDEAUX et y nomme comme supérieur LAGUERIE, squatter de Saint Nicolas du Chardonnet, certains ont protesté... mollement.

 

? Quand.... On a subi de fait, on a tout accepté lâchement.

 

 

On a laissé faire ! On s'est laissé faire !

 

 

Jésus, Lui, n'a pas hésité en son temps, joignant le geste à la Parole, Il a chassé les marchands du temple et renversé les tables des changeurs.

 

Pour sûr que s'Il se présentait aujourd'hui aux portes du Vatican et de maints évêchés, Il se ferait jeté par Sainteté et Éminences recroquevillées sur les ors d'un passé révolu.

 

 

 

Assez ! La coupe est pleine !

Ils ne sont puissants que parce que

 nous sommes à genoux !

(La Boétie)

 


Il est temps de relever la tête et de se mettre debout, nous sommes le Peuple de Dieu et Nous sommes aussi l'Église !

 

Ne disons pas que la tâche est trop lourde, que nous sommes trop âgés ou malades, trop peu nombreux. Ils étaient douze autour du lac !...

 

Ne disons pas non plus : il n'y a plus rien à faire avec ces gens-là. Laissons cette Église agonisante mourir de sa belle mort et consacrons toutes nos forces à lutter contre les privilèges et les injustices.

 

? Mais, camarades et amis, c'est le même combat !! Ceux qui sont au pouvoir en France, en Europe et dans la plupart des pays du monde sont les mêmes que ceux qui règnent au Vatican et dans les évêchés, même culture, même méthode, même irrespect au fond envers les personnes.

 

Il n'est plus temps de tergiverser. Regroupons nos forces. Mettons en œuvre la subversion évangélique inhérente à notre foi. Partout où ils sévissent contre les plus faibles, partout où ils couvrent de fait les situations d'injustice, contestons l'ordre établi comme annoncé dans le Magnificat et le texte d'Isaïe lu par Jésus à la synagogue de Nazareth : «Il renverse les puissants de leur trône, élève ceux qu'ils ont piétinés, comble les affamés et congédie les riches les mains vides» (Luc 1, 48-54). Il m'a envoyé annoncé la Bonne Nouvelle aux pauvres, la délivrance aux prisonniers, rendre la vue aux aveugles et la liberté aux opprimés (Luc 4, 18).

 

Nous avons à construire un monde où la Bonne Nouvelle de Jésus, le Fils de l'Homme, puisse être encore annoncée aux femmes et aux hommes de notre temps «Là où se joue la cause de l'homme et de l'humanité, là aussi se joue le cause de Dieu». (Joseph Doré)

 

 

Alors, dans le droit fil de notre action du 10 mars sur la précarité, je propose que les trois associations organisatrices prennent l'initiative de lancer à notre prochaine assemblée générale des Réseaux des Parvis, le 24 novembre 2007, un appel pressant soit lancé à l'ensemble des adhérents, groupes ou individus, pour constituer une force organisée de résistance , de contestation et d'innovation.

 

Il s'agira de centraliser les exactions commises dans tous les diocèses ces derniers mois et qui sont en lien avec les dernières décisions romaines. Recueillir, recouper et centraliser les informations. En faire une analyse sérieuse pour identifier les évolutions probables et imaginer les contre-feux possibles pour mettre en œuvre les décisions prises (après débats).

 

Il s'agit bien d'organiser la contestation au sein, ou vis-à-vis, de cette Église à laquelle nous sommes encore attachés. Ne dit-on pas : "nous sommes les seuls à pouvoir initier et mener une telle action. C'est peut-être le dernier service que nous pouvons rendre à l'Église avant que nous disparaissions. Nous avons l'obligation de mettre à la disposition de ceux qui nous succéderons nos expériences nos capacités d'analyse et d'engagement. Mais, nous pouvons aussi faire comme nous avons toujours fait jusqu'à maintenant : nous taire, plier les genoux et laisser faire !

 

Concrètement, je propose qu'un petit groupe pilote cette affaire et prépare le texte de l'appel à prise de réactions écrites qui nous ont été diffusées durant l'été.

 

Il faut faire vite !

 

Pour ma part, ma femme qui s'est fracturée deux vertèbres étant immobilisée encore pour de longues semaines, je ne pourrai pas participer directement à ce groupe de pilotage.

 

Bien fraternellement.

 

Michel LE MANCHET