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Egypte tant désirée
Récit de mon premier voyage réalisé du 08 au 22 avril 2000
AVANT-PROPOS
L'Egypte fascine depuis toujours par son mystère.
Les eaux du fleuve le plus long du monde, 6 700 km, le Nil, lui ont permis la prospérité et une histoire presque surnaturelle par tous ses millénaires d'existence.
Les envahisseurs et colonisateurs sont les auteurs de son déclin et de sa misère actuelle. Mais la fierté et "l'intelligence" d'antan qui existent toujours dans chacun des Egyptiens méritent le respect et l'admiration.
Moi, femme païenne, sans dieu ni diable, ai toujours rêvé d'aller méditer dans ce pays et y admirer "l'oeuvre" d'hommes - à l'époque en France, nos ancêtres étaient arriérés - d'une intelligence et dune avancée technique, spirituelle, scientifique inimaginables pour les ans d'environ 3 000 avant notre ère chrétienne.
Des touristes passionnés viennent visiter l'Egypte pour admirer et respecter (ce n'est pas toujours le cas malheureusement) une civilisation merveilleuse et si bien organisée.
Mais, nous voici à l'aube du troisième millénaire et, nous, nos parents, grands-parents... que laissons-nous à nos enfants, petits-enfants ? Que déclin, misère, guerre, non-respect, individualisme... en si peu de temps.
Nos HLM et villas (même de luxe) ne seront d'aucun intérêt pour les futurs archéologues des années 3 000, 4 000...!
Je dédie mes heures de passion et ce voyage à mes enfants, Alexandre et Fanny qui sont ma plus belle création et réussite dans ce monde insignifiant.
Ce voyage fut prévu depuis 1997. Notre envie de découvrir l'Egypte s'accentua et je me rendis dans une agence de voyages pour demander les catalogues de divers tours opérateurs. Le choix du circuit que nous désirions réaliser n'était pas une mince affaire et notre budget au plus bas. Mais l'envie était si grande...
Ce fut en septembre 1999 que nous choisîmes le circuit "Thôt".
Le rêve de toute une vie allait enfin se réveiller, se concrétiser et devenir réalité!
Le 07 avril 2000, les valises sont prêtes. Nous sommes excités comme des gamins le soir de Noël! Les enfants ne semblent pas réaliser : il s'agit de leur première vacances à 15 et 11 ans! Ils n'attendaient qu'une chose : y être et vite!!
Ce récit de voyage a pour but d'inciter les familles à bouger même si les moyens pécuniaires sont modestes. Parfois les voyages à l'étranger coûtent moins chers qu'en restant en France, et il faut aussi s'ouvrir au monde et partager des instants privilégiés avec des peuples vivant ailleurs et autrement.
Faisons-nous plaisir, la vie est si triste, ennuyeuse, douloureuse et bien courte...
Le 08 avril 2000, date du départ
Il est 5h. Les enfants dorment encore, tandis que je me lève dès que j'entends les moteurs du bateau reprendre leur ronronnement. Je monte sur le pont. Le Nile Style se présente devant la porte de l'écluse, suivant un autre bateau.
C'est la première fois que je vois et passe une écluse. Cela m'impressionne. La grande porte d'acier s'ouvre et les deux bateaux s'engouffrent dans un étroit tunnel. 1m seulement de marge entre les flancs des embarcations et les énormes murs de l'écluse. L'entrée se fait au pas, et la porte se referme derrière nous.
C'est stupéfiant de voir que le bateau est en dessous du niveau de l'eau du fleuve et que le pont supérieur est au même plan que la réserve d'eau. Les bateaux, amarrés, attendent que le niveau de l'eau dans le sas atteigne celui de l'amont pour être libérés. Il est temps de réveiller les enfants et de prendre le petit déjeuner.
Ca y est, nous y sommes. Ma mère sonne à la porte. Il est très tôt, nous mettons les bagages dans le coffre de sa voiture et nous voilà partis pour l'aéroport Marseille Provence. Maman nous y dépose, nous embrasse fort en nous souhaitant de bonnes vacances et s'en va travailler.
Dans le hall de l'aéroport, notre vol pour Paris est annoncé :
AF6009, départ 07h40 sur Airbus 319
Mon coeur se serre. Par les vitres de la salle d'attente, j'aperçois notre immeuble à Marignane et pense :
"Pour une fois, je ne supporterai pas les nuisances sonores des avions pour rien! Aujourd'hui, je m'envole avec ma petite famille pour nos premières vacances après des années de dures galères...!"
Une fois assise dans l'avion, je me sens fiévreuse, mes mains ruissellent à cause de l'anxiété. Je n'ai pas pris l'avion depuis si longtemps... Les ceintures se verrouillent, le bonjour de l'hôtesse nous détend avant la démonstration du gilet de sauvetage! Puis les réacteurs commencent à ronfler. L'avion roule tranquillement pour se présenter face à sa piste et s'arrête brusquement. Ca y est, l'avion vibre de tout son corps, les moteurs donnent toute leur puissance. Le décollage s'effectue avec brutalité pour s'arracher du sol. Une fois dans les airs, la douceur et la puissance d'un aigle royal remplace cette brutalité nécessaire.
Il est 9h, les trains d'atterrissage sont sortis et les pneus s'accrochent au tarmac.
Nous récupérons nos bagages et allons nous présenter à 11h40 au comptoir de notre tour opérateur en zone 4 pour y récupérer nos billets d'avion, le détail de notre programme, ainsi que le nom du bateau et de nos hôtels. D'après ces derniers, nous commençons à ne pas regretter d'avoir opté pour le 5 étoiles ; pour la première fois de notre vie, le luxe se présentait à nous. Certes, à quel prix! Mais tout le monde l'apprécie et il est bon de se faire plaisir dans notre vie française où tout est possible mais où seul notre portefeuille ne suit pas.
N'est-ce pas vrai??
En salle d'attente d'Orly Ouest, un peu de lecture et un petit somme sur la banquette s'imposent, ainsi que la prise de connaissance de notre programme.
Notre bateau se nomme le "Nile Style". Nous aurons deux cabines, une pour Alexandre et l'autre pour Fanny et moi. Croisière du 08 au 15 avril 2000.
L'hôtel à Hurghada sera l'Intercontinental Resort, du 15 au 19 avril.
Et celui du Caire, le Semiramis Intercontinental, du 19 au 22 avril.
Installés dans le hall d'attente d'Egypt'Air, de grandes baies vitrées nous offrent une vue magnifique sur le trafic aérien parisien jusqu'à l'annonce :
"Le vol 796Y d'Egypt'Air à destination de Louxor a été retardé au Caire. Notre compagnie vous annonce qu'il aura 4 heures de retard et vous prie de nous excuser pour ce désagrément. Une collation vous est offerte. Merci"
Au lieu d'embarquer à 13h40, le vol se fera à 17h50.
A cet instant même, des regards noirs se croisent. Allons-nous enfin mettre le pied sur la terre d'Egypte? Quatre de patience, une éternité... et quatre heures de moins à passer dans ce pays... La lecture, le tabagisme ( à l'époque!!) et le somme nous font patienter.
Soudain, un énorme avion, comme nous n'en avions jamais vu d'aussi près, vient d'atterrir et "colle" son museau à moins d'un mètre de la vitre qui se trouve en face de nous : il s'agit d'un Boeing 747 d'Egypt'Air. C'est le nôtre, enfin là, son arrivée suscite la curiosité et l'enthousiasme de tous les voyageurs. Et voilà enfin l'embarquement.
Le vol dure 4h50. Le commandant de bord et le personnel de cabine égyptiens, tous sont très compétents et agréables ainsi que les services et repas.
Il fait nuit et la fatigue se fait ressentir. Le casque audio sur les oreilles, les yeux fermés, le repos est un passage obligé. Cependant la hâte d'arriver ne cesse de nous éveiller. Sur un écran de cinéma, la compagnie aérienne nous donne, étape par étape, la situation géographique de l'avion jusque dans le ciel égyptien.
Il est 22h40 lorsque l'avion se pose énergiquement sur le sol des pharaons.
Nous voici dans un immense hangar en guise d'aéroport où les touristes fourmillent et passent à la douane.
"Saba el khrir!" (bonjour), dis-je au douanier en lui tendant les passeports.
Un regard méfiant parcourt nos visages et les compare aux photos. Le douanier appose enfin son tampon sur chacun des documents, et un second tampon pour enregistrer l'entrée de notre camescope, et nous fait signe de passer.
"Mesa el khrir!" (bonsoir)
Nous y sommes! Dans ce pays plein d'histoire, avec ses us et coutumes, son folklore, le dépaysement sera total. Cela fera du bien. Nous nous attendons à rencontrer des égyptiens sans stress, vivant au jour le jour avec pour philosophie : inch'Alla!! (si Dieu le veut!) et à verser la bakshish, sans lequel la misère serait plus grande.
Les bagages récupérés, nous rejoignons rapidement la correspondante du tour opérateur. Pour éviter les porteurs de bagages qui courent après les touristes afin de se faire trois sous, elle nous demande de monter rapidement dans l'autocar qu'elle nous désigne. Et hop, direction l'embarcadère.
Le "Nile Style", impossible de l'apercevoir de la berge. Des centaines de bateaux sont accostés et il nous faut traverser le hall de trois embarcations à fond plat pour enfin accéder au nôtre.
Les porteurs déposent nos bagages dans le hall d'accueil du bateau et notre correspondante nous dirige vers la salle de restaurant où les serveurs nous attendent afin de servir le dîner. Soupe, viande, légumes, fruits, le dîner est des plus corrects. Les boissons sont en sus et la bouteille d'eau vaut 16 francs! Un couple partage notre table. Nous sympathisons et apprenons que nous allons passer quinze jours ensemble.
Le sommeil se fait ressentir. Nous récupérons les clefs de nos cabines, nos bagages. Avant d'aller nous coucher, nous consultons le tableau des activités du lendemain et quelle surprise de découvrir qu'il faut se lever à 4h30 pour aller visiter la Vallée des Morts, la Nécropole Thébaine... Les cabines sont étroites, mais très bien conçues, suffisantes pour dormi. Alexandre est ravi d'avoir "ses appartements" pour lui tout seul! Fanny ronchonne un peu!
Jour 2 - Dimanche 9 avril 2000
Après une courte nuit de sommeil, nous nous préparons et allons déguster un petit déjeuner pantagruélique. Mon adjectif n'est pas excessif. Alors que les égyptiens, dans leur majeure partie, sont pauvres et se nourrissent de galettes de pain (aish, baladi), de foul (fèves), d'oignons rouges, les touristes, eux, sont rois. Des viennoiseries de toutes sortes, différents pains, des fruits, des yaourts, confitures faites maison à la figue, à l'abricot, jus d'orange, karkadé (décoction de fleurs d'hibiscus), oeufs durs, fromages, café, thé, lait, chocolat... et j'en oublie. Il faudrait être de mauvaise foi et très difficile pour dire qu'il manque quelque chose. Assis à notre table, nous dégustons avec appétit ces mets d'une grade fraîcheur préparés par le personnel de bord. A ce moment, nous nous apercevons que l'éclairage ambiant a masqué l'obscurité que nous imposent les bateaux collés les uns aux autres. Notre vue donne sur les salles de restaurant voisines.
A 6h30, nous avons rendez-vous avec notre guide, Magued. Ce matin, visite de la Vallée des Rois, la Vallée des Reines, le temple d'Hatshepsout à Deir el Bahari et les colosses de Memnon.
Casquette sur la tête, lunettes de soleil, baskets et sac à dos, les vrais touristes! Nous prenons place dans l'autocar et découvrons enfin la vie moderne de Haute Egypte. Louxor est une ville vivante, animée par les klaxons des automobilistes à la conduite anarchique, mais nous sommes étonnés de voir les rues et routes d'une grande propreté. Des arbres, des fleurs ajoutent de la couleur au paysage.
Des hommes fument le narguilé à la terrasse d'un petit bistrot, d'autres déambulent, font le marché, négocient les prix. La plupart d'entre eux vêtue d'une gallabiah (djellabah pour homme aux manches longues évasées au niveau des poignées) faite maison, dans les couleurs bleu indigo, beige, blanc.
Des femmes font leurs courses, mais ne traînent pas en route pour discuter et surtout pas pour se rafraîchir au café du coin! Elles sont habillées, pour la plupart d'entre elles, d'une robe longue noire avec un voile assorti sur la tête, d'autres portent des vêtements nettement plus gais et colorés. Mais il m'est plaisant de constater que quelques égyptiennes jeunes ou pas portent des habits à l'Européenne tout en respectant les canons de la bienséance.
Des champs de maïs, de tomates, de luzerne, de coton, des bananeraies, des palmiers doum et dattiers se présentent à nos yeux. De petits ruisseaux et des puits chadouf les irriguent avec l'eau du Nil.
Puis quelques maisons paysannes où la vie et le temps semblent s'être arrêtés depuis de 3000 ans. Elles sont semblables aux demeures du temps des pharaons vues sur les différents livres de notre bibliothèque personnelle. En forme de U, une cour centrale accueille ânes, boeufs, chèvres, moutons, poules, chiens, chats. Autour de cette cour trois façades où se situent les pièces occupées par les parents, grands-parents et enfants. Toutes les générations de la famille se cohabitent. Parfois, nous apercevons une tour blanche avec des petits trous partout : il s'agit du pigeonnier.
Depuis la nuit des temps, les Egyptiens élèvent des pigeons par passion, pour les dresser en pigeons voyageurs ou les faire rôtir (avec des amandes, hum!). Les murs de ces habitations sont en briques ou en torchis réalisés avec le limon du fleuve et de la paille, comme avant.
Des enfants courent sur le bord de la route en nous faisant de grands coucous, le sourire aux lèvres.
Au bout d'une demi heure de route, nous découvrons la Vallée des Rois, aride. La route est vallonnée, bordée de montagnes rocailleuses, sableuses, dont la forme pyramidale nous surprend. Le bus s'arrête sur le côté gauche de la route. Magued descend et va chercher les billets.
La Vallée des Rois
Là, je frémis d'impatience. Nous descendons du bus et suivons notre guide au pas de course. Avec les enfants, nous restons bouche bée. Nous voici dans la Vallée des Morts où la chaleur commence à se faire ressentir. Là où les pharaons avaient choisi l'emplacement précis de leur demeure d'éternité (voir dossier sur le blog et le diaporama). Là où les ouvriers artisans de la Place de Vérité de Deir el Medineh (blog et diaporama) étaient au service de Pharaon pour creuser la roche, y faire son tombeau, y décorer les murs, y déposer des objets de grande beauté et de la nourriture, en gardant le secret à tout jamais - enfin c'est ce qu'ils pensaient...
Notre groupe doit répondre au nom de "Pharaons". Magued, avec son accent, le prononce "Pharaos"! et regroupe les circuits "Thôt" et "Memphis".
Nous débouchons au pas de course sur un chemin où des marchands de souvenirs, en gallabiah, nous interpellent en anglais, en allemand, en italien puis en français, afin de nous vendre bibelots, étoffes diverses, etc.
"Allez Madame, chouf! C'est pas cher! Moins cher que gratuit!"
Quelques enfants ne ratent pas une occasion pour quémander stylos, bonbons et une pièce de monnaie.
"10 francs Madame! 10 francs!".
Comme j'ai prévu la situation, je leur donne quelques friandises car je refuse de donner de l'argent à des enfants et pour rien. Ce n'est pas leur rendre service, bien au contraire.
Puis nous traversons un bar-boutique pour accéder à une place où des petits trains touristiques sur roues, déjà bondés, nous épargnent l'ascension d'une route épuisante dont la pente assez raide serait praticable à pied uniquement pour les courageux et ceux qui ont le temps, le nôtre est compté. Quelques touristes préfèrent louer les services d'un petit âne. A vous dire vrai, les pauvres petits trains chargés ont du mal à assurer leur course. Nous passons entre les montagnes pyramidales à la roche couleur ocre, sous un ciel azur. Nous sommes en fait parmi des oueds asséchés.
Des militaires nous font ouvrir les sacs à dos afin de vérifier l'absence d'armes, de caméras vidéo et d'appareils photos. Nous nous acquittons d'une taxe de 5£e, livres égyptiennes soit 10 francs, qui nous autorise à prendre des photographies. Nous pourrons donc photographier en respectant l'interdiction d'utiliser le flash pour ne pas détériorer les peintures millénaires. Nous laissons le camescope à la consigne.
Que la visite commence!
Nous entrons dans la tombe de Ramsès IV. Nos regards sont comblés. Nous ne rêvons plus sur la beauté des peintures sur papier glacé. Nous avons devant nos yeux les véritables chefs d'oeuvre d'une grande perfection aux couleurs vives. Que de respect envers ces artistes anonymes de l'Ancienne Egypte. Et dire qu'ils peignaient à la simple lueur d'une petite mèche ne dégageant pas de fumée ou dans l'obscurité afin de ne pas souiller les murs et que la pureté du lieu ne soit trahie. Le lieu est magique.
Ce qui ne l'est pas, c'est le peu de temps qui nous est octroyé pour l'admiration et la contemplation.
Vite, direction : la tombe e Ramsès III, petit-fils de Ramsès II, fils de Méremptah (vous découvrirez dans le chapitre "Thèbes" le majestueux temple funéraire de Ramsès III).
Une petite pose nous est promise, juste devant la tombe de Tout-Ankh-Amon. Un de mes rêves et de visiter cette tombe, mais lorsque le guide nous annonce que l'entrée est au prix de 150£e (3000ff), nous nous en passons, avec regret. Et dire que Tout-Ankh-Amon est là, près de nous et que ... Tant pis, nous la visiterons lors d'un prochain voyage. Inch'Allah ! Bon, sans rancune.
Puis, nous continuons notre course vers la tombe de Thoutmosis III. Nous montons les nombreux barreaux de l'échelle qui se dresse devant nous, dans un petit canyon.
Nous pénétrons dans la montagne et là, la magnificence de l'art du Moyen Empire Egyptien et du lieu de la vie éternelle de Pharaon se révèle à nous. Nous découvrons une grande salle carrée avec au centre, l'énorme tombeau de granit de Thoutmosis III. Sur les murs bien lisses sont peints des extraits du Livre des Morts, du Livre des Portes protégeant le défunt après son jugement devant les douze portes du jour, et les plus difficiles, les douze portes de la nuit. Le pesage du coeur devant Anubis et Osiris permettant l'accès à l'Am-Douat (l'au-delà), y est représenté. La fraîcheur du lieu est très appréciable, ce qui ne gâche rien.
Nous faisons à regret chemin inverse, direction l'autocar pour aller à Deir el Bahari (un beau dossier vous sera proposé sur le blog).
Sur la route, en quittant la Vallée des Rois, sur notre gauche, haut perchée, la maison de Howard Carter. Cet homme avait d'ici une splendide vue sur le site et du calme favorisant la réflexion et l'étude. N'aidait-elle pas à la méditation aussi ?
