Pamphlet général préliminaire
(pamphlets spécifiques en développement)
 
 

Dimanche 14 septembre 2008

Comment faire pour survivre en classe ?


La différence entre une vie « éveillée » et une vie morne et routinière est la conscience. Métro-boulot-dodo ou : « je marche vers le métro et je sais que je marche vers le métro », « je vais au boulot et je sais que je vais au boulot », « à présent je me repose et je sais que je me repose » ?.

L’absence de conscience, c’ est …l’inconscience ? Oui. Mais c’est surtout l’ignorance. L’ignorance dans nos actes, nos réactions, notre compor-tement, nos objectifs. Comment faire pour que notre journée en classe ne soit pas une sempiternelle 180è journée épuisante et brûlée ? Comment faire pour ne pas sortir de ses gonds devant vingt mioches insupportables et vivre chaque minute du 8 à 5 avec légèreté et plaisir (c’est possible !!) sans attendre désespérément  la cloche du départ? Mieux que cela : comment parvenir à enseigner à toutes ces petites têtes, avec lesquelles nous allons passer dix mois de l’année, la multiplication, l’orthographe, le cycle de l’eau et la reproduction des abeilles sans que eux aussi ne scrutent l’horloge désespérément ? À l’école, au « boulot », le temps peut sembler bien long, (comme il l’est chaque fois que l’on n’a pas envie d’être là !) Sauf si on apprend à le répartir en une multitude de petites tartines douces et agréables à avaler. L’instant présent n’étant que spontanéité, la récré en classe est réalisable si ce que nous faisons est apprécié. ♪Gai, gai, l’écolier, c’est demain la rentrée? »
 


Dimanche 26 0ctobre 2008

Comment faire pour ne pas devenir fou … à l’hôpital, au CLSC ?
 
Des dizaines de patients, la salle d’attente bondée, les journées (et les nuits !) longues.. Il manque du personnel, il n’y a pas assez de lits, le stress est élevé, l’épuisement n’est pas loin. Et devant nous, la souffrance, les malades, les personnes hospitalisées, sous notre dépendance. Le stress est présent dans un hôpital, la pression du temps omni-présente. Les soins ne peuvent (idéalement) pas attendre. Mais si nous aussi n’allons pas bien, les journées deviendront rapidement invivables.

Dans cet univers où la montre est la grande patronne, languir dans le passé ou s’évader dans le futur n’ont pas leur place : l’action immédiate et notre présence…présente devraient être la seule réalité.

Seule une respiration consciente et profonde peut rétablir le calme intérieur, la concentration et la souveraineté face au soin qu’il faut donner, à l’opération à faire, au médicament à administrer.

Crevés ? Épuisés ? Il est possible de s’arrêter. Bien sûr, pas au beau milieu d’une chirurgie, scalpel et bistouri en l’air, mais intérieurement, oui.

J’inspire, j’expire.

J’inspire, je sais que j’inspire.

J’expire, je sais que j’expire.

J’inspire, je me calme.

J’expire, je me calme encore et retrouve ma souveraineté.


Pas la peine de quitter son malade pour cela.
 
 
RETRAITE D’AUTOMNE
28-30 novembre 2008
Comment faire pour survivre au bureau ?


Pourquoi le mot stress est-il automatiquement associé à celui de travail ? « Je suis stressé-e, j’ai du travail. »…


L’’étymologie du mot travail en dit, hélas, bien long sur « l’origine de nos malheurs »  : Le verbe traveillier est issu du latin populaire *tripaliare, signifiant littéralement « tourmenter, torturer avec le tripalium », un instrument de torture. (Petit Robert) Le mot "travail" vient du croisement étymologique avec trabicula, une petite poutre transversale, qui servait de chevalet de torture. Trabiculare signifiait "travailler", dans le sens de "faire souffrir". En ancien français, le verbe "travailler" s'appliquait aux agonisants, aux suppliciés et... aux femmes en travail. » Oh la la… En outre, toutes les définitions de ce verbe comportent des termes tels que effort, acquisition, réussite, accomplir. gagner

Pour beaucoup, le travail occupe une grande place dans la journée, la vie. Le vivre dans cette optique n’a évidemment rien de bien réjouissant ! A moins que, avec la pratique de la Pleine Conscience, on réussisse à transformer cette sombre définition du dictionnaire et nos années au bureau pour les voir sous un angle autre que la …torture ?
 