La Vallée des Morts est à la fois un lieu paisible, serein et mystérieux.
Combien de tombeaux dorment encore dans la tranquillité de l'anonymat? La Nécropole Thébaine n'a peut-être pas révélé tous ses secrets. Lorsque l'on est passionné par les vieilles pierres de l'Histoire, l'archéologie chatouille notre esprit d'amateur.
Nous arrivons sur un grand parking empli de cars touristiques et de taxis blanc et bleu - Peugeot 504 Break pour la plupart. Des marchands nous accostent de nouveau, sans grand succès... nous sommes pressés!
Le guide va nous chercher les tickets d'entrée, 12£e (24F), 5 £e (10F) la taxe pour l'appareil photos et 25£e (50F) celle du camescope.
Après être passés au détecteur de métaux et à la fouille des sacs à dos, nous voici dans une grande allée aride, caillouteuse et face au temple de la Reine-Pharaon (elle n'a pas été la seule d'ailleurs) Hatshepsout, bâti au pied de la montagne juste derrière la Vallée des Rois, et reconstruit surtout depuis l'attentat de 1997 qui avait fait plus de 70 morts, des touristes européens, c'est pour cela qu'aujourd'hui, pour notre sécurité, il y a beaucoup de contrôle et de militaires sur les sites.
Le lieu se nomme "Olwet Abdel Qurna".
Deir el Bahari
(Un dossier complet sera mis à votre disposition sur le blog)
En regardant l'aile droite, un frisson nous parcourt le dos. Et dire, qu'il y a trois ans, des terroristes extrémistes musulmans avaient fait exploser une bombe tuant et blessant de nombreux touristes. Bref, n'y pensons plus pour éviter de gâcher l'instant.
L'espace étant occupé par les ouvriers, nous nous contentons de visiter l'aile basse à notre droite, l'aile d'Anubis. Malgré l'attentat, les peintures sont restées d'une grande beauté.
Après une heure passée à Deir el Bahari, nous reprenons le car pour aller dans la Vallée des Reines où ont été inhumés épouses, mères et enfants de pharaons. La vallée se situe à l'extrême sud de la Nécropole Thébaine.
Sur la route, à notre gauche, se dressent les restes du Ramesseum, temple funéraire de Ramsès II dit Ramsès le Grand, quelque peu dépouillé au premier abord. Nous aimerions nous y arrêter un instant, mais ce n'est pas à notre programme... ( dossier prévu sur le blog).
Le car s'arrête dans un petit village. Nous faisons une halte dans une manufacture d'objets en albâtre. Sur le pas de l'entrée de la boutique, un artisan, assis à même le sol, nous fait la démonstration de son art. Puis, nous entrons dans la boutique. De nombreux articles de plus ou moins bonne facture sont exposés à la vente. Nous nous laissons tenter par un scarabée en pierre et Fanny s'offre une statue de la déesse Bastet, la chatte, déesse des guérisseuses et protectrice du foyer.
Après avoir négocié les prix (très important et recommandé) nous sortons afin de profiter de quelques instants de tranquillité! Face à nous, un village typique attire notre attention, il s'agit du village d'el Gournah. Un peu haut perché, il est constitué de modestes maisons aux murs peints de scènes relatant le pèlerinage à la Mecque.
La Kaâba (construction carrée, recouverte d'un drap noir, au centre de la grande mosquée de la Mecque où se recueillent au moins une fois dans leur vie les musulmans), est peinte sur le de la demeure du Hadj (titre donné au pèlerin), un avion, un dromadaire, un palmier et le pèlerin. Les couleurs vives égayent le site quelque peu désertique de ces dessins naïfs. Le guide nous explique que le pèlerinage coûte cher et les départs limités. Par souci d'équité, les autorités n'octroient qu'un pèlerinage par personne dans sa vie, à condition que le futur Hadj (homme comme femme) se soit inscrit sur la longue liste d'attente.
Ce village d'el Gournah est habité par les enfants et petits-enfants de pilleurs de tombes. Certaines familles vivent dans des tombes. El Gournah est la Vallée des Nobles. En regardant la photo ci-dessous, vous trouverez le pléonasme...
Tout le monde remonte dans l'autocar climatisé, direction la Vallée des Reines.
Dans l'Ancienne Egypte, ce lieu était nommé Taset-Neferou qui signifiait "La Place des Beautés". Aujourd'hui, il s'agit de Biban el Harim.
Nous voici dans la Vallée des Reines où le paysage a un air de famille avec la Vallée des Rois en moins grandiose. Magued va chercher les billets d'entrée. Ne pouvant photographier l'intérieur des tombes puisque, je le rappelle avec insistance, les flashes détériorent les peintures, nous décidons de laisser le camescope et l'appareil photographique sous la surveillance des gardiens à l'entrée du site. Et à force de payer des taxes de ceci, de cela, dès le premier jour, nous préférons limiter les faux frais.
La Vallée des Reines
(Quelques lignes seront dans le blog)
La première tombe visitée est celle de Théti, la tombe n°52. Il s'agit d'une épouse d'un des Ramsès de la 20ème dynastie.
Nous y pénétrons. Sur les murs du couloir, Théti se tient devant des divinités pour son jugement de passage dans la Vie Eternelle. Elle a la coiffure de l'enfance, c'est-à-dire qu'elle porte la tresse sur le côté du crâne, signe de grande jeunesse. Fut-elle une si jeune épouse ou s'agit-il de la fille de Pharaon? Les peintures de la sépulture sont de moins grand qualité que celles que nous venons de voir dans la Vallée des Rois. Le tombeau est même plus modeste : une antichambre, la chambre funéraire et trois petites salles.
Magued désire nous mener à la tombe n°55 d'un des fils de Ramsès III, Amenher-Khopchef, mais il y a trop de monde. Alors, nous prenons la direction de la tombe de Khaem-Ouaset, la tombe n°44, un des frères d'Amenher-Khopchef.
Dans cette tombe joliment décorée, nous voyons le jeune prince accompagné de son père devant plusieurs dieux. Les peintures y sont moins riches que pour les pharaons, mais tout aussi captivantes. Nous nous rendons compte que l'art culturel et mythique égyptien est très complexe et que tout est lié le jour avec la nuit, le ciel avec la terre, un dieu, son épouse et leur enfant, etc... Et le tout représente la Vie.
La tombe de la reine Nefertari (cf blog) est ouverte au public (plus depuis septembre 2002), mais le prix d'entrée est de 150£e (300F) pour limiter les touristes afin de préserver les peintures d'une très grande beauté. Comme pour la tombe de Tout-Ankh-Amon, avec le coeur serré, nous nous abstenons...
La Vallée des Reines nous déçoit un peu. Pris par le temps, la visite est bâclée et nous restons sur notre soif de savoir.
Sur le chemin du retour, nous faisons une pose devant les colosses de Memnon. 18m de hauteur, taillés dans un bloc de grès de la ville d'Assouan, ils représentent le pharaon Aménotep III, appelé à tort Aménophis III, père d'Akhenaton. Ils étaient, à l'époque, à l'entrée du temple funéraire de ce pharaon, aujourd'hui détruit, mais où des fouilles ont été reprises. Il faut dire qu'à l'époque, les bâtisseurs utilisaient volontiers les pierres érigées par leurs prédécesseurs, sans doute par économie.
Au pied du colosse de droite se trouve l'épouse du pharaon, Ti, et à gauche, sa mère, Montemouia.
Début de la croisière
Nous sommes de retour sur le bateau et dégustons le déjeuner pendant que la navigation commence sa course tranquillement de 50 km sur le Nil en direction d'Esna.
Nous allons sur le pont profiter du soleil d'avril et du calme de la navigation à contre courant pour admirer les rives du fleuve.
Chaque rive est différente. Celle de droite est plus verdoyante et agricole que celle de gauche où les montagnes du Désert Libyque offrent un sable ocre. Une similitude pourtant les rapproche : elles sont toutes deux bordées d'une chaîne de montagnes arides.
Sur les berges, des enfants nus se baignent dans le Nil pendant que leur mère lave le linge dans les mêmes eaux et que leur père pèche la perche ou cultive son champs. Le poisson du Nil est le latès ou le bolti est fameux s'il a bien dégorgé, sinon bonjour le goût de vase...!
Les scènes de la vie égyptienne moderne qui s'offrent à nous depuis seulement quelques heures sont semblables à celles peintes sur les murs des temples funéraires de la Vallée des Morts. Nous avons devant nous un peuple pur et serein malgré la pauvreté, fier de son histoire. C'est comme si le temps s'était figé et pourtant, la vie continue.
Dans la cour d'une modeste maison paysanne, un petit âne gris brait, des poules caquettent et des enfants s'amusent bruyamment. Nous leur faisons de grands signes amicaux.
Fanny met son maillot de bain et va patauger dans la petite piscine. L'eau y est bonne et rafraîchit agréablement pendant que Rê brûle la peau.
Soudain, nous remarquons que la rive gauche devient de plus en plus aride ; le désert gagne du terrain et arrive jusqu'au bord du Nil tandis que l'autre rive est couverte de cultures diverses, blé, orge, luzerne, maïs, canne à sucre... On trouve aussi beaucoup de bananeraies et de palmiers dattiers.
Des hommes et jeunes garçons pèchent comme leurs ancêtres. Ils sont deux par barque, l'un jette un harpon ou un petit filet sur le poisson pendant que l'autre rame ou tape sur l'eau pour réveiller l'animal aquatique.
Un paysan manoeuvre son chadouf ( puits à balancier) qui puise l'eau pour irriguer les cultures.
Un léger vent nous caresse et crée une dentelle de vaguelettes sur le fleuve mythique. Soudain, au détour d'un méandre, en plein milieu du fleuve sacré, un arbre solitaire se plaît à émerger des eaux.
Notre bateau croise d'autres embarcations touristiques et klaxonne bruyamment à chaque fois. Les touristes se saluent mutuellement avec un sourire de bonheur aux lèvres.
Les eaux bleues offrent un délicieux contraste de couleurs pour les objectifs avec le vert de la végétation du rivage, l'ocre des terrains et de la montagne et le ciel.
Par-ci, par-là, nous voyons des felouques (el felouqa en arabe) amarrées ou berçant les paysans sur un léger clapotis.
Les felouques ressemblent aux anciennes embarcations égyptiennes, avec un haut mât où se dresse une grande voile triangulaire de coton blanc souvent rafistolée grossièrement avec les moyens du bord. L'une d'entre elles, chargée de pierres de construction navigue d'une rive à l'autre.
Il est déjà tard lorsque nous arrivons à Esna. Face à l'écluse, une trentaine de bateaux attend son tour de passage.
Les horaires d'ouverture et de passage de l'écluse sont réglementés, nous devrons passer la nuit amarrés à Esna.
Nous sommes installés confortablement sur le pont et profitons de la fraîcheur de la fin d'après-midi. La piscine est toujours de rigueur.
Cette fin de journée de farniente n'est pas pour nous déplaire. A 17h30, tout le groupe des "Pharaons" est convié au bar pour prendre le thé et converser avec le guide sur la suite de notre programme.
Magued nous affirme que nous passerons l'écluse demain de très bonne heure et nous indique que demain nous rions visiter le temple d'Horus à Edfou ( cf dossier blog).
Après le dîner, nous partons nous coucher sans demander notre reste! Quelle journée et que de souvenirs!
JOUR 3 - LUNDI 10 AVRIL 2000
Il est 5h. Je me lève tôt dès que j'entends les moteurs du bateau reprendre leur ronronnement. Je monte sur le pont. Le Nile Style se présente devant la porte de l'écluse, en suivant un autre bateau.
C'est la première fois que je vois et passe une écluse. Cela m'impressionne. La grande porte d'acier s'ouvre et les deux bateaux s'engouffrent dans un étroit tunnel. 1m seulement de marge entre les flancs de l'embarcation et les énormes murs de l'écluse. L'entrée se fait au pas, et la porte se referme derrière nous.
C'est stupéfiant de voir que le bateau est en dessous du niveau de l'eau du fleuve et que le pont supérieur est au même plan que la réserve d'eau. Les bateaux, amarrés, attendent que le niveau de l'eau dans le sas rejoigne celui de l'amont pour être libérés. Il est l'heure de réveiller les enfants et d'aller prendre le petit déjeuner.
Le bateau sort de l'écluse et navigue vers Kom Ombo sur 185 km. Je profite du pont supérieur jusqu'à 11h, puis descends déjeuner pour être prête à 12h30 et visiter le temple du dieu Horus, dieu à tête de faucon, à Edfou (cf dossier blog).
Toujours au pas de course, nous suivons le guide. Il prend les billets de 20£e chacun (40F). Nous sommes face aux murs grandioses, gigantesques du Temple d'Horus, fils d'Isis et Osiris.
Le Temple d'Edfou
(cf blog dossiers "Temples" et "Dieux et Déesses")
Les façades sont décorées de gravures, de bas-reliefs sur toute la largeur et la longueur des murs. Les anciens égyptiens travaillaient tels des Cyclopes pour porter et tailler ces énormes blocs de pierre, de granit à des hauteurs aussi impressionnantes. Et dire qu'à l'époque il n'y avait pas de caterpilar ni bulldozers!!
Nous faisons une halte devant l'entrée du temple qu'on appelle le premier pylône. Magued nous fait remarquer la forme spécifique de la façade, que nous retrouverons sur tous les temples égyptiens, du plus ancien jusqu'à l'époque gréco-romaine.
Ces deux trapèzes latéraux avec la porte plus petite symbolisent les montagnes qui bordent le Nil avec le fleuve au centre.
Le temple mesure 137m de long, 36m de haut sur 80m de large. Les prêtres et Pharaon y vénéraient le dieu à tête de faucon, Horus, fils d'Osiris et d'Isis, qui vengea le meurtre de son père. Le temple a servi d'exemple pour l'édification de celui d'Hathor à Denderah, moins bien conservé mais très harmonieux.
De chaque côté de l'entrée, une énorme statue en granit noir d'Horus nous souhaite la bienvenue dans ses lieux. Nous passons le premier pylône et accédons à une cour à ciel ouvert encadrée d'énormes colonnes sculptées.
Les chapiteaux des colonnes sont soit de forme papyforme (papyrus), soit lotiforme (lotus), symboles de la Haute et Basse Egypte. Hiéroglyphes, peintures et gravures d'autres dieux narrent les moments importants et Pharaon y présente ses offrandes.
Nous nous sentons tout petits devant le grandiose et la beauté du site.
Face à nous, se dresse l'entrée de la salle hypostyle, gardée à gauche par une autre statue de granit d'Horus. Une salle est dite hypostyle lorsqu'elle est composée de nombreuses colonnes soutenant un plafond.
Nous y pénétrons et découvrons quelques "chibani" (vieux égyptiens) assis sur le socle d'une colonne. Ils discutent ou se reposent en profitant de la fraîcheur du lieu. Ces gardiens, dans leur jeunesse, ont travaillé sur les sites de fouilles, et ils sont de grand conseil pour des détails historiques. Ils connaissent le temple comme leur poche!
Dans cette salle, nous découvrons à droite une grande niche qui, d'après mes lectures, était une bibliothèque et à gauche une Per-Douat, la maison du Matin, où l'on faisait la première prière de la journée.
Enfin, nous arrivons dans une seconde salle hypostyle, sombre, où les passages presque secrets et lugubres se présentent à nos yeux de touristes curieux. Nous levons la tête et remarquons les peintures aux couleurs vives originelles sur le plafond et le haut des murs. Le plus décevant est de constater qu'une couleur noire les souille. Cela est dû à la suie des cierges qu'allumaient les Chrétiens lorsqu'ils se sont emparés des temples de l'Ancienne Egypte. Ils ont même eu la cruauté de marteler des sculptures qu'ils considéraient indécentes, telle que l'image du dieu Min, dieu de la Fécondité et de la Fertilité, au sexe d'une impressionnante longueur.
Les touristes cherchent un endroit intime, sans foule, pour filmer et photographier afin d'immortaliser cette première visite très réussie.
Le groupe des "Pharaons" suit Magued. Nous nous plaçons à droite de la Salle des Offrandes. Le guide nous fait un cours sur le dieu Horus et nous donne des explications fort intéressantes sur les peintures qui nous entourent. Puis, il nous laisse une demi heure de liberté afin de déambuler à notre guise devant tant de beauté. Des scènes relatent des cérémonies, le culte à ce dieu, ainsi que la pose de la première pierre du temple!
Au fond du temple, le sanctuaire. Le naos où Pharaon, le grand prêtre suivis des prêtres du temple venaient vénérer le dieu. Dans une petite chapelle aux portes en bois, au milieu de la pièce, était posée la statue en or d'Horus. Le rituel voulait que chaque matin on habillait, lavait et parfumait la statue. Puis on refermait les portes que l'on scellait de cire.
A cet instant, un mystère cultuel nous envahit. Nous imageons les rituels sacrés quotidiens.
Soudain, la méditation est brisée par l'appel de notre guide nous priant de la rejoindre. La visite est déjà terminée!
Dans une ruelle commerçante d'Edfou, chacun cherche sa calèche. Un commerçant nous interpelle et nous vend un petit instrument de musique à cordes au prix dérisoire. Il s'agit du premier cadeau acheté et à rayer de la liste que nous avions établie!
Nous sommes en retard et les calèches roulent aux pas de course : Quinté - Quarté Plus d'Edfou !!!
Heureusement, nous arrivons à l'heure sur le bateau (sinon nous retardions la navigation) et allons déjeuner.
Une purée de pois chiches, l'hommos, parfumée à la tahina, pâte aromatisée au citron, avec quelques feuilles de coriandre fraîche et une galette de pain baladi nous sont présentées sur la table en "amuse-bouches". Nous bavardons avec Brigitte et Gérard sur cette sortie. Nous sommes unanimes : Fabuleux!
Le service commence. Au menu salade de crudités (à éviter, sauf si les légumes sont épluchés, sinon, gare à la tourista!). Perche du Nil frite, pommes de terre vapeur, tomates au four. En dessert, une assiette de fruits, dattes fraîches, petite banane, orange. Un conseil, peler tous les fruits.
Le déjeuner terminé, nous allons à la boutique du bateau acheter une vingtaine de cartes postales et les timbres.
Alexandre est dans sa chambre et regarde la télévision par satellite. Malgré ses 17 ans, il a du mal à rester sans connaître les informations! Je descends le chercher pour qu'il s'amuse un peu et se fasse des connaissances. J'arrive tout de même à le convaincre de profiter de la piscine. Une fois sur le pont, alors qu'il se prépare à se mouiller dans le petit bassin, il glisse et tombe les fesses dans l'eau, les quatre pattes en l'air! De superbes jeunes brésiliennes se font dorer au soleil avec leurs petits amis, sursautent en entendant le gros plouf qui accompagne la chute d'Alexandre et lui demandent si tout va bien! Ecarlate, il leur répond qu'il ne s'est pas fait mal. Pour la drague et la première sortie de la journée, il ne passe pas inaperçu!!
Sur le pont, une grande bâche protège les passagers de la chaleur et du soleil. Nous profitons de cet instant de détente pour rédiger notre courrier destiné à la "pauvre" famille et aux amis restés en France!
Nous sommes là, sur le Nil, en direction de Kom Ombo. Le paysage et la douceur de la navigation nous rendent calmes et heureux. Finis les soucis français, nous sommes loin. Laissons-nous vivre... Depuis que nous avons pris l'avion pour Louxor, plus aucun souci ne perturbe nos esprits de français moyens.
En maillot de bain, bien huilée pour "éviter de frire", je profite du paysage égyptien qui s'offre à mes yeux. Je mitraille à l'autofocus. Pourvu que les photographies soient réussies, sinon... il faudra revenir !! Déjà, dans mon esprit, je compte retourner en Egypte le plus rapidement possible.
Le soleil se couche de bonne heure au mois d'avril, vers 17h30 - 18h ( à cette période il n'y a pas de décalage horaire avec la France). La douceur de l'air devient très agréable. Nous retournons dans nos cabines pour nous doucher et nous habiller pour le dîner.
Alexandre tape à la porte pour m'annoncer qu'il a la dysenterie... J'ai prévu la trousse à pharmacie où les anti diarrhéiques sont de rigueur, ainsi que quelques pansements et un aspi venin.
Nous allons passer un petit moment au salon boire un apéritif : une bière régionale, la Stella, un coca et un cocktail. Au prix du verre d'alcool, je reste sobre !!
19h, l'heure du dîner. Nous descendons au restaurant joliment décoré dans un style des années 1930. La couleur verte domine. Des colonnes marron marbré habillent la salle meublée de tables rondes à la nappe toujours propre, des canapés et des fauteuils verts offrent une assise confortable, et le service est à la Française. Des plantes agrémentent un peu plus l'atmosphère. Les hublots du restaurant sont à niveau de l'eau, c'est assez surprenant.
Ce soir, pour le dîner, nous sommes comblés : un buffet oriental où rien ne manque, pas même les délicieuses pâtisseries.
Chich kebab (brochettes d'agneau), kefta (boulettes de viande aux senteurs d'épices orientales), falafel (boulettes de pois chiches frites), taboulé dont la graine est au boulgour, etc...
Aucun mets n'est pimenté, mais tous sont délicieusement parfumés.
Tout à coup, des chants et des tam-tam résonnent dans la salle. Le personnel arrive en costume traditionnel et chante une mélopée égyptienne très répétitive, comme se doivent toutes les musiques et mélodies orientales. Le chef cuisinier, en queue de cortège porte un énorme gâteau. C'est l'anniversaire d'un passager, la surprise est grande pour tout le monde, mais si agréable et conviviale. Ce soir, c'est une Gallabiyah-Party! Nous n'y participerons pas, n'ayant pas de déguisement mais une autre soirée est prévue.
Le dîner terminé, nous descendons au bar se désaltérer avec un bon thé à la menthe ou un karkadé. Au centre de la grande salle se trouve la petite piste de danse. Une jolie danseuse orientale se déhanche aux rythmes endiablés des tam-tam. La sensualité de la danse du ventre échauffe les âmes. Soudain, un égyptien d'une cinquantaine d'années s'approche de la danseuse avec dans chaque main une paire de sagates (petites cymbales de cuivre). Il entame alors un cérémonial de séduction parfois avec humour où tous les spectateurs rient aux éclats. L'ambiance créée par le couple est d'une grande émotion.
Le spectacle terminé, nous partons nous coucher. La journée a été bien chargée et la nuit de repos bien méritée.
En ouvrant la porte de nos chambres respectives (305 et 306), nous poussons un cri avant d'éclater de rire! Le personnel de chambres avait réalisé des personnages assis sur le lit avec nos vêtements! Un oreiller en guise de corps recouvert d'un de nos tee-shirts, un pantalon de jogging, jambes pendantes, une paire de baskets sur le sol, une serviette de toilette enroulée avec un visage dessiné au feutre et un chapeau ou casquette sur la tête. C'est une plaisanterie sympathique!!
JOUR 4 - Mardi 11 avril 2000
Nous naviguons vers Assouan sur 45 km. Nous nous réveillons à 9h, notre première grasse matinée! Nous prenons le petit déjeuner, le serveur vient nous proposer café, chocolat, thé. Nous allons nous servir les petites viennoiseries...
Puis, nous mettons nos maillots de bain et piquons une tête dans la piscine et bain de soleil jusqu'à midi. Que la vie est dure!
A 14h, nous prenons place dans l'autocar pour une visite des alentours d'Assouan avec un arrêt au Haut Barrage.
ASSOUAN
Nous passons sur le pont des Anglais où le premier barrage, aujourd'hui, n'a qu'une seule vanne en fonctionnement. Avant la construction du barrage, Assouan était une frontière entre l'Egypte et la Nubie et la capitale de cette dernière.
Nous descendons du bus et allons au Barrage. Il est gigantesque mais a détruit le paysage et relégué au rang des souvenirs les crues du Nil qui fertilisaient les terres.
En amont du barrage, le Lac Nasser où vivent toujours quelques crocodiles du Nil en voie de disparition. En voyant une partie de cette immense retenue d'eau, nous ne pouvons rester insensibles sur le malheur de milliers de Nubiens qui durent quitter leur demeure et leurs racines englouties à jamais dans les profondeurs du lac. Les Nubiens ont été relogés à Assouan où leurs petits villages typiques peuvent être visités par les touristes, ainsi que le Musée Nubien. Les Nubiens, malgré tout, essaient de conserver leurs traditions et leur langue.
N'oublions pas que certains vestiges pharaoniques baignent dans ces eaux pour l'éternité. Il est certain que ce barrage fournit une énergie nécessaire au pays, mais il a modifié la faune et la flore du fleuve le plus long du monde et de ses berges. Aujourd'hui, les paysans récoltent davantage au prix, eux aussi, d'engrais chimiques qui polluent le Nil.
Après une photo souvenir du groupe devant ce monstre de béton, nous prenons le chemin de Philae.
PHILAE
(cf dossier "Temples" et "Haute Egypte" sur le blog
Les temples de l'île de Philae datent de l'époque ptolémaïco-romaine. Le monument le plus ancien date de la 25ème dynastie (770-712 avant JC). Les égyptiens y adoraient Isis, déesse de la Famille et de la Femme (cf dossier sur le blog).
Le temple d'Isis renferme une petite chapelle consacrée à Osiris, son époux.
Nous prenons place sur un bateau à moteur bruyant et polluant pour nous rendre sur l'île d'Agilka. Sur un rocher, un ibis blanc sociable regarde le bateau évoluer sur l'eau. Alexandre a le sourire aux lèvres, il est radieux, il adore l'histoire, en fait, il s'intéresse à tout ! Fanny discute avec une camarade et semble ne pas être passionnée outre mesure des instants qui lui sont offerts. Ce n'est pas bien grave, elle est jeune, mais cela me déçoit un peu.
Soudain, le bateau vire à bâbord et là, entouré de végétation verdoyante et de splendides fleurs aux couleurs vives, le Kiosque de Trajan nous accueille.
Nous débarquons sur la nouvelle Philae, Agilka, et arrivons sur une place bordée de part et d'autre d'une rangée de colonnes aux chapiteaux représentant des sistres (instrument de musique, tel un hochet) ; face à cette place : l'entrée du temple d'Isis (un dossier sur le blog sera complet);
La façade est colossale, avec la même forme caractéristique que celle rencontrée au temple d'Horus. Sur les murs sont sculptés Isis, Horus, Nephtys (soeur d'Isis, Osiris et Seth). Elle a le devoir de veiller avec sa soeur sur le corps sans vie d'Osiris) en grandeur surréaliste. Des touristes poursuivent leur visite en passant par la grande porte du centre de ka façade ou les deux plus petites latérales. Comment oeuvraient les artisans de l'ancienne Egypte pour réaliser tant de splendeurs gigantesques qui semblent indestructibles?
Nous flânons et imaginons les rituels passés. Tous pans de murs et colonnes sont recouverts de hiéroglyphes et de gravures, comme pour expliquer aux générations chaque détail de la vie et prouver que leur vie était réellement éternelle...
Près du Kiosque de Trajan, un petit temple se présente à nous. Au centre, un bloc de grès avec, au sommet, un siège en granit. Il s'agit du temple de l'accouchement où les femmes venaient prier pour soulager leurs douleurs de futures mères.
La vue sur le lac de l'île de Philae est splendide, un lieu d'une sérénité absolue.
Il est temps de quitter ce site de rêve.
Sur la route du retour, le chauffeur de l'autocar nous fait un petit plaisir et repasse devant le Old Catarac Hôtel afin que nous prenions une photo souvenir. Dans une avenue sableuse, notre chauffeur s'arrête. Nous descendons visiter un institut de papyrus.
L'entrée est somptueuse. Nous accédons, par la gauche, à un escalier qui mène au sous-sol. Une grande galerie d'exposition nous accueille. Au fond, à droite, un employé nous explique comment se réalisent les papyri depuis la nuit des temps.
Les tiges de la plante de papyrus sont taillées en lamelles puis trempent dans l'eau une à deux semaines suivant la qualité désirée. Les lamelles ramollies et dépourvues de sucre sont aplaties au rouleau (à pâtisserie) et disposées alternativement à la verticale et à l'horizontale sur un tissu de coton. Elles resteront sous presse pendant une à deux semaines. De ce principe, résultera une feuille de papyrus. Une fois séchée, un artiste peint une Ankh (croix de la vie), un Horus, une scène de l'Egypte Antique, etc...
Nous en achetons quelques uns dont le superbe buste de Nefertiti peint sur papyrus vieilli. En fonction de nos achats, le commerçant nous en offre un. Ravis de nos achats, le guide a sa petite commission. De jeunes enfants nous accostent à la sortie pour nous vendre des marques pages en faux papyrus. Nous en négocions dix pour 10F!
Eh oui, attention ! Il existe aussi le faux papyrus... qui est réalisé à partir de feuilles de bananiers. Ces feuilles sont très fragiles et de moins bonne qualité. Pour les reconnaître, afin d'éviter d'acheter à prix d'or une fausse feuille de papyrus, l'artisan nous a expliqué qu'il fallait bien regarder la feuille et repérer de petits points noirs rappelant la peau de banane tachée. De plus, si en la pliant, celle-ci se casse et s'effrite, il s'agit bien d'un faux papyrus.
De nouveau sur le bateau, les enfants s'en retournent à la piscine ; je me fais une petite sieste!
A 19h, nous descendons dîner et repartons rapidement à Philae pour le Son et Lumière. Il fait nuit noire et nous restons groupés. Les gens se piétinent pour essayer de voir un peu mieux que les autres. Les Européens deviennent des sauvages dès qu'ils quittent leur pays. Enfin, le récit commence. Les éclairages embellissent les lieux qui deviennent féeriques.
Je n'ai jamais assisté à un Son et Lumière et j'avoue que cela me laisse rêveuse. L'histoire d'Isis et Osiris, celle de l'île et de son déclin dû au christianisme est raconté avec envoûtement.
C'est déjà terminé et il se fait tard. L'air est frais, et nous rentrons au bercail. Pour atteindre le petit bateau à moteur qui est chargé de nous ramener jusqu'au bus, ce n'est pas une mince affaire. Les gens se bousculent ou restent en plein milieu du chemin nous empêchant de rejoindre notre "matelot". On ne sait jamais, peut-être leur ôterions-nous l'air qu'ils respirent? Pauvres personnes "civilisées"... L'acidité de mes propos est sécrétée par l'impression amère que me laissent certains contemporains avec leur précipitation face à des joyaux millénaires. Le savoir-vivre est une science que bien des peuples ont acquis sans connaître l'industrialisation. Alors que certains touristes visitent en "colonisateurs"...
JOUR 5 - Mercredi 12 avril 2000
Le téléphone sonne : il est 4h30! Aujourd'hui, c'est encore un grand jour, peut-être même le plus grand car nous allons visiter l'étonnant site d'Abou Simbel!
Après le petit déjeuner que nous dégustons avec toujours autant de plaisir, notre groupe est réuni à 7h précises dans le hall d'accueil. Magued arrive, récupère nos billets d'avion qui étaient en lieu sûr dans le coffre de la réception, vérifie que le groupe est au complet et nous quittons le Nile Style pour prendre place dans le bus, direction l'aéroport d'Assouan.
Il s'agit d'un aéroport refait de neuf, très joli, à la façade en marbre rose. L'intérieur est d'une propreté remarquable. Nous passons aux détecteurs de métaux à trois reprises avant de pouvoir s'installer patiemment dans la salle d'attente; Puis, Magued nous appelle, nous tend les billets et nous passons à un guichet où deux militaires les vérifient ainsi que nos passeports. Puis nous grimpons dans un petit bus nous conduisant à notre avion.
Tout autour de l'aéroport, nous apercevons des abris militaires avec des avions de guerre et des hommes mitraillette en bandoulière. Nous sentons que la ville d'Assouan, avec le barrage, est un lieu à protéger des attentats. C'est une ville stratégique qui pourrait être visée par les extrémistes dont certains seraient protégés par le Soudan si proche.
Le vol se passe très bien. Le nez collé au hublot, je me délecte de la vue du paysage désertique que nous survolons. Pas un point d'eau, pas un arbre, seule une longue route solitaire marque le sable d'un ocre d'or. Le vol dure 45 mn.
Nous descendons de l'avion, faisons 200m à pied sur la piste pratiquement déserte. Il est 8h30 et la chaleur commence à se faire ressentir. Nous sommes dans le Tropique du Cancer! Nous passons une fois de plus au détecteur de métaux et sortons de l'aéroport d'Abou Simbel. Les façades extérieures sont très raffinées ; nous montons dans un autocar climatisé.
Après 5km de route environ, il s'arrête et nous dépose sur une place fleurie, au milieu du sable, où de nombreux commerçants vendent des souvenirs.
Au pas de course, une fois de plus, nous suivons Magued sur un chemin de sable légèrement vallonné. Soudain, nous remarquons, sur notre gauche, une colline. Nous rectifions alors notre rythme de marche pour profiter, au ralenti, de la découverte et pouvoir l'immortaliser à jamais dans notre mémoire.
Les quatre gigantesques statues de 20m de hauteur de Ramsès II, assis les mains sur les cuisses nous accueillent. Leur sourire, esquissé à la commissure des lèvres, leurs yeux nobles, tendres et majestueux nous interpellent!
Nous semblons minuscules aux pieds de la façade du temple couleur sable qu'un ciel bleu turquoise met encore plus en valeur.
Abou Simbel
(un dossier sera sur le blog dans Nubie, Temples)
Petit Historique du Sauvetage des deux Temples d'Abou Simbel
En 1952, le président de la république d'Egypte de 1956 à 1970, Monsieur Gamal Abdel NASSER, annonça la construction du Haut Barrage d'Assouan. Cette entreprise, d'un grand intérêt pour le pays, menaçait de nombreux temples pharaoniques construits sur la terre nubienne et allaient être engloutis pour toujours dans les profondeurs des eaux du lac créé.
Aussi, l'UNESCO chargea Madame Christiane DESROCHES-NOBLECOURT (qui consacrera 20 ans au sauvetage des temples menacés par le barrage, et première dame à être Directrice de l'IFAO, Institut Français d'Archéologie Oriental, du Caire), et Monsieur Sawat OKASHA, ministre de la Culture Egyptienne, de tout mettre en oeuvre pour sauver les monuments. Monsieur André MALRAUX se mobilisa aussi pour sensibiliser les pouvoirs publics sur l'intérêt de telles sauvegardes pour l'humanité.
Cinq années leur seront nécessaires pour recueillir tous les documents sur les temples et étudier leurs emplacements. C'est ainsi que le temple de Ramsès II et celui de sa première épouse Nefertari furent démontés pierre par pierre. Ce qui représente 1036 blocs de grès pesant entre 20 et 30 tonnes chacun numérotés et répertoriés.
Afin de reproduire le lieu où étaient creusés les deux temples d'Abou Simbel, une colline artificielle en béton fut construite 64m au-dessus de leur place initiale, tout en respectant, avec précaution, leur sens d'orientation par rapport au soleil.
L'inauguration du sauvetage de ces deux temples déplacés se fit le 22 septembre 1968.
Le résultat de ce travail titanesque est stupéfiant et la colline, comme vraie.
En tout, 14 temples furent déplacés et sauvés des eaux par l'UNESCO. il y a entre autres celuis de Kalabsha, Ouadi el Seboua, Kasr Ibrim (cf dossier blog Nubie, Temples). Je vous invite à vous offrir une croisière sur le Lac Nasser ; vous n'en serez pas déçus.
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Nous sommes face aux colosses de Ramsès le Grand, fils de Séthi 1er, pharaon du Nouvel Empire, et Tiyi.
La façade extérieure a une forme trapézoïdale. L'entrée du temple bordée par les deux statues de 20m de haut de chaque côté paraît minuscule. Aux pieds de Pharaon, sur les balustrades, le dieu Râ-Horakhty (cf dossier Dieux et Déesses sur le blog) sur le temple. Brisée par un tremblement de terre, la tête de la deuxième statue à notre gauche gît sur le sol.
Les têtes ramessides portent la double couronne, le pschent, signifiant que Ramsès II est le pharaons des deux Terres d'Egypte, la Haute(au sud) et la Basse (au nord) Egypte et sur le front, l'uraeus en forme de cobra, autrement appelé Ouadjet. A leur menton, pend la barbe postiche.
Contre les jambes de Pharaon, son épouse et un de leurs fils, peut-être Méremptah, symbolisent une famille unie.
Sur le sommet du temple, une rangée de babouins salue le lever et le coucher du soleil.
Avant de passer la porte d'entrée, dans l'allée principale, des gravures montrent le dieu Hâpy (dieu du Nil, cf dossier sur blog dans "Dieux et Déesses") avec un sein pendant sous un bras, reliant les deux rives du Nil avec un brin de papyrus et un brin de lotus. Cette représentation symbolise la réunification des Deux Terres de Kemet, ainsi était le nom de l'Egypte à l'époque pharaonique.
En dessous d'Hâpy, une longue rangée de prisonniers nubiens et libyens sont représentés les bras ligotés dans le dos, vaincus par Pharaon.
Le gardien du temple se tient devant la porte d'entrée, la fameuse clef Ankh dans la main, celle qui ouvre la porte du temple. Quel privilège ai-je que de la tenir!!!
Tout flash est strictement interdit dans l'enceinte du temple au risque de se voir expulsé du lieu...
Nous pénétrons dans la première salle. La statue de Râ-Horakhty nous accueille avec de chaque côté de l'allée centrale, une rangée de quatre grandes colonnes de 8m de haut présentant Pharaon dans la position d'Osiris dans le corps momifié. Ces colonnes sont dites osiriaques.
Sur le plafond bleu, d'immenses aigles aux ailes déployées sont peints avec, entre chaque rangée de rapaces, le cartouche du pharaon.