 
Dimanche 14 décembre 2008
Cette fébrilité qui est en moi…
 

Est-ce un signe des temps ? On l’a tant décriée! L’agitation est l’un des dix obstacles à la concentration. Des cinquante-quatre formations mentales énumérées par Thich Nhat Hanh, elle est la 41è, secondaire, non-bénéfique. Il ne faut pas confondre l’énergie qui nous actionne , nous allume et anime notre motivation et l’agitation « chronique » qui nous habite et qui fait désormais partie de nos habitudes de vie quotidiennes. L’une est positive, souhaitée, l’autre est néfaste car bien souvent insoupçonnée. Quelque chose bourdonne inlassablement en mon for intérieur mais je ne sais pas ce que c’est… Je ne suis pas tranquille, détendu. Être agité en perpétuité, c’est fatigant à la fin ! Notre concentration s’en trouve affectée et atténuée, l’impression d’avoir toujours quelque chose à finir nous hante et empêche la quiétude de s’établir en nous et de prendre une place stable. Comme un aimant ou une luciole vers la lumière, nous sommes attirés vers un futur à accomplir ou un passé imparfait dont on n’est pas satisfait.

Le présent, lui, n’a pas d’ourlet supplémentaire. Il se suffit à lui-même et ne s’encombre pas de « J’aurais dû » ou « je devrais ». S’y établir, c’est baisser le feu de la bouilloire en ébullition, le mettre à feu doux… ou l’éteindre carrément et laisser reposer.
 
 
Dimanche 18 janvier 2009
La psychologie en Pleine Conscience
 
Connais-toi toi-même. C’est une condition sine qua non si l’on veut aider les autres à se connaître et à démêler les méandres de leur esprit. C’est le principe de la méditation bouddhique : arrêter, observer, comprendre, transformer.

En s’asseyant sous l’arbre de l’Éveil, Bouddha eut, à loisir, le temps de passer en revue son corps, ses sensations, son esprit et tout ce qui s’y forgeait. Il vit le lien entre ses pensées, ses émotions et ses perceptions, il put en déceler l’origine et comprendre la racine des innombrables formations mentales et leur effet, bénéfique ou néfaste, sur notre existence. Ayant compris et maîtrisé les rouages de la psychologie humaine, il fut nommé « médecin de l’âme ». Devenir à notre tour « médecin de l’âme » en tant que psychiatre, psychologue ou psychothérapeute requiert, sinon ce même illustre parcours, mais tout au moins une recherche personnelle similaire approfondie. Qui suis-je ? Que sais-je de ma propre psychologie ? Afin que je sois apte à assister les autres, comment puis-je m’assurer de ma bonne ‘santé’ et solidifier ma propre stabilité intérieure ?

Vivre en Pleine Conscience, c’est être attentif à tout ce qui se passe dans notre corps, notre parole et notre esprit. C’est aussi entrer dans la pleine conscience de notre conscience pour en visiter toutes les pièces, de la cave au grenier.
 
 
Dimanche 22 février 2009
La solitude
 
Être seul/e, ce n’est pas toujours très drôle. Vivre sans famille, sans conjoint, sans amis, fait mal et est déploré par plus d’un qui souffre d’un «vide » et d’un manque dans la vie. Se sentir seul, c’est possible aussi même si on est très entouré ! Triste solitude !

Il y a une nuance entre se sentir seul et vivre seul. La solitude peut être volontaire et recherchée lorsque l’on aspire à la concentration, au recueillement, à l’étude. C’est un isolement bénéfique qui éloigne de la distraction et de la dispersion, une retraite personnelle pour la mise au point, le bilan, la compréhension approfondie.

La solitude peut devenir un outil merveilleux de croissance personnelle et….d’Éveil, dépendamment du rôle que nous lui attribuons et de l’emploi que nous en faisons.

Au moine Thera qui prônait les bienfaits d’une pratique solitaire : « Je vis tout seul et je loue la voie de la vie solitaire. Seul, je pars demander l’aumône, seul je reviens du village et seul je m’assieds en méditation », le Bouddha répondit : « La meilleure façon de vivre seul est de lâcher prise d’avec tous ses soucis, remords et désirs de la vie en brisant ainsi les fers qui nous retiennent et nous contrôlent. » 
 
 
RETRAITE DU PRINTEMPS
27-29 mars 2009
Comment ça va?


Un jour comme ci, un jour comme ça… La vie est bien inconstante ! La vie ? L’homme est ondoyant et divers, disait Pascal. Avant même d’aller plus loin, il suffit que les conditions météoro-logiques changent pour que notre humeur en soit affectée… La théorie des climats, on connaït cela ! Le ciel se couvre ? Mmmm…  Le soleil apparaït ? Aaaah..  Et puis, il y a notre humeur …et celle de l’autre ! Nos émotions et celles des autres ! (Ö interdépendance !)