Derrière les colonnes, les murs sont recouverts de hiéroglyphes et de gravures, toujours en relief, où Pharaon relate sa supposée victoire sur les Hittites lors de la Bataille de Kadesh. Victoire supposée car Ramsès II prétend à son peuple avoir remporté la bataille comme son père, Séthi 1er, alors qu'il a pactisé avec l'ennemi en signant le premier Traité de Paix de l'histoire de l'humanité.
Il se tient devant nous, debout sur son char. Il a fière allure. Ses deux chevaux, qu'il adorait, ont une noble prestance. Ramsès II tend son arc et vise l'ennemi.
D'autres scènes narrent cette victoire où Pharaon, d'une main, tient les prisonniers par les cheveux, de l'autre brandit son arme en piétinant les Hittites vaincus et gisant sur le sol.
Plus loin, avant d'entrer dans la Salle des Offrandes, les murs montrent Ramsès II battant l'Ennemi devant les Dieux. Dans cette salle, tout le rituel du pharaon devant les dieux est raconté. Ramsès, à genou, se prosterne devant Amon, Râ-Horakhty, Ptah, Min, etc... (cf dossier "Dieux et Déesses" sur le blog), en leur offrant quantité de mets, pain, poisson, fruits, encens, parfum, bijoux, et autres produits manufacturés, pour avoir la certitude d'accéder à l'Au-delà et avoir la vie éternelle.
Nous poursuivons la visite et arrivons dans une salle avant le sanctuaire, appelée pronaos. Sur les murs, Pharaon est représenté avec sa première épouse Nefertari, dont l'amour était passion.
Au fond du temple, et en son centre, le naos, le sanctuaire. Une salle où quatre statues de taille humaine nous font face et nous regardent. Les têtes, les mains et les pieds étaient recouverts de masque, bras et sandales gainés d'or.
Les statues représentent de gauche à droite : Ptah (dieu de l'Ombre), Amon (dieu primordial), Ramsès II déifié et Râ-Horakhty ( Horus de l'Horizon).
Lors des équinoxes, le 22 février et le 22 octobre, le soleil pénètre dans le naos et éclaire surtout les deux statues centrales, tandis que Ptah est le seul à rester dans l'ombre. C'est pour cela que l'orientation du temple est très importante. Cependant, le fait de l'avoir surélevé de plus de 60m, cela a un peu décalé les jours et heures de cette mystique illumination.
Le cartouche de Ramsès II est gravé sur tous les murs, y compris sur les colosses de la façade principale extérieure.
Savez-vous d'où vient le mot "cartouche"?
Lors de la campagne de Napoléon en Egypte, les soldats avaient trouvé une ressemblance entre certains groupes de hiéroglyphes emprisonnés dans un "ruban gravé" et les cartouches de leurs armes et les nommèrent donc "cartouches". Depuis, leur définition est dans le dictionnaire!
Magued nous appelle à son bon souvenir et nous quittons ce lieu d'où émane un réel mysticisme. Nous faisons 50m et nous découvrons le temple de Nefertari plus modeste, moins grandiose, mais la façade n'en est pas moins belle et très fine.
(Un dossier sera sur le blog dans "Temples", "Nubie")
Le Temple de Nefertari
Je vous présente la grande épouse royale :
Sur la façade extérieure et de chaque côté de l'entrée, trois statues se dressent devant nous. De part et d'autre, deux de Ramsès II, debout, la jambe gauche en avant représentant le pharaon guerrier,encadrent celle de Nefertari "La plus belle parmi les belles", portant la couronne d'Hathor, un sistre à la main. Les petits colosses mesurent 11,50m de haut, avec à leurs pieds, de petits personnages : ce sont leurs enfants.
Moins de visiteurs s'empressent dans ce temple pourtant adorable.
Nous pénétrons dans la salle à piliers hathoriques, ce qui signifie que la tête de la déesse Hathor, à cornes de vache y est représentée. Les colonnes, trois de chaque côté, ont une base carrée, sont blanches, peintes avec goût et délicatesse. A ce moment, je regrette de ne pas avoir visité la tombe de Nefertari dans la Vallée des Reines, car elle a le mérite d'être belle à en pleurer (je l'atteste pour l'avoir visitée en juillet 2002).
Sur les piliers, en relief et peinte, la déesse Hathor surveille l'allée centrale, tandis que les autres faces sont ornées de dieux tels que Thôt (dieu ibis, dieu de la Connaissance, du Savoir et des scribes), Râ-Horakhty (Horus de l'Horizon qui était surtout vénéré en Nubie).
Sur certains murs de l'entrée principale, nous retrouvons les peintures de Ramsès II combattant l'ennemi avec détermination, sur d'autres, Nefertari est là, de toute beauté, jouant du sistre et entourée des déesses Hathor (déesse de la danse, de la musique et de l'amour) et Isis (déesse épouse protectrice). Les couleurs sont encore vives. Le charme des personnages dessinés est impressionnant. La finesse d'exécution et le détail font du lieu un petit havre de paix.
Sur les deux murs délimitant la salle à piliers avec le vestibule, la reine offre du lotus et du papyrus à Hathor et Isis. Cette triade est splendide.
Nous accédons dans le vestibule où d'autres scènes de la reine accompagnée de son époux, des deux déesses s'offrent à nos regards.
Dans le naos du temple, un bloc de rocheux. C'est tout ce qui reste de la statue de la déesse Hathor qui occupait le sanctuaire.
Nous sommes tributaires du vol aérien pour retourner à Assouan. Nous embraquons. Il est 10h30 et la température est déjà de 37°C à l'ombre ! Après 45 mn de vol, nous arrivons à l'aéroport et retrouvons le bateau.
Assouan est une ville balnéaire où il fait bon vivre. Le petit Saint-Tropez Egyptien!
Après le déjeuner, nous embarquons sur une grande felouque. Le navigateur est nubien. Il porte une gallabiyah avec un petit chapeau de coton blanc et fume une Cleopâtra (cigarette égyptienne). Un problème surgit : il n'y a pas un brin de vent et la felouque n'avance guère!
Sur la rive gauche, des tombeaux de Nobles et de hauts dignitaires dominent le fleuve. Ces demeures d'éternité sont perchées à flanc de colline, sur une pente abrupte. Le guide n'a pas beaucoup d'explications à nous donner.
Les villages nubiens sont plein de charme. Nous longeons l'île de Lord Kitchener, autrement appelée l'île aux fleurs. Elle a été offerte à ce Lord Anglais par l'Egypte. Il y fit planter quantité d'arbres et plantes exotiques. Aujourd'hui, l'île est un musée botanique de toute splendeur. Sur les arbres, des dizaines de gros ibis blancs se reposent.
A l'horizon, nous voyons le grand mausolée de l'Aga Khan III avec un contrebas la superbe villa blanche de son épouse, la Bégum, ancienne Miss France. Tous les jours, elle dépose une rose devant la tombe de son défunt mari. D'après le guide, elle serait la belle-mère de l'actrice Rita Hayworth, qui vient de temps en temps se détendre et profiter de la sérénité de cette ville et de son climat.
Le navigateur a des difficultés à faire demi-tour avec sa felouque. Nous avons beau souffler tous ensemble dans la voile... Rien n'y fait!!
Un jeune enfant nubien vient à notre rencontre. Il est assis dans une toute petite barque. Il rame avec ses mains en nous chantant fièrement "Il était un petit navire"! Nous entonnons la chansonnette avec lui ; il est ravi! Je lui donne une casquette, des friandises, un stylo "automatique" (ils adorent!). Et il repart vers une autre felouque voir ce qu'il peut en récolter...
Une felouque moderne, avec moteur, nous dépasse. Nous hurlons : "Non! Regardez! Il n'a pas coulé!". Eh oui, le nom de l'embarcation est le "Titanic"! Nous avons du mal à rejoindre le Nile Style, cela ne nous dérange pas, nous sommes en vacances après tout! Cette petite promenade est très agréable. La felouque arrive sur la petite berge de bois installée sur un bateau. Nous quittons notre typique barque pour plus de confort.
Après une bonne douche, les enfants s'en vont à la piscine, pour ma part, je décide d'aller faire un tour dans la ville d'Assouan. Sur le trottoir, un chibani vend des journaux européens. C'est l'heure de la sortie des classes et les écoliers, collégiens, lycéens, en tenue réglementaire bleu foncé et blanc, sortent de leur établissement scolaire.
Des enfants viennent quémander stylos, friandises... Comme j'ai en permanence le sac à dos garni de Surprises, je distribue! Les enfants sont ravis et parfois veulent se battre pour en avoir plus. Après avoir fait les gros yeux à quelques uns trop gourmands et quelques mots en Arabe de dits, le calme revient et je retourne vers les miens d'enfants sur le pont!
Après un après-midi de farniente, la navigation reprend. Direction le temple de Kom Ombo.
Kom Ombo
Face au temple, les marchands vantent leurs écharpes multicolores, leurs gallabiahs, leurs bibelots en tout genre. Le soleil s'est couché, et pour combler l'obscurité, des guirlandes lumineuses aux ampoules colorées éclairent les stands. Un brouhaha pittoresque crée une ambiance agréable et pleine de vie. Un vieil égyptien souffle dans sa flûte pour charmer son serpent, mais le pauvre reptile n'est pas bien nerveux, et tous les passants plaisantent sur la fatigue incontestée du couple!
Nous visitons Kom Ombo dans la pénombre grâce à laquelle les lampes torches attirent remarquablement les moustiques voraces!
Nous ne voyons pas grand chose, cela est bien regrettable. Nous allons tout de même dans une petite salle où quatre crocodiles momifiés sont exposés. Leur conservation est extraordinaire : la peau est intacte, leurs dents, leurs griffes sont d'une blancheur à couper le souffle. Nous avons le sentiment qu'ils sont morts hier.
Ce qui est admirable dans ce temple, ce sont les peintures des murs, des plafonds, et la délicatesse des bas-reliefs (cf dossier dans "temples", sur le blog).
Nous repartons vers le bateau. Arrivés sur la rive, pas de bateau...!
En attendant que notre bateau daigne se montrer, nous discutons avec le guide sur la vie française. De fausses idées lui ont été rapportées sur notre pays, comme par exemple, le rythme de vie de Français. Lorsque je lui déclare que la misère existe aussi chez nous, il n'en croit pas ses oreilles et pourtant... Nous parlons alors des Restos du Coeur, du chômage, des SDF, des morts de froid l'hiver sur nos trottoirs, etc... La discussion est enrichissante pour tous. Les échanges d'opinion nourrissent les esprits.
Ca y est, notre navire arrive. La soirée se déroule dans la tranquillité et la sérénité du dieu Fleuve.
Jour 6 - Jeudi 13 avril 2000
Depuis cette nuit, le bateau navigue vers Louxor. La navigation d'Assouan, Kom Ombo jusqu'à Louxor est d'environ 280 km.
Le soleil commence à brûler. Une nouvelle belle journée s'annonce! La tranquillité de la croisière est reposante. Chemin inverse faisant, nous découvrons la rive droite, à notre droite cette fois-ci, puisque nous suivons le courant du fleuve du sud vers le nord. De nouvelles scènes de vie se présentent devant nos yeux touristiques. Lorsque soudain, une crèche vivante est là près de nous : un abri de fortune fait de branches de palmiers et de toile abrite un âne, une chèvre, un bovin surveillés par un jeune enfant et son père habillés tous deux d'une gallabiah. Une vieille égyptienne toute vêtue de noir porte sur la tête une grosse bassine en plastique pleine de galettes de pain, l'aish. Elles sont crues et vont être cuites dans le four traditionnel du village où le seul combustible utilisé est les excréments de bestiaux et de paille. Mais je vous tranquillise : aucune odeur nauséabonde ni même un mauvais goût ne gâchent la qualité de ces petites galettes moelleuses et délicieuses.
Nous apercevons une saquieh, la roue à eau munie de plusieurs cruches puisant l'eau du Nil et la versant dans les champs. Ce système hydraulique existe depuis les temps anciens.
Après le déjeuner, le bateau fait un arrêt à Esna. Nous descendons pour découvrir cette ville aux maisons couleur sable. Des mosquées et une église copte culminent sur la ville tout entière, et cohabitent, symbole puissant entre les musulmans et les coptes.
Des lycéennes viennent de quitter l'école, el madrassa, et rentrent chez elles. Les rues sont propres et quelques arbres les fleurissent.
Nous pénétrons dans une ruelle commerçante. Les marchands nous vantent leurs produits. Nous les remercions en leur déclarant que pour l'instant nous ne faisons que regarder.
Au bout de la ruelle, un militaire est posté devant sa jeep, mitraillette en main. Bonjour l'accueil! Nous allons lui demander si nous pouvons nous promener dans la ville. Le militaire nous fait signe de partir avec son arme et un air très sévère.
Esna est une ville intégriste, donc mieux vaut être prudent et suivre l'ordre de ne pas s'aventurer dans les lieux "interdits".
Nous nous accoudons à un mur et regardons ce qui se trouve dans la grande fosse devant nous : il s'agit du temple de Khnoum, le dieu bélier, créateur de l'Humanité grâce à son tour de potier avec lequel il façonna la Terre!
Il est à une dizaine de mètres en dessous du sol. Avec les siècles et les crues du Nil, il avait été enseveli par le limon du fleuve.
Il paraît que ce temple est splendide, avec un plafond intact illustré de représentations astronomiques, des signes zodiacaux, des hiéroglyphes d'une pure beauté et chaque chapiteau de colonne est différent.
Ne sachant à qui se renseigner et un peu pris par le temps, nous ne le visitons pas et décidons de faire, enfin, quelques achats. De plus, ce soir, une Gallabiah-Party est organisée et nous aimerions y participer.
Face au temple, une boutique nous semble bien sympathique. Nous y entrons et commençons à admirer les divers produits exposés. Le vendeur vient à notre rencontre. Je lui demande le prix de certains articles. Il me répond, dans un français très correct, de choisir ce qui nous plaît et le prix sera étudié ensuite.
C'est parti! Des gallabiah, deux nappes et leurs serviettes, des tee-shirts, un petit voile coloré et quatre écharpes aux couleurs chatoyantes.
Le vendeur réunit la marchandise et nous le suivons dans l'arrière boutique. Il nous offre le thé à la menthe, et nous voici en pleine négociation!
Nous sommes satisfaits : le tout pour 500 FF! Et en plus, il nous offre une belle chemise blanche pour homme!
En sortant, un égyptien regarde ma fille et moi, et s'adresse à mon fils :
" 3 millions de livres égyptiennes pour les deux gazelles!!"
Mon fils est fou de rage!!! Et nous, nous rions! Plaisanterie exotique!
Ravis, nous retournons sur le bateau, et la navigation reprend pour passer l'écluse.
Un peu de détente, bronzette, piscine, puis nous descendons dans nos cabines pour nous déguiser. Nous voici en égyptiens d'adoption!
Le repas oriental se déroule à merveille. Ensuite, avec un des couples de notre groupe et le guide, nous allons au salon qui fait dancing le soir.
La musique orientale est de rigueur, cela est parfait puisque j'adore la danse du ventre et prends des cours en France.
Je n'ose aller sur la piste de danse toute seule. Tant pis, j'y vais. Les vacances sont faites pour s'amuser aussi! Et je m'amuse comme une adolescente. Magued va chercher un tam-tam et nous dansons ensemble à deux reprises.
Puis des jeux s'organisent. L'animatrice égyptienne appelle les gens à venir jouer. Magued insiste, et me voici, pivoine, mêlée aux fêtards!
Le premier jeu consiste à former plusieurs groupes de personnes au nombre bien précis lorsque la musique s'arrête. A la fin, ne doivent rester que deux femmes et un homme. Nous ne savons pas comment se terminera le jeu.
Les groupes se forment et j'y suis toujours! Jusqu'à la fin. Soudain, la musique s'arrête et le monsieur se jette sur moi comme un fou et risque de se casser la figure. L'autre dame, d'un certain âge, reste seule, et... gagne! Nous avons bien fait rire l'assemblée et nous nous sommes bien amusés.
Puis, un autre jeu se prépare. L'égyptienne demande des femmes. Et bien sûr, je me lance! Le jeu consiste à faire le maximum de bises aux messieurs dans la salle en 1mn!
Le jeu commence. Chaque femme attend son tour pour se ruer sur la gente masculine. Je suis la dernière à participer au supplice. Et devinez qui gagne? Ma petite personne avec 41 bises en 45 secondes!! Les autres concurrentes font la tête, et moi je suis ravie d'avoir gagné mon cocktail de fruits!
Bon, nous avons bien rigolé, maintenant, dodo!
Jour 7 - Vendredi 14 avril 2000
Nous nous réveillons à Louxor. Ce matin, nous visitons les temples de Karnak et Louxor. Pour éviter la chaleur et surtout la foule, le départ en bus se fait à 7h. Enfin un rêve d'enfant qui se réalise!!
Karnak
Nous voici à Karnak. A notre arrivée nous sommes accueillis par l'allée de sphinx à tête de bélier et au corps de lion bordant l'allée légèrement inclinée qui mène au temple. Cette allée de sphinx, le dromos, était longue de 3 à 4 km. Elle reliait Karnak à Louxor. Les fouilles se poursuivent afin de la remettre au jour.
Le lieu est tranquille. Il est 8h du matin, le brouhaha touristique ne retentit pas encore. Des oiseaux chantent leur bonheur d'être à l'ombre.
Nous passons le premier pylône, la porte d'entrée de l'énorme enceinte et entrons dans le temple d'Amon. Tout y est gigantesque.
Nous nous trouvons dans la grande cour où d'autres sphinx sont posés sur le sol. Au centre, le Kiosque de Taharqa. A sa droite, le temple de Ramsès III. Près du premier pylône, le temple de Sethi II. La cour à ciel ouvert est bordée de colonnes papyformes et d'autres au chapiteau lotiforme d'une hauteur impressionnante. Les blocs de pierre qui les constituent ainsi que ceux des façades des temples sont énormes.
La statue de granit du grand prêtre d'Amon, Pinedjem, qui deviendra pharaon, est dressée dans la cour avec en arrière plan un palmier verdoyant. J'avais pris lecture qu'il s'agissait d'une statue de Ramsès II que s'appropria Pinedjem.
Décidément, l'Ancienne Egypte était grandiose.
Nous voici dans la salle hypostyle que l'on nomme "La Forêt de Colonnes". Elle possédait un plafond. Aujourd'hui, elle est à ciel ouvert. Elle est immense! Les gravures des colonnes et des murs d'enceintes sont d'une beauté incomparable.
Au fond, nous apercevons l'obélisque d'Hatshepsout, ainsi qu'une colonne inachevée. En effet, les blocs de granit arrivaient brutes, étaient alors dressées puis taillées, gravées et peintes. Cette colonne a encore une partie de granit non travaillée.
Les architraves entre deux colonnes sont aussi sculptées et peintes avec des couleurs vives, au nom de Pharaon, Ramsès II, Maître de la Haute et de la Basse Egypte. La Haute Egypte étant le Sud, la Basse Egypte étant le Nord du pays. L'intérieur de son cartouche est peint en jaune et le symbole de Rê, le dieu solaire, est un disque rouge. A gauche de ce cartouche, sont gravés le symbole de l'ankh, la croix de la vie, et d'une pyramide. Je demande au guide la signification de ces deux symboles qui d'après lui, indiquent le nouveau nom qu'a pris le pharaon lors de son couronnement, son nom d'Horus, sachant qu'il en avait plusieurs. L'ankh et la pyramide ensemble pourraient signifier "di ankh", celui qui donne la vie. Mais je ne suis pas du métier, une simple passionnée, donc, sans doute fais-je mauvaise route? A droite du même cartouche, une abeille splendide et rouge, symbole de la Haute Egypte et le roseau de papyrus, symbole de la Basse Egypte, et encore l'ankh. Ce qui signifie que Pharaon était le Maître des Deux Terres d'Egypte.
Nos yeux ne sont pas assez grands et le temps qui nous est imparti trop court pour pouvoir enregistrer à jamais dans notre mémoire toutes ces merveilles.
D'autres cartouches sont magnifiquement conservés. Et les oiseaux chantent toujours!
Nous commençons à sentir la chaleur, mais l'ombre des colonnes nous rafraîchit.
Je conseille à tous les futurs touristes de visiter ce lieu magique et d'ouvrir leurs sens pour en apprécier toute la splendeur.
Des cérémonies où Pharaon est avec les dieux sont gravées avec finesse et proportion sur tous les murs.
Nous levons encore la tête pour admirer les hiéroglyphes en haut des murs alors que le ciel d'un bleu turquoise embellit le lieu saint.
Une énorme grue moderne gâche la vue, mais les fouilles se poursuivent pour notre plus grand bonheur.
L'obélisque de la Reine-Pharaon Hatshepsout pointe son pyramidion, qui était recouvert d'électrum, vers les cieux. La souveraine l'avait offert aux dieux pour son couronnement.
Nous poursuivons la visite dans ce labyrinthe de granit d'Assouan. Nous arrivons au Lac Sacré où les prêtres et Pharaon venaient se purifier.
Tout près de là, un énorme scarabée de granit (le plus gros d'Egypte) est posé sur une petite colonne. Si nous en faisons sept fois le tour, notre voeu se réalisera! Le scarabée adoré, Kheperou, était la représentation terrestre de Rê. Cela s'explique par le fait que dès le lever du soleil, le scarabée façonne et fait rouler les boules de bouse, aussi rondes que le soleil, et disparaît le soleil couché.
Un nilomètre d'eau croupie se présente face à nous. Beaucoup de touristes passent sans y porter cas et pourtant... il s'agit bien du premier Centre des Impôts de l'Humanité! Le plus beau et le plus important nilomètre est celui d'Assouan sur l'île Eléphantine.
Le guide nous octroie 30 mn de liberté parmi les ruines de Karnak.
A un détour, nous voyons une façade où des représentations de lions sont magnifiques. Quelle frustration que de ne pas connaître les hiéroglyphes...
Puis, nous arrivons dans un petit temple couvert où des couleurs splendides ornementent le chapiteau des colonnes nettement moins hautes que celles précédemment admirées. Du bleu, du rouge, du jaune. Soudain, nous remarquons la gravure "Champollion" sur une d'entre elles. S'agirait-il de la signature de Jean-François Champollion? Oui ou non, je suis désolée : il s'agit de tag... A-t-on besoin d'immortaliser son nom ainsi?? Surtout que sa réputation n'avait point besoin de cela... Bref. Les architraves sont d'un bleu turquoise. A l'origine, ce devait être magnifique. Si mon plan est juste, il s'agirait du temple de Thoutmosis III.
Il est l'heure de rebrousser chemin pour retrouver le groupe.
Arrivés sur la place où stationnent les taxis et les bus touristiques, un seul n'est pas au rendez-vous : le nôtre! Après 1h30 de retard, il arrive enfin. Nous sommes tous enragés, nous aurions préféré profiter de cette attente pour découvrir mieux Karnak... Nous voici repartis pour Louxor qui se trouve donc tout proche d'ici.
Louxor
Nous sommes sur le site de Louxor, l'ancienne Thèbes, où la foule touristique grouille. Si nous étions arrivés plus tôt, comme prévu...
La façade extérieure est grandiose. Bordant l'entrée principale, deux colosses assis de Ramsès II nous accueillent dans ce lieu sacré. A notre gauche, se dresse le seul obélisque restant. L'autre, celui de droite, est sur la Place de la Concorde à Paris. Les deux ont été offerts à la France par l'Egypte en 1821, mais celui qui est toujours en place a été laissé à l'Egypte par le président François Mitterand. Et c'est bien mieux ainsi. Lorsqu'on pense à tous les obélisques qui ornent les places de grandes villes mondiales... Personnellement, j'aurais préféré que les deux obélisques restent à Louxor.
Aux pieds des colosses de Ramsès II, des gravures représentent des prisonniers de guerre nubiens avec le nom de leurs provinces respectives conquises par Pharaon, ainsi que deux représentations de Hâpy, dieu du Nil, reliant la Haute et la Basse Egypte, et la gravure hiéroglyphique de l'Egypte (en arabe, Egypte se dit Masr ou Misr, en réalité : Msr...).
Autour du socle de l'obélisque, des statues de babouins évoquent la renaissance, le lever du jour.
Sur les façades extérieures du pylône, nous remarquons les mêmes gravures qu'à Abou Simbel : la fameuse Bataille de Kadesh.
Nous quittons le parvis et passons le pylône pour arriver dans la cour de Ramsès II.
A droite, se dresse un petit temple érigé par Thoutmosis III. A gauche, les Arabes ont bâti une mosquée dont l'ancienne entrée surplombe la cour de Ramsès II. Cela est surprenant mais s'explique par le fait que lorsque la mosquée a été construite, le site archéologique était totalement ensablé et la porte était alors à niveau!
La cour est bordée de colonnades où les oiseaux se plaisent aussi. Des statues de Pharaon guerrier (une jambe de la statue en avant) se dressent entre chaque colonne. Nous pénétrons dans le couloir de la colonnade, puis dans la cour d'Aménotep III, cette dernière est bordée de soixante colonnes sur deux rangées aux chapiteaux en forme de papyrus fermé, ressemblant aux flans faits maison (suivant la description de ma fille!).
Avant d'arriver dans une salle hypostyle en partie couverte, nous faisons une halte de quelques instants pour admirer une façade gréco-romaine où des peintures de personnages ont été peintes sur un mortier recouvrant les écrits égyptiens d'antan.
Nous passons une porte gréco-romaine et pénétrons dans la salle hypostyle pour accéder dans le sanctuaire de la Barque Sacrée.
Au fond du temple, une petite salle appelée Saint des Saints, un naos où était placée la statue du dieu Amon.
Louxor plus petit que Karnak conserve son propre charme.
Le groupe sort du site et nous admirons l'allée des sphinx au corps de lion et à la tête de pharaon. Deux hollandaises passent près de nous et nous demandent de les photographier. Bien volontiers! Et, clic! Elles sont dans la boîte!
Notre après-midi est libre, nous décidons alors de visiter le Musée de Louxor avec notre guide.
Arrivés à la caisse, nous avons la mauvaise surprise de constater que le billet d'entrée vaut 30 £e, alors que le tarif du tour-opérateur est de 260 FF par personne... Cherchez l'erreur, surtout l'arnaque! Mais on ne nous y prendra plus...
Nous pénétrons dans le musée où de la moquette rouge et noire éclairée d'une lumière tamisée met en valeur les statues exposées.
Tout de suite à droite, un énorme buste d'Amenotep III en granit souhaite la bienvenue aux visiteurs et, protégée par une vitrine, Hathor, la déesse à tête de vache, nous salue avec son large sourire!
Au rez-de-chaussée, nous admirons des statues-cubes de pharaons et de nobles qui étaient offertes à un dieu et déposées dans le temple, ou posées devant la tombe du défunt.
au milieu de la salle, trône une sublime statue de la déesse lionne, Sekhmet, dont le regard et les moustaches sont sculptés avec délicatesse.
Nous allons à l'étage supérieur et observons plusieurs palettes d'offrandes où était posée de la nourriture pour le défunt.
De nombreuses petites poupées en forme de sarcophages portent le nom d'ousebtis. Déposées dans la tombe, elles se devaient d'aider le mort dans toutes ses activités quotidiennes dans l'Au-delà. S'il s'agissait de la tombe d'un souverain, elles étaient au nombre de 365, soit une pour chaque jour de l'année.
Quelques sarcophages sont devant nos yeux ébahis, il s'agit principalement de cercueils de femmes, d'époque ptolémaïque.
Toute une fresque peinte, décrivant des scènes de vie et divers corps de métier (agriculteurs, vendangeurs, boulangers, etc... ) de l'époque d'Akhenaton enjolive une grande partie du mur gauche de la salle. J'avoue apprécier l'art Amarnien.
Dans les vitrines murales, sont épinglés des pièces de monnaie et des bijoux grecs.
Nous redescendons pour visiter l'aile du Trésor de Karnak appelé la "Cachette". La salle se situe à gauche, avant la sortie du musée. Quantités de belles statues se font dévorer des yeux, elles ont été trouvées dans un puits à Karnak et découvertes en 1989. Nous admirons, entre autre, la superbe statue de schiste vert de Thoutmosis III.
Le musée a été offert par le gouvernement Français.
Nous quittons le musée et allons chercher de l'argent au distributeur. Finalement tout coûte cher, surtout l'eau minérale. Sur le chemin du retour, un splendide coucher de soleil s'offre à nos yeux. En Egypte, sur les rives du Nil, lorsque le soleil se noie derrière la montagne d'Ouest, le ciel offre une palette d'oranges, de bleus pastels et vifs, tandis que l'anthracite peint les ombres des palmiers, des bosquets et des felouques qui rejoignent la berge. Une température douce permet aux corps chauffés par Rê de se détendre.
Ce soir, nous assistons au Son et Lumière de Karnak!
Le bus s'arrête sur la place où de nombreux autres véhicules sont stationnés. Magued va prendre les tickets et nous entamons tous une interminable file d'attente. Nous restons groupés car la foule est dense. Le spectacle débute alors que nous sommes encore sur le parvis de l'allée des sphinx.
La lumière s'éteint et une voix masculine commence sa narration. Dès que certains spots s'éclairent, la vague humaine s'engouffre dans la salle hypostyle. De vivre quelques instants dans ce splendide site, la nuit, nous envahit d'un mystère à couper le souffle. Nous stoppons notre marche lente et écoutons un nouvel épisode, et ce, durant une bonne vingtaine de minutes.
Nous passons près du Lac Sacré et montons nous installer sur des tribunes. Comme il n'y a plus de place assise, nous nous asseyons par terre devant un petit muret. En fin de compte, la place est parfaite : aucune tête devant nous, seulement la vue complète sur le Mystère!
Des lumières de différentes couleurs illuminent des monuments, le conteur nous fait rêver par ses descriptions et une musique digne des musiciennes et danseuses de la Maison de Vie nous mettent dans l'ambiance. Ce Son et Lumière est fabuleux, nous nous imprégnons de l'histoire et avons le sentiment que les fantômes de prêtres, de pharaons, de danseuses, de musiciennes vont hanter Karnak et engloutir les touristes! De la musique et des chants antiques mêlés de voix de foule nous font revivre l'exaltation de la Fête d'Opet.
Une voix féminine narre un poème d'amour.
Nous ne voyons pas le temps passer, et pourtant, le spectacle é duré une heure trente!
Nous quittons les tribunes et le temple pour rejoindre notre véhicule et retourner à bord de notre embarcation.
Jour 8 - Samedi 15 avril 2000
Le réveil sonne à 6h30 aujourd'hui.
Nous avons le coeur serré : nous quittons le bateau et notre guide définitivement pour aller à Hurghada, en Mer Rouge, en bus par convoi escorté par les militaires.
Après les adieux, nous montons dans l'autocar. Il est 8h30. Nous ne sommes pas très détendus en songeant qu'autant de militaires signifie peut-être un danger... Il nous faudra 4h30 avant d'arriver à notre hôtel.
Nous traversons des montagnes de granit où parfois un guetteur, mitraillette à la main, surveille le convoi de peur d'attentat extrémiste.
Au bout de deux heures de route, nous faisons une "pose-pipi" dans un coin hostile, perdu en plein désert. Une petite buvette peut désaltérer le touriste. Les toilettes coupent l'envie, de plus, la "feuille de papier rose" est payante! Tout est moyen de gagner un peu d'argent. Cette demi-heure de détente permet de nous dégourdir les jambes sous un soleil de plomb. Quelques eucalyptus créent des points d'ombre qu'un chien endormi sait apprécier aussi. Nous remontons dans le bus.
Il est 14h lorsque les côtes désertiques de la Mer Rouge se dévoilent à l'horizon. La seule vie qui s'offre à nos yeux est l'ensemble de chaînes d'hôtels.
Une partie des occupants du bus est déposée à un hôtel. Puis, vient notre tour, à l'Intercontinental Resort. L'extérieur a un style oriental au crépis de couleur ocre.
Nos bagages sont réceptionnés par des employés très classe. Nous nous installons dans le salon du hall d'entrée de l'hôtel où le marbre est partout présent. Le représentant de notre tour-opérateur sur place s'occupe des formalités d'enregistrement.
Nous suivons les grooms tirant nos valises jusque devant des villas avec un rez-de-chaussée et un premier étage dont les façades ocres mettent en valeur le rose fushia des bougainvilliers. Le premier à découvrir ses appartements est Alexandre, le fiston. Il nous fait un petit signe le sourire aux lèvres. Nous nous donnons rendez-vous pour 21h dans le salon pour aller dîner. Eh oui, encore manger!!
Nous poursuivons notre promenade et entrons dans un lieu magique! Un grand hall d'entrée avec un salon spacieux avec télévision par satellite, une salle à manger avec un buffet, une table, des chaises et une petite cuisine américaine. Tout y est raffiné.
Notre chambre est au rez-de-chaussée et comprend un placard encastré, une télévision, un mini-bar, un grand lit pour deux personnes, un lit pour Fanny. Une salle de bains avec commodités, le marbre est bien présent là aussi, avec téléphone et séchoir!
Le premier étage est composé de trois grandes chambres comparables à la nôtre. Dans l'une d'elles est logé un des couples de notre groupe.
Nous commençons à apprécier le luxe! Deux grandes baies vitrées éclairent le salon. L'ensemble donne sur un jardin où la pelouse verdoyante borde une petite piscine privée, réservée aux pensionnaires des quatre chambres. Il y a sept villas de ce genre en plus du bâtiment hôtel.
La vue est splendide. Des jardins magnifiques où règnent pelouse, palmiers, hibiscus et bougainvilliers aux couleurs chatoyantes. Une légère brise marine nous permet de supporter la chaleur.
Il est 18h et le soleil se couche déjà.
Après une baignade dans la Mer Rouge, nous prenons une bonne douche et nous habillons pour le dîner.
Enfin, nous réussissons à joindre Alexandre au téléphone... Monsieur profite de sa piscine, il fait sa petite vie tranquille, et vient nous rejoindre.
Nous nous concertons et échangeons nos avis respectifs que la qualité de l'établissement : tout est nickel!
La salle de restaurant est très grande. Le repas est un buffet où spécialités orientales et occidentales, à volonté, hument agréablement bon. Les trois jours à Hurghada sont en demi-pension. Nous nous passerons de déjeuner.
Après dîner, le groupe se sépare et part se coucher. Demain sera un jour, enfin, de total farniente!
Jour 9 - Dimanche 16 avril 2000
Hurghada
Sur les côtes de la Mer Rouge, de grandes stations balnéaires meublent l'immense désert de l'est égyptien. Hurghada est l'une d'elles.
A la base, un village ; cette ville s'étend maintenant sur 45km.
On y rencontre beaucoup de touristes venant de l'Europe de l'est et de Russie profitant d'un climat exceptionnel.
Les lieux marins de cette mer sont magnifiques et très prisés par les amoureux de plongée sous-marine. Le taux de salinité de l'eau est très élevé.
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Nous avons dormi comme des loirs, mais je suis la première levée, à 7h30! Je mets le maillot de bain, m'installe sur la terrasse et assiste au lever de soleil.
Ca y est, ma petite famille est prête pour aller prendre le petit déjeuner. Au buffet nous sont proposés des mets salés, sucrés, divers petits pains, brioches, confitures faites maison, karkadé, thé, café, chocolat, lait crémeux comme il n'en existe plus en France, même s'il est entier... Tout y est afin de se remplir l'estomac pour tenir jusqu'au soir.
Nous faisons le tour de la grande piscine pour accéder à la plage où des chaises longues et des parasols en feuilles de palmier sont à la disposition des clients.
Le sable est blanc et la mer d'un bleu turquoise si intense que la couleur nous éblouit. Les pieds dans l'eau, nous remarquons que sa température est au-dessous de nos espérances. Peut-être est-ce dû à la température de l'air qui commence à atteindre les 32] à 10h30! Fanny, la première, plonge dans la Turquoise du Moyen-Orient. Un vent léger caresse les corps brûlants et fait onduler gentiment les eaux.
Des méduses mortes portées par les vaguelettes traînent sur la plage. Ayant déjà subi une brûlure, je décide de ne pas me baigner à la vue de ces charmantes bêtes violacées et gluantes. Tant pis, je me baigne de soleil et... dans la piscine de la villa.
Fanny et sa camarade décident d'aller à la piscine de l'hôtel où des femmes font de l'aquagym rythmée par les cris d'un jeune maître nageur égyptien au bronzage et au corps de rêve!!
Alexandre quant à lui participe à un petit tournoi de volley ball.
La journée se déroule à merveille. Le farniente est si bon... Ne rien faire, ne penser à rien, juste songer à s'huiler le corps... Hum! Que du bonheur!
Jour 10 - Lundi 17 avril 2000
Aujourd'hui, nous partons en 4x4 dans le désert et vivre quelques heures parmi les bédouins. Le reste du groupe préfère partir toute la journée en mer.
Il est 11h, nous patientons dans le hall l'arrivée du guide pour cette sortie.
Nous prenons place dans le véhicule tout-terrain. Une famille allemande est déjà installée. Nous les saluons, et en route!
Le conducteur se fait un plaisir à prendre les trous se présentant sur son chemin...
Le désert, au sable doré, se profile à l'horizon où un mirage trouble la vue. Deux puits de pétrole fonctionnent telle une horloge.