La maladie, les imprévus, le toit qui coule, la voiture qui flanche, l’essence qui grimpe, la bourse qui descend, la lessive, le ménage, la vaisselle, le souper, les devoirs, l’impatience, les relations qui en pâtissent, la vie au jour le jour quoi ! Et dans ce tangage, il faut nager. Un adage zen dit qu’il n’y a pas de problème, seulement une façon de voir les choses ! Notre souffrance viendrait donc de notre mauvaise vue !
 
 
Dimanche 19 avril 2098
L’art de la pleine conscience … en art
 
Comme l’éducateur qui transmet son savoir, l’artiste transmet sa vision des choses de la vie par les mots, le son, la vue... Ses émotions, ses sensations, ses sentiments et ses idées sont là, peints dans la toile devant nous, la page d’écriture, le concert musical ou l’oeuvre chorégraphique. L’âme de l’artiste s’offre à nous et nous nourrit, tel un vase communiquant subtil ou manifeste.

Mais elle, de quoi se nourrit-elle ?

Selon Shariputra, disciple du Bouddha, notre Vue Juste est façonnée par quatre catégories de nourriture : comestible, sensorielle, dictée par notre volition ou emmagasinée dans notre conscience.

L’osmose entre ce qui nourrit nos parents, nos éducateurs et nos maîtres et ce qui nous alimente est criante. Il en va de même pour celle entre l’artiste qui performe et nous, spectateurs, qui recevons.

« J’aurais voulu être un artiste..

Pour pouvoir faire mon numéro… »♪Quel numéro ? Quel message est-ce que je désire transmettre ? De quoi est-ce que je me nourris ?Et si tout à coup…j’avais tort ?
 

Que faire pour rendre plus paisible et plus supportable ce que nos yeux voient et que notre esprit interprète ? L'illusion, l’ignorance, l’acceptation des choses telles qu’elles sont…

Du pain sur la planche pour cette retraite. 
 
 
Dimanche 31 mai 2009
L’orgueil


L’orgueil est expliqué dans le dictionnaire comme une estime exagérée, un amour excessif de soi-même. L’attachement à tout ce qui nous concerne. L’ego.. on connait ça!

Bouddha, dans la profonde méditation qui l’a mené à l’Illumination, a vu que nous n’avons ni une identité propre ni un soi séparé et que chaque élément de notre corps est étroitement relié à l’immensité du monde... Mais nous ne le voyons pas ainsi. Nous nous voyons unique, différent, “rien à voir avec les autres!”.

Nagarjuna, philosophe indien du IIè siècle, expliqua que le fait de se croire supérieur ou d’être trop attaché à sa personne n’était pas la seule forme d’orgueil mais que celui de se sentir inférieur …ou égal l’était tout autant!

Ni trop, ni trop peu, ni égal !

L’orgueil peut jouer de mauvais tours dans la vie en créant une image du soi trompeuse et préjudiciable et en nous empëchant de voir les choses à leur juste valeur..

Alors où se situer ?
 
Bienheureuse solitude, salutaire et libératrice, qui peut se pratiquer partout, même dans une foule !
 
 
Dimanche 28 juin 2009
Le bien-être…
 
Nous parlons surtout des souffrances et d’inconfort, des difficultés qui entravent notre quotidien. Nous prenons des mesures face à nos problèmes, essayons de les amoindrir et de les faire disparaître en les résolvant. Le mal-être nous préoccupe et domine souvent nos conversations. Mais qu’en est-il du bien-être ? Est-ce aussi important? Est-ce aussi ‘préoccupant’ ?

Peu avant d’atteindre l’Éveil, « un jour, alors qu’il méditait dans un cimetière, il (Siddharta) eut l’intuition que la voie de la mortification n’était pas la bonne. Le soleil venait de se coucher. Une douce brise caressait sa peau. Il était resté assis toute la journée sous un soleil de plomb et profitait de cette caresse rafraîchissante quand il expérimenta un bien-être intérieur qu’il n’avait pas ressenti depuis longtemps. Il réalisa que le corps et l’esprit étaient une seule et même entité inséparable. La paix et la détente du corps étaient intimement liées à celles de l’esprit. Tourmenter le corps revenait à torturer l’esprit. »*


À notre tour..



*Thich Nhat Hanh, Sur les traces de Siddharta, Éditions Lattés, 1991