Puis, un désert de montagnes de granit où les anciens égyptiens y taillaient, ici aussi, les blocs demandés par le pharaon en plus de la carrière d'Assouan, et surtout suivant la couleur de la roche désirée. Le roc est parfois rose, parfois noir, parfois rouge. Nous apprécions le paysage hostile et silencieux qu'est ce lieu. Pour ma part, j'ai connu le désert en Libye dans ma jeunesse. Après huit années passées à Tripoli, j'ai attrapé le virus de l'Afrique du Nord et de ses déserts. Je tiens vraiment à faire découvrir ce paysage à mes enfants.
Le tout-terrain s'arrête. Nous descendons. Sur le bord de la piste située entre deux montagnes, le guide nous montre un puits vieux de cent ans où l'eau est très fraîche. Il nous en asperge pour nous rafraîchir car la chaleur est déjà conséquente.
Après deux heures trente de route, nous arrivons au village bédouin.
Dans des huttes en feuilles de palme aménagées de coussins crasseux à même le sol, des bédouins nous accueillent et nous servent plusieurs petits verres de thé noir sucré délicieux. Le guide répond gentiment à nos questions multiples sur la sédentarisation voulue des bédouins entre autres.
Il nous informe qu'il ne reste plus beaucoup de bédouins en Egypte : moins de vingt-cinq familles, pour être plus précis, et que grâce ou à cause du tourisme, l'Etat les sédentarise, lui permettant ainsi un meilleur recensement.
Nous partons faire une balade à dromadaire. Ces animaux sont très bien soignés et sont guidés par les enfants, certes pouilleux, mais au sourire radieux et à l'oeil vif ainsi que par des femmes de petite taille voilées et vêtues de noir.
De retour de cette petite promenade, je descends de ma monture "exotique" et sors de mon sac d'Ali Baba des bonbons et des stylos que je distribue aux enfants. Ils les amènent aussitôt à leur mère qui analyse les présents.
Le manque total de confort et de tout ce que nous jugeons indispensable dans notre vie moderne nous révèlent la rude vie de bédouin. Et pourtant, ils semblent heureux. Ils ont la tranquillité et la sérénité. Ils sont seuls maîtres de leur existence, de leurs us et coutumes.
La chambre de chacune des femmes est une misérable cabane minuscule faite de branchages et de sacs en plastique. Tandis que les hommes ont une pièce de roseaux plus spacieux... Bah... La polygamie se pratique toujours, surtout pour le chef de la tribu qui possède quatre épouses.
Nous poursuivons notre visite.
Dans une hutte, un bédouin nous présente des colliers de perles que font les bédouines, du khôl gris foncé pilé par elles dans un pilon de cuivre. Le khôl autrement appelé antimoine est un minéral utilisé depuis l'ancienne Egypte. A l'aide d'un bâton de bois, il s'applique sur le bord des paupières. Il a les vertus de protéger les yeux et d'éviter les allergies ophtalmiques dues au vent de sable et aux insectes. Je vous confirme son efficacité, m'en servant tous les matins, les résultats sont surprenants ; adieu la conjonctivite! Deux petites gazelles mangent de l'herbe sèche au fond de la pièce. Une petite fille sale, à la chevelure emmêlée, est là, à la porte. Elle nous observe gentiment. Je lui offre une casquette et du parfum qu'elle m'arrache des mains et cache son trésor dans sa robe. Elle a un sourire franc qui me rend heureuse.
puis, dans une autre hutte, une femme toute de noir vêtue, ne faisant apparaître que ses yeux couleur jais, étale devant nous sa pâte à pain semblable à une pâte à pizza et la fait cuire sur une plaque en pierre polie qui chauffe grâce à un kanoun chargé de combustible fait de crottin de dromadaires et de paille incandescents. Une fois cuite, nous y goûtons et, c'est un vrai délice! Pour la remercier, je lui offre un tube de rouge à lèvres. Le pain est l'aliment de base pour tous les égyptiens qui mangent peu de viande.
Nous voici dans la maison du chef de la tribu, composée simplement d'une pièce plus grande que celles décrites précédemment. Le guide nous montre une tasse à café en porcelaine en déclarant qu'il s'agit du seul trésor du Chef. Au loin, un pigeonnier archaïque nous rappelle l'attachement des Egyptiens pour la colombophilie.
Quel silence! Quelle tranquillité! Et rien tout autour du camp cerné par les chaînes de montagnes. Même les dromadaires et les chèvres sont calmes et fiers.
Quatre femmes toujours en noir sont assises par terre sur le sable avec leurs enfants et vendent quelques bijoux de perles aux touristes.
L'une d'elles a un regard si perçant que je lui propose rouge à lèvres, parfum et friandises pour qu'elle accepte que je la prenne en photo, en lui déclarant "Enta gamila!" (tu es belle). Sa réponse est un splendide sourire que ses yeux laissent imaginer dans son regard franc, tendre et pétillant. Je la remercie encore avec un large sourire sincère. Féministe comme je suis, je ne supporte pas la vie que font subir certains mâles à la gente féminine (que je considère plus forte et courageuse... il ne suffit pas uniquement d'avoir des muscles, Messieurs...). Mais, je respecte leur religion et leurs coutumes.
Nous commençons l'ascension d'une petite montagne pour admirer le coucher de soleil sur la chaîne de montagnes.
Arrivés au sommet, deux enfants sont là, assis. Des touristes posent leurs fesses sur une roche. Je sors de mon sac un livre d'enfants avec les animaux de la ferme (sans cochon!).
Je l'offre à la petite fille avec un stylo. Son frère a droit à une casquette aux couleurs de la France. Je m'accroupis près de la jeune bédouine vêtue et coiffée de tissus très colorés et toutes les deux nous échangeons quelques phrases.
Avec une délicatesse exemplaire, elle commence à tourner les pages en regardant les animaux dessinés. Du doigt, elle me montre que la chèvre du livre est la même que celle de la tribu en bas. Puis, elle tape de la main la feuille où est représenté un dindon et me demande de quoi il s'agit. Je lui réponds qu'en français c'est un dindon, que je ne sais pas le dire en arabe. Elle observe la page quelques instants et, déçue, la tourne. Elle n'en verra sans doute jamais... et le mystère restera entier. Je lui demande si elle va à l'école. Elle me déclare qu'il n'y en a pas pour les enfants bédouins. Cela est bien navrant car cette adorable enfant au regard intelligent serait, sans nul doute, une très bonne élève. J'espère qu'elle sera heureuse dans la vie.
Le soleil rouge inonde les montagnes d'un orange flamboyant et se couche rapidement. J'embrasse ces deux adorables bambins avant de redescendre au village, le coeur serré. L'émotion que je ressens est si forte que les larmes, aujourd'hui encore, m'inondent les yeux tandis que nos enfants ne savent plus trop apprécier le confort et l'éducation scolaire obligatoire...
Nous voici de retour dans la cahute où le fils du chef nous accueille de nouveau. Pour le remercier de son hospitalité, je lui tends des pin's et lui demande d'en choisir, il opte pour le drapeau italien en me disant qu'il adore l'équipe de football italienne!
Sur la table, des crudités, poulet rôti, chips, fruits amenés par les organisateurs de l'excursion, nous sont proposés pour le pique-nique nocturne avec les nomades. Nous mangeons guère car nous savons que la nourriture est donnée à la tribu. La lune illumine le site désertique. Des tam-tams et des chants résonnent. Tous les touristes tapent des mains et rentrent dans l'ambiance.
La fête terminée, nous saluons nos hôtes et repartons pour l'hôtel. Nous faisons un petit arrêt au milieu des sables en pleine nuit. Impossible de distinguer une étoile dans le firmament à cause de la pleine lune qui nous sourit. tant pis!
De retour à l'hôtel, nous nous changeons et retrouvons le reste du groupe au restaurant. L'échange de sensations de notre journée est fort enrichissante.
Bonne nuit à tous!
Jour 11 - Mardi 18 avril 2000
Aujourd'hui, c'est notre dernière journée libre en Mer Rouge. Inutile de vous faire subir notre farniente identique à dimanche!!
Jour 12 - Mercredi 19 avril 2000
Les bagages sont faits. Nous prenons notre petit déjeuner et attendons notre autocar, direction l'aéroport d'Hurghada. Il est 7h30.
Quelle pagaille médiévale! Le guide nous salue après les enregistrements et nous patientons deux heurs avant l'embarquement pour Le Caire.
L'intérieur de l'aéroport est joli avec un sol de marbre rose. Nous passons à la douane. Les douaniers égyptiens sont sévères et guère souriants. Notez : tout comme les nôtres...
Notre vol est annoncé en arabe et en anglais par une hôtesse. Nous prenons place dans l'avion et c'est parti pour une nouvelle et dernière découverte : Le Caire!
Impossible d'observer quoique ce soit par le hublot. Le vent de sable, le khamasin, se lève. Au bout de 45 mn, nous atterrissons, malgré les perturbations et le manque de visibilité, à l'aéroport vols inérieurs du Caire, Matar el'Adim. Finis les beaux paysages sauvages de la Haute Egypte paysanne, nous posons le pied en Basse Egypte industrielle, polluée et bruyante.
Le nouveau représentant du tour-opérateur nous accueille. Et c'est encore au pas de course que nous partons chercher nos bagages et vite, dans l'autocar. Il nous informe que notre avion a été le dernier à avoir pu décoller... Quelle chance!
Nous traversons une partie de la grande ville cairote où (en 2000) quinze millions d'habitants résident.
Nous arrivons au Semiramis Intercontinental Hôtel où nos chambres ne sont pas libres... ni faites... Ca commence bien! Mais comme on dit là-bas : mafich moushkela!!! (pas de soucis).
Notre guide nous offre une collation avec thé à la menthe, soda, jus d'orange et nous présente le programme cairote. L'hôtel est grandiose et très classe. Au salon où nous nous rafraîchissons, quelques émirs lisent la Bourse dans des journaux anglais...
Nous n'avons pas les mêmes valeurs, mais cela ne nous empêche pas de vivre! La chambre n°800 pour Alexandre, la nôtre le n°512. Leur confort n'est pas aussi vaste qu'à Hurghada. Ca y est, on devient difficiles!!!
Du petit balcon, nous voyons la grande piscine de l'hôtel désertée à cause du mauvais temps. Nous avons vue sur le Nil et sa rive droite, traversée par un grand pont où bus, camions, voitures, taxis pollueurs klaxonnent sans raison apparente.
Au loin, nous distinguons l'île de Rôda, Gezireh et Zamalek, où habitent les personnes fortunées du Caire. Ainsi que la tour du Caire, des immeubles inachevés, des arbres. Le ciel est très pâle, chargé du sable transporté par le vent violent et brûlant du désert. Tout à l'heure, le guide nous annonça que le khamasin (ou khamsin qui veut dire 50 en arabe) pouvait souffler cinquante jours... Et dire que nous nous plaignons de notre mistral dans le Midi de la France...
Notre après-midi est libre. Tout le groupe décide de rendre une petite visite au Musée des Antiquités du Caire. Fanny est fatiguée. Il est vrai que depuis douze jours, elle s'en est donnée à coeur joie. Elle monte dans la chambre et se couche.
Nous avons une chance inouïe : l'hôtel est à un quart d'heure de marche du musée.
Nous prenons nos billets (20£e) et commençons une visite de courte durée. La fermeture est à 16h45, et il est 14h.
Il y a tant de beautés autour de nous que nous en sommes ébahis.
Il est 16h10 lorsqu'un garde du musée demande aux visiteurs de se rapprocher rapidement de la sortie... Nous voici dehors à 16h15! Nous manifestons notre mécontentement à un autre employé qui nous explique que le musée va maintenant subir une fouille minutieuse avec chiens et militaires armés, car des personnes pourraient se faire enfermer à l'intérieur...
Chut! Je ne vous révèlerai ses merveilles que demain!
Il est encore trop tôt pour rentrer à l'hôtel, alors nous déambulons dans la Vieux Caire avec la joie d'être "libres". Nous ne savons pas où nous sommes ni où nous allons. Nous verrons bien!
La ville se réveille. La chaleur s'amoindrit. Les Egyptiens sortent plus volontiers faire leurs emplettes en soirée.
Chaque rez-de-chaussée d'immeubles n'est que petite boutique spécialisée où le jus d'orange, le caroube, karkadé, lemon se vendent à côté de magasin de boulons et roulements à bille!! Le fil à couture jusqu'à la grosse corde nautique cohabitent avec des jouets pour enfants. Une boutique de meubles est implantée près d'un pâtissier oriental qui est voisin d'un boucher où pend la chair au S et où les mouches virevoltent autour des tripes et des têtes de moutons... Mmmmmmmmmm, charmant!! Je me souviens alors de la viande qui nous a nourris, mes parents, mon frère et moi, durant huit années de Libye ; et nous sommes toujours vivants!!!!
Nous nous engageons dans une étroite ruelle où les jalousies de fenêtres appelées moucharabiah sont façonnées et sculptées dans du cèdre.
La propreté n'existe plus. Nos pieds se collent sur une bouillie noirâtre et nos narines respirent des odeurs nauséabondes.
Soudain, la vie s'accélère aux rythmes des cris de marchands. Nous sommes en plein dans le fameux Khan el Khalili, le grand souk du Caire. Lorsqu'Alexandre se pluie en deux : la dysenterie le ronge. Il nous faut quitter notre groupe et rentrer. Le gamin transpire à grosses gouttes et en pleure.
Nous accostons un taxi qui nous demande 50£e, une fortune! et ne désire pas baisser le prix. Nous décidons de rentrer à pied, mais un problème se pose : où sommes-nous? Quelle direction emprunter pour sortir de ce labyrinthe? Ca fait une heure que nous tournons en rond et qu'Alexandre serre les dents. A force de déambuler, sans plan, nous nous perdons, tout simplement. La nuit tombe et nous voici dans le Vieux Caire aux commerces multiples où les clients négocient les prix en hurlant, en faisant des gestes ; la langue arabe est belle, mais lors d'un discourt, les interlocuteurs dégagent un sentiment de querelle pour les Européens.
Nous demandons à des passants le chemin à suivre pour rentrer à l'hôtel. Le dialogue est difficile, un peu d'arabe, un peu d'anglais, et quelques gestes... jusqu'au moment où deux jeunes égyptiennes en blue-jean's nous croisent et sentent le malaise. Je me permets de les interpeller. Gentiment, elles nous proposent de les suivre. Yallah!! C'est parti!! Nous voici dans le métro cairote où la propreté est exigée ; le moindre papier ou mégot de cigarette jeté par terre entraîne une forte amende. Dans nos grandes villes françaises, nous devrions en faire autant. Nous prenons nos tickets (0,30 £e soit 0,60 FF le ticket) pour sortir à la deuxième station. Les jeunes filles rentrent dans le wagon réservé aux hommes afin de rester avec nous et nous faire sortir au bon endroit. Les Cairotes ne sont pas ravis de voir des femmes dans leur wagon mais aucun remarque n'est faite. Elles nous font signe que nous sommes arrivés à bon port. Nous les remercions, leur tendons un billet de quelques livres. Elles le refusent en semblant être vexées. Je les remercie encore, en arabe, et nous nous saluons chaleureusement.
Nous voici sur la Place, Midan el Tahrir où se trouve le musée. Maintenant nous pouvons rejoindre l'hôtel sans souci.
Avant de descendre, je profite de la chambre d'hôtel pour regarder la ville illuminée. Le dîner se présente sous forme de buffet où les mets sont appétissants. Alexandre mange malgré tout des pâtes et il est ravi!!
Jour 13 - Jeudi 20 avril 2000
Aujourd'hui, au programme : départ à 8h pour la visite du Musée des Antiquités et de la Citadelle de Salah el Din avec la grande mosquée de Mohammed Ali.
Alexandre ne fait pas la sortie avec nous : sa "tourista" ne s'améliore pas.
Le Musée du Caire
Le premier musée du Caire fut construit en 1865 par Auguste Mariette à Barlak. C'était un port à cette époque-là, pratiquement à l'emplacement de la Tour de la Télévision Egyptienne actuelle. Aujourd'hui, le musée est implanté sur le Place el Tahrir et a été construit en 1902. Les plans de construction on été élaborés par l'architecte français Dorion. Auguste Mariette est enterré dans le jardin du musée.
Nous passons le grand portail en fer forgé, notre guide Rafat, prend nos tickets dont un pour l'appareil photos (en 2008, plus de photos ne sont admises), le droit de filmer est exorbitant, donc nous nous en passons. Nous entamons une longue file d'attente, présentons nos billets et passons au détecteur de métaux.
Nous voici dans le musée parmi un fouillis indescriptible. Que la visite commence!
Au rez-de-chaussée :
Protégée par une vitrine, sur un socle, est posée la Palette de Narmer (ou Ménès), premier pharaon de la 1er dynastie, 3000 ans avant JC. Elle n'est pas grande contrairement à notre idée reçue d'après sa photo dans les livres. La statue de Djoser est protégée par une vitrine, il s'agit de l'originale, la copie étant dans le serdab du Complexe de Djoser contre sa pyramide de Saqqarâ.
Des tombeaux massifs de granit sont présentés à notre curiosité, dont l'un des couvercles du sépulcre d'Hatshepsout, a son intérieur sculpté en forme de femme, il s'agit de la déesse Nout, la déesse céleste.
Deux barques sacrées en bois sont déposées de chaque côté de l'allée centrale.
Quelques belles statues gréco-romaines se mêlent au capharnaüm d'oeuvres antiques égyptiennes.
Un splendide pyramidion de granit noir, trouvé au sud du Caire, provient de la pyramide d'Amenemat III.
Deux escaliers divisent l'allée en deux pour diriger les nombreux visiteurs au premier étage. Entre ces escaliers, deux colossales statues d'Amenotep II et de son épouse Tiyi nous observent.
Nous empruntons l'un d'eux et observons avec attention les papyri sous-verre cloués aux murs. Que de méticulosité! Je ne peux m'empêcher d'imaginer le scribe, assis sur le sol, recouvert d'une natte tressée, déroulant sa feuille de papyrus et utilisant son calame où la couleur minérale noire et rouge est posée sur sa palette. Je me répète, mais tant pis : quelle déception de ne pas savoir lire ces mystérieux hiéroglyphes "venus d'un ancien monde"!
Au premier étage :
Un dédale de couloirs s'affiche devant nous. Nous n'aurons jamais le temps de tout admirer... C'est pourtant ici que la beauté et la finesse sont exposées.
De nombreux bracelets, colliers, boucles d'oreilles en perles et en or sont présentés dans des vitrines. La beauté allait de paire avec le raffinement de l'Ancienne Egypte. Des perles de cornaline, de lapis lazuli, d'améthyste, de turquoise... Il n'y a pas beaucoup de diversité dans les teintes mais le choix des motifs d'enfilage des perles est harmonieux. Divers pendentifs à la forme de scarabée et d'abeilles en or, en lapis lazuli montrent leur éclat aux femmes de l'An 2000. Combien apprécieraient de les porter ?
Nous allons sur notre gauche et déambulons à petits pas dans la salle d'Akhenaton. Le voici en statue gigantesque, au visage hideux il faut l'avouer, au ventre distendu, au corps difforme. S'il avait réellement cette physionomie, ce n'était vraiment pas un canon de beauté! Mais il était Pharaon! Selon notre culture, nous pouvons penser qu'il a eu l'intelligence de réduire à l'unité le nombre de dieux.
Sa vision est remarquablement claire. Aton, le Soleil et ses rayons, illuminent et chauffent la terre. Il faut y voir la manifestation divine. Le dieu unique Aton, dans la bienfaisance, est donc le seul élément digne d'adoration ; le seul indispensable à la vie, le soleil.
De superbes peintures d'oiseaux s'envolant des touffes de papyrus et de lotus sont accrochées dans la salle. Dans une vitrine, divers ostracon narrent un mariage. L'ostraca est une petite pierre d'argile où des courriers étaient inscrits en écriture simplifiée. En résumé, il s'agissait du premier papier à lettres!
Puis, nous arrivons face à la splendeur du visage de Nefertiti, épouse d'Akhenaton, d'origine inconnue, dont la beauté est connue de tous.
Rafat nous amène dans l'aile de Tout-Ankh-Amon, pharaon de la XVIIIème dynastie (vers 1325 avant JC) successeur d'Akhenaton.
Je ne trouve aucun adjectif pouvant qualifier tant de richesses et de beautés façonnées pour l'accompagner et le servir dans son Am-Douat. Tout est d'or, de pierres précieuses et semi précieuses.
Nous admirons! (cf aussi le diaporama sur le blog)
Deux lits au sommier tressé, l'un deux a les pieds sculptés en pattes de lion, l'autre en vache. Les quatre barres latérales dorées du dosseret pied et tête représentent la tête de lion et la déesse Hathor.
Quatre énormes coffres-chapelles, pratiquement de la taille d'une chambre, en bois sont recouverts d'or! Ils étaient emboîtés les uns dans les autres telles de gigantesques poupées russes. A l'intérieur dormait le jeune souverain dans ses sarcophages. Les décorations sont magnifiques. L'un d'eux est couvert des symboles Hedj représentant les os de la colonne vertébrale du dieu Osiris (la stabilité) et du Tit, le noeud d'Isis (la protection).
De nombreux vases en albâtre, dont quatre canopes qui renferment pour l'éternité les viscères du pharaon, sont à notre portée. Ils étaient enfermés dans un coffre en or bordé par quatre déesses dont Isis, Nephtys, la déesse scorpion Selkis et la quatrième, je l'ai oubliée, mille pardons.
Les 365 oushebtis, petits sarcophages représentant des personnes, permettant au défunt de l'aider dans ses tâches quotidiennes dans l'Au-delà, attendent afin de servir Pharaon.
Puis nous découvrons le trône royal en or où Tout-Ankh-Amon est représenté avec sa demi soeur-épouse Ankhesenpaaton, se faisant face avec tendresse.
Plus loin des armes, des vêtements, des sandales, le sceptre royal autrement appelé flagellum, la crosse de Pharaon, des arcs et des flèches, des coffres à bijoux d'albâtre, d'ivoire, d'ébène, d'or, diverses maquettes, entre autres des navires. Des statues de bois, d'or, grandeur nature, tant d'objets magnifiques sont offerts à nos yeux perdus parmi tout cela.
Deux chars de chasse et bien d'autres splendeurs nous surprennent encore... Tout est somptueux, et les mots ne suffisent pas!
Nous entrons dans un pièce et là, le souffle nous est coupé : le merveilleux masque de Tout-Ankh-Amon! Il est là, devant nous. Son visage nous sourit timidement, tandis que son regard est porté vers l'infini. Il existe réellement, nous restons bouche bée de l'avoir devant nos yeux! Sur son front, le cobra uraeus se dresse fièrement, tandis que son menton est orné de sa barbe postiche d'or et de lapis lazuli. Il a une hauteur de 54cm et 39,30cm de large, et pèse 11 kg d'or pur!
Tout autour du masque, des bijoux délicats, un repose-tête en or, les sceptres royaux sont protégés dans des vitrines. Toutes ces orfèvreries se trouvaient sur sa momie. Ils attirent nos regards et incitent à la méditation. Comment ne pas avoir une pensée pour les artisans qui ont, de leurs mains, créé autant de beauté? Au fond de la salle, deux et trois sarcophages dorment paisiblement au milieu de la foule. Le troisième, d'un poids de 1 100kg d'or pur se trouve dans la Vallée des Rois, dans sa tombe habitée encore par sa momie. Seul pharaon découvert à avoir le privilège de rester dans sa tombe.


"Mille mercis Monsieur Howard Carter pour vos trente années d'opiniâtreté, votre ténacité et pour avoir découvert la tombe de Tout-Ankh-Amn. Vous avez mis trois ans pour extraire et répertorier tout ce que contenait la tombe de ce jeune pharaon afin de l'offrir aux amoureux de l'Egyptologie et de l'Humanité. Encore merci, et je salue Lord Carnarvon, sans qui les fonds n'auraient permis cette trouvaille."
Nous nous rendons dans la salle d'à côté où est exposé le Trésor de Tanis.
Nous poursuivons notre quête de beauté visuelle. Dans une pièce, une magnifique petite statue de femme ressemblant étrangement à la Vénus de Milo nous dévoile son corps harmonieux avec grâce et sensualité.
La célèbre statue de Ka-Aper tout en bois, au regard perçant, au visage doux et au corps rondouillard nous sourit.
Vient ensuite le couple retrouvé dans la pyramide de Meidoum. Il s'agit de Rahotep (IVème dynastie, vers 2610 avant JC), et son épouse Nefret. Ils sont sereinement assis, les mains posées sur leurs cuisses. Leurs yeux, grâce à une admirable technique, semblent encore vivants et fixent l'éternité. Toutes les peintures sont d'origine et parfaitement conservées.
Sur notre droite, la minuscule statuette de Kheops, seule et unique représentation du roi nous rappelle la magnificence de ce roi.
Le mobilier funéraire d'une de ses épouses, Meritites constitué de son lit à baldaquin, d'une chaise, d'une table de nuit et d'un coffre à linge.
Nous sortons de cette salle et poursuivons notre visite en toute liberté. En longeant l'une des ailes du premier étage, des vitrines nous exposent quelques momies d'animaux, des sarcophages, surtout de la période ptolémaïque, des oushebtis, des couvercles de sarcophages romains peints à l'encaustiques, etc...
Nous pénétrons dans une autre salle où plusieurs maquettes prouvent la minutie et la délicatesse de l'art égyptien.
L'une d'elles, une barque de pèche, avec ses pécheurs, découverte dans la tombe du Noble, Meketre, est splendide. Les personnages, la barque, les filets sont peints et leur proportion très bien respectées. Les pécheurs travaillaient manifestement avec sérieux sinon ils avaient droit aux coups de bâton...
Une représentation du recensement du bétail s'offre également à notre vue.
Puis, font suite deux colonies de militaires semblant continuer à marcher face à un ennemi que l'on imagine.
Des modèles réduits de maisons sont présentés dans leurs moindres détails, avec les jardins, les petites piscines, les fenêtres, les portes et leurs serrures. Les maisons étaient colorées, ce devait être gai et agréable.
Nous admirons de petites statuettes de menuisiers, de fileuses, de tisserandes et celles de divers corps de métier nous permettant de remonter le temps et de connaître un peu mieux la vie de l'Ancienne Egypte. Cela nous laisse imaginer son organisation.
Là, diverses statues de la reine Hatshepsout, dont le vrai nom était "Maât Ka Rê", attirent notre regard.
Hélas, le temps presse et l'heure de retrouver le guide approche. Nous faisons rapidement le tour du premier étage avant de redescendre. Sur notre droite, près de l'escalier, se trouve la Salle des Momies.
L'entrée est à 80 FF. La tentative est grande mais le temps nous manque. Je reviendrai en Egypte, et là je visiterai cette salle...
Nous voici tous dehors, le guide nous rejoint. Rafat nous demande de remonter dans le bus pour aller déjeuner dans un restaurant typique et snob, l'Andréa.
Après le repas, nous prenons la direction de la Citadelle de Sallah el Din, autrmeent appelé Salladin, puis le Vieux Caire et le fameux Khan el Khalili.
La Citadelle de Sallah el Din surplombe tout Le Caire avec ses bidonvilles misérables et crasseux, et le vent est toujours présent.
Pour les asthmatiques, l'aérosol ne doit pas être oublié!
Les klaxons résonnent, la vie grouille. Nous devinons parmi la poussière la Mosquée d'el Azhar. C'est une grande université coranique fondée en 988. La Citadelle a été bâtie en 1176 sur une colline. Les murs de la forteresse sont d'Art Ottoman, les pierres de la bâtisse sont de couleur ocre. Des écolières suivent leur institutrice pour une visite pédagogique.
Une énorme construction aux dômes et minarets argentés est devant nos yeux. Il s'agit de la mosquée de Mohamed Ali achevée en 1857.
Pour la visiter, les femmes doivent avoir les épaules couvertes et ne pas porter de short. Sinon, elles seront invitées à revêtir une longue robe verte, couleur de l'Islam. Nous nous déchaussons et passons la porte pour découvrir une grande cour avec une horloge. Celle-ci offerte à Mohamed Ali par le roi de France Louis-Philippe en 1845 en remerciement pour l'obélisque de Louxor donné à la France, mais voilà Notre horloge n'a jamais fonctionné... Quelle honte. Nous pénétrons dans la salle des prières où de nombreux lustres illuminent le lieu saint. Puis, nous jetons un oeil sur le splendide tombeau en marbre de Mohamed Ali.
Nous récupérons nos souliers et faisons une promenade dans les allées de la Citadelle aux jardins entretenus. Nous pénétrons quelques instants dans la mosquée d'el Nasser Mohamed Ibn Galawoon, d'un autre style, plus modeste, avec un plafond tout en bois de cèdre sculpté.
Sur le chemin du retour nous roulons sur un pont et voyons à droite, un gigantesque cimetière vivant. C'est la Cité des Morts. Les Egyptiens pauvres et sans logis vivent dans les salles mortuaires des mausolées avec l'autorisation des familles des défunts. L'Etat y a installé l'électricité, l'eau, il y a même une poste, ainsi les vivants cohabitent avec les morts. Comme voisins silencieux, on ne trouve pas mieux!
KHAN EL KHALILI
Khan el Khalili se trouve dans le Vieux Caire où de vieilles demeures, de petites ruelles font son charme tout autant que les commerces divers.
Au grand marché Khan el Khalili, dans de nombreuses boutiques, les marchands vendent de tout.
Dans une échoppe, des cobras séchés ainsi que des hérissons, des oiseaux, des lézards, des sachets pleins de mystères sont suspendus ou posés sur des étagères. Des pots avec des pierres blanches, noires, des poudres de toutes les couleurs nous surprennent, il s'agit d'un apothicaire un peu sorcier...!
Nous décidons de prendre une petite ruelle transversale. Là, des épices à l'odeur forte et aux couleurs vives nous envoûtent.
Le rouge paprika, l'orange du safran, le bleu de l'indigo, le blanc du coton pur, le vert du henné, du thé, de la menthe... composent un kaléidoscope naturel. Je ne peux résister et prends une photographie qui ornera ma cuisine!
Dans l'artère principale, la vie s'anime et fourmille.
Vêtements de tous genres et de toutes tailles, y compris des soutiens-gorge dont la taille rappelle celle des parachutes, sont à la vente. Des tissus de coton de grande qualité, de la couleur la plus criarde à la plus raffinée sont posés en gros coupons contre les murs.
Les marchandes de cuivre époussettent leurs plateaux, leurs théières.
Les commerçants veulent nous vendre n'importe quoi à n'importe quel prix! Mais nous achetons tout de même les derniers souvenirs en... négociant! Quelques reproductions de statuettes antiques en résine noire nous sont proposées comme étant en granit!
Puis nous entrons chez un bijoutier où un bracelet en argent me faisait de l'oeil!
Un jeune homme nous demande de le suivre dans sa boutique (arnaque... mais s'il y a vente il aura sa commission). Nous pénétrons dans une toute petite pièce de 4 m2 décorée avec goût. Des magasins d'essences parfumées et de petites fioles de verre tout à fait splendides me feront une jolie collection dans mon séjour!
Il est l'heure de retrouver notre guide au petit café désigné au début de notre liberté au souk, le fameux café Fichawi où se réunissent les artistes cairotes. A la terrasse, les égyptiens fument la chicha, d'autres jouent aux dés, aux dominos, lisent les nouvelles dans les journaux en buvant un thé sucré fumant.
Le bus nous dépose devant l'hôtel. Après concertation, le groupe décide de faire une petite balade dans la ville qui commence à s'activer de plus en plus. Un égyptien se propose de nous servir de guide. Sentant le coup louche, nous arrivons avec peine à nous débarrasser de sa présence pesante.
Cette fois nous ne nous perdrons pas et partageons quelques heures de la soirée cairote avec les autochtones!
Jour 14 - Vendrendi 21 avril 2000
Pour notre dernier jour en Egypte, c'est l'apothéose : nous partons pour Memphis, Saqqarâ et le Plateau de Guizeh!
Memphis
Ce fut une ville très importante : Pépy 1er, VIème dynastie, Ancien Empire, en fit la première capitale de l'humanité!
La ville de Memphis s'appelle aujourd'hui Mit-Rahina et fait partie de Saqqarâ. Aujourd'hui, les ruines pharaoniques sont englouties sous des champs cultivés. Beaucoup d'égyptologues recherchent des indices historiques permettant de reconstituer le plan de la ville.
L'autocar longe le Nil et s'éloigne du Caire. Le paysage traversé est verdoyant grâce aux nombreuses cultures, sycomores et aux eucalyptus irrigués par le canal. De splendides villas privées prouvent la richesse de certains égyptiens.
Le musée de Memphis nous accueille. Une grande quantité de touristes attend leur guide. Le nôtre nous distribue les billets, nous le suivons.
Au premier abord, nous nous questionnons sur cette visite. Seul un petit bâtiment blanc, moderne, aux fenêtres protégées par des grillages se présente à nous. Nous pénétrons à l'intérieur, et là, c'est l'extase! Une colossale statue de 10 m de hauteur, taillée dans un bloc de granit blanc gît sur le dos. Ramsès II nous regarde. Elle est cassée au niveau des genoux.
Nous empruntons un escalier pour admirer Pharaon du premier étage. La précision d'exécution est remarquable. Le visage et tout le corps sont taillés avec perfection et proportionnalité.
Nous avons des difficultés à quitter le lieu. S'il nous était un peu indifférent à notre arrivée, maintenant, il retenait toute notre attention.
Dehors, quelques statues décorent le jardinet comme celle de la reine-pharaone Hatshepsout.
Nous reprenons la route et allons visiter une "école de tapisserie".
Nous entrons dans une grande pièce située au rez-de-chaussée de l'établissement.
Nous observons deux jeunes filles en plein travail. En nous souriant, elles nous convient de prendre place près d'elles pour nous initier à leur art. Après avoir guidé nos geste, leurs doigts nous montrent un autre message : Bakchich... Sans doute ne sont-elles pas très bien rémunérées que ce que l'on essaie de nous faire croire? Est-ce réellement une école?
Nous accédons au premier étage où sont exposés les travaux de tous ces enfants. Le caractère naïf des motifs n'expliquent pas les prix pratiqués.
Nous poursuivons notre excursion vers un restaurant pittoresque tout à fait charmant avec des bougainvilliers resplendissants et où les volailles rôtissent.
Je vais à la rencontre de femmes en train de préparer les galettes de pain, l'aish. Ca sent bon! Le pain gonfle dans le four.
Le déjeuner est succulent.
Nous quittons le restaurant pour reprendre la route en direction de Saqqarâ.
Saqqarâ
Saqqarâ est le plus ancien et le plus vaste des cimetières pharaoniques. D'une grande richesse architecturale, la première de toutes les pyramides, celle de Djoser, culmine au-dessus des lieux avec fierté malgré son âge.
A 30 km du Caire, sur la rive gauche du Nil, au bord du plateau désertique libyque, s'étend le plus vaste et le plus vieux des cimetières égyptiens. Saqqarâ est la nécropole de l'ancienne capitale, Memphis.
Elle fut, pendant longtemps, la plus importante ville d'Egypte et quelques vestiges en subsistent au milieu d'une palmeraie. Depuis les temps les plus reculés, les anciens égyptiens établirent leurs nécropoles, leurs "Demeures d'Eternité", en dehors des cités et des villages, à l'ouest des lieux habités, vers le "Pays des Morts". "Là où le soleil se couche". Les sépultures étaient construites aux limites du désert occidental, sur des terres épargnées par les crues du Nil.
Connue presque exclusivement pour ses monuments de l'Ancien Empire, Saqqarâ n'a pourtant jamais cessé d'être utilisée, et les principales périodes de l'histoire pharaonique y sont représentées, jusqu'aux plus basses époques. Le site s'étend sur sept à huit kilomètres de longueur et huit cents à mille huit cents mètres de largeur. Une multitude de monuments et d'objets précieux, tel le premier papyrus connu, ont été découverts à Saqqarâ. Dans des mastabas (mot arabe signifiant: le banc. Coffrages de pierre coiffant des puits funéraires) des Nobles, des hauts fonctionnaires de la cour, des enfants et des épouses des pharaons demeurent près de leurs pyramides. Le joyau de Saqqarâ est la pyramide à degrés de Djoser, premier roi de la IIIème dynastie. Première des pyramides, elle se dresse au centre d'un monumental complexe funéraire. Il s'étend sur quinze hectares, comprend un temple, une cour et les chapelles du Hed Sed, le jubilé du pharaon. Cet ensemble constitue la première réalisation connue en pierre de taille à assises réglées. Elle est l'oeuvre d'un homme exceptionnel, Imhotep, premier architecte dont l'histoire nous ait transmis le nom. Il fut également ministre du roi, grand prêtre du culte de Râ et médecin.
Le tombeau de Djoser, construit vers 2700 avant JC est constitué de six gradins d'une hauteur totale de soixante mètres, reposant sur une base légèrement oblongue, de 107m x 123,50m. Le sommet est couronné par une terrasse de même forme.
A un kilomètre du Complexe de Djoser, se trouve le Serapeum. Le dieu taureau, Apis (représentant de Ptah sur terre) était vénéré par les prêtres.
Le taureau précautionneusement choisi vivait au temple. Lorsqu'il mourait, les prêtres le momifiait et l'enterrait dans la sépulture souterraine du lieu saint. Un autre taureau était alors élu.
Ce Serapeum fut découvert par l'égyptologue Mariette en 1850.
Une autre nécropole animale, celle de l'ibis (le dieu Thot) renferme de nombreux catacombes où dorment pour l'éternité les momies de ces oiseaux.
Imhotep
C'est en renversant quelques gouttes d'eau contenues dans leur godet que les scribes rendent hommage à Imhotep, le "Grand Maître du Palais", "Le Prince Héréditaire". Fin lettré et architecte de génie, Imhotep cumulait les fonctions de vizir, d'architecte royal, de grand prêtre du culte d'Héliopolis. Il était aussi le confident et le conseiller de Djoser, son pharaon.
Appelé le "Charpentier de Nekhen", du nom de l'ancienne capitale du Sud, il imagina les premiers monuments en pierre de l'Egypte Ancienne et en dirigea la construction de la pyramide à degrés du roi Djoser.
Le roi s'imposa comme un personnage politique important en jetant les fondations de l'Ancien Empire. Deuxième roi de la IIIème dynastie, Djoser régna près de vingt ans et, 2 650 ans avant l'ère chrétienne. Imhotep était un vizir, chef de l'administration: une fonction dans laquelle il fit preuve d'une grande sagesse, comme le rapportent les bas-reliefs qui lui sont consacrés. Imhotep a certainement rédigé de nombreux ouvrages et traités, notamment de médecin, dont il ne reste malheureusement plus trace. Peut-être ont-ils été classés dans la grande bibliothèque d'Alexandrie, et ravagés par les flammes, qui sait?
Dès le Moyen Empire, cinq siècles après sa mort, Imhotep est célébré par les scribes. Plus tard, la légende s'amplifie et il divinisé. Son culte se répand à travers toute l'Egypte. Imhotep laissa un souvenir tel qu'il fut déifié après sa mort, devenant un dieu guérisseur en qui les Grecs reconnaissant leur Asclépios.
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Saqqarâ est un lieu mythique étudié et désesablé grâce au célèbre, architecte-égyptologue français, Jean-Philippe LAUER, arrivé sur les lieux le 02 décembre 1926. A 98 ans, cet érudit travaille toujours sur le site et fait profiter ses confrères de monde entier de son savoir.
Saqqarâ est un endroit mystérieux iù je ressens de l'hostilité en même temps que de la sérénité. Adossé à la pyramide, une petite chapelle, le serdab, abrite la copie de la statue de Djoser. L'originale est en sécurité au musée du Caire. Seuls deux trous dans la pierre permettent d'apercevoir cette représentation du roi. De là, il pouvait suivre les cultes qui lui étaient dédiés, ainsi que les étoiles du firmament. Autour de la pyramide, se trouvent un temple, une cour, un autel et autre petit temple.
Chaque rangée formant les degrés de la pyramide mesure deux mètres de hauteur. Je fais remarquer à Alexandre qu'entre les pierres posées n'importe comment, des rondins de bois originels existent encore et sont visibles de l'extérieur. A l'opposé de la pyramide, un énorme trou, profond de plusieurs mètres, avec un escalier est la deuxième tombe de Djoser. Peut-être même la première puisqu'au fond ont été retrouvés les vases canopes du pharaon. Pourquoi ce trou? Peut-être pour préserver l'âme de Djoser en cas de violation de la pyramide et de sa dépouille?
Puis, nous entrons dans l'un des mastabas de dignitaires situés à côté du complexe. Des bas-reliefs ornent les murs des couloirs de cette tombe et nous arrivons dans une petite salle mortuaire où était posé le sarcophage. Au fond de cette pièce, une "fausse porte" a été sculptée, symbole du passage dans l'Au-delà où étaient déposées les offrandes. Le défunt est représenté accompagné de bovins.
Nous sortons et au loin, apercevons la pyramide dite rhomboïdale de Dahshour. Maintenant, si nous allions admirer les fameuses pyramides de Guizeh?
Guizeh
L'immense nécropole de Guizeh s'étend sur le haut plateau désertique occidental non loin du Caire au nord de Saqqarâ.
Ce fut le cimetière d'Héliopolis, la ville d'Aton. Par la suite, la nécropole de la englobée dans le cimetière de la capitale Memphis.
Pendant plus de quatre millénaires, les tombes éternelles des pharaons de la IVème dynastie ont frappé l'imagination des pèlerins, des conquérants et des aventuriers.
Dans toute la zone qui entoure les pyramides, il y a des mastabas de dignitaires de la cour et de membres e la famille royale. L'antique nécropole de Guizeh est encore utilisée comme cimetière par les habitants de Nazlet al Simman.
Les voici, les fameuses et colossales pyramides où seul le Sphinx a un visage humain. Il se fait gardien de l'histoire du Plateau de Guizeh.
Les habitations du Caire gagnent tellement de terrain qu'elles sont aux pieds du site archéologique.
Le lieu n'est pas réellement beau mais il inspire le respect.
L'autocar stoppe derrière les pyramides de Khéphren et Mykérinos. Nous descendons pour nous diriger vers cette dernière, la plus petite des trois. Nous prenons deux billets d'entrée, pour Alexandre et moi, afin de visiter l'intérieur de cette pyramide. Fanny reste avec sa copine.
Une policière me confisque l'appareil photographique et nous commençons la visite. Un étroit couloir sombre nous mène à la première salle funéraire. Alexandre panique de se savoir dans cette masse de blocs de pierre et se sent mal. L'air est irrespirable. Il est chargé de gaz carbonique dégagé par les touristes. Alors, nous écourtons la visite. Arrivés à l'air libre, des papillons noirs nous voilent la vue. Je récupère, avec difficulté, mon appareil photos.
Nous partons en direction de la pyramide de Khéops. La distance qui sépare celle de Mykerinos à celle de Khéops vaut une marche de 20 à 25 minutes.
Explications sur les pyramides
La pyramide de Khéops
La grande pyramide de Khéops (Khoufou) est encore de nos jours l'une des sept merveilles du Monde et le plus grand édifice jamais construit en pierres. Le peuple égyptien travailla pendant des décennies pour tailler et apporter de la lointaine Assouan jusqu'à Guizeh, le long du Nil et des canaux lors des crues, les 2 300 000 blocs de calcaire pesant deux tonnes et demi chacun.
La pyramide atteint une hauteur de 137m. A l'origine, elle mesurait 140m, mais son sommet a été perdu, son pyramidion. Chaque côté mesure 227m à la base (230 avant de perdre son revêtement). Son angle d'inclinaison est de 51°50'.
La pyramide contient trois chambres, dont l'une se trouve sous le niveau du sol. C'était à l'origine la chambre funéraire, dans laquelle arrive le visiteur par une galerie de 120m. Elle fut accidentellement bloquée par les premiers explorateurs Perrig et Vyse.
La dénommée "Chambre du Roi" contenait quant à elle deux sercophages de granit d'Assouan.
Au-dessus de la chambre se trouvent cinq autres pièces, entre autre la chambre funéraire de la Reine. Celle du roi était protégée par un expédient colossal afin de dévier de la chambre mortuaire le poids de la pyramide. Neuf plaques de granit de six mètres de long empilées sur dix-sept mètres de hauteur. Ce qui représente un poids total de 400 tonnes!
Comme devant toutes les pyramides, celle de Khéops était pourvue d'un temple haut dans lequel étaient célébrés les rites funéraires par les prêtres.
Celui-ci était relié à un autre temple, le temple de la vallée aujourd'hui en pleine ville sous les maisons, par une chaussée cérémoniale rehaussée et couverte. Au siècle dernier des explorateurs le disaient encore pratiquement intacte....
En dehors du "temenos", ou enceinte sacrée, qui entourait la base de la pyramide, se trouvent quatre fosses en forme de barque. Deux de celles-ci ont été retrouvées vides, tandis que dans les deux autres, deux grandes barques royales en bois de cèdre entièrement démontées ont été découvertes. L'une d'elles a été patiemment reconstruite et est à présent exposée dans le musée construit à cet effet à côté de la pyramide. Tandis que l'autre est restée scellée dans la fosse.
La pyramide de Khéphren
La Pyramide de Khéphren (Khéfré) est, par la taille, la deuxième du Plateau de Guizeh.
C'est la mieux conservée. Au sommet, elle présente encore son revêtement d'origine en blocs de calcaire polis.
La chambre funéraire est décentrée par rapport à l'axe de la construction. La seconde chambre est, elle aussi, légèrement asymétrique. Son plafond est en blocs de calcaire et contient encore un sarcophage de granit.
En 1818, Giovanni Belzoni pénétra le premier dans la pyramide de Khéphren en pratiquant une grande ouverture dans l'un des murs.
Le temple funéraire de Khéphren
Ce temple est situé sur le côté droit de la pyramide, à l'est. En 1910, il a fait l'objet de fouilles qui ont révélé toute sa complexité et son originalité. Il mesurait 110m x 45m, mais a été peu à peu dépouillé: il servit de carrière de pierres au fil des siècles.
Une chaussée rehaussée mène de la pyramide au temple de la vallée, dit "temple de granit", le mieux conservé de Guizeh. Il doit son nom à son revêtement de fin granit rose. Ce massif édifice comprend deux entrées. Il donnait sur le port du canal qui coulait en contrebas du Haut Plateau. Mariette le découvrit en 1852 et fut le premier à fouiller le lieu.
Certains de ces blocs de granit pèsent 4 tonnes. Les sols sont en albâtre et la salle centrale comptait 14 colonnes massives soutenant le plafond. L'autre salle, longue et étroite, avait elle aussi, des colonnes similaires. La cour centrale était entourée d'une colonnade, où l'on voyait une statue du roi.
La pyramide de Mykérinos
La plus petite des trois fut commencée par Mykerinos et continuée par son fils Chepseskaf, mais ne fut jamais achevée, en raison sans doute de la mort prématurée de ce roi.
Son revêtement de granit n'alla en effet jamais au-delà de la seizième rangée de pierres.
A l'origine, la pyramide avait 66,50m de haut et chaque côté mesurait 108m à la base. Son angle d'inclinaison est de 51°. L'entrée se trouve sur la face nord, comme toutes les entrées de pyramides, à 4m de hauteur. Le couloir d'accès, revêtu de granit, descend dans un vestibule tout d'abord conçu comme chambre mortuaire, puis continue à descendre jusqu'à la véritable chambre, creusée dans le rocher et revêtue de granit. Les murs sont recouverts de briques crues.
Il est relié au temple de la vallée par une chaussée rehaussée mesurant 660m de long.
Au sud de la pyramide, sont alignées les pyramides mineures, dont la plus grande est celle de la reine Khamerernebty, épouse principale du roi.
Le Colonel anglais Vyse fut le premier à pénétrer dans la chambre funéraire. Il y découvrit un sarcophage de basalte qu'il envoya en Angleterre. Mais le bateau qui le transportait fit naufrage le long des côtes espagnoles...
Le Sphinx
Il représenterait la personnification du Soleil. Il sera plus tard baptisé "La statue vivante".
Fait de roche naturelle assez molle, le sphinx s'est détérioré. Aujourd'hui, une magnifique restauration lui redonne son aspect d'antan. Sa barbe postiche, qui fut ajoutée plus tard, est tombée et est exposée au musée des antiquités du Caire.
En 1400 avant JC, le pharaon Thoutmosis IV se reposant sous l'ombre de la tête du sphinx eut un rêve où justement le sphinx lui annonça qu'il allait être couronné pharaon. Et on vint annoncer le décés de son père... En signe de gratitude envers le sphinx, le pharaon fit déterrer l'antique sculpture et ériger entre ses pattes une stèle commémorant l'événement.
Le sphinx était certainement peint et recouvert d'un pigment rouge.
Sa tête est majestueuse et représente sans doute le roi Khéops. Il est vieux de 4 500 ans! Sa longueur est de 73m, sa hauteur de 20m et sa largeur de 14m. Statue de lion à visage humain tournée vers l'est, gardienne de la nécropole funéraire, le Sphinx est surnommé Abou el-Hôl, "Le Père de la Terreur" par les Arabes.
Contrairement à la légende, le visage du sphinx de Guizeh ne fut pas endommagé par les troupes de Bonaparte (ni par Obélix!!!) mais mutilé par les exercices de tir des mamelouks et par les délires iconoclastes d'un cheikh du XIVèmme siècle qui fit donner le canon pour détruire un sourire jugé "païen"...
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Nous remontons dans le bus et allons le voir de plus près. Nous nous frayons un passage parmi les nombreux touristes et nous voici proches du sphinx. J'aurais aimé pouvoir étendre ma curiosité à visiter les deux autres pyramides et le musée de la Barque Sacrée de Khéops. Je suis impressionnée par le grandiose du site.
Nous rentrons à l'hôtel pour nous doucher et dîner. Ce soir, nous assisterons au Son et Lumière à Guizeh.
C'est le plus beau, le plus féerique de notre séjour égyptien (deux ans plus tard, je pourrai affirmer que le plus beau est celui d'Abou Simbel).
Nous entrons difficilement sur le site de Guizeh. Le guide prend les billets d'entrée et ceux pour les appareils photos et les camescopes. Et là, les touristes français sont regroupés en masse pour attendre la fin de la séance en anglais.
Les gardes nous donnent le feu vert pour prendre place assise. Nous avons affaire à des boeufs qui se disent civilisés... Alexandre s'enguirlande avec un français d'âge mur qui veut se battre avec le gamin, simplement parce que mon fils lui fait remarquer qu'il vient de lui marcher sur les pieds avec brutalité... Galère totale pour trouver une place assise... Bref, nous assistons au spectacle.
Commence enfin le rêve!
Des chants antiques résonnent dans l'espace grandiose du Plateau de Guizeh. Soudain, dans la nuit noire, une douce lumière rose illumine la pyramide de Khéphren, une bleue pour la pyramide de Khéops, une blanche sur le Sphinx qui nous observe avec la fierté d'un roi.
Sur les murs du Temple de Khéphren, un bleu indigo "repeint" la façade où un rayon laser trace les contours d'un sphinx. Puis, tout s'endort. Seule l'entrée de la pyramide de Khéphren, au sommet encore recouvert de son enduit de calcaire, rayonne d'un rouge corail et les commentaires débutent avec une voix masculine envoûtante et mystérieuse.
Le Sphinx s'éclaire. Le nom de "sphinx" a été donné à la statue par le grec Hérodote. Il a la lourde tâche depuis ces millénaires de garder la nécropole. Il se teinte soudain en rouge ainsi que la façade du temple de Ptah sur la gauche (temple de la vallée de Khéphren).
Alors, la plus petite des pyramides, telle une étoile, scintille d'une couleur sable. Près d'elle, l'ombre de petites pyramides d'épouses et satellites forme des taches. Les mastabas de Nobles, courtisanes, etc... se cachent dans la nuit et se font discrets comme devaient l'être ces défunts. Ils étaient honorés par le roi pour avoir, eux aussi, leur demeure d'éternité en guise de respect pour leur travail au service du souverain.
Nous retombons dans les ténèbres de la nuit. Du temple près du Sphinx, un faisceau laser monte lentement jusqu'à l'entrée de la pyramide de Khéphren. Il nous fait revivre, 4 000 ans après, le dernier trajet que Khéphren ait parcouru dans le Monde des Vivants. Son sarcophage, porté par les prêtres du temple, suivis par les porteurs d'offrandes et les pleureuses, accompagnés aussi par deux barques sacrées, voici le cortège qui lui assurait un début d'immortalité.
Quelques représentations hiéroglyphiques de nombres égyptiens apparaissent grâce au laser toujours sur le mur du temple qui sert d'écran, vous l'aviez compris!
Un couple entame un récit antique pour nos oreilles attentives ; notre esprit et nos yeux remontent les siècles en s'imprégnant de la magie de l'Egypte Ancienne, comme lors des Sons et Lumières de Karnak et Philae.
La beauté de Nefertiti et l'image grotesque de son époux, Akhenaton l'hérétique, puis celle du jeune Tout-Ankh-Amon se dessinent sur les murs où l'histoire nous est contée.
Au bout de 45 m, le spectacle se termine. Le coeur gros, nous quittons nos places et réussissons à retrouver tous les membres du groupe au point de rassemblement déterminé avant le spectacle.
Nous rejoignons l'autocar et rentrons à l'hôtel pour notre dernière nuit cairote et égyptienne.
Jour 15 - Samedi 22 avril 2000
Le jour du retour en France arrive avec regret.
Tout le monde se lève. Je ferme les bagages et les dépose devant la porte, dans le couloir.
Au restaurant, le groupe Thot est au complet. Nous prenons notre dernier petit-déjeuner égyptien et rejoingnons le guide. A l'extérieur de l'hôtel, stationne l'autocar. Le chauffeur nubien charge les nombreuses valises dans la soute et nous reprenons la route pour l'aéroport international du Caire, Matar el Gedid.
Une fois assis dans l'avion, notre coeur est lourd de regret : finie la belle vie, finies les merveilles! Dans quelques heures, la vie françaises nous rongera le moral...
Lorsque l'avion se mit à quitter le tarmac de l'aéroport, je me mis à pleurer, comme si quelque chose me retenait en Egypte. Je me jure de revenir régulièrement.
Pour l'instant, je sens mes intestins gargouiller! La dysenterie me gagne aussi. Comme une bécasse, je ne me suis pas lavée les dents avec de l'eau minérale ce matin, mais celle du robinet...
Résultat de mon inconscience : 4h30 de vol où j'ai visité les toilettes d'Egypt'Air six fois!
Arrivés à la maison, Alexandre nous déclare :
"Les Egyptiens, eux, ont la valeur de la vie malgré la pauvreté. Nous, les Français, nous avons la valeur du fric, et ça pue..."
Alors si un jeune de 17 ans s'en rend compte, c'est qu'il y a malaise quelque part...
Ma petite citation finale que je dédie à l'Egypte
"Dormez en paix,
Vous tous qui avez mon respect
Vous qui avez sué durant des années
Pour bâtir tant de grandiose, tant de beauté.
Dormez en paix,
Vous, Pharaons, Epouses, Enfants
Vous qui avez voulu ce faste pour l'Eternité
Qui existe toujours pour notre plus grand bonheur.
Grande Egypte,
Que ton avenir reste serein
Que tes beautés soient préservées!
Laisse-moi te visiter encore longtemps
Pour mon éternité,
Tu m'offres tant de bonheur...
Ouvre-moi tes bras afin de m'accueillir
D'ici quelques années
Pour dans ton coeur me laisser vieillir."
FIN
Exactement 7 ans et 8 jours après j'y perdais ma première vie dans un accident à Louxor... dont les dieux m'ont protégée allons savoir comment et pourquoi?? Sans doute pour que j'y retourne une 8ème fois pour y demeurer définitivement??
Ce récit fut terminé le 12 avril 2001, un an après avoir fait ce voyage. Mais un nouveau départ était déjà prévu, mais cette fois-ci en toute liberté! En 2002, l'Egypte m'ouvrit les portes de l'écriture publié de mon premier roman dont la première moitié raconte mon second périple en Egypte pour être romancé ensuite avec une fin qui me fait peur à moi-même, prédiction de ce qui m'arriva en avril 2007...
Vendredi 18 mai 2001, date des dernières corrections de ce récit, j'apprenais que Monsieur LAUER, âgé de 99 ans, venait de s'éteindre.
"Que les Dieux vous ouvrent les portes de l'Am-Douat, Monsieur, ils vous le doivent bien".